Dans l’occultisme par le bouddhisme

J’ai été médium et guérisseur pendant quelques années. Venant d’une tradition bouddhiste tibétaine (pas de famille), j’ai préparé mon âme par certaines pratiques occultes de la lignée tibétaine et tout naturellement je suis tombée dans l’occultisme.

J’ai vécu des attaques démoniaques, ainsi que ma famille suite à mes choix de vie. Ma conversion a été bouleversante, car c’est le Seigneur qui est venu à moi, moi simple humaine et grande pécheresse.

J’ai demandé le baptême après un long catéchuménat, très éprouvant pour moi, accompagné de beaucoup d’attaques ; j’ai dû voir un exorciste aussi.

Je n’ai cessé de dire à qui veut l’entendre que l’occultisme (la liste est longue pour sa déclinaison) abîme et casse notre liberté.

Anita.

TOUTE MA VIE J’AI CHERCHÉ UN ABSOLU. Croire que nous étions une humanité spontanée a toujours été pour moi une aberration. Je devais avoir 17 ans quand je me suis mise à lire des livres parlant de religion. (J’avais lu la Bible, mais l’Ancien Testament avait éprouvé ma recherche ; je me dis aujourd’hui que si j’avais démarré par le Nouveau Testament, j’aurai entendu l’appel).

Je tombe sur un livre parlant du bouddhisme

Je tombe sur un livre sur le bouddhisme ; waow ! Voilà une philosophie qui me semble intéressante. Je me suis plongée dedans, j’ai trouvé un groupe de méditation « bouddhisme tibétain » et j’ai pratiqué. Au début c’est la méditation qui m’intéressait beaucoup ; puis on m’a invitée à venir à des rituels bouddhistes. Au début je ne comprenais pas réellement la réalité de la chose, car très peu de pratiquants comprennent la chose.

J’ai commencé à faire des formations au sein du centre bouddhiste

Afin de comprendre cette démarche j’ai commencé à faire des formations au sein du centre bouddhiste « mère ». Les retraites étaient éprouvantes, on passe d’un échelon à un autre : pour faire telle pratique, il faut faire telle retraite. Il n’y a pas qu’une histoire d’argent (même si cela coûte assez cher) ; nous devons préparer notre cœur et esprit à cette pratique afin de pouvoir la vivre pleinement.

Je ne comprenais pas pourquoi, quand je revenais de ces retraites, je vivais des expériences spirituelles belles, mais éprouvantes. Mon esprit changeait. Je n’avais plus les mêmes perceptions qu’un « humain lambda », mes ressentis étaient très sensibles. Je me souviens une fois, après 15 jours de retraite enseignement, en rentrant chez moi, je n’avais plus la possibilité de sortir à l’extérieur et d’avoir une conversation normale ; j’étais comme ivre : ce que je voyais, touchais ou entendais me semblait plus réel ; j’avais toujours un temps d’avance sur les actions. Je sentais bien qu’il y avait une transformation, c’est bien ce que l’on demande au bouddhiste pratiquant.

J’ai développé ces « dons »

Et puis naturellement je me suis rapprochée, ou plutôt on m’a proposé tel stage (en dehors du bouddhisme) pour améliorer mes ressentis, ou rencontrer tel magnétiseur qui formait, de faire tel « soin énergétique » etc. Je plongeai carrément dedans. Évidemment, au bout d’un certain temps j’ai développé ces « dons ». Je pouvais soigner avec les mains (dans la nuit j’avais les mains en feu, je n’arrivais pas à dormir).

J’entendais des choses, on me donnait des informations sur des gens ; il suffisait que je parle à des personnes pour entendre dans ma tête des détails sur leur existence ; quand je les évoquais avec elles, elles « hallucinaient » de m’entendre de parler de leur vie.

J’utilisais le pendule ; j’avais fait un stage à ce sujet, sauf qu’au bout d’un moment je n’avais même plus besoin du pendule pour savoir ou ressentir les choses ; j’avais comme un fluide qui passait dans mes mains.

Quand je « soignais » les personnes avec les mains, là aussi j’avais l’impression de sentir l’intérieur de leur corps ; mes mains chauffaient, et elles n’avaient plus mal ou étaient soulagées. Pendant les soins, j’entendais des voix, et je disais aux personnes des choses sur leur vie, comment elles devaient la mener à présent. Je disais que j’étais en contact avec leurs défunts, et qu’ils me donnaient des messages.

J’avais beaucoup de succès ; bien évidemment j’en ai fait mon métier. Pour moi je faisais du bien. J’apportais à l’autre la joie. Nous étions un groupe de fréquentations, qui partageaient leurs expériences ; quand nous avions besoin d’un soin nous le recevions.

J’étais toute-puissante, certains me contactaient pour prendre des décisions ; plus je pratiquais sur les autres et plus mon « pouvoir » grandissait, mes « dons » s’affinaient, devenant plus précis ; j’avais même l’œil sur l’avenir (j’avais des visions).

Et puis un jour ces dons, me sont devenus des malédictions

Un soir j’étais dans mon lit à lire, ainsi que mon époux, et ma fille dans sa chambre en train de dormir. Et là j’ai ressenti qu’il y avait beaucoup de monde autour de moi ; j’étais terrifiée, car je vivais ça souvent, sentir ces défunts (qui me parlaient, qui me touchaient parfois). Mais ce soir-là, il n’y avait rien de bienveillant, il n’y avait pas de discussion ou d’information à recevoir. J’ai commencé à trembler et j’ai senti le mal. Pour une personne, dire le mal, c’est juste un mot ou une image ; mais savoir et sentir cela proche de soi, c’est inexprimable ; j’étais de plus en plus oppressée, mon mari voyait mon agitation et me demandait ce que j’avais.

Je me suis mise à hurler, et j’ai senti qu’on volait quelque chose en moi du plus profond de mon âme. Je courrais dans toute la pièce, comme une folle. Ma fille s’est mise à crier aussi en disait qu’il y avait quelque chose de méchant dans sa chambre. Ce soir-là mon mari aurait pu appeler les urgences pour dire « ma femme devient folle » ; et il ne l’a pas fait, car il n’avait pas pris conscience de la réalité de mon nouveau métier et de ma nouvelle façon de vivre (très souvent absent par son travail).

Le lendemain, j’ai appelé un médecin de mes fréquentations (un vrai médecin — il y en a beaucoup qui pratiquent aussi ces « soins » à leurs patients), lui expliquant ce que j’avais vécu. Et là, il me dit que pour des personnes comme nous, c’est fréquent de vivre ça, et qu’il fallait demander aux entités « lumineuses » de venir en aide par la prière, et m’a proposé un soin.

