Les faux souvenirs induits dans les retraites psychospirituelles

Une personne — elle a voulu garder l’anonymat — profondément immergée dans les désordres et les perturbations que peuvent engendrer l’induction de faux souvenirs au cours de retraites psycho-spirituelles, nous donne ici son analyse du phénomène. Cette analyse n’est pas théorique; elle s’enracine dans un vécu familial dramatique.

Le psycho spirituel est un amalgame construit entre les plans psychologique et spirituel

Il induit une confusion de la raison de manière à manipuler une personne.

Les pratiques de la manipulation se font par l’utilisation de la foi catholique via le dévoiement de la doctrine de Thérèse de Lisieux, qui par glissements, pratiquement impossibles à percevoir dans le contexte où se trouve la personne, devient peu à peu une religiosité déviante du nouvel-âge.

Ces pratiques se font sous couvert de « retraites » spirituelles. Les personnes sont donc dans l’accueil d’une session catholique. Le discours sur le schéma « blessures-guérison » dont voici la clé de lecture :

Le péché n’est plus un acte commis librement et volontairement  mais un manque d’amour subi dont on n’a pas conscience et dont on doit se libérer.

De la sorte, le péché devient une blessure dont on incombe la responsabilité au bouc émissaire désigné dans la prétendue thérapie. Pour guérir, il faut couper les liens avec le ou les boucs émissaires, souvent des proches,auxquels la personne va faire subir des actes inhumains sans aucune culpabilité, puisque d’une part, ils sont nécessaire à la « guérison », d’autre part la culpabilité est rejetée sur les proches qui, dans ce schéma, sont révélés maléfiques et donc ne font que subir la juste punition de leur faute.

Dans ce tour de passe-passe, la culpabilité et la responsabilité ont sombré. Une personne qui n’est ni coupable ni responsable de ses actes, n’est pas libre. Donc sa liberté a été remise au gourou qui l’instrumentalise contre ses proches.

La culpabilité de la personne est détournée au profit du gourou car la faute sera désormais de ne pas se soumettre à ses exigences. Chaque « faute » engendrera une telle culpabilité de l’adepte qui coupé des siens, se trouve emprisonné dans une soumission totale. Continuer la lecture de « Les faux souvenirs induits dans les retraites psychospirituelles »

Débats sur le psychospirituel, 2011-2016

La confusion entre le psychique et le spirituel dans les sessions)retraites d’agapéthérapie a mis longtemps à être perçue comme un grave danger… Cette page dédiée sur le site Pastorale Nouvelles Croyances et Dérives sectaires de la Sarthe contient de nombreux articles qui balisent le chemin parcouru entre 2011 et 2016… Ces pratiques dangereuses émettent leurs derniers flamboiements; souhaitons qu’elles disparaissent rapidement, ce qui n’est pas gagné d’avance, tellement elles ont laissé des traces chez de nombreuses personnes passées entre leurs fourches caudines…

Empathie : le danger des mystifications

Empathie : le danger des mystifications. Un article de Serge Tisseron, psychiatre, docteur en psychologie et psychanalyste, chercheur associé habilité à diriger des recherches (HDR) au Centre de Recherche Psychanalyse Médecine et Société à l’université Paris VII Denis Diderot.

Plan : les trois étapes de l’empathie — Les menaces sur l’empathie — Le pouvoir ambigu des TIC — Apprendre l’empathie.

 

L’empathie semble bien placée pour devenir le dernier concept à la mode. Mais pourquoi tant d’engouements ? Parce que nous avons tous envie d’y croire ! Et pour rendre l’empathie encore plus désirable, certains auteurs, comme Jeremy Rifkin, n’hésitent pas à la caricaturer et à la présenter comme une formidable force altruiste. Pourtant, les diverses recherches menées actuellement en neuro physiologie sont formelles : si l’empathie est bien la capacité de percevoir les états mentaux de l’autre, elle n’est pas la tendance à s’en préoccuper. Telle est la première mystification qu’entretient l’ouvrage de Jeremy Rifkin. La seconde est de nous faire croire que les technologies numériques augmenteraient les capacités empathiques de l’humanité. Pour comprendre ces deux mystifications, commençons par définir l’empathie.

1. Les trois étages de l’empathie (figure 1)

Tout d’abord, l’empathie n’est ni la sympathie, ni la compassion ni l’identification. Dans la sympathie, on partage en effet non seulement les mêmes émotions, mais aussi les valeurs, les objectifs et les idéaux de l’autre. C’est ce que signifie le mot « sympathisant ». La compassion, elle, met l’accent sur la souffrance. Elle est inséparable de l’idée d’une victime et du fait de prendre sa défense contre une force hostile, voire une agression humaine. Son principal danger est qu’elle fait peu de place à la réciprocité, et s’accompagne même parfois d’un sentiment de supériorité. Enfin, l’identification n’est que le premier degré de l’empathie, qui en comporte trois.

L’empathie peut en effet être représentée sous la forme d’une pyramide constituée de trois étages superposés, correspondant à des relations de plus en plus riches, partagées avec un nombre de plus en plus réduit de gens (Tisseron S., 2010).

Le premier de ces étages est l’empathie directe (ou unilatérale). Elle correspond à ce qu’on appelle plus couramment identification. On pourrait aussi l’appeler « identifiction », dans la mesure où personne ne peut vraiment se mettre à la place d’autrui. On peut donc la définir plutôt comme la capacité de changer de point de vue sans s’y perdre. Ses bases sont neurophysiologiques et elle est toujours assurée, sauf difficultés liées à l’existence de troubles envahissants du développement (autisme). Elle a deux composantes car elle consiste à la fois à comprendre le point de vue de l’autre (c’est l’empathie cognitive) et ce qu’il ressent (c’est l’empathie émotionnelle). L’empathie apparaît chez le bébé dès la deuxième année, aussitôt qu’il est capable de faire la distinction entre l’autre et lui. Certains auteurs placent cette distinction vers le premier mois (Stern D., 1989). Les animaux aussi en sont capables (De Waal F.), mais l’être humain se caractérise par une exceptionnelle capacité de faire servir ses capacités d’empathie à ses intérêts personnels. La compréhension émotionnelle et cognitive qu’il a de l’autre est alors utilisée pour le manipuler, voire l’éliminer.

Continuer la lecture de « Empathie : le danger des mystifications »

Happycratie, dénonciation de l’injonction au bonheur

Sur le site Figaro Madame

Interview.- Dans leur essai intitulé Happycratie. Comment l’industrie du bonheura pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas dénoncent l’injonction à être heureux quelles que soient les circonstances. Ainsi que sa récupération par les «marchands de bonheur».

Faut-il boycotter le bonheur une bonne fois pour toutes ? Oui, répondent les auteurs de Happycratie. Comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies(1). Dans cet essai critique, la sociologue Eva Illouz et le docteur en psychologie Edgar Cabanas explorent les coulisses de la psychologie positiveet la tyrannie du bonheur que celle-ci nous infligerait. Vendue par des coachs, des livres de développement personnel, des applications de téléphone ou des thérapies, la quête perpétuelle du bonheur ferait surtout celui d’une industrie et d’une vision individualiste de la société. Rencontre avec Edgar Cabanas, coauteur du livre choc de la rentrée.

Lefigaro.fr/madame.-Dans votre livre, vous donnez naissance à un nouveau terme, l’«happycratie». De quoi s’agit-il exactement ?
Edgar Cabanas.-L’happycratie désigne l’injonction sociale et morale de rechercher à tout prix le bonheur personnel et la réalisation de soi dans toutes les sphères de notre vie, et ce par la consommation de «marchandises psychologiques» (des livres, thérapies, applis, coaching, etc., NDLR). Cette injonction permet d’exercer une nouvelle forme de pouvoir dans les entreprises et même dans l’armée. Elle se traduit, dans nos sociétés, par l’apparition de nouvelles stratégies d’influence, par des décisions politiques, et même une nouvelle forme de citoyenneté avec l’apparition de « psytoyens », pour qui la recherche du bonheur est une seconde nature, des obsessions individuelles et la mise en place d’une hiérarchie émotionnelle où les émotions négatives n’ont plus de place. Au travail, ce sont des techniques de management valorisant les employés les plus heureux.

À quoi ressemble le bonheur vendu par ceux que vous appelez «les apôtres de la psychologie positive» ?
Ce bonheur est seulement psychologique : il s’agit de nouvelles façons de s’organiser et d’organiser sa pensée pour apprécier les petites choses de la vie et transformer la pression et les événements négatifs en des opportunités.

Suite de l’interview ici

Un bon exemple de ce conditionnement, ce congrès à Montpellier :

https://www.festival-ecole-de-la-vie.fr/

un beau syncrétisme où le pr Joyeux côtoie le chaman Arnaud Riou…, des mères de famille qui militent pour une école alternative (Laure Reynaud) , la psychologie positive, la CNV, le crudivorisme (Thierry Casasnovas)… La vidéo sur le site commence par quelques mots de Thomas d’Assembourg chantre de la CNV…

Les soins esséniens

Objet : Demande d’avis sur les soins esséniens

Je me permets de solliciter votre avis sur les conseils d’une amie paroissienne, que vous avez déjà aidée, et qui m’a invité à consulter votre site web suite à une conversation que nous avons eue récemment ensemble.

Voici l’objet de mon questionnement :

L’une de mes amies, avec qui je discute régulièrement de questions de spiritualité, prend depuis quelques années des cours pour donner des soins esséniens. La définition qui est donnée de ces soins sur le site de référence est la suivante :

« Les soins esséniens sont une approche thérapeutique qui utilise le pouvoir guérisseur de la lumière et du son ainsi que le massage de points énergétiques dans le but de maintenir ou rétablir un équilibre harmonieux entre le corps, l’âme et l’esprit. Ces soins agissent en rétablissant la circulation de l’énergie qui a été perturbée par le stress, la maladie, les formes-pensées négatives et les difficultés de la vie quotidienne. »

http://sois.fr/therapie_essenienne/presentation_des_soins_esseniens/

[…]

Récemment, cette amie m’a proposé de me faire l’un de ses soins, afin de parfaire les techniques qu’elle apprend dans ses stages. Comme j’ai beaucoup d’affection et de confiance en elle, j’ai tout de suite accepté cette idée, mais en l’évoquant à mon amie de la paroisse, cette dernière m’a mis en garde contre ces pratiques, en m’avertissant qu’elles pouvaient ouvrir des portes au Malin, et causer des dégâts importants sur ma vie, celle de mes proches et de mes descendants sur plusieurs générations.

