Quantique : mécanique. Médecine ?

Bernard de Fornel, auteur de cet article, est de formation : ingénieur, docteur es Sciences, Professeur honoraire de l’Institut National Polytechnique de Toulouse; et membre de la Pastorale Nouvelles Croyances et Dérives Sectaires du diocèse de Toulouse depuis 1992.

Ouverture

Au début du 20° siècle

les objets de notre quotidien,  —>   sont expliqués par la physique classique

Pour les atomes, ces lois           —>   ont des résultats non conformes  à la réalité

La mécanique Quantique  explique :

– le rayonnement des étoiles,

– Le comportement des atomes et de la lumière

– …

Elle a permis le développement  d’applications :

– les ordinateurs,

– les supraconducteurs

– L’énergie nucléaire…

Les évènements, décrits par la théorie quantique sont

# contre-intuitifs

# paradoxaux

# irrationnels

comparés à la réalité de tous les jours.

La Mécanique Quantique(MQ)  intéresse,

en raison des indéterminations, les adeptes

> du paranormal,

> des médecines parallèles,

pour une confirmation rationnelle

de leurs croyances. 

La médecine quantique  veut expliquer  les phénomènes psi :

> les PES (Perception Extra Sensorielles),

> la voyance

> la croyance  que la conscience humaine  contrôle toute la réalité.

Les phénomènes macroscopiques et microscopiques

obéissent-ils aux mêmes lois ?

La Mécanique quantique  explique-t-elle 

des phénomènes paranormaux ?

 

Autour du « quantique » on assiste à :

Des surinterprétations,

Des incompréhensions,

L’entretien de faux mystères…

 

1. CARACTÉRISTIQUES DE LA MÉCANIQUE QUANTIQUE

  1. Le principe de superposition

Le mouvement des objets du quotidien (ex d’un ballon) est défini par :

  • position,
  • vitesse linéaire,
  • vitesse de rotation
  • énergie …

quantités bien définies même si  ennes ne sont pas toujours très précises.

Une particule microscopique, mélange de plusieurs états,  peut  :

  • Avoir deux vitesses,
  • Etre à deux endroits différents à la fois.

Exemple macroscopique: Le chat de Schrödinger à la fois mort et vivant !

|Chat> = | Mort > + | Vivant >

Pas réaliste, car ce principe  ne s’applique

qu’à des objets microscopiques. 

 

2. L’indéterminisme de la mesure

La mesure des propriétés des objets macroscopiques (ex d’un ballon), selon sa précision, suit des lois déterministes

Soit un électron allant à la fois à 1000km/h  et 2000 km/h :

|électron> = |1000 km/h > + |2000 km/h >

On mesure sa vitesse , mais sans savoir à l’avance laquelle des deux nous allons obtenir.

Le résultat est probabiliste.  Pas de répétition identique de l’expérience, même si les conditions de la mesure sont identiques.

Les physiciens classiques ont supposé que la nature était déterministe .

En mécanique quantique, il existe un indéterminisme fondamental  ou

plutôt un résultat imprévisible parmi plusieurs possibles

Les résultats des mesures dépendent de la mesure.

Nous sommes dans le domaine des probabilités.

 

3. La dualité onde-corpuscule

En mécanique quantique, les états sont superposés

Une particule a une infinité d’états à la fois avec un champ de probabilités

P(x,y,z)

associé à chacun des états.

La particule n’est plus un corpuscule localisé, mais décrite par ce champ

qui  évolue dans le temps, pn parle  d’ondes électromagnétiques.

Louis De Broglie a proposé la dualité onde-corpuscule.

La lumière est faite d’ondes électromagnétiques et de photons.

Courbe rouge : répartition spatiale de l’amplitude probable de l’onde électromagnétique.

4. L’effet tunnel

Si vous lancez un ballon de foot contre un mur, en général

il va rebondir, il ne traverse pas le mur.

Les ondes sonores traversent les murs, en étant atténuées.

Si un électron, arrivant sur un obstacle, est décrit par une onde,

une partie de cette onde  passe de l’autre côté de l’obstacle.

C’est l’effet tunnel,

Dans le monde quantique,

mais ne se produit pas dans le monde macroscopique.

Il explique le principe de la radioactivité.

Courbe rouge : amplitude probable de l’onde devant et derrière l’obstacle

 

5. L’intégrale de chemin

En mécanique quantique, les particules peuvent

  • être à plusieurs endroits à la fois
  • et suivre plusieurs trajectoires à la fois !

Expérience de la double fente de Young.

Electrons envoyés sur un écran  avec deux fentes A et B.

Quand l’électron semble passer principalement par la fente A:

  • une partie essaye aussi de passer par la fente B
  • sa trajectoire dépend du fait que la fente B soit ouverte ou fermée.

Une particule quantique allant d’un point à un autre,

passe par tous les chemins possibles reliant ces deux points

on parle « d’ intégrale de chemin ».

Intégrale des chemins possibles affectés chacun de sa probabilité.

 

6. La quantification

Pour les particules microscopiques, les caractéristiques ne sont pas continues et font des sauts de valeur.

Elles sont quantifiées.

Un atome d’hydrogène a des états d’énergie définis.

Il est impossible de lui donner une énergie intermédiaire entre ces valeurs  

Une corde de guitare, attachée aux deux extrémités,

  • ne peut vibrer qu’à certaines fréquences. 
  • Les sons émis ne prennent pas des valeurs intermédiaires !

 

Les fréquences de vibration de la corde sont les multiples d’une fréquence fondamentale (n=1).

Les niveaux d’énergie sont représentés par les trajectoires pointillées, multiples de l’énergie minimale.

7. Le principe d’incertitude de Heisenberg

Caractéristique la plus étrange.

Il existe des contraintes sur la superposition des états:

Pas de connaissances exactes en même temps

de la position,  et de la vitesse d’une particule.

Plus sa position est bien définie, plus sa vitesse est incertaine, et réciproquement.

Analogie avec le son défini par

  • son intensité
  • ses fréquences (spectre de fréquences).

Un son ne peut pas être à la fois localisé dans le temps et en fréquence.

La situation est analogue pour la lumière.

Sorte de phénomène d’incertitude  ou d’imprévision

 

2. DE LA MÉCANIQUE QUANTIQUE À LA MÉDECINE QUANTIQUE

Les affirmations sont les mêmes

chez tous les « thérapeutes quantiques »

 Les affirmations

1. La physique quantique explique une « communication intercellulaire »

Les échanges entre nos cellules  ne sont pas  biochimiques mais sont constitués par

des informations électromagnétiques.

La maladie est:

une imperfection ou une rupture d’information. 

Les thérapies quantiques  rééquilibrent un organisme  défaillant.

La communication est basée sur l’échange de biophotons

 

2. Dualité onde/particule = analogie de la dualité corps / esprit

 Par cette dualité,  il y aurait un réveil des énergies nouvelles, fortement curatives. 

Hypothèse:  par ces ondes, communication entre cellules et organes

 

3. Le principe d’incertitude de Heisenbergentraîne un indéterminisme

La science n’est pas suffisante pour tout connaître.

Chopra propose l’Ayurveda(textes sacrés indiens pour compléter la connaissance).

La médecine quantique joue sur cet indéterminisme synonyme pour elle de flou, de subjectif, donc ouvert à toutes les interprétations

4. L’observateur a un rôle en mécanique quantique, donc la conscience influence la matière

 L’observateur peut décider la guérison.

Pour les thérapeutes quantiques : la pensée humaine a formé l’univers.

Fritjof Capra affirme: la mécanique quantique confirme des enseignements des mystiques orientaux :

La conscience humaine inextricablement liée à l’univers    ——>    tout indivisible, tout est lié, dimension holistique.

Surinterprétation de la Mécanique Quantique.

Aucune vérification et caution scientifique  

5. Equation d’Albert Einstein E = mc2 , traduite par « la matière est une forme condensée d’énergie »

 Notre corps est un potentiel d’énergie, « c » étant la vitesse de la lumière; pour un poids moyen, on arrive à un potentiel énorme d’énergie.

Les thérapies  sont basées sur l’usage de petites doses de radiations électromagnétiques appelées « quanta d’énergie »,

D’où le nom de médecine quantique qui prétend :

Les émissions électromagnétiques procureraient une capacité d’auto-guérison.

 

6. Intrication = tout est lié

En méca quantique :deux particules issues d’une même origine sont dans des états dépendants; quelle que soit leur distance, un changement sur l’une provoque une modification sur l’autre.

En médecine quantique :tout est lié en un immense cosmos ; une action sur une partie crée une action sur le tout ; en conséquence, les actions à distance et les capacités psychiques de guérison seraient donc possibles, etc.

 

Implications gigantesques

L’esprit serait source de toute chose et créateur de  tout :

  • la pensée et l’être,
  • le sujet et l’objet,
  • le réel et l’idéal,
  • l’humain et le divin,

tout est Un.

D’où des perspectives colossales

Votre conscience, vos penséesne vous appartiennent pas,

mais appartiennent respectivement à la conscience et aux pensées de l’esprit cosmique qui pense en vous.

D’où des capacités, des performances, des perspectives colossales…           

 

Mon corps quantique

A. Relations informationnelles et énergétiques

Mon corps fait remonter les informations à ma conscience

Une immense connaissance se cache en moi. Les pensées fabriquent la machine que je suis d’où un potentiel infini de développement

Nos cellules emplies d’informations

 vibrent et interagissent entre elles et avec celles du monde.

Dimension quantique où tout est lié (intrications)

Nous sommes tous membres d’un même organisme.

Les pratiques corporelles  agissent sur la structure énergétique du corps.

Mes sensations sont des signaux indiquant les plus justes choix pour guérir

 

 

B. Notre corps est régi par des lois d’harmonie universelle

Nos cellules émettent et reçoivent des

ondes électromagnétiques avec des biophotons

Notre santé est déterminée par

 les composantes ondulatoires et  informationnelles de l’organisme.

La maladie est une  dissonance dans l’harmonie universelle.

L’action est faite sur le champ électromagnétique entourant et pénétrant nos corps énergétiques

La correction de l’information dys-harmonieuse se fait par

un apport spécifique d’énergie

Nous avons en nous un processus naturel d’auto-guérison.


C. Alimentation quantique

Les radiations des aliments interagissent sur nos vibrations propres et sur l’assimilation

Le bioscope est un microscope  mesurant les vibrations  autour de tout système biologique, en captant les résonances atomiques de l’aliment

Les vibrations extérieures perturbent les vibrations internes des aliments.

La manière de cuire, d’éplucher… peut détériorer le taux vibratoire

La biocompatibilité des aliments avec notre organisme est l’harmonie entre les champs vibratoires. Chacun sent ce qui est bon pour lui

Nécessité d’une relation consciente

et cohérente avec nos aliments 

 

D. Homéopathie, médecine quantique

L’homéopathie se préoccupe des

symptômes manifestés par le malade.

La science n’a jamais  démontré la validité et le secret de l’homéopathie  —  le secret résiderait dans l’eau.

Hypothèse quantique:

les molécules d’eau, le vide et les photons dans les champs de  force vibrent de concert et se comportent comme une seule entité.

D’où cohérence quantique sur une très petite échelle

avec stockage et décodage de l’information homéopathique.

 

Mon esprit quantique

A. Nous sommes tous reliés

Principes quantiques : intrication, non-localité, non-séparabilité… d’où un autre monde qui expliquerait les expériences de conscience modifiée

Principes quantiques : le tout relié, intrication, le rôle de la conscience dans l’observation, la dualité onde-particule, les sauts quantiques expliqueraient le Chamanisme et les NDE

Si nous sommes des créatures conscientes,

c’est parce que le cosmos pense

Toutes les choses seraient enracinées dans un domaine inaccessible

D’où : l’esprit fabrique la réalité

Nous sommes frères et sœurs de la conscience.

Ainsi ce que je fais à l’autre, je le fais à moi-même

 

B. Influence de l’Esprit sur la matière

La physique quantique sonderait :

l’intimité de la matière  et les pouvoirs méconnus de notre esprit

La Psychokinésie – Expériences

L’observateur influence le système mesuré (principe de Heisenberg), donc

  • tout système physique est en relation holistique avec l’Univers.
  • l’esprit influe sur la désintégration d’atome radioactif (serait vérifié par les mesures avec un compteur Geiger)
  • tout changement quantique dans un système implique un changement quantique dans un autre (Cohésion universelle – intrication)

Cela expliquerait  les actions à distance (Expériences de Girard)

En parapsychologique :

expérience avec les dés ou des générateurs de nombres aléatoires (GNA).

Les différences entre résultats et statistiques 

seraient dues à  l’influence de l’esprit

 

C. Explication quantique de la voyance

En méca quantique : les particules sont dans des états superposés 

En médecine quantique : existence d’une autre dimension du réel où les relations de cause à effet seraient abolies, ainsi

des esprits pourraient capter des choses échappant aux autres. 

Citation d’ Olivier Costa de Beauregard :

« Une autre dimension imprégnerait l’univers, reliant les points les plus éloignés et les plus proches, rassemblant passé, présent, futur dans un même instant immuable… L’éternité, dans les catéchismes des grandes religions ».

Les voyants, grâce à leur mystérieux 6ème sens dans  cette dimension,

devineraient le futur et le passé dans le présent.

Assertion sans vérifications ni expérimentations scientifiques :

la physique quantique permet de prouver l’existence

de tous les phénomènes paranormaux 

 

 

D. Je crée ma réalité

Pensée quantique :

on ne subit plus son passé, son destin. Nous sommes créateurs de notre réalité.

Nos cerveaux (tête, cœur et ventre)  envoient des ondes:

Par résonance quantique,   les autres sont conditionnés par nos champs informationnels.

Paradigme quantique :

  • Par notre intention nous sélectionnons le scénario à vivre.
  • Nos croyances peuvent limiter nos possibles (nécessité de les remettre en cause)
  • Reprendre la maîtrise et la responsabilité de ce que l’on vit.

Pour changer le quotidien :

  • transformer nos informations,
  • quitter nos « autoroutes inconscientes » (nos habitudes),
  • lâcher notre projet dans le champ quantique ?

Ouvrir de nouveaux chemins créatifs

pour nous et pour le tout.

 

 

E. Expérience de mort imminente (NDE)

Les témoignages sont assez concordants sur une suite d’événements tels que :

  • Flottement avec observation du corps
  • Traversée d’un tunnel,
  • Lumière très grande,
  • Présence quelquefois de personnes proches décédées
  • Retour dans son corps et changement important de la personne.
  • Conviction d’être relié aux autres,
  • Sentiment de plénitude, de fusion avec le tout

Ils rappellent les principes quantiques d’intrication, de non séparabilité…(?)

On en déduit les capacités quantiques de la conscience 

 

F. Le chamanisme est-il quantique ?
  • Il existerait différents plans de la réalité, reliés entre eux, des plus subtils aux plus denses.
  • Les chamanes,

sont des intercesseurs entre ces mondes avec conscience expansée,

quittent leur corps physique

voyagent dans le réservoir infini des énergies et informations de l’Univers,

     où tout est relié hors du temps et de l’espace, qui est le monde quantique.

  • Il existe un web cosmique à l’intérieur de notre conscience.

  • Le breuvage Ayahuasca :

placerait notre cognition en mode aléatoire

ouvrirait notre conscience à  la méta-mémoire extratemporelle.

  • Expériences de la puissance de l’esprit sur la matière

 (en physique quantique :  influence de l’observateur sur l’objet observé).

Le réel,  gigantesque plat de spaghettis de lignes temporelles qui,

par notre conscience,  bifurque  pour chacun et pour le Tout

(Citation trouvée sur un site quantique)

 

 

3. QUELQUES PRATIQUES QUANTIQUES

A. La bio-résonance en médecine quantique

Faire des bilans de terrain,

repérer   des « anomalies électromagnétiques » au sein des organes

les rectifier par des signaux de très faible intensité.

Par ces signaux, le système biologique passe d’un état instable (pathologie)

à un état d’équilibre physiologique stable (santé).

Bio-résonance endogène : signaux venant de l’individu et remodelés par système électronique

Bio-résonance exogène :  signaux issus de générateurs de fréquences extérieurs.

Systèmes d’analyse et traitement par scanner.

le Metatron, de l’institut de psychophysique de Omsk,

le MoRa utilisé en morathérapie : système de biorésonance endogène.

NB : Voir l’e-book sur la biorésonance

B. Les thérapies et soins quantiques

Les thérapies basées sur les sciences quantiques intègrent

  • la physique quantique
  • l’expérience millénaire de la médecine orientale ayurvédique

Le quantique influence toutes les fonctions de l’organisme, 

  • les cellules,
  • les tissus,
  • les organes,
  • la dimension spirituelle
  • les niveaux de conscience de l’individu.

Les « champs énergétiques » organisent et contrôlent notre corps:

  • la « ré-information » mentale,
  • la « ré-information » cellulaire, ADN, et autres…
  • l’équilibrage énergétique.

C. Comment se déroule une séance de soin quantique

Un soin quantique consiste à  se reconnecter à la conscience pure . L’intention est à l’origine de toute création, l’énergie suit l’intention.

Déroulement

  • Evaluer les croyances, la conscience, les attentes, les dysfonctionnements et certains mécanismes inconscients
  • Identification des thèmes ou domaines à travailler

Entrer en contact avec « l’être »    —>    information juste

  • Etablir des affirmations pour inverser de manière quantique les problématiques  en potentiels… jusqu‘au changement
  • Me mettre dans la vibration primordiale

laisser les corps s’accorder comme des « instruments de  musique »…

  • Fin du soin quantique  par un débriefing pour accompagner la personne dans son développement personnel et spirituel…

 

Conclusions

  • On part de croyances et on construit des raisonnements subjectifs en analogie avec la physique quantique (discours performateur).  Cette manière de faire est l’inverse de la démarche scientifique
  • Les comportements du monde microscopique ne se traduisent pas dans le monde macroscopique (ballon, chat de Schrodinger…)
  • Le pouvoir de création de l’esprit humain, de la conscience est une croyance et non un fait scientifique
  • Les thérapies quantiques guérissent toutes maladies (l’autisme, la schizophrénie…). Elles procurent une capacité d’auto-guérison. Aucune expérience scientifique ne le prouve
  • Il n’y a aucune preuve que la mécanique quantique explique les phénomènes paranormaux. Là aussi on est dans le domaine de la croyance.
  • Précisons que toute croyance est respectable, mais qu’on ne peut habiller une croyance avec un discours pseudo-scientifique, sans passer par l’utilisation des méthodes scientifiques classiques basées sur l’expérience et les mesures.

Bernard de Fornel, Mars 2018

Bernard de Fornel est de formation : ingénieur, docteur es Sciences, Professeur honoraire de l’Institut National Polytechnique de Toulouse;

et membre de la Pastorale Nouvelles Croyances et Dérives Sectaires du diocèse de Toulouse depuis 1992.

 

 

 Références

Richard Feynman, Le Cours de physique, tome 3 – Mécanique quantique, Dunod (2003)

Les 7 merveilles de la physique quantique,sept 2013 https://sciencetonnante.wordpress.com

Revue Kaizen, Hors série n°10,  « Souffle Quantique »

Les thérapies quantiques revisitent la physique quantique  par Brigitte Axelrad – SPS n°303, janvier 2013

Confusion quantique, la physique moderne confirme-t-elle le paranormal ?Sciences des Religions 12 mars 2015

La médecine quantique, médecine de l’invisible.Pierre Dassigny Psychologue 45

Quantox : l’art d’accommoder le mot quantique à toutes les sauces.Richard Monvoisin,  GEMPPI n°84, Janvier 2010

Promesses et illusions de la médecine quantique,par Jacques Benjamin Boislève, Santé Vivante, le 18 juillet 2013

Thérapie quantique : la Biorésonance,par Christiane Carceles

Informations venant de nombreux sites de Médecine quantique.