Malgré cela, j’ai continué comme une véritable droguée. Plus je pratiquais, plus les attaques devenaient violentes, mais on me disait (mes fréquentations) que comme je faisais du bien, alors les entités du bas astral me voulaient du mal, et qu’il fallait que je continue, car j’étais protégée par des entités « lumineuses ou angéliques ».

Les attaques

Les attaques se passaient ainsi : on me touchait violemment le corps ; j’avais l’impression que j’avais des choses dans le ventre car il y avait des spasmes particuliers ; j’avais la sensation qu’on « m’enfonçait » quelque chose dans le corps qui permettait de boire ma substance (mon énergie vitale). Bien évidemment, je ne dormais pas de la nuit.

Cela a duré pendant des années. Le jour ou j’ai commencé à prendre un « bout » de conscience de la chose, c’est le jour où ma fille qui dormait avec moi dans le lit (son papa absent), s’est relevée brusquement, m’a regardée droit dans les yeux : elle avait le visage déformé et elle me parlait dans un langage inconnu. J’ai été terrifiée. On ne s’en prenait pas qu’a moi, mais aussi à ma fille. J’en ai parlé à mes fréquentations qui m’ont dit que je ne devais pas lâcher, qu’ils vivaient ça, eux aussi, mais que nous avions une mission de bien.

Le soir, quand je me faisais attaquer, ma fille parlait systématiquement dans son sommeil. Il y avait aussi des manifestations dans notre maison : craquements, coups dans les meubles, dans les murs ; apparitions aussi… la maison des horreurs !

Mon mari ne voulait pas entendre parler de cela. Mais il avait vécu des choses, et en était terrifié. Je n’avais pas besoin de lire des livres de « Stephen King, auteur de livre de terreur », je le vivais chaque soir chez moi.

Au bout d’un moment, j’ai commencé à comprendre que je me leurrais

Et je me suis posé la question : mais de qui ai-je ce « pouvoir » ? Un jour je suis tombée sur un livre (je ne me rappelle plus le titre), cela parlait d’une personne qui était tombée dans l’occultisme par jeu, l’avait pratiqué par passion, et au bout d’un moment avait compris qu’elle devenait victime. Dans ce livre, cet auteur va rencontrer une personne pour un conseil, et cette personne lui dit : « tu trouveras des réponses dans les Évangiles ».

Ni une ni deux, je suis allée dans une boutique accolée à une église et je demande : « bonjour Madame, je voudrais les Évangiles ». Elle me tend la Bible et je lui dis : « non je veux les Évangiles ». Elle sourit et me montre dans la Bible où se trouvent les Évangiles. Pour moi la religion était une véritable aberration, donc je suis un peu secouée de devoir rentrer chez moi avec la Bible.

Je la pose sur ma table de chevet pour une lecture le soir. Ce soir-là, je n’ai pas pu lire… Une des plus grosses attaques que j’ai vécues, j’ai même failli vivre « un viol », est-ce possible ? Il y a eu toujours au fond de moi une force qui me permettait de me battre « spirituellement » contre ces choses, et je sentais que je n’allais plus avoir cette force d’ici peu.

Je comprends que la cause de mon tourment c’est le « bouquin » posé à côté de moi. Je le prends et commence à le lire. En le prenant, en lisant les premières lignes, je comprends l’importance de ce que je vais lire.

La rencontre de Jésus

C’est en lisant une parole de Jésus que j’ai senti une secousse dans mon cœur, un tremblement, ma première expérience spirituelle avec Jésus. J’ai découvert un « terma » (dans le bouddhisme, il s’agit d’un trésor spirituel caché dans le temps — au-delà de notre espace-temps, comme si le disciple avait la possibilité de sortir du temps linéaire). Et pour moi, il s’agit d’une « relation ineffable » (un amour que le langage humain ne pourrait décrire). La seule chose que j’aie pu faire à ce moment-là, c’est poser la Bible et vivre cette expérience dans le silence.

Avoir vécu ça m’a bouleversée ; mon monde, mon paradigme s’effondrait d’un coup. Je lisais chaque soir un bout, sachant que je savais que j’allais m’en prendre « plein la tête » par la suite, car je subissais des attaques très violentes.

Et puis je commençai à faire quelque chose que je n’avais jamais fait… j’ai commencé à prier. Pas en disant « oh entité lumineuse »… non ; je priais Jésus. Je savais qu’il était mon Sauveur ; plus le temps passait et plus j’en prenais conscience. Le signe, c’est que les attaques, je les vivais même dans la journée.

Un soir, à bout de forces, j’ai décidé d’essayer juste de dormir, pas de lecture, juste une petite prière à ma sauce, en priant Jésus. L’attaque arrivait, j’étais en quelque sorte au bout du rouleau. Je n’avais plus la force, ni physique ni morale non plus. Et là… une grande colonne blanche est apparue dans ma chambre. J’étais seule, j’étais terrifiée sur le coup ; je me suis dit que je ne voulais pas voir ce que c’était, et puis je me suis dit que je n’avais plus rien à perdre.

Et j’ai regardé, là, devant moi, quelque chose de lumineux, une forme humaine en prière est apparue. Je n’ai pas pu distinguer de visage, c’était magnifique, la terreur s’échappa et là, je vécus une décharge d’Amour immense. Cette apparition a disparu (cela avait bien duré 10 secondes, les plus longues de ma vie d’ailleurs), et je ne pourrais vous dire le temps qu’a duré cet état d’Amour (je ne sais comment l’exprimer)… comme si ma chambre, mon cœur, mon esprit, ma dimension était pleine de ça. Il n’y avait plus de pensée, il y avait juste l’Amour.

Mon catéchuménat

Le lendemain je me suis levée, je suis allée à l’église de mon quartier pour voir un prêtre. Après lui avoir parlé de ce que je vivais, de ma vie… de mes mauvais choix il m’a dit que seul le baptême m’aiderait.

J’ai dû voir avec ma fille un exorciste, et la présence d’un autre prêtre a été essentielle. Je me souviens de ce moment éprouvant, ce combat en moi. Je sentais qu’une fureur terrible était en moi. L’exorciste m’a demandé de prendre une chose dans la main. Je me suis retrouvée à prendre conscience en ayant cette chose dans la main que je ne pouvais la tenir, j’avais en vie de vomir, et je me suis effondrée sur ma chaise. Il m’avait expliqué qu’il s’agissait un bout de relique d’un Saint.

J’ai fait mon catéchuménat (qui a duré 3 ans pour moi, j’avais très soif). Quelques heures avant mon baptême mon tourment a été difficile. Durant la durée de ma préparation au baptême, j’ai vécu très souvent des attaques. Elles étaient bien faibles ces attaques, elles avaient moins de force, moins de puissance, car je priais beaucoup. Je savais que je n’étais pas seule, et que je ne le serais jamais plus.

