Nouvel Age — 6. Quelques fortes dérives

L’enfermement en soi-même

Dans le Nouvel Âge, il y a une réaction contre tant de rationalisme, de matérialisme, de technocratie et bien sûr face à la pollution et à la détérioration de l’environnement. Au lieu de chercher une action pour changer tout ce qui ne va pas, tout ce qui est désagréable et inefficace, on promeut un éloignement de ce qui est extérieur pour naviguer dans le monde intérieur, où l’on doit trouver la paix que l’on cherche. Par conséquent, ce n’est pas en faisant un monde meilleur que l’on sera porté à améliorer les choses, mais en faisant de mon monde intérieur l’essentiel de ma vie. Même s’il y a beaucoup d’adeptes qui luttent pour changer le monde dans lequel nous vivons.

Devant un monde qui ne me plaît pas et que je n’aime pas, je vais explorer des alternatives qui me mèneront à un nouveau style de vie intérieure. Que ce soit par le moyen de la méditation, de la prière, de la recherche du vrai moi, en établissant l’harmonie avec la nature devant un beau paysage, tout cela m’amène à me retrouver moi-même en un pèlerinage intérieur où je dois trouver le bonheur auquel j’aspire tant.

Ainsi, il devient beaucoup plus facile de comprendre comment je m’expose à me réfugier dans un égocentrisme dans lequel le monde bouge en fonction de moi-même, de ce que je pense, de ce que je crois, de ce que je ressens, et ainsi de réaffirmer le subjectivisme galopant dans lequel nous vivons.

Il est alors très fréquent pour un adepte de ce nouveau mode de vie de se détourner de la méditation, du yoga, des spas ou des centres naturistes, des forêts et des lieux loin de la vie quotidienne, pour s’amuser, et profiter des autres qui pensent de même, mais sans faire communauté ou penser à servir les autres.

Il est compréhensible qu’ils négligent systématiquement leur vie familiale et leurs responsabilités communautaires parce qu’ils sont très occupés à vivre dans un monde de haute qualité spirituelle, et à gérer adéquatement leurs énergies intérieures en harmonie avec la nature. D’abord moi, puis moi et encore moi ; je veux seulement me mettre en relation avec les autres quand ils m’aiment, me respectent, me donnent ma place et me laissent exister ; et je n’hésite pas à m’en éloigner et à les éviter quand je change mon propre projet de vie.

On ne prie pas pour se sentir mieux. La grande différence entre la prière chrétienne et le Nouvel Age, c’est qu’il y a dans la première une vision de dialogue avec le Créateur que l’on loue, glorifie et remercie pour tout ce que l’on a. Et en temps voulu, on fait des demandes qui ont trait aux besoins du monde, de la famille et de soi-même. Et cette relation personnelle se veut humble, aimante et persistante. Par conséquent, cette prière-là n’est pas un exercice spirituel pour se sentir mieux ou pour trouver des états supérieurs de conscience ou des ouvertures énergétiques au cosmos, qui vous élèvent à de nouvelles dimensions. La prière n’est pas non plus une découverte de vous-même, de nouvelles manières d’apaiser vos angoisses et vos soucis.

Dans le Nouvel Age, prier c’est demander que les forces du Tout-Puissant viennent à moi pour qu’elles potentialisent mes capacités à vivre dans la paix et la santé. Parce que je veux être en bonne santé, et je veux que Dieu soit à mon service, c’est comme la Grande Source et la fontaine d’énergie cosmique.

Alors que dans la religion judéo-chrétienne, c’est vous qui, par la prière, vous mettez vous-même au service de Dieu pour que sa volonté soit accomplie et non pour que Dieu accomplisse la vôtre. Il est clair qu’il ne s’agit pas de tirer un bénéfice personnel de la puissance de l’amour de Dieu, mais exactement le contraire, pour que par son amour et sa puissance, je puisse me donner aux autres de la meilleure façon possible. Il s’agit donc de se convertir pour grandir dans la maîtrise de l’amour du prochain, en s’aimant soi-même ; c’est ainsi qu’on se donne témoignage qu’on aime Dieu que l’on ne voit pas.

Dans la religion judéo-chrétienne, on accentue la transcendance de ce qui est simple, de l’humilité, de la charité envers les plus marginalisés, les exclus et nécessiteux. Les tendances du Nouvel Âge mènent vers une recherche spéciale et une admiration de l’extraordinaire, du magique, du miraculeux, de l’extravagant, de ce qui impacte, de ce qui témoigne, de ce que l’on « croit » être clairement divin. Et, bien sûr, des chemins complexes et compliqués de la méditation, de danses et de rituels sophistiqués pour atteindre ces niveaux élevés de conscience et de paix intérieure, y compris en y joignant les rituels et cérémonies ancestraux.

Tout cela, dans le Nouvel Age, on cherche à le réaliser en suivant fidèlement des leaders, des gourous, des êtres ascensionnés, et des personnages avec des talents spéciaux et des charmes de leadership social. Par conséquent, cela consiste à être entre les mains d’un maître, d’un guide renommé et prestigieux, à qui l’on remet aussi la volonté, d’exécuter ses suggestions, même fantaisistes ; d’un conseiller qui peut même proposer des activités bizarres et délirantes ou des actions audacieuses.

La foi chrétienne promeut une aventure charitable dans les relations humaines, procurant assistance et aide aux plus nécessiteux. En revanche le Nouvel Age apprécie et goûte chaque aventure en relation avec sa propre conscience et son monde intérieur. Il insiste sur l’exploration de toutes les propositions qui peuvent aider à déchiffrer les mystères du cosmos, qui peuvent lui permettre de monter à des niveaux plus élevés, et ainsi devenir, un être ascensionné qui avec son énergie et sa vibration impacte positivement d’abord ceux qui l’entourent. On a ce besoin impératif de se sentir comme une personne qui atteint des niveaux de vie sophistiqués, avec l’acquisition significative d’aptitudes et de capacités visibles.,

Le regard chez le chrétien est tourné vers les autres, alors que dans le Nouvel Age, on cherche des occasions d’attirer le regard des autres sur soi. Par sa propre inertie, le Nouvel Age finit par devenir le promoteur d’une vision spirituelle centrée sur soi-même, différente de la proposition chrétienne d’être centrée sur le Créateur et sur le Sauveur, pas sur la créature et sur le chemin pour se sauver.

Le regard sur Jésus : avatar et énergie

Le mouvement du Nouvel Âge est si inclusif qu’il ne rejette pas, ne discute pas ou ne s’oppose pas aux propositions des différentes religions, mais qu’il ajoute, additionne, complète, enrichit sa propre proposition en prenant des autres ce qui lui convient. C’est pourquoi il s’agit d’un buffet plein de choix au service du goût de chaque consommateur. Jésus est alors compris comme un Avatar, ce qui, en termes familiers, signifie « une émanation divine avec une mission de purification et d’enseignement pour la population cosmique » ; et cette manifestation divine est cosmique et va jusqu’à affirmer qu’il y a eu plusieurs Jésus sur différentes planètes et mondes de l’univers, avec des missions très similaires et semblables.

Jésus demeure relativisé tant dans l’histoire de notre planète que dans celle du cosmos, et sujet à de nombreuses interprétations de toutes sortes qui permettent ainsi de transformer le Sauveur et le rédempteur du christianisme, en l’un de ces nombreux êtres divins qui émanent du Père et d’accomplir ainsi des missions similaires ou semblables en d’autres points du cosmos. De cette façon, il reste comme une créature élevée, qui émane de l’amour du Dieu Tout-Puissant, mais il n’est nullement Dieu Lui-même. Il n’est donc pas Dieu et Homme non plus, mais seulement un Avatar.

Par exemple, certains peuvent même penser que Jésus en tant que personne n’était rien d’autre qu’un prophète ascensionné. Mais ce qu’il a vraiment accompli, avec sa mort sur la croix, c’est de nous laisser le Christ dans le cœur de tout humain. Ce Christ qui n’est pas Jésus, mais son héritage, nous donne la capacité d’écouter son Évangile et de le vivre, de telle manière que nous imitions Jésus. Ainsi, Jésus et le Christ, ce n’est pas la même chose. Jésus est un homme qui a vécu et est mort, le Christ est la présence de l’Esprit Saint dans nos cœurs grâce à la mort de Jésus sur la croix.

Du point de vue du Nouvel Age, le christianisme n’est rien de plus qu’une période du signe des Poissons du zodiaque, l’une des 12 étapes d’à peu près deux mille ans et des poussières dans la durée du cycle entier de 26 000 ans. Jésus est donc une sorte de Divinité qui nous vient du monde supérieur pour nous enseigner à vivre selon le monde spirituel et en relation avec l’Âge du Verseau, laissant derrière lui une vision d’attachement au monde matériel et instituant que la loi cosmique est soutenue par l’amour fraternel. Un message très bien connu et mis en pratique dans de nombreux points éloignés de notre cosmos ; mais qui n’était pas connu sur la Terre ni mis en œuvre comme le fit Jésus de Nazareth.

Ce n’est pas que l’on veuille enlever le Divin de l’humain en Jésus, ni le fait de ne pas le tenir pour Fils de Dieu, mais plutôt que nous portions et vivions tous un Christ intérieur,parce que nous sommes des créatures aimées et chéries par le même auteur de l’Univers. Ce sont des enseignements universels qui ont une vision du cosmos tout entier, et il est essentiel de faire ressortir qu’ils sont pratiqués sur une planète où vous vivez de façon plus primitive que dans les autres espaces de l’univers.

La fantaisie en dehors de toute rigueur intellectuelle

Dans son désir d’expliquer et de proposer des postures inédites, attrayantes et fascinantes, le Nouvel Age a empli de livres attrayants les vitrines de nombreuses librairies, et a produit des ateliers et des conférences qui peuvent vraiment enchanter tous ceux qui s’intéressent à chercher des explications alternatives à celles qui existent déjà traditionnellement.

Certaines personnes reconnaissent que leurs propositions sont si captivantes et merveilleuses, qu’il est difficile de les rejeter et de rester loin d’elles une fois que vous les avez essayées et caressées. Ce sont habituellement des plats succulents pour l’âme, la vie affective et le besoin humain de se réexpliquer le sens de la vie et de la mort. Elles sont également associées à une vision extraordinairement poétique, romantique, romanesque, avec une littérature implacable et séduisante qui peut capter les plus savants sur des sujets de ce genre.

Et bien qu’elle ressemble à un discours quelque peu magique et fantaisiste, elle est extrêmement séduisante, car, d’une certaine manière, elle porte implicitement les germes et les condiments essentiels de la doctrine traditionnelle, et de nombreuses propositions religieuses dans l’histoire de l’humanité qui flottaient dans l’esprit de l’homme, et qui, aujourd’hui, exercent une fascination et un charme particuliers.

Comme il s’agit d’une proposition irrationnelle et plus attachée au ressenti des émotions humaines, la rigueur logique-intellectuelle des vieilles écoles de pensée a cédé à la pensée magique, révélée par de nombreuses écoles littéraires contemporaines comme les livres d’Antonio Velasco Piña ou la série Harry Potter ou Game of Thrones ou The Hobbit, parmi tant d’autres séries, films et livres.

Les consommateurs de toutes ces propositions séduisantes, typiques du Nouvel Age finissent par trébucher sur l’incertitude, la confusion et l’incapacité de discerner ce qui est vrai de ce qui est faux, ce qui est réel de ce qui est fantastique. En devenant subjectif, fantaisiste, en accueillant tout sous une touche romantique, fascinante, magique et symboliquement séduisante, le consommateur de produits New-Age a perdu la direction, entre la logique et la discipline intellectuelle, de sorte qu’il peut rester piégé dans la logique trompeuse et fantaisiste d’un auteur.

Qui est capable de vérifier ce qui se passe dans les Pléiades ? Dans le Livre d’Urantia, qui pourra constater que ce que racontent les auteurs sur des faits qui surviennent ou se sont produits autrefois, n’est rien de plus que pure fantaisie de l’auteur ? L’homme d’aujourd’hui repose sur sa vision de l’avenir, d’une part en s’immergeant dans la haute technologiequi marche à pas de géant, et d’autre part en concevant un monde de divinités et d’êtres qui peuplent les divers espaces— encore inconnus — de l’univers, qui pour beaucoup nous ont déjà visités.

C’est ainsi qu’on induit un cercle positif vertueux, où succèdent aux gens qui ont besoin de se nourrir de fantasmes, ceux qui les leur fournissent à consommer. Cela génère un esprit d’enthousiasme pour le monde contemporain, où circulent les thèmes de santé, d’harmonie avec la nature, de rencontres spirituelles, et de toutes sortes de fantasmes. C’est beaucoup plus inspirant qu’un simple retour vers le passé pour voir l’histoire judéo-chrétienne avec toutes ses contributions, qui semblent aujourd’hui faire partie d’un musée.

Les gens du Nouvel Âge sont prêts à investir dans la lecture, le cinéma, les cours, les ateliers et toutes sortes d’objets qui nourrissent l’espoir d’un monde meilleur, même s’il est purement imaginaire. Cependant, pour eux, cela nécessite qu’il demeure possible ou viable, grâce aux énormes avancées que promet la technologie.

L’élimination de la pensée

Le monde magique de l’imagination est encouragé, nourri et même considéré comme le point central de ce qu’on peut vivre dans Nouvel Age. Penser, réfléchir, méditer, comprendre les choses de manière logique peut entraver l’exercice de l’imagination.

En effet, dans plusieurs ateliers et cours en rapport avec le Nouvel Âge, il est très courant pour le conférencier ou l’animateur de vous inviter à effectuer des exercices de méditation, dans lesquels vous devez éliminer les idées, les raisonnements, les pensées qui entravent votre ressenti palpitant, que vous devez placer entre le cœur et le ventre par la respiration. Et c’est pourquoi tous les enseignements liés au yoga sont des pratiques très appréciées.

Les ressentis sont beaucoup plus importants que les pensées. Une personne, dans son individualisme, se concentre facilement sur ce qu’elle sent, et elle le transforme en réalité. Si elle a peur de quelque chose dont elle pense que cela va se produire, elle croit en son ressenti plus qu’en tout autre chose, et ne va même pas explorer, écouter, discerner le vrai du faux, à cause de ce qui produit sa peur. Bref, elle construit sa réalité à travers ce qu’elle ressent, et elle tend à diminuer sa contribution perceptive, réfléchie, observatrice d’une réalité qui peut être comprise et reçue à travers la pensée logique.

On conclut alors une alliance entre l’imagination et le ressenti. Elle permet de vivre des expériences affectivo-émotionnelles qui vous submergent, jusqu’à l’excès ; à la fois celles qui sont extrêmement positives et celles qui sont aussi terriblement négatives.

Dans le Nouvel Age, il y a des gens qui sentent qu’ils ont vu des elfes, qu’ils ont vu des fées, qui font la constatation qu’ils ont vu des anges, qu’ils parlent avec des anges et qu’ils reçoivent des messages d’anges. C’est tellement réel, aussi objectif que le monde matériel ! Ils le perçoivent comme venu de l’extérieur, une sensation si particulière qu’ils se sentent devenir instruments de ces messagers cosmiques. Ceux-ci veulent faire parvenir aux êtres humains des nouvelles et leurs connaissances, par l’intermédiaire de ces canaux, lesquels ne remettront pas en question ou ne porteront pas de jugements critiques sur l’information qu’ils reçoivent, mais se contenteront de l’exprimer et de la transmettre.

