Le Nouvel Age à l’oeuvre dans l’Église

Pour nombre de catholiques, le Nouvel Âge est une nébuleuse sans lien avec leur univers religieux. Pourtant, le travail documenté de soeur Marie- Ancilla nous conduit à découvrir comment ce puissant courant spirituel est en réalité bien enraciné dans l’Église.

Cette étude sans compromis, appuyée sur les textes du Magistère et sur les Pères de l’Église, met au jour, au fil des pages, la dérive doctrinale qui mine l’Église.

Soeur Marie-Ancilla est moniale dominicaine à Lourdes. Elle est l’auteur de nombreux ouvrages, notamment sur les Pères de l’Église et la spiritualité. Depuis une quinzaine d’années, elle s’intéresse aux nouveaux courants spirituels apparus dans l’Église. Elle a notamment publié Foi et guérison, aux Éditions La Thune, en 2008.

Voir le site des éditions l’Harmattan

Peut-on dissocier le Yoga de sa visée spirituelle ?

1. Extrait du livre du Père J.M. Verlinde : l’expérience interdite, p 138 :

«- Vous semblez affirmer que l’on ne peut séparer les techniques du yoga de l’horizon hindouiste auxquelles elles appartiennent.  – C’est exact. Je me souviens du sourire amusé du gourou devant les motivations invoquées par les Occidentaux pour pratiquer le yoga : relaxation, détente, maîtrise, etc. Il répondait en substance : « Vous êtes étonnants : vous pratiquez ces techniques sacrées pour des effets périphériques auxquels nous n’attachons aucune importance, et ne portez qu’une moindre attention aux transformations profondes qu’elles induisent en vous !… » et il haussait les épaules d’un air de dire : Qu’à cela ne tienne, votre ignorance ou votre manque d’intérêt pour ces effets profonds n’empêchent pas les techniques de produire en vous ce pour quoi elle sont conçues… »  

2. Extraits du livre de Jean Déchanet, moine bénédictin, Le yoga en dix leçons :

« Il faut savoir que le Yoga, les postures, mais surtout les exercices de respiration contrôlée développent mécaniquement une grande énergie. Et je vais vous étonner en affirmant bien haut ici qu’en ce sens il est dangereux… » et plus loin … «couper le Yoga de sa visée spirituelle, c’est renier ses origines religieuses ; c’est surtout courir le risque, le gros risque de retourner contre soi les énergies qu’il doit libérer ».

J. Déchanet cite S. Yesudian, lui aussi un grand nom du yoga : « Tous les exercices yogiques, que nous le voulions ou non, tendent à éveiller ces centres nerveux (chakras) et à nous mettre en possession de facultés généralement insoupçonnées… » « Qu’un yogi chrétien se découvre un jour plus intuitif, plus clairvoyant… et même qu’il expérimente, en passant, quelque pouvoir paranormal (j’ai noté pour ma part, de curieux, très curieux pressentiments, des espèces de prémonitions), il n’y a là rien qui soit de nature à inquiéter. Qu’il se complaise dans ces « effets » ou ces « à-côtés » du yoga, qu’il les désire intensément, et qu’il en fasse comme le but de ses pratiques, c’est autre chose. Viciée dans sa racine, sa visée ne peut aboutir qu’au plus vil désenchantement ».

3. L’expression « Yoga chrétien » est-elle contradictoire ?

En orient, le Karma, l’enchaînement des vies, la réincarnation, est vécue comme une sorte de malédiction. Le yoga, par l’exercice de postures et la maîtrise du souffle, permet d’en sortir. Il fait parvenir à des états modifiés de conscience, et au « plongeon » dans l’énergie cosmique. Autrement dit, par une technique longuement mise en œuvre, on se fait « sauter » dans l’Un… C’est une sorte d’échappatoire à la force du poignet.

Rien à voir avec l’accueil de la miséricorde du Père obtenue par l’acte rédempteur de Jésus (sa mort sur la croix, sa résurrection, et le don de l’Esprit Saint), qui me fait entrer dans la vie éternelle dès maintenant et la promesse de la résurrection dans la gloire divine.