Mon baptême

Les 4 étapes avant mon baptême ont été difficiles, particulièrement la séance d’exorcisme devant l’assemblée… Je pensais être « libérée » après ma séance chez l’exorciste… Eh bien non, car j’ai « dégusté » en silence à genoux devant l’autel ; en moi il eut un véritable combat, j’en tremblais. J’essayais de me contenir de peur que l’on puisse me voir vivre ça. Mes accompagnateurs savaient ce que je vivais, et ils priaient toujours pour moi.

Après le baptême, avec mon mari nous nous sommes mariés à l’église ; ma fille avait fait son baptême bien avant moi. Aujourd’hui notre famille chemine ensemble. Notre chemin c’est Jésus, notre Seigneur et notre Sauveur.

On me demande quelquefois : pourquoi les catholiques… pourquoi ne pas être allé chez les protestants. Je me suis posé la question. Cela m’a semblé tellement évident. Et puis, j’ai vécu une belle expérience spirituelle avec Marie dans la simplicité de deux mots : « je t’aime » ; et j’ai compris que Marie était essentielle dans ma foi, car je pouvais la suivre pour parvenir à Jésus.

Une autre chose pour terminer ce témoignage. Dans le monde de mes fréquentations, quand les uns et les autres ont su que je demandais le baptême, cela a fait grincer beaucoup de dents. J’imagine que beaucoup de choses ont été faites dans mon dos pour que je revienne « à la raison ».

Le jour de mon baptême, dans la paroisse, deux de mes anciennes fréquentations sont venues, un couple. Ils semblaient venir avec « amitié » ; la femme est arrivée avec une longue robe rouge sang, elle détonnait dans l’assemblée ; je savais sa signification. Après le baptême, elle s’est précipitée avec son sourire vers le prêtre pour lui dire « mon grand-père était un curé défroqué ». À ce moment-là, j’ai compris que je devais prier pour eux.

Croire que le mal est loin, c’est un leurre

Je ne suis pas totalement « guérie », je le sais bien, car j’ai encore des « relents » de mon ancienne vie… Je connais certains événements avant que cela n’arrive, je lis les pensées des autres… et encore d’autres choses… C’est toujours de manière inconsciente. Je crois qu’on essaie de me retendre la perche. Je sais qu’il me suffit d’une pensée infime pour y retomber. Aujourd’hui, je sais que la limite physique (j’aime bien parler de dimensions) est si fine qu’il est facile d’ouvrir la porte d’une dimension à une autre. Croire que le mal est loin, c’est un leurre ou une croyance pour des adultes inconscients. S’ils savaient…

En écrivant ce témoignage, je me dis que j’aurais tellement d’autres choses à dire… mais il me faudrait des centaines de pages, et j’imagine que vous avez tellement de choses à faire. Ce que je n’ai pas dit et qui est essentiel, c’est qu’à un moment donné, quand j’ai commencé à lire les Évangiles, je prenais conscience que les défunts n’étaient plus là et que comme vous le dites si bien, et que j’ai toujours dit, je me suis fait « rouler dans la farine » par des démons (le diable…).

Et je suis terrifiée de voir qu’il existe aujourd’hui dans notre société tellement de « perches » pour faire tomber l’humain entre les mains du mal. Il y a tellement de supports différents, même au sein de notre « Église » des fois. On m’a toujours demandé de venir à des groupes de prière, de louanges avec message, ou de guérison… quand j’ai entendu ça, j’en ai claqué des dents de peur. On fait entrer le démon par la grande porte de l’Église. Ça, j’ai su faire ; mais ce n’étaient pas les anges, Dieu ou les Saints qui communiquaient avec moi !!!

Prière

Permettez-moi de finir ce message par une prière, car le fait d’évoquer la chose m’a fragilisée.

Seigneur Jésus,

Éloigne-nous du mal des hommes, et du Malin.

Je te confie ma famille,

les prêtres et ceux qui sont là

pour révéler aux hommes ta présence.

Seigneur Jésus,

pardonne-nous, nous sommes si faibles

et c’est grâce à ton appel que nous avançons à ta suite.

Amen.

Le Reiki

Parmi les « nouvelles techniques thérapeutiques » ayant recours aux principes taoïstes, une des plus connues et vulgarisées est le Reiki. On peut la prendre comme modèle de médecine alternative énergétique fondée sur les principes de la philosophie chinoise et japonaise.

Table des matières : 1. La naissance du Reiki — 2. La force universelle de vie — 3. Les initiation — 4. Un projet théurgique — 5. Vers un discernement — 6. La position des évêques américains (2009) — 7. Quelques documents et témoignages — 8. Quelques définitions du reiki donnés par des praticiens de la Sarthe.

1. La naissance du Reiki [1]

Mikao Usui (1864-1926) était professeur de théologie et prêtre chrétien japonais, né le 15 août 1864. Il dirigeait la petite université de Doshiha à Kyoto, au Japon. Un jour un de ses étudiants lui demanda de lui faire voir les miracles accomplis autrefois par Jésus. M. Usui ne put répondre à la demande, mais de ce jour, il s’intéressa à la question et chercha à découvrir sur quoi se fondaient les miracles accomplis par Notre Seigneur. Il reprit même des études à Chicago, apprit l’hébreu et le grec pour étudier les textes dans leur langue originelle, mais il ne parvint pas à découvrir comment Jésus opérait ses miracles.

Découragé, il rentra au Japon ; il lui restait cependant une ressource : il consulta les textes bouddhistes, car Bouddha avait lui aussi semble-t-il un pouvoir de guérison. La légende nous dit que M. Usui étudia le sanskrit pour lire les textes du bouddha dans la langue originelle. Enfin ses efforts assidus furent couronnés de succès : il découvrit des notes qu’un disciple du Bouddha avait prises, et qui décrivaient comment le Bouddha guérissait.

Or le document présentait une série de symboles, qu’Usui ne savait comment utiliser. Il décida d’entreprendre une retraite de vingt et un jours sur le mont Kurama, trois semaines pendant lesquels il jeûnerait, méditerait et invoquerait la force divine. Au terme de cette retraite, le vingt et unième jour, il vit fondre sur lui une boule de lumière d’une intensité indescriptible, et tomba dans une transe profonde. Des milliers de bulles multicolores se mirent à danser devant ses yeux. Il vit que certaines d’entre elles étaient translucides et renfermaient les symboles qu’il avait découverts dans les manuscrits. Immédiatement, il sut intuitivement ce que signifiaient ces symboles et comment les utiliser.

La vie et le savoir du Maître se transmirent oralement jusqu’en 1982, date à laquelle remontent les premières publications concernant le Reiki.