 

Pour télécharger l’e-book, se rendre à la page e-books

Le harcèlement au travail

Résistance au harcèlement moral au travail

Voici un site très complet créé par une victime de harcèlement moral au travail  (annuaire de sites sur le sujet, hébergement pour les associations sur le harcèlement moral au travail, recueil de conseils et d’information sur le sujet; passez-y quelques heures !)

http://rhmt.free.fr

Pervers et victimes du harcèlement moral

Un site important : http://alain.noury.free.fr

 

 

 

Le harcèlement moral au travail en douze exemples

Un article de Carole Anzil sur le site juritravail.com

http://www.juritravail.com/Actualite/harcelement-moral-sexuel-discrimination/Id/192591

Pourquoi Jésus n’est pas un gourou…

Sur le site de la Pastorale Nouvelles Croyances et Dérives Sectaires du diocèse de Dijon, voici cet article de Soeur Chantal Sorlin, que vous pouvez consulter, et dont je vous donne la table des matières :

INTRODUCTION

I LES ORIGINES DE JESUS CHRIST

1- JESUS LE NAZAREEN EST FILS D’ABRAHAM

2- JESUS LE NAZAREEN EST FILS DE DIEU

A) JESUS EST LE CHRIST, C’EST-A-DIRE L’OINT DE DIEU, L’ENVOYE, LE MESSIE ATTENDU

B) ENVOYE, JESUS NE TRAVAILLE PAS A SON COMPTE

* Il ne cherche que la gloire du Père

* Il n’est jamais seul et ne se suffit pas à lui-même

* Il se réfère toujours au Père

* Le Père est “la” Source

* Sa nourriture est d’accomplir la volonté du Père

II LES MOYENS EMPLOYES POUR LA MISSION

* LE MAITRE EST SERVITEUR

* LA PETITESSE ET LA MODESTIE, LA DOUCEUR ET L’HUMILITE, LA FAIBLESSE

* LA PAUVRETE ET LE DEPOUILLEMENT

* JESUS NE CIBLE PAS, NE RACOLE PAS

* JESUS EST VERIDIQUE

* IL NE JOUE PAS SUR LA PEUR

* IL NE FAIT PAS DE CHANTAGE

* EN JESUS, POINT DE MISE EN SCENE

* JESUS N’EST PAS UN MAGICIEN

* IL EST DISCRET

* JESUS N’EST PAS UN DEMAGOGUE

* IL NE CHERCHE PAS LA GLOIRE DES HOMMES

* IL REFUSE D’ETRE ROI

* IL OBEIT JUSQU’AU BOUT

* IL DONNE SA VIE ET PROTEGE CELLE DE SES DISCIPLES

* IL PAYE DE SA PERSONNE

* IL PARTAGE SA GLOIRE FILIALE

* CE BERGER EST L’AGNEAU DE DIEU

III LE REGARD SUR LES AUTRES

1- POUR JESUS, CHACUN EST UN FRERE

* LE SALUT EST POUR TOUS

* CHACUN EST UNIQUE ET IRREMPLACABLE

* SA COMMUNAUTE EST PENTECOSTALE

* SON REGARD EST POSITIF, RESPECTUEUX ET NON CULPABILISANT

* JESUS ADMIRE LES AUTRES

* L’HOMME VIVANT ET HEUREUX EST SON SEUL BUT

* IL N’EST QU’AMOUR ET MISERICORDE

* JESUS NE CONDAMNE PAS NI NE JUGE

* JESUS DONNE TOUJOURS SES CHANCES

* JESUS RESPECTE LE RYTHME DE CHACUN

* IL A LE VRAI SOUCI DE L’AUTRE

* IL PROTEGE

* JESUS N’ABANDONNE PAS LES SIENS

* SES DISCIPLES SONT SES AMIS

* LE SACREMENT DU FRERE

2- JESUS RESPECTE LA LIBERTE DE L’HOMME

A) LA LIBERTE RATIONNELLE

* JESUS RESPECTE LA LIBERTE

* JESUS N’IMPOSE RIEN, IL PROPOSE

* DANS LE DIALOGUE ET LE PARTENARIAT

* JESUS EDUQUE ET RESPONSABILISE

* JESUS SUSCITE LA TOLERANCE

* JESUS N’ENFERME PAS

B) LA LIBERTE AFFECTIVE

* JESUS NE CHERCHE PAS A S’ATTACHER LES AUTRES

* JESUS EST CHASTE ET DESINTERESSE

 

IV LA VERITE DE L’OEUVRE

1) LA COHERENCE

* LA COHERENCE DES PAROLES ET DES ACTES

* LA COHERENCE ENTRE L’EXTERIEUR ET LE COEUR

* UN AMOUR UNIVERSEL

* JESUS NE DESINCARNE PAS

* LES FAITS NE CONTREDISENT PAS LES PAROLES

* LA VERIFICATION DU TEMPS

2) LE FRUIT DE VIE

* JESUS EST PASSE EN FAISANT LE BIEN

* QUAND IL GUERIT, IL GUERIT

* UNE OEUVRE DE VIE

* LA BEATITUDE

* LA VRAIE LIBERTE DES FILS

* POUR RASSEMBLER ET NON SEPARER

Dans l’occultisme par le bouddhisme

J’ai été médium et guérisseur pendant quelques années. Venant d’une tradition bouddhiste tibétaine (pas de famille), j’ai préparé mon âme par certaines pratiques occultes de la lignée tibétaine et tout naturellement je suis tombée dans l’occultisme.

J’ai vécu des attaques démoniaques, ainsi que ma famille suite à mes choix de vie. Ma conversion a été bouleversante, car c’est le Seigneur qui est venu à moi, moi simple humaine et grande pécheresse.

J’ai demandé le baptême après un long catéchuménat, très éprouvant pour moi, accompagné de beaucoup d’attaques ; j’ai dû voir un exorciste aussi.

Je n’ai cessé de dire à qui veut l’entendre que l’occultisme (la liste est longue pour sa déclinaison) abîme et casse notre liberté.

Anita.

TOUTE MA VIE J’AI CHERCHÉ UN ABSOLU. Croire que nous étions une humanité spontanée a toujours été pour moi une aberration. Je devais avoir 17 ans quand je me suis mise à lire des livres parlant de religion. (J’avais lu la Bible, mais l’Ancien Testament avait éprouvé ma recherche ; je me dis aujourd’hui que si j’avais démarré par le Nouveau Testament, j’aurai entendu l’appel).

Je tombe sur un livre parlant du bouddhisme

Je tombe sur un livre sur le bouddhisme ; waow ! Voilà une philosophie qui me semble intéressante. Je me suis plongée dedans, j’ai trouvé un groupe de méditation « bouddhisme tibétain » et j’ai pratiqué. Au début c’est la méditation qui m’intéressait beaucoup ; puis on m’a invitée à venir à des rituels bouddhistes. Au début je ne comprenais pas réellement la réalité de la chose, car très peu de pratiquants comprennent la chose.

J’ai commencé à faire des formations au sein du centre bouddhiste

Afin de comprendre cette démarche j’ai commencé à faire des formations au sein du centre bouddhiste « mère ». Les retraites étaient éprouvantes, on passe d’un échelon à un autre : pour faire telle pratique, il faut faire telle retraite. Il n’y a pas qu’une histoire d’argent (même si cela coûte assez cher) ; nous devons préparer notre cœur et esprit à cette pratique afin de pouvoir la vivre pleinement.

Je ne comprenais pas pourquoi, quand je revenais de ces retraites, je vivais des expériences spirituelles belles, mais éprouvantes. Mon esprit changeait. Je n’avais plus les mêmes perceptions qu’un « humain lambda », mes ressentis étaient très sensibles. Je me souviens une fois, après 15 jours de retraite enseignement, en rentrant chez moi, je n’avais plus la possibilité de sortir à l’extérieur et d’avoir une conversation normale ; j’étais comme ivre : ce que je voyais, touchais ou entendais me semblait plus réel ; j’avais toujours un temps d’avance sur les actions. Je sentais bien qu’il y avait une transformation, c’est bien ce que l’on demande au bouddhiste pratiquant.

J’ai développé ces « dons »

Et puis naturellement je me suis rapprochée, ou plutôt on m’a proposé tel stage (en dehors du bouddhisme) pour améliorer mes ressentis, ou rencontrer tel magnétiseur qui formait, de faire tel « soin énergétique » etc. Je plongeai carrément dedans. Évidemment, au bout d’un certain temps j’ai développé ces « dons ». Je pouvais soigner avec les mains (dans la nuit j’avais les mains en feu, je n’arrivais pas à dormir).

J’entendais des choses, on me donnait des informations sur des gens ; il suffisait que je parle à des personnes pour entendre dans ma tête des détails sur leur existence ; quand je les évoquais avec elles, elles « hallucinaient » de m’entendre de parler de leur vie.

J’utilisais le pendule ; j’avais fait un stage à ce sujet, sauf qu’au bout d’un moment je n’avais même plus besoin du pendule pour savoir ou ressentir les choses ; j’avais comme un fluide qui passait dans mes mains.

Quand je « soignais » les personnes avec les mains, là aussi j’avais l’impression de sentir l’intérieur de leur corps ; mes mains chauffaient, et elles n’avaient plus mal ou étaient soulagées. Pendant les soins, j’entendais des voix, et je disais aux personnes des choses sur leur vie, comment elles devaient la mener à présent. Je disais que j’étais en contact avec leurs défunts, et qu’ils me donnaient des messages.

J’avais beaucoup de succès ; bien évidemment j’en ai fait mon métier. Pour moi je faisais du bien. J’apportais à l’autre la joie. Nous étions un groupe de fréquentations, qui partageaient leurs expériences ; quand nous avions besoin d’un soin nous le recevions.

J’étais toute-puissante, certains me contactaient pour prendre des décisions ; plus je pratiquais sur les autres et plus mon « pouvoir » grandissait, mes « dons » s’affinaient, devenant plus précis ; j’avais même l’œil sur l’avenir (j’avais des visions).

Et puis un jour ces dons, me sont devenus des malédictions

Un soir j’étais dans mon lit à lire, ainsi que mon époux, et ma fille dans sa chambre en train de dormir. Et là j’ai ressenti qu’il y avait beaucoup de monde autour de moi ; j’étais terrifiée, car je vivais ça souvent, sentir ces défunts (qui me parlaient, qui me touchaient parfois). Mais ce soir-là, il n’y avait rien de bienveillant, il n’y avait pas de discussion ou d’information à recevoir. J’ai commencé à trembler et j’ai senti le mal. Pour une personne, dire le mal, c’est juste un mot ou une image ; mais savoir et sentir cela proche de soi, c’est inexprimable ; j’étais de plus en plus oppressée, mon mari voyait mon agitation et me demandait ce que j’avais.

Je me suis mise à hurler, et j’ai senti qu’on volait quelque chose en moi du plus profond de mon âme. Je courrais dans toute la pièce, comme une folle. Ma fille s’est mise à crier aussi en disait qu’il y avait quelque chose de méchant dans sa chambre. Ce soir-là mon mari aurait pu appeler les urgences pour dire « ma femme devient folle » ; et il ne l’a pas fait, car il n’avait pas pris conscience de la réalité de mon nouveau métier et de ma nouvelle façon de vivre (très souvent absent par son travail).

Le lendemain, j’ai appelé un médecin de mes fréquentations (un vrai médecin — il y en a beaucoup qui pratiquent aussi ces « soins » à leurs patients), lui expliquant ce que j’avais vécu. Et là, il me dit que pour des personnes comme nous, c’est fréquent de vivre ça, et qu’il fallait demander aux entités « lumineuses » de venir en aide par la prière, et m’a proposé un soin.

Malgré cela, j’ai continué comme une véritable droguée. Plus je pratiquais, plus les attaques devenaient violentes, mais on me disait (mes fréquentations) que comme je faisais du bien, alors les entités du bas astral me voulaient du mal, et qu’il fallait que je continue, car j’étais protégée par des entités « lumineuses ou angéliques ».

Les attaques

Les attaques se passaient ainsi : on me touchait violemment le corps ; j’avais l’impression que j’avais des choses dans le ventre car il y avait des spasmes particuliers ; j’avais la sensation qu’on « m’enfonçait » quelque chose dans le corps qui permettait de boire ma substance (mon énergie vitale). Bien évidemment, je ne dormais pas de la nuit.

Cela a duré pendant des années. Le jour ou j’ai commencé à prendre un « bout » de conscience de la chose, c’est le jour où ma fille qui dormait avec moi dans le lit (son papa absent), s’est relevée brusquement, m’a regardée droit dans les yeux : elle avait le visage déformé et elle me parlait dans un langage inconnu. J’ai été terrifiée. On ne s’en prenait pas qu’a moi, mais aussi à ma fille. J’en ai parlé à mes fréquentations qui m’ont dit que je ne devais pas lâcher, qu’ils vivaient ça, eux aussi, mais que nous avions une mission de bien.

Le soir, quand je me faisais attaquer, ma fille parlait systématiquement dans son sommeil. Il y avait aussi des manifestations dans notre maison : craquements, coups dans les meubles, dans les murs ; apparitions aussi… la maison des horreurs !

Mon mari ne voulait pas entendre parler de cela. Mais il avait vécu des choses, et en était terrifié. Je n’avais pas besoin de lire des livres de « Stephen King, auteur de livre de terreur », je le vivais chaque soir chez moi.

Au bout d’un moment, j’ai commencé à comprendre que je me leurrais

Et je me suis posé la question : mais de qui ai-je ce « pouvoir » ? Un jour je suis tombée sur un livre (je ne me rappelle plus le titre), cela parlait d’une personne qui était tombée dans l’occultisme par jeu, l’avait pratiqué par passion, et au bout d’un moment avait compris qu’elle devenait victime. Dans ce livre, cet auteur va rencontrer une personne pour un conseil, et cette personne lui dit : « tu trouveras des réponses dans les Évangiles ».

Ni une ni deux, je suis allée dans une boutique accolée à une église et je demande : « bonjour Madame, je voudrais les Évangiles ». Elle me tend la Bible et je lui dis : « non je veux les Évangiles ». Elle sourit et me montre dans la Bible où se trouvent les Évangiles. Pour moi la religion était une véritable aberration, donc je suis un peu secouée de devoir rentrer chez moi avec la Bible.

Je la pose sur ma table de chevet pour une lecture le soir. Ce soir-là, je n’ai pas pu lire… Une des plus grosses attaques que j’ai vécues, j’ai même failli vivre « un viol », est-ce possible ? Il y a eu toujours au fond de moi une force qui me permettait de me battre « spirituellement » contre ces choses, et je sentais que je n’allais plus avoir cette force d’ici peu.

Je comprends que la cause de mon tourment c’est le « bouquin » posé à côté de moi. Je le prends et commence à le lire. En le prenant, en lisant les premières lignes, je comprends l’importance de ce que je vais lire.

La rencontre de Jésus

C’est en lisant une parole de Jésus que j’ai senti une secousse dans mon cœur, un tremblement, ma première expérience spirituelle avec Jésus. J’ai découvert un « terma » (dans le bouddhisme, il s’agit d’un trésor spirituel caché dans le temps — au-delà de notre espace-temps, comme si le disciple avait la possibilité de sortir du temps linéaire). Et pour moi, il s’agit d’une « relation ineffable » (un amour que le langage humain ne pourrait décrire). La seule chose que j’aie pu faire à ce moment-là, c’est poser la Bible et vivre cette expérience dans le silence.

Avoir vécu ça m’a bouleversée ; mon monde, mon paradigme s’effondrait d’un coup. Je lisais chaque soir un bout, sachant que je savais que j’allais m’en prendre « plein la tête » par la suite, car je subissais des attaques très violentes.

Et puis je commençai à faire quelque chose que je n’avais jamais fait… j’ai commencé à prier. Pas en disant « oh entité lumineuse »… non ; je priais Jésus. Je savais qu’il était mon Sauveur ; plus le temps passait et plus j’en prenais conscience. Le signe, c’est que les attaques, je les vivais même dans la journée.

Un soir, à bout de forces, j’ai décidé d’essayer juste de dormir, pas de lecture, juste une petite prière à ma sauce, en priant Jésus. L’attaque arrivait, j’étais en quelque sorte au bout du rouleau. Je n’avais plus la force, ni physique ni morale non plus. Et là… une grande colonne blanche est apparue dans ma chambre. J’étais seule, j’étais terrifiée sur le coup ; je me suis dit que je ne voulais pas voir ce que c’était, et puis je me suis dit que je n’avais plus rien à perdre.

Et j’ai regardé, là, devant moi, quelque chose de lumineux, une forme humaine en prière est apparue. Je n’ai pas pu distinguer de visage, c’était magnifique, la terreur s’échappa et là, je vécus une décharge d’Amour immense. Cette apparition a disparu (cela avait bien duré 10 secondes, les plus longues de ma vie d’ailleurs), et je ne pourrais vous dire le temps qu’a duré cet état d’Amour (je ne sais comment l’exprimer)… comme si ma chambre, mon cœur, mon esprit, ma dimension était pleine de ça. Il n’y avait plus de pensée, il y avait juste l’Amour.

Mon catéchuménat

Le lendemain je me suis levée, je suis allée à l’église de mon quartier pour voir un prêtre. Après lui avoir parlé de ce que je vivais, de ma vie… de mes mauvais choix il m’a dit que seul le baptême m’aiderait.

J’ai dû voir avec ma fille un exorciste, et la présence d’un autre prêtre a été essentielle. Je me souviens de ce moment éprouvant, ce combat en moi. Je sentais qu’une fureur terrible était en moi. L’exorciste m’a demandé de prendre une chose dans la main. Je me suis retrouvée à prendre conscience en ayant cette chose dans la main que je ne pouvais la tenir, j’avais en vie de vomir, et je me suis effondrée sur ma chaise. Il m’avait expliqué qu’il s’agissait un bout de relique d’un Saint.

J’ai fait mon catéchuménat (qui a duré 3 ans pour moi, j’avais très soif). Quelques heures avant mon baptême mon tourment a été difficile. Durant la durée de ma préparation au baptême, j’ai vécu très souvent des attaques. Elles étaient bien faibles ces attaques, elles avaient moins de force, moins de puissance, car je priais beaucoup. Je savais que je n’étais pas seule, et que je ne le serais jamais plus.

Mon baptême

Les 4 étapes avant mon baptême ont été difficiles, particulièrement la séance d’exorcisme devant l’assemblée… Je pensais être « libérée » après ma séance chez l’exorciste… Eh bien non, car j’ai « dégusté » en silence à genoux devant l’autel ; en moi il eut un véritable combat, j’en tremblais. J’essayais de me contenir de peur que l’on puisse me voir vivre ça. Mes accompagnateurs savaient ce que je vivais, et ils priaient toujours pour moi.

Après le baptême, avec mon mari nous nous sommes mariés à l’église ; ma fille avait fait son baptême bien avant moi. Aujourd’hui notre famille chemine ensemble. Notre chemin c’est Jésus, notre Seigneur et notre Sauveur.