Ainsi en est-il du monde des ténèbres : les gens pleinement convaincus de se sentir possédés, d’avoir besoin d’un exorcisme, parce qu’ils ont vu des manifestations claires de la présence matérielle du démon et qu’ils sont tourmentés par des idées de persécution par tous les êtres qui peuvent les habiter, selon leur imagination. Tout ce monde ténébreux des cavernes et des labyrinthes souterrains, tel qu’il s’exprime dans une multitude de films, est une partie de l’imaginaire polarisé entre le bien et le mal que nous sommes en train de vivre.

Le débat entre le ressenti et la pensée peut devenir très critique, chez certains adeptes du Nouvel Âge, préférant même éliminer tout jugement de valeur. Ils ne veulent même pas se demander le pourquoi des choses, ça ne les intéresse pas de le savoir. Vis-le, pointLe Nouvel Âge consiste à changer la façon de vivre, l’expérience humaine, l’esprit humain, principalement à partir des ressentis émis par l’intelligence émotionnelle, plutôt que de prendre appui dans l’intelligence rationnelle, réfléchie ou scientifique.

Il est beaucoup plus confortable de voir le monde avec les catégories du ressenti qu’avec l’inconfort de la pensée.Dans les cours, les ateliers et les expériences que vivent les adeptes du Nouvel Age, beaucoup d’expériences de haute intensité affective sont mises en avant,une attitude très sensible, affectueuse, attentive, douce, amicale, y compris en réduisant certaines expériences à se serrer simplement dans les bras ; citons par exemple la pacha mama, qui faisait des câlins à tous ceux qui formaient une file pour les recevoir. Dans l’imagination des assistants cette étreinte possédait une grande énergie curative et transformait, avec son caractère affectueux, votre harmonie intérieure, et vous reliait de nouveau à l’harmonie avec la Terre et à travers elle avec le cosmos.

L’échange de regards, de gestes, d’expressions, de moments solennels ou de rires joyeux, est fondamental, car c’est un échange d’émotions et de sentiments. Notre dialogue est alors entre nos corps, nos champs d’énergie, notre plénitude de l’être, qui va bien au-delà du dialogue des mots. Je m’intéresse à savoir ce que vous ressentez, et si je ressens quelque chose qui me rend mal à l’aise avec vous, je préfère m’éloigner de vous parce que vous apportez probablement des « vibrations négatives ». Je ne vais pas penser à plus de choses, ni d’approfondir ce qui pourrait arriver à l’autre, je me concentre simplement sur ce que je ressens pour cette personne ; et sur la base de ce ressenti, je me rapproche, ou je m’éloigne.

En ce qui concerne les lieux, les espaces, l’atmosphère en général, la nature elle-même, on a des critères pour discerner sur ce qui est beau, attrayant, magnifique, basés sur ce que l’on ressent de tout cela. Par exemple, « cette petite lagune je la sens très positive », je m’y sens très bien, elle me plaît beaucoup ; j’aime être dans cette cabane, je sens de très « bonnes vibrations » ; cette nourriture me fait me sentir très bien, c’est pourquoi je ne mange pas de viande parce que ça me fait me sentir mal. Mon monde tourne autour de ma perception des choses, des gens et du temps qui m’entourent, et je fais de ce ressenti la colonne vertébrale de ma propre existence.

On peut dire qu’ils réduisent à une seule dimension perceptive, le ressenti, toute la réalité qu’on peut connaître,en donnant plus de valeur au ressenti qu’aux autres dimensions que nous avons déjà mentionnées.

Dans cette expérience, seulement basée sur les sentiments ou de préférence sur eux, beaucoup de cercles vicieux sont habituellement créés ; la personne elle-même les met en place comme une réalité qui vit d’une manière très convaincante. En tombant souvent dans la folie et l’entêtement. Le ressenti va être le régulateur de ce que vous faites, ce que vous ne faites pas, ce que vous concevez, ce que vous ne concevez pas, ce que vous croyez, ce que vous ne croyez pas, et de cette façon, votre monde est ancré dans les sentiments.

Évidemment, il est beaucoup plus profitable de maintenir la stabilité, la prudence et toutes les capacités de l’intellect humain, sans que les sentiments et la fantaisie deviennent le prisme à travers lequel on cherche à connaître la réalité. En revanche, quand vous mélangez le sentiment, qui est sensible, avec la raison qui nous amène à pouvoir penser, et l’imaginaire qui nous facilite le pouvoir de nous souvenir et de créer, alors vous ne réduisez pas votre conception du monde à l’une de ces dimensions, mais vous les intégrez de manière équilibrée.

Sur la base de la réflexion précédente, on peut clairement comprendre pourquoi le Nouvel Âge porte comme étendard fondamental le ressenti, en essayant d’éliminer ou de mettre de côté la pensée logique-rationnelle, parce que cette dernière critiquera toutes les propositions qui émanent d’un monde possible ou viable ou crédible, sous-tendu seulement par l’imagination et le ressenti.

Par exemple, je sens qu’il y a des fantômes dans cette maison et j’ai peur d’aller dans les ténèbres, parce que je crois que les fantômes existent, parce que je sais que ceux qui meurent dans des accidents flottent dans une dimension angoissée et tourmentée. C’est pour cette raison qu’ils cherchent qui les sauvera, ils sont à la recherche des vivants qui les aident à trouver leur chemin vers l’au-delà.

C’est un ressenti et une imagination avec des croyances, qui ne sont pas sujettes à l’examen de la raison, de la science, de la logique. La personne peut vivre tourmentée pendant des années par une telle approche, en laquelle elle croit et continuera à croire. C’est pourquoi il y a tant de superstitions et de mondes magiques, où la puissance de ce que l’on croit finit par en faire une réalité. L’invocation à la chance, les malédictions, les lieux qui peuvent être nuisibles, ou les êtres comme les fées, des « démons » ou toute autre entité créée dans ce monde mythique et plein de fables, font vivre les gens sous l’emprise de fantasmes avec des sentiments complexes, sans que leur capacilté analytique-logique-intellectuelle n’intervienne pour faire disparaître et s’effondrer tant d’hypothèses imaginaires et subjectives.

Il est très difficile de convaincre quelqu’un qu’il vit dans un fantasme, lié à une multitude de sentiments. La tendance à une prédominance de l’alliance imagination-sentiments et la tendance à exclure dans la vie ordinaire le thème du monde rationnel, critique, intellectuel, pourront encore durer pendant de nombreuses décennies. Mais tôt ou tard, la pensée réfléchie, mathématique, scientifique gouvernera à nouveau, comme un authentique régulateur équilibrant ces autres dimensions de l’être humain.

À propos des charlatans et des faux prophètes

Précisément parce qu’il y a un environnement de recherche intense et qu’il faut croire en quelque chose de plus que ce que vous offrent aujourd’hui la majorité des religions et des philosophies de vie, on a développé le concept d’une société de « chercheurs ».En questionnant les visions du passé, ils avancent en cherchant de nouvelles propositions, de nouvelles visions, de nouvelles manières de vivre, des suggestions pour améliorer la qualité et le style de vie. Le problème survient lorsque le « chercheur » se lance dans le monde des idées, le monde de la connaissance, le monde des expériences, sans savoir exactement ce dont il a besoin ou ce qu’il essaie de trouver. Il s’ouvre alors de telle sorte qu’il est prêt à tout pour arriver à trouver ce qu’il attend, ce qui devient alors son paradis, ou sa solution, ou même son propre bonheur et accomplissement.

Il ne croit plus au passé, et il a besoin de croire en quelque chose de nouveau. C’est pourquoi il est ouvert à toutes sortes de propositions ; alors il se met entre les mains d’experts, de conférenciers de haut niveau, de bricoleurs, d’idéalistes, de fantaisistes. Il arrive finalement aux charlatans et commerçants répondant aux besoins de tous ces gens qui cherchent une certaine nouveauté. Nous allons situer les charlatans, non pas en tant que personnes disant des mensonges, qui peuvent être bien faits, mais plutôt comme ceux qui construisent des modèles de société, de pensée, de science à partir d’une salade de choses, qui mélangent philosophie, théologie, sociologie, science, psychologie pour les vendre matériellement à ces chercheurs. Pour cette raison, ils finissent par être commerçants des besoins des gens.

Le marché est inondé de ces propositions inutiles, qui nous font croire qu’elles sont des produits ou des méthodes qui, par magie, vont résoudre les problèmes de santé ou de qualité de vie des personnes. Les plus abusifs, avec des arguments convaincants auront recours à des ateliers, des livres, des conférences et même à des centres spécialisés dans la création d’un monde nouveau, avec des visions idéalisées d’un monde qui se veut meilleur pour leurs clients. Il y a, pour ainsi dire, des centres holistiques de nirvana partout dans le monde occidental, promettant un rétablissement de la santé basé sur des régimes de guérison, desspas, des méditations type yoga, des thérapies et des dynamiques de groupe enveloppés dans des philosophies qui sont généralement un mélange d’idées orientales, occidentales, ancestrales, et même des messages reçus par les êtres de l’au-delà, ou des êtres spirituels vivant dans les autres dimensions, et bien sûr, des sages et des grands extraterrestres mystiques.

Ils impliquent les gens dans des mouvements ou dans des écoles qui ont un objectif final de commerce, de création d’adeptes qui deviennent les esclaves économiques d’un leader qui se présente clairement comme le « gourou », le « prophète », le « saint », le « guide ». Ces personnages produisent de nombreux discours. Ils finissent souvent par devenir des êtres idolâtrés et admirés, comme de vrais êtres divins devenus des êtres humains, afin de venir nous sauver de nos terribles misères que nous souffrons.

Ce sont donc d’excellents charlatans. Ils semblent même posséder une fausse humilité et simplicité. Lorsque l’atelier, le séminaire est terminé, ils quittent leur lieu de travail pour jouir et profiter de la richesse qu’ils ont bâtie sur tant de naïfs et d’innocents qui veulent une meilleure qualité de vie. Les charlatans vous feront toujours croire que leurs propositions, leurs idées, leurs solutions viennent d’ailleurs, et qu’ils sont seuls à avoir accès à de telles connaissances et informations, et que vous devez payer pour les acquérir. Ce à quoi ils ont eu la capacité d’accéder, comme un secret et un cadeau personnel, ils vous le vendront assez cher pour que vous l’appréciiez, et aussi comme une grande sagesse qui vous fera devenir un être renouvelé et heureux.

Les charlatans sont les maîtres de la prestidigitation verbale ; ils sont aussi des experts pour vous faire sentir qu’ils ont des dons spéciaux, qu’ils ont des capacités, des aptitudes, des compétences que vous ne possédez pas. Ils peuvent lire l’esprit, parler avec les esprits, déchiffrer les codes des nuages, avoir accès à des êtres d’autres dimensions et parler avec eux. Dans leurs méditations, ils reçoivent des messages d’êtres divins, canalisent des vérités cosmiques. Bref, ils sont experts dans tout ce que vous n’avez pas. Vous les considérez comme des êtres surdoués. Si vous voulez quelque chose de ces êtres exceptionnels, vous devez payer, cela vous coûtera.

Quoi de plus grand que de participer à un séminaire, à un pèlerinage, à un événement collectif dirigé par l’un de ces sanctifiés qui sont capables d’entraîner des masses par leur charme, leur tranquillité, leur visage plein de lumière, de beauté, avec des vêtements merveilleux et très simples. Ils essaient de cloner les grands personnages de l’histoire comme certains prophètes de l’ancien Testament, ou osent imiter les pérégrinations de Notre Seigneur Jésus Christ pendant sa vie publique.

Les besoins facilitent le surgissement de ces personnages adossés à quelque tradition, religion connue ou même inventée, qui parviennent à scotcher des foules qui voient dans ces nouvelles directions une véritable solution à leurs problèmes. Ce ne serait pas problématique si ces personnages un tant soit peu charismatiques et leaders faisaient du bien à tous ces gens. La difficulté est qu’ils utilisent habituellement leur leadership, leur charisme, leur sagesse, leur talent pour profiter des sujets qu’ils enrôlenten cours de route. Et il est très courant qu’ils s’enrichissent d’aumônes données par les disciples, ou qu’ils se sentent vraiment surnaturels et qu’ils en viennent à se croire eux-mêmes de vrais rois, enflammés par une force spéciale qui les place au-delà de la réalité de l’humilité et du dévouement que le catholicisme promeut.

Le Nouvel Âge se caractérise par la multiplication de ces personnalités attrayantes, intéressantes et pleines de talents, qui offrent et proportionnent des nouveautés extrêmement attrayantes et difficiles à rejeter. Certains disent qu’il s’agit de propositions si séduisantes, qu’il est très difficile de ne pas succomber à cette tentation.

À propos des mouvements de laïcs dans l’Église

L’influence du Nouvel Âge est si subtile dans l’esprit de beaucoup de catholiques qui mélangent des thèmes très typiques du Nouvel Âge avec des thèmes d’actualité catholique, sans se prêter cependant à vivre une expérience du Nouvel Âge, et tout en gardant une adhésion totale à la doctrine et au magistère de l’Église. Et ils se lancent dans une promotion doctrinale, sans pour autant se désengager de leurs engagements et charismes qui les rendent forts devant la communauté chrétienne.

Concrètement, il s’agit d’analyser le fait qu’une proposition authentique, sincère, honnête et attachée au magistère de l’Église n’est pas contaminée par les variations de celles déjà mentionnées dans le Nouvel Age. Un exemple très commun est l’attribution d’expériences spirituelles à certains rites promus par un mouvement, rites qui ne correspondent pas à la tradition spirituelle des prophètes mystiques et des saints, et ont parfois à faire avec un monde magique et éloigné du contexte de la vie d’aujourd’hui.

Je pense à ceux qui, pendant la prière, ont le sentiment d’avoir des contacts privilégiés avec Dieu, le Père, le Saint-Esprit, et certainement avec Jésus. Ils parlent des langues qui n’ont même plus d’utilité pratique de nos jours, comme l’araméen au lieu de l’allemand ou du français, ou toute autre langue pratique pour l’évangélisation. Ou de mouvements qui exagèrent le moralisme et oublient la charité ; ou ont une discipline très exigeante avec leurs disciples et leurs adeptes, sans le respect de la liberté des membres de leur mouvement.

Il y a des mouvements qui ont tendance à idolâtrer pratiquement leur fondateur, parfois bien au-delà de l’amour présent et vivant de la Sainte Trinité. À tenir les paroles exprimées par le Fondateur comme plus importantes que les paroles des médecins, de l’église et même du Saint-Père actuel. À considérer la Fondatrice ou le Fondateur comme une personne qui est plus proche de l’amour de Dieu et du Saint-Esprit que toute autre personne dans le monde. Ils divinisent un être humain, en le plaçant au-dessus de qui que ce soit d’autre. Ces préjugés font partie de ce monde magico-fantaisiste qui se concentre trop sur le ressenti et les expériences de vie marquées par un déséquilibre notoire au détriment de la raison, de la parole et de l’expérience.

De nombreux mouvements sont également tentés de s’ériger en sauveurs d’un problème humain. Ils se considèrent comme des envoyés spéciaux pour sauvegarder la condition humaine déchue, ils se sentent supérieursaux autres apostolats et remédient au désengagement d’autres ordres religieux. En accueillant des tendances narcissiques, mégalomanes et des idées de grandeur, et finalement, beaucoup de dysfonctionnements psychologiques, ils n’aident pas à donner témoignage à l’humilité et à la simplicité de l’amour du Christ et aux enseignements de l’Évangile.