 

2. La Force universelle de vie

Reiki est un mot japonais qui désigne à la fois une force — la force universelle de vie -, un savoir, issu de la connaissance initiatique de cette force, et un ensemble de techniques concernant la transmission de cette force. Il s’agit d’un terme d’origine shintoïste, qui désigne quelque chose qu’on ne voit pas mais que l’on sent. Nous sommes donc dans le domaine de la perception subtile et de l’intuition.

Reiki est l’énergie non pas personnelle, mais l’énergie-lumière, vitale, pure, une, en tant qu’énergie cosmique. Les premiers disciples du Dr Mikao Usui ont traduit Reiki par « force universelle de vie ». Le Reiki correspond donc au T’Chi chinois, au prâna hindou. On peut même trouver dans la série des analogies : l’Esprit Saint chez les chrétiens ! Ce qui nous met d’emblée au cœur de la confusion entre la nature et la grâce, confusion récurrente dans le contexte naturaliste où se développe le Reiki. Niant la transcendance du Dieu personnel judéo-chrétien, les différents naturalistes divinisent en effet les énergies créées, immanentes à ce monde, et ignorent tout de la grâce surnaturelle, proprement divine.

Les tenants du Reiki font le parallèle entre le début du livre de la Genèse, et la doctrine shintoïste, selon laquelle au début était la force originelle t’chi, qui s’est manifestée sous forme de son, et a créé le monde dans lequel nous vivons. Selon cette doctrine, tous les êtres seraient des manifestations de la force divine (émanationnisme). Plus nous nous ouvrons à elle, plus nous nous immergeons dans la vie cosmique. Le Reiki dispose précisément de plusieurs moyens permettant de canaliser l’énergie-lumière sur le corps physique, mental et spirituel d’une personne.

La personne qui s’initie au Reiki se laisse remplir de cette énergie et devient un canal de transmission de cette même énergie. La force et le cheminement du courant d’énergie dépendant totalement des besoins du récepteur.

L’énergie elle-même, dotée d’une intelligence plus vaste que la nôtre, sait ce dont le récepteur a besoin. Le Reiki est sensé guérir tous les niveaux de l’être : physique, mental, spirituel ; il se rattache explicitement au courant de pensée holistique qui caractérise le Nouvel Age.

Le Reiki nous dit-on, est aussi un moyen très efficace de se vider de toute pensée et de communier dans l’ici et le maintenant avec ce qui est « un ». L’adepte se met en état de médiumnité pour recevoir le Reiki, puis lorsqu’il le transmet, il infuse cet état de médiumnité à celui qui en « bénéficie », le préparant ainsi à devenir à son tour transmetteur du Reiki. C’est dans cet état de médiumnité que l’adepte devient réceptif aux entités du monde occulte, et qui sont les véritables agents des effets obtenus par la pratique du Reiki.

Ce mystérieux pouvoir de se donner et de transmettre aux autres l’énergie universelle, est transmis au cours de plusieurs initiations successives, au cours desquelles la personne reçoit non seulement une connaissance supplémentaire, mais surtout une imposition des mains de la part d’un initié supérieur. Cette opération magique met l’adepte en contact avec l’entité astrale qui collabore avec le Maître. Celui-ci transmet donc à l’adepte non seulement le Reiki et le pouvoir de le communiquer à son tour, mais il le met également en « lien » avec l’esprit occulte qui lui fournira désormais ses pouvoirs.

 

3. Les initiations

Le transmetteur de cette énergie cosmique doit se retirer en tant qu’individu, volonté, énergie personnelle, et devenir un bambou vide (état de médiumnité), un canal dans lequel pourra se déverser l’énergie de vie — ajoutons : et par lequel pourront librement agir les esprits du monde astral qu’il aura invoqué.

Les symboles du Reiki permettent de se « brancher » sur la fréquence de la fameuse énergie. Ces symboles se transmettent par voie orale, au cours du rite d’initiation au cours duquel l’adepte peut expérimenter l’énergie invoquée. Chacun de ces symboles correspond à un « esprit » particulier. L’utilisation du symbole dans le contexte d’un rituel approprié équivaut à une invocation de la dite entité.

L’initiateur ouvre un canal sur le sommet de la tête et dans les mains de l’adepte. L’énergie Reiki peut ainsi se déverser dans le corps par le sommet du crâne et se diriger vers les mains par lesquelles elle peut à nouveau se déverser dans un organisme — celui de l’adepte ou celui de quelqu’un d’autre. Ce canal demeure toujours réservé à cette seule énergie qui coule toujours dans le même sens.

« Vous tenez entre vos mains le pouvoir de « guérir », c’est-à-dire de rétablir l’équilibre et l’harmonie dans n’importe quel organisme humain ou non, le vôtre, celui de vos proches, de vos plantes, de vos animaux domestiques, mais aussi de n’importe quel organisme abstrait dans le sens d’ensemble organisé tel que la famille, le groupe de collègues, etc. »

Le système du Dr Usui prévoit trois degrés d’initiation.

1- Le premier consiste à ouvrir le canal par quatre initiations successives. Puis le maître vous montre comment poser les mains sur votre corps et sur le corps d’une autre personne. Avec la quatrième initiation qui a lieu en fin de week-end, le processus de nettoyage est en principe terminé, le canal est scellé et vous repartez avec ce nouveau trésor qui demeurera avec vous pour le restant de votre vie.

Après le week-end, il est bon de pratiquer aussi souvent que possible, car plus on donne du Reiki, plus l’énergie coule abondamment en nous. L’énergie s’intensifie dans la mesure où nous l’utilisons.

2- Le maître discerne qui est admissible à la seconde initiation. Le second degré prévoit deux initiations ainsi que l’apprentissage de clefs pour :

– augmenter l’efficacité des traitements ;

– intensifier le flux d’énergie ;

– effectuer des traitements mentaux et des traitements à distance.

L’explication suivante concernant cette seconde initiation, introduit aux fameuses « entités » annoncées :

« Lorsque l’initié aura suffisamment progressé, quand ses organes occultes auront pris forme, il faudra alors imprimer dans le corps éthérique ce qui avait été modelé dans le corps astral par la première initiation. Ce sera le second pas de l’initiation, celui que j’appellerai « illumination » : un monde spirituel apparaît alors autour de l’homme. Un monde caractéristique, car ce qui se passe dans le monde spirituel ne s’exprime pas comme le font les choses physiques, mais uniquement en images, en symboles, qu’il faudra déchiffrer, comprendre. Puis viendront les sonorités perceptibles à l’oreille spirituelle. Puis viendront les êtres spirituels, discrets tout d’abord, furtifs. Enfin, l’initié aura accès à la vie de ces êtres, c’est-à-dire à tout un égrégore dans lequel il pourra puiser une connaissance absolue. »

Ce commentaire affirme donc clairement que le but des initiations est de mettre l’adepte toujours plus explicitement en communication avec les « êtres spirituels » qu’il découvre progressivement, car ce sont eux qui communiquent à l’adepte ses pouvoirs. L’ensemble de la présentation permet d’identifier sans aucune hésitation ces fameux « êtres spirituels » : il s’agit d’entités du monde astral, que la tradition chrétienne classe parmi les esprits diaboliques.

