Les soins esséniens

Objet : Demande d’avis sur les soins esséniens

Je me permets de solliciter votre avis sur les conseils d’une amie paroissienne, que vous avez déjà aidée, et qui m’a invité à consulter votre site web suite à une conversation que nous avons eue récemment ensemble.

Voici l’objet de mon questionnement :

L’une de mes amies, avec qui je discute régulièrement de questions de spiritualité, prend depuis quelques années des cours pour donner des soins esséniens. La définition qui est donnée de ces soins sur le site de référence est la suivante :

« Les soins esséniens sont une approche thérapeutique qui utilise le pouvoir guérisseur de la lumière et du son ainsi que le massage de points énergétiques dans le but de maintenir ou rétablir un équilibre harmonieux entre le corps, l’âme et l’esprit. Ces soins agissent en rétablissant la circulation de l’énergie qui a été perturbée par le stress, la maladie, les formes-pensées négatives et les difficultés de la vie quotidienne. »

http://sois.fr/therapie_essenienne/presentation_des_soins_esseniens/

[…]

Récemment, cette amie m’a proposé de me faire l’un de ses soins, afin de parfaire les techniques qu’elle apprend dans ses stages. Comme j’ai beaucoup d’affection et de confiance en elle, j’ai tout de suite accepté cette idée, mais en l’évoquant à mon amie de la paroisse, cette dernière m’a mis en garde contre ces pratiques, en m’avertissant qu’elles pouvaient ouvrir des portes au Malin, et causer des dégâts importants sur ma vie, celle de mes proches et de mes descendants sur plusieurs générations.

C’est fort de cet avertissement et sur son conseil que je me suis rendu sur votre site, en pensant y trouver quelques réponses ou éclaircissements. J’avoue ne pas comprendre quel pourrait être le lien entre ces soins prodigués dans un esprit de bienveillance, et les ouvertures occultes qui pourraient en résulter.

Je n’ai aucun doute sur le fait que le satanisme, le spiritisme, la magie noire ou les sciences occultes sont autant de portes ouvertes vers Satan, et doivent être bannis de notre vie de Chrétien. Cependant, sommes-nous ici dans ce cas de figure ? Comment pourrait-on expliquer que l’action humaine visant le rétablissement énergétique dans le corps d’autrui pour son bien puisse déplaire à Dieu et ouvrir des canaux vers Satan ? Le cas échéant, peut-on s’appuyer sur des bases bibliques qui pourraient en expliquer la cause ?

Aussi, avant d’aller plus loin dans la suite à donner à sa proposition, et connaissant maintenant votre intérêt pour ces sujets, je me permettais de vous envoyer un mail pour savoir si vous aviez un avis sur la question, et si, selon vous, la pratique des soins esséniens et le christianisme pouvaient cohabiter sans faille ou de façon indifférente, ou si au contraire les deux étaient incompatibles. En effet, il me serait fort regrettable de m’adonner à quelque pratique qui éloigne de Dieu, en en ayant été informé préalablement, et avec les éléments de compréhension qui s’imposent.

 

Bonjour…

Vous écrivez avec justesse : « Le satanisme, le spiritisme, la magie noire ou les sciences occultes sont autant de portes ouvertes vers Satan, et doivent être bannis de notre vie de Chrétien. ». Il faudrait ajouter que toutes les techniques énergétiques, quelles qu’elles soient : reiki, soins esséniens, etc. ouvrent vers le monde des ténèbres.

Car vous voyez bien, en fouillant le site d’Anne Givaudan dont vous me faites une citation, qu’on est totalement ailleurs ; on est dans le réseau multiforme du Nouvel Age…

Vous écrivez : « Comment pourrait-on expliquer que l’action humaine visant le rétablissement énergétique dans le corps d’autrui pour son bien puisse déplaire à Dieu et ouvrir des canaux vers Satan ? »Il ne s’agit pas d’une action purement humaine ; à partir du moment où l’on prétend se brancher sur l’énergie universelle, on est exactement dans le même cas de figure que pour le magnétisme, le reiki, ou la conjuration des brûlures… Ça marche tout de suite, parce que ceux qui tirent les ficelles derrière sont les puissances des ténèbres… Vous aurez donc dans un premier temps une sorte d’amélioration et de bien-être, et dans un deuxième temps, une « gamelle », un problème directement spirituel, car vous avez ouvert la porte.

Cette Anne Givaudan a collaboré avec Daniel Meurois ; et la liste des livres publiés par cet homme (dont « Visions esséniennes ») nous donne des nourritures encore plus ésotériques… Un ami écrivait, à la lecture de la 4° de couverture :

«  Nous sommes en plein délire essénien. Pas celui de Ernest Renan dans sa vie du Christ qui disait : « Le christianisme est un essénisme qui a réussi ». En fait là il s’agit d’un syncrétisme caricatural réunissant la kabbale juive et ses sephiroth, et un ésotérisme théosophe avec les chakras et leur purification. Un montage ésotérico mystico nébuleux qui semble faire quelques adeptes. Un délire sur le plan historique et une escroquerie pour le reste. Il y a une médecine essénienne issue de ce délire, particulièrement efficace quand on n’a rien, et toxique si l’on est réellement malade… »

Voyez aussi : http://www.esseniens.com

http://sois.fr

Fouillez les sites, regardez les images, lisez les titres des publications…

Tirez-en vous-même les conclusions.

Bien cordialement.

DA

Quantique : mécanique. Médecine ?

Bernard de Fornel, auteur de cet article, est de formation : ingénieur, docteur es Sciences, Professeur honoraire de l’Institut National Polytechnique de Toulouse; et membre de la Pastorale Nouvelles Croyances et Dérives Sectaires du diocèse de Toulouse depuis 1992.

Ouverture

Au début du 20° siècle

les objets de notre quotidien,  —>   sont expliqués par la physique classique

Pour les atomes, ces lois           —>   ont des résultats non conformes  à la réalité

La mécanique Quantique  explique :

– le rayonnement des étoiles,

– Le comportement des atomes et de la lumière

– …

Elle a permis le développement  d’applications :

– les ordinateurs,

– les supraconducteurs

– L’énergie nucléaire…

Les évènements, décrits par la théorie quantique sont

# contre-intuitifs

# paradoxaux

# irrationnels

comparés à la réalité de tous les jours.

La Mécanique Quantique(MQ)  intéresse,

en raison des indéterminations, les adeptes

> du paranormal,

> des médecines parallèles,

pour une confirmation rationnelle

de leurs croyances. 

La médecine quantique  veut expliquer  les phénomènes psi :

> les PES (Perception Extra Sensorielles),

> la voyance

> la croyance  que la conscience humaine  contrôle toute la réalité.

Les phénomènes macroscopiques et microscopiques

obéissent-ils aux mêmes lois ?

La Mécanique quantique  explique-t-elle 

des phénomènes paranormaux ?

 

Autour du « quantique » on assiste à :

Des surinterprétations,

Des incompréhensions,

L’entretien de faux mystères…

 

1. CARACTÉRISTIQUES DE LA MÉCANIQUE QUANTIQUE

  1. Le principe de superposition

Le mouvement des objets du quotidien (ex d’un ballon) est défini par :

  • position,
  • vitesse linéaire,
  • vitesse de rotation
  • énergie …

quantités bien définies même si  ennes ne sont pas toujours très précises.

Une particule microscopique, mélange de plusieurs états,  peut  :

  • Avoir deux vitesses,
  • Etre à deux endroits différents à la fois.

Exemple macroscopique: Le chat de Schrödinger à la fois mort et vivant !

|Chat> = | Mort > + | Vivant >

Pas réaliste, car ce principe  ne s’applique

qu’à des objets microscopiques. 

 

2. L’indéterminisme de la mesure

La mesure des propriétés des objets macroscopiques (ex d’un ballon), selon sa précision, suit des lois déterministes

Soit un électron allant à la fois à 1000km/h  et 2000 km/h :

|électron> = |1000 km/h > + |2000 km/h >

On mesure sa vitesse , mais sans savoir à l’avance laquelle des deux nous allons obtenir.

Le résultat est probabiliste.  Pas de répétition identique de l’expérience, même si les conditions de la mesure sont identiques.

Les physiciens classiques ont supposé que la nature était déterministe .

En mécanique quantique, il existe un indéterminisme fondamental  ou

plutôt un résultat imprévisible parmi plusieurs possibles

Les résultats des mesures dépendent de la mesure.

Nous sommes dans le domaine des probabilités.

 

3. La dualité onde-corpuscule

En mécanique quantique, les états sont superposés

Une particule a une infinité d’états à la fois avec un champ de probabilités

P(x,y,z)

associé à chacun des états.

La particule n’est plus un corpuscule localisé, mais décrite par ce champ

qui  évolue dans le temps, pn parle  d’ondes électromagnétiques.

Louis De Broglie a proposé la dualité onde-corpuscule.

La lumière est faite d’ondes électromagnétiques et de photons.

Courbe rouge : répartition spatiale de l’amplitude probable de l’onde électromagnétique.

4. L’effet tunnel

Si vous lancez un ballon de foot contre un mur, en général

il va rebondir, il ne traverse pas le mur.

Les ondes sonores traversent les murs, en étant atténuées.

Si un électron, arrivant sur un obstacle, est décrit par une onde,

une partie de cette onde  passe de l’autre côté de l’obstacle.

C’est l’effet tunnel,

Dans le monde quantique,

mais ne se produit pas dans le monde macroscopique.

Il explique le principe de la radioactivité.

Courbe rouge : amplitude probable de l’onde devant et derrière l’obstacle

 

5. L’intégrale de chemin

En mécanique quantique, les particules peuvent

  • être à plusieurs endroits à la fois
  • et suivre plusieurs trajectoires à la fois !

Expérience de la double fente de Young.

Electrons envoyés sur un écran  avec deux fentes A et B.

Quand l’électron semble passer principalement par la fente A:

  • une partie essaye aussi de passer par la fente B
  • sa trajectoire dépend du fait que la fente B soit ouverte ou fermée.

Une particule quantique allant d’un point à un autre,

passe par tous les chemins possibles reliant ces deux points

on parle « d’ intégrale de chemin ».

Intégrale des chemins possibles affectés chacun de sa probabilité.

 

6. La quantification

Pour les particules microscopiques, les caractéristiques ne sont pas continues et font des sauts de valeur.

Elles sont quantifiées.

Un atome d’hydrogène a des états d’énergie définis.

Il est impossible de lui donner une énergie intermédiaire entre ces valeurs  

Une corde de guitare, attachée aux deux extrémités,

  • ne peut vibrer qu’à certaines fréquences. 
  • Les sons émis ne prennent pas des valeurs intermédiaires !

 

Les fréquences de vibration de la corde sont les multiples d’une fréquence fondamentale (n=1).

Les niveaux d’énergie sont représentés par les trajectoires pointillées, multiples de l’énergie minimale.

7. Le principe d’incertitude de Heisenberg

Caractéristique la plus étrange.

Il existe des contraintes sur la superposition des états:

Pas de connaissances exactes en même temps

de la position,  et de la vitesse d’une particule.

Plus sa position est bien définie, plus sa vitesse est incertaine, et réciproquement.

Analogie avec le son défini par

  • son intensité
  • ses fréquences (spectre de fréquences).

Un son ne peut pas être à la fois localisé dans le temps et en fréquence.

La situation est analogue pour la lumière.

Sorte de phénomène d’incertitude  ou d’imprévision

 

2. DE LA MÉCANIQUE QUANTIQUE À LA MÉDECINE QUANTIQUE

Les affirmations sont les mêmes

chez tous les « thérapeutes quantiques »

 Les affirmations

1. La physique quantique explique une « communication intercellulaire »

Les échanges entre nos cellules  ne sont pas  biochimiques mais sont constitués par

des informations électromagnétiques.

La maladie est:

une imperfection ou une rupture d’information. 

Les thérapies quantiques  rééquilibrent un organisme  défaillant.

La communication est basée sur l’échange de biophotons

 

2. Dualité onde/particule = analogie de la dualité corps / esprit

 Par cette dualité,  il y aurait un réveil des énergies nouvelles, fortement curatives. 

Hypothèse:  par ces ondes, communication entre cellules et organes

 

3. Le principe d’incertitude de Heisenbergentraîne un indéterminisme

La science n’est pas suffisante pour tout connaître.

Chopra propose l’Ayurveda(textes sacrés indiens pour compléter la connaissance).

La médecine quantique joue sur cet indéterminisme synonyme pour elle de flou, de subjectif, donc ouvert à toutes les interprétations

4. L’observateur a un rôle en mécanique quantique, donc la conscience influence la matière

 L’observateur peut décider la guérison.

Pour les thérapeutes quantiques : la pensée humaine a formé l’univers.

Fritjof Capra affirme: la mécanique quantique confirme des enseignements des mystiques orientaux :

La conscience humaine inextricablement liée à l’univers    ——>    tout indivisible, tout est lié, dimension holistique.

Surinterprétation de la Mécanique Quantique.

Aucune vérification et caution scientifique  

5. Equation d’Albert Einstein E = mc2 , traduite par « la matière est une forme condensée d’énergie »

 Notre corps est un potentiel d’énergie, « c » étant la vitesse de la lumière; pour un poids moyen, on arrive à un potentiel énorme d’énergie.

Les thérapies  sont basées sur l’usage de petites doses de radiations électromagnétiques appelées « quanta d’énergie »,

D’où le nom de médecine quantique qui prétend :

Les émissions électromagnétiques procureraient une capacité d’auto-guérison.

 

6. Intrication = tout est lié

En méca quantique :deux particules issues d’une même origine sont dans des états dépendants; quelle que soit leur distance, un changement sur l’une provoque une modification sur l’autre.

En médecine quantique :tout est lié en un immense cosmos ; une action sur une partie crée une action sur le tout ; en conséquence, les actions à distance et les capacités psychiques de guérison seraient donc possibles, etc.

 

Implications gigantesques

L’esprit serait source de toute chose et créateur de  tout :

  • la pensée et l’être,
  • le sujet et l’objet,
  • le réel et l’idéal,
  • l’humain et le divin,

tout est Un.

D’où des perspectives colossales

Votre conscience, vos penséesne vous appartiennent pas,

mais appartiennent respectivement à la conscience et aux pensées de l’esprit cosmique qui pense en vous.

D’où des capacités, des performances, des perspectives colossales…           

 

Mon corps quantique

A. Relations informationnelles et énergétiques

Mon corps fait remonter les informations à ma conscience

Une immense connaissance se cache en moi. Les pensées fabriquent la machine que je suis d’où un potentiel infini de développement

Nos cellules emplies d’informations

 vibrent et interagissent entre elles et avec celles du monde.

Dimension quantique où tout est lié (intrications)

Nous sommes tous membres d’un même organisme.

Les pratiques corporelles  agissent sur la structure énergétique du corps.

Mes sensations sont des signaux indiquant les plus justes choix pour guérir

 

 

B. Notre corps est régi par des lois d’harmonie universelle

Nos cellules émettent et reçoivent des

ondes électromagnétiques avec des biophotons

Notre santé est déterminée par

 les composantes ondulatoires et  informationnelles de l’organisme.

La maladie est une  dissonance dans l’harmonie universelle.

L’action est faite sur le champ électromagnétique entourant et pénétrant nos corps énergétiques

La correction de l’information dys-harmonieuse se fait par

un apport spécifique d’énergie

Nous avons en nous un processus naturel d’auto-guérison.


C. Alimentation quantique

Les radiations des aliments interagissent sur nos vibrations propres et sur l’assimilation

Le bioscope est un microscope  mesurant les vibrations  autour de tout système biologique, en captant les résonances atomiques de l’aliment

Les vibrations extérieures perturbent les vibrations internes des aliments.

La manière de cuire, d’éplucher… peut détériorer le taux vibratoire

La biocompatibilité des aliments avec notre organisme est l’harmonie entre les champs vibratoires. Chacun sent ce qui est bon pour lui

Nécessité d’une relation consciente

et cohérente avec nos aliments 

 

D. Homéopathie, médecine quantique

L’homéopathie se préoccupe des

symptômes manifestés par le malade.

La science n’a jamais  démontré la validité et le secret de l’homéopathie  —  le secret résiderait dans l’eau.

Hypothèse quantique:

les molécules d’eau, le vide et les photons dans les champs de  force vibrent de concert et se comportent comme une seule entité.

D’où cohérence quantique sur une très petite échelle

avec stockage et décodage de l’information homéopathique.

 

Mon esprit quantique

A. Nous sommes tous reliés

Principes quantiques : intrication, non-localité, non-séparabilité… d’où un autre monde qui expliquerait les expériences de conscience modifiée

Principes quantiques : le tout relié, intrication, le rôle de la conscience dans l’observation, la dualité onde-particule, les sauts quantiques expliqueraient le Chamanisme et les NDE

Si nous sommes des créatures conscientes,

c’est parce que le cosmos pense

Toutes les choses seraient enracinées dans un domaine inaccessible

D’où : l’esprit fabrique la réalité

Nous sommes frères et sœurs de la conscience.

Ainsi ce que je fais à l’autre, je le fais à moi-même

 

B. Influence de l’Esprit sur la matière

La physique quantique sonderait :

l’intimité de la matière  et les pouvoirs méconnus de notre esprit

La Psychokinésie – Expériences

L’observateur influence le système mesuré (principe de Heisenberg), donc

  • tout système physique est en relation holistique avec l’Univers.
  • l’esprit influe sur la désintégration d’atome radioactif (serait vérifié par les mesures avec un compteur Geiger)
  • tout changement quantique dans un système implique un changement quantique dans un autre (Cohésion universelle – intrication)

Cela expliquerait  les actions à distance (Expériences de Girard)

En parapsychologique :

expérience avec les dés ou des générateurs de nombres aléatoires (GNA).

Les différences entre résultats et statistiques 

seraient dues à  l’influence de l’esprit

 

C. Explication quantique de la voyance

En méca quantique : les particules sont dans des états superposés 

En médecine quantique : existence d’une autre dimension du réel où les relations de cause à effet seraient abolies, ainsi

des esprits pourraient capter des choses échappant aux autres. 

Citation d’ Olivier Costa de Beauregard :

« Une autre dimension imprégnerait l’univers, reliant les points les plus éloignés et les plus proches, rassemblant passé, présent, futur dans un même instant immuable… L’éternité, dans les catéchismes des grandes religions ».

Les voyants, grâce à leur mystérieux 6ème sens dans  cette dimension,

devineraient le futur et le passé dans le présent.

Assertion sans vérifications ni expérimentations scientifiques :

la physique quantique permet de prouver l’existence

de tous les phénomènes paranormaux 

 

 

D. Je crée ma réalité

Pensée quantique :

on ne subit plus son passé, son destin. Nous sommes créateurs de notre réalité.