Il y a des mouvements influencés par les tendances du Nouvel Age pour créer des paradis terrestres à travers lesquels on va trouver le vrai chemin vers l’amour de Dieu. Ils créent ensuite un environnement de personnes privilégiées qui finissent par devenir une sorte de secte au sein même de l’Église, y compris en arrivant à créer une église parallèle qui devient un pont entre la haute curie romaine et le mouvement. Elle devient le chemin le plus court pour démontrer vraiment que l’Esprit Saint les a élus comme des êtres spéciaux pour coopérer et collaborer aux tâches de l’Église.

Cela a beaucoup à voir avec le Nouvel Age parce que c’est précisément pour en imposer aux autres, que tel ou tel groupe de personnes prétendent avoir accès au divin, au surnaturel et à l’humain. Ils confirment qu’ils ont un privilège particulier venant de l’amour de Dieu. Au lieu de faire preuve d’humilité et de simplicité en accomplissant simplement les tâches que l’Évangile nous confie au service de notre prochain et, bien sûr, de l’Église.

Certains leaders et fondateurs de mouvements possèdent des postures de supériorité ; pratiquement, dans leur vie, ils se sentent saints et incitent leurs disciples à les regarder comme des êtres extrêmement spéciaux et privilégiés. Ils sont tentés de construire de grandes organisations qui finissent par devenir de puissantes industries pleines de commerce : livres, centres de préparation et de formation, maisons de prière, écoles, tout ce qui a un rapport avec le pouvoir terrestre pour « servir l’Église », quand tout semble indiquer qu’ils utilisent plutôt la foi et l’Église pour un enrichissement et une puissance terrestre de dimensions et de proportions hors de la normale.

Nous connaissons tous certains mouvements et communautés nouvelles qui, en très peu de temps, deviennent multimillionnaires, sur la base de ce charme et de ce charisme qu’ils attribuent à l’Esprit Saint. Ils le promeuvent comme quelque chose qui émane de l’amour de Dieu, mais ils tombent finalement dans un centralisme égoïste et vaniteux axé sur la croissance de leur œuvre ou de leur mouvement. C’est par ce moyen qu’ils accumulent des adeptes dans le monde entier pour leur croissance, même s’ils ne s’éloignent jamais de l’église, et de ce qui bénéficie à la pastorale ecclésiale. S’ils le faisaient, ils couperaient eux-mêmes la source de crédibilité dont ils se sont servis pour rassembler leurs adeptes.

C’est une ambition pour une spiritualité très conforme aux besoins des temps modernes, mais malheureusement liée à la tendance de ne pas avoir besoin des religions, ni d’approfondir l’humilité. Au contraire, ils utilisent les religions existantes ou même en inventent de nouvelles, afin de devenir des intermédiaires, et de satisfaire ainsi les besoins religieux et spirituels du peuple ordinaire.

Le drame s’est tellement multiplié qu’il y a maintenant des temples et des courants « religieux » qui font de la spiritualité un spectacle comprenant de la musique, de grands orateurs, et bien sûr, le grand business qui va avec, à la fois pour obtenir des dons, pour atteindre des bénéficiaires, et naturellement, vendre toutes sortes de produits dérivés et de services.

Déjà depuis des temps reculés en Égypte antique, des milliers d’années se sont écoulées, avec la même tentation d’utiliser les besoins spirituels des gens pour le pouvoir et la richesse. Dans le Nouvel Age, une multitude de personnes ambitieuses ont émergé qui ont découvert comment feindre et se camoufler pour conjuguer une spiritualité et une religiosité agréables, avec la croissance de la richesse et du pouvoir.

Quant aux propositions dans l’Église catholique, elles tendent à montrer leur visage manipulateur, lorsqu’un mouvement met au centre son charisme le fondateur et ses œuvres, et non pas le Christ et son Église. En bref, ils concentrent leur marketing religieux pour vendre toutes les bontés de leurs apostolats et de leurs actions sociales, comme un accomplissement d’eux-mêmes, plutôt que du Saint-Esprit ou de l’Église. En utilisant, au lieu de servir.

Les fondateurs, même dans la vie de ce type de mouvements contaminés par les nombreuses erreurs du Nouvel Age, sont généralement des gens qui vivent avec une double vie, faisant apparaître à leurs partisans et à l’opinion publique une spiritualité merveilleuse, la rectitude et la piété ; mais dans la réalité de leur intimité, ils montrent le luxe et les ambitions disproportionnées par un goût spécial pour tout ce qui existe dans le monde du plaisir et du caprice, ce qu’offre l’environnement de la richesse et du pouvoir terrestre.

Il y a une totale confiance que l’Église, mère et protectrice, saura détecter à temps et éloigner tous ces parasites nuisibles qui s’approchent de l’Église du Christ pour nourrir leurs bénéfices personnels.

Il est clair qu’en plus de le signaler, nous devons prier pour notre Église et pour tous ceux qui, soumis au mal, prétendent être sur le chemin de la lumière, alors qu’en réalité ils servent leur propre ego et leurs ambitions mondaines et non le Royaume de Dieu.

 

D’après Guillermo Dellamary Toral, Lo que conocí de la Nueva Era. Una visión entre la realidad y la fantasía.

Nouvel Age — 5. Les nouveaux paramètres

Développer l’intuition, pas la raison

La nouvelle éducation doit mettre l’accent sur le développement d’une sensibilité intuitive dans laquelle réside la synthèse de notre intelligence pensante, de notre mémoire, de notre créativité et, bien sûr, de tout le monde sensible aux émotions qui repose dans notre corporéité

Il ne s’agit pas de savoir ce en quoi vous pensez ou en quoi vous croyez, mais ce que vous vivez et ce que vous ressentez intuitivement. Eh bien, plus vous aurez de canaux et d’expériences riches, plus vous assimilerez intuitivement tout ce qui a été et continue d’être dans notre essence en tant qu’êtres humains.

L’Âge de la Raison avec ses mentalismes et sa logique reste comme une partie de l’Ère précédente. La connaissance des sciences et de la formation conceptuelle des valeurs et des croyances, fera place à cette nouvelle façon de vivre basée sur le développement de l’intuition immédiate de tout ce qui peut être vécu.

Barrer la route à un monde rationnel et objectif ouvre la porte à deux aspects de notre façon d’être. D’une part, on souligne que nous nous sommes sous la tutelle de sensations et d’émotions ; c’est donc une bonne chose quand nous nous sentons bien. Ensuite, nous cherchons au-delà de la vérité rationnelle, l’expérience du bien-être pratique, où les émotions sont apaisées dans des environnements détendus, amicaux et sans danger ou menaces.

L’intuition ne voisine plus avec la raison, elle est en quête de sensation, d’émotion, et bien sûr de fantaisie. Cela peut même conduire à dédaigner et à relativiser la raison, à la considérer comme une entrave, puisqu’elle dérange par sa critique et sa réflexion toute fantaisie qui peut me faire me sentir bien[1].

En plus de vouloir supprimer le raisonnement critique et donc aussi la capacité objective d’analyse, la tendance est de ressentir au lieu de penser, d’avoir des expériences au lieu de réfléchir. Vivre consiste donc à sentir la vie, et dans la mesure où on se sent bien, on est sur la bonne voie ; si au contraire, on ne se sent pas bien, il faut changer de direction.

L’important n’est pas ce que tu penses, mais ce que tu vis. Par conséquent, ce qui est caractéristique du Nouvel Age, c’est un modèle de spa ou d’expériences joyeuses dans le contexte de la nature pour vivre des moments extrêmement agréables, tranquilles et inspirants. Bref, c’est tout ce qui peut m’éloigner du souvenir des problèmes et des difficultés internes et externes pour profiter de ma sensation.

Des centres holistiques, des ateliers et des exercices de toutes sortes sont destinés à vous procurer des sentiments de vitalité intérieure et de joie, afin de vous montrer que l’harmonie avec vous-même et avec le cosmos est la véritable proposition de ce Nouvel Age.

Écouter les nouveaux prophètes

Bien sûr, de nouveaux leaders spirituels émergent. Ils savent parfaitement comment profiter de la préférence pour l’expérience et l’irréfléchi, plutôt que de promouvoir un équilibre entre être, penser et sentir d’une manière intégrale et équilibrée. C’est devenu une nouvelle mine d’or pour de nombreux « gourous » qui profitent de cette tendance pour faire des ateliers coûteux avec différents enseignements mystiques traditionnels, mêlant souvent syncrétisme religieux et culturel entre l’Orient et l’Occident.

Beaucoup de ces maîtres, dès leur apparition sous couvert de mystiques ancestraux, se projettent devant les chercheurs comme de véritables guides, presque prophètes et prêtres pour tous les fidèles qui cherchent de nouvelles alternatives pour alléger le fardeau de l’existence.

Il y a une conviction pleine et entière que l’intellect doit être libéré des discours, des moralismes et des théories ou idéologies qui, au lieu de donner une tranquillité intérieure, peuvent engendrer l’angoisse. Ces guides spirituels, avec une multitude d’artifices parfois magiques, de rituels ou même de danses et de témoignages, aideront les aspirants à trouver les moments optimaux dans lesquels l’existence humaine semble s’imbriquer avec l’essence divine et former un tout avec elle.

En vertu d’une telle ligne directrice, le mental peut être considéré comme dérangeant, agité et certainement sujet au doute, à la confusion et à l’incompréhension de la vie[2], ce qui empêche d’arriver à la véritable essence profonde du réel dans l’être qui est la vie. On peut ajouter que la raison est aussi l’un des principaux obstacles qui empêchent d’aller vers l’au-delà, car il est très facile de se perdre dans des spéculations et des spéculations qui ne mènent à rien, mais seulement à nous déranger. Le silence, exprimé par le fait de fermer la bouche, de chuchoter toutes nos idées et paroles troublantes, doit nous conduire à une harmonie intérieure, où il est vraiment possible de rencontrer une spiritualité authentique.

Les nouveaux directeurs spirituels qui conduisent les chercheurs vers de nouvelles vérités dans de nombreux territoires innovants pour découvrir un monde cosmique au-delà de ce que notre raison limitée peut concevoir. Il y a des leaders qui, en embrassant avec amour leurs disciples « comme la Pacha Mama », finissent par générer une expérience d’extase qui met habituellement en scène un rêve de divinité magique avec laquelle établir de nouvelles manières de vivre l’expérience humaine.

Des phrases comme « nous ne sommes pas des êtres corporels, essayant de vivre une expérience, mais des êtres spirituels qui vivent une expérience corporelle » nous font comprendre que nous sommes déjà des êtres divins et que nous devons retourner sur ce chemin de joie et de bien-être pour dépasser les limites que notre raisonnement nous a amenés à devoir mettre[3].

Devenir un chercheur

Les adeptes du Nouvel Âge ont une tendance très particulière à être des chercheurs, c’est-à-dire à aller d’expérience en expérience, de lieu en lieu, d’enseignant en enseignant, essayant d’apprendre quelque chose de nouveau et cherchant à satisfaire un besoin inlassable pour tout ce qui est nouveau et spirituel. Ce sont des pèlerins ou des touristes spirituelsqui parcourent le monde pour trouver quelque chose de plus que ce qui est connu jusqu’à maintenant

Ils sont très motivés à gagner et dépenser leur argent dans des ateliers de fin de semaine, où ils peuvent en apprendre plus sur l’esprit, les enseignements cosmiques ou une nouvelle technique pour méditer et expérimenter de nouveaux changements. Ils sont également prêts à visiter des spas et aller embrasser les arbres et profiter des chutes d’eau, des couchers de soleil et des étoiles pour ressentir la grandeur de l’univers, de la nature et d’en faire partie.

De cette exploration font partie toutes sortes de livres qui parlent d’enseignements et de sagesse ancestraux, pièges de même nature que la sagesse d’Hermès Trismégiste, du prêtre égyptien Tot, de Nostradamus, de Bouddha, les relie aux enseignements cosmiques les plus profonds et les plus mystérieux d’autres dimensions, et bien sûr, à tous les êtres divins imaginables et concevables. En tant que bons pèlerins, ils essaient de ne pas rester dans une seule école ou une seule discipline parce qu’ils sont sauteurs, ils sont ici pour un certain temps, une autre fois ils sont là, leur besoin d’apprendre semble n’avoir pas de fin.

Ce qui est très important, c’est de se sentir bien, peut-être même éclairé, comme si toute cette connaissance, ces méditations et ces informations leur faisaient sentir qu’ils sont des êtres privilégiés et doués de pouvoirs spéciaux, caractéristiques qui leur font croire qu’ils sont une sorte de peuple élu pour sauter au nouveau niveau de conscience et entrevoir ainsi un monde meilleur véritable et authentique.

Une façon de vivre le Nouvel Âge est de devenir un chercheur. Cela nous conduit à vivre une expérience comme si c’était un tourisme spirituel. Vous passez d’un côté à l’autre, là où vous mènent vos intuitions, pressentiments et vos ressentis. De la même façon, s’impose chez le chercheur de se rendre à un temple zen chaque mois, où il entre en résonance avec des énergies spéciales, et de planifier déjà l’année où il ira dans un centre d’énergies d’une ancienne culture celtique. Il a aussi un appétit de rencontrer des gens éclairés par des dons spéciaux et des dons divins qui peuvent corroborer que tout ce qu’il ressent est vrai, que cela existe et n’est pas pure imagination.

Il est prêt à dépenser de l’argent pour réparer sa maison avec les nouvelles versions du feng-shui, pour mettre des images, des statues, des plantes, des autels et tout ce qui peut lui faire ressentir des énergies de puissance, de stabilité, d’abondance, de paix et d’harmonie.

Il est fortement attiré par de nombreux enseignants, écoles, et enseignements qui peuvent le rendre de plus en plus conscient et rempli de cette nouvelle richesse spirituelle. Ils peuvent aller avec un professeur, à un atelier, un séminaire ou un cours autant de fois que nécessaire et où qu’il soit, afin d’honorer et de remplir les impératifs de chercheur qui retentissent dans sa conscience.

Parfois, ceux qui se sentent paranormaux sont convaincus qu’ils sont peut-être déjà des être privilégiés qui sont au-dessus des autres, avec la connaissance qu’ils ont acquise au cours de leur pèlerinage en cherchant des expériences qui les ont fait grandir dans ce qu’ils sentent être la vérité. Dans cette recherche, ils apprennent aussi à contourner les sombres nuits de leur âme et à rester fermes et solides face aux privations, aux déserts et aux souffrances de cette vie.

Sentir : si je le ressens, c’est vrai

Dans le style très proche de René Descartes, qui nous a fait voir avec beaucoup de tact que l’acte de penser, de savoir, donne force au fait d’exister, avec sa fameuse phrase « Je pense, donc je suis », de manière très similaire, les adeptes de ces nouvelles philosophies du Nouvel Age soutiennent que la vérité de beaucoup de choses émane de l’expérience, de ce que l’on ressent, de ce que l’on vit. Et si c’est le cas, c’est vrai et ça existe.

Si j’ai pu l’imaginer et l’expérimenter dans un rituel, dans une danse, à travers certaines chansons, on peut supposer qu’il y a quelque chose derrière et que cela donne crédibilité aux recherches et explorations de ce monde magique et mystique que je dois continuer à explorer. Cette expérience subjective particulière est désirable et joyeuse pour celui qui vit. Pour cette même raison, elle cherche à induire des états de conscience élevés et profonds, même altérés par les drogues et des méditations, stimulées par diverses méthodes pour explorer l’au-delà.