3- Le troisième degré donne la capacité de donner des initiations, après avoir assisté un maître durant quelque temps. Il est même possible de recevoir une initiation à distance. L’explication donnée est tout à fait cohérente et intéressante :

« Comment fonctionne une initiation à distance ? Exactement comme une initiation sur place, en effet toutes les initiations se passent dans l’astral, et le maître qui initie en respectant un rituel précis approprié, n’est qu’un relais entre le monde physique et l’astral. »

4. Un projet théurgique

La plupart des écoles initiatiques contemporaines adoptent la terminologie du Tantrisme, et expliquent l’accès aux états modifiés de conscience en termes d’ouverture des chakras et action des mantras. Le Reiki ne fait pas exception :

« L’initiation produit des effets précis, tels que l’élévation du feu sacré de la base de l’épine dorsale vers celui des centres qui sera l’objet d’une attention particulière : le cinquième, le sixième ou le septième chakra. Ce chakra sera alors intensifié, et verra sa vitesse rotatoire augmentée. Le maître prononce alors « le mot », ou « la phrase » correspondant à ce degré d’initiation, et la force est ainsi précipitée vers les centres psychiques de l’initié, pour être absorbée par les centres éthériques. »

De même l’imposition des mains sur les patients se fait au niveau des chakras.

L’initiation est supposée mettre l’adepte en contact direct avec l’agent universel, dont il pourra désormais disposer ; plus exactement : dont il pourra désormais solliciter la collaboration.

L’omnipotence de l’initié peut ainsi être considérée par analogie, comme une sorte de reflet de l’omnipotence divine, par fusion avec la Force divine immanente à la nature.

Le document traitant du Reiki confirme la finalité des initiations successives :

« Le but de tout cela ? Devenir le « Je suis », nom de l’entité divine, du principe christique de l’homme, de l’entité dont il ressent en lui une goutte, une étincelle, quand il peut dire quand on lui demande « qui es-tu ? » et qu’il peut répondre « je suis ! » »

Le Reiki se situe donc bien dans la perspective théurgique — auto-divinisation de l’homme — que nous retrouvons dans les doctrines ésotérique et occulte. Ce qui n’empêche pas les tenants du Reiki d’affirmer :

« Le Reiki n’est pas une religion, il ne repose sur aucun dogme ou doctrine, il n’est en fait qu’une très ancienne science curative, tombée dans l’oubli depuis des millénaires, et que le Dr. Usui redécouvrit dans l’ésotérisme des soutra tibétains. »

5. Vers un discernement

Ce bref aperçu suffit pour se convaincre que le Reiki est une pratique occulte, qui se fonde sur les grands principes de la magie :

– invocation des esprits du monde astral dans le but d’exercer avec leur collaboration des pouvoirs thaumaturgiques,

– sur l’horizon d’un mysticisme naturaliste prétendant que l’homme est une émanation de l’énergie divine omniprésente et

– qu’il peut dès lors prétendre à l’omniscience et omnipotence divine ; il lui suffit pour cela d’acquérir la maîtrise de l’énergie dans laquelle il est immergé et dont les initiations successives lui font prendre conscience.

Inutile de préciser qu’il est impossible de concilier une telle pratique magique,

– qui nie la transcendance divine ;

– qui affirme la divinité naturelle de l’homme, et rend ainsi inutile tout recours à un Sauveur ;

– dont l’efficacité se fonde tout entière sur une alliance avec les esprits des ténèbres, contactés au cours d’un rituel initiatique occulte,

avec une vie chrétienne qui se veut fidèle à la Révélation (Écriture, Tradition, Magistère).

Il n’est pas étonnant non plus que ce genre de pratiques, qui tirent leur « efficacité » de la collaboration avec les esprits des ténèbres, conduisent à moyen ou long terme, à différentes formes d’aliénation — psychique ou spirituelle.

 

6. La position des évêques américains[2]

La pénétration du reiki dans les centres spirituels et les institutions de soins catholiques, a amené les évêques américains à réagir par une prise de position publiée en 2009, « Lignes directrices pour l’évaluation du Reiki en tant que thérapie alternative ». Le texte, élaboré par le Comité doctrinal de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB), présidé par Mgr William Lori, évêque de Bridgeport, Connecticut, a été approuvé vendredi par le Conseil d’administration.

« Le Reiki, une médecine alternative japonaise, manque de crédibilité scientifique et n’est pas compatible avec la foi chrétienne ; il ne peut donc être accepté dans les institutions de soins de santé catholiques ».

D’après ce document, « l’Église reconnaît deux types de guérison : la guérison par la grâce divine et la guérison qui recourt aux pouvoirs de la Nature ». Ces deux types de guérison « ne s’excluent pas l’un l’autre ». Toutefois, précise le document, le Reiki « ne s’appuie en aucun cas sur les découvertes de la science naturelle ou sur la foi au Christ ».

Le rapport indique que le Reiki est une technique de guérison « inventée au Japon vers la fin du XIXe siècle par Mikao Usui, qui étudiait alors les textes bouddhistes ».

« Selon l’enseignement du Reiki, — poursuit le document — la maladie est causée par certains types de troubles ou de déséquilibres dans notre ‘énergie vitale’. Un thérapeute de Reiki opère la guérison en imposant la ou les mains dans certaines positions sur le corps du patient, afin de faciliter la transmission du Reiki, l’ ‘énergie vitale universelle’, du thérapeute au patient. »

Guérison spirituelle

La thérapie, est-il expliqué plus loin, revêt plusieurs aspects d’une religion ; elle est « décrite comme un type de guérison spirituelle » avec ses propres préceptes éthiques ou « mode de vie ». Le Reiki « n’a pas été reconnu par les communautés scientifiques et médicales comme une thérapie efficace », est-il noté dans les Lignes directrices. « Des études scientifiques dignes de foi attestant l’efficacité du Reiki font défaut, de même qu’une explication scientifique plausible quant à son éventuelle efficacité ».

La foi non plus ne peut être à la base de cette thérapie, ont affirmé les évêques, car le Reiki se différencie de la « guérison divine telle que les chrétiens la connaissent ». Comme ils l’ont expliqué, « la différence radicale, qui saute aux yeux, tient au fait que, pour le praticien Reiki, le pouvoir de guérison est mis à la disposition de l’homme ». Alors que, « pour les chrétiens, l’accès à la guérison divine se fait par la prière au Christ, Seigneur et Sauveur », le Reiki est une technique qui se transmet du « maître » à élève, une méthode qui, maîtrisée, « produira de façon fiable les résultats escomptés ».