Nos cerveaux (tête, cœur et ventre)  envoient des ondes:

Par résonance quantique,   les autres sont conditionnés par nos champs informationnels.

Paradigme quantique :

  • Par notre intention nous sélectionnons le scénario à vivre.
  • Nos croyances peuvent limiter nos possibles (nécessité de les remettre en cause)
  • Reprendre la maîtrise et la responsabilité de ce que l’on vit.

Pour changer le quotidien :

  • transformer nos informations,
  • quitter nos « autoroutes inconscientes » (nos habitudes),
  • lâcher notre projet dans le champ quantique ?

Ouvrir de nouveaux chemins créatifs

pour nous et pour le tout.

 

 

E. Expérience de mort imminente (NDE)

Les témoignages sont assez concordants sur une suite d’événements tels que :

  • Flottement avec observation du corps
  • Traversée d’un tunnel,
  • Lumière très grande,
  • Présence quelquefois de personnes proches décédées
  • Retour dans son corps et changement important de la personne.
  • Conviction d’être relié aux autres,
  • Sentiment de plénitude, de fusion avec le tout

Ils rappellent les principes quantiques d’intrication, de non séparabilité…(?)

On en déduit les capacités quantiques de la conscience 

 

F. Le chamanisme est-il quantique ?
  • Il existerait différents plans de la réalité, reliés entre eux, des plus subtils aux plus denses.
  • Les chamanes,

sont des intercesseurs entre ces mondes avec conscience expansée,

quittent leur corps physique

voyagent dans le réservoir infini des énergies et informations de l’Univers,

     où tout est relié hors du temps et de l’espace, qui est le monde quantique.

  • Il existe un web cosmique à l’intérieur de notre conscience.

  • Le breuvage Ayahuasca :

placerait notre cognition en mode aléatoire

ouvrirait notre conscience à  la méta-mémoire extratemporelle.

  • Expériences de la puissance de l’esprit sur la matière

 (en physique quantique :  influence de l’observateur sur l’objet observé).

Le réel,  gigantesque plat de spaghettis de lignes temporelles qui,

par notre conscience,  bifurque  pour chacun et pour le Tout

(Citation trouvée sur un site quantique)

 

 

3. QUELQUES PRATIQUES QUANTIQUES

A. La bio-résonance en médecine quantique

Faire des bilans de terrain,

repérer   des « anomalies électromagnétiques » au sein des organes

les rectifier par des signaux de très faible intensité.

Par ces signaux, le système biologique passe d’un état instable (pathologie)

à un état d’équilibre physiologique stable (santé).

Bio-résonance endogène : signaux venant de l’individu et remodelés par système électronique

Bio-résonance exogène :  signaux issus de générateurs de fréquences extérieurs.

Systèmes d’analyse et traitement par scanner.

le Metatron, de l’institut de psychophysique de Omsk,

le MoRa utilisé en morathérapie : système de biorésonance endogène.

NB : Voir l’e-book sur la biorésonance

B. Les thérapies et soins quantiques

Les thérapies basées sur les sciences quantiques intègrent

  • la physique quantique
  • l’expérience millénaire de la médecine orientale ayurvédique

Le quantique influence toutes les fonctions de l’organisme, 

  • les cellules,
  • les tissus,
  • les organes,
  • la dimension spirituelle
  • les niveaux de conscience de l’individu.

Les « champs énergétiques » organisent et contrôlent notre corps:

  • la « ré-information » mentale,
  • la « ré-information » cellulaire, ADN, et autres…
  • l’équilibrage énergétique.

C. Comment se déroule une séance de soin quantique

Un soin quantique consiste à  se reconnecter à la conscience pure . L’intention est à l’origine de toute création, l’énergie suit l’intention.

Déroulement

  • Evaluer les croyances, la conscience, les attentes, les dysfonctionnements et certains mécanismes inconscients
  • Identification des thèmes ou domaines à travailler

Entrer en contact avec « l’être »    —>    information juste

  • Etablir des affirmations pour inverser de manière quantique les problématiques  en potentiels… jusqu‘au changement
  • Me mettre dans la vibration primordiale

laisser les corps s’accorder comme des « instruments de  musique »…

  • Fin du soin quantique  par un débriefing pour accompagner la personne dans son développement personnel et spirituel…

 

Conclusions

  • On part de croyances et on construit des raisonnements subjectifs en analogie avec la physique quantique (discours performateur).  Cette manière de faire est l’inverse de la démarche scientifique
  • Les comportements du monde microscopique ne se traduisent pas dans le monde macroscopique (ballon, chat de Schrodinger…)
  • Le pouvoir de création de l’esprit humain, de la conscience est une croyance et non un fait scientifique
  • Les thérapies quantiques guérissent toutes maladies (l’autisme, la schizophrénie…). Elles procurent une capacité d’auto-guérison. Aucune expérience scientifique ne le prouve
  • Il n’y a aucune preuve que la mécanique quantique explique les phénomènes paranormaux. Là aussi on est dans le domaine de la croyance.
  • Précisons que toute croyance est respectable, mais qu’on ne peut habiller une croyance avec un discours pseudo-scientifique, sans passer par l’utilisation des méthodes scientifiques classiques basées sur l’expérience et les mesures.

Bernard de Fornel, Mars 2018

Bernard de Fornel est de formation : ingénieur, docteur es Sciences, Professeur honoraire de l’Institut National Polytechnique de Toulouse;

et membre de la Pastorale Nouvelles Croyances et Dérives Sectaires du diocèse de Toulouse depuis 1992.

 

 

 Références

Richard Feynman, Le Cours de physique, tome 3 – Mécanique quantique, Dunod (2003)

Les 7 merveilles de la physique quantique,sept 2013 https://sciencetonnante.wordpress.com

Revue Kaizen, Hors série n°10,  « Souffle Quantique »

Les thérapies quantiques revisitent la physique quantique  par Brigitte Axelrad – SPS n°303, janvier 2013

Confusion quantique, la physique moderne confirme-t-elle le paranormal ?Sciences des Religions 12 mars 2015

La médecine quantique, médecine de l’invisible.Pierre Dassigny Psychologue 45

Quantox : l’art d’accommoder le mot quantique à toutes les sauces.Richard Monvoisin,  GEMPPI n°84, Janvier 2010

Promesses et illusions de la médecine quantique,par Jacques Benjamin Boislève, Santé Vivante, le 18 juillet 2013

Thérapie quantique : la Biorésonance,par Christiane Carceles

Informations venant de nombreux sites de Médecine quantique.

 

Pour télécharger l’e-book, se rendre à la page e-books

Le Reiki

Parmi les « nouvelles techniques thérapeutiques » ayant recours aux principes taoïstes, une des plus connues et vulgarisées est le Reiki. On peut la prendre comme modèle de médecine alternative énergétique fondée sur les principes de la philosophie chinoise et japonaise.

Table des matières : 1. La naissance du Reiki — 2. La force universelle de vie — 3. Les initiation — 4. Un projet théurgique — 5. Vers un discernement — 6. La position des évêques américains (2009) — 7. Quelques documents et témoignages — 8. Quelques définitions du reiki donnés par des praticiens de la Sarthe.

1. La naissance du Reiki [1]

Mikao Usui (1864-1926) était professeur de théologie et prêtre chrétien japonais, né le 15 août 1864. Il dirigeait la petite université de Doshiha à Kyoto, au Japon. Un jour un de ses étudiants lui demanda de lui faire voir les miracles accomplis autrefois par Jésus. M. Usui ne put répondre à la demande, mais de ce jour, il s’intéressa à la question et chercha à découvrir sur quoi se fondaient les miracles accomplis par Notre Seigneur. Il reprit même des études à Chicago, apprit l’hébreu et le grec pour étudier les textes dans leur langue originelle, mais il ne parvint pas à découvrir comment Jésus opérait ses miracles.

Découragé, il rentra au Japon ; il lui restait cependant une ressource : il consulta les textes bouddhistes, car Bouddha avait lui aussi semble-t-il un pouvoir de guérison. La légende nous dit que M. Usui étudia le sanskrit pour lire les textes du bouddha dans la langue originelle. Enfin ses efforts assidus furent couronnés de succès : il découvrit des notes qu’un disciple du Bouddha avait prises, et qui décrivaient comment le Bouddha guérissait.

Or le document présentait une série de symboles, qu’Usui ne savait comment utiliser. Il décida d’entreprendre une retraite de vingt et un jours sur le mont Kurama, trois semaines pendant lesquels il jeûnerait, méditerait et invoquerait la force divine. Au terme de cette retraite, le vingt et unième jour, il vit fondre sur lui une boule de lumière d’une intensité indescriptible, et tomba dans une transe profonde. Des milliers de bulles multicolores se mirent à danser devant ses yeux. Il vit que certaines d’entre elles étaient translucides et renfermaient les symboles qu’il avait découverts dans les manuscrits. Immédiatement, il sut intuitivement ce que signifiaient ces symboles et comment les utiliser.

La vie et le savoir du Maître se transmirent oralement jusqu’en 1982, date à laquelle remontent les premières publications concernant le Reiki.

 

2. La Force universelle de vie

Reiki est un mot japonais qui désigne à la fois une force — la force universelle de vie -, un savoir, issu de la connaissance initiatique de cette force, et un ensemble de techniques concernant la transmission de cette force. Il s’agit d’un terme d’origine shintoïste, qui désigne quelque chose qu’on ne voit pas mais que l’on sent. Nous sommes donc dans le domaine de la perception subtile et de l’intuition.

Reiki est l’énergie non pas personnelle, mais l’énergie-lumière, vitale, pure, une, en tant qu’énergie cosmique. Les premiers disciples du Dr Mikao Usui ont traduit Reiki par « force universelle de vie ». Le Reiki correspond donc au T’Chi chinois, au prâna hindou. On peut même trouver dans la série des analogies : l’Esprit Saint chez les chrétiens ! Ce qui nous met d’emblée au cœur de la confusion entre la nature et la grâce, confusion récurrente dans le contexte naturaliste où se développe le Reiki. Niant la transcendance du Dieu personnel judéo-chrétien, les différents naturalistes divinisent en effet les énergies créées, immanentes à ce monde, et ignorent tout de la grâce surnaturelle, proprement divine.

Les tenants du Reiki font le parallèle entre le début du livre de la Genèse, et la doctrine shintoïste, selon laquelle au début était la force originelle t’chi, qui s’est manifestée sous forme de son, et a créé le monde dans lequel nous vivons. Selon cette doctrine, tous les êtres seraient des manifestations de la force divine (émanationnisme). Plus nous nous ouvrons à elle, plus nous nous immergeons dans la vie cosmique. Le Reiki dispose précisément de plusieurs moyens permettant de canaliser l’énergie-lumière sur le corps physique, mental et spirituel d’une personne.

La personne qui s’initie au Reiki se laisse remplir de cette énergie et devient un canal de transmission de cette même énergie. La force et le cheminement du courant d’énergie dépendant totalement des besoins du récepteur.

L’énergie elle-même, dotée d’une intelligence plus vaste que la nôtre, sait ce dont le récepteur a besoin. Le Reiki est sensé guérir tous les niveaux de l’être : physique, mental, spirituel ; il se rattache explicitement au courant de pensée holistique qui caractérise le Nouvel Age.

Le Reiki nous dit-on, est aussi un moyen très efficace de se vider de toute pensée et de communier dans l’ici et le maintenant avec ce qui est « un ». L’adepte se met en état de médiumnité pour recevoir le Reiki, puis lorsqu’il le transmet, il infuse cet état de médiumnité à celui qui en « bénéficie », le préparant ainsi à devenir à son tour transmetteur du Reiki. C’est dans cet état de médiumnité que l’adepte devient réceptif aux entités du monde occulte, et qui sont les véritables agents des effets obtenus par la pratique du Reiki.

Ce mystérieux pouvoir de se donner et de transmettre aux autres l’énergie universelle, est transmis au cours de plusieurs initiations successives, au cours desquelles la personne reçoit non seulement une connaissance supplémentaire, mais surtout une imposition des mains de la part d’un initié supérieur. Cette opération magique met l’adepte en contact avec l’entité astrale qui collabore avec le Maître. Celui-ci transmet donc à l’adepte non seulement le Reiki et le pouvoir de le communiquer à son tour, mais il le met également en « lien » avec l’esprit occulte qui lui fournira désormais ses pouvoirs.

 

3. Les initiations

Le transmetteur de cette énergie cosmique doit se retirer en tant qu’individu, volonté, énergie personnelle, et devenir un bambou vide (état de médiumnité), un canal dans lequel pourra se déverser l’énergie de vie — ajoutons : et par lequel pourront librement agir les esprits du monde astral qu’il aura invoqué.

Les symboles du Reiki permettent de se « brancher » sur la fréquence de la fameuse énergie. Ces symboles se transmettent par voie orale, au cours du rite d’initiation au cours duquel l’adepte peut expérimenter l’énergie invoquée. Chacun de ces symboles correspond à un « esprit » particulier. L’utilisation du symbole dans le contexte d’un rituel approprié équivaut à une invocation de la dite entité.

L’initiateur ouvre un canal sur le sommet de la tête et dans les mains de l’adepte. L’énergie Reiki peut ainsi se déverser dans le corps par le sommet du crâne et se diriger vers les mains par lesquelles elle peut à nouveau se déverser dans un organisme — celui de l’adepte ou celui de quelqu’un d’autre. Ce canal demeure toujours réservé à cette seule énergie qui coule toujours dans le même sens.

« Vous tenez entre vos mains le pouvoir de « guérir », c’est-à-dire de rétablir l’équilibre et l’harmonie dans n’importe quel organisme humain ou non, le vôtre, celui de vos proches, de vos plantes, de vos animaux domestiques, mais aussi de n’importe quel organisme abstrait dans le sens d’ensemble organisé tel que la famille, le groupe de collègues, etc. »

Le système du Dr Usui prévoit trois degrés d’initiation.

1- Le premier consiste à ouvrir le canal par quatre initiations successives. Puis le maître vous montre comment poser les mains sur votre corps et sur le corps d’une autre personne. Avec la quatrième initiation qui a lieu en fin de week-end, le processus de nettoyage est en principe terminé, le canal est scellé et vous repartez avec ce nouveau trésor qui demeurera avec vous pour le restant de votre vie.

Après le week-end, il est bon de pratiquer aussi souvent que possible, car plus on donne du Reiki, plus l’énergie coule abondamment en nous. L’énergie s’intensifie dans la mesure où nous l’utilisons.

2- Le maître discerne qui est admissible à la seconde initiation. Le second degré prévoit deux initiations ainsi que l’apprentissage de clefs pour :

– augmenter l’efficacité des traitements ;

– intensifier le flux d’énergie ;

– effectuer des traitements mentaux et des traitements à distance.

L’explication suivante concernant cette seconde initiation, introduit aux fameuses « entités » annoncées :

« Lorsque l’initié aura suffisamment progressé, quand ses organes occultes auront pris forme, il faudra alors imprimer dans le corps éthérique ce qui avait été modelé dans le corps astral par la première initiation. Ce sera le second pas de l’initiation, celui que j’appellerai « illumination » : un monde spirituel apparaît alors autour de l’homme. Un monde caractéristique, car ce qui se passe dans le monde spirituel ne s’exprime pas comme le font les choses physiques, mais uniquement en images, en symboles, qu’il faudra déchiffrer, comprendre. Puis viendront les sonorités perceptibles à l’oreille spirituelle. Puis viendront les êtres spirituels, discrets tout d’abord, furtifs. Enfin, l’initié aura accès à la vie de ces êtres, c’est-à-dire à tout un égrégore dans lequel il pourra puiser une connaissance absolue. »

Ce commentaire affirme donc clairement que le but des initiations est de mettre l’adepte toujours plus explicitement en communication avec les « êtres spirituels » qu’il découvre progressivement, car ce sont eux qui communiquent à l’adepte ses pouvoirs. L’ensemble de la présentation permet d’identifier sans aucune hésitation ces fameux « êtres spirituels » : il s’agit d’entités du monde astral, que la tradition chrétienne classe parmi les esprits diaboliques.

3- Le troisième degré donne la capacité de donner des initiations, après avoir assisté un maître durant quelque temps. Il est même possible de recevoir une initiation à distance. L’explication donnée est tout à fait cohérente et intéressante :

« Comment fonctionne une initiation à distance ? Exactement comme une initiation sur place, en effet toutes les initiations se passent dans l’astral, et le maître qui initie en respectant un rituel précis approprié, n’est qu’un relais entre le monde physique et l’astral. »

4. Un projet théurgique

La plupart des écoles initiatiques contemporaines adoptent la terminologie du Tantrisme, et expliquent l’accès aux états modifiés de conscience en termes d’ouverture des chakras et action des mantras. Le Reiki ne fait pas exception :

« L’initiation produit des effets précis, tels que l’élévation du feu sacré de la base de l’épine dorsale vers celui des centres qui sera l’objet d’une attention particulière : le cinquième, le sixième ou le septième chakra. Ce chakra sera alors intensifié, et verra sa vitesse rotatoire augmentée. Le maître prononce alors « le mot », ou « la phrase » correspondant à ce degré d’initiation, et la force est ainsi précipitée vers les centres psychiques de l’initié, pour être absorbée par les centres éthériques. »

De même l’imposition des mains sur les patients se fait au niveau des chakras.

L’initiation est supposée mettre l’adepte en contact direct avec l’agent universel, dont il pourra désormais disposer ; plus exactement : dont il pourra désormais solliciter la collaboration.

L’omnipotence de l’initié peut ainsi être considérée par analogie, comme une sorte de reflet de l’omnipotence divine, par fusion avec la Force divine immanente à la nature.

Le document traitant du Reiki confirme la finalité des initiations successives :

« Le but de tout cela ? Devenir le « Je suis », nom de l’entité divine, du principe christique de l’homme, de l’entité dont il ressent en lui une goutte, une étincelle, quand il peut dire quand on lui demande « qui es-tu ? » et qu’il peut répondre « je suis ! » »

Le Reiki se situe donc bien dans la perspective théurgique — auto-divinisation de l’homme — que nous retrouvons dans les doctrines ésotérique et occulte. Ce qui n’empêche pas les tenants du Reiki d’affirmer :

« Le Reiki n’est pas une religion, il ne repose sur aucun dogme ou doctrine, il n’est en fait qu’une très ancienne science curative, tombée dans l’oubli depuis des millénaires, et que le Dr. Usui redécouvrit dans l’ésotérisme des soutra tibétains. »

5. Vers un discernement

Ce bref aperçu suffit pour se convaincre que le Reiki est une pratique occulte, qui se fonde sur les grands principes de la magie :

– invocation des esprits du monde astral dans le but d’exercer avec leur collaboration des pouvoirs thaumaturgiques,

– sur l’horizon d’un mysticisme naturaliste prétendant que l’homme est une émanation de l’énergie divine omniprésente et

– qu’il peut dès lors prétendre à l’omniscience et omnipotence divine ; il lui suffit pour cela d’acquérir la maîtrise de l’énergie dans laquelle il est immergé et dont les initiations successives lui font prendre conscience.

