Le corps et le Nouvel Age

Le Nouvel Age, ensemble de réseaux fluides, se présente comme un nouveau paradigme, une nouvelle spiritualité. Aujourd’hui, on ne parle plus beaucoup de Nouvel Age ou de New-Age, mais cette manière d’être et de penser imprègne et influence tous les domaines de notre société :

Le monde de la santé, de l’éducation, du développement personnel, de l’entreprise et de ses méthodes de management, du commerce et de ses performances de persuasion de la clientèle, de l’écologie, de l’agriculture biodynamique, de l’économie positive, de la politique et de certains de ses réseaux, de la culture (avec ses films à audience planétaire, en direction des enfants, des ados et des adultes, ses jeux vidéo, ses musiques), de la mode, du social…

Ces influences sont de plus en plus difficiles à déceler, tant elles imbibent nos existences ; nous y adhérons parfois, sans même nous en rendre compte. Certaines d’entre elles s’inscrivent à l’opposé de la révélation chrétienne.

Le Nouvel Age mange à tous les râteliers

En effet, depuis le XVIIIe siècle, avec une croissance importante à la fin du XIXe siècle, les influences des mouvements théosophiques, maçonniques, et rose-croix, et de leurs enseignements ésotériques, la croissance du spiritisme et de l’occultisme, de la magie, de la kabbale, de l’alchimie et de l’astrologie, du druidisme, du chamanisme, du mouvement Wicca[1], du bouddhisme tibétain, du zen, du yoga, vont poser les fondements mouvants et hétéroclites du Nouvel Âge.

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L’homme et son corps dans la Liturgie

Le corps, les gestes et quatre des cinq sens sont pris en compte dans la liturgie catholique : ouïe, vue, odorat, toucher, et donnent toute la dimension du mystère de l’Incarnation.

« Ce que nous avons entendu, ce que nous avons contemplé de nos yeux, ce que nous avons vu et que nos mains ont touché, c’est le Verbe, la Parole de la vie. » (1 Jn 1, 1).

La liturgie, comme son étymologie leitos ou leitourgia l’indique, est une œuvre publique, un service de toute une communauté qui se tourne vers Dieu, et s’exprime par des paroles et des gestes. En latin le mot gestus désigne toute attitude tout geste, tout mouvement du corps et même toute mimique. C’est ainsi que la liturgie est le service de Dieu, par amour : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. C’est là le grand commandement, le premier. » Et cet amour de Dieu, s’il est en vérité, entraîne au deuxième commandement qui lui est semblable : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». (Mt 22, 37-39).

La Consitution Gaudium et Spes, un des fruits du Concile Vatican II nous rappelle, s’inspirant de la riche Tradition de l’Église : « Corps et âme, mais vraiment un, l’homme est, dans sa condition corporelle même, un résumé de l’Univers des choses qui trouvent ainsi, en lui, leur sommet et peuvent librement louer leur créateur. » (GS 14, 1).

Cependant suite à la réforme de Vatican II, l’importance de la Parole de Dieu a été l’objet de toutes les attentions, oubliant parfois, l’importance des gestes et des sens, dans ce que nous enseignent la Bible et la Tradition. L’anthropologie qui intègre tout l’être personnel et l’être ensemble a été moins réfléchie tant sur le plan corporel que sur le plan de la mémoire globale. En cela, les liturgies orientales et la liturgie catholique traditionelle, dite de rite extraordinaire ont conservé les notions d’espace sacré, de geste, de couleurs, et d’encens propre à éveiller nos sens corporels et spirituels.

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L’homme et son corps dans la tradition patristique

Saint Irénée et saint Justin (II° s.)                                                                                       

Dans la tradition patristique, nous nous référerons principalement à Saint Irénée, et à saint Justin, pour plusieurs raisons. Saint Irénée (130-202) originaire de Smyrne, né dans une famille chrétienne, a été nourri de la pensée biblique. La communauté de Smyrne après celle d’Éphèse a reçu directement les enseignements de saint Paul et de saint Jean. Il a vu et entendu Polycarpe, disciple direct de saint Jean, et a été nommé évêque par lui. Smyrne, ville d’Ionie a été le berceau de la philosophie grecque dont saint Irénée fut imprégné.

Justin (+ 165) est le premier philosophe d’origine païenne à avoir exercé, après sa conversion au Christ, une profonde influence sur la pensée chrétienne. C’est le saint patron des philosophes.

L’usage pertinent et limpide de la raison donne à saint Justin et saint Irénée des clefs pour discerner entre les méandres tortueux des doctrines gnostiques qui pullulaient à leur époque. En fidélité à la Tradition apostolique, leur sens aigu du réel et leur clarté de pensée nous sont toujours précieux et d’une actualité saisissante, gnose et New-Age ayant bien des points communs.

Ainsi concernant l’homme et son corps, saint Irénée ne cesse de nous rappeler : « L’un des buts premiers de l’incarnation du Verbe de Dieu a été et reste toujours celui de nous révéler la vérité par et dans sa chair. Par son incarnation c’est-à-dire par et dans sa chair, le Christ ne nous a pas simplement rachetés, avant tout il a d’abord voulu nous révéler la Vérité reçue par Lui d’auprès du Père et ensuite nous communiquer sa vie. »[1] L’importance de l’incarnation, du corps est première, le christianisme est par essence la religion de l’incarnation. Toute la première tradition chrétienne de Rome nous l’atteste, de saint Irénée à saint Clément de Rome, de saint Justin, au magnifique petit traité apologétique dont l’auteur est inconnu : À Diognète. Dans la mouvance de la tradition d’Antioche chère à l’orthodoxie, de saint Ignace d’Antioche à saint Polycarpe disciple de saint Jean et saint Théophile d’Antioche, tous fondent leur théologie sur l’incarnation de Jésus vrai Dieu et vrai homme. Ces premiers Pasteurs sont obéissants en tout point aux Écritures Saintes. De plus ils enseignent sous le contrôle et la confirmation de la tradition apostolique de l’Église.

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L’homme et son corps dans la révélation biblique

« La Parole est tout près de toi, elle est dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique ». (Dt 30, 14)

Ces quelques éléments succincts d’anthropologie n’ont aucune prétention à l’exhaustivité, bien entendu. Mais ils seront confrontés à certaines représentations du corps dans le New-Age ou dans quelques perspectives qui viennent de l’Orient.

Éléments anthropologiques

Avons-nous déjà pris conscience que le monde n’a pas d’orientation ? L’univers, le cosmos, la terre, n’ont aucun axe aucune direction, aucun sens.

C’est à partir de notre perception corporelle que nous donnons un sens aux éléments qui nous entourent. Et ceci n’est pas d’ordre culturel, mais anthropologique. Tout homme, quel que soit son milieu ou sa culture fait cette prise de conscience que son corps a trois axes et six directions : un axe antéro-postérieur ou sagittal, un axe latéral ou frontal, un axe vertical. Toute notre perception du monde s’oriente en référence à ces trois axes et ces six directions.

L’axe antéro-postérieur, donne l’avant et l’arrière et oriente aussi le temps, tout ce qui est en avant est futur, tout ce qui est en arrière est passé. L’axe latéral donne la droite et la gauche. Voici une expérience singulière de la corporalité : pourquoi dans toutes les langues de l’hémisphère nord, la droite est considérée comme positive et la gauche comme négative ? En français parmi de multiples exemples, nous pouvons dire : je suis adroit ou je suis gauche. Il n’y a cependant pas d’abord une considération positive ou péjorative ou bien morale, mais une expérience existentielle à la signification de ces mots. Quand nous sommes dans la nature veillant dans la nuit, nous attendons la venue de la lumière. Le soleil se lève à l’Est, et dans l’hémisphère nord, nous suivons la course du soleil en nous tournant vers la droite alors que nous observons l’ombre à gauche. C’est donc une expérience physique qui préside à la signification du mot et précède toute autre considération d’adresse ou de morale.