C’est fort de cet avertissement et sur son conseil que je me suis rendu sur votre site, en pensant y trouver quelques réponses ou éclaircissements. J’avoue ne pas comprendre quel pourrait être le lien entre ces soins prodigués dans un esprit de bienveillance, et les ouvertures occultes qui pourraient en résulter.

Je n’ai aucun doute sur le fait que le satanisme, le spiritisme, la magie noire ou les sciences occultes sont autant de portes ouvertes vers Satan, et doivent être bannis de notre vie de Chrétien. Cependant, sommes-nous ici dans ce cas de figure ? Comment pourrait-on expliquer que l’action humaine visant le rétablissement énergétique dans le corps d’autrui pour son bien puisse déplaire à Dieu et ouvrir des canaux vers Satan ? Le cas échéant, peut-on s’appuyer sur des bases bibliques qui pourraient en expliquer la cause ?

Aussi, avant d’aller plus loin dans la suite à donner à sa proposition, et connaissant maintenant votre intérêt pour ces sujets, je me permettais de vous envoyer un mail pour savoir si vous aviez un avis sur la question, et si, selon vous, la pratique des soins esséniens et le christianisme pouvaient cohabiter sans faille ou de façon indifférente, ou si au contraire les deux étaient incompatibles. En effet, il me serait fort regrettable de m’adonner à quelque pratique qui éloigne de Dieu, en en ayant été informé préalablement, et avec les éléments de compréhension qui s’imposent.

 

Bonjour…

Vous écrivez avec justesse : « Le satanisme, le spiritisme, la magie noire ou les sciences occultes sont autant de portes ouvertes vers Satan, et doivent être bannis de notre vie de Chrétien. ». Il faudrait ajouter que toutes les techniques énergétiques, quelles qu’elles soient : reiki, soins esséniens, etc. ouvrent vers le monde des ténèbres.

Car vous voyez bien, en fouillant le site d’Anne Givaudan dont vous me faites une citation, qu’on est totalement ailleurs ; on est dans le réseau multiforme du Nouvel Age…

Vous écrivez : « Comment pourrait-on expliquer que l’action humaine visant le rétablissement énergétique dans le corps d’autrui pour son bien puisse déplaire à Dieu et ouvrir des canaux vers Satan ? »Il ne s’agit pas d’une action purement humaine ; à partir du moment où l’on prétend se brancher sur l’énergie universelle, on est exactement dans le même cas de figure que pour le magnétisme, le reiki, ou la conjuration des brûlures… Ça marche tout de suite, parce que ceux qui tirent les ficelles derrière sont les puissances des ténèbres… Vous aurez donc dans un premier temps une sorte d’amélioration et de bien-être, et dans un deuxième temps, une « gamelle », un problème directement spirituel, car vous avez ouvert la porte.

Cette Anne Givaudan a collaboré avec Daniel Meurois ; et la liste des livres publiés par cet homme (dont « Visions esséniennes ») nous donne des nourritures encore plus ésotériques… Un ami écrivait, à la lecture de la 4° de couverture :

«  Nous sommes en plein délire essénien. Pas celui de Ernest Renan dans sa vie du Christ qui disait : « Le christianisme est un essénisme qui a réussi ». En fait là il s’agit d’un syncrétisme caricatural réunissant la kabbale juive et ses sephiroth, et un ésotérisme théosophe avec les chakras et leur purification. Un montage ésotérico mystico nébuleux qui semble faire quelques adeptes. Un délire sur le plan historique et une escroquerie pour le reste. Il y a une médecine essénienne issue de ce délire, particulièrement efficace quand on n’a rien, et toxique si l’on est réellement malade… »

Voyez aussi : http://www.esseniens.com

http://sois.fr

Fouillez les sites, regardez les images, lisez les titres des publications…

Tirez-en vous-même les conclusions.

Bien cordialement.

DA

Quantique : mécanique. Médecine ?

Bernard de Fornel, auteur de cet article, est de formation : ingénieur, docteur es Sciences, Professeur honoraire de l’Institut National Polytechnique de Toulouse; et membre de la Pastorale Nouvelles Croyances et Dérives Sectaires du diocèse de Toulouse depuis 1992.

Ouverture

Au début du 20° siècle

les objets de notre quotidien,  —>   sont expliqués par la physique classique

Pour les atomes, ces lois           —>   ont des résultats non conformes  à la réalité

La mécanique Quantique  explique :

– le rayonnement des étoiles,

– Le comportement des atomes et de la lumière

– …

Elle a permis le développement  d’applications :

– les ordinateurs,

– les supraconducteurs

– L’énergie nucléaire…

Les évènements, décrits par la théorie quantique sont

# contre-intuitifs

# paradoxaux

# irrationnels

comparés à la réalité de tous les jours.

La Mécanique Quantique(MQ)  intéresse,

en raison des indéterminations, les adeptes

> du paranormal,

> des médecines parallèles,

pour une confirmation rationnelle

de leurs croyances. 

La médecine quantique  veut expliquer  les phénomènes psi :

> les PES (Perception Extra Sensorielles),

> la voyance

> la croyance  que la conscience humaine  contrôle toute la réalité.

Les phénomènes macroscopiques et microscopiques

obéissent-ils aux mêmes lois ?

La Mécanique quantique  explique-t-elle 

des phénomènes paranormaux ?

 

Autour du « quantique » on assiste à :

Des surinterprétations,

Des incompréhensions,

L’entretien de faux mystères…

 

1. CARACTÉRISTIQUES DE LA MÉCANIQUE QUANTIQUE

  1. Le principe de superposition

Le mouvement des objets du quotidien (ex d’un ballon) est défini par :

  • position,
  • vitesse linéaire,
  • vitesse de rotation
  • énergie …

quantités bien définies même si  ennes ne sont pas toujours très précises.

Une particule microscopique, mélange de plusieurs états,  peut  :

  • Avoir deux vitesses,
  • Etre à deux endroits différents à la fois.

Exemple macroscopique: Le chat de Schrödinger à la fois mort et vivant !

|Chat> = | Mort > + | Vivant >

Pas réaliste, car ce principe  ne s’applique

qu’à des objets microscopiques. 

 

2. L’indéterminisme de la mesure

La mesure des propriétés des objets macroscopiques (ex d’un ballon), selon sa précision, suit des lois déterministes

Soit un électron allant à la fois à 1000km/h  et 2000 km/h :

|électron> = |1000 km/h > + |2000 km/h >

On mesure sa vitesse , mais sans savoir à l’avance laquelle des deux nous allons obtenir.

Le résultat est probabiliste.  Pas de répétition identique de l’expérience, même si les conditions de la mesure sont identiques.

Les physiciens classiques ont supposé que la nature était déterministe .

En mécanique quantique, il existe un indéterminisme fondamental  ou

plutôt un résultat imprévisible parmi plusieurs possibles

Les résultats des mesures dépendent de la mesure.

Nous sommes dans le domaine des probabilités.

 

3. La dualité onde-corpuscule

En mécanique quantique, les états sont superposés

Une particule a une infinité d’états à la fois avec un champ de probabilités

P(x,y,z)

associé à chacun des états.

La particule n’est plus un corpuscule localisé, mais décrite par ce champ

qui  évolue dans le temps, pn parle  d’ondes électromagnétiques.

Louis De Broglie a proposé la dualité onde-corpuscule.

La lumière est faite d’ondes électromagnétiques et de photons.

Courbe rouge : répartition spatiale de l’amplitude probable de l’onde électromagnétique.

4. L’effet tunnel

Si vous lancez un ballon de foot contre un mur, en général

il va rebondir, il ne traverse pas le mur.

Les ondes sonores traversent les murs, en étant atténuées.

Si un électron, arrivant sur un obstacle, est décrit par une onde,

une partie de cette onde  passe de l’autre côté de l’obstacle.

C’est l’effet tunnel,

Dans le monde quantique,

mais ne se produit pas dans le monde macroscopique.

Il explique le principe de la radioactivité.

Courbe rouge : amplitude probable de l’onde devant et derrière l’obstacle

 

5. L’intégrale de chemin

En mécanique quantique, les particules peuvent

  • être à plusieurs endroits à la fois
  • et suivre plusieurs trajectoires à la fois !

Expérience de la double fente de Young.

Electrons envoyés sur un écran  avec deux fentes A et B.

Quand l’électron semble passer principalement par la fente A:

  • une partie essaye aussi de passer par la fente B
  • sa trajectoire dépend du fait que la fente B soit ouverte ou fermée.

Une particule quantique allant d’un point à un autre,

passe par tous les chemins possibles reliant ces deux points

on parle « d’ intégrale de chemin ».

Intégrale des chemins possibles affectés chacun de sa probabilité.

 

6. La quantification

Pour les particules microscopiques, les caractéristiques ne sont pas continues et font des sauts de valeur.

Elles sont quantifiées.

Un atome d’hydrogène a des états d’énergie définis.

Il est impossible de lui donner une énergie intermédiaire entre ces valeurs  

Une corde de guitare, attachée aux deux extrémités,

  • ne peut vibrer qu’à certaines fréquences. 
  • Les sons émis ne prennent pas des valeurs intermédiaires !

 

Les fréquences de vibration de la corde sont les multiples d’une fréquence fondamentale (n=1).

Les niveaux d’énergie sont représentés par les trajectoires pointillées, multiples de l’énergie minimale.

7. Le principe d’incertitude de Heisenberg

Caractéristique la plus étrange.

Il existe des contraintes sur la superposition des états:

Pas de connaissances exactes en même temps

de la position,  et de la vitesse d’une particule.

Plus sa position est bien définie, plus sa vitesse est incertaine, et réciproquement.

Analogie avec le son défini par

  • son intensité
  • ses fréquences (spectre de fréquences).

Un son ne peut pas être à la fois localisé dans le temps et en fréquence.

La situation est analogue pour la lumière.

Sorte de phénomène d’incertitude  ou d’imprévision

 

2. DE LA MÉCANIQUE QUANTIQUE À LA MÉDECINE QUANTIQUE

Les affirmations sont les mêmes

chez tous les « thérapeutes quantiques »

 Les affirmations

1. La physique quantique explique une « communication intercellulaire »

Les échanges entre nos cellules  ne sont pas  biochimiques mais sont constitués par

des informations électromagnétiques.