On me demande quelquefois : pourquoi les catholiques… pourquoi ne pas être allé chez les protestants. Je me suis posé la question. Cela m’a semblé tellement évident. Et puis, j’ai vécu une belle expérience spirituelle avec Marie dans la simplicité de deux mots : « je t’aime » ; et j’ai compris que Marie était essentielle dans ma foi, car je pouvais la suivre pour parvenir à Jésus.

Une autre chose pour terminer ce témoignage. Dans le monde de mes fréquentations, quand les uns et les autres ont su que je demandais le baptême, cela a fait grincer beaucoup de dents. J’imagine que beaucoup de choses ont été faites dans mon dos pour que je revienne « à la raison ».

Le jour de mon baptême, dans la paroisse, deux de mes anciennes fréquentations sont venues, un couple. Ils semblaient venir avec « amitié » ; la femme est arrivée avec une longue robe rouge sang, elle détonnait dans l’assemblée ; je savais sa signification. Après le baptême, elle s’est précipitée avec son sourire vers le prêtre pour lui dire « mon grand-père était un curé défroqué ». À ce moment-là, j’ai compris que je devais prier pour eux.

Croire que le mal est loin, c’est un leurre

Je ne suis pas totalement « guérie », je le sais bien, car j’ai encore des « relents » de mon ancienne vie… Je connais certains événements avant que cela n’arrive, je lis les pensées des autres… et encore d’autres choses… C’est toujours de manière inconsciente. Je crois qu’on essaie de me retendre la perche. Je sais qu’il me suffit d’une pensée infime pour y retomber. Aujourd’hui, je sais que la limite physique (j’aime bien parler de dimensions) est si fine qu’il est facile d’ouvrir la porte d’une dimension à une autre. Croire que le mal est loin, c’est un leurre ou une croyance pour des adultes inconscients. S’ils savaient…

En écrivant ce témoignage, je me dis que j’aurais tellement d’autres choses à dire… mais il me faudrait des centaines de pages, et j’imagine que vous avez tellement de choses à faire. Ce que je n’ai pas dit et qui est essentiel, c’est qu’à un moment donné, quand j’ai commencé à lire les Évangiles, je prenais conscience que les défunts n’étaient plus là et que comme vous le dites si bien, et que j’ai toujours dit, je me suis fait « rouler dans la farine » par des démons (le diable…).

Et je suis terrifiée de voir qu’il existe aujourd’hui dans notre société tellement de « perches » pour faire tomber l’humain entre les mains du mal. Il y a tellement de supports différents, même au sein de notre « Église » des fois. On m’a toujours demandé de venir à des groupes de prière, de louanges avec message, ou de guérison… quand j’ai entendu ça, j’en ai claqué des dents de peur. On fait entrer le démon par la grande porte de l’Église. Ça, j’ai su faire ; mais ce n’étaient pas les anges, Dieu ou les Saints qui communiquaient avec moi !!!

Prière

Permettez-moi de finir ce message par une prière, car le fait d’évoquer la chose m’a fragilisée.

Seigneur Jésus,

Éloigne-nous du mal des hommes, et du Malin.

Je te confie ma famille,

les prêtres et ceux qui sont là

pour révéler aux hommes ta présence.

Seigneur Jésus,

pardonne-nous, nous sommes si faibles

et c’est grâce à ton appel que nous avançons à ta suite.

Amen.

Que sait-on de la biodanza ?

La Biodanza, « Danse de la vie », est présentée comme une méthode de développement basée sur « un ensemble d’exercices et de musiques spécialement étudié pour réhabiliter l’élan vital et la joie de vivre »[1]. Elle se distingue cependant d’autres pratiques d’expression corporelle visant l’épanouissement personnel par l’importance de la théorie pseudo-scientifique élaborée à partir de la vision anthropologique personnelle du fondateur.

Définition(s)

Sur le site officiel du mouvement international :

« La Biodanza est un système d’intégration humaine, de rénovation organique, de rééducation affective et de réapprentissage des fonctions originaires de la vie. Sa méthodologie consiste à induire des vivencias intégrantes au moyen de la musique, du chant, du mouvement et de situations de rencontre en groupe. »

Une deuxième définition, « définition actuelle » se voulant scientifique, figure sur plusieurs sites français :

« un système d’accélération des processus intégratifs au niveau cellulaire, immunologique, neuroendocrinien, métabolique, hormonal, cortical et existentiel » (Rolando Toro, 2009).

 

Historique

Son créateur, Rolando Toro Araneda, est né en 1924 au Chili. D’abord professeur de l’enseignement élémentaire, il se forme ensuite à l’École de Psychologie du Chili, et tient la chaire de Psychologie de l’Art et de l’Expression à l’Institut d’Esthétique de l’Université Pontificale du Chili. Professeur au Centre d’Anthropologie Médicale de l’école de médecine de l’Université du Chili, il fait des recherches sur l’inconscient et les états d’expansion de conscience.

Autour de 1970, il élabore une méthode qu’il expérimente dans le cadre de l’hôpital psychiatrique de Santiago. Basée sur la musique, le mouvement et la danse, se pratiquant en groupe, en lien affectif avec les autres participants, cette méthode fut d’abord appelée « Psychodanse », puis rebaptisée « Biodanza » en 1977, afin d’être diffusée au grand public.

Jusqu’à sa mort, en 2010, Rolando Toro poursuivra ses recherches, étendant les domaines d’utilisation de la Biodanza, devenue aujourd’hui le système de Biodanza™, et développant le nouveau concept d’Éducation Biocentrique pour faire face aux difficultés du monde moderne.

Organisation

D’abord développée au Chili et au Brésil, la Biodanza est aujourd’hui pratiquée dans une quarantaine de pays, principalement en Amérique et en Europe où elle s’est beaucoup développée depuis une dizaine d’années.

Les écoles de Biodanza sont coordonnées et administrées par l’International Biocentric Foundation (IBF), structure créée par Rolando Toro Araneda qui en a été le président jusqu’à son décès en 2010. Le président actuel est Sergio Cruz. Un Conseil directeur permanent de onze membres a pour fonction de conserver le Système Biodanza.

L’IBF est une « entreprise privée à caractère partagé », son siège social est à Dublin. La fondation est propriétaire de la marque déposée Biodanza et gère l’enregistrement dans le monde de la marque Biodanza (elle est déjà enregistrée dans une quarantaine de pays) ainsi que l’ouverture des écoles de formation à la Biodanza et la nomination de leurs directeurs.

Les professeurs (facilitateurs) des écoles de Biodanza doivent avoir suivi la formation : cursus de trois ans, dont un an de pratique, qui s’achève par la soutenance d’un mémoire devant un jury. Le diplôme doit être validé par l’IBF.

Les professeurs des écoles de Biodanza ne sont pas des franchisés, ils ont une autonomie économique, mais ils sont tenus de se conformer à la méthode « afin de conserver l’intégrité du modèle » et doivent s’acquitter d’une cotisation annuelle à l’IBF.

Ces conditions sont formalisées dans un contrat signé entre les directeurs d’école et l’IBF qui fixe également la cotisation annuelle des écoles (1 000 € pour les écoles d’Europe).

En France, les professionnels de la Biodanza sont regroupés en une Fédération (FPB).

Principes et concepts

La vivencia[2]

Concept et outil fondamental, la vivencia désigne la séance de Biodanza, d’1 h 30 à 2 heures, « expérience vécue avec une grande intensité dans l’ici et maintenant, avec une qualité ontologique (qui se projette sur toute l’existence), selon des adeptes,

C’est à travers les vivencias que se perfectionnerait l’unité neurophysiologique et existentielle de l’être humain. Les participants travaillent au développement de leur potentiel qui s’exprimerait, selon Rolando Toro, à travers cinq fonctions universelles (Lignes de Vivencia) :

  • La vitalité : basée sur l’instinct de conservation, elle a pour but d’augmenter la joie de vivre, de diminuer le stress.
  • La sexualité : elle est liée à l’instinct de reproduction et a pour but d’éveiller le désir, d’augmenter le plaisir.
  • La créativité : permet de développer les capacités de création, d’explorer de « nouveaux horizons », mais aussi de pouvoir révéler sa « vraie personnalité » et d’apprendre à s’opposer à l’ordre établi par la société.
  • L’affectivité : elle a pour origine l’instinct grégaire. Elle vise à restaurer le lien entre les hommes, l’altruisme, la bonté.

La transcendance : développe le besoin de fusion avec l’univers.

Des séries d’exercices et des mouvements libres, permettraient ainsi de retrouver la confiance en soi, l’ouverture aux autres, de favoriser la spontanéité, d’exprimer ses émotions, de dénouer des tensions…

Le principe biocentrique

« Le principe biocentrique provient d’une intuition que l’univers est organisé en fonction de la vie et propose une reformulation de nos valeurs culturelles qui a comme référence le respect pour la vie, » […] « Selon le principe biocentrique, l’univers existe parce que la vie existe, et non le contraire. » Ce principe est à la base de l’éducation biocentrique, cette « nouvelle pédagogie de l’art de vivre »

L’inconscient vital

Cette notion, propre à Rolando Toro, viendrait compléter celles d’inconscient personnel de Freud et d’inconscient collectif de Jung, avec un aspect biologique :

« J’ai défini le concept « d’inconscient vital » comme une proposition qui fait référence au psychisme cellulaire. Il existe une forme de psychisme des organes, des tissus et des cellules qui obéit à un « sens » global d’autoconservation. »

« L’inconscient vital se nourrit de la mémoire cosmique et organise la matière (chaînes de protéines, systèmes organiques) sur la base d’une programmation présumée qui peut ou non générer des systèmes organiques stables. Les modèles d’auto-organisation qui génèrent des systèmes vivants capables de se reproduire sont assez stables. »

« La Biodanza travaille spécialement avec l’inconscient vital, condition qui permet une action très efficace sur la couche plus profonde du système vivant humain. »

Sur l’inconscient vital, lire : http://www.psycho-ressources.com/bibli/biodanza-inconscient.html

Pratique

La Biodanza s’adresse à tous les publics, aucune connaissance de la danse n’est nécessaire ; la finalité n’est pas d’apprendre des techniques (on ne parle pas d’école ou d’élève), mais d’être éduqué à l’art de vivre.

Les séances

Elles sont animées par un facilitateur qui propose des mouvements ou des exercices à reproduire, ou dont on peut s’inspirer pour laisser libre cours à l’imagination.

Une séance débute par un débriefing de la séance précédente, L’expression des émotions ressenties ne doit pas donner lieu à des analyses ou des interprétations par les facilitateurs qui ne doivent pas se substituer à un psychothérapeute. Après cette prise de parole, le cours se poursuit en silence. Les facilitateurs expriment ensuite leurs consignes sous forme de métaphores avant d’en faire la démonstration. À partir de ces figures, les danseurs donnent libre cours à leur imagination en improvisant des chorégraphies en solo ou en groupe. La séance commence (et souvent se termine) par une ronde, tous les participants se donnent la main.

La musique et la danse

La Biodanza propose environ 250 exercices (ou danses) non pas composés d’une série de pas à apprendre, mais vivenciels, induits par l’effet de la musique et de la poétique de la présentation de la danse.

Pendant la pratique de la Biodanza, la musique se transformerait en mouvement corporel, c’est-à-dire qu’elle « s’incarnerait » et le danseur entrerait en vivencia. La combinaison musique-mouvement-vivencia déclencherait des changements physiologiques et dans les neurotransmetteurs.

La musique est rigoureusement sélectionnée pour stimuler les écofacteurs liés aux 5 besoins fondamentaux. Tous les styles de musique sont utilisés, suivant une progression, incitant soit à la sérénité soit au défoulement. Si le groupe est prêt, la musique amènera à des régressions, voire des transes pouvant aboutir à des états d’expansion de conscience.

Le groupe

Le groupe est présenté comme le vecteur indispensable de l’évolution personnelle de chacun et de tous. Le groupe est constitué des mêmes participants d’une séance à l’autre. Encadré de facilitateurs attitrés, il constitue « une matrice bienveillante et permissive qui soutient l’expression identitaire ».

Les 7 pouvoirs de la Biodanza

Selon Rolando Toro, la Biodanza a des effets transformateurs sur l’organisme grâce à sept pouvoirs : « musical, de la danse intégrante, de la méthodologie vivencielle, de la caresse, de la transe, de l’expansion de conscience, du groupe. »

« Chacun d’eux a, en lui-même, un effet transformateur. Reliés en un ensemble cohérent, par un modèle théorique scientifique, ils sont un faisceau d’écofacteurs aux effets extraordinaires, capables d’influer y compris sur les lignes de programmation génétique. »

Pour R. Toro, les techniques thérapeutiques fondées sur la seule parole sont une tromperie. La connexion verbale est insuffisante. Le contact, la danse à deux ou collective et l’engagement corporels dans un contexte sensible sont nécessaires. Il parle ainsi du « pouvoir déflagrateur de la caresse »…

La transe, état régressif, permettrait de rééditer les conditions biologiques du commencement de la vie : « les exercices de transe en Biodanza permettent la reparentalisation, c’est-à-dire le « naître à nouveau », dans un contexte d’amour et de protection. De nombreux adultes portent en eux un enfant blessé, un enfant abandonné. La reparentalisation permettrait de prendre soin de lui dans des cérémonies de transe et de renaissance. »

« Matrice de renaissance » et « champ d’interaction très intense », le groupe est un élément fondamental du système Biodanza.

Applications et extensions de la biodanza

Elles sont nombreuses ! Le principe de base étant assez simple, la Biodanza peut s’adapter à des publics ciblés ou non, et s’associer à des projets artistiques ou autres. Certaines « extensions » ont des prétentions qui vont au-delà d’une recherche de mieux-être ou de la recherche de créativité. Quelques exemples :

  • Biodanza clinique : « c’est le système Biodanza utilisé comme médecine complémentaire pour des groupes spéciaux, des porteurs de troubles cliniques. », peut-on lire sur le site officiel du mouvement. Suit une liste des spécialités de la Biodanza clinique…

Ces affirmations non fondées scientifiquement incitent à la plus grande vigilance.

  • Biodanza pour les enfants, en famille, pour les enfants et les adolescents, pour les personnes âgées.
  • Biodanza et massage, Éducation au contact et massage Bio-intégrant.
  • Biodanza et tarots, Biodanza et YI-King, Biodanza et Néo-chamanisme.

Éducation biocentrique

La Biodanza serait l’outil privilégié d’une approche « biocentrique » de l’éducation qui met le respect de la vie et sa préservation au centre des préoccupations de chacun :

« La formation intellectuelle ou technologique est essentielle, mais l’éducation biocentrique propose de stimuler également les potentiels génétiques qui sont la structure de base de l’identité. Pour cela, elle utilise comme médiation la Biodanza qui permet l’expression de ces potentiels. Sa méthodologie est la vivencia. »

Parfois organisée au sein des écoles, la Biodanza peut s’adresser aux enfants de 3 à 10 ans. Il est souhaitable que les enseignants participent avec l’ensemble de leurs élèves, sans observateur extérieur. Mais les parents connaissent-ils les bases théoriques de cette pratique corporelle et le modèle de la société qu’entend promouvoir cette « éducation » ?

Cette extension de la Biodanza se développe depuis plusieurs années en Europe, en particulier à travers le Centre Pilote d’Éducation Biocentrique (CEBO) de Nantes, inauguré en 2009 par R. Toro lui-même et parrainé par Edgar Morin ; centre de développement de l’éducation biocentrique et de formation d’animateurs ou de formateurs. La formation en Éducation Biocentrique s’adresse aussi, par la formation continue, aux professionnels de l’éducation et de l’action sociale, qui pratiquent l’animation, la formation, l’accompagnement…

Le système biocentrique serait aussi valable pour les entreprises, considérées comme des organismes vivants en interaction avec leur environnement (humain et naturel). Aussi, est-il possible d’adapter les modèles créés pour la Biodanza : développement des liens entre collaborateurs, respect des collaborateurs et de l’environnement.

Mise en garde : « Danser la vie »… ou changer de vie ?

« Par les vivencias, une aventure cosmique commence dans laquelle on navigue avec une direction inconnue, vers des formes de vie optimisées. »

Peu à peu la Biodanza s’est diversifiée et a su s’adapter pour répondre à de multiples problèmes de nos sociétés développées. En réalité, la théorie de la Biodanza va bien plus loin que le simple épanouissement de la personne, son but est de changer le monde, comme l’écrivait R. Toro en 2008, dans un texte de référence, « Danser la vie » :

« La déformation de l’esprit occidental a eu son apogée, durant ce siècle, avec les plus grands attentats contre la vie humaine qu’a connu l’histoire. La pathologie de l’ego a été renforcée à l’extrême comme jamais auparavant. Pour soutenir cette pathologie, il y a les institutions gouvernementales, les idéologies politiques et éducationnelles. […] Notre action est donc une transgression ouverte des valeurs de la culture contemporaine, des consignes d’aliénation de la société de consommation et des idéologies totalitaires. »

Rolando Toro a peu à peu développé un modèle théorique très sophistiqué et une vision anthropologique tout à fait personnelle que son charisme naturel lui a permis de communiquer à des élèves devenus inconditionnels :

« L’éducation Biocentrique en une seule génération changerait la qualité du processus évolutif mondial. Grâce à une approche holistique de la culture, il suffirait d’une génération pour préparer les hommes à la plénitude », selon Alain Lucas, responsable du CEBO.

Il ne s’agit donc pas seulement de « danser la vie »… mais aussi de changer ses valeurs pour entrer dans une nouvelle vision de l’homme et de l’univers.

À travers ses diverses applications et extensions, la Biodanza est aussi devenue un véritable système aux prétentions de plus en plus larges : scientifiques, philosophiques, médicales, éducatives, économiques,… mais aussi ésotériques. Nul doute que le fondateur et sa Fondation, qui détient la marque, ont su combiner leur intuition et leurs convictions à un solide sens des affaires.

Il importe d’être prudent face à une offre de développement et d’épanouissement certes séduisante, apparemment simple et spontanée, qui n’est en réalité que la partie visible d’un système « éducatif » très structuré. Les prospectus présentent la Biodanza comme une activité de loisir et de détente, elle n’est pas que cela.

Avec la Biodanza on est dans l’instant présent, au sein d’un groupe fusionnel (il est fortement conseillé de n’appartenir qu’à un groupe), la communication ne passant que par la gestuelle et le contact (il est interdit de verbaliser durant les séances, la réflexion et l’analyse ne sont pas les bienvenues), chacun serait libre de s’affirmer, sans peur et sans pudeur. On ne peut cependant pas exclure que s’installe une dépendance au groupe, que des pressions s’exercent subtilement provoquant des sentiments de culpabilité ou de violation de l’intimité.

Pour la psychologue sud-africaine Elma Maree, « si le principe de faire tomber les barrières et de libérer les émotions est sain, traduire un désir universel d’amour et d’affirmation dans une expression physique, potentiellement sexuelle, devient manipulateur et même nuisible. »

Revue de l’UNADFI, Bulles n° 134, 2° trimestre 2017.

http://www.unadfi.org/system/files/articles/La%20Biodanza.pdf

[1] Toutes les citations de l’article proviennent de sites internet du mouvement ayant le label « Biodanza Systema Rolando Toro »

[2] Terme espagnol, inventé par l’écrivain José Ortega y Gasset en 1923, pour traduire le vocable allemand « erlebnis » (l’expérience vécue).

La biodynamie

« Écologie profonde »,

ou gnose anthroposophique avançant masquée ?

Écho d’un New Age, « trahison du projet anthropologique de toute notre civilisation »  

La biodynamie, conçue il y a près d’un siècle par R.Steiner, philosophe occultiste, est l’avatar agricole de sa  « science spirituelle » l’ Anthroposophie . Très tôt implantée en Allemagne, elle a démarré en France en 1925, et connaît à l’heure actuelle un fort développement, notamment en viticulture, y compris dans les domaines les plus prestigieux.