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L’inconscient spirituel. Freud, Jung, et la tradition patristique.

L’anthropologie chrétienne

L’anthropologie chrétienne ne conçoit pas l’homme indépendamment de sa relation à Dieu Créateur et Sauveur de l’humanité. Cette anthropologie repose sur la révélation biblique et son fondement que l’on retrouve dans la Genèse : « L’homme est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. » (Gn 1, 26). Cette affirmation concerne tout homme. L’image désigne la constitution naturelle de l’homme, essentiellement dans ses facultés d’intelligence de mémoire et de volonté, sa faculté de choisir et sa puissance d’aimer. C’est grâce à ces puissances, dirait saint Thomas d’Aquin, nous traduirions aujourd’hui capacités ou potentialités, que peut se réaliser la ressemblance. La ressemblance est, elle, en devenir. La ressemblance ne peut s’acquérir que dans l’accueil des vertus théologales de Foi d’Espérance et de Charité, et dans l’exercice volontaire des vertus cardinales de prudence ou de sagesse qui est la première d’entre elles, de tempérance de force et de justice. L’image se rapporte donc à l’être de l’homme et la ressemblance, à sa façon d’être ou à son devoir être. L’homme fort de ses capacités d’intelligence de volonté de mémoire, qui ne serait pas vertueux, ne serait pas un homme accompli réalisant ce pour quoi il a été créé.

Ainsi, selon les Pères de l’Église, l’homme est destiné par nature à devenir Dieu par grâce. Toutes les facultés de l’homme ont pour finalité de le tourner vers Dieu pour qu’il s’unisse à lui. L’intelligence intuitive comme rationnelle est faite pour connaître Dieu, c’est l’intelligence de la Foi. La volonté est faite pour désirer Dieu et L’aimer en obéissant à ses commandements. La mémoire est faite pour nous souvenir de Dieu et de la finalité de notre vocation qui est l’amour de Dieu et de notre prochain comme de nous-mêmes.

Le péché originel est venu perturber cette harmonie engendrant quatre ruptures, celle de l’homme avec Dieu, celle de l’homme avec son prochain, celle de l’homme avec lui-même et celle de l’homme avec la création. Au lieu de reconnaître Dieu comme le principe et la fin de son existence, l’homme s’est mis à ignorer Dieu. Ses puissances ou facultés se sont détournées de Dieu et tournées vers la seule création et son apparence sensible.

« Par un détournement de sa faculté désirante et de ses sentiments, l’homme au lieu de désirer et d’aimer Dieu s’est mis à s’aimer lui-même en dehors de Dieu par une attitude passionnée que les Pères appellent « amour égoïste de soi » (philatia) et à aimer les créatures pour le plaisir sensible qu’elle lui procure dans cet amour égoïste de soi. L’homme voulant devenir dieu sans Dieu, a fait de lui-même une idole et a fait des créatures des idoles, relativisant l’Absolu et absolutisant le relatif. Par un détournement de sa puissance irascible (thumos), l’homme, au lieu de mener le « bon combat » (1 Tim 6, 12) contre les forces du mal et les tentations et de déployer son zèle pour s’unir de plus en plus à Dieu, s’est mis à combattre contre ce qui s’opposait à la satisfaction de ses désirs passionnés, et à déployer son agressivité contre son prochain, dans la colère, la haine, les rivalités, la domination. L’homme a pareillement détourné sa volonté de l’accomplissement de la volonté de Dieu pour en faire sa « volonté propre », au service de ses propres desseins mondains et de ses désirs passionnés. La mémoire s’est détournée de Dieu, pour se remplir de souvenir des choses de ce monde. L’imagination, au lieu de fournir à l’homme des représentations pour la contemplation s’est mise à créer des représentations correspondant à ses désirs passionnés et à inventer toutes les formes du mal…

De même que l’usage normal des facultés de l’homme constitue les vertus, leur usage anormal constitue les passions, dont le nom même signifie « maladies » et que les Pères, unanimement, considèrent comme des ‘maladies de l’âme. 1»

Il ne faut pas confondre ces maladies spirituelles avec les maladies psychiques même si elles peuvent les renforcer ou s’y confondre.

« Selon saint Maxime, c’est de la double tendance de l’homme, à rechercher le plaisir et à fuir la douleur pour satisfaire l’amour égoïste de soi que naissent toutes les passions et maladies spirituelles. Cet attrait pour le plaisir s’explique par le fait qu’il est devenu pour l’homme déchu un substitut de la jouissance spirituelle qu’il éprouvait originellement dans son désir de Dieu et son union avec Lui dans l’amour et la connaissance. »

Les Pères parlent de triple pouvoir tyrannique, de la mort, du diable, et du péché dont seul le Christ peut nous libérer. Le Christ vrai Dieu et vrai homme par son incarnation nous donne la grâce de la guérison, du salut et de la déification. Il nous a donné pour cela une trithérapie, les Saintes Écritures, les sacrements, et la vie fraternelle. Cela ne va pas sans un combat de tous les jours où notre liberté est première animant notre volonté de choisir l’amour de Dieu. Notre volonté est renouvelée et vivifiée, par cette trithérapie ecclésiale : lecture amoureuse de la Parole de Dieu, vie sacramentelle et vie fraternelle, pour se purifier des passions et vivre selon les vertus.

L’anthropologie de Freud et de Jung

L’anthropologie de Freud et de Jung est-elle compatible, radicalement différente, existe-t-il des points de convergences avec cette anthropologie chrétienne? Les conceptions de Freud ont évolué et peuvent être contradictoires au fur et à mesure de son évolution, nous en rappellerons quelques-unes des plus significatives.

Conception freudienne

Sigmund Freud par Max Halberstadt en 1922

Voici très rapidement quelques points :

Sigmund Freud (1856, 1939), médecin neurologue autrichien, est le fondateur de la psychanalyse.

Sa première découverte de l’appareil psychique, il l’appelle première topique, est constituée de : l’inconscient, du préconscient, et du conscient. L’inconscient est le siège de données d’informations, d’injonctions qui se trouvent précisément hors du champ de la conscience, mais c’est également le siège de processus qui empêchent certaines données de parvenir à la conscience, que Freud nomme le refoulement. Le  refoulement est le concept le plus ancien de la théorie freudienne, point d’appui de la théorie psychanalytique.

Schéma de l’appareil psychique, représenté par un iceberg, selon les deux topiques freudiennes.

Par la suite, il distingue deux autres grands types de pulsions : la pulsion de vie (l’« Éros ») et la pulsion de mort (le « Thanatos »). L’Éros représente l’amour, le désir et la relation, tandis que le Thanatos représente la mort, les pulsions destructrices et agressives. Le Thanatos tend à détruire tout ce que l’Éros construit (la perpétuation de l’espèce par exemple). Le masochisme, le sadisme sont pour lui, des exemples typiques de cette pulsion de mort. Pulsions de mort qui ne sont perceptibles que par leur projection au-dehors (paranoïa), ou leur retournement contre le Moi (mélancolie).