La maladie est:

une imperfection ou une rupture d’information. 

Les thérapies quantiques  rééquilibrent un organisme  défaillant.

La communication est basée sur l’échange de biophotons

 

2. Dualité onde/particule = analogie de la dualité corps / esprit

 Par cette dualité,  il y aurait un réveil des énergies nouvelles, fortement curatives. 

Hypothèse:  par ces ondes, communication entre cellules et organes

 

3. Le principe d’incertitude de Heisenbergentraîne un indéterminisme

La science n’est pas suffisante pour tout connaître.

Chopra propose l’Ayurveda(textes sacrés indiens pour compléter la connaissance).

La médecine quantique joue sur cet indéterminisme synonyme pour elle de flou, de subjectif, donc ouvert à toutes les interprétations

4. L’observateur a un rôle en mécanique quantique, donc la conscience influence la matière

 L’observateur peut décider la guérison.

Pour les thérapeutes quantiques : la pensée humaine a formé l’univers.

Fritjof Capra affirme: la mécanique quantique confirme des enseignements des mystiques orientaux :

La conscience humaine inextricablement liée à l’univers    ——>    tout indivisible, tout est lié, dimension holistique.

Surinterprétation de la Mécanique Quantique.

Aucune vérification et caution scientifique  

5. Equation d’Albert Einstein E = mc2 , traduite par « la matière est une forme condensée d’énergie »

 Notre corps est un potentiel d’énergie, « c » étant la vitesse de la lumière; pour un poids moyen, on arrive à un potentiel énorme d’énergie.

Les thérapies  sont basées sur l’usage de petites doses de radiations électromagnétiques appelées « quanta d’énergie »,

D’où le nom de médecine quantique qui prétend :

Les émissions électromagnétiques procureraient une capacité d’auto-guérison.

 

6. Intrication = tout est lié

En méca quantique :deux particules issues d’une même origine sont dans des états dépendants; quelle que soit leur distance, un changement sur l’une provoque une modification sur l’autre.

En médecine quantique :tout est lié en un immense cosmos ; une action sur une partie crée une action sur le tout ; en conséquence, les actions à distance et les capacités psychiques de guérison seraient donc possibles, etc.

 

Implications gigantesques

L’esprit serait source de toute chose et créateur de  tout :

  • la pensée et l’être,
  • le sujet et l’objet,
  • le réel et l’idéal,
  • l’humain et le divin,

tout est Un.

D’où des perspectives colossales

Votre conscience, vos penséesne vous appartiennent pas,

mais appartiennent respectivement à la conscience et aux pensées de l’esprit cosmique qui pense en vous.

D’où des capacités, des performances, des perspectives colossales…           

 

Mon corps quantique

A. Relations informationnelles et énergétiques

Mon corps fait remonter les informations à ma conscience

Une immense connaissance se cache en moi. Les pensées fabriquent la machine que je suis d’où un potentiel infini de développement

Nos cellules emplies d’informations

 vibrent et interagissent entre elles et avec celles du monde.

Dimension quantique où tout est lié (intrications)

Nous sommes tous membres d’un même organisme.

Les pratiques corporelles  agissent sur la structure énergétique du corps.

Mes sensations sont des signaux indiquant les plus justes choix pour guérir

 

 

B. Notre corps est régi par des lois d’harmonie universelle

Nos cellules émettent et reçoivent des

ondes électromagnétiques avec des biophotons

Notre santé est déterminée par

 les composantes ondulatoires et  informationnelles de l’organisme.

La maladie est une  dissonance dans l’harmonie universelle.

L’action est faite sur le champ électromagnétique entourant et pénétrant nos corps énergétiques

La correction de l’information dys-harmonieuse se fait par

un apport spécifique d’énergie

Nous avons en nous un processus naturel d’auto-guérison.


C. Alimentation quantique

Les radiations des aliments interagissent sur nos vibrations propres et sur l’assimilation

Le bioscope est un microscope  mesurant les vibrations  autour de tout système biologique, en captant les résonances atomiques de l’aliment

Les vibrations extérieures perturbent les vibrations internes des aliments.

La manière de cuire, d’éplucher… peut détériorer le taux vibratoire

La biocompatibilité des aliments avec notre organisme est l’harmonie entre les champs vibratoires. Chacun sent ce qui est bon pour lui

Nécessité d’une relation consciente

et cohérente avec nos aliments 

 

D. Homéopathie, médecine quantique

L’homéopathie se préoccupe des

symptômes manifestés par le malade.

La science n’a jamais  démontré la validité et le secret de l’homéopathie  —  le secret résiderait dans l’eau.

Hypothèse quantique:

les molécules d’eau, le vide et les photons dans les champs de  force vibrent de concert et se comportent comme une seule entité.

D’où cohérence quantique sur une très petite échelle

avec stockage et décodage de l’information homéopathique.

 

Mon esprit quantique

A. Nous sommes tous reliés

Principes quantiques : intrication, non-localité, non-séparabilité… d’où un autre monde qui expliquerait les expériences de conscience modifiée

Principes quantiques : le tout relié, intrication, le rôle de la conscience dans l’observation, la dualité onde-particule, les sauts quantiques expliqueraient le Chamanisme et les NDE

Si nous sommes des créatures conscientes,

c’est parce que le cosmos pense

Toutes les choses seraient enracinées dans un domaine inaccessible

D’où : l’esprit fabrique la réalité

Nous sommes frères et sœurs de la conscience.

Ainsi ce que je fais à l’autre, je le fais à moi-même

 

B. Influence de l’Esprit sur la matière

La physique quantique sonderait :

l’intimité de la matière  et les pouvoirs méconnus de notre esprit

La Psychokinésie – Expériences

L’observateur influence le système mesuré (principe de Heisenberg), donc

  • tout système physique est en relation holistique avec l’Univers.
  • l’esprit influe sur la désintégration d’atome radioactif (serait vérifié par les mesures avec un compteur Geiger)
  • tout changement quantique dans un système implique un changement quantique dans un autre (Cohésion universelle – intrication)

Cela expliquerait  les actions à distance (Expériences de Girard)

En parapsychologique :

expérience avec les dés ou des générateurs de nombres aléatoires (GNA).

Les différences entre résultats et statistiques 

seraient dues à  l’influence de l’esprit

 

C. Explication quantique de la voyance

En méca quantique : les particules sont dans des états superposés 

En médecine quantique : existence d’une autre dimension du réel où les relations de cause à effet seraient abolies, ainsi

des esprits pourraient capter des choses échappant aux autres. 

Citation d’ Olivier Costa de Beauregard :

« Une autre dimension imprégnerait l’univers, reliant les points les plus éloignés et les plus proches, rassemblant passé, présent, futur dans un même instant immuable… L’éternité, dans les catéchismes des grandes religions ».

Les voyants, grâce à leur mystérieux 6ème sens dans  cette dimension,

devineraient le futur et le passé dans le présent.

Assertion sans vérifications ni expérimentations scientifiques :

la physique quantique permet de prouver l’existence

de tous les phénomènes paranormaux 

 

 

D. Je crée ma réalité

Pensée quantique :

on ne subit plus son passé, son destin. Nous sommes créateurs de notre réalité.

Nos cerveaux (tête, cœur et ventre)  envoient des ondes:

Par résonance quantique,   les autres sont conditionnés par nos champs informationnels.

Paradigme quantique :

  • Par notre intention nous sélectionnons le scénario à vivre.
  • Nos croyances peuvent limiter nos possibles (nécessité de les remettre en cause)
  • Reprendre la maîtrise et la responsabilité de ce que l’on vit.

Pour changer le quotidien :

  • transformer nos informations,
  • quitter nos « autoroutes inconscientes » (nos habitudes),
  • lâcher notre projet dans le champ quantique ?

Ouvrir de nouveaux chemins créatifs

pour nous et pour le tout.

 

 

E. Expérience de mort imminente (NDE)

Les témoignages sont assez concordants sur une suite d’événements tels que :

  • Flottement avec observation du corps
  • Traversée d’un tunnel,
  • Lumière très grande,
  • Présence quelquefois de personnes proches décédées
  • Retour dans son corps et changement important de la personne.
  • Conviction d’être relié aux autres,
  • Sentiment de plénitude, de fusion avec le tout

Ils rappellent les principes quantiques d’intrication, de non séparabilité…(?)

On en déduit les capacités quantiques de la conscience 

 

F. Le chamanisme est-il quantique ?
  • Il existerait différents plans de la réalité, reliés entre eux, des plus subtils aux plus denses.
  • Les chamanes,

sont des intercesseurs entre ces mondes avec conscience expansée,

quittent leur corps physique

voyagent dans le réservoir infini des énergies et informations de l’Univers,

     où tout est relié hors du temps et de l’espace, qui est le monde quantique.

  • Il existe un web cosmique à l’intérieur de notre conscience.

  • Le breuvage Ayahuasca :

placerait notre cognition en mode aléatoire

ouvrirait notre conscience à  la méta-mémoire extratemporelle.

  • Expériences de la puissance de l’esprit sur la matière

 (en physique quantique :  influence de l’observateur sur l’objet observé).

Le réel,  gigantesque plat de spaghettis de lignes temporelles qui,

par notre conscience,  bifurque  pour chacun et pour le Tout

(Citation trouvée sur un site quantique)

 

 

3. QUELQUES PRATIQUES QUANTIQUES

A. La bio-résonance en médecine quantique

Faire des bilans de terrain,

repérer   des « anomalies électromagnétiques » au sein des organes

les rectifier par des signaux de très faible intensité.

Par ces signaux, le système biologique passe d’un état instable (pathologie)

à un état d’équilibre physiologique stable (santé).

Bio-résonance endogène : signaux venant de l’individu et remodelés par système électronique

Bio-résonance exogène :  signaux issus de générateurs de fréquences extérieurs.

Systèmes d’analyse et traitement par scanner.

le Metatron, de l’institut de psychophysique de Omsk,

le MoRa utilisé en morathérapie : système de biorésonance endogène.