Le texte suivant s’interroge sur l’efficacité réelle de ces pratiques, sur l’ignorance médiatique de leurs aspects ésotériques, et sur les risques de la progression d’une idéologie New Age masquée de multiples façons. Propos illustrés par le cas d’une célèbre vedette écolo-médiatique.

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La biodynamie a connu une certaine actualité lors de la nomination de Mme Nyssen au Ministère de la Culture. Quelques années plus tôt s’était ouverte en Arles –aux côtés d’une école hors contrat dirigée par un anthroposophe– une sorte d’« université » privée, vouée à favoriser la diffusion1 de la biodynamie, au titre des méthodes alternatives de l’agro-écologie, tout en accueillant des producteurs désireux d’expérimenter sur de grands espaces. Plusieurs biodynamistes membres haut placés du Gœtheanum 2, étaient cités comme source de cette initiative.

OR LE CARACTÈRE ÉSOTÉRIQUE DE LA BIODYNAMIE EST INDISCUTABLE.

Elle est née des relations affirmées de Rudolph Steiner avec les mondes « supra-sensibles » et la supposée base de données occultiste de l’Akasha. Sans relater aucune expérimentation préalable, il prescrivit aux agriculteurs des préparations à utiliser sous forme de fortes dilutions « dynamisées», après avoir été « trans-substanciées »- dans les organes animaux les plus improbables, corne de vache, vessie de cerf, crâne d’animal domestique et autres, puis enterrées six mois. Il s’agissait de capter les forces vitales (éthériques et astrales) qui se matérialiseraient dans le calcium sous l’influence de la Lune, et dans la silice sous l’influence de Saturne. L’équilibre du sol serait restitué par des fumures chargées de forces spirituelles cosmiques grâce aux fameuses préparations. Les forces vitales se concentreraient dans l’azote et l’oxygène, mais « Steiner n’a pas été exhaustif sur ce sujet ». Je ne peux aller plus loin dans l’exposé de cette approche anthroposophique confuse, dont les adeptes eux-mêmes reconnaissent que le Maître leur a laissé des énigmes sur les arrière-plans spirituels des préparations comme sur la justification des « enveloppes animales ». Ils ignorent encore quelle planète favoriserait réellement la destruction des nuisibles traités par pulvérisation de leurs propres cendres, comme recommandé par les Textes.

UNE EFFICACITÉ INCROYABLE ?

Des résultats d’une « efficacité »  incroyable sont diffusés par le MABD (Mouvement d’Agriculture Biodynamique). En quelques mois la composition chimique et la structure des sols seraient magiquement améliorés dans des proportions considérables, après traitement par les «préparations» fortement diluées.

Plusieurs études universitaires américaines ont, depuis plusieurs années, récusé ces résultats, niant à la méthode un quelconque avantage sur une culture biologique bien conduite. Comme ex-pharmacien industriel, ayant des compétences en essais comparatifs contrôlés, je peux également mettre en doute ces effets, leur protocole exact n’étant pas diffusé. D’autres essais sont réalisés en Allemagne, mais sous le contrôle exclusif de la société anthroposophique. A toutes fins utiles sans doute, le MABD a reconnu une liste impressionnante de causes d’échecs, ce qui laisse déjà deviner l’aspect aléatoire de sa technique. Les échecs seraient dus aux circonstances planétaires, mais aussi à l’influence de l’agriculteur ou de l’observateur… en référence à la physique quantique.

Confirmant le peu de crédibilité des résultats présentés par les anthroposophes, plusieurs chambres d’agriculture françaises ont récemment mis en route des essais portant sur plusieurs années, et destinés à tester, en viticulture, l’éventuel avantage de la biodynamie sur une bonne culture biologique. Pour une méthode « révélée  par les dieux (sic)» il y a près d’un siècle, c’est pour le moins troublant. Alors même que fleurissent les formations officielles et que l’anthroposophie dispose déjà d’une fondation reconnue d’utilité publique pour son développement.

DES MÉDIA SANS CURIOSITÉ ou HYPNOTISÉS ?

Sur ce sujet, il semblerait que le moindre esprit critique ait déserté les média3 comme les autorités spirituelles. Serait-ce l’effet de la prétendue « spiritualité » de la biodynamie, la qualité de (certains) vins biodynamiques ou l’influence rassurante de personnages aussi médiatiques qu’un Pierre Rabhi devenu une star incontournable ? (j’y reviens plus bas). Faut-il croire que les journalistes, abusés, hésitent ensuite à contredire leurs précédents jugements, enthousiastes (comme Télérama) ou au moins dénués de la plus élémentaire curiosité ?

Quant aux média religieux, à part l’accueil très favorable du Père Auzenet (de la « Pastorale Nouvelles croyances, dérives sectaires » du Mans, dont le site a recommandé mon travail), je suis réellement surpris de l’absence de réactions de « La Croix », de la radio catholique RCF, et d’autres, ne tarissant pas d’éloges sur la viticulture biodynamique. Il est vrai qu’en 1999, Mgr Jean Vernette (chargé des sectes et nouveaux mouvements religieux), avait manifesté « respect et distance » envers cette anthroposophie, qu’il qualifiait « de gnose intelligente », en estimant que ses applications, (dont la biodynamie !), étaient « tout à fait novatrices ». En fait, son jugement concernait (c’est un autre aspect du problème4) essentiellement les écoles Steiner-Waldorf, alors soupçonnées de sectarisme et il n’avait visiblement guère d’informations sur la biodynamie.

INFILTRATION MASQUÉE CROISSANTE.

Diffusion de connaissances fausses sous alibi scientifique, la biodynamie apparaît souvent sous différents masques : Rudolph Steiner n’est plus un philosophe occultiste transfuge de la Théosophie, mais seulement un philosophe ; la qualification antinomique de son étrange science spirituelle se travestit en spiritualité laïque5, termes aussi injustifiés que les précédents ; la biodynamie, noyée dans une obscure agro-écologie, est fort peu exposée sous ses aspects ésotériques : les préparations, utilisées très diluées, sont présentées à tort comme relevant de l’homéopathie ; leur composition magique, rarement évoquée, est rapportée à des savoirs traditionnels ; les influences cosmiques ne relèveraient que de l’influence lunaire bien connue des anciens ; et les révélations de Steiner seraient issues de la phénoménologie de Goethe. Plus jamais on n’entendra cet aveu, dans les années 70, d’un des pionniers de la biodynamie en France, Xavier Florin : [le biodynamiste] « collera mieux à la terre et au ciel. Bref il s’exercera à redevenir toujours plus un paysan du Nouvel Âge ».

Enfin, comble de confusion, c’est au nom de la liberté d’expression qu’une pétition européenne dépassant le million de signatures, réclama, avec des personnalités écologiques, « l’opportunité de choisir des produits et des services anthroposophiques » au moment où les européens tentèrent de classifier et contrôler à juste titre les préparations biodynamiques, pour eux de simples « bio-stimulants ».

Ce serait manquer de compassion6 que de considérer comme un succès stratégique d’infiltration la création par Mme Nyssen de l’École du Domaine du Possible, présentée à l’origine comme devant appliquer diverses pédagogies alternatives, mais dont la direction fut confiée à un anthroposophe bien connu7, la déclarant « ancrée dans la pédagogie des écoles Steiner ».

Certes, mais peut-on ignorer que c’est bien un personnage public, notre Ministre de la Culture, qui ouvrit deux établissements à l’emprise anthroposophique, jusqu’à envisager d’y installer une école de danse anthroposophique, l’« eurythmie », assortie de cours de « formation de la pensée » et de « culture de la vie intérieure », confiés à des anthroposophes de haut niveau ?8

FAIRE RÉFLÉCHIR L’OPINION.

Nous sommes actuellement trois philosophes à tenter de faire réfléchir l’opinion à cette stratégie évoquant des comportements sectaires : Michel Onfray (in Cosmos9, en un chapitre entier « Théorie du Fumier Spirituel » ), Grégoire Perra, qui témoigne de son éducation et de trente années dans une école Steiner-Waldorf, et moi-même, qui alimente depuis plusieurs mois, un blog critique des textes mis en ligne par les anthroposophes. Tenant compte de certaines intuitions de R.Steiner, il a été tenté, afin de rester positif, de proposer à Mme Nyssen de pratiquer dans son « université » certaines expériences comparatives scientifiques précises, qui auraient permis d’authentifier la validité–ou non– des pratiques recommandées par R.Steiner. En vain, sans même l’accusé réception d’un courrier pourtant respectueux.

Il serait nécessaire que le public soit informé du développement progressif d’un mouvement occultant le caractère ésotérique d’objectifs qui concernent non seulement l’école, et l’agriculture, mais aussi la médecine, l’art, la religion et la politique (la bien peu démocratique « tripartition sociale »). Le développement de la biodynamie et l’affirmation incontrôlée, mille fois répété sur le Net, de son efficacité, cherche à entraîner l’adhésion à l’ensemble d’une gnose prétendument scientifique. Sa dimension commerciale ne doit pas non plus être ignorée, (très inférieure à ce qui se passe en Allemagne) : on peut citer le laboratoire homéopathique et de soins de beauté WELE DEMETER qui labellise les productions biodynamiques, au prix plus élevés.

UN APAISEMENT… MAIS A QUEL PRIX ?

Les viticulteurs biodynamistes se déclarent apaisés. Engagés à ne plus polluer, et acceptant de moindres rendements, ils manifestent à la fois confiance et respect envers leur terre et son environnement. Mais fallait-il pour cette prise de conscience, que se répande une pensée pseudo-scientifique, très New-Age, soumise aux prescriptions d’un gourou, au risque, à la longue, d’entraîner la disparition de tout esprit critique ?

DES ERREURS GRAVES DEVRAIENT DÉVALORISER DÉFINITIVEMENT LA « SCIENCE » ANTHROPOSOPHIQUE

Les Anthroposophes eux-mêmes ont été victimes, durant vingt années10, (1991-2011) de leur propre absence de jugement critique : Fidèles aux paroles sacrées du Maître, leur « École de Science de l’Esprit », fleur des initiés du Gœtheanum, a financé avec l’aide de WELEDA,  l’étude d’un moteur devant fonctionner aux forces éthériques, au sein d’une sorte de bunker suisse blindé comme un vaisseau spatial. Moteur qui, selon les propres termes de Steiner, devait abolir la nécessité « de 9/10èmes du travail humain ». Quant à ses révélations sur les origines du monde et l’astronomie, elles ne sont plus guère diffusées, sauf à titre de bévues ésotériques plutôt comiques. Pas plus que l’introduction de coquilles d’œufs dans certaines préparations biodynamiques, à seule fin d’arrêter les remontées radioactives en sol contaminé.

QUEL EST LE SENS DE TELLES DÉRIVES ÉSOTÉRIQUES ?

L’essor général de l’ésotérisme dans notre société résulterait-il de la quasi-impuissance des politiques, et des compromissions de tant de scientifiques prostituant leurs compétences à l’attrait d’un profit à court terme ? Les média qui dénoncent sans fin les dangers auxquels chacun est exposé, avec la complicité impuissante des citoyens impliqués dans les industries polluantes, n’ont-ils pas lancé une société déboussolée dans les bras de gourous soi-disant spirituels et supposés désintéressés, qui les exempteraient de tels risques ?

Le succès étourdissant de Pierre Rabhi me paraît emblématique. Je tiens d’abord à dire combien je veux respecter, au delà du sujet médiatique, la personne d’un paysan ardéchois au parcours digne d’éloges. Mais il me paraît, dans sa naïveté, être utilisé par des forces qui le dépassent : il fait le jeu de la diffusion d’une biodynamie en quête de reconnaissance pour l’intégralité de la gnose anthroposophique, tout en devenant l’alibi d’une société sans doute attirée par un parfum New-Age, et choyant sans vergogne son étrange prophète.

Il y a quelques années, Rabhi avait manifesté toute sa joie à la découverte de la biodynamie et de l’anthroposophie 11 : « Et là, ça a été la joie totale disant, (sic) enfin cette logique-là me convient ! ». On trouve encore sur le Net, parmi la multitude des vidéos de lui, celle où il enseigne les « énergies vibratoires émises par certaines planètes, captées par la terre et la vitalisant ».

S’ensuivit la dénonciation apocalyptique de la destruction de la terre sous la conspiration des marchands d’engrais et de pesticides12. Mais la dérive imprudente du nouvel anthroposophe fut signalée dans un rapport de la MIVILUDES13. « Notons par exemple la présence de Pierre Rabhi lors de la 5e  édition du congrès organisé à Reims par «Quantique Planète» congrès dans lequel se retrouvent les thématiques New Age  comme le «changement de paradigme», les «transmutations biologiques», la «médecine akashique» etc.» . Dès lors, cette joyeuse conversion sera abordée uniquement en terrain conquis, comme par exemple lors de la réception de Rabhi à l’école Steiner-Waldorf de Chatou.

Le paysan ardéchois, multipliant voyages et publications (chez Actes-Sud) sans désavouer ses convictions anthroposophiques, s’est alors fait le chantre d’un retour à la terre agro-écologique, et d’une sobriété heureuse. Sa société paysanne séculaire, ne vise pas l’émancipation de la condition humaine, mais plutôt une sorte de bien être individuel indéfini, car sans statut. La loi, le droit, Rabhi n’en parle jamais. Solution qu’il eut bien du mal à défendre lors de son interview à France-Inter (émission du 26 octobre 2017), par Léa Salamé, qui le qualifiait de paysan-philosophe, et insistait vainement pour comprendre:  « comment fait-on pour résister à la frénésie du monde quand on n’a pas de jardin ? »

Devenu la coqueluche de l’impudente jet-society [enquête de Vanityfair : à lire absolument], qui le finance largement –et à qui il sert de diversion écologique– soutenu par sa fille, fondatrice d’une école proche des méthodes Steiner-Waldorf et Montessori, il fonda alors un mouvement, tout naturellement sponsorisé par le laboratoire anthroposophique Weleda, les « Colibris », qui se définit ainsi : « Créé en 2007 sous l’impulsion de Pierre Rabhi, Colibris se mobilise pour la construction d’une société écologique et humaine. L’association place le changement personnel au cœur de sa raison d’être, convaincue que la transformation de la société est totalement subordonnée au changement humain. Colibris s’est donné pour mission d’inspirer, relier et soutenir les citoyens engagés dans une démarche de transition individuelle et collective ».

Cette exigence du changement personnel préliminaire à l’action citoyenne s’articule bien avec les appels au développement personnel ou à la réalisation de soi, rengaine de tous les mouvements du New Age. Je partage l’opinion du philosophe Michel Lacroix14, auquel j’emprunte une conclusion en forme d’avertissement : « Ma conviction au contraire est que le développement personnel ou la réalisation de soi doivent viser l’épanouissement de ce qui est  constitutif de notre nature : la raison et la capacité d’autonomie. Ce que Descartes appelle «je pense»: exercer notre volonté libre et notre raison, être en position critique par rapport aux idées, aux opinions, aux croyances.

(…) Le New Age regarde vers d’autres pouvoirs de connaissance que la raison, préférant l’intuition, la subjectivité, l’extase, la mystique, l’ésotérisme, les sciences occultes. Il cherche à développer des facultés parapsychologiques censées lui apporter des connaissances plus vraies que la science. C’est une trahison du projet anthropologique de toute notre civilisation. »

——–Jean-Pierre CAMBIER, 20/12/2017.

1Manuel de présentation de l’école : « Le domaine est également destiné à héberger l’université Domaine du Possible. Celle-ci mènera des programmes de recherche portant sur la généralisation des méthodes de l’agro-écologie. Elle accueillera également des formations afin de favoriser une diffusion plus large de ses méthodes : permaculture, agroforesterie, biodynamie, etc. »

2Le Gœtheanum (Dornach- Suisse), est le centre mondial de la sphère anthroposophique. Il s’agit de M. Jean-Michel FLORIN, codirecteur de la Section d’Agriculture de l’Université libre de science spirituelle. Et de René BECKER secrétaire général de la Société Anthroposophique en France.

3A l’exception de : Alain Tournebise, revue Progresssites, N° 17, oct 2017, « Le Charlatanisme à la Culture » .

4Thème abondamment traité sur le site de Grégoire Perra, qui témoigne de son éducation dans ce type d’école.

5 Une série de conférences sur ce thème avait été organisée à Arles, au printemps 2015, par Mme Nyssen, avec le concours de MM.Bodo von Plato, et J-M Florin, hautes personnalités anthroposophiques.

6 La rencontre de Mme Nyssen avec les anthroposophes aurait eu lieu à la suite du drame de la perte de son fils, qui mit fin à ses jours à l’âge de 18 ans, suite à de graves difficultés scolaires.

7M.Dahan, anthroposophe, ex-Délégué général de la Fédération Steiner-Waldorf en France. Il déplore « les programmes de l’État (…) construits sur une vision pseudo-scientifique du monde. Les élèves n’ont d’autre choix que de croire. C’est une forme de réponse religieuse à leurs questions métaphysiques. L’esprit critique est amputé d’une partie de ce qui le construit : l’observation sensible, intuitive et le temps de la méditation pour s’approprier des connaissances plutôt que d’y croire. ». Interview du Monde, 10 oct 2016, « le Domaine du Possible, une école pour faire bouger les lignes ». Opinion bien surprenante venant d’un disciple des thèses pseudo-scientifiques de Steiner...

8 tels que M.Bodo von Plato, membre du Comité directeur de la société anthroposophique universelle au Gœtheanum à Dornach (Suisse). 

9Michel Onfray, Cosmos, Éditions J’ai Lu, 2017, 2ème partie, 4. Théorie du fumier spirituel, pp 243-266.

10Linus Feiten, « Rudolph Steiner et la Technique : une étude » sur le site de la Société anthroposophique en France, le 2 mars 2016. Paru en décembre 2010 dans la revue Jupiter de la section mathématiques-astronomie de l’École de Science de l’Esprit au Goetheanum.

11 à la lecture de « la Fécondité de la Terre » d’un certain Pfeiffer, lequel était disciple de Rudolph Steiner, lequel était anthroposophe, etc, etc.. » (sic)….Transcription de la vidéo citée. L’ouvrage de Pfeiffer est « Fécondité de la Terre » réédité en sept 2016 par Actes-Sud, et préfacé par J-M Florin, déjà cité.

12Depuis des années, la vie des sols est prise en compte officiellement. De nombreux engrais contiennent des micro-organismes, et l’INRA (Genosol) dispose d’une mesure de l’ADN génomique global qui permet de suivre la qualité micro-organique des terrains. Ce qui, bien entendu, ne retire rien à l’urgence de lutte contre la pollution agricole.

13Mission Interministérielle de lutte contre les dérives sectaires, Rapport au 1er Ministre 2013, « le risque sectaire et Internet » , p.77, note 99.

14Interview de Michel Lacroix, par Mathieu Stricot, sur le site « Psychothérapie-vigilance ». Michel Lacroix est est agrégé de philosophie, docteur d’État et maître de conférences honoraire à l’Université de Cergy-Pontoise, auteur de nombreux ouvrages sur le développement personnel et le New Age.