C’est dans cette première topique que Freud théorise le complexe d’Œdipe. Il le définit comme le désir inconscient d’entretenir un rapport sexuel avec le parent du sexe opposé (c’est l’inceste), et celui d’éliminer le parent rival du même sexe (le parricide). Ainsi, le fait qu’un garçon tombe amoureux de sa mère et désire tuer son père répond à l’impératif du complexe d’Œdipe.

Freud considère l’inconscient comme l’origine de la plupart des phénomènes conscients eux-mêmes.

Dans la seconde topique, Freud inclut dans sa conception de l’appareil psychique le Ça, le Moi et le Surmoi, trois notions supplémentaires fondatrices de la psychanalyse. Le Ça est inaccessible à la conscience, mais les symptômes de maladie psychique et les rêves, les lapsus permettent d’en avoir un aperçu. Le Ça obéit au principe de plaisir et recherche la satisfaction immédiate. Le Moi est en grande partie conscient, sa partie inconscient serait soumise à des mécanismes de défense comme le refoulement la régression, la rationalisation, la sublimation, tout cela pour éviter les tensions trop fortes du monde extérieur ainsi que les souffrances. Le Moi rend la vie sociale possible. Le Surmoi est le réservoir de toutes les règles de savoir-vivre ou morales à respecter, il est à l’origine du refoulement et engendre remords et culpabilité.

Dans son essai « Une difficulté de la psychanalyse » publié en 1917, ainsi que dans ses conférences: « Introduction à la psychanalyse », écrites pendant la Première Guerre mondiale, Freud expose que la pensée humaine a subi : « deux grandes vexations infligées par la science à son amour propre. » La première vexation date du moment où Nicolas Copernic établit que « notre terre n’est pas le centre de l’univers, mais une parcelle infime du système du monde à peine représentable dans son immensité. » La deuxième vexation est liée à l’affirmation de Darwin selon laquelle « l’homme descend du règne animal et est dépendant du caractère de sa nature bestiale. » 2 Freud ajoutera une troisième vexation : « La troisième vexation, et la plus cuisante, la mégalomanie humaine doit la subir de la part de la recherche psychologique d’aujourd’hui, qui veut prouver au Moi qu’il n’est même pas maître dans sa propre maison, mais qu’il en est réduit à des informations parcimonieuses sur ce qui se joue inconsciemment dans sa vie psychique. »3

Freud relativise ce qu’est l’homme et conteste sa place sur terre :

La terre n’est plus au centre de l’univers, l’homme n’a pas de dimension supérieure à l’animalité et lui conteste jusqu’à sa liberté intérieure.

Dans l’anthropologie chrétienne, Dieu est le créateur et le centre du temps et de l’espace, et l’homme est le centre de l’élection de l’amour de Dieu.

Éléments de convergence

« Pour Freud comme pour les Pères la vie intérieure de l’homme est habitée par des conflits, et c’est de l’issu de ces conflits que dépend aussi la bonne ou la mauvaise santé de l’homme. » 4

Pour Freud, l’objectif de la psychanalyse est de rendre l’homme davantage maître de lui-même. Grâce à sa conscience et sa volonté, il peut dominer le ça constitué d’éléments refoulés et de pulsions qui agissent dans son inconscient. « Là où le ça est, le Moi doit advenir » écrit Freud. Les Pères considèrent que l’esprit et la raison doivent dominer et gouverner la partie irrationnelle de l’âme.

Il peut y avoir une certaine analogie entre ce que Freud appelle le narcissisme, l’égoïsme, et ce que la patristique grecque appelle la « philautie » ou amour de soi. Pour Freud une vie sociale harmonieuse nécessite que l’homme abandonne son narcissisme premier. Un chrétien doit convertir ses tendances égoïstes en amour de Dieu et du prochain.

Freud parle des pulsions de vie et de pulsions de mort. Pour lui, l’homme, étant soumis à ses pulsions ou ayant du mal à les gérer, présente des pathologies psychiques. Les Pères grecs parlent quant à eux, de puissance désirante (epithémia) et de puissance irascible (thumos) dont le mésusage peut conduire à des maladies spirituelles.

« En rapport avec ces deux notions, on peut remarquer que chez Freud comme dans la conception patristique, le rapport de l’homme au plaisir et à la douleur joue un rôle fondamental. La recherche du plaisir et l’évitement de la douleur constituent dans la doctrine freudienne la base des attitudes et de comportements de l’homme non seulement dans sa petite enfance, mais tout au long de sa vie. (Freud, le malaise dans la culture). Les Pères reconnaissent à ces deux tendances un rôle fondamental et qu’elles sont même, selon Maxime le Confesseur, à la base de toutes les passions ou maladies spirituelles de l’homme déchu. » 5

Éléments de divergence

Une première remarque s’impose, Freud parle de pathologies psychiques alors que les Pères décrivent les maladies de l’âme. Serions-nous dans des catégories différentes inhérentes au psychologique d’un côté, et au spirituel de l’autre, qui seraient par conséquent incomparables ?

Ce serait nier l’unité du composé humain. S’il existe bien ces catégories somatique, psychologique et spirituelle, l’homme ne peut être dissocié en ces catégories qui seraient étanches les unes aux autres. D’autre part ce qui distingue fondamentalement l’anthropologie freudienne de l’anthropologie chrétienne, c’est que celle-ci ne peut se couper de la relation à Dieu, tandis que la conception freudienne est non seulement sans référence à Dieu, mais plus encore cette relation à Dieu serait pathologique. De même que pour Marx : « La religion est l’opium du peuple » pour Freud : «l’action des consolations religieuses peut être assimilée à celle d’un narcotique. »6 En effet Dieu n’est pour lui qu’une projection psychologique par conséquent illusoire, et toutes les religions se fondent sur cette illusion. « Si nous nous tournons vers les doctrines religieuses, nous pouvons dire en nous répétant : elles sont toutes des illusions. »7  Freud est persuadé que Dieu est une invention de l’homme pour se sécuriser, se rassurer par rapport à un vide qu’il ne supporte pas.

« Dieu est pour l’homme adulte un substitut du père, plus puissant que lui. La religion est donc une névrose collective. Les rituels religieux sont comparables aux rituels de la névrose obsessionnelle. Les doctrines religieuses sont comparables aux idées délirantes. »8

Freud est athée et matérialiste. La vie psychique de l’homme est régie par des forces biologiques : « l’homme n’est rien d’autre, rien de mieux que l’animal. »9

« Ainsi pour Freud, l’activité religieuse ou spirituelle de l’homme, au même titre que l’activité artistique, correspond à une sublimation de l’énergie sexuelle. L’amour que l’homme éprouve pour ses parents, ses enfants ses semblables et même l’amour pour Dieu relève de la libido et a donc une nature sexuelle. »10

Nous sommes dans une inversion de la perspective chrétienne. Dieu nous a aimés le premier et la réponse d’amour de l’homme n’est pas sublimation de sa sexualité, mais réponse volontaire libre et gratuite à cet amour, dont il prend progressivement conscience dans sa vie spirituelle. La grâce de Dieu lui est donnée non pas pour dépasser sa nature, mais pour combattre les tendances peccamineuses et lui donner la joie et la paix en retrouvant sa vocation de Fils et de Filles bien aimés du Père. Pour Freud les pulsions de mort sont, soit tournées vers soi-même, et se transforment en névrose ou en psychose, soit tournées vers les autres en agression et en destruction. Ces pulsions de mort peuvent être tout au plus modérées et domptées et n’ont pour finalité que « soit absents la douleur et le déplaisir, et que soient vécus de forts sentiments de plaisir. »11  « C’est simplement le programme de principe de plaisir qui pose la finalité de la vie. »12 Ce plaisir pour Freud, ultime bonheur de l’homme, est de nature sexuelle, génitale.