Inutile de préciser qu’il est impossible de concilier une telle pratique magique,

– qui nie la transcendance divine ;

– qui affirme la divinité naturelle de l’homme, et rend ainsi inutile tout recours à un Sauveur ;

– dont l’efficacité se fonde tout entière sur une alliance avec les esprits des ténèbres, contactés au cours d’un rituel initiatique occulte,

avec une vie chrétienne qui se veut fidèle à la Révélation (Écriture, Tradition, Magistère).

Il n’est pas étonnant non plus que ce genre de pratiques, qui tirent leur « efficacité » de la collaboration avec les esprits des ténèbres, conduisent à moyen ou long terme, à différentes formes d’aliénation — psychique ou spirituelle.

 

6. La position des évêques américains[2]

La pénétration du reiki dans les centres spirituels et les institutions de soins catholiques, a amené les évêques américains à réagir par une prise de position publiée en 2009, « Lignes directrices pour l’évaluation du Reiki en tant que thérapie alternative ». Le texte, élaboré par le Comité doctrinal de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB), présidé par Mgr William Lori, évêque de Bridgeport, Connecticut, a été approuvé vendredi par le Conseil d’administration.

« Le Reiki, une médecine alternative japonaise, manque de crédibilité scientifique et n’est pas compatible avec la foi chrétienne ; il ne peut donc être accepté dans les institutions de soins de santé catholiques ».

D’après ce document, « l’Église reconnaît deux types de guérison : la guérison par la grâce divine et la guérison qui recourt aux pouvoirs de la Nature ». Ces deux types de guérison « ne s’excluent pas l’un l’autre ». Toutefois, précise le document, le Reiki « ne s’appuie en aucun cas sur les découvertes de la science naturelle ou sur la foi au Christ ».

Le rapport indique que le Reiki est une technique de guérison « inventée au Japon vers la fin du XIXe siècle par Mikao Usui, qui étudiait alors les textes bouddhistes ».

« Selon l’enseignement du Reiki, — poursuit le document — la maladie est causée par certains types de troubles ou de déséquilibres dans notre ‘énergie vitale’. Un thérapeute de Reiki opère la guérison en imposant la ou les mains dans certaines positions sur le corps du patient, afin de faciliter la transmission du Reiki, l’ ‘énergie vitale universelle’, du thérapeute au patient. »

Guérison spirituelle

La thérapie, est-il expliqué plus loin, revêt plusieurs aspects d’une religion ; elle est « décrite comme un type de guérison spirituelle » avec ses propres préceptes éthiques ou « mode de vie ». Le Reiki « n’a pas été reconnu par les communautés scientifiques et médicales comme une thérapie efficace », est-il noté dans les Lignes directrices. « Des études scientifiques dignes de foi attestant l’efficacité du Reiki font défaut, de même qu’une explication scientifique plausible quant à son éventuelle efficacité ».

La foi non plus ne peut être à la base de cette thérapie, ont affirmé les évêques, car le Reiki se différencie de la « guérison divine telle que les chrétiens la connaissent ». Comme ils l’ont expliqué, « la différence radicale, qui saute aux yeux, tient au fait que, pour le praticien Reiki, le pouvoir de guérison est mis à la disposition de l’homme ». Alors que, « pour les chrétiens, l’accès à la guérison divine se fait par la prière au Christ, Seigneur et Sauveur », le Reiki est une technique qui se transmet du « maître » à élève, une méthode qui, maîtrisée, « produira de façon fiable les résultats escomptés ».

Des problèmes insolubles

Le texte énonce que « pour un catholique, croire à la thérapie du Reiki présente des problèmes insolubles. En matière de soins concernant sa propre santé physique ou celle d’autrui, utiliser une technique qui n’a pas de base scientifique — voire même de plausibilité — n’est généralement pas prudent ».

Au niveau spirituel, le document prévient : « il existe des risques importants ». Et d’expliquer : « Pour pratiquer le Reiki, on devrait admettre, au moins de façon implicite, certains éléments essentiels d’une vision du monde sous-tendant la théorie du Reiki, éléments qui n’appartiennent ni à la foi chrétienne ni à la science naturelle. Mais, sans justification venant soit de la foi chrétienne soit de la science naturelle, un catholique qui met sa confiance dans le Reiki opérerait dans le royaume de la superstition, le no man’s land qui n’est ni la foi ni la science ».

Le document conclut : « Puisque la thérapie du Reiki n’est compatible ni avec l’enseignement chrétien ni avec les preuves scientifiques, il serait inapproprié pour les institutions catholiques, tels que les établissements médicaux et centres de retraite, ou pour les personnes représentant l’Église, comme les aumôniers catholiques, de promouvoir ou de soutenir la thérapie du Reiki ».

7. Quelques documents et témoignages

* Estelle Ivanez et Christian Mortier, Abus, dérives, et non professionnalisme dans la pratique du Reiki, Publié par la Fédération Française de Reiki Traditionnel, 2012.[3]

* Mon aventure avec le reiki [4] (témoignage d’une personne chrétienne qui s’en est éloignée)

* Ma déception fut grande [5] (à propos du buisness autour du Reiki)

* Appel de détresse devant la manifestation de la kundalini [6]

* Le reiki consite à invoquer les démons avec des signes japonais [7] (témoignage d’Eduardo)

Le reiki, comme le spiritisme, ouvre une porte aux esprits.

 

8. Quelques définitions du Reiki données par des praticiens dans la Sarthe

Jean-Jacques Daret

https://www.lelabo-ecoute-communication.fr/activites/activites-individuelles/reiki-jjd/

Sylvie Haag

http://www.reiki-domotherapie.fr/index.php?page=reiki

Laure Boutillier

Soins http://etresonessentiel.fr/pages/reiki_soin.html

Initiation http://etresonessentiel.fr/pages/reiki_initiation.html

Christophe Tissier

HYPERLINK « http://www.magnetiseur-france.fr/initiations-reiki-le-mans-sarthe.html » \l « initiationreiki »

On voit que ces définitions du reiki n’ont pas grand-chose à voir avec l’analyse qui a été faite, et masque totalement les risques graves pour les « consultants ».

D. Auzenet

Notes

[1] Les points 1 à 5 de cet exposé proviennnent du site internet du P. Verlinde

HYPERLINK « https://final-age.net/2006/03/le-reiki/ »

Je recommande son petit livre sur le Reiki http://www.editionsbenedictines.com/livre-Le_reiki-82-1-1-0-1.html

[2] Le document en anglais est accessible ici : http://www.usccb.org/search.cfm?q=reiki

[3] http://www.le-reiki.org/wp-content/uploads/2015/07/Publication_reiki_FFRT-2012.pdf

[4] http://sosdiscernement.org/alpha/R/reiki/mon_aventure.pdf

[5] http://sosdiscernement.org/alpha/R/reiki/ma_deception.pdf

[6] http://sosdiscernement.org/alpha/R/reiki/montee_kundalini.pdf

[7] http://sosdiscernement.org/alpha/R/reiki/eduardo_demons.pdf

Thierry Casasnovas, tout cru

http://tempsreel.nouvelobs.com/rue89/rue89-planete/20141126.RUE6757/thierry-casasnovas-le-gourou-du-tout-cru-vous-attend-tranquille-sur-youtube.html

 

Faites-vous vous-même votre opinion en regardant son site et sa chaîne video : http://regenere.org  .

 

Je conseille de lire le « dossier final sur Thierry Casasnovas » réalisé par Kelmeth (2016)

I. La doctrine Casasnovas

II. La légende Casasnovas

III. La réalité

IV. Casasnovas, Guy-Claude Burger et l’Instinctothérapie (ou la régénération par la viande) :

V. Casasnovas et la spiritualité (rapide historique du végétarisme)

VI. Conclusion

La kinésiologie

Extrait du livre : Nouvelles croyances, thérapies alternatives : des dérives possibles. Denis Lecompte, Bertran Chaudet. Sarment éditions du jubilé novembre 2008.

Le terme est issu de kiné (mouvement) et signifie donc la science du mouvement. C’est une thérapie physico-émotionnelle. Il s’agit, par des exercices ou des mouvements sur le corps, de restaurer un équilibre énergétique perturbé à différents niveaux, à la suite de différentes causes. On est ici dans une méthode holistique, c’est-à-dire que la kinésiologie entend travailler sur le corps dans sa totalité.

Historique

(d’après Manuel pratique de kinésiologie, la santé par le toucher / JeanClaude Guyard, Éd. Souffle d’or, 2003)

La kinésiologie est née aux Etats-Unis. Elle se réclame de toute une recherche sur le corps depuis la fin du XIX ème siècle. Elle se situe dans la lignée des recherches du docteur Palmer, fondateur de la chiropractie qui mit en valeur, par un travail d’ajustement vertébral, une action à distance d’une région du corps sur une fonction.

Dans les années 1960, un autre chiropracteur, le Dr Goodheart établit une interaction possible entre les muscles, les organes et les méridiens d’acupuncture, avec une relation entre le stress et le tonus musculaire. C’est lui qui mit au point le principe du test musculaire énergétique.

Dans les années 1970, le Dr John Thie donne une diffusion large à ce qui sera la base de la kinésiologie dans son livre « Touch for Health» (santé par le toucher). Il répertorie 14 muscles principaux et 28 muscles additionnels. Il propose alors une méthode de guérison, fondée sur l’utilisation de points neuro-vasculaires et sur le balayage des méridiens, qui se fait à une faible distance du corps. On appelle alors guérison la disparition des symptômes.

Dans les années 1980, aux Etats-Unis et en Europe, le test musculaire commence à être utilisé pour interroger le corps sur tous les besoins de l’être humain et même de l’animal, par transfert.

Progressivement s’est donc mis en place un système d’analyse du corps qui permettrait de montrer que se renvoient l’un à l’autre les réseaux structurels, lymphatiques, neurologiques, psychologiques, vasculaires, nutritionnels, chimiques et énergétiques; de même, par l’interrogation du tonus musculaire, on pourrait remonter de l’effet constaté à la cause de cet effet. Les kinésiologues ont adapté des outils empruntés aux orthoptistes, aux orthophonistes, aux psycho-motriciens, aux ostéopathes. On utilise aussi les fleurs de Bach, l’affirmation positive, la symbolique ésotérique, le yoga, la neurologie, la gestion mentale …

En France, en Belgique et en Suisse notamment se développent les formations de kinésiologie, soit par le biais de quelques grands centres, soit sur des initiatives individuelles. L’interrogation du terme kinésiologie sur Google en est la vitrine.

Branches de la kinésiologie

Partant de l’outil de base qu’est le test musculaire, de nombreuses applications de la kinésiologie ont vu le jour.

Edu-kinésiologie ou kinésiologie éducative (mise au point par le docteur Dennison). Après avoir longuement détaillé les spécificités des deux hémisphères du cerveau, cette branche de la kinésiologie analyse les mécanismes du cerveau lors de l’apprentissage et explique toutes les difficultés d’apprentissage par une mauvaise connexion entre le cerveau droit et le cerveau gauche. Elle propose, en guise de correction, des mouvements permettant de croiser les côtés droit et gauche du corps, trouvés par le test musculaire (exercices dits de cross-crawl, tributaires souvent du bon sens ou empruntés au yoga). De fait, c’est souvent par le biais des difficultés scolaires des enfants que les parents pénètrent dans l’univers de la kinésiologie. De nombreux enseignants la proposent dans leurs cours comme méthode pédagogique associée.

Touch for Health ou santé par le toucher (mise au point par le docteur Jonh Thie). Cette branche considère qu’en touchant certains points du corps (issus notamment des méridiens d’acupuncture), on peut guérir de nombreux maux. Après une interrogation de chaque muscle important du corps, elle propose de renforcer un muscle testé faible, plutôt que de relâcher le muscle douloureux; elle veut agir sur les relations entre les différents réseaux du corps déployés ci-dessus. Chaque muscle est relié à un problème affectif, ainsi le corps a le pouvoir de s’auto guérir dans toutes ses dimensions.

Trois concepts en un (développé par Daniel Whiteside) approfondit l’intégration entre le corps et l’esprit. Il s’agit de désamorcer les émotions du passé qui bloquent notre présent. Par le test dit du « baromètre du comportement» on touche à de nombreuses blessures psychologiques.

L’aura kinésiologie (récemment mise au point par Jean-Claude Guyard) a permis « d’ouvrir à toute personne sensible aux énergies subtiles un domaine jusqu’à présent réservé aux initiés ». (kinésiologie.fr site Internet).

Hyper-texton (mis au point par Franck Mahony) est utilisé dans les milieux sportifs et s’intéresse à l’hyper tonicité musculaire que l’on corrige par l’alternance de légères contractions à l’inspiration, et de légers étirements à l’expiration.

PKP (professional kinsesiology practitioner du Dr Bruce Dewe) se présente comme la grande synthèse de toutes les branches; elle utilise surtout les modes digitaux c’est-à-dire tout un système de gestes symboliques exécuté sur les doigts. Il est dit de ce système qu’il a été défini et utilisé depuis des milliers d’années pour équilibrer l’énergie dans le corps, et qu’il appartient au monde de l’Egypte, de la Grèce, de la Chine et de l’Inde.

De très nombreuses autres applications voient également le jour (allergies, dentiste, vétérinaire), chacune faisant l’objet d’une marque commerciale déposée.

Les piliers de la kinésiologie : le test musculaire, le baromètre du comportement, la récession d’âge.

La clé de voûte de la kinésiologie est le test musculaire qui évalue le niveau énergétique d’un être vivant par une technique manuelle simple. Il se veut différent du test qu’utilisent les kinésithérapeutes en ce qu’il n’évalue pas la résistance du muscle. On lui donne lors des cours des explications physiologiques et neurologiques complexes.

Mais, finalement, « il n’est pas nécessaire de comprendre le phénomène; il s’agit de l’expérimenter: c’est suffisant pour que cela soit efficace» (Paul Dennison, kinésiologie, le plaisir d’apprendre, Éd. du Souffle d’or, 1988) et « mieux vaut une méthode dont on ignore pourquoi elle guérit qu’une méthode dont on sait pourquoi elle devrait guérir» (site kinésiologie.fr)

Concrètement il s’agit d’exercer une légère pression sur un muscle, par exemple le bras du patient. Quand il y a un stress dans le corps, le tonus du muscle se modifierait instantanément, l’énergie se bloquerait, le muscle lâcherait. Partant de là on dira qu’un bras qui résiste à cette pression teste fort et équivaut à une réponse positive à une question posée, et qu’un bras qui tombe teste faible et équivaut à une réponse négative à une question posée. Le test musculaire qui est à l’origine une simple interrogation du corps devient donc par une traduction rapide un moyen de communication verbal, entre deux personnes qui peuvent ne pas se parler ! Il est à la fois un outil de diagnostic et de correction thérapeutique.

Lors de l’interrogation du mal-être de la personne, les kinésiologues ont cru constater que « le fait de poser une question directe et honnête ne garantit pas une réponse directe et honnête ». Il faut donc avoir accès à l’inconscient et à la mémoire du corps qui, eux, ne mentent pas et peuvent seuls donner la bonne réponse. Les patients ont pu mettre en place des réponses inattendues ou inversées qui sont considérées comme des « sabotages », c’est-à-dire des barrières mises en place par l’inconscient : il faut les supprimer absolument.

Le test musculaire se fonde donc sur l’idée que le corps entier a une mémoire : chaque muscle, nerf, tissu, cellule, ayant participé à une expérience s’en souviendra et pourra être reprogrammé si l’on a identifié la cause émotionnelle qui a provoqué le traumatisme. On trouvera l’émotion vécue grâce au baromètre du comportement. Ce baromètre du comportement est une sorte de tableau hiérarchisé des émotions positives et négatives.

« Il a été conçu de manière non intellectuelle, personne ne l’a pensé. Il s’est construit sur le test musculaire.» Il a un « pouvoir ». Ses mots ont « une signification presque magique ». (Manuel de cours de « trois concepts en un », institut belge de kinésiologie, 1998)

Si le corps a une mémoire et que l’on peut l’interroger avec des réponses simples et précises par le test musculaire, il va être possible d’interroger des âges antérieurs de la personne. Cela se fera lors de la récessions d’âge.

« Il ne s’agit en aucun cas d’une méthode de suggestion, mais d’une énergie du passé qui est réactivée. Cette pratique n’a pas d’effet secondaire car la personne visualise le passé avec son regard actuel. Elle a l’impression qu’elle a voyagé dans le temps pendant quelques instants … Il faut juste être vigilant à ne pas la laisser dans le passé» (Jean-Claude Guyard, Manuel pratique de kinésiologie, déjà cité).

La philosophie qui sous-tend la kinésiologie

La kinésiologie souffre d’un manque de définitions précises concernant les concepts – corps physique, âme, esprit, énergie -, le tout accentué par des problèmes de traduction des documents fondateurs. Mais finalement cela a peu d’importance pour les adeptes car on se trouve dans une conception énergétique de l’homme: « le corps et la psyché sont comparables aux côtés pile et face d’une pièce de monnaie, la tranche représentant l’énergie qui relie l’ensemble » (site kinésiologie.fr). La kinésiologie s’adresse au corps spirituel de l’homme,

le terme « spirituel » décrivant ici « une qualité, une longueur d’onde, une fréquence intérieure de l’homme qui a toujours été présente en lui. Il ne faut pas confondre cette qualité avec les croyances qui peuvent lui servir de support. » (Jean-Claude Guyard, déjà cité). « La kinésiologie utilise une force d’énergie, mais peu de gens comprennent la nature de cette force, et peu savent l’utiliser, on peut l’appeler chi, prana, énergie cosmique, amour» (Paul Dennison, Kinésiologie, le plaisir d’apprendre, Le souffle d’or, 1988).

Lorsqu’on teste une personne, on pénètre dans son espace vital : « Représentez-vous une couche d’environ 50 centimètres qui vous entoure et qui entoure également votre partenaire. Quand vous pénétrez dans cet espace, vous entrez dans le champ d’énergie de l’autre et vous mêlez son énergie à la vôtre. Votre énergie affecte la sienne et réciproquement. D’où la précaution à prendre de protéger son champ d’énergie comme derrière un boulier contre tout élément négatif que la personne testée pourrait vous transmettre » (Paul Dennison, déjà cité). Ailleurs, il est pourtant dit que les tests sont inoffensifs s’ils sont pratiqués avec amour et confiance.