NB : Voir l’e-book sur la biorésonance

B. Les thérapies et soins quantiques

Les thérapies basées sur les sciences quantiques intègrent

  • la physique quantique
  • l’expérience millénaire de la médecine orientale ayurvédique

Le quantique influence toutes les fonctions de l’organisme, 

  • les cellules,
  • les tissus,
  • les organes,
  • la dimension spirituelle
  • les niveaux de conscience de l’individu.

Les « champs énergétiques » organisent et contrôlent notre corps:

  • la « ré-information » mentale,
  • la « ré-information » cellulaire, ADN, et autres…
  • l’équilibrage énergétique.

C. Comment se déroule une séance de soin quantique

Un soin quantique consiste à  se reconnecter à la conscience pure . L’intention est à l’origine de toute création, l’énergie suit l’intention.

Déroulement

  • Evaluer les croyances, la conscience, les attentes, les dysfonctionnements et certains mécanismes inconscients
  • Identification des thèmes ou domaines à travailler

Entrer en contact avec « l’être »    —>    information juste

  • Etablir des affirmations pour inverser de manière quantique les problématiques  en potentiels… jusqu‘au changement
  • Me mettre dans la vibration primordiale

laisser les corps s’accorder comme des « instruments de  musique »…

  • Fin du soin quantique  par un débriefing pour accompagner la personne dans son développement personnel et spirituel…

 

Conclusions

  • On part de croyances et on construit des raisonnements subjectifs en analogie avec la physique quantique (discours performateur).  Cette manière de faire est l’inverse de la démarche scientifique
  • Les comportements du monde microscopique ne se traduisent pas dans le monde macroscopique (ballon, chat de Schrodinger…)
  • Le pouvoir de création de l’esprit humain, de la conscience est une croyance et non un fait scientifique
  • Les thérapies quantiques guérissent toutes maladies (l’autisme, la schizophrénie…). Elles procurent une capacité d’auto-guérison. Aucune expérience scientifique ne le prouve
  • Il n’y a aucune preuve que la mécanique quantique explique les phénomènes paranormaux. Là aussi on est dans le domaine de la croyance.
  • Précisons que toute croyance est respectable, mais qu’on ne peut habiller une croyance avec un discours pseudo-scientifique, sans passer par l’utilisation des méthodes scientifiques classiques basées sur l’expérience et les mesures.

Bernard de Fornel, Mars 2018

Bernard de Fornel est de formation : ingénieur, docteur es Sciences, Professeur honoraire de l’Institut National Polytechnique de Toulouse;

et membre de la Pastorale Nouvelles Croyances et Dérives Sectaires du diocèse de Toulouse depuis 1992.

 

 

 Références

Richard Feynman, Le Cours de physique, tome 3 – Mécanique quantique, Dunod (2003)

Les 7 merveilles de la physique quantique,sept 2013 https://sciencetonnante.wordpress.com

Revue Kaizen, Hors série n°10,  « Souffle Quantique »

Les thérapies quantiques revisitent la physique quantique  par Brigitte Axelrad – SPS n°303, janvier 2013

Confusion quantique, la physique moderne confirme-t-elle le paranormal ?Sciences des Religions 12 mars 2015

La médecine quantique, médecine de l’invisible.Pierre Dassigny Psychologue 45

Quantox : l’art d’accommoder le mot quantique à toutes les sauces.Richard Monvoisin,  GEMPPI n°84, Janvier 2010

Promesses et illusions de la médecine quantique,par Jacques Benjamin Boislève, Santé Vivante, le 18 juillet 2013

Thérapie quantique : la Biorésonance,par Christiane Carceles

Informations venant de nombreux sites de Médecine quantique.

 

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Le Reiki

Parmi les « nouvelles techniques thérapeutiques » ayant recours aux principes taoïstes, une des plus connues et vulgarisées est le Reiki. On peut la prendre comme modèle de médecine alternative énergétique fondée sur les principes de la philosophie chinoise et japonaise.

Table des matières : 1. La naissance du Reiki — 2. La force universelle de vie — 3. Les initiation — 4. Un projet théurgique — 5. Vers un discernement — 6. La position des évêques américains (2009) — 7. Quelques documents et témoignages — 8. Quelques définitions du reiki donnés par des praticiens de la Sarthe.

1. La naissance du Reiki [1]

Mikao Usui (1864-1926) était professeur de théologie et prêtre chrétien japonais, né le 15 août 1864. Il dirigeait la petite université de Doshiha à Kyoto, au Japon. Un jour un de ses étudiants lui demanda de lui faire voir les miracles accomplis autrefois par Jésus. M. Usui ne put répondre à la demande, mais de ce jour, il s’intéressa à la question et chercha à découvrir sur quoi se fondaient les miracles accomplis par Notre Seigneur. Il reprit même des études à Chicago, apprit l’hébreu et le grec pour étudier les textes dans leur langue originelle, mais il ne parvint pas à découvrir comment Jésus opérait ses miracles.

Découragé, il rentra au Japon ; il lui restait cependant une ressource : il consulta les textes bouddhistes, car Bouddha avait lui aussi semble-t-il un pouvoir de guérison. La légende nous dit que M. Usui étudia le sanskrit pour lire les textes du bouddha dans la langue originelle. Enfin ses efforts assidus furent couronnés de succès : il découvrit des notes qu’un disciple du Bouddha avait prises, et qui décrivaient comment le Bouddha guérissait.

Or le document présentait une série de symboles, qu’Usui ne savait comment utiliser. Il décida d’entreprendre une retraite de vingt et un jours sur le mont Kurama, trois semaines pendant lesquels il jeûnerait, méditerait et invoquerait la force divine. Au terme de cette retraite, le vingt et unième jour, il vit fondre sur lui une boule de lumière d’une intensité indescriptible, et tomba dans une transe profonde. Des milliers de bulles multicolores se mirent à danser devant ses yeux. Il vit que certaines d’entre elles étaient translucides et renfermaient les symboles qu’il avait découverts dans les manuscrits. Immédiatement, il sut intuitivement ce que signifiaient ces symboles et comment les utiliser.

La vie et le savoir du Maître se transmirent oralement jusqu’en 1982, date à laquelle remontent les premières publications concernant le Reiki.

 

2. La Force universelle de vie

Reiki est un mot japonais qui désigne à la fois une force — la force universelle de vie -, un savoir, issu de la connaissance initiatique de cette force, et un ensemble de techniques concernant la transmission de cette force. Il s’agit d’un terme d’origine shintoïste, qui désigne quelque chose qu’on ne voit pas mais que l’on sent. Nous sommes donc dans le domaine de la perception subtile et de l’intuition.

Reiki est l’énergie non pas personnelle, mais l’énergie-lumière, vitale, pure, une, en tant qu’énergie cosmique. Les premiers disciples du Dr Mikao Usui ont traduit Reiki par « force universelle de vie ». Le Reiki correspond donc au T’Chi chinois, au prâna hindou. On peut même trouver dans la série des analogies : l’Esprit Saint chez les chrétiens ! Ce qui nous met d’emblée au cœur de la confusion entre la nature et la grâce, confusion récurrente dans le contexte naturaliste où se développe le Reiki. Niant la transcendance du Dieu personnel judéo-chrétien, les différents naturalistes divinisent en effet les énergies créées, immanentes à ce monde, et ignorent tout de la grâce surnaturelle, proprement divine.

Les tenants du Reiki font le parallèle entre le début du livre de la Genèse, et la doctrine shintoïste, selon laquelle au début était la force originelle t’chi, qui s’est manifestée sous forme de son, et a créé le monde dans lequel nous vivons. Selon cette doctrine, tous les êtres seraient des manifestations de la force divine (émanationnisme). Plus nous nous ouvrons à elle, plus nous nous immergeons dans la vie cosmique. Le Reiki dispose précisément de plusieurs moyens permettant de canaliser l’énergie-lumière sur le corps physique, mental et spirituel d’une personne.

La personne qui s’initie au Reiki se laisse remplir de cette énergie et devient un canal de transmission de cette même énergie. La force et le cheminement du courant d’énergie dépendant totalement des besoins du récepteur.

L’énergie elle-même, dotée d’une intelligence plus vaste que la nôtre, sait ce dont le récepteur a besoin. Le Reiki est sensé guérir tous les niveaux de l’être : physique, mental, spirituel ; il se rattache explicitement au courant de pensée holistique qui caractérise le Nouvel Age.

Le Reiki nous dit-on, est aussi un moyen très efficace de se vider de toute pensée et de communier dans l’ici et le maintenant avec ce qui est « un ». L’adepte se met en état de médiumnité pour recevoir le Reiki, puis lorsqu’il le transmet, il infuse cet état de médiumnité à celui qui en « bénéficie », le préparant ainsi à devenir à son tour transmetteur du Reiki. C’est dans cet état de médiumnité que l’adepte devient réceptif aux entités du monde occulte, et qui sont les véritables agents des effets obtenus par la pratique du Reiki.

Ce mystérieux pouvoir de se donner et de transmettre aux autres l’énergie universelle, est transmis au cours de plusieurs initiations successives, au cours desquelles la personne reçoit non seulement une connaissance supplémentaire, mais surtout une imposition des mains de la part d’un initié supérieur. Cette opération magique met l’adepte en contact avec l’entité astrale qui collabore avec le Maître. Celui-ci transmet donc à l’adepte non seulement le Reiki et le pouvoir de le communiquer à son tour, mais il le met également en « lien » avec l’esprit occulte qui lui fournira désormais ses pouvoirs.

 

3. Les initiations

Le transmetteur de cette énergie cosmique doit se retirer en tant qu’individu, volonté, énergie personnelle, et devenir un bambou vide (état de médiumnité), un canal dans lequel pourra se déverser l’énergie de vie — ajoutons : et par lequel pourront librement agir les esprits du monde astral qu’il aura invoqué.

Les symboles du Reiki permettent de se « brancher » sur la fréquence de la fameuse énergie. Ces symboles se transmettent par voie orale, au cours du rite d’initiation au cours duquel l’adepte peut expérimenter l’énergie invoquée. Chacun de ces symboles correspond à un « esprit » particulier. L’utilisation du symbole dans le contexte d’un rituel approprié équivaut à une invocation de la dite entité.

L’initiateur ouvre un canal sur le sommet de la tête et dans les mains de l’adepte. L’énergie Reiki peut ainsi se déverser dans le corps par le sommet du crâne et se diriger vers les mains par lesquelles elle peut à nouveau se déverser dans un organisme — celui de l’adepte ou celui de quelqu’un d’autre. Ce canal demeure toujours réservé à cette seule énergie qui coule toujours dans le même sens.