Aucun besoin de postures, ni de maîtrise du souffle, pour prier chrétiennement : il s’agit de laisser l’Esprit de Dieu nous entraîner à une communion de cœur avec Jésus et avec son Père. Rien à voir avec « faire le vide ». Ni avec l’ouverture des chakras ou la montée de la kundalini…

La grande tradition mystique de l’Église, représentée au premier plan par les grands maîtres du Carmel, Saint Jean de la Croix, Sainte Thérèse d’Avila, mais aussi Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, nous propose de « faire oraison », d’entrer dans la « contemplation »… Ils ont déjà balisé le cheminement : voir la « Montée du Carmel » de Jean de la Croix, et le « Château Intérieur » de Thérèse d’Avila… Voyez par exemple le site http://www.carmel.asso.fr/

Chercher à s’appuyer d’abord sur la sensation du corps et la respiration, fait dériver, imperceptiblement, vers une vie spirituelle à l’envers : le corps chemin vers l’âme, la maîtrise du corps vecteur de la progression spirituelle… ! Le résultat est périlleux ; le Christ Jésus, de la place centrale qu’il occupe dans la perspective chrétienne, devient généralement tout-à-fait marginal, au profit de la réalisation de soi…

4. Le yoga peut-il aider à prier ? L’avis du Père Joseph-Marie Verlinde Famille Chrétienne 1249 — 22/12/2001

Yoga, méditation transcendantale, zen — les techniques de méditation orientales sont très séduisantes. Elles constituent de puissants moyens de nous retirer du monde extérieur, désinvolte et changeant, pour nous recentrer sur notre intériorité, dont nous avons tous la nostalgie. Je le sais pour les avoir moi-même pratiquées pendant plusieurs années.

Au départ, la démarche est la même que dans la prière chrétienne : il y a une volonté de rompre avec une vie superficielle, dispersée, très décevante, pour rentrer en soi. Dans les deux cas, il y a une grande soif d’Absolu.

Mais dès le début de ce chemin intérieur, les routes divergent : dans les techniques orientales, il s’agit de rentrer de plus en plus en soi, par ses propres forces, jusqu’à atteindre une sorte de fusion dans le Tout, une sensation d’exister très intense ; dans cette expérience, il n’y a aucune place pour l’autre : je suis de plus en plus centré sur moi et sur moi seul.

Tout au contraire, la prière chrétienne est rencontre de l’Autre, de Dieu qui vient vers moi. Je rentre en moi-même, mais c’est pour me disposer à y recevoir ce que le Seigneur veut me donner.

C’est toute la différence entre une mystique naturelle, qui ne s’appuie que sur des moyens naturels et me laisse seul avec moi-même, et une mystique surnaturelle, qui me tourne vers Dieu, un Dieu personnel qui se donne à moi dans un dialogue d’amour. Dans les techniques orientales, c’est moi qui suis le maître de ma vie intérieure ; dans la prière chrétienne, c’est Dieu : j’accepte de m’en remettre à Lui et de Le laisser me conduire jusqu’à Lui.

De plus, les techniques orientales visent à une dissolution du moi dans le grand Tout, alors que la relation avec le Christ respecte mon altérité : la prière chrétienne est une communion, pas une fusion.

Bien sûr les techniques qui relèvent d’une mystique naturelle — telles que les techniques de méditation orientales — peuvent conduire à des expériences très fortes… mais cela n’a rien à voir avec la paix surnaturelle de l’Esprit Saint.

Le risque est grand de confondre la sérénité produite par certains exercices respiratoires, certaines postures, avec la présence authentique de l’Esprit Saint.

Vous avez dit Yoga ?

Sur cette page, plusieurs articles différents sur l’exercice du Yoga au regard de la foi chrétienne…

Pourquoi le Yoga est une tromperie, par Marie.

Cet article aborde la vraie question que le yoga pose aux chrétiens.

Le yoga unifie la personne, par Claire Lesegretain.

Une double page de La Croix, où la journaliste ne voit pas où serait le problème… En revanche la liste des yogas est intéressante à inventorier.

Nouvel Age — 6. Quelques fortes dérives

L’enfermement en soi-même

Dans le Nouvel Âge, il y a une réaction contre tant de rationalisme, de matérialisme, de technocratie et bien sûr face à la pollution et à la détérioration de l’environnement. Au lieu de chercher une action pour changer tout ce qui ne va pas, tout ce qui est désagréable et inefficace, on promeut un éloignement de ce qui est extérieur pour naviguer dans le monde intérieur, où l’on doit trouver la paix que l’on cherche. Par conséquent, ce n’est pas en faisant un monde meilleur que l’on sera porté à améliorer les choses, mais en faisant de mon monde intérieur l’essentiel de ma vie. Même s’il y a beaucoup d’adeptes qui luttent pour changer le monde dans lequel nous vivons.