Freud pense qu’en découvrant ses résistances et ses refoulements l’homme est à même de mieux se contrôler pour mieux jouir de l’existence. La bonne gestion de ses pulsions devient la finalité de l’équilibre à trouver. « Est considéré comme correct tout comportement du Moi qui satisfait à la fois les exigences du ça, du Surmoi et de la réalité, ce qui se produit quand le Moi réussit à concilier ces différentes exigences. »13

Peu importe, pour lui les exigences morales ou spirituelles, l’important est de trouver son équilibre, un équilibre qui est une mécanique psychique.

« Les Pères enseignent que le plaisir a fait son apparition comme une conséquence du péché ancestral, qu’il n’existait pas au paradis et qu’il n’existera plus dans le Royaume des cieux. Marque de la nature déchue, le plaisir enferme l’homme dans les limites de celles-ci et engendre, par l’attrait qu’il inspire, toutes les maladies spirituelles et tous les effets pathogènes sur la vie psychique. La poursuite du bonheur à travers le plaisir est une des illusions les plus fortes de l’humanité déchue. L’ascèse chrétienne combat le plaisir dans le but de libérer l’homme de son emprise et de lui substituer ce dont il n’est qu’un ersatz : la joie spirituelle et la béatitude que le fidèle connaîtra certes en plénitude dans le Royaume des cieux, mais dont il peut recevoir les arrhes ici-bas dans la vie spirituelle. »14

La psychanalyse freudienne s’est imperceptiblement substituée à la pratique de la confession. C’est pourquoi la démarche analytique a, dans un premier temps, plus rapidement progressé dans les pays de tradition protestante où la confession individuelle n’existe pas. Effectivement, la psychanalyse prétend appréhender l’homme dans la globalité de son être. Mais cette approche de l’homme n’est pas scientifique, elle repose sur des concepts progressivement élaborés par Freud, qu’il présente pratiquement comme des dogmes intangibles et incontournables.

La notion même de conversion est totalement absente de la perspective freudienne, alors qu’il s’agit pour le chrétien de se rendre conforme à la volonté de Dieu. Cette volonté que le Christ nous a fait connaître. L’Esprit-Saint nous guide, nous console, nous fortifie sur ce chemin. L’ultime bonheur de l’homme est de mettre en pratique la prière du Notre Père. Ce n’est pas une recherche d’équilibre auto centré, mais une oblation, un don de soi, « car il n’y pas de plus grands bonheurs que de donner sa voie pour ce qu’on aime ». C’est un passage, une conversion du « que ma volonté soit faite » à « que Ta Volonté soit faite ». Car le chrétien découvre que Dieu veut pour lui un bonheur éternel.

Conception jungienne

Carl Gustav Jung (1875-1961) est un médecin psychiatre, psychologue suisse. Il fut l’un des premiers collaborateurs de Freud, séduit par ses théories psychanalytiques. Mais il s’en sépara en raison de désaccords tant sur le plan théorique que relationnel. Alors que Freud souhaite que Jung se consacre exclusivement à la promotion de la psychanalyse, Jung cherche ailleurs, il est notamment passionné par les phénomènes occultes. Il devient membre honoraire de la Société américaine de recherches psychiques pour ses « mérites comme occultiste ».

Carl Gustav Jung a le premier introduit la notion de sciences humaines, en établissant des liens entre des disciplines jusqu’alors cloisonnées, comme la philosophie, l’anthropologie, la théologie, les religions, mais aussi des approches plus hermétiques comme l’alchimie, la chiromancie, l’astrologie, ou l’interprétation des rêves. Il définit de nouveaux concepts comme, « archétype », « inconscient collectif » et « synchronicité ». C’est ainsi qu’il explore la psychologie des profondeurs.

Sa mère pratique assidûment le spiritisme et lui parle d’état modifié de conscience. Dans «Ma vie », Jung prétend que son grand-père, chirurgien et franc-maçon, était le fils illégitime du grand poète et théosophe allemand Goethe. Le père de Jung était pasteur, et sa mère descendait d’une famille de protestants français ayant fui en Allemagne après la révocation de l’édit de Nantes. Ce qui lui a fait dire que sa pensée reposait sur des concepts chrétiens.

Voici un extrait de sa biographie extraite de Wikipedia :

La mère de Jung « est passionnée d’occultisme, ce qui explique la présence dans la famille Jung d’une aura de phénomènes paranormaux ainsi que l’attrait et la fascination de Carl Gustav pour ces phénomènes au cours de sa carrière. Deirdre Bair rapporte plusieurs épisodes étranges vécus par Jung auprès de sa mère, qui se passionne pour les tables tournantes et pour le dialogue avec l’au-delà. Jeune homme, Carl Gustav participe lui-même à des séances de spiritisme. Jung fera du spiritisme le sujet de sa thèse de médecine et, devenu psychiatre, sera même l’initiateur de plusieurs séances… Sa mère dépressive fait des séjours fréquents et prolongés en maison de repos, ce qui nourrit la culpabilité de l’enfant et ébranle sa confiance envers le sexe féminin.

Son enfance est marquée par une peur irrationnelle des églises et des curés en soutane, consécutive à une chute dans une église au cours de laquelle il s’était blessé au menton. Assimilant sa blessure à une punition pour sa curiosité, il amalgame ce souvenir négatif à « une peur secrète du sang, des chutes et des jésuites » dit-il dans « Ma vie souvenirs, rêves et pensées ». 

De cette époque, il garde une certaine déception pour la manière avec laquelle son père aborde le sujet de la foi, notion que Jung considère comme intellectuellement précaire. Un rêve récurrent témoigne alors de sa relation au religieux : il voit souvent Dieu déféquer sur une église. 

La thèse de doctorat choisie par Jung porte sur le cas d’une jeune médium, Hélène Preiswerk (1880–1911). Cet intérêt pour ce domaine méprisé est conforté par des lectures d’ouvrages spirites tels que ceux de Johann Zöllner, de Crookes, ou de Swedenborg.  À côté de ses activités scientifiques, il participe toujours à des séances de spiritisme organisées par la société de Zofingue et qui constituent la matière première pour sa thèse, consacrée aux « phénomènes dits occultes ». En juin 1895, il étudie le phénomène des tables tournantes au sein même de sa famille, expérimentant le cas de sa cousine Helly, reconnue comme médium et rassemblant des matériaux qu’il utilise durant toute sa carrière. »

Dans son livre, « Types psychologiques », en 1921, il définit plusieurs concepts capitaux de sa théorie : les types introvertis et extravertis d’une part, les quatre fonctions psychiques de l’autre, le modèle aboutissant donc à huit types psychologiques possibles. Cela conforte la rupture avec Freud qui analyse ce livre comme étant: « le travail d’un snob et d’un mystique ».

Carl Gustav Jung prévient qu’« il est assez stérile d’étiqueter les gens et de les presser dans des catégories ». Cependant, pour lui, l’introversion et extraversion constituent les deux types psychologiques principaux. L’extraverti prend son énergie à l’extérieur de lui-même, tandis que l’introverti prend son énergie principalement en lui-même. Il en résulte une tendance pour l’introverti à être plutôt renfermé et distant, précautionneux, et une tendance pour l’extraverti à être expansif, liant et parfois superficiel. Mais il y a des extravertis contrariés agissant comme des introvertis et des introvertis contrariés s’efforçant d’agir comme des extravertis.