La « mindfulness » peut conduire les catholiques à un « chaos spirituel »

Susan Brinkmann, qui fut une féministe du New-Age, nous met en garde dans une interview sur la dernière nouveauté en matière de méditation orientale, et nous fait part de sa préoccupation quant à l’essai de nombreux Catholiques d’ajouter les principes de la « mindfulness » dans leur oraison ou vie spirituelle. « Si quelqu’un vit actuellement dans la présence de Dieu, il n’a pas besoin de pratiques bouddhistes comme la mindfulness ». Les pratiques chrétiennes sont de beaucoup supérieures à ces méthodes simplement humaines, elles nous conduisent à la présence de Dieu, en qui nous rencontrons la vraie paix et la santé.

Elle sait bien ce que signifie chercher le bonheur dans des domaines équivoques et elle a dédié sa vie à partager la bonne nouvelle de sa foi catholique. Son dernier livre,  A Catholic Guide to Mindfulness met en garde sur les dangers de cette dernière nouveauté en méditation orientale, et offre aux Catholiques un lien plus profond et saint, enraciné dans la sagesse des saints et des docteurs de l’Église.

Brinkmann est maintenant une fervente Catholique, un auteur couronné par des prix, elle appartient au tiers-ordre carmélitain, elle est scénariste et présentatrice de programmes radio et télévision tels que Living His Life abundantly et Women of Grace. Nous reproduisons à suivre l’interview qu’a réalisée Patti Armstrong pour le National Catholic Register, traduite en castillan par Helène Faccia Serrano pour InfoVaticana (site espagnol, qui, contrairement à son nom, n’a rien à voir avec le Saint Siège.).

En premier lieu : en quoi consiste cette pratique chaque fois plus étendue de la pleine conscience ?

La « mindfulness » cache ses racines dans le bouddhisme et cherche à atteindre un état d’attention active et d’ouverture au présent, pour celui qui observe ses pensées et ses sentiments avec une certaine distance sans chercher à savoir s’ils sont bons ou mauvais. Bien que présentée comme une pratique non spirituelle utilisée comme moyen pour combattre le stress et l’anxiété, elle se pratique à travers différentes formes de méditations bouddhistes, comme la « méditation spatiale », « le scanner du corps », et la « méditation expansive de la conscience ». Entrer en communication avec Dieu ne fait pas partie des objectifs d’aucun de ces types de méditations.

Pourquoi avez-vous écrit ce livre ?

Ma préoccupation principale est la tentative de nombreux Catholiques d’intégrer les pratiques de la « mindfulness » dans leur oraison ou vie spirituelle. Ils croient que ce n’est pas une « pratique bouddhiste » mais une façon de se recentrer sur le « ici et maintenant ». Cependant, en le faisant au travers d’une des techniques de méditation disponibles – comme la « méditation spatiale » le « scanner du corps » ou d’autres — il est clair qu’ils entrent dans le règne des pratiques bouddhistes.

Beaucoup de catholiques commencent peut-être en gardant des pratiques distinctes, mais il y a une grande confusion en Occident sur la méditation orientale. Elle est différente de la méditation occidentale : l’une est un exercice mental, l’autre est un moyen pour se mettre à dialoguer avec Dieu. Beaucoup, sans s’en rendre compte, combinent les deux, ce qui a de nombreuses fois conduit à un chaos spirituel, à tel point que dans certains cas il a fallu recourir à un exorcisme.

Pourquoi est-ce que le mélange des pratiques peut constituer un problème ?

Comme je l’explique dans le livre, j’ai une expérience personnelle de tout ceci. Notre blog, « New-Age Q & A » dans Women of Grace a reçu récemment le message électronique d’une femme dont le mari a arrêté de prier le rosaire avec sa famille parce qu’il a compris que ce type de relaxation était plus reposante. Même si personne ne doit prier pour se relaxer, mais au contraire pour dialoguer avec Dieu, cet exemple démontre à quel point il est facile pour les gens, à différents stades de leur vie spirituelle, de tout confondre, sans même s’en rendre compte, et de s’éloigner de Dieu au lieu de s’en rapprocher.

Il y a des études sur les effets de la « mindfulness » ?

Il y a un intérêt de plus en plus grand dans le monde scientifique parce que les principaux moyens de communication ne font état que des études qui défendent les bénéfices de la « mindfulness », sans informer sur les études qui font état des résultats négatifs de cette pratique. Certaines études ont démontré que la pratique de la « mindfulness » peut s’avérer contre-productive avec des gens qui se concentrent trop sur l’instant, et laissent au loin leurs pensées, même les positives. Ça peut même amener les gens à se déconnecter plutôt qu’à se centrer, par exemple pour ceux qui finissent par avoir des pensées critiques sur des problèmes qui demandent à penser plus profondément.

Par ailleurs, une méta analyse de 18 000 études sur la « mindfulness » réalisée par des chercheurs de la John Hopkins Université en 2014 a montré que seules 47 d’entre elles étaient méthodologiquement correctes, c’est-à-dire seulement 0,0026 %. Des 47 considérées acceptables, la recherche n’a donné que des « preuves modérées » de diminution de l’angoisse, de la dépression et de la souffrance, mais très « peu de preuves » de l’amélioration de la santé mentale en relation avec la qualité de vie. Cette recherche a mené à des découvertes alarmantes sur les effets négatifs de la « mindfulness », ce qui m’a amenée à mettre cette information dans le livre, avec pour objectif de présenter un état plus complet de cette pratique, état que les gens ne reçoivent pas de ceux qui la défendent et la promotionnent.

Pourquoi est-ce que la « mindfulness » plaît aux gens ?

Il y a plusieurs raisons qui font que ça plaît aux gens. Tout d’abord notre société de plus en plus sécularisée a relégué les valeurs judéo-chrétiennes aux oubliettes, « personne n’a le souci de rien ». Il en résulte que de nombreuses personnes abandonnent les religions principales et alimentent la faim spirituelle qui en résulte autrement, et cela va d’un quelconque échantillon de philosophies pas chrétiennes et/ou au New-Age, jusqu’à l’occultisme.

Et puis il y a le besoin d’échapper à la pression de la vie moderne. Voici une autre raison pour laquelle les gens sont attirés par les pratiques de méditation orientale qui conduisent à des états altérés de conscience à travers l’usage de techniques faites pour vider et pour manipuler le mental. Ce qui donne aux gens une fausse sensation momentanée d’amélioration de leurs préoccupations.

Dans une époque où nous souffrons un niveau record de dépression et d’angoisse, qui ne voudrait pas échapper à ses problèmes un moment ? Il est clair que cela fascine les gens. Dans l’oraison chrétienne, ils ont aussi besoin d’affronter leurs problèmes, mais ils le font avec Quelqu’un qui, réellement, peut les résoudre. Dans la méditation orientale la solution est de s’échapper momentanément. Après, les problèmes vous rattrapent.

Troisièmement, avec tout le respect que je dois aux psychologues et aux autres qui encouragent cette pratique, sachez qu’il y a beaucoup d’argent à gagner dans des modes psychospirituelles comme la « mindfulness ». Nous avons vu le même schéma se produire dans le passé, avec le Reiki et « l’oraison centrante ». Une fois que ces modes ne sont plus d’intérêt public, nombreux sont ceux qui tentent de les exploiter pour gagner de l’argent avec.

Pour quelles raisons les alternatives catholiques sont-elles supérieures ?

Si quelqu’un vit actuellement en présence de Dieu, il n’a pas besoin de pratiques bouddhistes comme la « mindfulness ». Les pratiques chrétiennes sont de beaucoup supérieures à ces méthodes purement humaines, elles qui nous conduisent vers la présence de Dieu, en qui nous trouvons la vraie paix et la santé.

Au lieu d’échapper momentanément à l’angoisse, l’alternative chrétienne de l’oraison offre une solution vraie à l’angoisse et une transformation permanente. La pratiquer est une solution facile ; d’un autre côté c’est une opportunité à long terme pour un développement personnel exponentiel jusqu’à la fin ultime de notre existence sur cette terre, l’union avec Dieu.

Quand nous atteindrons la cime de notre union avec Lui sur terre, nous aurons été totalement transformés en une autre créature, ce ne sera pas seulement une amélioration de l’ancienne. Quand nous serons unis avec notre Créateur, nous nous transformerons finalement en ce que nous devions être depuis la nuit des temps. C’est une grâce qui dépasse toute compréhension.

Peut-on être un bon Catholique et pratiquer la « mindfulness » ?

Tout dépend de ce que vous voulez dire par « bon ». Les bonnes personnes se trompent tout le temps. Des personnes pleines de bonnes intentions ont recours à des méthodes pour se sentir bien à tout moment, mais ces méthodes peuvent être préjudiciables spirituellement.

Si avec cette pratique, tout ce que tu fais c’est de te centrer personnellement quelques minutes sur la tâche que tu as entre les mains, il n’y a pas de problème. Mais si tu es engagé dans les méthodes typiques pour pratiquer la « mindfulness », méthodes qui impliquent toutes un certain type de méditation, alors tu cours le risque de voir s’altérer tes états de conscience, ce qui te rendra vulnérable psychologiquement, voire être influencé par des entités spirituelles.

Les Catholiques ne doivent pas s’impliquer là-dedans, même si un médecin le recommande, car d’assez nombreuses études démontrent que cela leur est préjudiciable. C’est la raison pour laquelle de plus en plus de chercheurs mettent en garde contre cette pratique.

Si un Catholique veut pratiquer pour être en « pleine conscience » je recommande dans mon livre qu’il commence par La pratique de la présence de Dieu qui fut introduite au XVIe siècle par un humble carme français, le frère Laurent de la Résurrection*. Non seulement il enseigne à être fermement ancré dans le présent, mais aussi à vivre continuellement conscients de la présence de Dieu en nous.

Il nous enseigne à vivre toujours dans le moment présent pour répondre ainsi au désir de Dieu dans chacun des moments de notre vie. Il y a une grande différence entre un état de « conscience » stérile et le sentiment profond d’extase que nous rencontrons pendant que nous profitons de la présence du Créateur de l’univers.

Parlez-moi des retraites et des conférences que vous avez appelées « l’alternative catholique à la « mindfulness » ».

Mes retraites ont été créées dans le but d’enseigner aux gens comment rentrer dans la pratique de la présence de Dieu et le sacrement du moment présent dans leurs vies. Ils auront lieu à la Casa de Fatima à Bedminster, Pennsylvanie, les 16 et 17 février, le 23 et le 24 mars ; mais aussi dans la Casa de retraite de Malvern, en Pennsylvanie, les 9 et 10 juin de cette année. Nous allons en planifier d’autres.

Source : National Catholic Register. Traduction : Isabel Lorans et D. Auzenet

* http://www.carmel.asso.fr/Son-Message,218.html

http://www.fsc-canada.com/formation_continue/lectures/2016-03-16-ethier.pdf

Les rallyes

Pour un discernement radical

Il y a des sujets qui semblent soigneusement évités. Des évidences qu’il n’est pas permis de questionner… Par exemple, dès que l’on aborde le sujet des rallyes, avec le regard de l’expérience, c’est une levée de boucliers au premier mot prononcé : interdit d’en parler ! Voilà qui est intéressant : c’est donc bien là qu’est le problème. En appuyant « là », ça fait mal. Ce n’est pas le but, de faire mal, mais il faut justement remédier au mal. Ce mal ressemble à une muraille. Une muraille de vernis qui empêche toute conversion, tant qu’elle n’est pas au moins fissurée. Comme à Jéricho, il faut en faire le tour et sonner de la trompette, c’est-à-dire en parler. Parlons-en, discernons ensemble.

Contenu

Qu'est-ce qu'un rallye ? De son fondement — a. du critère du "milieu" — b. que signifie "chevaleresque" ? Qui est noble ? — c. de la conservation ou de la conquête

On juge l'abri à ses fruits : la mondanité, fille des rallyes — Qu'est-ce qu'un "mondain" ? — Les faits de la mondanité selon sainte Catherine de Sienne — De la tartufferie...  des relations — Les relations garçons-filles — Du bobo-libéral au tradi-pêchu.

Quelques questions et prétextes souvent posés —  Mais il y a de bon "rallyes" !  — La solution n'est-elle pas de compléter les rallyes par le scoutisme ? — Des excuses pittoresques.

Pour conclure : du courage.

1. Qu’est-ce qu’un « rallye » ? De son fondement

C’est l’organisation, par les parents, de rencontres de jeunes gens de « bonnes familles » afin de transmettre les manières mondaines et l’art de la danse (rockvalse…) dans le but de favoriser des rencontres entre jeunes-gens et jeunes-filles. Le terme de « rallye » rappelle la chasse-à-courre : le gibier y est juste différent.

Cette pratique est assez récente. Si Napoléon, dans sa vision bourgeoise de la noblesse avait déjà encanaillé cette dernière par ces pratiques mondaines, c’est après la 1ère guerre mondiale que le phénomène se constitue. La société étant saccagée par la guerre, des moyens sont pris pour « sauver le milieu ». Dans les années 50, la notion de « milieu » trouve un regain d’intérêt. Dans la crainte de voir leurs enfants se corrompre au contact d’une société déstabilisée moralement, des parents mettent en place les rallyes, afin d’y perpétuer les bonnes manières de la courtoisie. L’autre objectif visé est de permettre à des jeunes gens issus du même milieu social – (aristocrates et bourgeois, unis depuis la Révolution) – de se rencontrer afin, si possible, de se marier et de fonder des familles issues d’un même cercle étroit. C’est le culte de l’entre soi.

Aucune vertu n’y est requise ni encore moins transmise, toute la valeur d’une personne étant d’appartenir à tel microcosme, que le rallye se charge de réunir. Les mœurs, cette attitude plus profonde encore que la « morale » y sont confondues avec ce qui est plus superficiel que la morale : « les bonnes manières ». C’est-à-dire un simple code extérieur. Autant dire que la dignité de la personne n’y tient à rien. Cette réduction à « rien » est constitutive du principe du rallye mondain, sans quoi il n’existerait pas. C’est ce qu’il convient de démontrer.

a. du critère du « milieu »

Dans la tradition chrétienne, le titre de la noblesse, pour être héréditaire, ne dit rien de la noblesse d’une personne. La notion de milieu n’existe pas. La noblesse n’est pas un milieu, lequel sépare les groupes de personnes selon des cloisons étanches. Le milieu du noble, c’est le peuple. On nait donc dans un état social, pour une fonction sociale qui oblige d’autant plus envers les autres que cet état est « élevé ». De telle sorte, en effet, qu’un état de noblesse obligeait à une noblesse d’âme, la seule qui ait un prix réel. La noblesse d’âme pouvant naître en chaque état social, c’est elle qui était le critère permettant des liens entre plusieurs personnes. La décadence arrivait à chaque fois que ce principe n’était pas respecté. Ceci vaut comme un principe de discernement.

Lequel principe de discernement fut jadis ainsi éclairé :

Une erreur est celle qui nous fait croire nobles à cause de la noblesse d’autrui. On n’est pas sage de la sagesse de son père (…); aussi n’est-on pas noble de la noblesse de ses parents, si on a dégénéré. Le livre de la Sagesse dit « Personne d’entre vous n’a été déshonoré avant sa naissance, ce qui a été avant nous ne peut nous être imputé, c’est le cœur qui rend noble. »

            Une autre erreur est celle de ceux qui croient qu’on est noble, parce qu’on sort d’une race noble. On peut démontrer la fausseté de cette prétention de plusieurs manières. (…) Si on considère l’origine des hommes, on voit que tous viennent d’un seul, en sorte que sous ce rapport, ils sont tous également nobles. (…) Si on veut remonter à la cause originelle créée, on trouve que nous avons le même père et la même mère, c’est-à-dire Adam et Ève. Nous sommes donc tous également nobles, ou tous de basse naissance. (…) Saint Augustin a dit : « Remontons à Adam et Ève, et nous verrons que nous sommes tous frères. » (…) Nous ne sommes pas plus nobles les uns que les autres (…). C’est une erreur que de penser qu’on est noble à cause du sang de ses ancêtres. (…)[1]

C’est donc une erreur de croire « préserver » de jeunes gens en les enfermant dans leur milieu car c’est là le plus sûr moyen de pervertir ce en vue de quoi ils sont nés, et leurs âmes tout simplement. Chers parents, tel n’est pas votre rôle.

b. que signifie « chevaleresque » ? qui est noble ?

Un petit détour par le XIIIème siècle vaut encore la peine. Voici ce que l’on peut encore lire dans le traité sur « L’éducation des princes » attribué à saint Thomas d’Aquin :

            « La véritable noblesse de sentiment se fonde sur ce principe : « il n’y a de noblesse que celle qui forme les mœurs par l’élévation de l’âme. » Un prince vraiment noble doit être exempt de bassesses et d’une honteuse servitude ; il ne doit pas se laisser dominer par aucun sentiment bas et grossier ; il doit avoir horreur tout ce qui est vil et honteux ; il doit être généreux dans ses largesses, prompt à distribuer ses dons, clément et bon envers ceux qui se soumettent, sévère pour les rebelles ; dédaigneux des petites choses, aspirant toujours aux grandes; attaquant les difficultés sans crainte et conduisant ses entreprises avec courage et persévérance jusqu’à ce qu’il ait obtenu la fin qu’il se propose. (…) L’homme véritablement noble donne généreusement, à l’exemple de Dieu qui est très noble et très libéral. Et sa libéralité est telle, que non seulement Il donne ses biens, mais encore Il se donne Lui-même, et qu’Il les communique non seulement à ses serviteurs, mais encore à ses ennemis. Car « Il fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants et fait pleuvoir sur les justes et sur les pécheurs. » (Mt 5, 45) (…) Et de même que la libéralité est un signe de noblesse, de même la rapacité est un signe de bassesse. En sorte que plusieurs qui passent pour nobles sont très vils, parce qu’ils dépouillent les pauvres. (…) « quelle est la plus grande noblesse? » demanda-t-on à maître Alain. – Ce qu’il y a de plus noble, répondit-il, c’est de donner.» [2]

Ce sont là énumérées les vertus chevaleresques. « Par chevaliers, on entend, non des nobles batteurs d’estrade ou des guerroyeurs, mais des hommes d’honneur et de dévouement, façonnés comme tels par le christianisme. »[3] Du point de vue féminin, pour « chevaleresque, « généreuse » donne parfaitement le sens masculin, dont la force et l’honneur est dans le don de soi.

Et encore : « L’esprit de la Chevalerie est surtout la consécration de toute la vie à la protection des opprimés, le sacrifice de tout son être à la défense de la justice, (…) elle est le sacrifice à l’état d’institution. » « Est chevalier (…) qui donne à ses frères son âme et sa vie, qui place l’honneur au-dessus de tous les biens de ce monde, qui aime les petits et les faibles. »[4]

Être noble, ou chevaleresque, est enfin inséparable, dans la culture chrétienne, de la foi liée à la sainteté, laquelle découle de l’Évangile : Ce n’est pas par hasard que sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus avait une dévotion particulière pour sainte Jeanne d’Arc en qui elle admirait l’esprit chevaleresque. Esprit dont le ressort est dans l’enseignement évangélique : « Que le plus grand parmi vous soit comme le plus jeune, et celui qui gouverne soit comme celui qui sert. » (Lc 22, 26)[5]

Ces quelques considérations positives devraient suffire par elles-mêmes. Mais la certitude pour certains de se croire « arrivés » en raison de leur milieu demande encore des éclaircissements.

c. de la conservation ou de la conquête

« Appelés à être libres[6] ». Nous sommes appelés à être libres, c’est-à-dire à exister en raison de Dieu. L’esclavage, au sens de veulerie, consiste à exister en raison de son milieu. Liberté et esprit chevaleresque – et générosité – vont de paire. La liberté chevaleresque est celle de l’âme prête à donner sa vie. Elle est généreuse et détachée d’elle-même. C’est tout l’opposé de cette pseudo-liberté de celui qui vit pour lui-même, esclave de sa volonté propre, satisfait de lui-même et de son milieu. Dans son encyclique sur l’espérance, le Pape Benoît XVI nous donnait l’exemple de saint Augustin, imitant notre Seigneur : « Le Christ est mort pour tous afin que les vivants n’aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur Lui, qui est mort et ressuscité pour eux” (2 Co 5, 15) ».[7] Le Christ est mort pour tous. Vivre pour saint Augustin signifie se laisser associer à son « être pour ». » [8]

Or cette liberté, cette noblesse d’âme, n’étant pas plus attribuable à un milieu qu’à un autre, aucun milieu en tant que tel ne peut la « conserver », sous peine de la réduire à une convenance pharisaïque. C’est-à-dire essentiellement factice et mensongère.