Devant un monde qui ne me plaît pas et que je n’aime pas, je vais explorer des alternatives qui me mèneront à un nouveau style de vie intérieure. Que ce soit par le moyen de la méditation, de la prière, de la recherche du vrai moi, en établissant l’harmonie avec la nature devant un beau paysage, tout cela m’amène à me retrouver moi-même en un pèlerinage intérieur où je dois trouver le bonheur auquel j’aspire tant.

Ainsi, il devient beaucoup plus facile de comprendre comment je m’expose à me réfugier dans un égocentrisme dans lequel le monde bouge en fonction de moi-même, de ce que je pense, de ce que je crois, de ce que je ressens, et ainsi de réaffirmer le subjectivisme galopant dans lequel nous vivons.

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Nouvel Age — 5. Les nouveaux paramètres

Développer l’intuition, pas la raison

La nouvelle éducation doit mettre l’accent sur le développement d’une sensibilité intuitive dans laquelle réside la synthèse de notre intelligence pensante, de notre mémoire, de notre créativité et, bien sûr, de tout le monde sensible aux émotions qui repose dans notre corporéité

Il ne s’agit pas de savoir ce en quoi vous pensez ou en quoi vous croyez, mais ce que vous vivez et ce que vous ressentez intuitivement. Eh bien, plus vous aurez de canaux et d’expériences riches, plus vous assimilerez intuitivement tout ce qui a été et continue d’être dans notre essence en tant qu’êtres humains.

L’Âge de la Raison avec ses mentalismes et sa logique reste comme une partie de l’Ère précédente. La connaissance des sciences et de la formation conceptuelle des valeurs et des croyances, fera place à cette nouvelle façon de vivre basée sur le développement de l’intuition immédiate de tout ce qui peut être vécu.

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Nouvel Age — 4. Un avenir harmonieux

Une spiritualité transcendante

Plutôt que de reconnaître que nous sommes des êtres rationnels, ce qui importe pour le Nouvel Âge, c’est le sens de la transcendance spirituelle. Cela implique que nous nous trouvons dans une réalité nouvelle qui est maintenant dictée par notre spiritualité et non par notre raisonnement. Et à cause de cela, il est plus important de se sentir spirituellement partie intégrante de notre nature et de notre société que d’y penser et d’y réfléchir. Il s’agit maintenant de faire partie de toute cette nature unie au surnaturel, que nous ne percevons pas encore, que nous ne connaissons pas, mais qui est là pour ceux qui le cherchent.

L’être humain véritable doit acquérir la conscience de faire partie d’un tout, y compris du surnaturel, et doit aussi ressentir plus que penser. Grandir, c’est assimiler la réalité du surnaturel et l’incorporer dans notre nature corporelle, et ainsi, ajouter que nous sommes possesseurs d’une supraconscience, en plus de celles que Sigmund Freud avait décrites comme le subconscient et inconscient.

Nous sommes dans une ère qui augmente progressivement la spiritualité de l’homme, laissant derrière elle une vision matérialiste et rationaliste de la réalité. Ainsi, dans la nouvelle conscience, nous nous dirigeons vers une société plus instruite, équilibrée et sobre, mais en harmonie avec la nature et la spiritualité cosmique, qui inclut ce qui est nommé l’invisible et le surnaturel.

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Nouvel Age — 3. La conscience

L’éveil de la conscience

On ne parle plus seulement de la bonne ou mauvaise conscience, c’est-à-dire de la conscience morale qui nous fait dire : »J’agis selon ma conscience »; ou de la conscience psychologique par laquelle chacun réalise ce qui se passe. C’est plutôt une connaissance qui, selon le Nouvel Age, est intuitive, intime, intense et indestructible, qui pénètre plus facilement dans les mystères de la réalité de la vie, du monde, du cosmos. Personne ne peut prétendre connaître vraiment les autres êtres et les choses avec seulement la réflexion ou l’enquête intellectuelle, parce que vous ne pouvez plus simplement savoir par le chemin de la raison ; mais s’ajoute maintenant la capacité d’intégrer les émotions, les ressentis, une plus grande capacité de capter et de percevoir le monde dans lequel nous vivons.

Il s’agit de communiquer avec la personne, de capter ce qui lui arrive, d’être avec elle et de pouvoir pénétrer sa subjectivité, son intimité, son essence sans perdre l’objectivité de l’autre et de soi-même. C’est une conscience qui est basée sur le concept de « tu es mon autre moi », relecture de « aimer son prochain, comme soi-même », « ne pas faire aux autres ce que tu ne veux pas qu’on te fasse ».