De plus Jung définit quatre fonctions psychologiques ou processus mentaux :

Schéma des types psychologiques, d’après L’âme et la vie de C.G. Jung

Voici comment Jung envisage cette typologie : « La sensation (c’est-à-dire, le sentiment de perception) vous dit que quelque chose existe ; la réflexion vous dit ce que c’est; le sentiment vous dit si c’est agréable ou pas; et l’intuition vous dit d’où il vient et où il va.»

Jung distingue, au sein de l’activité de l’esprit humain, deux grands types d’activité:

La perception permet de recueillir de l’information, de deux manières opposées: par l’intuition ou par la sensation. Le jugement conclusif va traiter cette perception grâce à la pensée et le sentiment.

L’ensemble de ces données se conjugue pour donner la typologie caractérielle d’un individu à un instant t.

Jung sera très influencé par la spiritualité indienne qui lui permet de s’affranchir de toute connotation morale chrétienne. Jung définit son concept du Soi à partir de la notion d’ « atman ». L’« atman » désigne le vrai Soi, par opposition à l’ego. Dans l’hindouisme, l’« atman » peut avoir aussi d’autres significations, c’est le principe essentiel à partir duquel s’organise tout être vivant, ou l’être central au-dessus ou en deçà de la nature extérieure telle que nous pouvons l’appréhender ou encore le souffle vital (prâna).

Ces visions très syncrétistes de Jung ont donné des supports de pensée aux adeptes du New Age. Ainsi, selon le sociologue Paul Heelas, dans The New Age Movement, Jung est l’« une des trois plus importantes figures du New Age », avec Blavatsky et Gurdjieff.

Éléments de convergence

Jung est plus subtil que Freud dans son appréhension des religions et des spiritualités, auxquelles il attribue une grande importance. Ainsi il écrit : « Chacun, souffre d’abord de ce qu’il a perdu ce que les religions vivantes ont vu de tout temps donné à leurs adeptes, et personne n’est vraiment guéri qu’il n’a pas retrouvé une attitude religieuse. »15  Pour lui « le problème de la guérison est un problème religieux. »16 Alors que Freud voyait dans la religion une source pathogène, Jung considère que l’absence de religion est la source de bien des troubles mentaux. Il considère les symboles chrétiens comme des archétypes structurants. De quoi réconforter apparemment les chrétiens! Pourtant son approche est d’autant plus redoutable qu’elle est séduisante, et nombre de chrétiens s’y laissent prendre. Ainsi le moine bénédictin, si prolixe, Anselm Grün est un adepte de la psychologie jungienne.

Le Soi de Jung, caché dans la profondeur de notre être, pourrait dans un rapprochement trop rapide, être assimilé au « Royaume des cieux caché au-dedans de soi. » Le Soi étant considéré par Jung comme correspondant à l’image de Dieu en nous. Mais le Dieu de Jung est un archétype, il n’est pas le Dieu personnel révélé dans la Bible encore moins le Dieu, Père Fils et Saint-Esprit, Trinité Sainte des chrétiens.

Éléments de divergence

Jung prend des références dans la Bible, mais il réinterprète les Écritures à sa façon.

Sur le plan philosophique Jung se recommande de Kant, selon qui notre compréhension du monde, sa réalité telle qu’elle nous apparaît est conditionnée par nos structures psychiques, perceptives et cognitives. Jung pense que pour la compréhension du religieux, il n’y d’autres possibilités d’accès que la psychologie. Ainsi : « On trouve de Dieu des images innombrables, mais l’original, lui, reste introuvable. Il est pour moi hors de doute que derrière nos images se trouve l’original, mais il ne nous est pas accessible. » 17 Il existe une théologie dite apophatique qui renonce à parler de Dieu de manière positive parce qu’Il est au-dessus de tout ce que l’on peut concevoir, mais elle diverge radicalement de la pensée de Jung qui aboutit à un agnosticisme : « Je ne confesse aucune croyance. »18

Il va même plus loin encore : « Je ne peux pas voir pourquoi une confession devrait posséder la vérité unique et parfaite. » 19 Ou encore : « La foi est extrêmement subjective, vous vous en rendrez compte au fait que je ne crois absolument pas que le christianisme soit la seule et la plus haute manifestation de la vérité. Le bouddhisme renferme au moins autant de vérité et les autres religions aussi. »20  Cette manière de voir est dans l’air du temps elle semble satisfaire tout le monde, mais en relativisant ce qu’est le Christ pour les chrétiens, elle aboutit à une apostasie.

Pour Jung, les différents symboles ou représentations de Dieu sont vrais temporairement tant qu’ils sont utiles, mais si la situation change, ils peuvent devenir des idoles qui appauvrissent et abêtissent. « S’il y a révélation, il s’agit que d’une révélation de l’inconscient21 Car : «  La révélation, en tout premier lieu est une ouverture, une découverte des profondeurs de l’inconscient. » 22 Le Saint-Esprit qui a inspiré les dogmes chrétiens est pour lui la manifestation d’un inconscient collectif qui se manifeste temporairement. Ainsi : « la figure du Christ telle que l’a fixée le dogme est le résultat d’un processus de condensation à partir de plusieurs sources. L’une de ces sources est l’antique homme-dieu de l’Égypte : Osiris-Horus. C’était là la transformation de l’archétype inconscient projeté jusqu’alors sur un être divin, non humain. »23 Le Christ condense en lui tous les héros mythologiques Mithra, Phénix, Mercure, Dionysos, le Bouddha… La pensée maçonnique cherche, puise, et trouve là et pour y faire son miel frelaté.

Jung renie le Christ vrai Dieu et vrai homme, et son action salvatrice pour l’humanité : « Le Bouddha peut avoir tout aussi raison que le Christ, et l’on ne voit pas bien comment et pourquoi nous devrions nous sentir sauvés et libérés par la mort du Christ. ».24 Le Christ historique ne l’intéresse pas, il en dénie même la réalité, ce qu’il l’intéresse c’est l’archétype que le Christ représente. La résurrection n’est qu’un symbole qui n’a aucune réalité, si ce n’est d’ordre psychologique, dans sa conception du Soi qui s’étend au-delà du temps et de l’espace.

Effectivement Jung ne s’intéresse pas au Jésus réel incarné, mais à sa représentation archétypale qui joue dans l’inconscient collectif. Ainsi aucune relation personnelle ne peut s’établir entre Dieu et l’homme, elle ne serait qu’une illusion de l’inconscient. Il se rapproche donc plus du bouddhisme ou de l’hindouisme. « J’ai choisi le mot « Soi » pour désigner la totalité de l’homme… J’ai adopté cette expression conformément à la philosophie orientale qui depuis des siècles s’occupe de ces problèmes, qui se posent même lorsque le stade de l’incarnation humaine des dieux est dépassé. La philosophie qui depuis longtemps a reconnu la relativité des dieux. »25 Et ce n’est pas anecdotique chez Jung, tous les points de la foi chrétienne sont passés dans cette même moulinette. « Tout ce qui est en notre pouvoir, c’est de choisir le Seigneur que nous voulons servir, afin qu’il nous protège contre la domination des « Autres » que nous n’avons pas élus. » 26, et donc « c’est notre choix qui définit Dieu. »27

Dieu est à l’image de l’homme, pour Jung un homme à l’image de Dieu est inconcevable. Dieu n’existe que dans la représentation consciente ou inconsciente que l’on s’en fait. « Dieu est un être psychique qu’il ne faut pas confondre avec le concept d’un dieu métaphysique. »28

L’accueil de l’existence métaphysique de Dieu relève de l’illusion ou de la naïveté.