Des expériences transcendantes, transpersonnelles et spirituelles de toute sorte, afin d’être en contact avec les êtres divers allant des anges, des anciens et de tous les personnages des contes comme les lutins et des fées pour pouvoir être en contact même avec les êtres du monde souterrain. C’est pourquoi, beaucoup de disciples de l’Âge du Verseau en viennent à se croire vraiment des êtres spéciaux. Des êtres de haut niveau intellectuel, de grande habileté et compétence, en particulier dans le domaine de l’érudition cosmique, dans l’approche des vérités transcendantes de l’univers.

Quelque chose comme ça, comme des êtres qui viennent nous sauver de la catastrophe dans laquelle nous sommes tombés en détruisant notre planète et nous-mêmes par l’égoïsme et la cupidité inébranlables qui nous caractérisent. Ils jouissent de nombreuses capacités paranormales qui sont au service des puissances divines pour coopérer à ce saut de conscience auquel tout le commun des mortels devrait déjà aspirer.

La méditation, et tout ce qui aide à construire cette conscience en union avec la « mère Gaïa », va nous conduire à une évolution qui préparera l’humanité à la rencontre avec des êtres d’autres dimensions. Par exemple, nous avons aujourd’hui les centaines de dessins géométriques complexes dans les semis en Angleterre et en Écosse appelés « crop circles ». Ilsapparaissent mystérieusement d’un jour à l’autre et ne peuvent être vus dans leur intégralité que d’en-haut. Pour certains, ce sont des expressions de la Terre Mère en communication avec d’autres êtres ; pour d’autres, ils représentent un désaccord des êtres d’autres dimensions qui utilisent la Terre comme un énorme tableau noir pour communiquer avec nous.

Les mystères contenus dans tout cela sont dévoilés par le fait d’y croire sans avoir besoin d’explications, d’arguments et de démonstrations. Ce qui importe, c’est l’impact qu’ils ont sur notre capacité à être surpris, à nous sentir bien et à expérimenter la grandeur de notre existence, en acquérant des connaissances toujours plus grandes et plus fantastiques.

Apprendre à se connaître de l’intérieur

Dans le Nouvel Age, on reprend la sagesse ancestrale de la Grèce antique, se connaître soi-même, mais en identifiant le Soi véritable avec les pensées, les sentiments et les actions. Cela nous conduit à pouvoir savoir qui je suis, devant qui je suis, et surtout à gérer cette rencontre avec l’intériorité jusqu’à ce que nous en arrivions à reconnaître qu’il y a une présence divine en chacun de nous, ce qui équivaut à une rencontre avec une conscience élevée de soi. Donner une force spéciale au Soi, le considérer comme bon et vrai face à l’ego qui est négatif, destructeur et peut devenir mauvais, qui nous enferme et nous empêche de nous ouvrir aux autres.

Pour atteindre un état de conscience élevé, il faut vaincre l’ego et faire ressortir la gentillesse et la générosité d’un Soi social, respectueux et attentif aux autres. Dans la mesure où vous êtes plus ouverts aux besoins des autres, un Soi véritable et authentique se forme. Ainsi, la vraie profondeur de conscience doit passer par l’abandon aux autres et le dépassement de l’ego.

Bien qu’il existe des doctrines similaires, même dans le christianisme, le Nouvel Âge se les approprie comme siennes, et les intègre à une évolution de la conscience cosmique. C’est d’ailleurs l’attitude de nombreux chefs spirituels, chamans et gourous qui se présentent avec une conscience de lumière, de générosité, de gentillesse et de joie avec leur prochain. Et parfois, ils en profitent pour manipuler à volonté les consciences les plus fragiles et sensibles.

Il y a beaucoup de ces personnages qui éclairent leurs disciples pour les enjôler et les exploiter en détruisant leur ego et leur capacité critique. Ils facilitent ainsi l’obtention de donations, d’ateliers, de voyages spirituels et même d’un travail sans aucune rétribution, à cause de l’idéalisation qui se développe en insistant pour que l’ego soit vaincu[4].

Sauver son corps, c’est aussi sauver son esprit

Les membres du Nouvel Âge ont un besoin particulier de prendre soin de leur corps avec des médecines alternatives et des processus préventifs qui impliquent une vision holistique de la santé parce que le corps est partie prenante de l’élévation de la conscience. Tout ce qui manifeste le stress doit être éliminé du corps, car il est bien connu qu’il perturbe l’équilibre et la santé de l’organisme.

Pour cette raison, l’environnement idéal est un spa, un lieu serein et paisible au milieu de la forêt, plongé dans une piscine de sources chaudes au bord d’une cascade, ou bien se reposant dans un hamac sur les rives de la mer et profitant des caresses du vent, et d’un coucher de soleil en se préparant à un massage thérapeutique[5].

Frangipani in hand of image buddha

On pourrait parler de somatothérapie dans laquelle il est possible de ranger une multitude de techniques et d’outils qui font que la personne se sent bien et se convainc que ce qu’elle fait dans son corps va guérir ses différentes affections, en commençant par se sentir bien et en découvrant que cette expérience particulière peut la transporter à des dimensions inconnues auparavant. Phénomènes acoustiques, visuels, olfactifs, gustatifs ; postures de yoga, tai-chi et situations générées par les experts du feng-shui, nous font comprendre que dans le Nouvel Age, les énergies du corps et de son environnement sont indispensables pour une conscience élevée et une vie saine.

Mon « Moi » commence dans mon corps, donc je dois faire quelque chose de plein, d’holistique, de complet, d’édifiant pour moi-même, en commençant par lui : le comprendre et le connaître avec une plus grande perfection et en découvrant ce qui peut être fait dans chacun des chakras,et aussi comment empêcher les soucis de se cristalliser dans les articulations et les organes internes. De cette façon, nous pouvons prévenir de nombreuses maladies ; comprendre la haute capacité énergétique de notre organisme et tout ce que nous avons à savoir sur les forces cosmiques subtiles qui émanent et coulent dans notre corps ; comment est la position de l’aura et de toutes les énergies non visibles qui sont liées aux éléments de la terre.

Il y a la conviction que la médecine du futur consistera à comprendre le maniement des énergies de toutes sortes qui se trouvent dans la diversité de la matière et donc d’entendre les énergies qui se cachent derrière les pierres, les métaux et les plantes, impulsées par la musique, les chants, les bols, la respiration, et bien sûr, l’étreinte et les affects humains.

La vision holistique inclut la compréhension qu’il existe une médecine pour le corps, une pour l’esprit et l’âme, et une autre qui provient de forces divines trouvées dans des espaces mystérieux, encore inconnus de l’homme, mais qui exercent leur influence sur la matière, par exemple en accomplissant des miracles et des expériences de guérison qui semblent surnaturelles.

Toujours dans le Nouvel Âge, et ce n’est pas pour cela que c’est faux, la médecine préventive met l’accent sur une alimentation saine, dans un environnement plein de nature, d’air pur et d’espaces lumineux et ouverts. Il y a beaucoup de vérité dans cela, mais le Nouvel Age en fait une de ses cartes fondamentales, comme si le fait d’être végétarien, de consommer des produits biologiques, de vivre simplement dans un environnement écologique, était une recette exclusive du Nouvel Age.

Se sentir bien, c’est ce qui importe ; savoir recourir à toutes les alternatives viables pour améliorer ou récupérer sa santé, car le corps et l’esprit doivent vivre dans une harmonie qui démontre ce haut niveau de conscience.

Il y a l’idée que là où surviennent les maladies dans une personne, c’est d’abord dans son esprit, puis son mental, puis ses émotions jusqu’à ce que finalement le mal fleurisse avec évidence dans son corps. Par conséquent, le processus de guérison doit commencer par un changement de paradigme spirituel et une vision de la vie, de sorte qu’il affecte l’esprit avec des changements dans l’attitude, les styles et les modes de vie ; et ainsi rétablir une bonne gestion des émotions qui, finalement, guérissent la partie déjà affectée dans le corps.

Être malade est plus important qu’être pécheur

La sensation, le sentiment, le mode de vie se préoccupent plus de ce qui tourne autour du corps que ce qui en découle dans l’esprit. La santé est beaucoup plus importante que la pureté de l’âme, parce qu’on recherche plus une approche de tout ce qui améliore le bien-être avec une alimentation adéquate, le sommeil et le repos, et surtout à être attentif à ce qui se passe dans le métabolisme pour prévenir les maladies. C’est pourquoi, on est prêt à consacrer du temps et de l’argent à des cours, des ateliers et des visites à des médecins, des thérapeutes et des spécialistes, beaucoup plus que de se préoccuper de la santé spirituelle.

Il y a un vrai combat entre essayer de vivre le mieux possible le présent, en insistant sur l’importance d’avoir une bonne santé, plutôt que de penser à la vie spirituelle et à l’approche des religions qui magnifient la dignité de la personne humaine. Le Nouvel Âge montre sa force en amenant ses adeptes à vivre plus en accord avec tout ce qui consiste à prendre soin de soi-même et à vivre une vie saine, en prenant soin de la qualité de vie et de ce dont on peut jouir dans le présent. C’est vous et votre bien-être qui compte le plus et c’est votre responsabilité.

Par conséquent, la tendance actuelle est de souligner que Dieu est une sorte de grand thérapeute et que la capacité de guérison de Jésus est ce qui est le plus important, avec des miracles et des guérisons surnaturelles. L’approche du Saint-Esprit a plus à voir avec les bienfaits de la santé qu’avec la foi vivante dans la charité, comme le propose le catéchisme.

Ma réincarnation, une manière d’affronter la mort

La croyance est celle-ci : la mort n’est pas un mal en soi, mais un voyage vers une nouvelle vie. Et aussi : ce j’ai reçu dans la vie présente, c’est-à-dire mes souffrances, mes maladies, mes échecs et mes réussites, provient de mes vies passées. Le Nouvel Âge reconnaît bien que vous devez tenir compte de ce que vous avez fait vous-même dans vos vies précédentes ; mais il affirme que le plus important est qu’aujourd’hui, à travers votre apprentissage constant, vous aspiriez à améliorer votre condition de vie actuelle et à atteindre une conscience plus élevée et plus complète.

Chaque vie, chaque mort, nous mènera à une ascension vers la perfection si vous parvenez à saisir et à pratiquer chacune de vos opportunités. C’est pourquoi parfois on voit la maladie, la douleur et la souffrance comme un « karma »qui vient des erreurs du passé que l’on doit payer aujourd’hui. Si vous le dépassez aujourd’hui dans cette vie, alors dans votre prochaine vie, vous profiterez d’une meilleure santé, plénitude et prospérité dans tous les sens du terme.

Le concept de la mort est vu plus dans sa totalité ; elle ne se termine pas dans un passage lointain vers un ciel ou une vie éternelle, mais on la considère comme une escalade de différents niveaux et expériences, comme l’illustrent certaines écoles réincarnationnistes. On a au moins 12 vies, six au masculin et six au féminin, et on passe à travers 12 personnalités selon le calendrier zodiacal de sorte qu’on parvienne vraiment à connaître cette vie depuis différentes formes d’être. Parfois il faut aussi devenir un professionnel, parfois un artisan, les uns dans la royauté, les autres dans l’esclavage ; vivre la mort sur le champ de bataille ou agréablement entouré par votre famille ; c’est seulement ainsi que vous pourrez bien connaître ce que c’est que de vivre sur cette planète.

D’autres visions de la réincarnation s’étendent au fait que déjà faits à l’image et à la ressemblance de Dieu, nous avons aussiune vie éternelle, mais celle-ci vit pendant toute cette éternité des milliers d’expériences dans les millions d’espaces qui existent dans l’univers ; c’est-à-dire, aujourd’hui vous êtes sur la Terre et demain dans une étoile à plusieurs millions d’années-lumière d’ici, puis dans les Pléiades et ainsi de suite pour connaître successivement ce que signifie vivre dans la grandeur et la magnanimité du Créateur. Et dans chaque expérience, il faut aller en toute liberté, en se perfectionnant dans l’amour et la charité.

Par conséquent, en aucun cas, on ne considère la mort comme un point final. Elle n’est pas vue comme tragique, ou abominable. On peut même développer l’idée que la mort est une expérience de bonheur, comme le relatent parfois ceux qui, au cours de NDE, nous racontent des lumières et de merveilleuses rencontres avec les êtres aimés qui vous accueillent à bras ouverts.

Dans cette même perspective, on cherche à apprendre à faire des « voyages astrals », c’est-à-dire à trouver un moyen de quitter le corps, tandis que l’esprit fait plusieurs voyages dans des lieux extraordinaires et merveilleux. On considère le corps simplement comme un espace où l’esprit réside ; en le transformant en quelque chose de transitoire qu’on laisse avec la mort, pour ensuite dans les expériences futures, obtenir du nouveau, vivre selon les nouvelles conditions dans lesquelles l’esprit doit vivre.

Il y a aussi la tendance à encourager les personnes qui prétendent avoir des dons spéciaux pour pouvoir raconter ou écrire des expériences surnaturelles, qui ont un rapport avec la vie après la mort. De cette façon, elles ouvrent de nombreux canaux de dialogue et de communication avec des êtres qui vivent déjà dans d’autres dimensions, dans d’autres états et dans d’autres situations, qui communiquent maintenant avec les humains pour révéler des aspects prophétiques et moraux pour l’amélioration et le bien-être de l’humanité. Un concept comme le « channeling », le fait de servir de canal, implique que parmi nous il y ait des personnes avec le don de se connecter aux êtres, qui en esprit, vivent déjà d’une manière nouvelle et veulent être en contact permanent ou simple et transitoire avec ceux qui vivent encore ici.

Pouvoir lire mes Annales akashiques

Dans le mouvement du Nouvel Age, il y a déjà des gens qui se disent spécialistes en lecture des Annales akashiques (concept ésotérique théosophe), des gens qui se présentent avec un don spécial pour lire dans l’être de la personne, qui ne change jamais à travers ses vies multiples, valable dans sa réalité transcendante. Cela conduit ces lecteurs et décodeurs de la mémoire d’une personne à faire une sorte de psychothérapie akashique, dans laquelle ils expliquent au client les raisons de ce qui se passe aujourd’hui comme conséquence de ce qui est survenu dans leurs vies passées.

Par exemple, les songes récurrents et terrifiants qui, selon eux, n’ont rien à voir avec la vie présente, sont des manifestations de ce souvenir d’être, qui se rapporte un événement très tragique, provenant des vies passées inachevées et non résolues. C’est le cas de celui qui a été égorgé à un moment donné dans une de ses vies passées, événement qui n’a pas été résolu dans la vie suivante ; alors il en rêve de façon répétée, jusqu’à ce qu’il réussisse à le résoudre dans le présent, ce qui permet d’arrêter de vivre dans la peur et la terreur et de céder à l’amour et à la réconciliation avec soi-même et avec le cosmos.

Les savants de ces annales peuvent alors détecter dans l’être ce qui manque pour progresser dans la loi cosmique de l’amour et/ou ce qui doit être résolu et demeurer scellé. Dans certaines littératures cela ressemble au karma et au dharma, très typique de l’approche de certaines traditions hindoues.

Il y a des gens très convaincus de cela et qui peuvent payer d’énormes sommes d’argent pour lire leurs « archives » et ainsi savoir ce qui leur arrive, et ce qu’ils doivent faire pour pouvoir progresser dans ce qu’il leur reste de vie ; et ainsi ne pas transporter dans la prochaine vie, les questions ou les problèmes qui peuvent et doivent maintenant trouver une solution.