Des problèmes insolubles

Le texte énonce que « pour un catholique, croire à la thérapie du Reiki présente des problèmes insolubles. En matière de soins concernant sa propre santé physique ou celle d’autrui, utiliser une technique qui n’a pas de base scientifique — voire même de plausibilité — n’est généralement pas prudent ».

Au niveau spirituel, le document prévient : « il existe des risques importants ». Et d’expliquer : « Pour pratiquer le Reiki, on devrait admettre, au moins de façon implicite, certains éléments essentiels d’une vision du monde sous-tendant la théorie du Reiki, éléments qui n’appartiennent ni à la foi chrétienne ni à la science naturelle. Mais, sans justification venant soit de la foi chrétienne soit de la science naturelle, un catholique qui met sa confiance dans le Reiki opérerait dans le royaume de la superstition, le no man’s land qui n’est ni la foi ni la science ».

Le document conclut : « Puisque la thérapie du Reiki n’est compatible ni avec l’enseignement chrétien ni avec les preuves scientifiques, il serait inapproprié pour les institutions catholiques, tels que les établissements médicaux et centres de retraite, ou pour les personnes représentant l’Église, comme les aumôniers catholiques, de promouvoir ou de soutenir la thérapie du Reiki ».

7. Quelques documents et témoignages

* Estelle Ivanez et Christian Mortier, Abus, dérives, et non professionnalisme dans la pratique du Reiki, Publié par la Fédération Française de Reiki Traditionnel, 2012.[3]

* Mon aventure avec le reiki [4] (témoignage d’une personne chrétienne qui s’en est éloignée)

* Ma déception fut grande [5] (à propos du buisness autour du Reiki)

* Appel de détresse devant la manifestation de la kundalini [6]

* Le reiki consite à invoquer les démons avec des signes japonais [7] (témoignage d’Eduardo)

Le reiki, comme le spiritisme, ouvre une porte aux esprits.

 

8. Quelques définitions du Reiki données par des praticiens dans la Sarthe

Jean-Jacques Daret

https://www.lelabo-ecoute-communication.fr/activites/activites-individuelles/reiki-jjd/

Sylvie Haag

http://www.reiki-domotherapie.fr/index.php?page=reiki

Laure Boutillier

Soins http://etresonessentiel.fr/pages/reiki_soin.html

Initiation http://etresonessentiel.fr/pages/reiki_initiation.html

Christophe Tissier

HYPERLINK « http://www.magnetiseur-france.fr/initiations-reiki-le-mans-sarthe.html » \l « initiationreiki »

On voit que ces définitions du reiki n’ont pas grand-chose à voir avec l’analyse qui a été faite, et masque totalement les risques graves pour les « consultants ».

D. Auzenet

Notes

[1] Les points 1 à 5 de cet exposé proviennnent du site internet du P. Verlinde

HYPERLINK « https://final-age.net/2006/03/le-reiki/ »

Je recommande son petit livre sur le Reiki http://www.editionsbenedictines.com/livre-Le_reiki-82-1-1-0-1.html

[2] Le document en anglais est accessible ici : http://www.usccb.org/search.cfm?q=reiki

[3] http://www.le-reiki.org/wp-content/uploads/2015/07/Publication_reiki_FFRT-2012.pdf

[4] http://sosdiscernement.org/alpha/R/reiki/mon_aventure.pdf

[5] http://sosdiscernement.org/alpha/R/reiki/ma_deception.pdf

[6] http://sosdiscernement.org/alpha/R/reiki/montee_kundalini.pdf

[7] http://sosdiscernement.org/alpha/R/reiki/eduardo_demons.pdf

La Méditation Transcendantale

Technique mentale de relaxation, la Méditation Transcendantale (MT) a donné son nom à une puissante organisation internationale présente dans plusieurs dizaines de pays à travers de nombreuses structures, et dont la promotion est de plus en plus souvent assurée par les médias, mais aussi par des personnalités connues, dont il n’est pas interdit de se demander s’ils connaissent vraiment le mouvement.

Dans la revue BULLES, n° 136, 2017, pp. 14-20

Historique

Mahesh Prasad Wama (1917 ou 18-2008), plus connu sous le nom de Maharishi Mahesh Yogi est né en Inde. En 1940, après des études de physique à l’université d’Allahabad, il se tourne vers l’enseignement spirituel et devient disciple de Swami Brahmananda Saravasti Maharaj, alias guru Dev, leader spirituel d’un monastère. Après la mort de ce dernier, en 1953, Mahesh Prasad Wama entreprend de diffuser le savoir de son Maître lors de rassemblements dans divers endroits du sud de l’Inde. Il y enseigne une méthode simple et accessible à tous en vue d’atteindre le « Nirvana instantané ». Rapidement il forme le projet (pour le moins) ambitieux d’« ouvrir les portes de l’illumination à chaque individu et amener l’invincibilité, la paix, la prospérité et le bonheur à tous les pays ». En 1958, il prend le titre de Maharishi[1] et lance en Inde le Spiritual Regeneration Movement, « Mouvement pour la régénération spirituelle » dont l’objectif est la diffusion de cette méthode de méditation, qui serait issue d’une lignée de maîtres et qu’il aurait redécouverte.

En Inde, Maharishi ne suscite pas l’enthousiasme et, à partir de 1959, le mouvement s’internationalise avec des activités aux États-Unis et en Grande-Bretagne, puis des tournées mondiales de Maharishi, l’ouverture de centres locaux et la formation des premiers instructeurs de Méditation Transcendantale. À travers la création, aux États-Unis en 1966, d’une association s’adressant plus spécialement à la population universitaire, l’intérêt pour la méthode grandit. Le soutien de célébrités du monde du spectacle (les Beatles surtout) contribue au succès d’une pratique qui, adaptée à l’Occident, s’apparente à une technique de mieux-être dotée de vertus thérapeutiques.

En 1969, Maharishi commence à former des enseignants de MT, à Seelisberg (Suisse), nouveau siège mondial du mouvement. Il inaugure un cours de Science de l’Intelligence Créative. Les années 1970 voient le développement mondial du groupe et la création de sa propre université à Fairfield (Iowa), la Maharishi International University (MIU), devenue la Maharishi University of Management (MUM). En Europe le mouvement ouvre des centres dans plusieurs pays, dont le Maharishi European Research University (MERU) à Seelisberg (aujourd’hui au Pays-Bas).