Dieu est réduit à l’inconscient et le Christ au « Soi ». « Le Christ est sans aucun doute une image archétype et c’est en réalité tout ce que je sais de lui. En tant que tel, il fait partie du fondement collectif de la psyché. C’est pourquoi je l’identifie avec ce que j’appelle le Soi. »29

Ce Soi est pour Jung une unité duelle, faite de deux opposés une partie lumineuse symbolisée par le Christ et une partie sombre symbolisée par le Diable ou l’Antéchrist. « Jung symbolise ainsi le Soi par une croix dont la barre verticale unit le bon au mauvais et la barre horizontale le spirituel au matériel. » 30

Le Saint-Esprit est pour Jung un autre archétype sans réalité personnelle, c’est une qualité, une activité vitale, un souffle.

Il va même jusqu’à remplacer la Trinité chrétienne par une quaternité de son cru ! À la Trinité du Père du Fils et du Saint-Esprit, il ajoute l’aspect « dogmatique du principe du mal. »31, c’est-à-dire le Diable ou Satan lui-même. Jung prétend que le mal a une substance et une réalité positive, équivalente à celles du bien. Ainsi : « Yahvé a deux mains; la droite est le Christ et la gauche Satan. »32  Le Christ n’est plus le Fils unique de Dieu, mais le frère de Satan. Le Christ incarnant la part lumineuse de Dieu et Satan sa part obscure. Ce sont des thèses gnostiques que l’on retrouve aux premiers siècles dans les homélies pseudo-clémentines. Jung va jusqu’à écrire : « Le Dieu vivant est une terreur vivante » 33… « barbare, violent, cruel, sanguinaire, infernal, démoniaque. »34  Jung est explicitement blasphémateur.

« Selon lui, ce n’est pas de la liberté de l’homme, comme le pensent les Pères, que vient le mal, mais bien de Dieu. »35  C’est terrible, avec Jung nous sommes en pleine inversion de la théologie chrétienne. « Il ne fait pas de doute que Dieu,» écrit-il encore « pour parvenir jusqu’à l’homme, soit contraint de lui montrer Son vrai visage, faute de quoi l’homme louerait pour l’éternité la bonté et la justice divines, et, ce faisant, interdirait à Dieu d’accéder jusqu’à lui. Ce vrai visage, il ne peut le montrer que par Satan. »36

L’introspection et la connaissance de soi selon les perspectives de la psychologie jungienne de recherche du moi profond appelé le Soi, différent du moi superficiel ou compulsif désigné par l’ego. Le Christ est alors le symbole du Soi profond  à atteindre. Le risque de ce psychologisme serait de faire coïncider ce que nous imaginons de la psychologie de Jésus avec notre propre moi, au lieu d’aller de tout notre être vers Jésus, vrai Dieu et vrai homme.

Pour Jung, Jésus manifeste la partie positive et bonne de l’image de Dieu en nous, image qui doit être complétée de manière symétrique par la partie négative ou obscure. Dans la conception jungienne, Dieu possède en lui-même ce côté obscur, «archétype de l’ombre ». Jung situe comme sommet, la réalisation de l’homme connaissant et intégrant sa part de lumière et d’ombre, capable de se situer au-delà du bien et du mal. Dans « Psychologie et alchimie » Jung traite la question de l’intégration du démon, en affirmant que tant que le démon n’est pas intégré, le monde ne peut pas devenir une totalité et l’homme ne sera pas sauvé.

La religion redéfinie par Jung s’apparente à un panthéisme, « Le Soi, est en droit de revendiquer les exigences les plus contradictoires, la parenté avec les animaux comme avec les dieux, avec les minéraux comme avec les étoiles. »37   Jung parle de la nature comme d’un aspect de la divinité. On comprend pourquoi le New Âge se recommande de lui. On ne comprend plus du tout pourquoi il subjugue encore des chrétiens et parmi ces chrétiens un moine bénédictin allemand, Anselm Grün, dont on retrouve les livres dans toutes les librairies catholiques…

Anselm Grün fait l’apologie de la théosophie gnostique38 de Jung et rien ne l’arrête… Ainsi il répète à longueur de livre que « le manque de totalité crée l’Ombre ». L’intégration de l’Ombre étant le travail avec l’inconscient. Le péché ou le démon signifiant pour Jung et à sa suite Grün l’espace de l’inconscient et par conséquent, celui de la thérapie. Il s’agit donc de se soigner plutôt que de se convertir. « En conséquence, il s’agirait de se soumettre au Mauvais ou de lui obéir de façon spécifique (le pacte avec le diable redéfini déjà par Freud comme élimination du refoulement des pulsions refoulées, ou l’intégration de l’Ombre, pour employer le langage de Jung. »39

« Le message gnostique de la théosophie se lie strictement et indissolublement avec la tendance à psychologiser la spiritualité et à remplacer la religion par la thérapie qui, pourtant, dans ce cas-là, ne reste pas neutre et peut en elle-même signifier une sorte d’initiation. »40

Vous êtes obligés de vous soigner à tout prix, c’est le cas de le dire, ce que vous appelez le mal est en réalité la maladie. L’initié sera celui qui aura convenu qu’il y a une part d’ombre en Dieu et en lui-même. En allant par-delà le bien et le mal, ce dualisme est dépassé, tout devient relatif, la morale, cette contrainte pour les ignorants n’a plus de raison d’être, la tolérance règne en maîtresse de ce genre nouveau.

L’éthique jungienne relativise tout

« La psychologie ne sait pas ce que sont le bien et le mal en soi. » 41 Il se réfère la encore à la pensée gnostique notamment du philosophe Carpocrate qui dit : « le bien et le mal ne sont que des manières de voir l’homme. »42

Pour éviter le refoulement qui entrave notre liberté, il faut apprendre à se situer avec cette relativité du bien et du mal, et finalement, expérimenter que l’on peut vivre avec cette dualité sans culpabilité, pour peu que nous sachions accepter cette réconciliation des contraires.

Noll, professeur de psychologie et d’histoire des sciences à Harvard montre dans son étude intitulée Le Christ aryen que Jung a subi non seulement l’influence du gnosticisme et du courant ésotérique de l’alchimie et de la théosophie, mais aussi d’un personnage particulièrement sulfureux, de Dr Otto Gross. Freud demanda à Jung de psychanalyser cet adepte des orgies sexuelles, morphinomane, capable de toutes les transgressions. Jung dit lui-même avoir été transformé par cette relation. « Faire le mal pouvait avoir un effet bénéfique sur la personnalité en nous affranchissant de l’univoque et en retrouvant le contact avec un être instinctuel édénique. Jung en vint à croire que ne pas céder à une pulsion sexuelle pouvait provoquer la maladie et même la mort. Et toutes ces idées, il ne cesserait désormais d’enjoindre aux autres de les mettre en pratique.»43

Par ailleurs Jung reste très flou sur la nosologie psychiatrique. Ses conceptions sur la santé et la maladie demeurent très imprécises. « De même la psychanalyse freudienne se limite à aider l’homme à prendre conscience, en le verbalisant, des contenus de son inconscient, la psychologie analytique de Jung ne vise qu’à permettre à l’homme de prendre conscience de sa part obscure et de l’assumer… Pour Jung comme pour Freud, la guérison consiste à établir un équilibre relatif entre des forces conflictuelles, la qualité éthique ou spirituelle de ces forces étant, en dernière analyse, sans importance. »44 