Si on le considère sous cet angle, le sens de la mort et de la vie prend déjà une autre dimension parce qu’il n’implique pas une perspective de douleur et de souffrance, mais qu’il implique de savoir que vous aurez une nouvelle occasion d’exercer votre croissance personnelle par rapport à la loi de l’amour. Un exemple est largement utilisé à travers une comparaison avec les systèmes scolaires actuels. Si vous faites bien vos études, votre travail, vos devoirs, vous passez au niveau suivant ; si non, vous échouez, et ainsi de suite ; et progressivement, vous parvenez à atteindre un diplôme universitaire et même un doctorat ; sinon vous devrez redoubler une année, et au mieux vous ne finirez pas vos études professionnelles ; chaque vie est ainsi une occasion d’étudier, d’apprendre, de faire de l’exercice, de pratiquer et de passer au niveau suivant dans la capacité d’aimer et d’être aimé.

Il existe beaucoup d’écoles ésotériques, occultes et nous dirions aujourd’hui du Nouvel Age, qui encouragent la rencontre avec des êtres proches ou des parents qui sont déjà morts. Il est possible d’y accéder de telle sorte qu’un lien et une communication soient établis, parfois sans intermédiaires ou médiums, et d’autres, seulement à travers eux. Tant de gens du Nouvel Age héritent de cette approche et lui donnent de nouvelles nuances ; ils parlent déjà d’êtres qui vous accompagnent maintenant dans toutes vos activités quotidiennes, et qui se trouvent là où ils veulent qu’ils soient présents dans votre vie. Plus que de leur demander de quitter bientôt le purgatoire et d’entrer dans l’expérience transcendante de l’amour de Dieu, on cherche à ce qu’ils soient de justes médiateurs pour nous donner la grâce qui nous permette de lutter contre les adversités du mal, et ainsi sentir que mes chers absents encore vivants et présents m’aident.

Ceci explique aussi, dans le Nouvel Age, le culte si important envers certains personnages, lieux spécifiques, forêts enchantées dans lesquelles ces esprits sont censés résider, qui n’ont pas encore cessé d’être en contact avec nous sur cette planète ; nous pouvons les invoquer et susciter leur intervention pour qu’ils soient capables de nous guider sur le chemin d’une meilleure approche du divin.

Tout cela explique pourquoi il est si interminable que chaque être puisse vivre et mourir dans des états matériels différents, dans une multitude d’alternatives que nous ne connaissons même pas encore, alors que l’être créé comme tel, reste toujours le même par essence, bien que sous des formes différentes. Ceci implique que beaucoup de Terriens étaient déjà des êtres qui habitaient les Pléiades ou l’Étoile de Sirius ou dans n’importe quel autre étoile, parmi les millions d’options qui existent dans toute la création.

Ma santé, c’est mon trésor

La tendance est de soigner les gens à propos de ce qu’ils ressentent. C’est une vision plutôt expérientielle qu’une analyse médico-rationnelle. Le Nouvel Âge forme un tableau contre-culturel où il est difficile de distinguer entre les maladies physiques, énergétiques, psychologiques et spirituelles, car elles s’impliquent toutes d’une manière ou d’une autre. C’est-à-dire que vous êtes encore malade à cause d’un changement énergétique, d’une attitude ou tout simplement d’un manque spirituel, parfois l’un, parfois l’autre.

Les énergies cosmiques sont prises en compte à la fois en termes d’énergies cosmiques et dans l’espace réduit de votre propre maison, à partir des matériaux dont votre maison est construite jusqu’à l’orientation de votre propre lit. Aujourd’hui, il est à la mode de dire que certains sentiments et émotions produisent certaines maladies énergétiques. Par exemple, ceux qui ne savent pas pardonner courent un risque de cancer, le courageux et rancunier celui des ulcères et du diabète, etc. De là, il y a beaucoup de théories qui relient les états spirituels, mentaux et émotionnels aux maladies corporelles.

L’un des grands risques du Nouvel Âge est de faire de la place à beaucoup de fantasmes. Un retour au monde magique et mystérieux, au monde des ténèbres, des fantômes et des êtres démoniaques qui assiègent l’homme, en nous impliquant dans de nombreuses légendes et histoires mythiques. Le Nouvel Âge, sans en avoir l’intention, a une fois de plus favorisé une grande partie de la pensée magique du Moyen Âge. En ravivant la vision des démons, des diables, des mauvais esprits et d’autres noms avec lesquels il est connu dans de nombreuses cultures ancestrales, on a réveillé à nouveau la peur de vivre. C’est une pensée syncrétique qui mélange tout et génère de la confusion dans l’esprit de nombreux disciples du Nouvel Age.

Au moins au sein du catholicisme, il est très clair que ce sont les sacrements qui, en eux-mêmes, triomphent du mal et de l’ingérence mentale ou physique du diable dans nos vies, et que c’est la croix du Christ et sa résurrection dans l’amour du Père et de la Sainte Trinité, qui ont déjà triomphé du diable.

Pour cette raison, il est bien connu qu’un baptisé n’est pas une victime de la possession diabolique, même si certains spécialistes continuent à le soutenir théologiquement, mais je suis enclin à lui donner la fermeté par le baptême et avec l’accès à d’autres sacrements, qui nous immunisent contre la possession et l’influence directe et matérielle du diable. Bien qu’il soit clair que le baptême ne nous dispense pas de continuer à être tenté et peut-être victimisé, c’est-à-dire sujet au péché et aux misères de notre convoitise.

On attribue également aux aspects psychologiques, spirituels, économiques, familiaux, et sociaux les causes de la maladie ; y compris les solutions multiples, allant des traitements purement médicamenteux alternatifs aux thérapies psychologiques, à l’alimentation en psychothérapie, à la gestion de l’énergie et même aux ateliers dans un environnement naturel où les énergies sont rechargées pour recouvrer la santé. Il y a des solutions de rechange qui font penser que les péchés, d’un point de vue catholique, vous rendent malade à cause du lourd fardeau de culpabilité qu’ils peuvent apporter, et qu’il est donc préférable d’arrêter de pratiquer la religion pour éviter les conséquences morales et sanitaires.

En France, il y a des groupes qui appellent les « docteurs célestes » à venir soigner les malades de la Terre parce que leur médecine énergétique est beaucoup plus avancée que la nôtre. De fait, il y a des gens qui obtiennent des guérisons « miraculeuses » spectaculaires, qui les font se rallier à une telle proposition.

Il y a des propositions qui ont à voir avec l’hypnose et avec des états de transe, pour donner des conseils de santé très surprenants et efficaces pour ceux qui ont une maladie chronique, même sans diagnostic correct de la part de la médecine allopathique. La proposition de guérison du Nouvel Âge combine alors une vision sacrée avec une médecine qui recourt à tout pour voir l’homme dans une plus grande plénitude physique, psychique et spirituelle. Les remèdes et les méthodes sont à la mesure de la créativité et de l’invention de la créativité humaine.

Il y a aussi ceux qui, suivant les traditions de la date de naissance selon le calendrier maya Aztèque, ou aussi la position des étoiles selon le signe du zodiaque lors de votre date de naissance, peuvent prévoir et connaître le type de maladies que vous aurez au cours de votre vie, d’où l’attention et des soins hygiéniques pour ne pas les laisser se développer.

De même, il y a et il y aura de nouvelles inventions, de l’autoguérison à la découverte de sons et d’arômes qui renforcent le système immunitaire pour garder votre corps en bonne santé. Bien sûr, beaucoup de ces remèdes devront être payés cher parce qu’ils font partie d’un commerce en pleine croissance aujourd’hui et d’autres, heureusement avec un sentiment de générosité spirituelle sont des dons de personnes qui ne les utilisent pas.

Le risque est dans les propositions magiques, les remèdes de fantaisieet clairement hors d’une démonstration authentique de la science médicale, mais qui vont se concentrer sur les statistiques du facteur placebo. Il y a beaucoup de preuves que la force de la croyance et de la suggestibilité nous rendent malades ou nous guérissent. À partir de ces preuves scientifiques, on prétend que de nombreuses méthodes ancestrales et/ou cosmico-énergétiques de guérison sont efficaces pour rétablir la santé et vivre dans un monde préventif beaucoup plus sain.

L’homme New-Age est très soucieux de sa santé et veut évidemment éviter de tomber malade, son style de vie est lié au fait de ne pas stresser et de vivre le plus heureux possible, pour se donner le plaisir d’avoir un corps sain, fort et même beau, et donc, d’avoir une bonne qualité de vie avec une bonne présentation et une bonne image. Par conséquent, la souffrance et la douleur sont odieuses et on cherche à s’en éloigner le plus possible afin de se concentrer pleinement sur le plaisir et la joie d’une vie plus pleine. Une grande partie de l’offre du Nouvel Âge est orientée vers cette approche.

Comprenons qu’il s’oppose à la proposition chrétienne qui n’évite pas la douleur ou la souffrance, mais en plus de ne pas l’éviter, ni la chercher, en fait une offrande dans un amour plus complet au Sauveur Jésus-Christ, qui a choisi dans l’humilité de la douleur et de la souffrance, une voie de salut.

On transforme aussi de nombreuses façons, par la vision du Nouvel Age, la personne de Jésus, en le montrant comme guérisseur par des moyens miraculeux, comme l’énergie christiquequi guérit tout, ou l’esprit de Dieu qui habite en nous comme unbouclier d’énergie qui nous protège de la maladie. Cela conduit de nombreux catholiques fervents à voir dans l’Eucharistie une nourriture pour guérir leur corps et non pas pour être unis dans l’amour de Jésus pour la vie éternelle. Différentes écoles du Nouvel Âge, à l’intérieur de leur vision, incluent Jésus et la religion comme faisant partie des choses miraculeuses de guérison qui peuvent arriver dans une vie, où le pire qui peut vous arriver est d’être malade.

Dans le Nouvel Âge, les gens se préoccupent essentiellement de se sentir bien et de ne pas se sentir malades, plus que de leur conscience morale ou de leur style de vie.Ils cherchent à résoudre leur situation personnelle davantage dans les scénarios de médecine alternative, que dans la recherche d’une plus grande santé spirituelle, notamment à travers une religion. S’il y a un intérêt éventuel pour ce qui est spirituel, c’est pour le relier directement à leur santé et à leur bien-être. Pas pour la recherche de la transcendance, la glorification, la louange et l’action de grâces à un Dieu Tout-Puissant.

Il y a en profondeur un Dieu qui est vu comme le Grand Guérisseur, à qui des miracles doivent être demandés pour guérir les maladies. Il en résulte une vision de Jésus comme un thérapeute universel miraculeux, puisqu’il est important d’être en bonne santé. Tous les autres enseignements de la religion, en l’occurrence les catholiques, sont négligés parce que la santé est la priorité.

 

Notes

[1]Ce point important fait du Nouvel Âge un monde propice à tout type de romans, d’histoires et d’inventions de toutes sortes dont est capable de l’imagination humaine. Ce qui, soit dit en passant, atteint les possibilités illimitées et infinies de créer n’importe quoi. Depuis la vie sur les planètes éloignées, des êtres cosmiques, des êtres spirituels avec des pouvoirs de bonté et des interventions miraculeuses aux êtres humains simples, jusqu’à toutes sortes d’idées sur la réincarnation, les enregistrements de la mémoire akashique, et l’influence des plantes, des espaces géométriques que nous connaissons aujourd’hui à travers le Feng Shui.

[2]Il y a un maître zen qui en arrive à dire, en référence à l’ancien enseignement de René Descartes qui disait « Je pense, donc je suis »,  à affirmer maintenant« si je pense, alors je n’existe pas ».

[3]Dans les faits surgissent une multitude d’écoles, d’enseignants, de livres, de rituels, et finalement, de guérisons avec des eaux spéciales, avec des plantes diverses au moyen de pierres et de rochers, avec des tourbillons localisés d’énergie cosmique, des promenades ou des pèlerinages spirituels, des danses et des chants mystiques ; et tout ce qui nous arrive peut être alors une combinaison d’anciens enseignements spiritualo-religieux avec les nouvelles propositions énergétiques et cosmiques qui enveloppent la « mère gaia », ce qui est d’ailleurs une manière de dire que la Terre est un être vivant qui a sa propre initiative et volonté par rapport aux autres planètes et autres étoiles du cosmos. C’est pourquoi elle a aussi sa personnalité, son histoire, son « caractère », et bien sûr, elle traite de façon spéciale ceux qui la connaissent et l’aiment.

[4]Des leaders, avec des astuces semblables, ont créé des mouvements sociaux d’une telle ampleur que leurs disciples et adeptes peuvent même donner même leur vie pour leurs propres guides et prophètes ; et ils ont aussi réussi à les convaincre de pratiquer des perversions sexuelles visiblement immorales, au profit du guide spirituel, et sont parvenus à imposer à la faiblesse de leurs disciples une identité forcée, presque de façon tyrannique.

[5]Ainsi, comme il est pèlerin et chercheur d’expériences, il est aussi dans une constante investigation et recherche de tout ce qui peut améliorer sa santé, ainsi que des compléments alimentaires et des herbes magiques « guérit tout » ; il accourt à un vortex d’énergies, où il est supposé récupérer immédiatement sa santé ; ou il va avec un guérisseur ou homme-médecine, qui sous ses enseignements ancestraux fera tout ce qui est nécessaire pour guérir les maladies que peut présenter le chercheur. Ainsi se sont développées d’innombrables méthodes thérapeutiques, depuis l’électromagnétisme, les massages et thérapies dans l’eau, danses et exercices qui permettent au corps de retrouver l’équilibre et la stabilité nécessaires pour vivre sainement.

 

D’après Guillermo Dellamary Toral, Lo que conocí de la Nueva Era. Una visión entre la realidad y la fantasía.

Nouvel Age — 4. Un avenir harmonieux

Une spiritualité transcendante

Plutôt que de reconnaître que nous sommes des êtres rationnels, ce qui importe pour le Nouvel Âge, c’est le sens de la transcendance spirituelle. Cela implique que nous nous trouvons dans une réalité nouvelle qui est maintenant dictée par notre spiritualité et non par notre raisonnement. Et à cause de cela, il est plus important de se sentir spirituellement partie intégrante de notre nature et de notre société que d’y penser et d’y réfléchir. Il s’agit maintenant de faire partie de toute cette nature unie au surnaturel, que nous ne percevons pas encore, que nous ne connaissons pas, mais qui est là pour ceux qui le cherchent.

L’être humain véritable doit acquérir la conscience de faire partie d’un tout, y compris du surnaturel, et doit aussi ressentir plus que penser. Grandir, c’est assimiler la réalité du surnaturel et l’incorporer dans notre nature corporelle, et ainsi, ajouter que nous sommes possesseurs d’une supraconscience, en plus de celles que Sigmund Freud avait décrites comme le subconscient et inconscient.

Nous sommes dans une ère qui augmente progressivement la spiritualité de l’homme, laissant derrière elle une vision matérialiste et rationaliste de la réalité. Ainsi, dans la nouvelle conscience, nous nous dirigeons vers une société plus instruite, équilibrée et sobre, mais en harmonie avec la nature et la spiritualité cosmique, qui inclut ce qui est nommé l’invisible et le surnaturel.