« Vous tenez entre vos mains le pouvoir de « guérir », c’est-à-dire de rétablir l’équilibre et l’harmonie dans n’importe quel organisme humain ou non, le vôtre, celui de vos proches, de vos plantes, de vos animaux domestiques, mais aussi de n’importe quel organisme abstrait dans le sens d’ensemble organisé tel que la famille, le groupe de collègues, etc. »

Le système du Dr Usui prévoit trois degrés d’initiation.

1- Le premier consiste à ouvrir le canal par quatre initiations successives. Puis le maître vous montre comment poser les mains sur votre corps et sur le corps d’une autre personne. Avec la quatrième initiation qui a lieu en fin de week-end, le processus de nettoyage est en principe terminé, le canal est scellé et vous repartez avec ce nouveau trésor qui demeurera avec vous pour le restant de votre vie.

Après le week-end, il est bon de pratiquer aussi souvent que possible, car plus on donne du Reiki, plus l’énergie coule abondamment en nous. L’énergie s’intensifie dans la mesure où nous l’utilisons.

2- Le maître discerne qui est admissible à la seconde initiation. Le second degré prévoit deux initiations ainsi que l’apprentissage de clefs pour :

– augmenter l’efficacité des traitements ;

– intensifier le flux d’énergie ;

– effectuer des traitements mentaux et des traitements à distance.

L’explication suivante concernant cette seconde initiation, introduit aux fameuses « entités » annoncées :

« Lorsque l’initié aura suffisamment progressé, quand ses organes occultes auront pris forme, il faudra alors imprimer dans le corps éthérique ce qui avait été modelé dans le corps astral par la première initiation. Ce sera le second pas de l’initiation, celui que j’appellerai « illumination » : un monde spirituel apparaît alors autour de l’homme. Un monde caractéristique, car ce qui se passe dans le monde spirituel ne s’exprime pas comme le font les choses physiques, mais uniquement en images, en symboles, qu’il faudra déchiffrer, comprendre. Puis viendront les sonorités perceptibles à l’oreille spirituelle. Puis viendront les êtres spirituels, discrets tout d’abord, furtifs. Enfin, l’initié aura accès à la vie de ces êtres, c’est-à-dire à tout un égrégore dans lequel il pourra puiser une connaissance absolue. »

Ce commentaire affirme donc clairement que le but des initiations est de mettre l’adepte toujours plus explicitement en communication avec les « êtres spirituels » qu’il découvre progressivement, car ce sont eux qui communiquent à l’adepte ses pouvoirs. L’ensemble de la présentation permet d’identifier sans aucune hésitation ces fameux « êtres spirituels » : il s’agit d’entités du monde astral, que la tradition chrétienne classe parmi les esprits diaboliques.

3- Le troisième degré donne la capacité de donner des initiations, après avoir assisté un maître durant quelque temps. Il est même possible de recevoir une initiation à distance. L’explication donnée est tout à fait cohérente et intéressante :

« Comment fonctionne une initiation à distance ? Exactement comme une initiation sur place, en effet toutes les initiations se passent dans l’astral, et le maître qui initie en respectant un rituel précis approprié, n’est qu’un relais entre le monde physique et l’astral. »

4. Un projet théurgique

La plupart des écoles initiatiques contemporaines adoptent la terminologie du Tantrisme, et expliquent l’accès aux états modifiés de conscience en termes d’ouverture des chakras et action des mantras. Le Reiki ne fait pas exception :

« L’initiation produit des effets précis, tels que l’élévation du feu sacré de la base de l’épine dorsale vers celui des centres qui sera l’objet d’une attention particulière : le cinquième, le sixième ou le septième chakra. Ce chakra sera alors intensifié, et verra sa vitesse rotatoire augmentée. Le maître prononce alors « le mot », ou « la phrase » correspondant à ce degré d’initiation, et la force est ainsi précipitée vers les centres psychiques de l’initié, pour être absorbée par les centres éthériques. »

De même l’imposition des mains sur les patients se fait au niveau des chakras.

L’initiation est supposée mettre l’adepte en contact direct avec l’agent universel, dont il pourra désormais disposer ; plus exactement : dont il pourra désormais solliciter la collaboration.

L’omnipotence de l’initié peut ainsi être considérée par analogie, comme une sorte de reflet de l’omnipotence divine, par fusion avec la Force divine immanente à la nature.

Le document traitant du Reiki confirme la finalité des initiations successives :

« Le but de tout cela ? Devenir le « Je suis », nom de l’entité divine, du principe christique de l’homme, de l’entité dont il ressent en lui une goutte, une étincelle, quand il peut dire quand on lui demande « qui es-tu ? » et qu’il peut répondre « je suis ! » »

Le Reiki se situe donc bien dans la perspective théurgique — auto-divinisation de l’homme — que nous retrouvons dans les doctrines ésotérique et occulte. Ce qui n’empêche pas les tenants du Reiki d’affirmer :

« Le Reiki n’est pas une religion, il ne repose sur aucun dogme ou doctrine, il n’est en fait qu’une très ancienne science curative, tombée dans l’oubli depuis des millénaires, et que le Dr. Usui redécouvrit dans l’ésotérisme des soutra tibétains. »

5. Vers un discernement

Ce bref aperçu suffit pour se convaincre que le Reiki est une pratique occulte, qui se fonde sur les grands principes de la magie :

– invocation des esprits du monde astral dans le but d’exercer avec leur collaboration des pouvoirs thaumaturgiques,

– sur l’horizon d’un mysticisme naturaliste prétendant que l’homme est une émanation de l’énergie divine omniprésente et

– qu’il peut dès lors prétendre à l’omniscience et omnipotence divine ; il lui suffit pour cela d’acquérir la maîtrise de l’énergie dans laquelle il est immergé et dont les initiations successives lui font prendre conscience.

Inutile de préciser qu’il est impossible de concilier une telle pratique magique,

– qui nie la transcendance divine ;

– qui affirme la divinité naturelle de l’homme, et rend ainsi inutile tout recours à un Sauveur ;

– dont l’efficacité se fonde tout entière sur une alliance avec les esprits des ténèbres, contactés au cours d’un rituel initiatique occulte,

avec une vie chrétienne qui se veut fidèle à la Révélation (Écriture, Tradition, Magistère).

Il n’est pas étonnant non plus que ce genre de pratiques, qui tirent leur « efficacité » de la collaboration avec les esprits des ténèbres, conduisent à moyen ou long terme, à différentes formes d’aliénation — psychique ou spirituelle.

 

6. La position des évêques américains[2]

La pénétration du reiki dans les centres spirituels et les institutions de soins catholiques, a amené les évêques américains à réagir par une prise de position publiée en 2009, « Lignes directrices pour l’évaluation du Reiki en tant que thérapie alternative ». Le texte, élaboré par le Comité doctrinal de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB), présidé par Mgr William Lori, évêque de Bridgeport, Connecticut, a été approuvé vendredi par le Conseil d’administration.

« Le Reiki, une médecine alternative japonaise, manque de crédibilité scientifique et n’est pas compatible avec la foi chrétienne ; il ne peut donc être accepté dans les institutions de soins de santé catholiques ».

D’après ce document, « l’Église reconnaît deux types de guérison : la guérison par la grâce divine et la guérison qui recourt aux pouvoirs de la Nature ». Ces deux types de guérison « ne s’excluent pas l’un l’autre ». Toutefois, précise le document, le Reiki « ne s’appuie en aucun cas sur les découvertes de la science naturelle ou sur la foi au Christ ».

Le rapport indique que le Reiki est une technique de guérison « inventée au Japon vers la fin du XIXe siècle par Mikao Usui, qui étudiait alors les textes bouddhistes ».

« Selon l’enseignement du Reiki, — poursuit le document — la maladie est causée par certains types de troubles ou de déséquilibres dans notre ‘énergie vitale’. Un thérapeute de Reiki opère la guérison en imposant la ou les mains dans certaines positions sur le corps du patient, afin de faciliter la transmission du Reiki, l’ ‘énergie vitale universelle’, du thérapeute au patient. »

Guérison spirituelle

La thérapie, est-il expliqué plus loin, revêt plusieurs aspects d’une religion ; elle est « décrite comme un type de guérison spirituelle » avec ses propres préceptes éthiques ou « mode de vie ». Le Reiki « n’a pas été reconnu par les communautés scientifiques et médicales comme une thérapie efficace », est-il noté dans les Lignes directrices. « Des études scientifiques dignes de foi attestant l’efficacité du Reiki font défaut, de même qu’une explication scientifique plausible quant à son éventuelle efficacité ».

La foi non plus ne peut être à la base de cette thérapie, ont affirmé les évêques, car le Reiki se différencie de la « guérison divine telle que les chrétiens la connaissent ». Comme ils l’ont expliqué, « la différence radicale, qui saute aux yeux, tient au fait que, pour le praticien Reiki, le pouvoir de guérison est mis à la disposition de l’homme ». Alors que, « pour les chrétiens, l’accès à la guérison divine se fait par la prière au Christ, Seigneur et Sauveur », le Reiki est une technique qui se transmet du « maître » à élève, une méthode qui, maîtrisée, « produira de façon fiable les résultats escomptés ».

Des problèmes insolubles

Le texte énonce que « pour un catholique, croire à la thérapie du Reiki présente des problèmes insolubles. En matière de soins concernant sa propre santé physique ou celle d’autrui, utiliser une technique qui n’a pas de base scientifique — voire même de plausibilité — n’est généralement pas prudent ».

Au niveau spirituel, le document prévient : « il existe des risques importants ». Et d’expliquer : « Pour pratiquer le Reiki, on devrait admettre, au moins de façon implicite, certains éléments essentiels d’une vision du monde sous-tendant la théorie du Reiki, éléments qui n’appartiennent ni à la foi chrétienne ni à la science naturelle. Mais, sans justification venant soit de la foi chrétienne soit de la science naturelle, un catholique qui met sa confiance dans le Reiki opérerait dans le royaume de la superstition, le no man’s land qui n’est ni la foi ni la science ».

Le document conclut : « Puisque la thérapie du Reiki n’est compatible ni avec l’enseignement chrétien ni avec les preuves scientifiques, il serait inapproprié pour les institutions catholiques, tels que les établissements médicaux et centres de retraite, ou pour les personnes représentant l’Église, comme les aumôniers catholiques, de promouvoir ou de soutenir la thérapie du Reiki ».