La kinésiologie emprunte à la philosophie chinoise sa conception du corps selon le Yin et le Yang ainsi que le fait que chaque partie appartient au tout et ne peut en être séparée : chaque partie peut permettre d’accéder au tout. On y retrouve une réflexion sur les cinq éléments, sur les méridiens d’acupuncture. Aux cinq éléments sont associés cinq corps, qui correspondent à peu près aux corps définis par la doctrine ésotérique : le corps physique, le corps mental, le corps émotionnel, le corps essentiel (dans lequel les Chakras agissent), le corps facteur X (qui recouvre les autres et englobe le corps astral et le corps étérique). Il est possible de tester la capacité de chaque corps à accepter les bénéfices de la séance de kinésiologie (stage « trois concepts en un »). C’est par un emboîtement de ces corps que l’on atteint une dimension spirituelle : «Lorsque les souffrances physiques ou morales sont calmées, apparaissent ces besoins de transcendance auxquels répond la découverte du meilleur de soi-même» explique alors Guyard (livre déjà cité).

La kinésiologie veut se démarquer de la médecine universitaire, en ce sens qu’elle dit prendre en compte la dimension psychologique de la personne que les médecins conventionnels auraient oubliée. En effet, le consultant n’est plus dans une demande de prise en charge, mais se trouve le partenaire de sa propre guérison: il ne peut guérir que s’il le veut vraiment. « Nous allons mieux, uniquement dans la mesure où nous croyons que nous pouvons aller mieux» (cours « trois concepts en un », janvier 1998, institut belge de kinésiologie). « Les approches conventionnelles (de la santé) n’ont pas réellement donné beaucoup de résultat, n’est-ce pas? Malgré tous les progrès scientifiques actuels, les gens sont encore aussi fous qu’il y a 600 ans. » C’est donc la défiance qui est conseillée envers les approches conventionnelles.

Pour éviter l’accusation d’exercice illégal de la médecine, le discours est ambigu : on ne dira jamais que le patient n’a pas besoin de tel médicament, mais on testera par le test musculaire l’opportunité du médicament. Il est répété dans les formations que le kinésiologue n’est pas un thérapeute, mais un facilitateur. Il est bien spécifié, dans toutes les introductions de manuels de cours, que la kinésiologie n’est pas « un moyen de diagnostic ou de prescription pour une quelconque maladie d’un quelconque lecteur (…). Les personnes qui utilisent les tests et les procédures de correction le font sous leur entière responsabilité ». Et si les résultats promis ne sont pas là, c’est que « ce n’est pas le moment ».

Au-delà de la santé physique, il s’agit de changer de « système de croyance ». Notre ancien système de croyance, « qui a fait échouer nos arrière-grands-parents, nos grands-parents, nos parents, ne nous a pas appris que chaque humain est un individu unique, ne nous a pas appris que le fait d’admettre ses erreurs est une vertu et que changer d’avis est tout à fait naturel ». (Introduction du cours « trois concepts en un ». ) Or, grâce à la kinésiologie, tout ira mieux, car « le système que nous utilisons fonctionne, les gens changent pour le mieux et ces changements sont permanents. »

 

Le témoignage de Marguerite

Kinésiologie : un témoignage

Ecrire ce témoignage sur la kinésiologie m’a coûté. Il m’est pénible de revenir sur cette période encore récente de ma vie; mais il m’est encore plus insupportable d’entendre tellement de gens autour de moi se vanter des mérites de leur kinésiologue ou d’une autre médecine énergétique. Je fais mienne cette parole de Saint Paul : «vous étiez dans les ténèbres, maintenant vous êtes dans la lumière ».

Cette plongée dans l’univers énergétique m’a amenée à de très nombreuses recherches dans des livres, des cassettes, à des rencontres avec des spécialistes… Je suis donc actuellement à même de comprendre en partie comment cela fonctionne et pourquoi j’ai plongé dans cet univers. Dans cette démarche, plusieurs personnes m’ont accompagnée; qu’elles en soient remerciées! Par la justesse de leurs questions, elles m’ont aidée à faire la lumière … Cela a été pour moi une expérience immense de consolation fraternelle.

Après un déménagement difficile et une grande période de fatigue, je me sentais disponible pour une nouvelle orientation professionnelle. En tant que professeur de français, je remettais en cause ma pratique: je me sentais déstabilisée par les enfants en difficulté scolaire et impuissante. J’avais l’impression que même le soutien extrascolaire était inefficace, qu’on leur rajoutait des connaissances, sans avoir accès à la racine même de la difficulté de leur apprentissage.

Or j’avais, dans les années 1990, entendu parler de la kinésiologie comme d’une discipline permettant justement, par l’interrogation du corps, de remonter à la source des traumatismes et ainsi de gommer les difficultés du temps présent, notamment les difficultés scolaire des enfants. Je me décidais à consulter pour moi et pour mes enfants une kinésiologue de ma ville, dont on me disait le plus grand bien; qui plus est, elle se trouvait dans les mêmes groupes catholiques de prière que moi. Je rencontrais cette personne; je la jugeais très à l’écoute, pleine d’empathie et sympathique …

La kinésiologie se présentait comme une thérapie. Par l’interrogation du corps et en se fondant sur le principe que le corps a une mémoire propre des évènements vécus dans le passé, on pouvait retrouver trace des évènements préjudiciables vécus et les guérir en les effaçant. Le principal outil était le test musculaire: on posait une question par oral; puis par une très légère pression sur un bras tendu, on pouvait trouver une réponse positive si le bras résistait, et négative si le bras se laissait tomber. Partant de là, on pouvait envisager des corrections – sortes de massages, également indiqués par le test musculaire – qui permettraient d’effacer la blessure.

Je me lançais donc avec bonheur dans la formation que la kinésiologue de ma ville animait, sous forme de week-ends assez coûteux et non déclarés. Ces stages étaient simplement validés par une attestation de présence. Il n y avait pas d’évaluation ni de diplôme. Les élèves s’entraînaient mutuellement les uns sur les autres. On y trouvait un apport théorique flou. Je devais découvrir par la suite que tout était sous-tendu par la philosophie du New Age, c’est-à-dire la capacité que l’homme a de se guérir lui-même par l’énergie cachée qu’il tire de la nature. On nous donnait de gros documents en américain, mal traduits par l’organisation belge qui en était dépositaire. Nos professeurs français avaient retravaillé certains textes. C’était un mélange d’éléments de psychologie, de morphologie, d’ostéopathie, d’énergétique chinoise et d’autres choses que je ne comprenais pas. J’ai toujours besoin de comprendre ce que je fais, et je commençais à poser des questions. Il me fut répondu: « tu ne peux pas encore comprendre, tu comprendras plus tard, quand tu auras avancé dans la formation ». Parfois, notamment quand je demandais d’où provenaient des positions de doigts particulières, il se produisait un silence un peu lourd, comme si ma question dérangeait, et on me répondait: «c’est un langage universel. » Je devais apprendre, des mois plus tard, qu’il s’agissait de gestes occultes, codés, issus de l’hindouisme. Je sentais que j’agaçais avec mes questions et l’on commença à me traiter de «cerveau gauche ». En effet en kinésiologie, on apprend, après une analyse simpliste du fonctionnement du cerveau, que certaines personnes ne font fonctionner que leur cerveau gauche, siège de la rationalité, alors que d’autres se situent dans le cerveau droit, créatif. Le cerveau droit était véritablement magnifié.

Lors d’un des exercices, à la fin d’un long et fatigant week-end où nous avions travaillé à faire sortir des émotions cachées par des tests musculaires répétés, mon partenaire de formation me fit la correction qui était demandée par le protocole que nous avions travaillé : il me mit, entre les deux yeux, une lumière qui me plongea dans un état d’absence de moi-même.

Je devais par la suite comprendre qu’il s’agissait à mon insu, d’une ouverture d’un chakra appelé : «le troisième œil ». Et en effet je me mis à «voir »les blessures psychologique des gens et plus particulièrement chez les prêtres. Pour essayer d’analyser ma pratique, je lisais, en même temps que les cours, les livres de Simone Pacot sur l’évangélisation des profondeurs. J’en déduisis moi-même que ce à quoi elle arrivait au bout de nombreuses séances, nous y arrivions très rapidement en dix minutes : c’est-à-dire nous remontions à la blessure supposée être à l’origine par ce qui s’appelait « une récession d’âge »; cela permettait de remonter tous les âges jusqu’avant même la naissance, et de trouver ainsi la blessure correspondante.

J’assistais lors des cours à de véritables courses à la blessure, certains montrant une dépendance incroyable à cet exercice qui leur faisait vivre des sortes d’extases. J’en testais sur moi-même l’efficacité : ce qui m’était dévoilé était vrai, à ceci prêt que je n’avais jamais eu conscience que cela pourrait être source de blessure; cela me mettait dans un état d’agressivité et d’accusation vis-à-vis de mes proches par exemple.

Je découvris plus tard cette parole magnifique, tirée de la Bible, qui justement met en évidence la patience et la bonté de Dieu à notre égard; il ne permet pas que tout nous soit montré : «je ne chasserai pas tes ennemis devant toi en une seule année, de peur que le pays ne devienne un désert où se multiplieraient à tes dépens les bêtes des champs; je les chasserai devant toi peu à peu jusqu ‘à ce que tu aies assez fructifié pour hériter du pays» (Exode, 23, 29 à 31).

J’avais commencé, comme on nous le conseillait, à pratiquer la kinésiologie sur des gens de mon entourage, avec beaucoup de succès. Je faisais passer ces consultations avant l’attention à mes enfants et à mon mari. Je vivais comme hors de moi, repensant à mes clients, revivant les séances, m’interrogeant …

Plusieurs événements m’alertèrent. Une personne eut une transe avec hurlements lorsque je la touchai, ce qui me laissa épuisée et inquiète. Une autre, lorsque je lui fit une récession d’âge, pointant un traumatisme fort, se mit à pleurer en me disant «je ne voulais pas te le dire ». J’avais donc violé sa conscience? Une troisième, manifestement absente d’elle-même, me répondit quand je lui demandais si elle était présente : «je t’entends, mais je suis ailleurs, je suis bien ». J’avais à peine eu le temps de la toucher que déjà j’avais les réponses aux questions que je n’avais pas formulées par oral. Je crois qu’elle fut la dernière de mes clientes. Je me suis rendue compte en additionnant toutes ces interrogations que j’étais très loin de mon projet initial. Je me sentais très seule dans ma pratique. Je ne pouvais raconter à personne mes inquiétudes; les professeurs n y étaient pas du tout ouverts ou me répondaient simplement: « ne t’inquiète pas, tu ne fais que du bien. »

J’étais de plus en plus à la recherche de réponses à mes questions; et pourtant je n’arrivais pas à renoncer: on commençait à savoir ce que je faisais. La kinésiologie avait bonne presse dans le milieu catholique. Je vivais une forme de compassion tirée de mon expérience d’écoute à « Mère de Miséricorde »; ce que je disais intéressait et il n’était pas rare qu’à la fin d’un dîner quelqu’un vienne me dire « cela me rejoint, est-ce que je peux venir consulter ». J’entrais facilement en communication kinésiologique avec mes clients. Avec une amie de cours, dont je me rendais compte qu’elle aussi était mal à l’aise, nous avons écrit au père Verlinde. A cette époque, il commençait à recevoir des questions sur son site FINAL AGE. Il mit donc en place un groupe de travail et pu répondre à nos questions que d’autres apparemment se posaient aussi. Nous eûmes ainsi la certitude que tout cela fonctionnait sur le mode du magnétisme occulte, avec emprunt d’éléments sans aucune référence explicite aux diverses traditions des guérisseurs. Nous étions au cœur d’une des disciplines du New Age, en plein syncrétisme, nous manipulions en toute naïveté (mais est-ce le cas de tout le monde ?) l’énergie astrale; cela n’avait rien de chrétiens, Jésus n y avait pas sa place. Pour moi cet aspect là était la plus grande imposture. Mais je pense que c’est également un enfermement pour les non-chrétiens.

L’argument ultime qui demeure en faveur de la kinésiologie, ce dont les gens ne démordent pas, sont les fruits immédiats et spectaculaires qui apparaissaient lors des séances. Je dois dire qu’il se trouvait une certaine vérité dans les résultats des investigations concernant les blessures, même si parfois c’était approximatif; cela reste un mystère. En tout cas, ces investigations en engendraient toujours d’autres, sans fin. Les fameuses corrections que l’on apportait aux problèmes trouvés ne tenaient pas dans le temps et engendraient d’autres inquiétudes et donc d’autres consultations. Je suis convaincu maintenant que l’arbre qui engendre de tels fruits est pourri.

Il m’a fallu abandonner toute sensibilité magnétique ainsi que cette ouverture du « troisième œil ». Le Seigneur me le proposa lors d’une nuit d’adoration dans le cadre d’une retraite spécifique sur l’occultisme. Je lui remis tout ce que mes mains avaient senti sans toucher. Je lui demandai de venir réparer ceux que j’avais approchés. Il me fallut aussi lui demander un apaisement de ma mémoire corporelle, pour oublier ces fortes sensations de « sortie du corps « . Je dus expliquer à tous que je m’étais trompée. Jésus fut présent d’une manière très sensible du début jusqu’à la fin de ces années. Je n’étais pas seule, et dans mon humiliation, il m’a donné la chance de pouvoir accompagner certaines femmes touchées par l’avortement qui pour apaiser leur immense souffrance cherchent dans les thérapies énergétiques un remède bien vain, quand elles découvrent que Jésus est là pour elle.

Ce dernier témoignage est symptomatique des dérives possibles induites par les nouvelles thérapies, voici un scénario assez fréquent des différentes étapes.

1) Le point de départ est un mal-être pour soi-même pour ses enfants ou ses proches.

2) La recherche d’une solution est envisagée, d’abord par des moyens classiques, reconnus par la médecine, remboursés par la sécurité sociale. Il y a consultation de généralistes, de spécialistes, de paramédicaux.

3) Ces démarches n’aboutissent à aucune amélioration. Aucune explication n’est donnée à la réalité des symptômes repérés: le diagnostic reste flou, les compléments d’examens envisagés, radios, scanner, analyses en tout genre ne donnent rien.

4) Par ailleurs, aucun médicament, aucune prise en charge en orthophonie, kinésithérapie, psychothérapie n’amène d’amélioration.

5) Perplexité et questionnement surviennent quant au diagnostic et aux thérapeutiques envisagées.

6) Une personne de l’entourage propose une solution dans les médecines alternatives ou les nouvelles thérapies.

7) La première consultation donne une réponse immédiate, l’origine des maux est enfin trouvée avec la promesse d’une rapide amélioration.

8) Une sorte de protocole thérapeutique est mise en place, parfois des exercices sont proposés.

9) Enfin une réponse existe, suscitant un espoir à hauteur des investissements déclenchés, en argent, en temps, en confiance.

10) Tout ceci peut entrainer un surinvestissement dans cette thérapie aussi prometteuse.

Il) La réalité revient douloureusement à la surface. Après quelque semblant d’amélioration, l’état reste stationnaire, quelques mois passent.

12) La réponse si facilement trouvée quant à l’origine des troubles, n’était sans doute pas l’unique raison des difficultés, la déception survient, les interrogations demeurent.

13) Une autre solution doit être recherchée, parfois une autre nouvelle thérapie est envisagée.

14) A moins que ce douloureux chemin n’ait permis une prise de conscience de la réalité. Un accompagnement thérapeutique bien ciblé demande souvent du temps, de la patience, et beaucoup de tendresse de la part des parents dans l’accueil objectif de leur souffrance ou de celle de leur enfant.

Dans le cas de Marguerite, après avoir été séduite par la kinésiologie, pensant enfin trouver une réponse enfin ajustée pour ses élèves, elle s’est formée avec assiduité et sérieux à cette méthode. Après un travail important de recherche, d’évaluation et de discernement quant à la méthode, elle a observé avec lucidité ce que cela provoquait dans son entourage et pour elle-même. Son parcours lui a permis d’avoir une attention toute particulière aux propositions mensongères faites, et ce parfois à l’insu des praticiens eux-mêmes, dans certaines nouvelles thérapies ou dans certains prolongements abusifs de ces thérapies. Désormais, elle éveille son entourage aux risques potentiels de ces méthodes auprès d’autres mamans, ainsi que dans les milieux scolaires qu’elle fréquente. En rejoignant «la pastorale nouvelles croyances et dérives sectaires », elle suscite des rencontres d’information sur ce sujet et intervient elle-même pour donner des critères de discernement.

Extrait du livre: Nouvelles croyances, thérapies alternatives :des dérives possibles. Denis Lecompte, Bertran Chaudet. Sarment éditions du jubilé novembre 2008.

La kinésiologie

Lithothérapie, bien être par les pierres ?

La lithothérapie, c’est une pseudo thérapie sur une influence énergétique que certaines pierres émettraient pour éradiquer des maladies.

Pour certains, ces pierres jouent un rôle de talisman pour chasser les mauvais esprits, mais il faut avoir la foi…

Ceci relève d’une superstition très ancienne. On dit que le roi Charles le chauve (823-877) possédait une patène de 17 cm en serpentine incrustée d’or pour éloigner les maladies.

Dans le feng Shui, on recommande aussi d’avoir certaines pierres comme le sel gemme, pour éloigner les énergies dites négatives .

Dans les médecines ayurvédiques, des pierres sont utilisées pour harmoniser les différents chakras d’un organisme malade. Dans ce cas, la pierre peut jouer un effet de placebo pour rassurer le patient.

Les adeptes de la chromotérapie, associent la couleur d’une pierre avec certains syntones d’une maladie, par exemple une pierre rouge comme le cinabre est employée comme fortifiant.

La plupart des pierres utilisées n’ont pas de propriétés magnétiques, électrostatiques, et sont constituées souvent par un monocristal.

Pour un lithothérapeute, la lithothérapie est une technique jeune, empirique qui se cherche et se perfectionne chaque jour… et que la médecine officielle met trop souvent, et sans examen à la trappe.

En effet, rien ne justifie scientifiquement cette doctrine d’alchimiste.

Les pierres utilisées en lithothérapie sont taillées en monocristaux à 6 ou 8 facettes, cela donne de très belles réflections optiques.

Ces cristaux sont très décoratifs, certains sont des œuvres d’art et ils embelliront votre vitrine, mais ne comptez pas trop sur eux pour chasser vos maladies ou votre stress.