Tout en sauvant la sagesse ancestrale, il faut aussi se concentrer sur un futur et un avenir dans lequel elle sera progressivement consolidée par un lien avec la spiritualité de tous les temps. Jusqu’à présent très limités dans la capacité de regarder au-delà de ce qui est juste sous nos yeux, nous allons progressivement augmenter la conscience d’un futur dans lequel va dominer une vision cosmique, en relation avec toutes sortes de manifestations et de présences que la majorité d’entre nous ne connaît pas actuellement.

Une nouvelle fraternité cosmique

La vision que le Nouvel Âge nous offre nous fait voir que nous sommes en crise dans tous les domaines, tant sur le plan écologique, social, religieux, politique, éducatif et économique, et que cette crise est nécessaire pour briser le mode de vie qui a été jusqu’à présent prédominant. C’est comme de désirer ardemment que disparaisse ce qui n’est pas utile, ni ne sert à une nouvelle vision plus optimiste, plus juste, plus aimante, plus fraternelle, et bien sûr, en harmonie avec le Tout.

Il s’agit d’aspirer à un monde meilleur dans lequel additionner toutes les forces vivantes, visibles et invisibles afin de débuter une humanité nouvelle sans les pièges, erreurs, défauts et prétentions de l’époque précédente. Chaque jour, de nouveaux chercheurs et combattants doivent naître et grandir pour faire du Nouvel Âge une réalité sur cette planète et changer tout ce que nous savons aujourd’hui de notre style de vie.

Mais pour parvenir à un changement d’ensemble, il faut avant tout un changement intérieur sans lequel on n’intègre pas cette fonction transformatrice au niveau social et surnaturel. Peu importe le comment, il peut y avoir forcément de nombreux chemins et des situations diverses. Avec la connaissance ancestrale qui vient des sources cosmiques et des êtres supérieurs d’autrefois, nous devons raviver une nouvelle vision d’un futur dans lequel une nouvelle fraternité cosmique illumine le progrès et l’harmonie de notre planète détériorée et détruite.

Une autre étape de l’humanité

Les figures dirigeantes telles que Jésus-Christ, Bouddha, Moïse, Mahomet, Lao-Tse, Quetzalcoaltl, Thot, étaient de grands maîtres, guides, hommes de Dieu, êtres divins, mais propres à l’époque précédente des Poissons. Ils ont incontestablement accompli leur vision avec ponctualité et une véritable transcendance, spécialement Jésus de Nazareth, le fils bien-aimé du Dieu de tout l’univers, mais leur mission s’est terminée en ce nouvel âge du Verseau pour faire place à de nouveaux prophètes, de nouveaux guides, de nouveaux bergers et de nouveaux enfants du Dieu Créateur. Le livre des Saintes Écritures sera conservé dans les archives historiques de l’Âge des Poissons et de nouveaux enseignements, de nouvelles écritures sacrées, de nouveaux évangiles, de nouvelles paraboles, de nouveaux sauveurs viendront.

Sous la bannière du Nouvel Age se construit un nouveau cœur fraternel qui renouvellera l’homme, laissant derrière lui toute la tradition religieuse, en particulier biblique, qui permettra vraiment une transfiguration de l’homme cosmique. Face à une telle perspective, nous ne pouvons pas parler d’un nouveau mouvement religieux, puisqu’il ne prétend pas établir un intermédiaire entre l’homme et son créateur, mais plutôt d’une introduction de l’homme à une réalité cosmique dans laquelle il découvrira progressivement de nouvelles dimensions et des êtres qui habitent déjà avec amour d’autres étoiles et galaxies.

On insiste aussi sur le fait qu’il n’y a pas de fondateur, pas de leader, pas de dirigeant, pas de personne qui dirige le Nouvel Age, mais c’est en soi une étape, une période où l’humanité prend conscience d’une nouvelle réalité où l’on laisse de côté une histoire pour pouvoir sortir du passé, ce qui a déjà été signifié par les rencontres avec la Divinité, ce qui implique que les faits qui ont confirmé que l’homme est créé par un Dieu soient réunis.

À la base de tout le mouvement, il y a la conscience d’un avenir meilleur, où il importe plus de savoir où nous allons que d’où nous venons, il se concentre sur ce qui arrivera et non sur ce qui s’est déjà passé. Bref, la religion chrétienne qui se tourne toujours vers sa référence historique dans l’incarnation de Jésus-Christ, était dans l’Âge des Poissons ; maintenant ce qui importe est d’aller vers cet être cosmique et de se rencontrer dans ce futur tant désiré. Ce n’est plus le règne de la raison, de la compréhension et de la parole, mais de l’intentionnalité, de la conscience et de la spiritualité généreuse avec le monde entier créé.

Découvrir les nouvelles capacités dans nos vies

Quelles que soient les personnes conscientes de l’âge conscient du Verseau, elles ne sont pas là pour promettre, mais pour accomplir un vrai changement dans leur vie pour que le monde d’aujourd’hui ne puisse pas continuer comme cela ; ils sentent que tout s’est détérioré, que même les institutions religieuses perdent le cours du bien suprême et ne conduisent plus leurs fidèles vers cet avenir honnête, sincère et harmonieux qu’on cherche à vivre dans l’ère suivante.

Il ne s’agit donc pas d’améliorer et de remodeler le modèle existant, mais plutôt de renverser l’ancien bâtiment et d’en construire un nouveau et de ne conserver que les pierres angulaires qui, si elles nous donnent le passé, deviendront partie intégrante des fondations et des murs du nouveau bâtiment.

Il ne s’agit pas non plus de courtiser la Divinité, mais d’en faire partie, de prendre conscience que nous sommes vraiment des êtres divins faits à son image et à sa ressemblance, et que comme tels, nous devons nous sentir totalement sûrs d’être aimés. Et pour cette raison, il est nécessaire que les nouvelles générations, en vivant cette nouvelle énergie, découvrent en elles ces capacités enfouies de savoir et d’aimer sans avoir besoin d’intermédiaire.

Celui qui a déjà éveillé sa conscience sait qu’il y a des forces cosmiques immenses et très positives qui travaillent déjà pour le progrès de l’humanité. Et il ne s’agit pas de s’y opposer, ou de lutter contre les religions, ou tout ce qui vient du passé, parce qu’il s’agit de donner de la viabilité au flux de ces énergies nouvelles, auxquelles il ne vaut mieux pas s’opposer, mais se laisser conduire vers elles par sa propre énergie.

Être vivant, c’est savoir que tout ce qui est autour de toi l’est aussi, que nous ne sommes pas seuls, qu’il y a une harmonie parfaite dans tout ce qui existe déjà, que nous le sachions ou pas, et se réfère concrètement à tous les êtres qui nous accompagnent déjà dans ce nouveau changement de conscience.

 

D’après Guillermo Dellamary Toral, Lo que conocí de la Nueva Era. Una visión entre la realidad y la fantasía.

Nouvel Age — 3. La conscience

L’éveil de la conscience

On ne parle plus seulement de la bonne ou mauvaise conscience, c’est-à-dire de la conscience morale qui nous fait dire : »J’agis selon ma conscience »; ou de la conscience psychologique par laquelle chacun réalise ce qui se passe. C’est plutôt une connaissance qui, selon le Nouvel Age, est intuitive, intime, intense et indestructible, qui pénètre plus facilement dans les mystères de la réalité de la vie, du monde, du cosmos. Personne ne peut prétendre connaître vraiment les autres êtres et les choses avec seulement la réflexion ou l’enquête intellectuelle, parce que vous ne pouvez plus simplement savoir par le chemin de la raison ; mais s’ajoute maintenant la capacité d’intégrer les émotions, les ressentis, une plus grande capacité de capter et de percevoir le monde dans lequel nous vivons.

Il s’agit de communiquer avec la personne, de capter ce qui lui arrive, d’être avec elle et de pouvoir pénétrer sa subjectivité, son intimité, son essence sans perdre l’objectivité de l’autre et de soi-même. C’est une conscience qui est basée sur le concept de « tu es mon autre moi », relecture de « aimer son prochain, comme soi-même », « ne pas faire aux autres ce que tu ne veux pas qu’on te fasse ».

C’est la conscience qui se développe dans les enfants qui naissent dans ce Nouvel Age du Verseau par les influences directes de la position que le soleil garde maintenant par rapport à la terre. Maintenant, ce sont les enfants indigo, nommés ainsi d’après la couleur de leur aura et décrits comme des enfants hyperactifs ; au fond, ce sont des êtres doués de nouvelles compétences et capacités pour transformer la planète et la conscience de l’humanité vers le nouvel avenir.

De cette façon, la conscience vous permet non seulement de savoir si vous faites les choses bien ou mal, ou si vous êtes conscient de vous-même dans le temps et l’espace, mais vous ajoutez une conscience intuitive de l’autre, non plus comme un objet de connaissance, mais comme un autre sujet avec lequel on peut vraiment communiquer, s’unir et vivre ensemble. Bref, l’Âge du Verseau va progressivement développer un sens plus grand du respect et de la coexistence avec les autres, de telle sorte que les gens puissent vivre plus harmonieusement et pacifiquement soutenus par cette conscience intuitive.

Les hommes qui acquièrent progressivement une plus grande conscience, auront la possibilité de se connecter dans une communication supérieure avec tout ce qui est au-delà de notre monde sensible et visible, et qui ne tombe jusqu’à présent que sur le terrain de l’imagination et de la fantaisie, comme le contact avec les extraterrestres, les êtres d’autres dimensions, les gnomes, les dauphins, les fées, les êtres qui viennent de Sirius, les Pléiades. C’est dans ces changements dans la conscience individuelle et collective que le nouveau monde pourra advenir. Nous devons travailler pour notre éveil spirituel et pour le développement de notre propre potentiel. L’homme devient alors un avec Dieu pour éviter tout intermédiaire entre sa propre conscience et celle de son Créateur.

Conscience et énergie

L’objectif de connaître les différents éléments du réel et d’y communier pour se transformerest de type gnostique. C’est la connaissance par excellence. Il y a des niveaux de conscience qui sont aussi des niveaux d’énergie. Car l’énergie est consciente et la conscience est énergétique. Globalement, le monde invisible forme une véritable échelle, puisque ses strates subtiles sont organisées et hiérarchisées. Il sera alors possible de monter à chaque marche jusqu’à la source. Parlons des strates les plus importantes : conscience physique ; conscience instinctive ; conscience émotionnelle ; conscience intellectuelle ; conscience spirituelle.

Nous avons ici une vision optimiste du monde, puisqu’elle peut nous conduire au Divin. Dans ses principes, la Bible répète également que Dieu a vu que sa création était bonne. Paul parle des niveaux invisibles de l’existence : pouvoirs, trônes et dominations. Mais il dit que ce sont simplement des créatures et que le Christ est au-dessus d’elles.

L’important, c’est de se transformer. Mais pour cela, il faut se connaître soi-même. Que chacun de nous soit donc informé du fonctionnement de l’individu humain. Chaque homme doit être bien convaincu qu’il dépasse de loin son corps au sens habituel du terme, le « corps grossier », dirons-nous parfois. C’est avant tout un corps invisible, « subtil », « astral », ou « énergétique ». Et, contrairement à ce que l’on pourrait penser spontanément, ce « corps de lumière » n’est pas enfermé dans un corps physique, comme un vase ; au contraire, il le soutient et le laisse vivre.

Il a sa propre organisation, comme le corps physique et en relation avec lui. Il a son propre plexus : les « chakras » (en sanskrit, cela signifie « roue »), comme ses canaux de circulation d’énergie. En général, on distingue sept chakras, qui vont de la base de la colonne vertébrale à la partie supérieure du crâne. Dans le chakra inférieur, une force puissante, la « kundalini », dort. Et le but de certaines pratiques ésotériques est de l’éveiller. Elle monte ensuite dans la colonne vertébrale. Si elle atteint le chakra supérieur, elle cause l’illumination. Soulignons que cette forme de yoga est dangereuse et ne devrait jamais être pratiquée sans l’aide d’un professeur reconnu.

La pratique du Hâta Yoga a contribué à populariser en Occident ce concept de corps subtil. Il laissait parfois son enveloppe physique pour voyager dans l’astral. Cette vision de l’homme peut être appelée « psycho-physiologique », compte tenu de la relation entre les deux corps. Elle est également liée à l’ensemble réel, puisque l’individu est un microcosme qui peut communiquer avec le macrocosme, dans la mesure où il connaît les mécanismes ésotériques de son fonctionnement.

Microcosme et Macrocosme

Les éléments du monde correspondent les uns avec les autres. Chacun des hommes forme un petit univers relié par toutes ses fibres avec le grand Cosmos qu’il connaît plus par communion que par déduction. Le souci d’unifier les groupes est une caractéristique fondamentale du Nouvel Age : tout communique. L’homme est vu comme un univers minuscule, un microcosme, qui contient tous les éléments de l’univers dans son ensemble, le macrocosme : « Ce qui est ici (en moi) est partout. Ce qui n’est pas là n’est nulle part. »

En d’autres termes, chacun de nous est un modèle de l’univers, un microcosme, une réduction du monde. « Dans le tout se trouve ce que l’on rencontre dans les autres » et c’est précisément parce que nous portons l’univers en nous-mêmes que nous pouvons le connaître, au sens large du terme. Nous le rencontrons directement, sans avoir recours à une diversion cérébrale, et c’est une vraie communion par identité, peut-être une fusion. Incroyablement, l’homme peut capter toutes les fréquences du cosmos. Mais, pour cela, il doit développer toutes ses capacités à tous les niveaux : la matière, l’affectivité, l’intellect, la superconscience.

La perspective du Nouvel Age est donc intégrale, synthétique, dans un mot « holistique », qui vient de l’adjectif grec « holos » signifiant « tout ». Dans le principe holistique, chaque situation sera considérée sous un maximum de facettes et l’être humain sera conscient de sa relation avec le Divin, le cosmos et l’humanité. Il vivra avec le désir intense d’unifier la diversité. Il aimera la Terre qui forme un être vivant unique : Gaia, le nom de la déesse grecque de la Terre Mère.

Il accordera beaucoup d’importance à l’écologie et se réjouira que, grâce au développement intense des médias, la planète devienne un véritable peuple, un ensemble de plus en plus connecté, une sorte de cerveau collectif. De plus, il cherchera à entrer en contact avec l’au-delà par le biais d’êtres privilégiés liés à l’au-delà. Ces véritables canaux d’information ont donné à cette pratique le nom de « channeling ». Ils donnent des informations sur le défunt et transmettent des messages du monde des anges. Mais ne sommes-nous pas là en pleine médiumnité, en plein spiritisme ? Et donc ouverts aux influences des esprits ténébreux…

Selon la Bible, l’homme n’est qu’un élément, aussi important soit-il, du cosmos qui a été créé pour lui, c’est-à-dire à son service, qui lui a été donné. C’est le sens de cet épisode de la Genèse dans lequel Adam nomme les animaux. Bien sûr, si nous abondons trop dans ce sens, nous risquons de nous imposer à la nature, au point de ne plus la respecter et la détruire. L’homme n’est plus le maître de la Terre. Il ressemble plus à son tyran.

Mais le danger du Nouvel Age est avant tout d’effacer la place singulière de l’homme dans une création dont il ne forme plus qu’une partie importante. En insistant trop sur sa communion avec l’univers, ne risquons – nous pas de réduire l’homme à un engrenage cosmique, quoiqu’essentiel ? Dans ce cas, on verrait l’individu comme un simple élément du monde. Cette tendance est-elle corrigée par l’invitation des meilleurs auteurs du Nouvel Age à approfondir notre intérieur ?