Car la noblesse d’âme s’apprend, se met en œuvre en un combat. Car toujours la recherche de nous-mêmes – nous voulons vivre par et pour nous-mêmes – vient diminuer la liberté. Impossible de se reposer sur nos lauriers, soient-ils un milieu : il nous faut sans cesse conquérir le Bien ! Benoît XVI nous explique : Puisque l’homme demeure toujours libre et que sa liberté est également toujours fragile, le règne du bien définitivement consolidé n’existera jamais en ce monde. Celui qui promet le monde meilleur qui durerait irrévocablement pour toujours fait une fausse promesse ; il ignore la liberté humaine. La liberté doit toujours de nouveau être conquise pour le bien. La libre adhésion au bien n’existe jamais simplement en soi. S’il y avait des structures qui fixaient de manière irrévocable une condition du monde déterminée – bonne –, la liberté de l’homme serait niée, et, pour cette raison, ce ne serait en définitive nullement des structures bonnes.[9]

Ce en quoi le principe des « rallyes » peut être considéré non seulement comme illusoire, mais comme mauvais en lui-même.

2. On juge un arbre à ses fruits.

Mus par la prétention sociale, les rallyes donnent des fruits de servitude mondaine. Combien de fois ai-je eu cet aveu du manque total de liberté dans les relations mondaines.

            Cette prétention sociale engendre une crainte qui consiste à enfermer les personnes sur leurs petits acquis. La crainte de voir des enfants avoir de mauvaises fréquentations ou de ne pas avoir de fréquentations ne devrait pas conduire à la nécessité de la mondanité – désespérance mortifère manifeste ! – comme si cela allait régler le problème : c’est tout le contraire, car la mondanité est à l’opposé de la vérité et de l’amitié. Il est « naturel » que les rallyes produisent des fruits de vanité : cela correspond à la nature de son principe.

La mondanité, fille des rallyes

Pour exister, l’esprit Évangélique, l’esprit de la grâce, et donc de la liberté véritable, a besoin d’être mis en œuvre. Cette dimension royale, qui nous est donnée parce que le Roi des rois s’est abaissé jusqu’à nous, cette noblesse chevaleresque, a besoin de vivre. Le scoutisme est né, s’opposant à la loi statique des droits acquis : le scoutisme est une conquête des vertus, ces forces intérieures qui nous permettent de penser et d’agir selon notre dignité, selon la volonté de Dieu. Il suffit cependant, pour rendre ridicule la plus belle des vertus, de la retourner sur elle-même. Un peu de flatterie et puis la crainte… et voilà l’oiseau en cage. Louis XIV avait compris cela, qui, pour neutraliser la noblesse du royaume, l’attira à la cour, et la flattant, la fit vivre pour elle-même, elle dont la vocation était de sacrifier – d’offrir – sa vie pour le bien de tous. La décomposition réussie de cette aristocratie vivant pour elle-même se retourna contre Louis XVI, qui lui doit sa décapitation.

Qu’est-ce qu’un « mondain » ?…

Par définition, le mondain est une personne attachée aux plaisirs du monde, à la vanité et à la futilité. Le mondain, ou la mondaine, ne vit qu’à travers les yeux d’un petit groupe de « personnes qui pensent pareil » et qui se prennent pour « des gens biens ». Il faut entendre : ce sont des personnes qui ont cessé de penser et qui sont tellement imbus de leur petite société qu’ils ont pour plus haute vertu le mépris des autres. Ils ne sont heureux que lorsqu’ils se vomissent les uns sur les autres leurs bavardages creux, superficiels, complaisants pour les présents et médisants pour les absents (c’est-à-dire qui se tiennent à plus de deux mètres d’eux).

Le mondain, s’il parle de Dieu, n’en fera jamais un absolu. Dieu passe après la soirée, c’est certain! Après eux-mêmes surtout. Le mondain a une peur bleue de la simplicité et de l’humilité de l’âme. Ayant perdu le sens véritable de l’honneur, il a rejeté toute sa noblesse d’âme dans les apparences. Il s’est vidé de sa substance. Ça se lit sur son visage.

Il est effrayant de lire cela dans les yeux d’adolescents que des parents conditionnent dans cette voie contre-nature. Qu’ils vous regardent comme un paquet de merde, passe. Mais le plus terrible, c’est l’ennui qui règne sur eux. L’ennui et le mensonge perpétuel du paraître camouflent l’incapacité d’être, tout simplement, comme Dieu veut que nous soyons.

Comment voulez-vous qu’un martyr naisse parmi cette race? L’amour y est forcément sentimental et vulgaire.

Les fruits de la mondanité selon Sainte Catherine de Sienne :

            Le mondain est comme un voleur qui m’a dérobé mon honneur, à Moi – c’est Dieu qui parle à sainte Catherine – son Créateur, pour se l’attribuer à lui-même. (…) Tout d’abord, le mondain me juge Moi, (…) il condamne tout, suivant son petit avis; et comme il a aveuglé lui-même l’œil de son intelligence, (…) il ne peut voir ni connaître la vérité. Puis, il entreprend de juger le prochain : source féconde de bien des maux! Le pauvre homme ne se connaît pas lui-même il n’en prétend pas moins connaître le cœur et les sentiments de la créature raisonnable. Pour une action qu’il verra, pour une parole qu’il entendra, il voudra juger de l’intention du cœur. (…) Que de fois ces faux jugements n’engendrent-ils pas la haine, l’homicide[10], l’envie du prochain, l’aversion pour la vertu de mes serviteurs. (…) Je dis que cet arbre a sept branches qui pendent à terre (…). Ces branches sont les sept péchés capitaux qui donnent naissance à tant d’autres, et sont rattachés à la souche commune de l’amour-propre et de l’orgueil.[11]

De la tartufferie…

            Si la courtoisie n’est pas animée par l’amour et le respect du prochain, elle devient vite pure convention et tourne au pharisaïsme. A fortiori lorsqu’elle est à géométrie variable, destinée à usage de caste – comme la pratique la « Marie-Chantal » du XVIème arrondissement, d’autant plus obséquieuse selon l’échelle sociale de son interlocuteur ! Ses gestes ne sont plus alors que simagrées, tartufferies, qui dissimulent mal la barbarie intérieure sous un vernis de «bonnes manières», aux antipodes de la transparence d’une Jeanne ou d’une Thérèse.[12]

Raymond de Lulle, en 1275, mettait déjà en garde contre ce détournement :  » … La chevalerie n’est pas tant dans le cheval que dans le chevalier. Et pour cela, le chevalier qui dresse bien son cheval mais donne à lui-même et à son fils de mauvaises coutumes et de mauvais enseignements, fait de lui-même et de son fils, si faire se peut, des bêtes et fait de son cheval un chevalier «  [13]. À bon entendeur, salut !

…des relations

Car les rallyes se fondent sur le simple regroupement d’adolescents en raison de leur milieu social. Il n’y a aucune visée éducative. Ils sont à un âge où l’on doit apprendre le sens des relations. Lesquelles ne sont pas seulement « convenances » sociales. Je ne rejette pas ces dernières, mais je dis que si l’âme n’est pas éduquée, ces convenances sont le pire des vernis. Cela s’appelle mensonge. Elles donnent l’illusion d’être « comme il faut » en retirant les moyens de voir ce qui ne va pas. Je parle en témoin de jeunes qui, tout en ne pouvant pas sortir – éclore – de ce vernis, étouffent. Certains (beaucoup !) y laissent leurs âmes. En effet, si ce n’est pas l’amitié, mais la seule mondanité (et avouons que c’est le cas des rallyes) qui meut les relations, quel jeune peut croître en maturité dans un tel climat ? En fait, c’est plutôt à une régression que l’on assiste. Cela se voit au comportement. Il serait trop long de développer les choses, mais ce qui est certain, c’est qu’il y a chez ces jeunes entre eux une perte de la liberté. Ils l’avouent eux-mêmes. Leurs relations de groupe sont fausses et personne n’ose sortir de cette situation pesante. Je parle là de ceux qui s’en rendent compte : quelle force d’âme !

Les relations garçons-filles

Concernant les relations garçons-filles, c’est un désastre. Là aussi, certaines exceptions s’en plaignent et me disent être les seuls à « résister ». Au prix de quel combat ?! En effet, les garçons ont leur « tableau de chasse » pour la soirée (oui ! pour la soirée !…). Comment leur en vouloir ? Ce sont les parents qui omettent (omission ? négligence ? inconscience ?…) la dimension éducative, le fondement de l’amitié. Cela vient sans doute qu’eux-mêmes appellent amitié la simple mondanité. Sinon ils sauraient que l’amitié est l’affaire de la vie humaine, qu’elle s’apprend et qu’elle nécessite une vraie éducation.

Les fruits de débauche et d’instabilité sentimentale y sont érigés en quasi vertus, du moins en « nécessité » : en effet, puisque le vernis – les apparences de bien – y est la loi suprême, la liberté dans la vérité y est bannie. Garçons et filles y sont là, livrés à eux-mêmes, sans qu’aucune connaissance d’eux-mêmes ne leur soit transmise par leurs aînés qui ne sont là que pour sauver les apparences. Alors allons-y franchement, « choppons » gaiement ! Vivre pour soi-même – en mondain – ou en homme libre selon la grâce, le choix est fait d’avance hélas. De telle sorte que les jeunes qui ont choisi la liberté de la grâce, refusent de fait l’esprit des rallyes. Ils ne les refusent donc pas parce qu’ils sont « coincés », mais justement parce qu’ils ont cette belle liberté intérieure qui leur permet un sain discernement.

Si donc les jeunes ne découvrent pas un jour, par miracle, la vanité de ces relations mondaines et le prix de l’amitié, de l’amour libre et mature, ils risquent de ne plus savoir aimer, ce qui peut causer de graves conséquences pour leur vie de couple. De cela aussi, je parle en témoin et non à partir de suppositions.

En attendant, ceux qui n’ont pas eu de relations sexuelles sont l’exception. Et il ne suffit pas de dire « pas mes enfants » pour résoudre le problème, car la majorité est écrasante et se dire « pas mon enfant » tout en le livrant à ce petit monde revient à lui dire que vous cautionnez de fait ces relations, même si vous lui dites que ce n’est pas ce qu’il faut faire ! Vous voyez quelle confusion vous infusez dans leurs esprits ? ! Or, la cohérence est le fondement de l’éducation.

Les filles souffrent de cette situation pour certaines qui sont prises pour des « coincées » (et je reste poli, car le vocabulaire pour les désigner est violent et vulgaire au plus haut point : étonnant pour des « bons petits gars ») si elles résistent. Les caractères forts ne se laisseront pas impressionner, les autres seront humiliées ou, « jouant le jeu », elles deviennent complètement superficielles en la matière. Là encore, je parle en témoin. Faites le compte : il n’est pas glorieux.

Les garçons sont des garçons, quel que soit le milieu. Leur maturité sexuelle est un enjeu pour toute leur vie. Le respect des femmes en est la clé. Or ils doivent l’apprendre : ce n’est pas une chose naturelle. Ce respect est sans aucun doute le signe de la grâce. Le Catholicisme en sait quelque chose, qui fait donc l’éloge de la femme (« la sentinelle de l’invisible », disait Jean-Paul II) alors que le penchant est d’en faire un objet.

Mettre des adolescents, garçons et filles, en situation de séduction réciproque tout en faisant semblant de croire que la vertu de chasteté sera sauve est, au mieux de la bêtise, au pire une forme subtile de perversion de ses propres enfants. C’est mettre à l’épreuve des âmes vulnérables, les charger d’un fardeau qui les écrasera à coup sûr. Aucun motif ne peut justifier une telle mise en danger des enfants que le Dieu confie aux parents

La sexualité devient activité ludique, presque incontournable, voire tacitement encouragée tant elle est préparée par le climat faussement classique (superficiel et bling-bling) des soirées. La séduction y est première : « plaire » avant tout ! Et on ne lésine pas sur les moyens… Il s’ensuit des effets dramatiques qui vont du dégoût de soi jusqu’à l’homicide lorsque l’union intime produit ce pour quoi elle existe : le don de la vie. L’avortement fera ici partie du mensonge mortifère des rallyes.

Les conséquences se reportent aussi plus tardivement, lorsque des garçons et des filles de 18 à 22 ans et même plus, en sont encore à « sortir ensemble » (et à coucher ensemble, cela va de soi, quoi de plus « naturel » !?…), entretenant par là des relations d’adolescents qui se cherchent, sans pouvoir sortir de cette adolescence, privés de la capacité à s’engager librement et définitivement dans l’amour conjugal.

« Mais nous surveillons ! » Dites-vous. Sachez qu’il ne sert à rien de surveiller si l’âme n’est pas éduquée.

Or éduquer implique des choix. Des choix préférant la réalité au mensonge. C’est lâcheté que de dire : « mais nos enfants doivent faire connaissance de personnes convenables. » Pour que ces personnes soient convenables, il faut d’abord les délivrer de la mentalité des rallyes. La mondanité est une lâcheté, une veulerie de l’âme qui fut toujours le signe certain de la décadence d’une société. Orchestrant cela, les parents se font les fossoyeurs des générations à venir.

            Hélas, je suis obligé de constater que l’aveuglement est le sport préféré des parents qui entretiennent leurs chérubins, dans la contre-sagesse, dans la fange des très nauséabonds rallyes mondains. Mais c’est chic, ça fait bien, on croit exister, et en plus on s’imagine faire partie de l’élite ! Belle illusion !… les apparences… En attendant, la décadence des âmes fait des ravages dans la bourgeoisie (à particule ou non).

Ne me dites pas que je manque de charité : c’est justement la charité qui me donne la force d’aborder ce sujet devant la violence des réactions de ceux qui sont concernés. Pour les autres, c’est un encouragement à ne pas succomber.

Du bobo-libéral au tradi-péchu…

Du bobo-libéral au tradi-péchu, tout ce petit monde se retrouve au rallye ! Je ne m’étendrai pas sur ce sujet cocasse : il suffit de relire Bernanos, Thibon et autres auteurs aussi libres que solides, pour comprendre qu’il n’y a là aucun paradoxe, mais que ce mélange ne fait que manifester un principe commun de décomposition.

 

3. Quelques questions et prétextes souvent posées

a. Mais il y a de « bons rallyes » !

Car enfin, certains rallyes « se tiennent » mieux que d’autres. Oui, sans doute, et grâce à de bonnes volontés. Mais cela ne suffit pas à en faire quelque chose de bon. Nous pouvons seulement dire que certain rallyes tentent de résistent à leur propre principe de décomposition… Ce n’est pas la bonne volonté des membres qui fait que le principe des rallyes est bon ou mauvais. Il n’y a pas de « bon rallye », puisque le principe est mauvais. Le principe des rallyes est mauvais en lui-même, puisqu’il ne vise qu’à la conservation d’acquis sociaux et qu’il ne garde de la noblesse que la dimension mondaine, c’est-à-dire sa décomposition ! Ce principe ne peut conduire qu’à décadente des rallyes mondains.

            « Saint Jérôme a dit « Je ne vois rien à ambitionner dans la noblesse, sinon l’obligation qu’elle impose de ne pas dégénérer de la probité de ses ancêtres. »[14] Or, en ne gardant que les apparences d’une bonne éducation, oubliant l’esprit de cette éducation, ses vertus, en ne cherchant à garder que la courtoisie, sans les qualités d’âme de cette courtoisie, la dégénérescence est nécessaire. Les rallyes fonctionnant sur les apparences, la décadence y est une conséquence nécessaire. La veulerie est la première de toutes. S’ensuivent toutes sortes de décompositions de l’intelligence et de la volonté, et enfin des mœurs… Cette dégénérescence est l’œuvre directe des rallyes, son propre corollaire.

b. La solution n’est-elle pas de compléter les rallyes par le scoutisme ?

Le scoutisme bien vécu, a pour but d’unir des jeunes non sur un principe de « milieux », mais sur la vertu chevaleresque. Il prend donc les moyens en vue de cette fin : la noblesse d’âme. C’est-à-dire l’honneur et le dévouement, le don de sa vie à ses frères, le sens de l’honneur (dignité de la personne et non l’orgueil d’un milieu social), le service et l’amour des petits et des faibles.

Les « rallyes » regroupent des jeunes gens selon un milieu par crainte de perdre biens et pouvoir (indissociables) : leur modèle évangélique préféré est celui d’Hérode lorsque les Mages venus d’orient lui posèrent la question de savoir ou était né l’Enfant.

Nous entendons dire parfois qu’ils se complètent… allez comprendre ! Leur but respectifs et leurs moyens sont opposés. Il ne s’agit pas ici de complémentarité car – l’expression est forte, mais elle permet de comprendre – la maison close ne peut pas être complémentaire (!) de la maison familiale…       En attendant, « l’esprit » des rallyes corrompt l’esprit de bien des patrouilles des scouts et des guides, lorsque CP et seconds sont préoccupés de leurs soirées et des ragots mondains… Combien de jeunes guides et de jeunes scouts ont arrêté le scoutisme parce que précisément ils venaient y chercher l’esprit scout et qu’ils y ont découvert des mondains ?

Entre une « soirée rallye » et une nuit sous la tente, le choix est quasi systématiquement celui du rallye : priorité oblige !

On se donne bonne conscience en envoyant ses enfants faire du scoutisme, comme si c’était conciliable. C’est inconciliable. Le scoutisme souffre énormément de la « mentalité rallyes ». Ils s’opposent de manière radicale. Le scoutisme est chemin de liberté (pour reprendre un titre bien connu), alors que les rallyes enferment dans les apparences. Il y a un choix à faire.

c. Des excuses pittoresques

Certains parents cherchent des excuses là où ils peuvent : « nous préférons que nos enfants aillent danser dans un rallye plutôt que dans une boîte de nuit ». Tout d’abord, l’un n’empêche pas l’autre. Les adeptes des rallyes le sont aussi souvent des « boîtes ».