7. Quelques documents et témoignages

* Estelle Ivanez et Christian Mortier, Abus, dérives, et non professionnalisme dans la pratique du Reiki, Publié par la Fédération Française de Reiki Traditionnel, 2012.[3]

* Mon aventure avec le reiki [4] (témoignage d’une personne chrétienne qui s’en est éloignée)

* Ma déception fut grande [5] (à propos du buisness autour du Reiki)

* Appel de détresse devant la manifestation de la kundalini [6]

* Le reiki consite à invoquer les démons avec des signes japonais [7] (témoignage d’Eduardo)

Le reiki, comme le spiritisme, ouvre une porte aux esprits.

 

8. Quelques définitions du Reiki données par des praticiens dans la Sarthe

Jean-Jacques Daret

https://www.lelabo-ecoute-communication.fr/activites/activites-individuelles/reiki-jjd/

Sylvie Haag

http://www.reiki-domotherapie.fr/index.php?page=reiki

Laure Boutillier

Soins http://etresonessentiel.fr/pages/reiki_soin.html

Initiation http://etresonessentiel.fr/pages/reiki_initiation.html

Christophe Tissier

HYPERLINK « http://www.magnetiseur-france.fr/initiations-reiki-le-mans-sarthe.html » \l « initiationreiki »

On voit que ces définitions du reiki n’ont pas grand-chose à voir avec l’analyse qui a été faite, et masque totalement les risques graves pour les « consultants ».

D. Auzenet

Notes

[1] Les points 1 à 5 de cet exposé proviennnent du site internet du P. Verlinde

HYPERLINK « https://final-age.net/2006/03/le-reiki/ »

Je recommande son petit livre sur le Reiki http://www.editionsbenedictines.com/livre-Le_reiki-82-1-1-0-1.html

[2] Le document en anglais est accessible ici : http://www.usccb.org/search.cfm?q=reiki

[3] http://www.le-reiki.org/wp-content/uploads/2015/07/Publication_reiki_FFRT-2012.pdf

[4] https://sosdiscernement.org/alpha/R/reiki/mon_aventure.pdf

[5] https://sosdiscernement.org/alpha/R/reiki/ma_deception.pdf

[6] https://sosdiscernement.org/alpha/R/reiki/montee_kundalini.pdf

[7] https://sosdiscernement.org/alpha/R/reiki/eduardo_demons.pdf

Thierry Casasnovas, tout cru

http://tempsreel.nouvelobs.com/rue89/rue89-planete/20141126.RUE6757/thierry-casasnovas-le-gourou-du-tout-cru-vous-attend-tranquille-sur-youtube.html

 

Faites-vous vous-même votre opinion en regardant son site et sa chaîne video : http://regenere.org  .

 

Je conseille de lire le « dossier final sur Thierry Casasnovas » réalisé par Kelmeth (2016)

I. La doctrine Casasnovas

II. La légende Casasnovas

III. La réalité

IV. Casasnovas, Guy-Claude Burger et l’Instinctothérapie (ou la régénération par la viande) :

V. Casasnovas et la spiritualité (rapide historique du végétarisme)

VI. Conclusion

La kinésiologie

Extrait du livre : Nouvelles croyances, thérapies alternatives : des dérives possibles. Denis Lecompte, Bertran Chaudet. Sarment éditions du jubilé novembre 2008.

Le terme est issu de kiné (mouvement) et signifie donc la science du mouvement. C’est une thérapie physico-émotionnelle. Il s’agit, par des exercices ou des mouvements sur le corps, de restaurer un équilibre énergétique perturbé à différents niveaux, à la suite de différentes causes. On est ici dans une méthode holistique, c’est-à-dire que la kinésiologie entend travailler sur le corps dans sa totalité.

Historique

(d’après Manuel pratique de kinésiologie, la santé par le toucher / JeanClaude Guyard, Éd. Souffle d’or, 2003)

La kinésiologie est née aux Etats-Unis. Elle se réclame de toute une recherche sur le corps depuis la fin du XIX ème siècle. Elle se situe dans la lignée des recherches du docteur Palmer, fondateur de la chiropractie qui mit en valeur, par un travail d’ajustement vertébral, une action à distance d’une région du corps sur une fonction.

Dans les années 1960, un autre chiropracteur, le Dr Goodheart établit une interaction possible entre les muscles, les organes et les méridiens d’acupuncture, avec une relation entre le stress et le tonus musculaire. C’est lui qui mit au point le principe du test musculaire énergétique.

Dans les années 1970, le Dr John Thie donne une diffusion large à ce qui sera la base de la kinésiologie dans son livre « Touch for Health» (santé par le toucher). Il répertorie 14 muscles principaux et 28 muscles additionnels. Il propose alors une méthode de guérison, fondée sur l’utilisation de points neuro-vasculaires et sur le balayage des méridiens, qui se fait à une faible distance du corps. On appelle alors guérison la disparition des symptômes.

Dans les années 1980, aux Etats-Unis et en Europe, le test musculaire commence à être utilisé pour interroger le corps sur tous les besoins de l’être humain et même de l’animal, par transfert.

Progressivement s’est donc mis en place un système d’analyse du corps qui permettrait de montrer que se renvoient l’un à l’autre les réseaux structurels, lymphatiques, neurologiques, psychologiques, vasculaires, nutritionnels, chimiques et énergétiques; de même, par l’interrogation du tonus musculaire, on pourrait remonter de l’effet constaté à la cause de cet effet. Les kinésiologues ont adapté des outils empruntés aux orthoptistes, aux orthophonistes, aux psycho-motriciens, aux ostéopathes. On utilise aussi les fleurs de Bach, l’affirmation positive, la symbolique ésotérique, le yoga, la neurologie, la gestion mentale …

En France, en Belgique et en Suisse notamment se développent les formations de kinésiologie, soit par le biais de quelques grands centres, soit sur des initiatives individuelles. L’interrogation du terme kinésiologie sur Google en est la vitrine.

Branches de la kinésiologie

Partant de l’outil de base qu’est le test musculaire, de nombreuses applications de la kinésiologie ont vu le jour.

Edu-kinésiologie ou kinésiologie éducative (mise au point par le docteur Dennison). Après avoir longuement détaillé les spécificités des deux hémisphères du cerveau, cette branche de la kinésiologie analyse les mécanismes du cerveau lors de l’apprentissage et explique toutes les difficultés d’apprentissage par une mauvaise connexion entre le cerveau droit et le cerveau gauche. Elle propose, en guise de correction, des mouvements permettant de croiser les côtés droit et gauche du corps, trouvés par le test musculaire (exercices dits de cross-crawl, tributaires souvent du bon sens ou empruntés au yoga). De fait, c’est souvent par le biais des difficultés scolaires des enfants que les parents pénètrent dans l’univers de la kinésiologie. De nombreux enseignants la proposent dans leurs cours comme méthode pédagogique associée.

Touch for Health ou santé par le toucher (mise au point par le docteur Jonh Thie). Cette branche considère qu’en touchant certains points du corps (issus notamment des méridiens d’acupuncture), on peut guérir de nombreux maux. Après une interrogation de chaque muscle important du corps, elle propose de renforcer un muscle testé faible, plutôt que de relâcher le muscle douloureux; elle veut agir sur les relations entre les différents réseaux du corps déployés ci-dessus. Chaque muscle est relié à un problème affectif, ainsi le corps a le pouvoir de s’auto guérir dans toutes ses dimensions.

Trois concepts en un (développé par Daniel Whiteside) approfondit l’intégration entre le corps et l’esprit. Il s’agit de désamorcer les émotions du passé qui bloquent notre présent. Par le test dit du « baromètre du comportement» on touche à de nombreuses blessures psychologiques.

L’aura kinésiologie (récemment mise au point par Jean-Claude Guyard) a permis « d’ouvrir à toute personne sensible aux énergies subtiles un domaine jusqu’à présent réservé aux initiés ». (kinésiologie.fr site Internet).

Hyper-texton (mis au point par Franck Mahony) est utilisé dans les milieux sportifs et s’intéresse à l’hyper tonicité musculaire que l’on corrige par l’alternance de légères contractions à l’inspiration, et de légers étirements à l’expiration.

PKP (professional kinsesiology practitioner du Dr Bruce Dewe) se présente comme la grande synthèse de toutes les branches; elle utilise surtout les modes digitaux c’est-à-dire tout un système de gestes symboliques exécuté sur les doigts. Il est dit de ce système qu’il a été défini et utilisé depuis des milliers d’années pour équilibrer l’énergie dans le corps, et qu’il appartient au monde de l’Egypte, de la Grèce, de la Chine et de l’Inde.

De très nombreuses autres applications voient également le jour (allergies, dentiste, vétérinaire), chacune faisant l’objet d’une marque commerciale déposée.

Les piliers de la kinésiologie : le test musculaire, le baromètre du comportement, la récession d’âge.

La clé de voûte de la kinésiologie est le test musculaire qui évalue le niveau énergétique d’un être vivant par une technique manuelle simple. Il se veut différent du test qu’utilisent les kinésithérapeutes en ce qu’il n’évalue pas la résistance du muscle. On lui donne lors des cours des explications physiologiques et neurologiques complexes.

Mais, finalement, « il n’est pas nécessaire de comprendre le phénomène; il s’agit de l’expérimenter: c’est suffisant pour que cela soit efficace» (Paul Dennison, kinésiologie, le plaisir d’apprendre, Éd. du Souffle d’or, 1988) et « mieux vaut une méthode dont on ignore pourquoi elle guérit qu’une méthode dont on sait pourquoi elle devrait guérir» (site kinésiologie.fr)

Concrètement il s’agit d’exercer une légère pression sur un muscle, par exemple le bras du patient. Quand il y a un stress dans le corps, le tonus du muscle se modifierait instantanément, l’énergie se bloquerait, le muscle lâcherait. Partant de là on dira qu’un bras qui résiste à cette pression teste fort et équivaut à une réponse positive à une question posée, et qu’un bras qui tombe teste faible et équivaut à une réponse négative à une question posée. Le test musculaire qui est à l’origine une simple interrogation du corps devient donc par une traduction rapide un moyen de communication verbal, entre deux personnes qui peuvent ne pas se parler ! Il est à la fois un outil de diagnostic et de correction thérapeutique.