En outre, nous courrons un grand risque, en cherchant le bonheur dans un rassemblant artificiel, d’un mauvais syncrétisme des données brutes des différentes traditions religieuses, de la science, de la sociologie, de l’économie, entre autres. En voulant une synthèse, on risque de trahir le réel.

Et des gens sérieux affirment que toutes les religions sont semblables, que leur vision de la Réalité ultime est identique, qu’il n’y a pas de différence entre la Trinité chrétienne et la triade Shiva-Brahma-Vishnu. Cette tentative de synthèse a plus à voir avec la juxtaposition qu’avec l’harmonisation ; elle trahit le Nouvel Âge dans l’importance qu’il accorde à l’harmonie.

 

D’après Guillermo Dellamary Toral, Lo que conocí de la Nueva Era. Una visión entre la realidad y la fantasía.

Nouvel Age — 2. Les énergies

L’importance de concevoir l’énergie

L’essentiel est de croire aussi à l’invisible, parce que tout le monde comprend et accepte facilement le visible, et même dans le credo du catholicisme nous parlons de croire au monde visible et invisible. Dans le Nouvel Age, on propose de prendre en compte des énergies qui ne sont pas visibles, ni mesurables et quantifiables ; on oriente vers la compréhension et la manipulation des énergies subtiles qui peuvent soit nous aider à trouver le chemin vers le spirituel ou sacré, soit nous perdre et nous conduire aux extrêmes de la souffrance humaine marquée par le matérialisme et l’attachement aux plaisirs charnels et banals. L’Âge du Verseau suggère un éveil de la conscience qui nous permet de réaliser que nous habitons une planète au sein d’un univers qui vibre sans cesse, et en arrière-plan, de faire circuler une foule de manifestations de Dieu que nos yeux ne voient pas.

Un monde invisible

Des forces puissantes et innombrables sont cachées dans le cœur de nos vies, elles peuvent le déranger comme le pacifier. On découvre que la vie est beaucoup plus que ce que nous voyons et connaissons. Beaucoup de connaissances qui dépassent ce qui est scientifique et technologique, comme des récits du passé, transmis par l’histoire actuelle. Les enseignements ancestraux secrets sont imprégnés d’influences cosmiques et de radiations énergétiques et magnétiques qui proviennent autant du cosmos que de la surface et du centre de la Terre, puisque chacune des énergies subtiles a sa propre vocation, sa propre fonction particulière, son propre rôle. Pour le Nouvel Age ces énergies sont une réalité qui permettra à l’homme d’aujourd’hui d’avancer vers un nouveau style de vie plus harmonieux et équilibré.

Un exemple de cette vision claire de l’influence de l’énergie circulant dans l’espace qui peut affecter le comportement humain se trouve dans la vaste bibliographie du Feng Shui, les enseignements ancestraux de la culture chinoise qui expliquent comment les éléments et la situation des espaces influencent subtilement les maladies, les succès et les échecs des personnes vivant dans un lieu.

Dans ces énergies, on conçoit également la présence d’êtres de lumière, appelés anges gardiens, qui sont dessinés avec des ailes et enveloppés d’une énergie subtile que nous ne pouvons pas percevoir ou à laquelle nous n’avons pas accès, si ce n’est au moyen d’exercices spirituels, qui vont de la prière à un comportement charitable et affectueux envers notre prochain. Ce chemin mène à un état spirituel énergétique qui se connecte avec les sphères supérieures de la création céleste, où Dieu permet à l’homme d’accéder à certains mystères réservés aux êtres avec des niveaux élevés de spiritualité, gagnés par leurs œuvres d’amour envers la création pendant leur vie.

Mais il y a aussi d’autres forces pour ouvrir nos cœurs. On enseigne que le cosmos n’est pas le chaos, puisque chacune de ses énergies a un rôle particulier pour le bon fonctionnement de l’ensemble. Et pour l’œil intérieur qui verrait tout cela, l’univers serait l’expression formidable de la présence même du Créateur. L’Univers comme claire manifestation du macrocosme ; et chaque personne comme une réalité microcosmique en pleine harmonie avec la première, où l’homme va à la recherche de l’Être transcendant par la connaissance rationnelle et expérientielle de sa propre existence.

La face occulte du monde

Le Nouvel Âge propose une vision plus large du monde, incluant les vibrations cosmiques. Ainsi, le langage est nuancé par la terminologie liée à l’énergie. Par exemple, si une personne admire une autre personne, elle dira sans doute qu’elle « a une bonne vibration », c’est-à-dire qu’on se sent bien avec elle, car on vit entouré d’une atmosphère positive et agréable qui est due à la qualité de ses attitudes et qui diffuse une aura très particulière de lumière, avec des couleurs qui la distinguent des autres personnes, une énergie positive. L’inverse est également vrai : ne dit-on pas de certaines personnes qu’elles « absorbent » notre énergie ? Ce peut être un groupe, quel qu’il soit, avec ses richesses, ses limites et ses objectifs communs. Un syndicat, une église, un parti politique ou un club d’amis forment avant tout un « égrégore », c’est-à-dire un groupe organisé de vibrations invisibles, mais perceptibles dans leur attitude et leur comportement vis-à-vis des autres. Au fond, les personnes et les organisations humaines semblent refléter la gestion positive ou négative des différentes énergies cosmiques, représentées dans les attitudes, les comportements, les intentions et les valeurs diverses qui sont traitées dans la vie quotidienne.

Non seulement les personnes, les organisations ou les institutions contribuent au positif ou négatif, mais les lieux eux-mêmes sont porteurs d’énergies subtiles qui sont capables d’affecter la bonne ou mauvaise façon de vivre. L’orientation de la tête de lit peut affecter gravement la santé du dormeur, comme l’ouverture d’une porte ou l’emplacement des objets, les tableaux, les commodes ou les tables. Même l’agencement architectural, l’ingénierie et les matériaux utilisés dans la construction peuvent sérieusement affecter la santé, la renommée, le succès économique et professionnel de la relation conjugale. Dans le langage du Nouvel Age, il est typique d’attribuer la responsabilité du divorce et des conflits familiaux au feng shui de la maison, science chinoise consacrée à l’étude des énergies cosmiques implicites dans le lieu et dans la disposition même de la construction.

Aller jusqu’au divin

L’être humain New-Age est un chercheur spirituel et trouve dans la société et dans la nature toutes sortes de manifestations de la présence divine, exprimées par le concept d’énergie, parce que celles-ci ne peuvent venir que du Créateur même, de qui vient chaque signe de vie et d’harmonie. C’est pourquoi une multitude de connaissances ont été révélées qui nous permettent d’utiliser ces énergies, exprimées dans la nature elle-même, au nom de Dieu pour pouvoir guérir les autres, par exemple. Dans certains cas, il peut y avoir le risque d’exercer cette faculté ou ce pouvoir et d’oublier que c’est l’œuvre et la grâce de Dieu. Tous les vrais mystiques condamnent le fait que la spiritualité devienne un attachement aux miracles. Selon la fameuse phrase de saint François de Sales, « les consolations de Dieu sont préférées au Dieu des consolations ».

Dans le Nouvel Age, le monde n’est qu’une partie du cosmos entier, la Terre est une minuscule partie de toute la magnifique création du Seigneur. Dans cette nouvelle vision, on comprend que nous ne sommes qu’une partie d’un tout beaucoup plus cosmogonique et large que ce que nous connaissons jusqu’à présent. L’au-delà se trouve dans l’ici et maintenant des manifestations de son énergie, sans la réduire naïvement à ce divin qui est un puits d’énergie cosmique pure.

L’univers contient de nombreux mystères encore inconnus, et maintenant, grâce à la découverte des nombreuses manifestations de l’énergie, il est possible de supposer la possibilité d’entrer en contact avec d’autres mondes et manifestations de l’existence jusqu’alors inconnues. Ainsi, un récit profond et très révélateur de cette tendance actuelle se trouve dans le Livre d’Urantia, un travail fait par des experts[1]qui ont « canalisé » la connaissance et la sagesse sur la création par des êtres d’autres dimensions, imperceptibles pour nous, mais qui souhaitent nous transmettre cette information privilégiée.

Gérer le flux des énergies

Toutes les énergies cosmiques communiquent et réagissent entre elles, elles renforcent certaines des connaissances proposées par les érudits du Nouvel Age. Elles sont vivantes, dynamiques, elles coulent partout. Ceci explique la grande importance du maître spirituel, du guide, de l’aîné, du conseiller. Car la gestion de l’énergie exige avant tout d’avoir une connaissance large, qui appartient régulièrement aux anciennes traditions sacrées et gardées secrètes pour être révélées à un petit nombre.

Dans le mouvement du Nouvel Age, les anciens gardiens de ces traditions, qu’il s’agisse des lamas, des druides, des Celtes, des Templiers, des Olmèques, des Lakotas, des Hopis et de plusieurs autres, ont été forcés de révéler cette connaissance ancestrale, en raison des débuts de ce Nouvel Age, marqués par l’influence qu’exercent les changements dans la position de la terre par rapport au soleil.

La connaissance doit être donnée à ce stade à certains étudiants soigneusement choisis afin d’initier précisément les personnes qui rendront possible les nouvelles générations d’êtres plus spirituels et capables d’aimer et de vivre paisiblement dans un monde qui a résisté à quitter la violence, la haine, la déception et le déchaînement pour les choses matérielles et superflues, s’éloignant ainsi de tous les chemins célestes, en particulier de l’envoi du Fils de Dieu, Jésus.

Ces maîtres enseignent la gestion des énergies telle que les prophètes et le Sauveur lui-même l’a montrée à son troupeau bien-aimé à travers une dimension miraculeuse et surnaturelle infiniment supérieure aux dimensions actuelles, mais qui aujourd’hui semblent plus compréhensibles en allant à la racine de la manipulation des énergies curatives que Jésus utilisait tant pour le bénéfice de ses disciples. Dans le Nouvel Age, ses pratiquants se réfèrent toujours à la loi de l’amour, sans laquelle il n’y a pas d’énergie positive qui permette la guérison.

Les grands maîtres spirituels, gardiens de leurs traditions, savent qu’ils vivent les moments cosmiques prophétisés des milliers d’années avant, pour donner un nouveau changement dans l’homme présent, un changement qui durera au moins 200 ans. C’est donc un mouvement qui ne répond pas à des intérêts sectaires, schismatiques ou idéologico-religieux, ni à des oppositions philosophico-théologiques. C’est un mouvement cosmogonique, d’origine mystérieuse, produit par des énergies spirituelles « canalisées » dans la redécouverte de la sagesse ancestrale, transmise par les nouveaux prophètes, mystiques, saints et sages, par de nouveaux prophètes éloignés de la tradition judéo-chrétienne, sans l’exclure.

L’énergie du Saint-Esprit dans le Nouvel Age ?

Si l’on veut faire un rapprochement entre l’Esprit Saint et l’énergie, on voit qu’elle n’est pas absente de la Bible. Au contraire, elle la traverse depuis les débuts du monde, où l’Esprit a plané au-dessus des eaux (Genèse 1, 2), jusqu’à la Pentecôte, quand les apôtres deviennent des hommes radicalement nouveaux à la surprise de tous (Actes 2, 1).

Jésus avait promis à ses amis une « Force d’en haut » et celle-ci émergea avec un pouvoir transformateur. Aujourd’hui encore, tout disciple de Jésus peut devenir récepteur de cette puissance d’évolution et de renouveau. Prières, lectures sacrées, pratique des sacrements, sont trois moments privilégiés de rencontre avec cette « énergie » que nous pouvons appeler « christifiante », qui fait de nous d’authentiques disciples du Christ.

C’est une énergie qui a beaucoup de formes, qui anime la nature, transmet la Vérité, unifie l’homme et les êtres humains, nous rend aptes à toute bonne œuvre, agit comme la source de toute force qui mobilise l’homme en toute action d’amour et de paix. Une énergie unique, mais multiple dans ses activités. C’est la raison pour laquelle l’Esprit est appelé « septuple » (Ap 3, 1 ; 4, 5 ; 5, 6).

Mais ne s’agit pas de réduire ou de simplifier la figure personnelle du Saint-Esprit à/en une pure Énergie Divine. Il s’agit de comprendre que dans le Nouvel Age, les anciens horizons de la spiritualité ancestrale s’ouvrent pour s’additionner aux horizons déjà existants, et configurer ainsi une variété plus grande et plus accessible d’approches du Père Créateur. C’est comme si l’on faisait un retour en arrière pour réassimiler les sagesses ancestrales à la lumière de l’héritage chrétien. Ce qui va nécessiter beaucoup de discernement.

Note

[1]Le Livre d’Urantia (également connu sous le nom de Cosmogonie d’Urantia) est un ouvrage de 2097 pages à vocation spirituelle et philosophique qui aurait été écrit entre 1924 et 1955. L’ouvrage, publié sans nom d’auteur, se présente comme l’œuvre de plusieurs auteurs, également inconnus, dont de prétendus « êtres célestes ». Le mot Urantia désigne la Terre. L’objectif du livre serait « de présenter et d’élargir des concepts avancés de vérité dans l’espoir d’étendre la conscience cosmique et la spiritualité de notre planète ». Il expose des théories sur l’origine et le but de la vie, la place de l’Homme dans l’Univers, la relation entre Dieu et les hommes ainsi qu’une biographie détaillée de Jésus-Christ. La Fondation Urantia a publié pour la première fois ce livre en 1955 en langue anglaise.

 

D’après Guillermo Dellamary Toral, Lo que conocí de la Nueva Era. Una visión entre la realidad y la fantasía.

Nouvel Age — 1. Un peu d’histoire

Le Nouvel Âge a certains de ses antécédents dans un passé ancestral, et en même temps, dans des régions géographiquement éloignées. Bien qu’il soit aussi inspiré par des personnages plus contemporains et qu’il soit vécu aujourd’hui dans notre société, le Nouvel Âge remonte à l’époque antique d’autres cultures et civilisations. Il dérive de traditions mystico-ésotériques, cosmogoniques, philosophiques et de visions du monde ancestrales : orientales, occidentales et préhispaniques ; mais il est encore difficile de donner une estimation exacte des influences réciproques. Voyons d’abord ce qui correspond à l’influence de l’Orient.

L’Orient

Un chemin oriental partagé par le bouddhisme et l’hindouisme, le tantrisme, a peu à peu imprégné certaines strates des sociétés occidentales, notamment à travers les ouvrages sur la pratique du yoga. Nous y trouvons des données importantes concernant le Nouvel Âge : les concepts couramment utilisés tels que la conscience, l’énergie, le rôle du corps, un désir de synthèse, une vision optimiste d’un monde qui mène au sacré au divin.

* Aussi vieux que l’Inde, le tantrisme a été admiré par le Maître de Pondichéry, Sri Aurobindo (décédé en 1950). Ce dernier a profondément influencé ses lecteurs, ses disciples et les membres de la communauté d’Auroville dans le sud de l’Inde, où 700 personnes tentent de vivre selon sa vision de l’avenir de l’humanité. Il a annoncé l’avènement d’un nouveau monde : il l’a appelé « un Nouvel Age de l’âme ». Il a écrit : »Nous ne sommes pas faits pour l’aube d’hier, mais pour les midis de demain ». Et il assurait qu’il avait expérimenté une nouvelle force de progrès qui serait désormais à la portée de l’humanité : le supra mental. Ce personnage peut être considéré comme un père ignoré du Nouvel Âge.