En 1972, Maharishi annonce son Plan mondial pour « l’âge de l’illumination » et constitue le World Plan Executive Council pour mettre en œuvre son projet de résoudre au cours de cette génération les problèmes séculaires de l’humanité en créant dans le monde entier un centre de MT par million d’habitants.

Dans les années 1980-1990, plusieurs opérations contribuent à faire connaître les ambitions du mouvement comme la réunion, en 1984, de 7 000 adeptes rassemblés à la MIU de Fairfield pour une méditation de masse en vue de réduire crimes et accidents, faire remonter la Bourse et alléger les tensions mondiales ; ou l’offre faite au Président Bush d’engager 7 000 méditants « dans l’armée ou autre part » pour ramener les otages détenus au Moyen-Orient.

Fondé en 1992 sur la « Loi naturelle » redécouverte par Maharishi, le Natural Law Party préconisait l’utilisation des techniques de la MT et du programme TM-Sidhi (vol yogique) pour réduire ou éliminer les problèmes dans la société. En France, les candidats de ce Parti de la Loi Naturelle ont participé à quatre élections entre 1993 et 1999.

En 2000, Maharishi proclame l’établissement du Pays Mondial de la Paix sur Terre (Global Country of World Peace ou GCWP) « pour créer la paix globale du monde en unifiant toutes les nations dans le bonheur, la prospérité, l’invincibilité et la santé parfaite, tout en soutenant la riche diversité de notre famille mondiale. » Pays virtuel sans territoire ni frontières[2], le GCWP englobe l’ensemble des initiatives liées à la « totalité de la loi naturelle ». Tony Nader est nommé Maharaja Adhiraj Rajaraam, premier souverain régnant.

Maharishi est décédé le 5 février 2008 à Vlodrop (Pays-Bas), ses funérailles se sont déroulées dans son ashram d’Allahabad, en Inde, en présence d’autorités de l’État.

En soixante ans, la technique de base a été enseignée à des millions de personnes à travers le monde, le mouvement a initié de multiples programmes basés sur l’interprétation par Maharishi des traditions védiques, ouvert des centres, des écoles, des universités et des entreprises aux États-Unis, en Europe et en Inde.

Doctrine et pratique

Principes

Ni religion, ni philosophie, ni mode de vie, la Méditation Transcendantale se présente comme une « technique permettant à tout homme d’harmoniser sa vie spirituelle intérieure avec les splendeurs de la vie matérielle extérieure et de trouver Dieu en lui-même »[3].

Les principaux éléments théoriques de la pensée de Maharishi, contenus dans ses écrits, constituent la Science de l’Intelligence Créatrice, qui réunit la « Science védique » (selon Maharishi) et la science moderne. Toutes les manifestations, y compris les pensées, ont une même source : l’Être pur, aussi nommé absolu, ou champ unifié de la Loi naturelle (en référence à la science physique). L’homme qui n’a pas de contact direct avec l’Être vit de manière superficielle et son potentiel n’est pas utilisé de manière optimale.

Selon Maharishi, la MT est l’instrument qui va lui permettre de faire l’expérience de l’Être : la technique, par l’état de détente qu’elle procurerait, permettrait à l’esprit d’atteindre progressivement la Source d’une pensée, « le domaine de l’Être ». Un tel contact régulier lui permet d’accéder à un quatrième état de conscience (au-delà des états de veille, sommeil et rêve) : la conscience transcendantale ou conscience pure. Des niveaux de consciences supérieurs, la conscience cosmique, la conscience cosmique raffinée et la conscience-unité (stade de l’illumination) pourraient être ensuite atteints.

Pratique

Tout le monde peut pratiquer la MT quel que soit son âge (technique adaptée pour les jeunes enfants). Différente de toutes les autres méditations, la méthode est apprise auprès de « professeurs qualifiés qui enseignent de la même manière systématique depuis des millénaires (sic) ».

L’apprentissage de la MT suit une procédure normalisée, en sept étapes réparties sur quelques jours, le cours durant au total environ neuf heures. Strictement individuelle, l’instruction personnelle au cours de laquelle est enseignée la technique elle-même est en fait une cérémonie rituelle (puja) d’initiation au cours de laquelle l’instructeur récite un texte en sanskrit puis remet au nouvel initié un mantra spécialement choisi pour lui, en lui indiquant comment l’utiliser.

Le contenu de ce cours est confidentiel ainsi que te mantra remis par le professeur, celui qui le reçoit s’engage à ne pas le révéler. La MT ne peut être transmise qu’à travers ce processus très normalisé : « C’est une pratique très spécialisée et délicate. Il est important qu’elle soit apprise uniquement d’un professeur autorisé relevant d’un Centre du Plan Mondial », dit Maharishi. Cet apprentissage coûte 890 € (450 € pour les étudiants)[4].

Après cette initiation, la MT se pratique matin et soir pendant 15 à 20 minutes, les yeux fermés. Un suivi de plusieurs mois est proposé et encouragé, pour contrôler que la méditation est correctement pratiquée.

La formation de professeur se déroule sur plusieurs mois de façon continue, son prix (élevé) dépend de l’endroit où elle s’effectue.

Selon le mouvement, la pratique régulière procure de multiples bienfaits sur le plan personnel : gestion du stress, amélioration de la santé, développement de la mémoire, de la concentration et de la créativité, meilleures relations professionnelles. Mais la MT aurait aussi des effets bénéfiques sur le plan collectif, grâce à l’Effet Maharishi mis en avant par l’organisation : la pratique de la Méditation Transcendantale par un nombre suffisant de personnes (plus de 1 % de la population d’une ville, par exemple) permettrait de diminuer le nombre de crimes, d’accidents et de maladies.

Introduit en 1976 comme une « technique avancée », le programme TM-Sidhi, comprenant le vol yogique (Yogic Flying), améliorerait la santé et la réflexion grâce à la purification du système nerveux. Sa pratique collective par un groupe de personnes supérieur à la racine carrée de 1 % de la population considérée, produirait l’Effet Maharishi étendu, en diminuant sur la région les tendances négatives (conflits, terrorisme…) et renforçant les tendances positives grâce à la « cohérence dans la conscience collective »[5].

Le mouvement met en avant de très nombreuses études sur les effets bénéfiques de ces pratiques, mais selon l’Académie Royale de Médecine de Belgique « il n’existe actuellement aucune preuve solide montrant une supériorité de la MT relativement à d’autres formes de méditation. Il n’existe non plus aucun argument théorique qui permettrait de supposer une supériorité de cette forme de méditation. Les affirmations du mouvement MT quant à une supériorité scientifiquement établie de leur forme de méditation sont donc totalement erronées. »[6].