J’ai pu constater, un vendredi de la Passion (précédant une Semaine Sainte), que des parents n’étaient pas du tout gênés d’organiser une soirée rallye ayant pour thème : « bas résille et open bar ». M’y étant rendu avec quelques étudiants sains d’esprit, nous avons pu constater que la soirée n’avait rien à envier à une boîte de nuit. La honte affligeait les âmes aux regards fuyants des jeunes ainsi affublés. Les parents seuls étaient en colère de notre présence pourtant seulement extérieure. Nous étions restés dans la rue, mais il est vrai que simple fait d’être là avait provoqué un malaise chez ces chérubins de bonnes familles. Leur malaise révélait encore un reste de santé d’âme, alors que la réaction des parents manifestait un état comparable à l’alcoolique capable d’une fureur irrationnelle s’il n’a pas sa bouteille. Comment voulez-vous entendre les excuses de parents qui infligent à leurs enfants une telle humiliation à grands frais ? L’excuse de cette soirée, son prétexte ? Une récolte de fonds pour une bonne œuvre… Je vous laisse méditer…

Ce qui m’étonne, dans ces excuses, c’est qu’elles présentent les rallyes comme un moindre mal. Mais alors, pourquoi les défendre avec autant de hargne, et pourquoi ne pas imaginer une proposition qui serait bonne ? Les rallyes ne sont pas une réponse à des maux possibles, mais l’enrobage d’une pourriture intérieure. Dans l’Évangile, le Fils de Dieu nomme cela « hypocrisie », dont ces « sépulcres blanchis » de pharisiens sont l’incarnation. Ces excuses sont du même ordre.

Le prétexte des « mauvaises fréquentations » évitées à vos chers petits est elle aussi factice. L’expérience montre qu’il y a une proportion de personnes saines d’esprit plus importante hors des rallyes que dans les rallyes. Rencontrer des personnes saines est le fait de la vertu et non d’un « entrisme ». L’entrisme est en général un principe de dégénérescence. La mauvaise foi fait ce qu’elle peut !

Les parents ont le légitime souci des relations de leurs enfants, et donc aussi de leur donner les moyens de ces bonnes relations en éclairant de temps à autre leur discernement si besoin était. La confiance est aussi une vertu de l’éducation. Tout cela suppose que ces mêmes parents ne confondent pas, pour eux-mêmes, amitié et relations mondaines. Il y a là une conversion personnelle en vue d’un plus grand bien : la diffusion de la vérité dans les relations familiales et amicales.

Pour conclure

Les jeunes  ne sont pas directement coupables. Certes, ils se rendent souvent puants aux yeux des autres à cause de leur comportement méprisant et superficiel. Mais ce n’est pas là la vérité de ce qu’ils sont. J’en appelle seulement à leur réveil humain et spirituel, à celui de leur véritable honneur.

Envers ceux les parents qui se font les hérauts des rallyes, j’éprouve une profonde pitié que je ne peux qu’exprimer avec une fermeté totale.

En plus d’une bonne dose de vérité, ce qu’il faut, pour être libre et transmettre le sens de l’honneur à vos enfants, ce qu’il faut actuellement plus que jamais, c’est du courage.

Courage de faire croître ce qu’il y a de meilleur chez les jeunes. Car ils en sont capables.

Courage de ne pas se laisser impressionner par la chape de nécessité qu’imposent les rallyes à votre esprit.

Courage de faire autre chose.

Courage de refuser l’illusion.

Courage de la vérité.

Courage d’être des parents.

Père Michaël Bretéché.

Notes

[1] Saint Thomas d’Aquin. De l’éducation des princes. chap. IV: Erreurs à l’égard des idées de noblesse.

[2] Livre I, Chap. V: De la vraie noblesse.

[3] P. Sevin. Le Scoutisme. Spes 1933 p. 43

[4] P. Forestier. L’esprit du Scoutisme. Le Chef n° 185 nov. 1941 p. 8 à 11

[5] Je cite là le très bon passage sur la question du « Livre d’Hermine » p. 64 s.

[6] Cf. Gal 5, 13

[7] Confessions X, 43, 70.

[8] Benoît XVI, Encyclique Spe Salvi, n° 28.

[9] Benoît XVI, Encyclique Spe Salvi, n° 24 b.

[10] Ne serait-ce que par la médisance…

[11] Sainte Catherine de Sienne, Dialogue 93

[12] « Livre d’Hermine » p. 64 s.

[13] Le livre de l’ordre de la Chevalerie ch. VI p. 73

[14] In saint Thomas, de l’éducation des princes.

Le Reiki

Parmi les « nouvelles techniques thérapeutiques » ayant recours aux principes taoïstes, une des plus connues et vulgarisées est le Reiki. On peut la prendre comme modèle de médecine alternative énergétique fondée sur les principes de la philosophie chinoise et japonaise.

Table des matières : 1. La naissance du Reiki — 2. La force universelle de vie — 3. Les initiation — 4. Un projet théurgique — 5. Vers un discernement — 6. La position des évêques américains (2009) — 7. Quelques documents et témoignages — 8. Quelques définitions du reiki donnés par des praticiens de la Sarthe.

1. La naissance du Reiki [1]

Mikao Usui (1864-1926) était professeur de théologie et prêtre chrétien japonais, né le 15 août 1864. Il dirigeait la petite université de Doshiha à Kyoto, au Japon. Un jour un de ses étudiants lui demanda de lui faire voir les miracles accomplis autrefois par Jésus. M. Usui ne put répondre à la demande, mais de ce jour, il s’intéressa à la question et chercha à découvrir sur quoi se fondaient les miracles accomplis par Notre Seigneur. Il reprit même des études à Chicago, apprit l’hébreu et le grec pour étudier les textes dans leur langue originelle, mais il ne parvint pas à découvrir comment Jésus opérait ses miracles.

Découragé, il rentra au Japon ; il lui restait cependant une ressource : il consulta les textes bouddhistes, car Bouddha avait lui aussi semble-t-il un pouvoir de guérison. La légende nous dit que M. Usui étudia le sanskrit pour lire les textes du bouddha dans la langue originelle. Enfin ses efforts assidus furent couronnés de succès : il découvrit des notes qu’un disciple du Bouddha avait prises, et qui décrivaient comment le Bouddha guérissait.

Or le document présentait une série de symboles, qu’Usui ne savait comment utiliser. Il décida d’entreprendre une retraite de vingt et un jours sur le mont Kurama, trois semaines pendant lesquels il jeûnerait, méditerait et invoquerait la force divine. Au terme de cette retraite, le vingt et unième jour, il vit fondre sur lui une boule de lumière d’une intensité indescriptible, et tomba dans une transe profonde. Des milliers de bulles multicolores se mirent à danser devant ses yeux. Il vit que certaines d’entre elles étaient translucides et renfermaient les symboles qu’il avait découverts dans les manuscrits. Immédiatement, il sut intuitivement ce que signifiaient ces symboles et comment les utiliser.

La vie et le savoir du Maître se transmirent oralement jusqu’en 1982, date à laquelle remontent les premières publications concernant le Reiki.

 

2. La Force universelle de vie

Reiki est un mot japonais qui désigne à la fois une force — la force universelle de vie -, un savoir, issu de la connaissance initiatique de cette force, et un ensemble de techniques concernant la transmission de cette force. Il s’agit d’un terme d’origine shintoïste, qui désigne quelque chose qu’on ne voit pas mais que l’on sent. Nous sommes donc dans le domaine de la perception subtile et de l’intuition.

Reiki est l’énergie non pas personnelle, mais l’énergie-lumière, vitale, pure, une, en tant qu’énergie cosmique. Les premiers disciples du Dr Mikao Usui ont traduit Reiki par « force universelle de vie ». Le Reiki correspond donc au T’Chi chinois, au prâna hindou. On peut même trouver dans la série des analogies : l’Esprit Saint chez les chrétiens ! Ce qui nous met d’emblée au cœur de la confusion entre la nature et la grâce, confusion récurrente dans le contexte naturaliste où se développe le Reiki. Niant la transcendance du Dieu personnel judéo-chrétien, les différents naturalistes divinisent en effet les énergies créées, immanentes à ce monde, et ignorent tout de la grâce surnaturelle, proprement divine.

Les tenants du Reiki font le parallèle entre le début du livre de la Genèse, et la doctrine shintoïste, selon laquelle au début était la force originelle t’chi, qui s’est manifestée sous forme de son, et a créé le monde dans lequel nous vivons. Selon cette doctrine, tous les êtres seraient des manifestations de la force divine (émanationnisme). Plus nous nous ouvrons à elle, plus nous nous immergeons dans la vie cosmique. Le Reiki dispose précisément de plusieurs moyens permettant de canaliser l’énergie-lumière sur le corps physique, mental et spirituel d’une personne.

La personne qui s’initie au Reiki se laisse remplir de cette énergie et devient un canal de transmission de cette même énergie. La force et le cheminement du courant d’énergie dépendant totalement des besoins du récepteur.

L’énergie elle-même, dotée d’une intelligence plus vaste que la nôtre, sait ce dont le récepteur a besoin. Le Reiki est sensé guérir tous les niveaux de l’être : physique, mental, spirituel ; il se rattache explicitement au courant de pensée holistique qui caractérise le Nouvel Age.

Le Reiki nous dit-on, est aussi un moyen très efficace de se vider de toute pensée et de communier dans l’ici et le maintenant avec ce qui est « un ». L’adepte se met en état de médiumnité pour recevoir le Reiki, puis lorsqu’il le transmet, il infuse cet état de médiumnité à celui qui en « bénéficie », le préparant ainsi à devenir à son tour transmetteur du Reiki. C’est dans cet état de médiumnité que l’adepte devient réceptif aux entités du monde occulte, et qui sont les véritables agents des effets obtenus par la pratique du Reiki.

Ce mystérieux pouvoir de se donner et de transmettre aux autres l’énergie universelle, est transmis au cours de plusieurs initiations successives, au cours desquelles la personne reçoit non seulement une connaissance supplémentaire, mais surtout une imposition des mains de la part d’un initié supérieur. Cette opération magique met l’adepte en contact avec l’entité astrale qui collabore avec le Maître. Celui-ci transmet donc à l’adepte non seulement le Reiki et le pouvoir de le communiquer à son tour, mais il le met également en « lien » avec l’esprit occulte qui lui fournira désormais ses pouvoirs.

 

3. Les initiations

Le transmetteur de cette énergie cosmique doit se retirer en tant qu’individu, volonté, énergie personnelle, et devenir un bambou vide (état de médiumnité), un canal dans lequel pourra se déverser l’énergie de vie — ajoutons : et par lequel pourront librement agir les esprits du monde astral qu’il aura invoqué.

Les symboles du Reiki permettent de se « brancher » sur la fréquence de la fameuse énergie. Ces symboles se transmettent par voie orale, au cours du rite d’initiation au cours duquel l’adepte peut expérimenter l’énergie invoquée. Chacun de ces symboles correspond à un « esprit » particulier. L’utilisation du symbole dans le contexte d’un rituel approprié équivaut à une invocation de la dite entité.

L’initiateur ouvre un canal sur le sommet de la tête et dans les mains de l’adepte. L’énergie Reiki peut ainsi se déverser dans le corps par le sommet du crâne et se diriger vers les mains par lesquelles elle peut à nouveau se déverser dans un organisme — celui de l’adepte ou celui de quelqu’un d’autre. Ce canal demeure toujours réservé à cette seule énergie qui coule toujours dans le même sens.

« Vous tenez entre vos mains le pouvoir de « guérir », c’est-à-dire de rétablir l’équilibre et l’harmonie dans n’importe quel organisme humain ou non, le vôtre, celui de vos proches, de vos plantes, de vos animaux domestiques, mais aussi de n’importe quel organisme abstrait dans le sens d’ensemble organisé tel que la famille, le groupe de collègues, etc. »

Le système du Dr Usui prévoit trois degrés d’initiation.

1- Le premier consiste à ouvrir le canal par quatre initiations successives. Puis le maître vous montre comment poser les mains sur votre corps et sur le corps d’une autre personne. Avec la quatrième initiation qui a lieu en fin de week-end, le processus de nettoyage est en principe terminé, le canal est scellé et vous repartez avec ce nouveau trésor qui demeurera avec vous pour le restant de votre vie.

Après le week-end, il est bon de pratiquer aussi souvent que possible, car plus on donne du Reiki, plus l’énergie coule abondamment en nous. L’énergie s’intensifie dans la mesure où nous l’utilisons.

2- Le maître discerne qui est admissible à la seconde initiation. Le second degré prévoit deux initiations ainsi que l’apprentissage de clefs pour :

– augmenter l’efficacité des traitements ;

– intensifier le flux d’énergie ;

– effectuer des traitements mentaux et des traitements à distance.

L’explication suivante concernant cette seconde initiation, introduit aux fameuses « entités » annoncées :

« Lorsque l’initié aura suffisamment progressé, quand ses organes occultes auront pris forme, il faudra alors imprimer dans le corps éthérique ce qui avait été modelé dans le corps astral par la première initiation. Ce sera le second pas de l’initiation, celui que j’appellerai « illumination » : un monde spirituel apparaît alors autour de l’homme. Un monde caractéristique, car ce qui se passe dans le monde spirituel ne s’exprime pas comme le font les choses physiques, mais uniquement en images, en symboles, qu’il faudra déchiffrer, comprendre. Puis viendront les sonorités perceptibles à l’oreille spirituelle. Puis viendront les êtres spirituels, discrets tout d’abord, furtifs. Enfin, l’initié aura accès à la vie de ces êtres, c’est-à-dire à tout un égrégore dans lequel il pourra puiser une connaissance absolue. »

Ce commentaire affirme donc clairement que le but des initiations est de mettre l’adepte toujours plus explicitement en communication avec les « êtres spirituels » qu’il découvre progressivement, car ce sont eux qui communiquent à l’adepte ses pouvoirs. L’ensemble de la présentation permet d’identifier sans aucune hésitation ces fameux « êtres spirituels » : il s’agit d’entités du monde astral, que la tradition chrétienne classe parmi les esprits diaboliques.

3- Le troisième degré donne la capacité de donner des initiations, après avoir assisté un maître durant quelque temps. Il est même possible de recevoir une initiation à distance. L’explication donnée est tout à fait cohérente et intéressante :

« Comment fonctionne une initiation à distance ? Exactement comme une initiation sur place, en effet toutes les initiations se passent dans l’astral, et le maître qui initie en respectant un rituel précis approprié, n’est qu’un relais entre le monde physique et l’astral. »

4. Un projet théurgique

La plupart des écoles initiatiques contemporaines adoptent la terminologie du Tantrisme, et expliquent l’accès aux états modifiés de conscience en termes d’ouverture des chakras et action des mantras. Le Reiki ne fait pas exception :

« L’initiation produit des effets précis, tels que l’élévation du feu sacré de la base de l’épine dorsale vers celui des centres qui sera l’objet d’une attention particulière : le cinquième, le sixième ou le septième chakra. Ce chakra sera alors intensifié, et verra sa vitesse rotatoire augmentée. Le maître prononce alors « le mot », ou « la phrase » correspondant à ce degré d’initiation, et la force est ainsi précipitée vers les centres psychiques de l’initié, pour être absorbée par les centres éthériques. »

De même l’imposition des mains sur les patients se fait au niveau des chakras.

L’initiation est supposée mettre l’adepte en contact direct avec l’agent universel, dont il pourra désormais disposer ; plus exactement : dont il pourra désormais solliciter la collaboration.

L’omnipotence de l’initié peut ainsi être considérée par analogie, comme une sorte de reflet de l’omnipotence divine, par fusion avec la Force divine immanente à la nature.

Le document traitant du Reiki confirme la finalité des initiations successives :

« Le but de tout cela ? Devenir le « Je suis », nom de l’entité divine, du principe christique de l’homme, de l’entité dont il ressent en lui une goutte, une étincelle, quand il peut dire quand on lui demande « qui es-tu ? » et qu’il peut répondre « je suis ! » »

Le Reiki se situe donc bien dans la perspective théurgique — auto-divinisation de l’homme — que nous retrouvons dans les doctrines ésotérique et occulte. Ce qui n’empêche pas les tenants du Reiki d’affirmer :

« Le Reiki n’est pas une religion, il ne repose sur aucun dogme ou doctrine, il n’est en fait qu’une très ancienne science curative, tombée dans l’oubli depuis des millénaires, et que le Dr. Usui redécouvrit dans l’ésotérisme des soutra tibétains. »

5. Vers un discernement

Ce bref aperçu suffit pour se convaincre que le Reiki est une pratique occulte, qui se fonde sur les grands principes de la magie :

– invocation des esprits du monde astral dans le but d’exercer avec leur collaboration des pouvoirs thaumaturgiques,

– sur l’horizon d’un mysticisme naturaliste prétendant que l’homme est une émanation de l’énergie divine omniprésente et

– qu’il peut dès lors prétendre à l’omniscience et omnipotence divine ; il lui suffit pour cela d’acquérir la maîtrise de l’énergie dans laquelle il est immergé et dont les initiations successives lui font prendre conscience.

Inutile de préciser qu’il est impossible de concilier une telle pratique magique,

– qui nie la transcendance divine ;

– qui affirme la divinité naturelle de l’homme, et rend ainsi inutile tout recours à un Sauveur ;

– dont l’efficacité se fonde tout entière sur une alliance avec les esprits des ténèbres, contactés au cours d’un rituel initiatique occulte,

avec une vie chrétienne qui se veut fidèle à la Révélation (Écriture, Tradition, Magistère).

Il n’est pas étonnant non plus que ce genre de pratiques, qui tirent leur « efficacité » de la collaboration avec les esprits des ténèbres, conduisent à moyen ou long terme, à différentes formes d’aliénation — psychique ou spirituelle.

 

6. La position des évêques américains[2]

La pénétration du reiki dans les centres spirituels et les institutions de soins catholiques, a amené les évêques américains à réagir par une prise de position publiée en 2009, « Lignes directrices pour l’évaluation du Reiki en tant que thérapie alternative ». Le texte, élaboré par le Comité doctrinal de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB), présidé par Mgr William Lori, évêque de Bridgeport, Connecticut, a été approuvé vendredi par le Conseil d’administration.

« Le Reiki, une médecine alternative japonaise, manque de crédibilité scientifique et n’est pas compatible avec la foi chrétienne ; il ne peut donc être accepté dans les institutions de soins de santé catholiques ».

D’après ce document, « l’Église reconnaît deux types de guérison : la guérison par la grâce divine et la guérison qui recourt aux pouvoirs de la Nature ». Ces deux types de guérison « ne s’excluent pas l’un l’autre ». Toutefois, précise le document, le Reiki « ne s’appuie en aucun cas sur les découvertes de la science naturelle ou sur la foi au Christ ».

Le rapport indique que le Reiki est une technique de guérison « inventée au Japon vers la fin du XIXe siècle par Mikao Usui, qui étudiait alors les textes bouddhistes ».

« Selon l’enseignement du Reiki, — poursuit le document — la maladie est causée par certains types de troubles ou de déséquilibres dans notre ‘énergie vitale’. Un thérapeute de Reiki opère la guérison en imposant la ou les mains dans certaines positions sur le corps du patient, afin de faciliter la transmission du Reiki, l’ ‘énergie vitale universelle’, du thérapeute au patient. »

Guérison spirituelle

La thérapie, est-il expliqué plus loin, revêt plusieurs aspects d’une religion ; elle est « décrite comme un type de guérison spirituelle » avec ses propres préceptes éthiques ou « mode de vie ». Le Reiki « n’a pas été reconnu par les communautés scientifiques et médicales comme une thérapie efficace », est-il noté dans les Lignes directrices. « Des études scientifiques dignes de foi attestant l’efficacité du Reiki font défaut, de même qu’une explication scientifique plausible quant à son éventuelle efficacité ».

La foi non plus ne peut être à la base de cette thérapie, ont affirmé les évêques, car le Reiki se différencie de la « guérison divine telle que les chrétiens la connaissent ». Comme ils l’ont expliqué, « la différence radicale, qui saute aux yeux, tient au fait que, pour le praticien Reiki, le pouvoir de guérison est mis à la disposition de l’homme ». Alors que, « pour les chrétiens, l’accès à la guérison divine se fait par la prière au Christ, Seigneur et Sauveur », le Reiki est une technique qui se transmet du « maître » à élève, une méthode qui, maîtrisée, « produira de façon fiable les résultats escomptés ».