D’une manière plus générale, l’hindouisme a affirmé depuis vingt-sept siècles, comme le font plusieurs courants occidentaux de nos jours, que l’homme est essentiellement une étincelle de la création divine et que la recherche intérieure à travers la nature, avec la méditation, la prière et le travail communautaire soutenu par un maître ou un guide, prévaut sur tous les autres, pour trouver le chemin de la voie de Dieu.

* Femme occidentale, Madame H. P. Blavatsky (1831-1891) a eu et a encore, à travers les publications de sa Société Théosophique, une influence importante sur les mentalités du Nouvel Age. Ses œuvres portent une vision du monde bien orientale. Vous trouverez chez elle, comme dans le Nouvel Age, la vision d’un avenir différent, qui, grâce à l’arrivée d’un ou plusieurs « guides spirituels », pourra unifier toutes les traditions religieuses depuis l’antiquité, dans une nouvelle vision de la vie spirituelle et religieuse.

* C’est le chemin de la gnose qui est de proposer une connaissance supérieure à l’actuelle, pour entrer en contact avec des sagesses ancestrales transcendantes ou au-delà de la planète visible, afin d’atteindre enfin le Plérôme, c’est-à-dire une plus grande plénitude spirituelle et humaine, plus authentique et profonde. L’Hermétisme et l’Ésotérisme dérivent de la gnose tout comme la Rose-Croix, du Martinisme et de l’Anthroposophie de Rudolf Steiner, dissident de la Société Théosophique. D’autres courants ont aussi leur influence de nos jours, le spiritisme d’Allan Kardec (1804-1869), l’occultisme d’Eliphas Levi (1886-1951). Un peu plus tôt, le Dr Gérard Encausse, alias Papus (1865-1916) s’était efforcé de synthétiser les différentes écoles ésotériques.

Aujourd’hui

* Un Français, Paul Lecour, en 1930, évoque un âge du Verseau que l’humanité allait accoucher dans la douleur. Pourquoi Verseau ? Paul Lecour justifie cette dénomination par l’arrivée actuelle de l’extension de l’axe de la Terre dans la constellation du Verseau. Auparavant, l’axe aurait atteint la constellation des Poissons le 21 mars de l’année 1, inaugurant l’Âge du même nom, dont la figure principale était le Christ. Et le signe de la reconnaissance des chrétiens était précisément le poisson ! Chaque époque dure environ 2 160 années.

Le signe de l’ère Verseau, qui a commencé le 21 mars 1948, est représenté par un jeune homme inclinant une jarre d’où tombe l’eau spirituelle. Son époque verra naître plus de justice, d’amour et de compréhension : abolition des frontières, conscience cosmique et planétaire.

* Puis Alice Bailey (1880-1949), inspirée télépathiquement, selon ses dires, par un professeur tibétain, annonce le retour de l’amour du Christ à travers un nouveau message divin pour cette nouvelle ère de l’humanité. Ce sera un Avatar, un nouveau messager du Père Céleste qui apportera une nouvelle révélation pour éclairer le chemin de l’homme au cours des 2 160 années qui réaffirmeront le message des autres Avatars.

* Pour terminer ce bref parcours historique, il faut se souvenir de la contre-culture nord-américaine des années 1960 et 1970 : protestation contre le matérialisme, la guerre et le racisme ; création de nouvelles communautés ; recherche d’expériences peu communes avec la drogue (Timothy Leary), l’occultisme et le chamanisme (Carlos Castaneda) ; enfin, la science est aussi impliquée. Le titre du livre La gnose de Princeton est révélateur, c’est une synthèse des connaissances scientifiques pour mettre en évidence le « Grand Ressenti » du destin humain et cosmique. En bref, une journaliste américaine, Marilyn Ferguson, publie son célèbre livre Les Enfants du Verseau, dans lequel elle expose un changement de paradigme, c’est-à-dire de système de références et de valeurs.

Deux communautés pilotes

* L’Extrême-Orient atteignit alors l’Extrême Occident, car la Californie était un des endroits privilégiés pour l’effervescence des idées du Nouvel Age. Et c’est dans le fameux Institut Esalen qu’une rencontre entre les deux mondes est née dans les années 1961. Les membres de l’Institut sont conscients des maigres ressources que les religions, les philosophies et les sciences actuelles proposent aujourd’hui à l’homme pour l’aider dans sa recherche de nouvelles voies et propositions qui soulageront la souffrance de l’homme contemporain. Michael Mac Murphy crée ce lieu privilégié où se pratiquent les plus anciennes techniques philosophiques et psychologiques, ainsi que les plus récentes. Des personnalités célèbres ont fréquenté ce centre : Allan Watts, Carl Rogers, Carlos Castaneda, Abraham Maslow, Frederic Pearls, entre autres.

* L’autre communauté est née en 1962, où le centre gravite dans la nature en s’occupant de la croissance d’énormes légumes au nord de l’Écosse, précisément dans un sol aride et avec un climat défavorable. De nombreux visiteurs viennent de toute la Grande-Bretagne pour voir le phénomène. Qu’est-ce qui se passe ? Un couple, Peter et Eileen Caddy, affirme qu’être en contact avec l’environnement, à la fois avec la flore et la faune, est extrêmement important pour une meilleure qualité de vie et que c’est ainsi qu’ils commencent la communauté bien connue du Findhorn qui tente d’apporter un nouveau modèle de coexistence humaine avec la nature dans un environnement de plus grande coopération et de fraternité, et en même temps, dans une relation spirituelle inclusive et respectueuse de toutes les religions.

Le monde pré-hispanique

Le mouvement de l’Âge du Verseau trouve aussi ses origines dans la sagesse méso-américaine ancienne, principalement dans les cultures Toltèque, Olmèque, Maya, Zapotèque et Nahua. Actuellement promue par les soi-disant anciens, les sages et les guérisseurs, héritiers de cette sagesse de leurs ancêtres, dont les histoires et les connaissances peuvent être connues par le biais d’entretiens et d’enseignements publiés par différents éditeurs et auteurs. Carlos Castaneda, Antonio Velazco Piña, José Argüelles et une liste impressionnante d’auteurs et de savants ont publié de nombreuses études et interviews qui font déjà partie du vaste itinéraire d’étude de la connaissance ancestrale méso-américaine, largement méconnue des chercheurs américains et européens.

Ils viennent confirmer le début d’une Nouvelle Ère, qu’ils n’appellent pas verseau, mais qui coïncide avec le cycle solaire d’un Nouvel Âge, ce qui va provoquer des changements dans la civilisation et la culture contemporaines. Ce Nouvel Âge coïncide avec une nouvelle rencontre avec le divin et le spirituel, afin de sauver les grandes valeurs de l’humanité, valeurs qui ont perduré pendant des milliers et des milliers d’années sans que personne ou quelque institution prétende posséder ces vérités pérennes, qui pour la tradition précolombienne sont représentées dans la figure de Quétzalcoatl, le Serpent à plumes.

Pour Antonio Velasco Piña, le début du Nouvel Age a eu lieu le 21 mars 1948, avec la naissance d’un être très spécial et spirituel appelé Reine, qui grâce à son effort, son travail spirituel et son sacrifice, a réussi à réactiver l’énergie dormante des volcans du Mexique, le masculin et le féminin, l’Omeyotl ancestral des grandes cultures et toute leur sagesse cosmique, qui à partir de 1968, année du sacrifice de Reine, a commencé son large processus de réactivation cosmique énergétique, qui prépare les nouveaux changements et processus du Nouvel Age, annoncée par les grands sages et prêtres des traditions précolombiennes depuis des temps très reculés, et qui coïncide avec les antiques prédictions et prophéties concernant ce qui doit arriver à ce moment de l’humanité. Une époque où les connaissances occultes et sacrées des cultures antiques commenceront à être révélées et partagée avec certains initiés, qui seront tout aussi respectueux et connaisseurs de la sagesse occidentale, orientale et pré-hispanique pour former une culture universelle unique comme le mentionnent les antiques héritiers des grandes cultures méso-américaines.

 

D’après Guillermo Dellamary Toral, Lo que conocí de la Nueva Era. Una visión entre la realidad y la fantasía.

Occultisme et contrôle mental dans l’Industrie du divertissement

L’industrie du divertissement semble être particulièrement touchée par l’occultisme et le contrôle mental, cela est sans doute dû au fait que de toutes les industries, c’est celle-ci qui s’expose publiquement le plus ; donc fatalement des failles apparaissent sous les projecteurs et laissent parfois entrevoir les symptômes des traumatismes et des programmations. […]

Cette industrie du divertissement joue un rôle essentiel dans le contrôle mental des masses, il faut donc qu’elle soit elle-même parfaitement contrôlée et connectée au monde des esprits pour canaliser et diffuser la ‘‘lumière luciférienne’’ ici-bas. Les artistes destinés à la gloire mondiale doivent donc être de parfaits médiums et de parfaites marionnettes servant à infuser cette ‘‘lumière’’ dans la masse. La programmation mentale basée sur les traumatismes est l’outil idéal pour cela.

Nous sommes toutes et tous victimes de contrôle mental à différents degrés mais les célébrités du show-business sont sûrement celles qui le sont le plus. Leur opulence et leurs comportements dégénérés sont mis en avant dans les médias afin que nous envions leur mode de vie et consommions leurs productions, ne sachant pas que pour obtenir une telle situation, ils sont sous le joug d’une servitude physique, psychique et spirituelle absolue. Les traumatismes qu’ils endurent s’expriment souvent à travers leur art mondialement diffusé, ainsi tout le monde peut-être indirectement traumatisé… et ils appellent cela du divertissement…

 

Où l’on retrouve IVI dans les réseaux Rabhi…

Nadine Schuster est adepte de la première heure d’IVI (Invitation à la vie Intense) : selon son éditeur, « elle présente le principe de médecine quantique, les études et cas scientifiques appuyant la véracité d’une telle thérapie, et illustre son application à des pathologies comme le sida, le cancer, la sclérose en plaques… »

Elle considère ainsi que « les maladies auto-immunes sont en fait des processus d’autodestruction liés au manque d’amour, ou bien pire encore, pour d’autres maladies plus graves, à l’état d’esprit de l’homme en général par rapport à la Terre ». Non-contente de n’apporter aucun traitement efficace aux malades, de leur faire payer des consultations inutiles, il faut encore que Nadine Schuster les culpabilise et blâme leur entourage.

Malgré ses prières « miraculeuses », IVI  (Invitation à la Vie Intense) a sa face obscure.
Le mouvement IVI a été répertorié comme secte dans le rapport parlementaire sur les sectes de 1995. Dépositaire d’une mission divine pour ses admirateurs, dangereuse manipulatrice pour ses détracteurs, sa fondatrice, Yvonne Trubert, dispensait depuis dix-huit ans un enseignement religieux, qui était en fait un curieux amalgame de théories « empruntées » au christianisme, à l’hindouisme, à l’ésotérisme ou à la bioénergie.

IVI : l’analyse du P. Trouslard

Cette photographie d’I.V.I. donnée dans l’article de l’ADFI, son objectif religieux, humanitaire et social, médical, apparaissent tout à son honneur. Toutefois de nombreux chrétiens ou catholiques, et même des non croyants nous ont interrogé pour savoir si la doctrine religieuse enseignée à I.V.I. était compatible avec la foi chrétienne. Des théologiens se sont livrés à une étude sérieuse des documents de ce groupe, à une véritable radiographie : hélas, leur diagnostic est fort sévère. Ils ont relevé de graves déviations de la foi dans ce mouvement. En effet pour séduisante qu’elle soit, la doctrine d’I.V.I. est une véritable gnose, en opposition radicale avec la foi chrétienne. Syncrétisme, confusionnisme, ésotérisme caractérisent cet enseignement religieux, qui est un curieux amalgame de théories empruntées au christianisme, à l’hindouisme, à la bioénergie.

Voici quelques-unes de ces principales déviations :

Le mystère de Dieu: Le Dieu présenté à I.V.I. a une dimension cosmique, vaguement panthéiste, tout-à-fait éloignée de la Tradition chrétienne : « L’énergie est partout… elle nous fait vivre. On peut l’appeler subconscient, esprit, Dieu, âme, lumière, amour. Tous ces mots veulent dire la même chose ». 

Le mystère de la Trinité est assimilé aux triades des anciennes civilisations composées du père, du fils et de la mère, et le Christ a laissé planer un grand silence sur ce mystère…

L’Écriture Sainte: les textes de l’Écriture Sainte sont abondamment cités mais en les déformant, en les manipulant de façon malhonnête pour appuyer les thèses d’I.V.I.

La Réincarnation est l’un des dogmes principaux. Les membres d’I.V.I., qui seront 5 000, sont la Réincarnation des 5 000 hommes qui suivaient le Christ à la multiplication des pains. 12 responsables d’I.V.I. sont la Réincarnation des 12 apôtres qui n’avaient pas parfaitement accompli la mission que le Christ leur avait confiée. Yvonne TRUBERT n’est-elle pas la Réincarnation du Christ ? Elle est considérée et vénérée comme telle.

Les Religions sont vivement critiquées, car depuis des siècles (depuis le Concile de Nicée) elles détruisent l’humanité. Y. TRUBERT s’en prend volontiers à l’Église Catholique, ne ménageant pas ses flèches contre les évêques et les prêtres. Par contre elle affiche une grande admiration pour le Pape qui a compris la Mission d’Yvonne : « instaurer la religion nouvelle, unique et universelle ».

La Prière occupe une grande place à I.V.I., mais sans référence à l’Écriture ni à l’Eucharistie. Elle est surtout « une vibration cosmique » ; « une concentration d’énergie »,envisagée sous sa valeur thérapeutique, personnelle, cosmique ou sociale. I.V.I. apprend à prier (« Savoir prier », brochure éditée par I.V.I.) mais la prière semble être confondue avec une technique ou une méthode de prière et en être le résultat.

Les Sacrements n’ont aucune place dans l’enseignement de Mme TRUBERT, parfois même ils sont ouvertement critiqués comme le sacrement de Réconciliation ou niés tout simplement : « Le Christ n’a jamais fait de sacrements ».Et pourtant, lorsque le Mouvement se déplace en pèlerinage et visite un sanctuaire où est célébrée la Messe, que l’on soit musulman, protestant, juif ou athée, on communie derrière Yvonne.

Par contre, Y. TRUBERT reproduit les symboles des sacrements : elle baptise dans le Jourdain, célèbre le symbole de la Cène. À Cros, au cours du séminaire initiatique, les adeptes sont « purifiés » et reçoivent le Saint·Esprit qui les envoie en mission guérir toute maladie et chasser les démons (« Harmonisations »).

Les Exorcismes: les démons sont partout et en tous, de grands troubles sont annoncés par Yvonne TRUBERT selon sa vision apocalyptique et satanique du monde. Mais les membres d’I.V.I. ont reçu le pouvoir de chasser les démons. Ils exorcisent tout et partout : les personnes, les choses, les lieux, et s’exorcisent mutuellement. La pratique des exorcismes fait partie intégrante de la mission I.V.I.

On comprend, dès lors, que des évêques catholiques, orthodoxes, ou des pasteurs aient cru bon de mettre en garde les chrétiens, mais aussi les personnes qui cherchent la vérité, contre les thèses réductrices et destructrices de la foi enseignées par I.V.I.

 

Pour mieux connaître le P. Jacques Trouslard, on peut lire une interview sur le site L’envers du Décor