Puis-je citer ce « cas » cité dans le rapport remis au président du Sénat en 2013, par la commission d’enquête sur l’influence des mouvements à caractère sectaire dans le domaine de la santé ?

Une jeune femme de vingt-six ans avait une maman atteinte d’un cancer qui s’était tournée vers les médecines douces. Cette démarche est compréhensible, car le discours médical peut être abrupt et difficile à supporter pour des malades fragilisés par un diagnostic lourd. Si certains praticiens n’ont proposé qu’un accompagnement de son traitement « classique », d’autres, dogmatiques et péremptoires, lui ont offert une promesse de guérison. La victime a été convaincue de s’acheter un lit de cristal, supposé la guérir, pour un coût de 5 000 euros : la lithothérapie est une pratique onéreuse... Elle est morte sans soins. Aujourd’hui, le coach réclame la restitution du lit de cristal, prévue dans le testament... Vous imaginez les sentiments de sa fille !

Je vous propose cet article de Jacques Bolard : Les cristaux : des pierres magiques aux vertus thérapeutiques ? sur le site Science et pseudo-science
http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2075

Jacques Bolard est directeur de Recherche honoraire au CNRS et ancien directeur du laboratoire de Physico-Chimie Biomoléculaire et Cellulaire de l’Université Pierre et Marie Curie.

Vous avez aussi l’article de Jean-François Dufayard sur le site de l’Observatoire Zététique : Lithothérapie, le minéral au service du médical http://www.zetetique.fr/index.php/dossiers/86-lithotherapie

La théologie de la prospérité

Ce texte est le fruit du travail du Comité composé de théologiens issus de lensemble des courants théologiques présents dans le CNEF. Il a pour objet principal de préciser les contours dune théologie souvent évoquée, mais rarement étudiée de façon rigoureuse.
Édité sous la responsabilité du Conseil National des Évangéliques de France (CNEF).

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Sophrologie, éléments de discernement

Kinésithérapeute de profession, je me suis très tôt intéressé à toutes les méthodes de prise de conscience corporelle et techniques de relaxation, les enseignant dans le cadre de la formation professionnelle des infirmières en psychiatrie, ou dans le cadre d’un diplôme universitaire de formateur d’adultes ou DUFA. Il est important d’envisager une distanciation critique quant aux limites de ces techniques dans certaines pathologies psychiatriques, mais aussi sur les sujets sains quant aux effets d’emprise, de manipulation et de dérives. C’est ainsi qu’infirmières ou étudiants avaient des critères de discernement objectif pour évaluer différentes méthodes de relaxation ou de prise de conscience corporelle adaptables à leurs pratiques. Le discernement est primordial, tant sur le plan de la raison que sur le plan de la Foi si nous sommes chrétiens. Ce discernement consiste à vérifier avec attention l’anthropologie qui sous-tend ces méthodes et techniques. Car aucune technique, aucune méthode dans ce domaine ne sont neutres. Dès que l’on touche à l’homme, la subjectivité du ressenti peut dominer l’objectivité.

Un de ses best-sellers de Laurent Gounelle, « L’homme qui voulait être heureux », a pour sous-titre : « ce que l’on croit peut devenir réalité ». Gounelle a du succès, car il s’inscrit dans ce courant New Âge ou post New Âge, où l’on pense pouvoir acquérir la sagesse, l’illumination, la connaissance en se laissant conduire tant par son intuition, et que par une domination de ses propres pensées. Ainsi nous n’avons pas à nous convertir au réel selon la pensée de Bossuet qui disait : « Les événements sont nos maîtres », mais nous pourrions infléchir le réel par nos propres croyances. Ceci n’est ni plus ni moins qu’une exaltation moderne de la pensée magique. L’homme devient en lui-même et par lui-même son propre créateur et sauveur.

Et c’est précisément ce à quoi nous entraîne la sophrologie. La sophrologie pénètre, le monde de l’entreprise, du commerce, de l’enseignement, du sport, du monde médical et paramédical…

Il est curieux de constater, que dans nombre de collèges ou de lycées d’enseignement privé se recommandant de l’Église catholique, la sophrologie soit proposée aux élèves. La sophrologie y est présentée comme une méthode permettant de diminuer le stress au moment des examens, d’améliorer les performances d’apprentissage, de perfectionner concentration et clarté de pensée… Combien de fois ai-je été témoin de l’agressivité de sophrologues et de leurs adeptes, quand je leur proposais de discuter sur le fondement de leurs pratiques. Il n’existe aucune étude épistémologique sur la sophrologie réalisée par des personnes qui ne soient pas sophrologues, c’est-à-dire qui ne soient pas juges et partis.

Origine de la sophrologie

C’est un psychiatre, le docteur Caycedo qui est à l’origine de la sophrologie. Né en 1932, originaire de Bogota en Colombie, Caycedo fit des études de neuropsychiatrie en Espagne. Caycedo s’était également intéressé aux états modifiés de conscience dans les transes médiumniques. Il s’initia à l’hypnose[1], fondant même une société d’hypnose clinique et expérimentale à Madrid en 1959. Il se maria à Genève en 1963, à une fervente adepte du yoga. Caycedo passa deux ans en Orient où il reçut l’enseignement, prétendit-il, des plus grands rajas yogis hindous, des yogis tibétains, puis des maîtres zen japonais. Ainsi fut-il initié aux techniques de maîtrise et de modification de conscience. Il décrivit ces recherches dans deux livres qui seront fondateurs de la sophrologie : « La hindia de los Yogis et Letters of silence ». C’est alors qu’il nomma sa méthode : « relaxation dynamique ».

Ce voyage initiatique en Inde et au Japon sera déterminant dans l’élaboration des trois premiers degrés de la sophrologie[2].

Caycedo a créé en 1960 ce néologisme, sophrologie. Sophrologie est composé du grec « sophron » : sain d’esprit, sensé et de « phren » esprit, conscience, et « logos » étude, discours, traité, savoir ou science. Il dit avoir trouvé la racine de ce mot dans Platon qui nomme « sophrosunè » cet état de calme, et de concentration suprême de l’esprit, produit par de belles paroles (charmides, 157 B.).

La devise des praticiens est : « Ut conscienta noscatur. » « Afin que la conscience soit connue ! » Caycedo a sa propre définition de la conscience, elle correspond selon lui à : « la force d’intégration de tous les éléments et structures physiques et psychiques de l’existence. » Cette définition n’a donc rien de scientifique, ni de moral, ni de philosophique, ni de spirituel au sens chrétien du terme.

La sophrologie se veut une science qui étudie la conscience, une philosophie pour mieux vivre en harmonie, une thérapie, une connaissance plus large et plus ouverte du monde qui s’accompagne d’une expérience. Ce n’est donc pas une simple méthode de relaxation. La sophrologie est une vision sur l’homme, son objectif est de « se rapprocher de ses valeurs de vie, de tout ce qui est fondamental pour soi, de ce qui donne sens à son existence[3] »

Dans les années 1970, la sophrologie se développa partout. Le premier congrès mondial en 1970 réunit à Barcelone 1400 spécialistes venus de 42 pays différents. En décembre 1971, le Centre de sophrologie de Paris fut créé. À cette époque, la sophrologie se définissait comme étant un « yoga occidental ».

En 1977, le 25 août, Caycedo prononça la Déclaration de Recife, ou « Déclaration des valeurs de l’homme ». Caycedo présenta la sophrologie comme étant fondatrice d’une conscience nouvelle, salvatrice de l’humanité, mobilisatrice et révélatrice des ressources cachées de l’homme.

« Cette déclaration servira à la fois de base et d’orientation pour le futur de notre école et, aussi, de principe pour l’acquisition d’une conscience nouvelle, seule solution permettant d’affronter la maladie des masses dont souffre l’humanité…

La sophrologie se définit comme une fondation à caractère international, apolitique et aconfessionnel, fondation que j’ai créée pour tenter de sauver les valeurs de l’homme face à la crise de la civilisation contemporaine…

Devant le phénomène de masse irréversible et dont le développement est inéluctable, l’unique solution réside dans la mobilisation des réserves génétiques conservées dans les structures biologiques de l’homme. La science a démontré le potentiel énorme et la capacité qu’a l’homme de donner naissance à des structures nouvelles, dans lesquelles existait la possibilité de s’adapter à des circonstances inconnues.

La sophrologie a créé des techniques capables de mobiliser de telles réserves… »

Nous avons là les ingrédients nécessaires et suffisants pour une emprise totalitaire, pour une mise sous dépendance ouverte à toutes les dérives possibles. Cette mégalomanie, cette volonté d’hégémonie sur la conscience même de l’homme sont le propre des gourous ou des dictateurs.

Principes de la sophrologie

La sophrologie se veut neutre, sans adhésion à une religion, mais de fait, elle puise dans des anthropologies religieuses orientales. Presque toujours, ceux qui pratiquent la sophrologie disent se sentir bien ou mieux après une séance. Mais nous devons nous interroger sur ces perceptions du corps, et ces inductions produites mentalement. Ne sont-elles pas sous-tendues par des croyances sur le sens de l’homme et du monde qui posent alors des questions d’ordre moral et métaphysique jamais abordées ?

Dans le premier niveau de la sophrologie, Caycedo s’inspire de la pensée du yoga hindou ; dans le deuxième, les techniques bouddhistes proprement dites ; dans le troisième, enfin, celles du zen japonais. « Il n’y a pas de yogas sans gourou » postule Caycedo lui-même. Nous sommes prévenus, nous entrons là dans une initiation qui nécessite un guide qui a parcouru lui-même ce chemin initiatique, s’inscrivant dans un regard et une relation particulière à soi, aux autres, au monde et à sa finalité.

La sophrologie, dans le degré I, peut être comparée à d’autres méthodes de prise de conscience corporelle. En cela elle peut être bénéfique, aidant à mieux connaître son corps et à se détendre. Mais très vite et dès ce niveau, il est envisagé des exercices de mentalisation, qui s’éloignent de la simple prise de conscience corporelle. En effet il est proposé de voir son corps de l’extérieur, ou d’induire certains climats intérieurs par des exercices de visualisation. Nous nous éloignons insensiblement du « hic et nunc », ici et maintenant de la tradition chrétienne qui nous ramène toujours au réel de l’incarnation.

Le degré II. Pour Caycedo, c’est la répétition des sensations qui crée le sentiment. Ainsi le sentiment est traité à la manière d’un conditionnement réflexe. Nous retrouvons cela dans la PNL ou programmation neurolinguistique. Ainsi l’on peut à force de répétition programmer ses émotions et ses sentiments pour en demeurer maître en toutes situations et circonstances. La première phase consiste en une série d’exercices de prise de conscience corporelle, avec des mouvements associés à une respiration synchronique, suivie d’un voyage hors du corps. Il s’agit de visualiser et contempler son corps comme si nous étions extérieurs à lui. Puis il faut explorer l’espace, le cosmos, en découvrant le monde avec un regard nouveau. « On fait ainsi l’expérience que notre conscience est illimitée puisqu’elle à la faculté de s’extérioriser. [4] »

Ce degré II se termine par l’émission d’un souhait positif. « La respiration est associée à une pensée positive qui concerne directement le sujet (j’ai la paix), ou des êtres qui lui sont chers, ou encore qui concerne tout l’univers (puissent tous les êtres avoir la paix). [5] » Formulation d’une prière laïque, chère à la pensée positive que nous retrouvons également dans la méditation de pleine conscience[6]. À qui s’adresse cette prière, à soi ou au monde ou à une énergie indifférenciée ?

Le degré III est inspiré par une méditation zen qui permettrait de réaliser la fusion des contraires et des complémentaires vers l’essence de toute chose, et qui développerait la compréhension intuitive. Cette intuition serait l’accès à une conscience cosmique, paisible et harmonieuse, où tout est un, tout est dans tout. Il faut pour y arriver se débarrasser de la raison et d’une intelligence analytique, pour accéder à cette connaissance directe et immédiate. « Le moi est dilué, au profit d’un vécu immédiat, sans a priori ni perspective d’avenir, sans limitation spatio-temporelle. L’instant est perçu dans sa plénitude, dans un sentiment d’absolu, d’infini, d’éternité. État syncrétique, qui ne privilégie aucun pôle de la totalité « soi, autrui, cosmos », mais la conscience de leur liaison. Comment, pratiquement aborder cette dimension ? Tout d’abord en se concentrant sur le point hara (entre l’ombilic et le pubis), centre de soi, de l’équilibre, d’énergie où naît le mouvement respiratoire… Le point hara représente aussi le lieu de la jonction entre notre « être profond » et le monde extérieur. On commence donc par vivre intensément la zone du hara, autour de laquelle se fait progressivement le vide.[7] » C’est ce qui s’appelle chez nous, s’intéresser à son nombril…

Mais pour le sophrologue : « L’esprit ne poursuit aucune intention : les représentations (images mentales) n’apportent plus que ce qui est perçu de l’extérieur. La méditation tend à exclure de son esprit toute pensée de vouloir saisir… Le troisième degré engage en fait le sujet dans une dimension transcendantale, vers la saisie d’une conscience pure… [8] » Cependant Bernard Etchélécou, en psychologue clinicien, semble prendre de la distance en concluant : « Ce vécu méditatif, au-delà des mots, au-delà du sens, appelle cependant une interrogation de la part du psychologue : s’agit-il réellement d’accéder à un niveau supérieur de conscience, ou ce vécu symbiotique porte-t-il essentiellement la marque de la régression (vers une relation fusionnelle fœtale) ? [9] »

Le degré IV permettrait d’intégrer au quotidien moins de souffrance, plus de détachement et d’efficacité mentale et physique. Ce sont donc des perspectives qui se trouvent dans le bouddhisme ou le zen. Deux cycles composent ce degré IV que Caycedo ajouta à partir de 1990 :

Le cycle radical qui utilise l’énergie[10] en provoquant des vibrations sonores pour stimuler les centres d’énergie interne (frontal, thyroïde, thymus, ombilical et sous-ombilical) que l’Orient et les écoles ésotériques appel les chakras. Ces chakras seraient des portes d’entrée de l’énergie universelle dans notre corps. La Kundalini, énergie primordiale, pourrait pénétrer chacun de ces chakras et atteindre le septième chakra (sahashara chakra) au niveau de la tête pour permettre l’illumination. La mise en fonction de cette énergie induit des états médiumniques qui ouvrent à des pouvoirs occultes.

Le cycle existentiel. Nous y trouvons entre autres le sophro-déplacement du négatif (SDN) qui permettrait de se libérer de toutes les énergies négatives de nos vies (angoisses, stress, sentiments négatifs, répétitions de pensées négatives…) L’exercice proposé consiste à éliminer le négatif à chaque expiration, en suggérant que l’énergie positive terrestre ou céleste pénètre dans notre corps à chaque inspiration en y introduisant énergie, harmonie, paix.

Beaucoup de sophrologues ne suivent pas Caycedo dans ce cycle radical et existentiel, où il a rajouté douze degrés supplémentaires. Tous les aspects de la vie y sont modélisés selon ce qu’il convient de ressentir et de percevoir. L’adepte est en effet dépossédé de tout désir propre, de toute agressivité, colère ou appétence particulière pour ressentir comme il convient de ressentir selon la sophrologie. Nous sommes là dans une dérive où les désirs et les phantasmes de l’initié deviennent la norme et le but à atteindre par les adeptes.

Quelques éléments de discernement

Le risque est grand dans les approches holistiques comme la sophrologie, de confondre et de mélanger le physique, le psychologique et le spirituel. D’autant que dans l’état sophro liminal dans lequel se trouve le patient, le sophrologue peut avoir un effet intrusif ou inductif lié à ses propres pensées ou conviction. Ainsi certains patients n’hésitent pas à parler de viol psychique lié à une emprise consciente ou non du sophrologue qui peut durer des années.

Des inductions qui se veulent neutres le sont-elles réellement ? « Il y a quelque chose d’éternel dans votre ventre qui respire.[11] ». « Sentez cette énergie qui s’exprime par cette force intérieure. [12] » Quelle est la relation entre le ventre qui respire et l’éternité ? De quoi s’agit-il quand le sophrologue parle de force intérieure et d’énergie ?

Régression psychologique

Le patient se laisse aller aux suggestions du sophrologue, la douceur de sa voix, le climat apaisant de type fusionnel, lui rappelle la présence rassurante d’une mère. Henry Wallon a bien décrit cette étape de la personnalité de l’enfant à propos de la relation qui s’instaure entre la mère et l’enfant. « C’est la symbiose affective, après la symbiose organique de la période fœtale[13] » Certes nous gardons la nostalgie de cette relation sans conflit, sans préoccupation alimentaire ou d’habitat, de cette mémoire première qui nous ramène à cette douce vie intra-utérine. Mais y revenir par l’état sophronique créé par l’artifice d’exercices est une régression où toute fonction critique est abolie, toutes les fonctions intellectuelles sont en veilleuse ; alors l’imagination et la suggestion prennent l’apparence du réel.

Mélange psycho spirituel et pensée positive

D’une manière générale, on assimile facilement aujourd’hui l’affectivité et la spiritualité, le psychologique et le spirituel, l’émotionnel et le réel. Nous assistons par voie de conséquence au remplacement de la conscience morale par la conscience psychologique. L’abandon de la dimension rationnelle, morale, légale, institutionnelle, découle de cette idéologie voulant libérer sans limites ce que seraient toutes ses potentialités.

La sophrologie pose comme postulat : la pensée positive. Il est très en vogue de répéter ce slogan : « il faut positiver ». La pensée positive ne doit pas tenir compte de ce qui serait négatif. Il s’agit de ne voir que le bon côté des choses, jusqu’à abolir de notre esprit tout ce qui serait gênant, source d’inquiétude, d’angoisse, de culpabilité ou de remords. Cette pensée auto suggérée amène à décider seul de tout, oubliant les désirs ou la volonté de nos proches qui pourraient altérer cette vision des choses. Le monde est alors pensé selon nos désirs et non selon la réalité. Il s’agit de nous persuader que les moyens qui nous permettent de nous sentir mieux, sont la vérité. Ainsi dans cette logique si nous pensons positivement, nous ne rencontrons que de bonnes choses et ce que nous croyons devient la réalité, adage de Gounelle que nous avons vu en introduction. Cette pensée serait reliée à l’énergie de vie ou conscience cosmique qui commande et guide notre monde, cette âme du monde que l’on retrouve dans l’Alchimiste de Coehlo.