Lors de l’interrogation du mal-être de la personne, les kinésiologues ont cru constater que « le fait de poser une question directe et honnête ne garantit pas une réponse directe et honnête ». Il faut donc avoir accès à l’inconscient et à la mémoire du corps qui, eux, ne mentent pas et peuvent seuls donner la bonne réponse. Les patients ont pu mettre en place des réponses inattendues ou inversées qui sont considérées comme des « sabotages », c’est-à-dire des barrières mises en place par l’inconscient : il faut les supprimer absolument.

Le test musculaire se fonde donc sur l’idée que le corps entier a une mémoire : chaque muscle, nerf, tissu, cellule, ayant participé à une expérience s’en souviendra et pourra être reprogrammé si l’on a identifié la cause émotionnelle qui a provoqué le traumatisme. On trouvera l’émotion vécue grâce au baromètre du comportement. Ce baromètre du comportement est une sorte de tableau hiérarchisé des émotions positives et négatives.

« Il a été conçu de manière non intellectuelle, personne ne l’a pensé. Il s’est construit sur le test musculaire.» Il a un « pouvoir ». Ses mots ont « une signification presque magique ». (Manuel de cours de « trois concepts en un », institut belge de kinésiologie, 1998)

Si le corps a une mémoire et que l’on peut l’interroger avec des réponses simples et précises par le test musculaire, il va être possible d’interroger des âges antérieurs de la personne. Cela se fera lors de la récessions d’âge.

« Il ne s’agit en aucun cas d’une méthode de suggestion, mais d’une énergie du passé qui est réactivée. Cette pratique n’a pas d’effet secondaire car la personne visualise le passé avec son regard actuel. Elle a l’impression qu’elle a voyagé dans le temps pendant quelques instants … Il faut juste être vigilant à ne pas la laisser dans le passé» (Jean-Claude Guyard, Manuel pratique de kinésiologie, déjà cité).

La philosophie qui sous-tend la kinésiologie

La kinésiologie souffre d’un manque de définitions précises concernant les concepts – corps physique, âme, esprit, énergie -, le tout accentué par des problèmes de traduction des documents fondateurs. Mais finalement cela a peu d’importance pour les adeptes car on se trouve dans une conception énergétique de l’homme: « le corps et la psyché sont comparables aux côtés pile et face d’une pièce de monnaie, la tranche représentant l’énergie qui relie l’ensemble » (site kinésiologie.fr). La kinésiologie s’adresse au corps spirituel de l’homme,

le terme « spirituel » décrivant ici « une qualité, une longueur d’onde, une fréquence intérieure de l’homme qui a toujours été présente en lui. Il ne faut pas confondre cette qualité avec les croyances qui peuvent lui servir de support. » (Jean-Claude Guyard, déjà cité). « La kinésiologie utilise une force d’énergie, mais peu de gens comprennent la nature de cette force, et peu savent l’utiliser, on peut l’appeler chi, prana, énergie cosmique, amour» (Paul Dennison, Kinésiologie, le plaisir d’apprendre, Le souffle d’or, 1988).

Lorsqu’on teste une personne, on pénètre dans son espace vital : « Représentez-vous une couche d’environ 50 centimètres qui vous entoure et qui entoure également votre partenaire. Quand vous pénétrez dans cet espace, vous entrez dans le champ d’énergie de l’autre et vous mêlez son énergie à la vôtre. Votre énergie affecte la sienne et réciproquement. D’où la précaution à prendre de protéger son champ d’énergie comme derrière un boulier contre tout élément négatif que la personne testée pourrait vous transmettre » (Paul Dennison, déjà cité). Ailleurs, il est pourtant dit que les tests sont inoffensifs s’ils sont pratiqués avec amour et confiance.

La kinésiologie emprunte à la philosophie chinoise sa conception du corps selon le Yin et le Yang ainsi que le fait que chaque partie appartient au tout et ne peut en être séparée : chaque partie peut permettre d’accéder au tout. On y retrouve une réflexion sur les cinq éléments, sur les méridiens d’acupuncture. Aux cinq éléments sont associés cinq corps, qui correspondent à peu près aux corps définis par la doctrine ésotérique : le corps physique, le corps mental, le corps émotionnel, le corps essentiel (dans lequel les Chakras agissent), le corps facteur X (qui recouvre les autres et englobe le corps astral et le corps étérique). Il est possible de tester la capacité de chaque corps à accepter les bénéfices de la séance de kinésiologie (stage « trois concepts en un »). C’est par un emboîtement de ces corps que l’on atteint une dimension spirituelle : «Lorsque les souffrances physiques ou morales sont calmées, apparaissent ces besoins de transcendance auxquels répond la découverte du meilleur de soi-même» explique alors Guyard (livre déjà cité).

La kinésiologie veut se démarquer de la médecine universitaire, en ce sens qu’elle dit prendre en compte la dimension psychologique de la personne que les médecins conventionnels auraient oubliée. En effet, le consultant n’est plus dans une demande de prise en charge, mais se trouve le partenaire de sa propre guérison: il ne peut guérir que s’il le veut vraiment. « Nous allons mieux, uniquement dans la mesure où nous croyons que nous pouvons aller mieux» (cours « trois concepts en un », janvier 1998, institut belge de kinésiologie). « Les approches conventionnelles (de la santé) n’ont pas réellement donné beaucoup de résultat, n’est-ce pas? Malgré tous les progrès scientifiques actuels, les gens sont encore aussi fous qu’il y a 600 ans. » C’est donc la défiance qui est conseillée envers les approches conventionnelles.

Pour éviter l’accusation d’exercice illégal de la médecine, le discours est ambigu : on ne dira jamais que le patient n’a pas besoin de tel médicament, mais on testera par le test musculaire l’opportunité du médicament. Il est répété dans les formations que le kinésiologue n’est pas un thérapeute, mais un facilitateur. Il est bien spécifié, dans toutes les introductions de manuels de cours, que la kinésiologie n’est pas « un moyen de diagnostic ou de prescription pour une quelconque maladie d’un quelconque lecteur (…). Les personnes qui utilisent les tests et les procédures de correction le font sous leur entière responsabilité ». Et si les résultats promis ne sont pas là, c’est que « ce n’est pas le moment ».

Au-delà de la santé physique, il s’agit de changer de « système de croyance ». Notre ancien système de croyance, « qui a fait échouer nos arrière-grands-parents, nos grands-parents, nos parents, ne nous a pas appris que chaque humain est un individu unique, ne nous a pas appris que le fait d’admettre ses erreurs est une vertu et que changer d’avis est tout à fait naturel ». (Introduction du cours « trois concepts en un ». ) Or, grâce à la kinésiologie, tout ira mieux, car « le système que nous utilisons fonctionne, les gens changent pour le mieux et ces changements sont permanents. »

 

Kinésiologie : un témoignage

Kinésiologie : un témoignage

Ecrire ce témoignage sur la kinésiologie m’a coûté. Il m’est pénible de revenir sur cette période encore récente de ma vie; mais il m’est encore plus insupportable d’entendre tellement de gens autour de moi se vanter des mérites de leur kinésiologue ou d’une autre médecine énergétique. Je fais mienne cette parole de Saint Paul : «vous étiez dans les ténèbres, maintenant vous êtes dans la lumière ».

Cette plongée dans l’univers énergétique m’a amenée à de très nombreuses recherches dans des livres, des cassettes, à des rencontres avec des spécialistes… Je suis donc actuellement à même de comprendre en partie comment cela fonctionne et pourquoi j’ai plongé dans cet univers. Dans cette démarche, plusieurs personnes m’ont accompagnée; qu’elles en soient remerciées! Par la justesse de leurs questions, elles m’ont aidée à faire la lumière … Cela a été pour moi une expérience immense de consolation fraternelle.

Après un déménagement difficile et une grande période de fatigue, je me sentais disponible pour une nouvelle orientation professionnelle. En tant que professeur de français, je remettais en cause ma pratique: je me sentais déstabilisée par les enfants en difficulté scolaire et impuissante. J’avais l’impression que même le soutien extrascolaire était inefficace, qu’on leur rajoutait des connaissances, sans avoir accès à la racine même de la difficulté de leur apprentissage.

Or j’avais, dans les années 1990, entendu parler de la kinésiologie comme d’une discipline permettant justement, par l’interrogation du corps, de remonter à la source des traumatismes et ainsi de gommer les difficultés du temps présent, notamment les difficultés scolaire des enfants. Je me décidais à consulter pour moi et pour mes enfants une kinésiologue de ma ville, dont on me disait le plus grand bien; qui plus est, elle se trouvait dans les mêmes groupes catholiques de prière que moi. Je rencontrais cette personne; je la jugeais très à l’écoute, pleine d’empathie et sympathique …

La kinésiologie se présentait comme une thérapie. Par l’interrogation du corps et en se fondant sur le principe que le corps a une mémoire propre des évènements vécus dans le passé, on pouvait retrouver trace des évènements préjudiciables vécus et les guérir en les effaçant. Le principal outil était le test musculaire: on posait une question par oral; puis par une très légère pression sur un bras tendu, on pouvait trouver une réponse positive si le bras résistait, et négative si le bras se laissait tomber. Partant de là, on pouvait envisager des corrections – sortes de massages, également indiqués par le test musculaire – qui permettraient d’effacer la blessure.

Je me lançais donc avec bonheur dans la formation que la kinésiologue de ma ville animait, sous forme de week-ends assez coûteux et non déclarés. Ces stages étaient simplement validés par une attestation de présence. Il n y avait pas d’évaluation ni de diplôme. Les élèves s’entraînaient mutuellement les uns sur les autres. On y trouvait un apport théorique flou. Je devais découvrir par la suite que tout était sous-tendu par la philosophie du New Age, c’est-à-dire la capacité que l’homme a de se guérir lui-même par l’énergie cachée qu’il tire de la nature. On nous donnait de gros documents en américain, mal traduits par l’organisation belge qui en était dépositaire. Nos professeurs français avaient retravaillé certains textes. C’était un mélange d’éléments de psychologie, de morphologie, d’ostéopathie, d’énergétique chinoise et d’autres choses que je ne comprenais pas. J’ai toujours besoin de comprendre ce que je fais, et je commençais à poser des questions. Il me fut répondu: « tu ne peux pas encore comprendre, tu comprendras plus tard, quand tu auras avancé dans la formation ». Parfois, notamment quand je demandais d’où provenaient des positions de doigts particulières, il se produisait un silence un peu lourd, comme si ma question dérangeait, et on me répondait: «c’est un langage universel. » Je devais apprendre, des mois plus tard, qu’il s’agissait de gestes occultes, codés, issus de l’hindouisme. Je sentais que j’agaçais avec mes questions et l’on commença à me traiter de «cerveau gauche ». En effet en kinésiologie, on apprend, après une analyse simpliste du fonctionnement du cerveau, que certaines personnes ne font fonctionner que leur cerveau gauche, siège de la rationalité, alors que d’autres se situent dans le cerveau droit, créatif. Le cerveau droit était véritablement magnifié.