Confusion de l’anthropologie jungienne

L’anthropologie jungienne n’est pas acceptable pour un chrétien, car il y confusion permanente entre le psychologique et le spirituel, le divin et l’humain, le naturel et le surnaturel. Tous les repères de la tradition théologique chrétienne sont mis à mal. Tous les dogmes sont soigneusement détruits et remplacés par une dogmatique intransigeante qui définit le Soi, les archétypes, les notions de bien et de mal, la part d’ombre en soi ou Soi et en Dieu… La grâce, don de Dieu devient pour Jung, l’expression d’une force liée au dynamisme des archétypes. La transcendance est réduite à ce qui est inconscient. Jung sous prétexte d’intégrer la spiritualité et les religions, détruit tout dans sa tentative d’assimilation. « Pour Jung, la foi de l’homme se limite en réalité en la foi en sa propre expérience intérieure. » 45

« Puisque vous me demandez si je fais partie des croyants, je suis obligé de vous dire: non. 46»

Jung ne peut admettre une relation avec un Dieu personnel, puisque l’image de Dieu est un archétype qui est fluctuant en fonction des époques et des lieux. L’amour de Dieu de tout son cœur de toutes ses pensées et de toutes ses forces premier commandement, rappelé par le Christ, est absent dans toute l’œuvre de Jung, le second commandement, d’aimer son prochain comme soi-même, est tout aussi absent.

Jung est donc athée, gnostique, théosophe, jouisseur, hédoniste, il n’est pas chrétien.

L’inconscient spirituel

La notion même d’inconscient spirituelle existe depuis la plus haute Antiquité. Platon dans La République met les rêves en relation avec les désirs insatisfaits ou l’agressivité latente, la notion de ce que Freud appellera le refoulement n’est pas bien loin.

Les Pères de l’Eglise ont une autre analyse de ce même constat. Saint « Macaire note le caractère inconscient, pour la plupart des hommes, des effets en eux du péché ancestral : «  Le péché s’est introduit par la désobéissance d’Adam, et qui correspond à une certaine puissance spirituelle de Satan et à une réalité, a semé tous les maux. Sans être détecté, il agit sur l’homme intérieur et sur l’esprit, et il met la guerre dans les pensées. Mais l’homme ignore qu’il agit là à l’instigation d’une force étrangère. Il s’imagine que tout cela est naturel et qu’il s’agit de ses propres réflexions… Le monde est malade de la passion mauvaise et ne le sait pas. »… Saint Syméon le Nouveau Théologien constate dans le même sens, signalant que les passions sont non seulement le contenu de cet inconscient mais sa source : « Tel est l’emprise que les passions ont pris sur nous, tels sont l’enténèbrement et l’ignorance où nous nous trouvons, que nous ne sentons pas dans quel état nous sommes, que nous ne sentons pas que nous agissons mal. »47  Saint Macaire dit explicitement : « Le serpent ton meurtrier, se cache en dessous même de l’esprit et plus profondément que les pensées, dans ce que l’on appelle les chambres et les retraites de l’âme. »48

C’est pourtant là que se situe le vrai combat spirituel. Réécoutons saint Macaire : « Aussi longtemps qu’un homme est retenu dans les choses visibles de ce monde, entouré des diverses chaînes de la terre, entraîné par les passions mauvaises, il ne sait même pas qu’il y a un autre combat, une autre lutte, une autre guerre au-dedans de lui-même. C’est en effet quand un homme se lève pour combattre et se libérer de tous les liens visibles avec le monde… et qu’il commence à se tenir avec persévérance devant le Seigneur en se vidant lui-même de ce monde, qu’il peut connaître le combat intérieur des passions qui se lève en lui, la guerre intérieure et les mauvaises pensées. Comme on l’a dit : aussi longtemps que quelqu’un ne lutte pas, ne renonce pas au monde, ne se détache pas de tout son cœur de toutes les convoitises terrestres, ne veut pas s‘unir entièrement et sans réserve au Seigneur, il ne connaît ni les ruses des esprits de malice, ni les passions mauvaises cachées en lui. Mais il est étranger à lui-même, ne sachant pas qu’il porte en lui les plaies des passions secrètes. »49

Postface

Tout d’abord, il est nécessaire de distinguer les psychothérapies qui ont pour objet les maladies psychiques et la thérapeutique spirituelle dont l’Eglise a l’expertise. Cependant la vie psychique est largement tributaire de la vie spirituelle.

Quelques discernements doivent être faits :

  1. La thérapeutique spirituelle a comme objectif la santé spirituelle et le salut de l’homme en vue de sa vie éternelle et n’est pas un moyen de traiter les maladies psychiques.
  2. La thérapeutique spirituelle n’est pas l’apanage, d’un accompagnateur, d’un groupe, ou d’une méthode dite de guérison… Elle demande un discernement dans la durée et non dans l’immédiateté d’un ressenti. « Ce sont les événements qui sont nos maîtres » disait Bossuet.
  3. Le malade, c’est-à-dire chacun d’entre nous, doit participer à sa propre guérison, dans la foi et la raison, dans l’exercice quotidien des vertus cardinales, et l’accueil des vertus théologales par les sacrements, la Parole de Dieu et la mise en application dans la vie fraternelle.

Ne nous laissons pas abuser, s’il existe des points de convergence entre l’anthropologie chrétienne fondée sur le Nouveau et l’Ancien Testament, les Pères de l’Église, puis toute la tradition magistérielle, et les conceptions de Freud et de Jung, nombreux sont les points de divergences ou d’incompatibilité fondamentale.

Il est déplorable qu’aujourd’hui des auteurs que se disent chrétiens comme Anselm Grün, reçoivent, pour certains de leurs livres, les accréditations officielles de l’Église catholique du nihil obstat et de l’imprimatur, alors qu’ils sont objectivement hérétiques. Sous prétexte de dialogue, de bienveillance, de tolérance, ces livres sont toxiques, car ils mélangent les plans, induisent des confusions, sans jamais être repris par des Évêques, aidés par des théologiens, qui ont pour mission prioritaire d’être les gardiens du dépôt de la foi et de veiller à ce que le peuple qui leur ait confié reçoive de bonnes nourritures. Leur silence et leur bienveillance à cet endroit sont gravement préjudiciables.

La promotion inconsidérée de sessions d’ennéagramme dans les centres spirituels catholiques ou même par un évêque, est particulièrement préoccupante. Monseigneur Lebrun a béni les journées chrétiennes de l’ennéagramme dans son diocèse de Saint Étienne. L’ennéagramme est pétri de psychologie jungienne, même si celle-ci est rarement citée par ses promoteurs.

Bernard Dubois dans son dernier livre : « Chemins de guérison des blessures de l’enfance sur les pas de Thérèse de Lisieux », préfacé par Monseigneur Aillet 50 persiste et signe, malgré les mises en garde faite par une commission, diligentée par le conseil permanent de la conférence des évêques de France. Cette commission avait étudié les méfaits du « psycho-spirituel » en particulier dans la « doctrine » de Dubois et ses fâcheuses dérives, dans les sessions Agapè du Puy-en-Velay.

Ce ne sont que deux exemples, que nous pourrions malheureusement multiplier ; ils sont devenus courants, tant dans les communautés nouvelles que dans les communautés traditionnelles, fascinées par l’attirance de voir la psychologie enfin réhabilitée chrétiennement.

Une juste et saine reprise est nécessaire sur le plan doctrinal, car les conséquences pastorales sont déplorables. Les dérives innombrables et atteignent non seulement les personnes qui en toute confiance participent à ces sessions ou lisent ces livres, mais aussi leur entourage immédiat, parents, enfants, conjoints, amis qui ne comprennent pas les modifications de comportements, parfois les ruptures totales de relation que cela entraîne.