L’organisation

Avec l’établissement, en 2000, du Pays Mondial de la Paix sur Terre (GCWP), le mouvement s’est doté d’une organisation centralisée, considérée comme sans défaut et immuable, ayant à sa tête le Maharaja désigné par Maharishi (Tony Nader). Il est assisté pour diriger le Pays par un premier ministre et douze ministres, chacun responsable d’une branche d’activité, et d’un conseil de Rajas dont le rôle est la propagation des programmes du mouvement dans une région géographique déterminée. Sur le plan national, l’administration est structurée de la même façon : un administrateur nommé, assisté de douze administrateurs, un par branche d’activité.

Les femmes n’ont pas accès à ces postes, mais l’Organisation Mondiale Mère Divine (Global Mother Divine Organization) s’occupe particulièrement d’initiatives pour les femmes dans l’éducation, la santé, la culture et les arts.

Le siège international est au Pays-Bas, à Vlodrop. Etablie en 2001, la Maharishi Global Financing Research, fondation de droit néerlandais, a pour but de servir de trésorerie au GCPW. Elle a lancé sa propre monnaie, le Raam, destinée à devenir « la monnaie mondiale du développement du Pays Mondial de la Paix sur Terre », convertible aux Pays-Bas et à Maharishi Vedic City (Iowa).

Le site du GCWP est à lui seul le reflet des ambitions démesurées du mouvement, dont le projet de créer la paix mondiale « en unifiant toutes les nations dans le bonheur, la prospérité, l’invincibilité et la santé parfaite » se décline dans tous les domaines de la vie des individus comme des collectivités. De nombreuses structures ont ainsi vu le jour, telles que Maharishi International University (Fairfield, Iowa, USA), Maharishi European Research University (MERU), Maharishi University of Natural Law (GB), Maharishi Vedic University, Maharishi Vedic Education Development Corporation, basée à Maharishi Vedic City (Iowa) qui gère les licences des nombreuses marques déposées du mouvement[7]. Dans un article du Times en 2008, la fortune du groupe était estimée à 3,5 milliards de dollars.

Parmi les domaines d’application, citons :

  • La santé, avec le Maharishi Ayurveda ou « Approche védique Maharishi de la santé ». Des cours de base pour tous sont proposés (lecture du pouls, prévention, alimentation, Yoga Maharishi, tarif 300 €)[8], l’organisation possède aussi des centres de santé ; la société Maharishi Ayurveda Products India produit des préparations distribuées par des entreprises du mouvement.
  • L’éducation, avec un programme « Education fondée sur la conscience », la théorie du « champ unifié » de la Loi naturelle éclairant l’enseignement de différentes disciplines. Quelques établissements existent à travers le monde, et le mouvement cherche à en établir d’autres. Mais le projet est aussi d’introduire dans toutes les écoles des séances de MT pour les enseignants et les élèves.
  • L’architecture, avec le Maharishi Sthapatya Veda, ensemble de principes architecturaux régissant la construction de bâtiments. Selon le mouvement, la plupart des bâtiments des grandes capitales sont mal orientées, ce qui entraîne une augmentation du stress collectif et engendrera, à terme, « criminalité, terrorisme, catastrophes naturelles ».

Propagande et lobbying

Objectif principal du mouvement, l’ambition initiale de Maharishi d’amener paix, invincibilité et prospérité au monde entier est au cœur de la communication du GCWP qui possède plusieurs médias : une maison d’édition, MUM Press (Maharishi University of Management press), Maharishi Channel (chaîne de télévision diffusée via internet et le satellite), KHOE radio.

Mais c’est surtout à travers des campagnes menées par diverses associations et fondations et des opérations ciblées que le mouvement a toujours fait sa propre promotion :

  • Dans les années 1980-1990, plusieurs tentatives d’infiltration au niveau du pouvoir en Roumanie, en Zambie, au Mozambique.
  • Le Parti de la Loi naturelle qui aurait été actif dans soixante-quatorze pays, la Maharishi Foundation (GB), enregistrée comme organisme de bienfaisance (charity), organisation aux Pays-Bas du congrès international d’Ayurveda, présidence de l’Union Mondiale des Scientifiques pour la Paix (Global Union of Scientists for Peace — GUSP).
  • La Fondation David Lynch, le cinéaste étant un soutien inconditionnel du mouvement et ne manquant jamais l’occasion d’en faire la promotion. Décoré de la Légion d’Honneur par le président Nicolas Sarkozy, David Lynch avait profité de la rencontre pour essayer de convaincre le Président de la République « qu’il suffirait d’unir les ondes positives d’un millier d’adeptes en France pour vaincre le chômage et la criminalité ». La fondation finance la mise en œuvre institutionnelle de programmes axés sur la méditation transcendantale auprès de publics en difficulté.
  • Actuellement, la pénétration du monde économique se développe à travers des stages de MT, technique censée améliorer l’efficacité individuelle et la rentabilité. Récemment, l’organisation a réussi à être intégrée dans le programme interne de formations à destination des fonctionnaires de la Commission européenne.

 

Pour conclure

La MT se présente comme une méthode « simple, naturelle, ne nécessitant aucun effort et se distinguant des autres techniques de méditation ou de relaxation par une absence totale de concentration et de contemplation », accessible à tous ; en réalité elle ne s’adresse pas à tous, l’initiation et les activités coûtent cher et ciblent un public économiquement favorisé chez lequel la pratique a tout pour induire un sentiment de « supériorité et triomphe », clairement illustré par les affirmations lues sur tous les sites du mouvement.

« Une étude comparative objective a été menée sur la Méditation Transcendantale et sur d’autres techniques de méditation. Ses conclusions sont on ne peut plus claires : ce n’est tout simplement pas comparable. »[9].

Comment, avec ses prétentions démesurées et uniformisantes, la Méditation Transcendantale pourrait-elle être l’instrument d’une paix entre les individus et entre les pays ?

Notes

[1] Maha = grand et rishi = voyant

[2] Plusieurs tentatives pour fonder un état indépendant, en Afrique, Asie ou Amérique du Sud, ont échoué.

[3] Maharishi Mahesh Yogi, La science de l’être et l’art de vivre, Paris, Editions Robert Laffont, 1976, p. 31.

[4] http://mt-maharishi.com/apprendre.html

[5] http://www.sante-conscience.fr/effet-maharishi

[6] CIAOSN, 12 octobre 2009, Avis concernant la Maharishi Global Financing Research Foundation/ Méditation Transcendantale http://www.ciaosn.be/avis091012.pdf.

[7] https://maharishivediccity-iowa.gov/

[8] http://www.ayurveda-maharishi.fr/

[9] https://tmhome.com/learn-to-meditate/france-transcendental-meditation-tm/

Le Bouddhisme en Occident : réalités méconnues et histoire occulte

Le thème annoncé est abordé à partir de 10.45

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