En étant relié à cette conscience nous devenons illimités, nous devenons comme dieu. « Ayez une foi inébranlable en vous-mêmes et en ce travail intérieur. [14] » Dans cette perspective, la seule limite que nous ayons proviendrait du manque de foi en notre propre potentiel infini. Cette divinisation de l’homme, par la propre force de son mental amène au déicide d’un Dieu qui serait autre que nous-mêmes. Cette auto déification cette auto glorification n’a plus besoin de recevoir quoi que ce soit de la grâce d’un Dieu Créateur et Sauveur. Ces perspectives sont celles de la promesse du serpent au livre de la Genèse, chapitre 3,5. « Vos yeux s’ouvriront, vous serez comme des dieux. »

Développer toutes nos capacités, toutes nos potentialités enfouies est la finalité de ce processus, jusqu’à l’effacement de la notion de bien et de mal. Il y a donc une anesthésie ou un endormissement de la conscience morale. Des exercices peuvent être proposés à des personnes vivant dans l’inquiétude ou la culpabilité. L’auto persuasion, proposée alors par la sophrologie pour gommer ou enfouir les sentiments « négatifs », peut apporter un soulagement apparent. Toute culpabilité peut être éradiquée. Or la tradition chrétienne enseigne que la culpabilité ou les remords peuvent ouvrir à la conscience et à la responsabilité morale, et permettre d’évaluer les conséquences de nos pensées de nos paroles et de nos actes, nous ouvrant ainsi à la réalité, et par conséquent à la liberté d’agir selon le bien et la vérité. En sophrologie, il n’est jamais question de réconciliation avec Dieu, avec soi-même, avec notre prochain à qui nous aurions pu librement porter préjudice. Il s’agit de se suffire à soi-même, de s’auto guérir plutôt que de se convertir.

Éléments de discernement spirituel

Le bonheur promis par la sophrologie n’est pas celui des Béatitudes.

Pour le sophrologue Abrézol, « Le bonheur est possible. Il dépend essentiellement de nous ; c’est en nous que nous devons le chercher. [15] »

Il s’agit de s’auto programmer dans cette recherche par des exercices répétés jusqu’à obtention du résultat voulu. Nous sommes loin du bonheur paradoxal promis par Jésus dans les Béatitudes. « Heureux les pauvres de cœur, le Royaume des Cieux est à eux. Heureux les doux, ils obtiendront la Terre Promise… Heureux ceux qui pleurent… Heureux ceux qui ont faim et soit de Justice… » (Mt 5, 3-12). Le Christ prévient que ceux qui veulent le suivre doivent prendre leur croix. C’est dans ce choix si exigeant, dépassant nos seules forces humaines, que Dieu donne sa Grâce et sa Paix. Et cette Grâce et cette Paix adviennent dans l’inattendu et la gratuité, suscitant dans le cœur du disciple du Christ, gratitude et louange de Dieu.

Dans le document du conseil pontifical pour le dialogue interreligieux « Jésus-Christ, le porteur d’eau vive. Une réflexion chrétienne sur le Nouvel Âge », une analyse correspond bien à ce qui est proposé par certains sophrologues : « Les traditions Nouvel Âge brouillent consciemment, délibérément, la véracité des différences et des distinctions entre Créateur et créé, entre humanité et nature, entre religion et psychologie, entre réalités subjectives et objectives, dans l’intention apparemment louable de surmonter le scandale de la division. Cependant, pour le Nouvel Âge, il s’agit de la fusion systématique des éléments que la culture occidentale a toujours nettement distingués.

Ne serait-ce pas juste dans ce cas de parler de « confusion » ? La tradition chrétienne a toujours valorisé le rôle de la raison pour justifier la foi et pour comprendre Dieu, le monde et la personne humaine. Le nouvel âge est bien dans l’air du temps quand il rejette la raison accusée d’être froide, calculatrice et inhumaine. Mais s’il est utile d’insister sur la nécessité d’un bon équilibre entre toutes les facultés, la mise à l’écart d’une faculté essentielle à toute vie pleinement humaine n’est pas justifiée. La raison a l’avantage de l’universalité : elle est à la libre disposition de chacun, à la différence de la fascinante religiosité « mystique, ésotérique ou gnostique… Le défi est de montrer qu’une saine collaboration entre la foi et la raison peut améliorer la vie humaine et renforcer le respect pour la création.[16] »

L’Esprit

Pour le chrétien, la vie spirituelle est avant tout, relation : relation de personne à personne, relation avec Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit. Le chrétien qui confondrait les expériences psychocorporelles vécues en sophrologie avec la vie spirituelle se tromperait. En effet, il peut y avoir une confusion entre l’induction mentale et la maîtrise de la respiration qui entraînent certains effets psychocorporels, et l’accueil de l’Esprit-Saint. L’Esprit-Saint est Souffle-Saint, si l’on veut traduire au plus près de l’étymologie le latin spiritus, avec sa racine spirare qui a donné en français le mot respiration, inspiration, expiration. Le souffle (ou pneuma en grec, rouah en hébreu) se trouve présent dès les premiers versets de la Genèse, premier livre de la Bible. Ce souffle planait sur les eaux, avant même la création de l’homme. On retrouve rouah, le souffle, quelques versets plus loin quand Dieu crée l’homme à son image et à sa ressemblance et lui insuffle dans les narines une haleine de vie ; et l’homme devient ainsi un être vivant. Le Souffle traverse l’ensemble de la Bible, il inspirera les patriarches, les prophètes et tous les saints d’Israël. Il inspirera les apôtres le jour de la Pentecôte. Ce Souffle permet la relation entre l’homme et son Créateur. Mais ce Souffle-Saint ne se maîtrise pas, il s’accueille en toute gratuité dans l’inattendu de la vie. Dans l’évangile selon Saint Luc, Marie, couverte du Souffle-Saint, répond à l’ange qui la visite pour lui dire qu’elle serait la Mère du Sauveur : « Comment cela se fera-t-il ? » Elle dira à sa cousine Élisabeth dans son Magnificat : « Mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur » que nous pourrions traduire, au plus proche de l’araméen, selon Le Père Marcel Jousse, sj : « Mon souffle se rythme dans le Souffle de Dieu mon Sauveur. »

Ceux et celles qui découvrent la voie chrétienne se nourrissent d’une confiance de plus en plus absolue en Dieu, qui rejoint tous les hommes à travers le mystère de la croix et de la résurrection de son Fils Jésus le Christ.

La vie spirituelle du chrétien se situe dans cette adhésion de tout l’être à ce désir, source de tout engagement : « Que ta Volonté soit faite ! » Dans cet abandon confiant se réalise la finalité spirituelle du chrétien : devenir fils de Dieu et frère de Jésus-Christ, participant librement à l’œuvre de la création.

La prière chrétienne

La prière chrétienne n’a rien à voir avec des techniques capables de produire des réactions systématiques, si subtiles ou si séduisantes soient-elles. Saint-Paul, bien au fait des courants gnostiques de son temps qui prétendaient apporter l’initiation suprême aux mystères de la vie, dira : « Je vous dis cela pour que personne ne vous abuse par des discours séduisants. » (Col 2,4).

La prière chrétienne commence par un cri, un cri existentiel qui sourd du tréfonds de la personne : « Dieu, viens à mon aide.[17] » Cette prière ne cherche pas à étouffer la détresse ou l’angoisse par des exercices psychophysiques, elle ne cherche pas à évacuer, à anesthésier, à enfouir le tragique de nos souffrances, mais elle oriente nos cris vers Celui seul qui peut soulager, guérir et donner un sens, Dieu Créateur et Sauveur.

À ce cri personnel : « Dieu, viens à mon aide », la réponse se fait collective : « Seigneur, à notre secours. »

Celui qui se reconnaît dans ce cri peut découvrir une multitude de frères et de sœurs qui n’attendent de repos et de salut qu’en Dieu seul. La réponse devient ecclésiale et engendre la fraternité, une fraternité pour bâtir un monde qui se reçoit de cette expérience spirituelle fondatrice.

La vie spirituelle chrétienne trouve sa source, son réconfort et son épanouissement dans la « trithérapie » que lui propose l’Église, à savoir :

  • La lecture amoureuse de la Parole de Dieu.
  • La vie sacramentelle sans cesse renouvelée par le sacrement de réconciliation et l’eucharistie.
  • La vie fraternelle.

Ainsi le signe d’une authentique vie spirituelle chrétienne est l’amour de Dieu, de tout son cœur de toute son âme et de toutes ses forces, et l’amour du prochain comme soi-même. (Mt 22, 36-39).

La soif de nombreuses personnes qui se tournent vers la sophrologie ou d’autres techniques de développement personnel est une réalité et un aiguillon pour nous, chrétiens. Il s’agit alors véritablement de nous mettre au service de la quête de sens et de bonheur des hommes et des femmes de notre temps. Tout d’abord, en vivant plus pleinement le mystère de l’Amour de Dieu dans notre vie ; et en cela notre conversion n’est jamais terminée, elle est toujours à ressaisir, elle est toujours insuffisante.

Certains éléments des méthodes proposées actuellement peuvent être valables, notamment lors des premiers moments de pratique ; essentiellement autour de la relaxation, d’une respiration ample et complète. Il s’agit alors de mieux connaître son corps dans sa physiologie naturelle et paisible. Cette première phase est saine et s’inscrit dans une meilleure connaissance de nous-mêmes. Mais rapidement, celui qui pratique est entraîné à aller plus loin, à faire des expériences. Celles-ci sont orientées, et le formateur n’a pas toujours conscience lui-même que ce qu’il propose est sous-tendu par une anthropologie qui n’est pas neutre, contrairement à ce qui lui a été dit. Ces techniques qui prétendent, en passant par le corps, accéder à l’âme de la personne doivent être discernées, à l’aune de l’enseignement de l’Église catholique « experte en humanité ». L’Église propose sans discontinuité par l’exemple de ses saints, des chemins uniques qui conduisent au bonheur.

Bertrand Chaudet, diacre permanent.

Rappel : Sophrologie, repères pour un discernement pratique et spirituel. Bertran Chaudet. Éditions Salvator, 2013.

[1] http://sosdiscernement.org/h/hypnose/

[2] Caycedo, La India de los Yogis, Scientia, Barcelone, 1971. Et Letter of silence, Bhavani and sons, New Delhi, 1966.

[3] Cindy Chapelle, La sophrologie pour les nuls, First Editions, août 2011, p.2.

[4] Thierry Loussouarn, Transformez votre vie par la sophrologie, Ed Dangles, 1990, p. 23.

[5] Bernard Etchélécou, Comprendre et pratiquer la sophrologie. Inter Editions, 2009, p. 41.

[6] Sur la méditation de pleine conscience, voir cet article sur le blog Charismata.free.fr, à la page de Bertran Chaudet.

[7] Bernard Etchélécou, Comprendre et pratiquer la sophrologie. Inter Editions, 2009, p. 41, 42.

[8] Ib, p. 43.

[9] Ib. p. 44.

[10] Ce terme d’énergie ne fait jamais l’objet d’une définition précise, si bien que l’on ne sait pas vraiment de quoi il s’agit.

[11] Dr Abrézol, Tout savoir sur la sophrologie, Editions Randin, 1995, p. 94.

[12] Ib., p. 79.

[13] Henry Wallon, Les étapes de la personnalité de l’enfant, Ed A. Collin, 1941, rééd 2002.

[14] Bernard Etchélécou, Comprendre et pratiquer la sophrologie, Inter Editions, 2009, p. 69.

[15] Raymond Abrézol, Vivre heureux ici et maintenant, Lanore, janvier 2007, p. 12.

[16] Document du Conseil Pontifical pour le Dialogue interreligieux : « Jésus-Christ, le porteur d’eau vive. Une réflexion chrétienne sur le Nouvel Âge », Pierre Téqui éditeur, 2003. p. 96-97.

[17] Cette prière débute la « Prière des heures » que de plus en plus de laïcs vivent aujourd’hui. C’est la prière appelée autrefois bréviaire, que prêtres et diacres, et la plupart des congrégations religieuses et de nombreux laïcs, font aujourd’hui selon une modalité où les 150 psaumes sont priés en quatre semaines.

Choisir un thérapeute

Nous aimerions aborder ici la délicate question du choix d’un professionnel de la psychothérapie ou d’un spécialiste de la relation d’aide tel que coach, conseiller conjugal, consultant en développement personnel, conseiller en orientation, thérapeute familial, etc.

Nous ne proposerons pas de grille infaillible encore moins de liste de « bons » thérapeutes, ni même de « bonnes » méthodes mais plutôt quelques éléments de réflexion pour un discernement éclairé.

Vous pensez qu’il est temps pour vous de faire appel à une aide extérieure. Vous expérimentez de l’anxiété, un état dépressif, une maladie comportant un aspect d’ordre psychosomatique, un deuil, des difficultés relationnelles, du stress, une période de chômage, une rupture, etc. Les motifs de consultation sont nombreux et doivent être pris au sérieux.

Un premier échange avec votre médecin généraliste ou une personne de confiance de votre entourage peut vous conforter dans votre décision d’entreprendre un travail psychothérapeutique. Le bouche à oreille vous a peut-être déjà donné quelques pistes.

Mais voilà, face à la surabondance de résultats fournis par votre moteur de recherche internet, les pages jaunes de l’annuaire et/ou votre réseau de relations, vous ressentez un certain découragement ! Comment faire le tri afin de pouvoir rencontrer un professionnel compétent et adapté à votre difficulté du moment ? La tâche semble immense. Comment frapper à la bonne porte ?

D’après le site doctissimo, on recenserait plus de 200 types de psychothérapies ou méthodes assimilées, des plus sérieuses aux plus farfelues ! Et il s’en invente tous les ans.

Il faut reconnaitre que les « psy-quelquechose » et autres « professionnels de la relation d’aide » forment un ensemble hétérogènele meilleur côtoie le pire.

Pour commencer, ayons en tête deux paramètres essentiels sur lesquels exercer un sain esprit critique :

–        La méthode qui recouvre l’approche, la technique employée, la formation, les fondements théoriques, la dénomination du praticien,

–        La personne du thérapeute : son éthique, sa pratique, son discours, sa déontologie.

L’étude de ces deux items nous donne des clés pour faire notre choix plus sereinement.

1. UN PEU DE VOCABULAIRE

Le préfixe « psy »

On trouve beaucoup d’appellations comportant le préfixe « psy », mais que recouvrent-elles exactement ?

LE PSYCHOLOGUE : il a suivi une formation universitaire en psychologie. Les études, d’une durée de 5 années, abordent les grandes lois qui régissent le comportement humain selon différentes approches théoriques. Certains psychologues complètent leur formation par une méthode plus spécifique : thérapies comportementales et cognitives, hypnose, psychanalyse, art-thérapie, par exemple. En général, ils l’indiquent sur leur carte de visite ou site internet.

LE PSYCHIATRE est un médecin titulaire d’une spécialisation en psychiatrie. Il est le seul à pouvoir prescrire des médicaments. Il est diplômé de la faculté de médecine après une spécialisation, soient 10 années d’études supérieures après le Bac. Les consultations sont remboursées par la Sécurité Sociale. Tout comme le psychologue, il peut compléter sa pratique par différentes techniques.

PSYCHOTHÉRAPEUTE est un titre réglementé en France depuis 2004. Auparavant, n’importe qui pouvait s’appeler psychothérapeute. Il sanctionne la validation d’un cycle de spécialisation théorique et pratique en psychopathologie effectué après des études universitaires de médecine ou de psychologie. Il constitue donc un titre commun partagé par des professionnels issus de formations distinctes et complémentaires. Ils exercent sous la surveillance de l’agence régionale de santé dont ils dépendent. Un registre des psychothérapeutes peut être consulté en préfecture.

LE PSYCHANALYSTE n’a pas, à proprement parler, de formation académique en analyse. Pour revendiquer ce titre, il doit remplir trois conditions : avoir suivi lui-même une psychanalyse, avoir été formé à la théorie analytique par le biais d’une association psychanalytique et être supervisé dans sa pratique par un autre analyste.

Sigmund Freud (1856 – 1939), fondateur de la Psychanalyse

Le titre de PSYCHO-PRATICIEN(NE) valide l’accomplissement d’une formation à une méthode reconnue. Elle suppose l’acquisition de connaissances en psychologie et en psychopathologie clinique ; le recours à une supervision tout au long de la pratique, l’adhésion à la charte déontologie de la profession et l’accréditation par une commission nationale de pairs. Lorsqu’une école affiche la mention « formation certifiante », cela signifie qu’une attestation de formation est décernée à la fin d’un cycle de formation. Ces attestations ne sont pas reconnues par l’État, mais dans la plupart des cas par les fédérations d’une même méthode.

D’autres termes

D’autres termes existent tels que praticien, consultant, thérapeute, facilitateur… ces dénominations ne renvoient pas à un cadre légal.

 

 Bon à savoir : les titres composés à partir du mot « thérapeute » et ceux qui utilisent le suffixe « -logue » n’offrent pas de garantie a priori.

Un certain nombre désignent, bien sûr, des professionnels compétents et diplômés (cardiologue, kinésithérapeute…). De nombreux autres sont des néologismes comme hypno-thérapeute, kinésiologue, relaxologue, sexothérapeute, nous entrons là dans la nébuleuse des praticiens divers et variés, ceux pour lesquels nous devons être vigilants, sans pour autant tout rejeter en bloc !

Par conséquent, avant de consulter un professionnel, outre le titre dont il se prévaut, il importe de se renseigner très précisément sur :

–        la méthode employée,

–        la durée et le contenu de la formation,

–        l’obtention d’un diplôme ou certificat,

afin de savoir si l’on peut accorder sa confiance.

 

2. QUELLE MÉTHODE ?

La loupe de Sherlock Holmes

Pour évaluer une méthode, il faut sortir la loupe de Sherlock Holmes et mener l’enquête ! Voici quelques questions pertinentes pour guider votre recherche :

 

 

◆         Qui est le fondateur, quels sont les disciples ? Certains concepteurs ont une forme de culte de la personne tout à fait déplacé, ils se présentent quasiment comme sauveur de l’humanité…

◆         Quelle anthropologie sous-tend la méthode ? Y a-t-il un lien avec une religion ?

◆         Quels sont les fondements scientifiques et objectivables de la démarche proposée ? La méthode a-t-elle fait l’objet d’une validation scientifique sérieuse ?

◆         Depuis combien de temps cette thérapie existe-t-elle ?

◆         En quoi la méthode est-elle au service de l’autonomie du patient ?

◆         La méthode prétend-elle définir et englober toute la personne dans un cadre de référence particulier ?

◆          Cette thérapie ou technique de mieux-être permet-elle de grandir en liberté, en vérité, en justice dans notre relation à nous-même, aux autres, à Dieu ?