L’initié à ces pratiques voit le monde et les autres à travers ce prisme, il croit avoir tout compris des mécanismes de la psyché, des blessures qui seraient à l’origine des comportements, des compulsions, de la face obscure de l’âme. Son observation et sa mise en pratique ont des conséquences délétères. Il est curieux de constater que ces personnes ont une apparence de bienveillance, paraissent compréhensives, empathiques. Mais elles sont en réalité formatées et ne regardent l’autre qu’à travers des grilles d’analyse de l’ennéagramme ou de la psychologie freudienne ou jungienne, par exemple. Il s’ensuit une distanciation, une indifférence à l’autre qui est l’inverse d’une attitude fraternelle gratuite ou d’une réelle compassion. Nous retrouvons ce même type de comportement chez les personnes qui pratiquent la sophrologie, l’hypnose, la méditation de pleine conscience. Cela engendre des comportements débridés. Certains fondateurs de communautés ou initiateur de ces « méthodes » entrent dans la toute-puissance du pouvoir, de l’argent et du sexe. Et la majorité de leur « brebis » devient comme figées dans leur pensée et dans leur cœur. Une sorte d’indifférence les habite, comme si les émotions étaient inhibées. Une rupture relationnelle s’en suit, une étanchéité à toute affection et à toute compassion à leurs proches, parents ou amis, selon l’acception chrétienne. En apparence tout va bien, une certaine sérénité semble être acquise. Mais cette sérénité provoquée remplace la Paix que le Christ offre aux disciples dans le désarroi.

Un comportement que les Pères de l’Église ont bien observé dans le mécanisme de la chute. Ils décrivent trois aspects symptomatiques parmi les manifestations du Mal, le parasitisme, l’imposture, et la parodie. Le Malin vampirise ses victimes en se nourrissant des substances vitales de ses victimes ; et pour cela il prend toujours l’image du bien apparent, santé, richesse, beauté, pour les appâter. Enfin le Malin parodie le Créateur et construit son propre Royaume sans Dieu. Les Pères de l’Église ne spéculent jamais sur le mal, ils préfèrent dire d’expérience comment combattre le Malin. La Bible dénonce « l’homme d’iniquité » des derniers temps, le fils de la perdition qui se fera appeler Dieu51. Le prophète Isaïe avait déjà diagnostiqué cette entreprise: « Nous nous sommes fait du mensonge un refuge, et de l’illusion un abri. » L’homme devient étanche à toute altérité, celle de son prochain qu’il enferme dans son bocal conceptuel, et celle de Dieu, car il dit à son cœur : moi, moi seul, rien que moi ; il se fabrique un cœur qui lui donne l’illusion suprême : je suis Dieu.

Seul, le mystère de la Croix brise la cédule de nos enfermements dans le péché et nous donne la vraie Vie, Paix, Joie, et le Bonheur paradoxal des béatitudes pour l’éternité.

Bertran Chaudet

 Diacre permanent

Notes

1 Jean-Claude Larchet, L’inconscient spirituel, ed du cerf, mai 2005, p. 24,25.

2 Freud Introduction à la psychanalyse, Payot, coll. « Petite Bibliothèque », 1975, IIe partie, chapitre 18, p. 266-267.

4 Jean-Claude Larchet, L’inconscient spirituel, Ed du cerf, mai 2005, p. 35.

5 Jean-Claude Larchet, L’inconscient spirituel, ed du cerf, mai 2005, p. 35.

6 Freud, l’Avenir d’une illusion, Paris, 1995, p. 49-50.

7 Ib. P.32.

8 Jean-Claude Larchet, L’inconscient spirituel, ed du cerf, mai 2005, p. 38.

9 Freud, Essais de psychanalyse appliquée, Paris, 1952, p. 142.

10 Jean-Claude Larchet, L’inconscient spirituel, ed du cerf, mai 2005, p. 39.

11 Freud. Le malaise dans la culture, Paris, p. 18.

12 Ib.p. 18

13 Freud, Abrégé de psychanalyse, Paris, 1950, p. 5.

14 Jean-Claude Larchet, L’inconscient spirituel, ed du cerf, mai 2005, p. 42.

15 Jung, des rapports de la psychothérapie et de la direction de conscience, p.282.

16 Ib. p.291.

17 Jung et la croyance religieuse, dans La Vie symbolique, Paris, 1989, p. 161.

18 Lettre de Jung du 10.10.1959 à G.Wittwer.

19 Jung et la croyance religieuse, dans la Vie Symbolique, p.189.

20 Lettre de Jung du 20.06.1933 au D. Paul Maag.

21 Jean-Claude Larchet, L’inconscient spirituel, ed du cerf, mai 2005, p.56.

22 Jung, psychologie et religion, Paris, 1958. P.148.

23 Jung et la croyance religieuse, dans La Vie symbolique, Paris, 1989, p. 194.

24 Jung, des rapports de la psychothérapie et de la direction de conscience, p.287.

25 Jung, Psychologie et religion, p. 164.

26 Ib, p.93.

27 Ib, p.173.

28 Jung, Métamorphose de l’âme et de ses symboles, p. 123.

29 Jung et la croyance religieuse, dans La Vie symbolique, Paris, 1989, p. 192.

30 Jean-Claude Larchet, L’inconscient spirituel, ed du cerf, mai 2005, p.83..

31 Psychologie et religion. P. 114.

32 Lettre de Jung au pasteur W.Lachat …

33 Jung, La vie symbolique, p. 83.

34 Lettre au Révérend Erastus Evans.

35 Jean-Claude Larchet, L’inconscient spirituel, ed du cerf, mai 2005, p. 74.

36 Lettre de Jung du 05.011952.

37 Jung, Dialectique du moi et de l’inconscient. P. 254-255.

38 Les théosophes voient dans les gnostiques de l’Antiquité, mais aussi dans les alchimistes comme Jacob Boehme ou les illuminés du XVIIe s. comme Swedenborg ou Saint Martin, les pères fondateurs de la théosophie. La théosophie apparaît comme un courant philosophique mêlant du religieux, structuré en 1875 sous l’impulsion de Mme Blavatsky. La théosophie est un syncrétisme d’occultisme d’ésotérisme, de magie puisant dans la franc-maçonnerie, la Rose-Croix, les doctrines orientales. Elle se présente comme une alternative à l’emprise du catholicisme. Le New Age se nourrit de la théosophie.

39 Aleksander Posacki, sj, Psychologie et Nouvel Âge, Editions bénédictines, 2009, p. 96.

40 Ib. p. 97

41 Jung, Aïon, p.97.

42 Cité par Jung dans, Psychologie et religion. p. 154.

43 R. Noll, Le Christ aryen Paris 1999, p 81-108. Cité par Jean-Claude Larchet, L’inconscient spirituel, ed du cerf, mai 2005, p.93.

44 Jean-Claude Larchet, L’inconscient spirituel, ed du cerf, mai 2005, p. 98.

45 Ib. P.99.

46 Lettre de Jung au Dr Bernhard Lang. 1957.

47 Jean-Claude Larchet, L’inconscient spirituel, ed du cerf, mai 2005, p. 139.

48 Saint Macaire Homélies spirituelles XV, 21.

49 Ib, XXI, 4.

50 Ed. des Béatitudes, Nouan-le-Fuzelier (Loir-et-Cher)

51 2 Thes. 2,3-4.