Lors d’un des exercices, à la fin d’un long et fatigant week-end où nous avions travaillé à faire sortir des émotions cachées par des tests musculaires répétés, mon partenaire de formation me fit la correction qui était demandée par le protocole que nous avions travaillé : il me mit, entre les deux yeux, une lumière qui me plongea dans un état d’absence de moi-même.

Je devais par la suite comprendre qu’il s’agissait à mon insu, d’une ouverture d’un chakra appelé : «le troisième œil ». Et en effet je me mis à «voir »les blessures psychologique des gens et plus particulièrement chez les prêtres. Pour essayer d’analyser ma pratique, je lisais, en même temps que les cours, les livres de Simone Pacot sur l’évangélisation des profondeurs. J’en déduisis moi-même que ce à quoi elle arrivait au bout de nombreuses séances, nous y arrivions très rapidement en dix minutes : c’est-à-dire nous remontions à la blessure supposée être à l’origine par ce qui s’appelait « une récession d’âge »; cela permettait de remonter tous les âges jusqu’avant même la naissance, et de trouver ainsi la blessure correspondante.

J’assistais lors des cours à de véritables courses à la blessure, certains montrant une dépendance incroyable à cet exercice qui leur faisait vivre des sortes d’extases. J’en testais sur moi-même l’efficacité : ce qui m’était dévoilé était vrai, à ceci prêt que je n’avais jamais eu conscience que cela pourrait être source de blessure; cela me mettait dans un état d’agressivité et d’accusation vis-à-vis de mes proches par exemple.

Je découvris plus tard cette parole magnifique, tirée de la Bible, qui justement met en évidence la patience et la bonté de Dieu à notre égard; il ne permet pas que tout nous soit montré : «je ne chasserai pas tes ennemis devant toi en une seule année, de peur que le pays ne devienne un désert où se multiplieraient à tes dépens les bêtes des champs; je les chasserai devant toi peu à peu jusqu ‘à ce que tu aies assez fructifié pour hériter du pays» (Exode, 23, 29 à 31).

J’avais commencé, comme on nous le conseillait, à pratiquer la kinésiologie sur des gens de mon entourage, avec beaucoup de succès. Je faisais passer ces consultations avant l’attention à mes enfants et à mon mari. Je vivais comme hors de moi, repensant à mes clients, revivant les séances, m’interrogeant …

Plusieurs événements m’alertèrent. Une personne eut une transe avec hurlements lorsque je la touchai, ce qui me laissa épuisée et inquiète. Une autre, lorsque je lui fit une récession d’âge, pointant un traumatisme fort, se mit à pleurer en me disant «je ne voulais pas te le dire ». J’avais donc violé sa conscience? Une troisième, manifestement absente d’elle-même, me répondit quand je lui demandais si elle était présente : «je t’entends, mais je suis ailleurs, je suis bien ». J’avais à peine eu le temps de la toucher que déjà j’avais les réponses aux questions que je n’avais pas formulées par oral. Je crois qu’elle fut la dernière de mes clientes. Je me suis rendue compte en additionnant toutes ces interrogations que j’étais très loin de mon projet initial. Je me sentais très seule dans ma pratique. Je ne pouvais raconter à personne mes inquiétudes; les professeurs n y étaient pas du tout ouverts ou me répondaient simplement: « ne t’inquiète pas, tu ne fais que du bien. »

J’étais de plus en plus à la recherche de réponses à mes questions; et pourtant je n’arrivais pas à renoncer: on commençait à savoir ce que je faisais. La kinésiologie avait bonne presse dans le milieu catholique. Je vivais une forme de compassion tirée de mon expérience d’écoute à « Mère de Miséricorde »; ce que je disais intéressait et il n’était pas rare qu’à la fin d’un dîner quelqu’un vienne me dire « cela me rejoint, est-ce que je peux venir consulter ». J’entrais facilement en communication kinésiologique avec mes clients. Avec une amie de cours, dont je me rendais compte qu’elle aussi était mal à l’aise, nous avons écrit au père Verlinde. A cette époque, il commençait à recevoir des questions sur son site FINAL AGE. Il mit donc en place un groupe de travail et pu répondre à nos questions que d’autres apparemment se posaient aussi. Nous eûmes ainsi la certitude que tout cela fonctionnait sur le mode du magnétisme occulte, avec emprunt d’éléments sans aucune référence explicite aux diverses traditions des guérisseurs. Nous étions au cœur d’une des disciplines du New Age, en plein syncrétisme, nous manipulions en toute naïveté (mais est-ce le cas de tout le monde ?) l’énergie astrale; cela n’avait rien de chrétiens, Jésus n y avait pas sa place. Pour moi cet aspect là était la plus grande imposture. Mais je pense que c’est également un enfermement pour les non-chrétiens.

L’argument ultime qui demeure en faveur de la kinésiologie, ce dont les gens ne démordent pas, sont les fruits immédiats et spectaculaires qui apparaissaient lors des séances. Je dois dire qu’il se trouvait une certaine vérité dans les résultats des investigations concernant les blessures, même si parfois c’était approximatif; cela reste un mystère. En tout cas, ces investigations en engendraient toujours d’autres, sans fin. Les fameuses corrections que l’on apportait aux problèmes trouvés ne tenaient pas dans le temps et engendraient d’autres inquiétudes et donc d’autres consultations. Je suis convaincu maintenant que l’arbre qui engendre de tels fruits est pourri.

Il m’a fallu abandonner toute sensibilité magnétique ainsi que cette ouverture du « troisième œil ». Le Seigneur me le proposa lors d’une nuit d’adoration dans le cadre d’une retraite spécifique sur l’occultisme. Je lui remis tout ce que mes mains avaient senti sans toucher. Je lui demandai de venir réparer ceux que j’avais approchés. Il me fallut aussi lui demander un apaisement de ma mémoire corporelle, pour oublier ces fortes sensations de « sortie du corps « . Je dus expliquer à tous que je m’étais trompée. Jésus fut présent d’une manière très sensible du début jusqu’à la fin de ces années. Je n’étais pas seule, et dans mon humiliation, il m’a donné la chance de pouvoir accompagner certaines femmes touchées par l’avortement qui pour apaiser leur immense souffrance cherchent dans les thérapies énergétiques un remède bien vain, quand elles découvrent que Jésus est là pour elle.

Ce dernier témoignage est symptomatique des dérives possibles induites par les nouvelles thérapies, voici un scénario assez fréquent des différentes étapes.

1) Le point de départ est un mal-être pour soi-même pour ses enfants ou ses proches.

2) La recherche d’une solution est envisagée, d’abord par des moyens classiques, reconnus par la médecine, remboursés par la sécurité sociale. Il y a consultation de généralistes, de spécialistes, de paramédicaux.

3) Ces démarches n’aboutissent à aucune amélioration. Aucune explication n’est donnée à la réalité des symptômes repérés: le diagnostic reste flou, les compléments d’examens envisagés, radios, scanner, analyses en tout genre ne donnent rien.

4) Par ailleurs, aucun médicament, aucune prise en charge en orthophonie, kinésithérapie, psychothérapie n’amène d’amélioration.

5) Perplexité et questionnement surviennent quant au diagnostic et aux thérapeutiques envisagées.

6) Une personne de l’entourage propose une solution dans les médecines alternatives ou les nouvelles thérapies.

7) La première consultation donne une réponse immédiate, l’origine des maux est enfin trouvée avec la promesse d’une rapide amélioration.

8) Une sorte de protocole thérapeutique est mise en place, parfois des exercices sont proposés.

9) Enfin une réponse existe, suscitant un espoir à hauteur des investissements déclenchés, en argent, en temps, en confiance.

10) Tout ceci peut entrainer un surinvestissement dans cette thérapie aussi prometteuse.

Il) La réalité revient douloureusement à la surface. Après quelque semblant d’amélioration, l’état reste stationnaire, quelques mois passent.

12) La réponse si facilement trouvée quant à l’origine des troubles, n’était sans doute pas l’unique raison des difficultés, la déception survient, les interrogations demeurent.

13) Une autre solution doit être recherchée, parfois une autre nouvelle thérapie est envisagée.

14) A moins que ce douloureux chemin n’ait permis une prise de conscience de la réalité. Un accompagnement thérapeutique bien ciblé demande souvent du temps, de la patience, et beaucoup de tendresse de la part des parents dans l’accueil objectif de leur souffrance ou de celle de leur enfant.

Dans le cas de Marguerite, après avoir été séduite par la kinésiologie, pensant enfin trouver une réponse enfin ajustée pour ses élèves, elle s’est formée avec assiduité et sérieux à cette méthode. Après un travail important de recherche, d’évaluation et de discernement quant à la méthode, elle a observé avec lucidité ce que cela provoquait dans son entourage et pour elle-même. Son parcours lui a permis d’avoir une attention toute particulière aux propositions mensongères faites, et ce parfois à l’insu des praticiens eux-mêmes, dans certaines nouvelles thérapies ou dans certains prolongements abusifs de ces thérapies. Désormais, elle éveille son entourage aux risques potentiels de ces méthodes auprès d’autres mamans, ainsi que dans les milieux scolaires qu’elle fréquente. En rejoignant «la pastorale nouvelles croyances et dérives sectaires », elle suscite des rencontres d’information sur ce sujet et intervient elle-même pour donner des critères de discernement.

Extrait du livre: Nouvelles croyances, thérapies alternatives :des dérives possibles. Denis Lecompte, Bertran Chaudet. Sarment éditions du jubilé novembre 2008.

La kinésiologie