Où trouver des informations fiables ? Il ne faut pas hésiter à aller chercher dans un moteur de recherche, à partir du nom de la méthode, ce qui a été mis en ligne sur le sujet. Les premières pages peuvent être élogieuses mais en fouillant un peu, vous pourriez éventuellement rencontrer des mises en garde utiles ou des argumentaires critiques fondés. Et même parmi les « éloges » et témoignages mirifiques, vous pourriez dénicher quelques éléments clés pour nourrir votre discernement. La prudence suppose de ne pas croire aux solutions miracles même lorsque le récit présenté est émouvant !

Peut-on se fier aux articles des sites internet tels que doctissimo.fr, psychologies.com ou choisir-son-psy.com ? Votre esprit critique doit être convié, ici aussi, car ces sites sont en partie financés par des encarts publicitaires payés par des professionnels ou des organismes de formation. Il parait difficile pour les journalistes de ces sites de critiquer objectivement et librement les méthodes promues par leurs bailleurs de fonds !

L’ensemble des propos est d’ailleurs plutôt consensuel, sur le mode « tout est bien, il suffit de faire son marché en fonction de sa demande ».

Or, sans réflexion préalable, votre recherche pourrait se transformer en un jeu de hasard d’autant plus risqué qu’il s’agit de votre santé physique et psychique !

Quelques garde-fous

Il est impossible de recenser et d’analyser ici chacune des 200 méthodes présentes sur le marché, nous aimerions néanmoins poser quelques balises.

# Nous déconseillons absolument les techniques provoquant des états modifiés de conscience.

Elles peuvent être proposées par des médecins, infirmières, sages-femmes, psychologues mais aussi « hypno-thérapeutes », musicothérapeutes, voire hypnotiseurs de foire ou d’émissions de télévision. Les indications, très larges, vont du bloc opératoire à la distraction des spectateurs, en passant par le bien-être ou la résolution de problèmes psychologiques. L’hypnose permet, par exemple, des interventions chirurgicales sans anesthésie médicamenteuse par dissociation du corps et de la conscience. C’est cette dernière qui permet, entre autre, la perception du vécu par la personne.

Pour aller plus loin, vous pouvez télécharger le dossier sur l’hypnose

Or, la science n’a pas encore élucidé l’ensemble des processus qui sous-tendent les modifications provoquées de l’état de conscience. Que se passe-t-il pour la personne physiologiquement (sur le plan neurologique entre autres), affectivement, psychiquement ? Tout au plus, on nous dit que « ça marche mais qu’on ne sait pas comment ».

Ce qui « marche », c’est qu’il est assez facile d’induire une modification de l’état de conscience (hypnose, hyperventilation provoquée, substances hallucinogènes, etc.) et qu’effectivement pendant un certain temps le sujet se retrouve comme dissocié de son corps. La conscience de ce qu’il vit est abolie.

En outre, plus on pratique l’hypnose, plus il est facile d’entrer dans un état de conscience modifié, parfois à son insu, ce qui est préoccupant. Par exemple, une personne hypnotisée peut se retrouver à faire des actes qu’elle réprouve, n’ayant plus ni conscience de ce qu’elle vit, ni volonté a fortiori.

Par précaution, il parait indispensable de ne jamais abandonner une saine vigilance dans la relation avec un thérapeute, quand bien même il soit médecin ou infirmier.

L’unité corps-psychisme est précieuse et c’est plutôt elle qu’il faut renforcer pour un mieux-être à long terme. Nous postulons que c’est avec toutes ses facultés conscientes que l’humain peut trouver des solutions adéquates à ses difficultés.

# Certaines méthodes proposent, par un biais ou un autre, d’aider à retrouver des souvenirs enfouis dans l’inconscient en remontant à une période dont le sujet n’a pas de souvenirs conscients. Elles sont à exclure.

On vous propose de revisiter la période de votre conception, de la vie intra-utérine, l’expérience de la naissance du point de vue du bébé, la petite enfance avant 3 ans, dans le but de trouver une origine traumatique à vos souffrances actuelles.

Là, nous sommes en grand danger de créer de toutes pièces de faux souvenirs induits, traumatisants au possible et totalement invérifiables ! En voici un florilège non exhaustif : mère violée, tentative d’avortement, jumeau mort dont vous auriez côtoyé le cadavre, abus de tous ordres, etc.

Or, on ne conduit pas une psychothérapie sur des spéculations. Si vous pensez qu’une des clés de vos difficultés se trouve dans votre petite enfance, la sagesse serait plutôt de recueillir des informations au sein de votre famille, des faits sûrs, connus, congruents.

Ce temps de parole avec des proches peut être une occasion d’entendre différents points de vue afin de construire le vôtre. Oui, un deuil a pu affecter votre entourage lorsque vous étiez enfant et vous avez pu en vivre quelque chose de douloureux mais la prudence reste primordiale.

# Certains thérapeutes proposent des sessions ou stages pour aller plus à fond dans le travail sur soi. Nous pointons ici un risque éventuel, non systématique, auquel réfléchir en amont.

Il s’agit de se retrouver plusieurs jours à l’écart, parfois en silence sauf les temps de travail « thérapeutique », dans un lieu insolite (château, abbaye, grande villa), entourés de personnes très (trop) bienveillantes qui vous mettent en confiance. Or, dans cet environnement, le risque est grand que voir tomber les barrières habituelles, celles qui protègent l’intimité et la vie intérieure.

Sous prétexte d’être en vérité, vous pouvez vous retrouver à exposer devant des inconnus la part de vous-même qui est la plus personnelle. Cette expérience laisse certains dans une sensation d’extrême vulnérabilité, comme ayant perdu le contrôle sur ce qu’ils voulaient dire et ce qu’ils auraient souhaité garder pour eux.

Dans ce cas, non seulement l’objectif de mieux-être n’est pas durablement atteint mais les organisateurs du stage se trouvent fondés à proposer une autre session, de nouvelles séances, etc.

Rappelons-nous que le marché du bien-être et de la connaissance de soi est un véritable business !

# Certains professionnels promettent de trouver une solution à vos souffrances en une ou deux séances.

C’est une promesse mensongère. Un travail psychothérapeutique est relativement long et son résultat incertain; cela ne veut pas dire qu’il est inutile mais il n’existe pas de baguette magique, ni en psychothérapie, ni ailleurs.

Un bémol cependant, dans le cas d’une personne possédant un bon équilibre psychologique et devant faire face à une difficulté ponctuelle, il est possible que deux ou trois rencontres suffisent à retrouver une sérénité suffisante.

#   Au rang des techniques néfastes, nous devons mentionner toutes les thérapies occultes

Voyance, magnétisme, médiumnité, guérisseurs, passeurs de feu, astrologie, numérologie, chamanisme, tarot, prière à des esprits, etc. La liste n’est pas exhaustive !

Le « thérapeute » est généralement autodidacte, initié par un maitre ou ayant un « don » familial pour telle ou telle pathologie. Le discours pseudo-scientifique qui accompagne parfois ces approches est de la poudre aux yeux. Le mieux-être ressenti sur le moment annonce en général le déplacement d’un premier symptôme vers un deuxième plus grave et plus aliénant.

Peu importe que le guérisseur soit sympathique, bénévole, père ou mère de famille, bien inséré dans la société, qu’il affiche Jésus ou Mère Teresa sur les murs de son bureau quand il en a un… ces techniques sont dangereuses pour la santé physique et psychique.

>>> Voir le site dédié occultismedanger.free.fr

Glissement d’une méthode à l’autre

Certains thérapeutes proposent plusieurs méthodes ou techniques conjointement ou alternativement au cours de la prise en charge d’un patient. Il est bien évident que dans les approches présentées comme holistiques ou intégratives, ce phénomène de glissement est intrinsèquement lié à la démarche proposée. Cf. le Lexique proposé à la fin de cet e-book.

Qu’il soit annoncé à l’avance ou mis au jour progressivement, le cumul des approches doit nous interroger quant à son bien-fondé. Gardons à l’esprit la notion de liberté du patient.

Voici quelques exemples pour illustrer cette question.

Un kinésithérapeute propose des séances de gym douce en groupe avec mouvements lents, étirements et travail sur la respiration. Cela ne semble pas poser de problème jusqu’à ce qu’une participante témoigne d’une difficulté à rester debout les yeux fermés, position qui génère chez elle de l’angoisse. Il lui propose alors de la rencontrer en séances individuelles pour pratiquer la méthode TIPI (technique d’investigation des peurs inconscientes) qui n’a plus rien à voir avec le projet de gym douce.

Autre exemple, vous faites appel à un coach pour mener à bien une réorientation professionnelle. A l’occasion de vos rencontres, il vous propose de « remettre en place vos énergies » selon une technique à laquelle il s’est formé, inspirée de la médecine chinoise, avec l’objectif de vous aider à amorcer ce nouveau tournant de votre vie. Il vous invite également à analyser votre personnalité avec l’Ennéagramme lors d’une session qu’il anime avec son épouse.

Dans chacun de ces cas, nous assistons à un glissement d’une technique à une autre, introduit par le thérapeute ou professionnel de la relation d’aide.

En quoi cela pose-t-il problème ?

Voici quelques questions que vous pourriez vous poser au sujet du professionnel « polyvalent » :

Quelle est sa formation de base ? A-t-il pris des distances avec celle-ci ?

Est-il vraiment allé au bout de son travail d’intégration de chaque discipline?

Quelle est sa maitrise réelle de tout ce qu’il propose ? En quoi consiste son expérience à l’heure actuelle ?

A-t-il été tenté par le zapping ? S’est-il laissé séduire par toute nouvelle proposition, croyant que la prochaine serait la bonne ? Croit-il que tout se vaut, que tout soit compatible ?

Est-il dans une recherche de solutions avant tout personnelles ?

Est-il dans l’illusion qu’il doit trouver une solution à tous les problèmes qui lui sont posés ?

Se sent-il tout-puissant par rapport aux problématiques qui lui sont confiées ?

A-t-il le projet de transformer votre vie grâce à sa « caisse à outils » ?

Vous a-t-il informé de la technique qu’il allait utiliser pour vous ?

Un CV, une carte de visite et/ou un site internet pléthoriques ou simplement éclectiques doivent donc inciter à la prudence.

Voici un dernier exemple dans lequel le « glissement » a lieu progressivement en changeant d’interlocuteur. Comme le dit la sagesse populaire : « Prudence est mère de sûreté ».

Une jeune mère de famille confrontée au suicide de son mari se rend chez son médecin généraliste. Celui-ci l’adresse à un confrère psychiatre a priori mieux formé pour la recevoir. Mais voilà, ce psychiatre, probablement très (trop) ouvert à d’autres approches, l’adresse à une « musicothérapeute » qui lui fait pratiquer la respiration holotropique (cf. La psychologie transpersonnelle). Cette technique vise à provoquer une modification de l’état de conscience par hyperventilation afin de produire des expériences de sorties du corps, visualisation, rebirth, etc. Ainsi, à partir d’une demande pleine de bon sens, cette patiente en état de grande vulnérabilité s’est retrouvée à pratiquer des techniques dangereuses.


 3. LE THÉRAPEUTE

Quelques repères simples

Vous avez passé au crible la méthode proposée et le contenu de la formation. Il est bon de vous poser à présent quelques questions sur le professionnel que vous envisagez de rencontrer. En effet, un diplôme ou un certificat officiel est une condition nécessaire mais non suffisante pour s’engager en confiance.

Voici quelques repères simples en forme de portrait-robot.

Un professionnel sérieux et respectueux d’une déontologie professionnelle :

  • n’intervient pas dans votre vie privée, il ne rencontre ni vos parents (sauf cas d’un premier rdv pour un enfant ou jeune adolescent), ni votre conjoint ;
  • n’appartient pas à votre cercle amical ou professionnel ;
  • ne donne pas son avis, ne porte pas de jugement sur ce que vous dites ou faites, sur vous ou votre entourage ;
  • ne fait pas de lien avec sa vie personnelle, familiale, etc. ;
  • ne donne pas de conseil ;
  • ne vous impose pas de règle de vie ;
  • ne vous rencontre pas en dehors de son cabinet ;
  • ne vous fait pas part de ses croyances qu’elles soient politiques, philosophiques ou religieuses ;
  • vous fait payer un prix raisonnable, ni trop, ni trop peu ;

  • vous laisse libre de vous engager ou non à la suite d’un premier rdv lors duquel les modalités du travail seront clairement explicitées (fréquence, tarif, méthode ou technique…)
  • respecte un strict secret professionnel ;
  • possède une qualification en rapport avec le titre qu’il mentionne. Pour cela, il est utile de consulter les listes de thérapeutes diplômés ou certifiés de l’école ou association de formation dont il se réclame ;
  • n’hésite pas à envoyer le patient vers un autre professionnel sérieux dont les compétences seront plus adaptées à la problématique.

Il est important qu’il ait fait lui-même un travail psychothérapeutique avant de recevoir des patients et qu’il le poursuive ensuite tout au long de sa pratique. Cela lui permet de ne pas projeter ses propres difficultés non résolues dans la relation thérapeutique avec ses patients.

Le lien entre le patient et le thérapeute

Le but d’une thérapie est de conduire le patient à plus d’autonomie dans la gestion de sa souffrance. Le lien établi entre le patient et le thérapeute n’est donc pas de l’ordre de l’amitié ou de la sympathie, encore moins de la dépendance.

Par conséquent, le professionnel se tient à une distance respectueuse de la personne qui consulte et de ses difficultés.

La qualité d’écoute, la finesse des réponses, l’humilité (pas de miracle !), la prudence font partie des critères de choix d’un professionnel. Un thérapeute ne peut garantir ni le résultat de la démarche de thérapie ni sa durée car celle-ci dépend en grande partie de l’engagement, de la motivation et des difficultés du patient.

Un professionnel honnête parlera non pas de guérison mais d’accession à un mieux-être durable en se donnant le temps d’un travail sérieux, à partir d’une méthode scientifiquement fondée.

LA solution à votre problème

D’une manière générale, mieux vaut se méfier du bla-bla, des formules creuses, ronflantes ou vagues, des néologismes pseudo-scientifiques, des histoires « d’énergies », des personnes qui sont sûres d’avoir LA solution à votre problème, ainsi que de celles qui vous témoignent une affection démonstrative.

Vous pouvez être attentif à l’impression que produit en vous les paroles de présentation du thérapeute. Est-il étourdissant, séduisant, tout-puissant, inquiétant, part-il dans tous les sens… ou dégage-t-il réalisme, humilité et saine sobriété ?

N’hésitez pas à relever dans le discours du thérapeute les références à d’autres méthodes, techniques ou approches pour lui demander de préciser où il se situe par rapport à celles-ci.

Si vous percevez un mélange de notions psychologiques et spirituelles, avec l’argument de l’unité de la personne, il est judicieux de demander des précisions : que propose-t-il vraiment, psy ou spi ? Pour votre sécurité, c’est mieux l’un sans l’autre.

Certains thérapeutes vous font croire qu’ils savent sur vous des choses que vous allez pouvoir apprendre grâce à eux. Cette attitude peut dénoter une volonté de prise de pouvoir. Or, vous pouvez être sûrs qu’un bon professionnel ne sait rien a priori sur le patient qui vient le voir.

Enfin, il faut savoir que certaines sectes recrutent via des propositions de psychothérapie ou de stages de développement personnel, c’est d’autant plus facile qu’une personne en détresse représente une proie facile !

Les épreuves nous mettent en situation de faiblesse. Par conséquent, l’éthique (en actes autant qu’en paroles) du thérapeute est essentielle pour éviter tout ascendant du professionnel sur le patient.

Faut-il voir un thérapeute chrétien quand on est chrétien ?

A cette question simple et fréquente, d’aucun serait tenté de répondre « oui »… au nom de l’unité de la personne, d’une cohérence de vie.

Et pourtant, cette question demande une plus ample réflexion car tout est affaire de discernement.

Si vous êtes chrétien, l’important n’est pas tant la Foi ou la pratique religieuse du thérapeute que la méthode qu’il exerce. Il est donc utile de vous demander si elle est cohérente avec l’anthropologie chrétienne. Contre toute évidence, ce n’est pas forcément le cas !

En outre, cette cohérence ne doit absolument pas être synonyme de confusion avec une approche spirituelle de vos difficultés.

>> Pour approfondir la question de l’anthropologie chrétienne en lien avec différentes approches, nous vous invitons à écouter la conférence : Bonheur, bien-être, guérison, comment s’y retrouver ? par Bertran Chaudet, en cliquant sur les liens ci-dessous.

http://radiofidelite.fr/fr/grand-format-51/

http://radiofidelite.fr/fr/grand-format-52/

Par exemple, les thérapies ou approches liées au bouddhisme ne sont pas compatibles avec une vision chrétienne de l’être humain, sauf à faire de multiples contorsions intellectuelles.

L’état modifié de conscience ne nous semble pas non plus en accord avec la dignité de l’être humain. Il n’est pas souhaitable d’abdiquer toute volonté personnelle, tout libre arbitre, jusqu’à devenir incapable de réagir, qu’il s’agisse de protéger son intégrité physique ou psychique ou de refuser telle ou telle suggestion. Si l’on se réfère à la vision chrétienne de l’être humain, le principe de la liberté personnelle est central et non négociable.

 

 

 

 

Quant au thérapeute, une première évidence est que la seule qualité de chrétien, de paroissien de tel clocher, de membre de telle communauté, l’appartenance à tel réseau « catho » ne présentent en rien une garantie de qualité de la pratique professionnelle. Pour être schématique, peu m’importe que mon dentiste aille à la messe le dimanche, seules m’intéressent ses compétences, sa dextérité, sa capacité à porter un diagnostic et à prodiguer les soins nécessaires. Il devrait en être de même concernant la psychothérapie.

Par conséquent, il vous appartient de vérifier les qualifications (formation, diplômes) des thérapeutes que vous envisagez de rencontrer, chrétiens ou non.

Lorsque le professionnel se revendique « thérapeute chrétien »

Il peut être utile d’aller plus loin lorsque le professionnel se revendique ouvertement « thérapeute chrétien ». Voici quelques questions :

  • Le qualificatif « chrétien » ou « catholique » est-il utilisé comme un argument marketing ?
  • Quels termes utilise-t-il dans le cadre de son travail : vocabulaire spirituel ou relié aux sciences humaines ? Est-ce ambigu ?
  • Est-il capable de se situer en dehors d’un jugement pour aider le patient à entrer dans une plus grande objectivité ?
  • Comment se passe le recrutement des clients ? Est-ce de proche en proche, via des relations paroissiales ou mondaines ?
  • Garde-t-il une saine distance ou entre-t-il dans une forme de lien affectif avec ses clients/patients ?