Des problèmes insolubles

Le texte énonce que « pour un catholique, croire à la thérapie du Reiki présente des problèmes insolubles. En matière de soins concernant sa propre santé physique ou celle d’autrui, utiliser une technique qui n’a pas de base scientifique — voire même de plausibilité — n’est généralement pas prudent ».

Au niveau spirituel, le document prévient : « il existe des risques importants ». Et d’expliquer : « Pour pratiquer le Reiki, on devrait admettre, au moins de façon implicite, certains éléments essentiels d’une vision du monde sous-tendant la théorie du Reiki, éléments qui n’appartiennent ni à la foi chrétienne ni à la science naturelle. Mais, sans justification venant soit de la foi chrétienne soit de la science naturelle, un catholique qui met sa confiance dans le Reiki opérerait dans le royaume de la superstition, le no man’s land qui n’est ni la foi ni la science ».

Le document conclut : « Puisque la thérapie du Reiki n’est compatible ni avec l’enseignement chrétien ni avec les preuves scientifiques, il serait inapproprié pour les institutions catholiques, tels que les établissements médicaux et centres de retraite, ou pour les personnes représentant l’Église, comme les aumôniers catholiques, de promouvoir ou de soutenir la thérapie du Reiki ».

7. Quelques documents et témoignages

* Estelle Ivanez et Christian Mortier, Abus, dérives, et non professionnalisme dans la pratique du Reiki, Publié par la Fédération Française de Reiki Traditionnel, 2012.[3]

* Mon aventure avec le reiki [4] (témoignage d’une personne chrétienne qui s’en est éloignée)

* Ma déception fut grande [5] (à propos du buisness autour du Reiki)

* Appel de détresse devant la manifestation de la kundalini [6]

* Le reiki consite à invoquer les démons avec des signes japonais [7] (témoignage d’Eduardo)

Le reiki, comme le spiritisme, ouvre une porte aux esprits.

 

8. Quelques définitions du Reiki données par des praticiens dans la Sarthe

Jean-Jacques Daret

https://www.lelabo-ecoute-communication.fr/activites/activites-individuelles/reiki-jjd/

Sylvie Haag

http://www.reiki-domotherapie.fr/index.php?page=reiki

Laure Boutillier

Soins http://etresonessentiel.fr/pages/reiki_soin.html

Initiation http://etresonessentiel.fr/pages/reiki_initiation.html

Christophe Tissier

HYPERLINK « http://www.magnetiseur-france.fr/initiations-reiki-le-mans-sarthe.html » \l « initiationreiki »

On voit que ces définitions du reiki n’ont pas grand-chose à voir avec l’analyse qui a été faite, et masque totalement les risques graves pour les « consultants ».

D. Auzenet

Notes

[1] Les points 1 à 5 de cet exposé proviennnent du site internet du P. Verlinde

HYPERLINK « https://final-age.net/2006/03/le-reiki/ »

Je recommande son petit livre sur le Reiki http://www.editionsbenedictines.com/livre-Le_reiki-82-1-1-0-1.html

[2] Le document en anglais est accessible ici : http://www.usccb.org/search.cfm?q=reiki

[3] http://www.le-reiki.org/wp-content/uploads/2015/07/Publication_reiki_FFRT-2012.pdf

[4] http://sosdiscernement.org/alpha/R/reiki/mon_aventure.pdf

[5] http://sosdiscernement.org/alpha/R/reiki/ma_deception.pdf

[6] http://sosdiscernement.org/alpha/R/reiki/montee_kundalini.pdf

[7] http://sosdiscernement.org/alpha/R/reiki/eduardo_demons.pdf

La Méditation Transcendantale

Technique mentale de relaxation, la Méditation Transcendantale (MT) a donné son nom à une puissante organisation internationale présente dans plusieurs dizaines de pays à travers de nombreuses structures, et dont la promotion est de plus en plus souvent assurée par les médias, mais aussi par des personnalités connues, dont il n’est pas interdit de se demander s’ils connaissent vraiment le mouvement.

Dans la revue BULLES, n° 136, 2017, pp. 14-20

Historique

Mahesh Prasad Wama (1917 ou 18-2008), plus connu sous le nom de Maharishi Mahesh Yogi est né en Inde. En 1940, après des études de physique à l’université d’Allahabad, il se tourne vers l’enseignement spirituel et devient disciple de Swami Brahmananda Saravasti Maharaj, alias guru Dev, leader spirituel d’un monastère. Après la mort de ce dernier, en 1953, Mahesh Prasad Wama entreprend de diffuser le savoir de son Maître lors de rassemblements dans divers endroits du sud de l’Inde. Il y enseigne une méthode simple et accessible à tous en vue d’atteindre le « Nirvana instantané ». Rapidement il forme le projet (pour le moins) ambitieux d’« ouvrir les portes de l’illumination à chaque individu et amener l’invincibilité, la paix, la prospérité et le bonheur à tous les pays ». En 1958, il prend le titre de Maharishi[1] et lance en Inde le Spiritual Regeneration Movement, « Mouvement pour la régénération spirituelle » dont l’objectif est la diffusion de cette méthode de méditation, qui serait issue d’une lignée de maîtres et qu’il aurait redécouverte.

En Inde, Maharishi ne suscite pas l’enthousiasme et, à partir de 1959, le mouvement s’internationalise avec des activités aux États-Unis et en Grande-Bretagne, puis des tournées mondiales de Maharishi, l’ouverture de centres locaux et la formation des premiers instructeurs de Méditation Transcendantale. À travers la création, aux États-Unis en 1966, d’une association s’adressant plus spécialement à la population universitaire, l’intérêt pour la méthode grandit. Le soutien de célébrités du monde du spectacle (les Beatles surtout) contribue au succès d’une pratique qui, adaptée à l’Occident, s’apparente à une technique de mieux-être dotée de vertus thérapeutiques.

En 1969, Maharishi commence à former des enseignants de MT, à Seelisberg (Suisse), nouveau siège mondial du mouvement. Il inaugure un cours de Science de l’Intelligence Créative. Les années 1970 voient le développement mondial du groupe et la création de sa propre université à Fairfield (Iowa), la Maharishi International University (MIU), devenue la Maharishi University of Management (MUM). En Europe le mouvement ouvre des centres dans plusieurs pays, dont le Maharishi European Research University (MERU) à Seelisberg (aujourd’hui au Pays-Bas).

En 1972, Maharishi annonce son Plan mondial pour « l’âge de l’illumination » et constitue le World Plan Executive Council pour mettre en œuvre son projet de résoudre au cours de cette génération les problèmes séculaires de l’humanité en créant dans le monde entier un centre de MT par million d’habitants.

Dans les années 1980-1990, plusieurs opérations contribuent à faire connaître les ambitions du mouvement comme la réunion, en 1984, de 7 000 adeptes rassemblés à la MIU de Fairfield pour une méditation de masse en vue de réduire crimes et accidents, faire remonter la Bourse et alléger les tensions mondiales ; ou l’offre faite au Président Bush d’engager 7 000 méditants « dans l’armée ou autre part » pour ramener les otages détenus au Moyen-Orient.

Fondé en 1992 sur la « Loi naturelle » redécouverte par Maharishi, le Natural Law Party préconisait l’utilisation des techniques de la MT et du programme TM-Sidhi (vol yogique) pour réduire ou éliminer les problèmes dans la société. En France, les candidats de ce Parti de la Loi Naturelle ont participé à quatre élections entre 1993 et 1999.

En 2000, Maharishi proclame l’établissement du Pays Mondial de la Paix sur Terre (Global Country of World Peace ou GCWP) « pour créer la paix globale du monde en unifiant toutes les nations dans le bonheur, la prospérité, l’invincibilité et la santé parfaite, tout en soutenant la riche diversité de notre famille mondiale. » Pays virtuel sans territoire ni frontières[2], le GCWP englobe l’ensemble des initiatives liées à la « totalité de la loi naturelle ». Tony Nader est nommé Maharaja Adhiraj Rajaraam, premier souverain régnant.

Maharishi est décédé le 5 février 2008 à Vlodrop (Pays-Bas), ses funérailles se sont déroulées dans son ashram d’Allahabad, en Inde, en présence d’autorités de l’État.

En soixante ans, la technique de base a été enseignée à des millions de personnes à travers le monde, le mouvement a initié de multiples programmes basés sur l’interprétation par Maharishi des traditions védiques, ouvert des centres, des écoles, des universités et des entreprises aux États-Unis, en Europe et en Inde.

Doctrine et pratique

Principes

Ni religion, ni philosophie, ni mode de vie, la Méditation Transcendantale se présente comme une « technique permettant à tout homme d’harmoniser sa vie spirituelle intérieure avec les splendeurs de la vie matérielle extérieure et de trouver Dieu en lui-même »[3].

Les principaux éléments théoriques de la pensée de Maharishi, contenus dans ses écrits, constituent la Science de l’Intelligence Créatrice, qui réunit la « Science védique » (selon Maharishi) et la science moderne. Toutes les manifestations, y compris les pensées, ont une même source : l’Être pur, aussi nommé absolu, ou champ unifié de la Loi naturelle (en référence à la science physique). L’homme qui n’a pas de contact direct avec l’Être vit de manière superficielle et son potentiel n’est pas utilisé de manière optimale.

Selon Maharishi, la MT est l’instrument qui va lui permettre de faire l’expérience de l’Être : la technique, par l’état de détente qu’elle procurerait, permettrait à l’esprit d’atteindre progressivement la Source d’une pensée, « le domaine de l’Être ». Un tel contact régulier lui permet d’accéder à un quatrième état de conscience (au-delà des états de veille, sommeil et rêve) : la conscience transcendantale ou conscience pure. Des niveaux de consciences supérieurs, la conscience cosmique, la conscience cosmique raffinée et la conscience-unité (stade de l’illumination) pourraient être ensuite atteints.

Pratique

Tout le monde peut pratiquer la MT quel que soit son âge (technique adaptée pour les jeunes enfants). Différente de toutes les autres méditations, la méthode est apprise auprès de « professeurs qualifiés qui enseignent de la même manière systématique depuis des millénaires (sic) ».

L’apprentissage de la MT suit une procédure normalisée, en sept étapes réparties sur quelques jours, le cours durant au total environ neuf heures. Strictement individuelle, l’instruction personnelle au cours de laquelle est enseignée la technique elle-même est en fait une cérémonie rituelle (puja) d’initiation au cours de laquelle l’instructeur récite un texte en sanskrit puis remet au nouvel initié un mantra spécialement choisi pour lui, en lui indiquant comment l’utiliser.

Le contenu de ce cours est confidentiel ainsi que te mantra remis par le professeur, celui qui le reçoit s’engage à ne pas le révéler. La MT ne peut être transmise qu’à travers ce processus très normalisé : « C’est une pratique très spécialisée et délicate. Il est important qu’elle soit apprise uniquement d’un professeur autorisé relevant d’un Centre du Plan Mondial », dit Maharishi. Cet apprentissage coûte 890 € (450 € pour les étudiants)[4].

Après cette initiation, la MT se pratique matin et soir pendant 15 à 20 minutes, les yeux fermés. Un suivi de plusieurs mois est proposé et encouragé, pour contrôler que la méditation est correctement pratiquée.

La formation de professeur se déroule sur plusieurs mois de façon continue, son prix (élevé) dépend de l’endroit où elle s’effectue.

Selon le mouvement, la pratique régulière procure de multiples bienfaits sur le plan personnel : gestion du stress, amélioration de la santé, développement de la mémoire, de la concentration et de la créativité, meilleures relations professionnelles. Mais la MT aurait aussi des effets bénéfiques sur le plan collectif, grâce à l’Effet Maharishi mis en avant par l’organisation : la pratique de la Méditation Transcendantale par un nombre suffisant de personnes (plus de 1 % de la population d’une ville, par exemple) permettrait de diminuer le nombre de crimes, d’accidents et de maladies.

Introduit en 1976 comme une « technique avancée », le programme TM-Sidhi, comprenant le vol yogique (Yogic Flying), améliorerait la santé et la réflexion grâce à la purification du système nerveux. Sa pratique collective par un groupe de personnes supérieur à la racine carrée de 1 % de la population considérée, produirait l’Effet Maharishi étendu, en diminuant sur la région les tendances négatives (conflits, terrorisme…) et renforçant les tendances positives grâce à la « cohérence dans la conscience collective »[5].

Le mouvement met en avant de très nombreuses études sur les effets bénéfiques de ces pratiques, mais selon l’Académie Royale de Médecine de Belgique « il n’existe actuellement aucune preuve solide montrant une supériorité de la MT relativement à d’autres formes de méditation. Il n’existe non plus aucun argument théorique qui permettrait de supposer une supériorité de cette forme de méditation. Les affirmations du mouvement MT quant à une supériorité scientifiquement établie de leur forme de méditation sont donc totalement erronées. »[6].

L’organisation

Avec l’établissement, en 2000, du Pays Mondial de la Paix sur Terre (GCWP), le mouvement s’est doté d’une organisation centralisée, considérée comme sans défaut et immuable, ayant à sa tête le Maharaja désigné par Maharishi (Tony Nader). Il est assisté pour diriger le Pays par un premier ministre et douze ministres, chacun responsable d’une branche d’activité, et d’un conseil de Rajas dont le rôle est la propagation des programmes du mouvement dans une région géographique déterminée. Sur le plan national, l’administration est structurée de la même façon : un administrateur nommé, assisté de douze administrateurs, un par branche d’activité.

Les femmes n’ont pas accès à ces postes, mais l’Organisation Mondiale Mère Divine (Global Mother Divine Organization) s’occupe particulièrement d’initiatives pour les femmes dans l’éducation, la santé, la culture et les arts.

Le siège international est au Pays-Bas, à Vlodrop. Etablie en 2001, la Maharishi Global Financing Research, fondation de droit néerlandais, a pour but de servir de trésorerie au GCPW. Elle a lancé sa propre monnaie, le Raam, destinée à devenir « la monnaie mondiale du développement du Pays Mondial de la Paix sur Terre », convertible aux Pays-Bas et à Maharishi Vedic City (Iowa).

Le site du GCWP est à lui seul le reflet des ambitions démesurées du mouvement, dont le projet de créer la paix mondiale « en unifiant toutes les nations dans le bonheur, la prospérité, l’invincibilité et la santé parfaite » se décline dans tous les domaines de la vie des individus comme des collectivités. De nombreuses structures ont ainsi vu le jour, telles que Maharishi International University (Fairfield, Iowa, USA), Maharishi European Research University (MERU), Maharishi University of Natural Law (GB), Maharishi Vedic University, Maharishi Vedic Education Development Corporation, basée à Maharishi Vedic City (Iowa) qui gère les licences des nombreuses marques déposées du mouvement[7]. Dans un article du Times en 2008, la fortune du groupe était estimée à 3,5 milliards de dollars.

Parmi les domaines d’application, citons :

  • La santé, avec le Maharishi Ayurveda ou « Approche védique Maharishi de la santé ». Des cours de base pour tous sont proposés (lecture du pouls, prévention, alimentation, Yoga Maharishi, tarif 300 €)[8], l’organisation possède aussi des centres de santé ; la société Maharishi Ayurveda Products India produit des préparations distribuées par des entreprises du mouvement.
  • L’éducation, avec un programme « Education fondée sur la conscience », la théorie du « champ unifié » de la Loi naturelle éclairant l’enseignement de différentes disciplines. Quelques établissements existent à travers le monde, et le mouvement cherche à en établir d’autres. Mais le projet est aussi d’introduire dans toutes les écoles des séances de MT pour les enseignants et les élèves.
  • L’architecture, avec le Maharishi Sthapatya Veda, ensemble de principes architecturaux régissant la construction de bâtiments. Selon le mouvement, la plupart des bâtiments des grandes capitales sont mal orientées, ce qui entraîne une augmentation du stress collectif et engendrera, à terme, « criminalité, terrorisme, catastrophes naturelles ».

Propagande et lobbying

Objectif principal du mouvement, l’ambition initiale de Maharishi d’amener paix, invincibilité et prospérité au monde entier est au cœur de la communication du GCWP qui possède plusieurs médias : une maison d’édition, MUM Press (Maharishi University of Management press), Maharishi Channel (chaîne de télévision diffusée via internet et le satellite), KHOE radio.

Mais c’est surtout à travers des campagnes menées par diverses associations et fondations et des opérations ciblées que le mouvement a toujours fait sa propre promotion :

  • Dans les années 1980-1990, plusieurs tentatives d’infiltration au niveau du pouvoir en Roumanie, en Zambie, au Mozambique.
  • Le Parti de la Loi naturelle qui aurait été actif dans soixante-quatorze pays, la Maharishi Foundation (GB), enregistrée comme organisme de bienfaisance (charity), organisation aux Pays-Bas du congrès international d’Ayurveda, présidence de l’Union Mondiale des Scientifiques pour la Paix (Global Union of Scientists for Peace — GUSP).
  • La Fondation David Lynch, le cinéaste étant un soutien inconditionnel du mouvement et ne manquant jamais l’occasion d’en faire la promotion. Décoré de la Légion d’Honneur par le président Nicolas Sarkozy, David Lynch avait profité de la rencontre pour essayer de convaincre le Président de la République « qu’il suffirait d’unir les ondes positives d’un millier d’adeptes en France pour vaincre le chômage et la criminalité ». La fondation finance la mise en œuvre institutionnelle de programmes axés sur la méditation transcendantale auprès de publics en difficulté.
  • Actuellement, la pénétration du monde économique se développe à travers des stages de MT, technique censée améliorer l’efficacité individuelle et la rentabilité. Récemment, l’organisation a réussi à être intégrée dans le programme interne de formations à destination des fonctionnaires de la Commission européenne.

 

Pour conclure

La MT se présente comme une méthode « simple, naturelle, ne nécessitant aucun effort et se distinguant des autres techniques de méditation ou de relaxation par une absence totale de concentration et de contemplation », accessible à tous ; en réalité elle ne s’adresse pas à tous, l’initiation et les activités coûtent cher et ciblent un public économiquement favorisé chez lequel la pratique a tout pour induire un sentiment de « supériorité et triomphe », clairement illustré par les affirmations lues sur tous les sites du mouvement.

« Une étude comparative objective a été menée sur la Méditation Transcendantale et sur d’autres techniques de méditation. Ses conclusions sont on ne peut plus claires : ce n’est tout simplement pas comparable. »[9].

Comment, avec ses prétentions démesurées et uniformisantes, la Méditation Transcendantale pourrait-elle être l’instrument d’une paix entre les individus et entre les pays ?

Notes

[1] Maha = grand et rishi = voyant

[2] Plusieurs tentatives pour fonder un état indépendant, en Afrique, Asie ou Amérique du Sud, ont échoué.

[3] Maharishi Mahesh Yogi, La science de l’être et l’art de vivre, Paris, Editions Robert Laffont, 1976, p. 31.

[4] http://mt-maharishi.com/apprendre.html

[5] http://www.sante-conscience.fr/effet-maharishi

[6] CIAOSN, 12 octobre 2009, Avis concernant la Maharishi Global Financing Research Foundation/ Méditation Transcendantale http://www.ciaosn.be/avis091012.pdf.

[7] https://maharishivediccity-iowa.gov/

[8] http://www.ayurveda-maharishi.fr/

[9] https://tmhome.com/learn-to-meditate/france-transcendental-meditation-tm/