  • Que percevez-vous de sa personnalité ? Est-il exalté, charismatique ? Se sent-il investi d’une mission divine dans son travail de thérapeute ?

Revendique-t-il un charisme de guérison, des dons surnaturels ou une formation de type psycho-spirituelle mêlant données pseudo-psychologiques et approche pseudo-spirituelle ?

Y a-t-il une imbrication ou une distinction claire entre vie spirituelle et fonctionnement psychique ?

  • Quelle liberté de parole si on est susceptible de se croiser à la sortie de la messe, dans un groupe de prière ou dans un mouvement chrétien ?

  • Quelle liberté de terminer la thérapie quand bon vous semble, sans vous justifier longuement, si votre réseau de relations est commun ?
  • L’attitude et le discours du thérapeute sont-ils dans le registre de la séduction, d’une trop grande bienveillance, dans la proposition d’un modèle d’épanouissement, de réussite (conjugale, familiale), voire de sanctification… ?

Écoute, liberté, patience

CONFERENCE DES EVEQUES DE FRANCE — NOTE DOCTRINALE N° 6 SUR LA GUERISON DES RACINES FAMILIALES PAR L’EUCHARISTIE (2007)

« La souffrance bio-psycho-sociale des croyants pourrait être repérée et accompagnée prudemment dans le cadre thérapeutique de l’écoute. Une écoute de qualité permet de respecter le rythme des personnes et de les aider à clarifier la part spirituelle et la part bio-psycho-sociale de leur souffrance.

Elle permet, ensuite, de les orienter le cas échéant vers des prises en charge adaptées. Il serait certainement bénéfique de développer largement la formation à l’écoute méthodique. Car son déficit oriente les personnes vers la recherche de solutions rapides et extérieures à elles-mêmes.

Inversement, l’écoute permet le développement de l’intériorité et de la singularité. Elle aide à gérer la souffrance de manière intelligente et responsable. La liberté personnelle se dégage à l’intérieur d’une relation de parole vraie. A l’écart de tout positivisme comme de tout surnaturalisme, une telle démarche n’en suppose pas moins des vertus spirituelles : la modestie et la patience. »

 

La nécessaire distinction des plans

Certaines personnes ont la tentation de rechercher un thérapeute qui leur ressemble. Cela permet de rester dans un entre soi, de garder ses repères, ses manières de faire, de parler, de penser. Cela peut être rassurant. Or, il y a une grande richesse dans la confrontation à la différence, à quelqu’un qui a peut-être d’autres codes, d’autres références.

Rappelons-nous qu’un bon professionnel, chrétien, athée ou autre, ne doit pas vous partager ses croyances et convictions personnelles et ne doit pas non plus porter de jugement sur les vôtres !

Un travail psychothérapeutique est l’occasion d’une prise de recul par rapport à une situation qui engendre de la souffrance. Sortir de son cadre habituel est donc bénéfique pour regarder les choses différemment. Il est tout à fait inutile et utopique de vouloir trouver un thérapeute qui pense comme soi !

Travail psychothérapeutique et recherche spirituelle sont parfois regroupés en une seule démarche, souvent au nom de l’unité de la personne.

Or, un travail psychologique et un cheminement spirituel sont deux registres distincts qui nécessitent deux interlocuteurs différents. Sans cela, comment savoir de quoi on parle ? Le risque d’emprise devient plus important. Une seule solution : la distinction des plans.

Conclusion

En conclusion,

soyons attentifs,

gardons un sain esprit critique

et faisons œuvre de discernement

pour trouver à la fois la méthode qui nous convient

et des interlocuteurs fiables qui nous permettront d’avancer.

Nous vous souhaitons une bonne et fructueuse recherche !

A.L.

Petit lexique

Pour aller plus loin, nous vous présentons des éléments de réflexion à partir de quelques mots fréquemment rencontrés dans les sites, les dépliants, les revues et sur les plaques des professionnels.

Voici un petit lexique, non exhaustif, pour accompagner votre interrogation sur les méthodes proposées :

  • Bien-être
  • Bienveillance
  • Holistique, holisme
  • Humaniste, humanisme
  • Intégratif, intégration
  • Positif, ive
  • Psychothérapie
#       Bien-être

Larousse : 1. fait d’être bien, satisfait dans ses besoins, ou exempt de besoins, d’inquiétudes ; sentiment agréable qui en résulte. 2. Aisance matérielle ou financière.

Définition de la santé par l’OMS en 1946 « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. »

N’est-il pas utopique de définir ainsi la santé ? Le bien-être n’est-il pas toujours éphémère ? Pouvons-nous être en permanence satisfaits dans nos besoins et exempts d’inquiétudes ? Et si le bien-être était en passe de devenir une idole, une finalité en soi plutôt qu’un état naturellement fluctuant sur lequel nous avons peu de pouvoir ? Ne courrons-nous pas le risque de poursuivre un désir irréaliste compte-tenu du concret de nos vies ?

Le vendeur de bien-être ne serait-il pas un marchand de rêve parmi tant d’autres, au service de la sacro-sainte économie par laquelle rien ne doit échapper au monde marchand ?

Nous voyons donc que, si nous superposons les concepts de santé et de bien-être, alors l’état de santé est toujours perfectible. Ce mythe de la santé/bien-être risque de nous entrainer dans toujours plus de méthodes, de techniques, de sessions, de professionnels, de temps et d’argent dépensés et, finalement, de déceptions.

# Bienveillance

Larousse : Disposition favorable envers quelqu’un ; indulgence.

Le site http://www.mieux-etre.org/La-Bienveillance-une-demande.html analyse de manière fine et intelligente ce lieu commun de la bienveillance du thérapeute. En voici un extrait :

« La conséquence possible de celui qui se dit et se veut bienveillant est-il de devenir ‘sauveur’ ? Un client qui serait supposé fragile, « en porcelaine », face à un coach qui, maître de ses outils, risque dans ce cas de se trouver en position de toute-puissance.

Travailler dans l’ici et maintenant, avec la relation telle qu’elle se vit, nécessite de la part du professionnel de savoir instaurer une relation de confiance mutuelle, de respect mutuel et de liberté d’expression mutuelle, toutes qualités inhibées, voire empêchées par la bienveillance. »

La bienveillance ne va donc pas de soi. Il s’agit d’une posture dissymétrique, pouvant constituer la première étape d’une prise de pouvoir insidieuse du thérapeute sur le patient.

# Holistique, holisme

Larousse : en épistémologie ou en sciences humaines, doctrine qui ramène la connaissance du particulier, de l’individuel à celle de l’ensemble, du tout dans lequel il s’inscrit.

Wikipedia : Holisme (du grec hólos signifiant « entier ») est un néologisme forgé en 1926 par l’homme d’État sud-africain Jan Christiaan Smuts pour son ouvrage Holism and Evolution. Selon son auteur, le holisme est : « la tendance dans la nature à constituer des ensembles qui sont supérieurs à la somme de leurs parties, au travers de l’évolution créatrice. »

Le holisme se définit donc globalement par la pensée qui tend à expliquer un phénomène comme étant un ensemble indivisible, la simple somme de ses parties ne suffisant pas à le définir. De ce fait, la pensée holiste se trouve en opposition à la pensée réductionniste qui tend à expliquer un phénomène en le divisant en parties.

Depuis sa naissance, en 1926, sous la plume de Jan-Christiaan Smuts, ce concept a toujours été très polémique. Le terme « holistique » est abondamment utilisé par les milieux antisciences, les mouvements ésotériques et les groupes sectaires. »

Pour ce qui nous concerne, les thérapies dites holistiques vont prétendre prendre en charge l’ensemble de la personne et de son environnement en intervenant sur tous les plans : physique, émotionnel, mental, familial, professionnel, alimentation, habitat, hygiène de vie, spiritualité, etc. C’est donc la porte ouverte à l’embrigadement sectaire puisque plus aucune partie de la vie de la personne n’est laissée à la seule appréciation du sujet.

Pour aller plus loin :   Petit lexique du Nouvel Age : HOLISTIQUE

# Humaniste, humanisme

Larousse : Position philosophique qui met l’homme et les valeurs humaines au-dessus des autres valeurs.

Toutes les actions de soin devraient donc être, par essence, humanistes. Or, l’utilisation de ce terme dans le cadre de la psychothérapie nous emmène sur un terrain bien différent.

Afin d’illustrer le courant humaniste et ses satellites, nous sommes allés voir ce qu’en disent des personnes qui se réclament de cette mouvance. Il s’agit avant tout de réfléchir à partir de ce que les praticiens des approches dites humanistes revendiquent. Nous désirons susciter un sain esprit critique chez le lecteur de ces pages…

Voici ce que dit Alain Gourhant sur son site psychologie-integrative.com

« Les psychothérapies humanistes sont nées aux U.S.A. à partir des années 50, sous l’impulsion d’Abraham Maslow, Carl Rogers et plusieurs autres. Elles sont au carrefour de nombreuses influences et courants de pensée et sont donc intégratives par nature.

En particulier, elles sont fortement influencées par les existentialistes allemands et français: Husserl, Heidegger, Buber, Sartre, Merleau- Ponty, Gabriel Marcel.

Il s’agit de remettre l’homme au centre de la psychologie, devenue de plus en plus scientifique, froide et déshumanisée, afin de créer une 3e force, se démarquant des deux impérialismes envahissants de la psychanalyse et du comportementalisme.

La psychothérapie humaniste n’a délibérément jamais fait l’objet d’une définition précise. Au contraire, il s’agit d’une tendance, d’une orientation, d’un courant de pensée qui par principe demeure ouvert, pour pouvoir s’adapter à l’évolution des valeurs, et refuse de se figer en une doctrine trop précise qui ne manquerait pas de sombrer dans un dogmatisme rigide ou anachronique. Ce qui constitue exactement un des aspects de la psychothérapie intégrative refusant elle aussi de se figer en un nouveau système et restant par définition ouverte.

La liste des méthodes humanistes varie donc parfois d’un auteur à l’autre. Les plus connues et les plus employées sont :

  • l’approche centrée sur la personne de Carl Rogers
  • la Gestalt-thérapie (Fritz Perls)
  • l’analyse transactionnelle (Eric Berne)
  • le psychodrame (Moreno)
  • la psychosynthèse (Roberto Assagioli)
  • l’hypnose ericksonienne (Milton Erickson)
  • la PNL, Programmation Neuro-Linguistique (Richard Bandler et John Grinder)
  • certaines approches psychocorporelles, dont la bioénergie d’Alexander Lowen et le rebirth de Léonard Orr
  • la respiration holotropique de Stanislav Grof. »

Nous constatons dans ce descriptif que la revendication du terme humaniste repose sur une définition floue, volontairement fluctuante au gré du temps et des ajouts. Les disciplines sont nombreuses, leur lien entre elles n’est pas franchement perceptible.

Notons que les racines sont existentialistes.

Le jugement de valeurs vis-à-vis de la psychanalyse et des thérapies comportementales et cognitives, à l’origine de la création de ce courant dit humaniste, ne suffit pas à nous assurer d’une démarche cohérente et éthique. En effet, aussi bien les approches analytiques que les TCC placent l’humain au cœur de leur pratique et il nous paraît tout à fait spécieux de les qualifier d’impérialisme tant elles restent relativement marginales dans la prise en charge des patients.

#  Intégratif, intégration

INDUSTR. : opération qui consiste à assembler les différentes parties d’un système et à assurer leur compatibilité ainsi que le bon fonctionnement du système complet.

PHYSIOL. : fonction d’un centre nerveux consistant à recueillir un ensemble d’informations, à l’analyser d’une façon complexe et à produire une réponse coordonnée de plusieurs organes.

Dans le cadre de notre analyse, il semble que le qualificatif « intégratif » vise à un rapprochement de différentes écoles et disciplines. Cette fois-ci, il n’est plus question de se démarquer de la psychanalyse ni des TCC, elles se trouvent englobées dans un grand tout éclectique. Nous retrouvons Alain Gourhant sur le site psychologie-integrative.com

« La psychothérapie intégrative – telle que je la conçois – considère l’être humain de manière globale (holistique), dans toutes ses dimensions : physique, émotionnelle, mentale, sociale, énergétique, spirituelle et de pleine conscience.

Dans sa pratique, la psychothérapie intégrative met en place des stratégies thérapeutiques variées, globales, structurées et créatives, empruntées aux différents courants et techniques de la psychothérapie :

Thérapies Comportementales et Cognitives (TCC), psychothérapies analytiques, psychothérapies humanistes (entre autres : PNL, Gestalt, hypnose éricksonienne), courant systémique et psychogénéalogique.

Elle utilise aussi des courants du développement personnel (yoga, qi gong, relaxations, respirations, chamanisme) et du transpersonnel, en particulier la pratique méditative de la pleine conscience) et un grand intérêt pour la respiration holotropique. Ces stratégies sont personnalisées et adaptées à chacun, en fonction du grand nombre de techniques disponibles.

On peut aussi remarquer que les effets de ces techniques utilisées conjointement sont démultipliés, ce qui place la psychothérapie intégrative parmi les thérapies relativement brèves. » 

Cette courte étude des mots nous permet donc de voir que les démarches qualifiées d’humanistes, holistiques et intégratives sont parties prenantes d’un même courant, englobant toutes les dimensions d’une personne et utilisant, à cette fin, un grand nombre de techniques non scientifiques. Il est intéressant de noter que de cette nébuleuse ne possède pas de délimitation claire comme cherchant à absorber tout ce qui se présente. Enfin, le New-Age y est fortement présent de manière plus ou poins tacite.
#  Positif, ive

Larousse : 1. Qui affirme, accepte. 2. Qui relève de l’expérience concrète ; qui a un caractère d’objectivité. 3. Qui montre la présence de l’élément ou de l’effet recherché. 4. Qui fait preuve de réalisme, qui a le sens pratique. 5. Qui a un effet favorable ; bon, heureux, bénéfique.

Définition issue du Manifeste de la Psychologie Positive en 1999 et 2000 (Ken Sheldon, Barbara Fredrickson, Kevin Rathunde, Mike Csikszentmihalyi, et Jon Haidt) :

« La psychologie positive est l’étude scientifique du fonctionnement humain optimal. Il vise à découvrir et promouvoir les facteurs qui permettent aux individus et aux communautés de prospérer. Le mouvement de la psychologie positive représente un nouvel engagement de la part des chercheurs en psychologie pour concentrer leur attention sur les sources de la santé psychologique, allant ainsi au-delà de l’accent porté jusque-là sur la maladie et les troubles psychologiques.

 Pour atteindre ces objectifs, nous devons considérer le fonctionnement (humain) optimal à plusieurs niveaux, y compris biologique, expérientiel, personnel, relationnel, institutionnel, culturel et mondial.»

 Il ne s’agit donc plus d’un soin prodigué ponctuellement à une personne souffrante. Nous entrons avec cette définition dans la promesse d’un être humain augmenté, potentialisé. Nous retrouvons également la démarche holistique avec la prétention d’intervenir à tous les niveaux : éducation, psychisme, famille, travail, société, cadre moral.

La suite du Manifeste l’indique clairement ci-dessous :

« Les applications potentielles de la psychologie positive comprennent :

  1. Améliorer l’éducation des enfants en faisant une plus grande utilisation de la motivation intrinsèque, l’affect positif, et la créativité au sein des écoles
  2. Améliorer la psychothérapie en développant des approches qui mettent l’accent sur l’espoir, le sens et l’auto-guérison
  3. Améliorer la vie de famille grâce à une meilleure compréhension de la dynamique de l’amour, la générativité, et l’engagement
  4. Amélioration de la satisfaction au travail tout au long de la vie en aidant les gens à trouver une implication authentique, à multiplier leur expérience des états de flux, et apporter des contributions significatives dans leur travail
  5. Amélioration des organisations et des sociétés en découvrant les conditions qui renforcent la confiance, la communication et l’altruisme entre les personnes
  6. Améliorer le caractère moral de la société par une meilleure compréhension et promouvoir l’impulsion spirituelle chez les êtres humains. »

Etat de flux ou flow en anglais (source wikipedia) : « Selon Csíkszentmihályi, le flow est un état totalement centré sur la motivation. C’est une immersion totale, qui représente peut-être l’expérience suprême, en employant les émotions au service de la performance et de l’apprentissage. (…) Le trait distinctif du flow est un sentiment de joie spontané, voire d’extase pendant une activité. »

Si les souhaits d’amélioration proposés peuvent nous sembler bons à première vue (être heureux en famille, au travail, à l’école…), la manière de chercher soi-disant « scientifiquement » à les atteindre, à tout prix, de manière volontariste, nous interroge.

L’être humain, vous, moi, sommes-nous des sujets modelables qui se laisseraient transformer selon un projet prédéfini par d’autres selon une définition du bonheur (état de flux ou flow par exemple) ou de la morale qui viendrait de l’extérieur avec une prétention scientifique ?

Sous des dehors philanthropiques, la psychologie positive et l’éducation positive ont des accents quasi totalitaires et nous ne pouvons y souscrire les yeux fermés.

En particulier, le projet détaillé au point 6 sur la promotion de « l’impulsion spirituelle » semble faire peu de cas de notre liberté dans ce domaine particulièrement intime.

#  Psychothérapie

(source wikipedia) : traitement ou l’accompagnement par un individu formé à cela, d’une ou plusieurs personnes souffrant de problèmes psychologiques, parfois en complément d’autres types d’interventions à visée thérapeutique (médicaments, etc.).

Suivant les patients (enfant ou adulte), le type et la sévérité du trouble, et le contexte de l’intervention, il existe de nombreuses formes de psychothérapies qui s’appuient sur autant de pratiques différentes reposant elles-mêmes sur des approches théoriques diverses et parfois contradictoires.

 La plupart reposent néanmoins sur l’établissement d’une relation interpersonnelle entre le patient et le thérapeute dans le cadre d’un contrat explicite de soin. Elle se distingue en cela des pratiques d’accompagnement de l’individu sain (coaching, développement personnel) parfois menées dans un cadre spirituel, religieux voire sectaire.

En France, plus particulièrement depuis les années 1990, la règlementation de l’exercice des psychothérapeutes a fait l’objet d’intenses débats mettant aux prises les praticiens se réclamant des principales approches que sont les psychothérapies d’inspiration psychanalytique, humanistes, systémique ou cognitivo-comportementale.

Nous apercevons donc une grande disparité quant à la prise en compte de la liberté de la personne qui demande de l’aide. Certaines approchent tendent à capter le sujet dans son intégralité tandis que d’autres interviendront ponctuellement sur une difficulté précise, laissant de côté, en particulier, la question de la vie spirituelle.

 

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