C’est la conscience qui se développe dans les enfants qui naissent dans ce Nouvel Age du Verseau par les influences directes de la position que le soleil garde maintenant par rapport à la terre. Maintenant, ce sont les enfants indigo, nommés ainsi d’après la couleur de leur aura et décrits comme des enfants hyperactifs ; au fond, ce sont des êtres doués de nouvelles compétences et capacités pour transformer la planète et la conscience de l’humanité vers le nouvel avenir.

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Nouvel Age — 2. Les énergies

L’importance de concevoir l’énergie

L’essentiel est de croire aussi à l’invisible, parce que tout le monde comprend et accepte facilement le visible, et même dans le credo du catholicisme nous parlons de croire au monde visible et invisible. Dans le Nouvel Age, on propose de prendre en compte des énergies qui ne sont pas visibles, ni mesurables et quantifiables ; on oriente vers la compréhension et la manipulation des énergies subtiles qui peuvent soit nous aider à trouver le chemin vers le spirituel ou sacré, soit nous perdre et nous conduire aux extrêmes de la souffrance humaine marquée par le matérialisme et l’attachement aux plaisirs charnels et banals. L’Âge du Verseau suggère un éveil de la conscience qui nous permet de réaliser que nous habitons une planète au sein d’un univers qui vibre sans cesse, et en arrière-plan, de faire circuler une foule de manifestations de Dieu que nos yeux ne voient pas.

Un monde invisible

Des forces puissantes et innombrables sont cachées dans le cœur de nos vies, elles peuvent le déranger comme le pacifier. On découvre que la vie est beaucoup plus que ce que nous voyons et connaissons. Beaucoup de connaissances qui dépassent ce qui est scientifique et technologique, comme des récits du passé, transmis par l’histoire actuelle. Les enseignements ancestraux secrets sont imprégnés d’influences cosmiques et de radiations énergétiques et magnétiques qui proviennent autant du cosmos que de la surface et du centre de la Terre, puisque chacune des énergies subtiles a sa propre vocation, sa propre fonction particulière, son propre rôle. Pour le Nouvel Age ces énergies sont une réalité qui permettra à l’homme d’aujourd’hui d’avancer vers un nouveau style de vie plus harmonieux et équilibré.

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Nouvel Age — 1. Un peu d’histoire

Le Nouvel Âge a certains de ses antécédents dans un passé ancestral, et en même temps, dans des régions géographiquement éloignées. Bien qu’il soit aussi inspiré par des personnages plus contemporains et qu’il soit vécu aujourd’hui dans notre société, le Nouvel Âge remonte à l’époque antique d’autres cultures et civilisations. Il dérive de traditions mystico-ésotériques, cosmogoniques, philosophiques et de visions du monde ancestrales : orientales, occidentales et préhispaniques ; mais il est encore difficile de donner une estimation exacte des influences réciproques. Voyons d’abord ce qui correspond à l’influence de l’Orient.

L’Orient

Un chemin oriental partagé par le bouddhisme et l’hindouisme, le tantrisme, a peu à peu imprégné certaines strates des sociétés occidentales, notamment à travers les ouvrages sur la pratique du yoga. Nous y trouvons des données importantes concernant le Nouvel Âge : les concepts couramment utilisés tels que la conscience, l’énergie, le rôle du corps, un désir de synthèse, une vision optimiste d’un monde qui mène au sacré au divin.

* Aussi vieux que l’Inde, le tantrisme a été admiré par le Maître de Pondichéry, Sri Aurobindo (décédé en 1950). Ce dernier a profondément influencé ses lecteurs, ses disciples et les membres de la communauté d’Auroville dans le sud de l’Inde, où 700 personnes tentent de vivre selon sa vision de l’avenir de l’humanité. Il a annoncé l’avènement d’un nouveau monde : il l’a appelé « un Nouvel Age de l’âme ». Il a écrit : »Nous ne sommes pas faits pour l’aube d’hier, mais pour les midis de demain ». Et il assurait qu’il avait expérimenté une nouvelle force de progrès qui serait désormais à la portée de l’humanité : le supra mental. Ce personnage peut être considéré comme un père ignoré du Nouvel Âge.

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IVI. Invitation à la vie intense

On a beaucoup parlé de la secte IVI dans les années 80-90. On peut considérer la fondatrice comme « précurseure » de certains mélanges énergétiques et religieux du nouvel âge. J’ai rencontré en ce mois de juillet 2018 une personne âgée qui l’avait fréquentée et la tenait en haute estime. Manifestement, elle avait été formatée. Elle en gardait encore les traces dans sa pensée, ses croyances, et le décor de son logement… C’est pourquoi je reproduis ici un texte de la revue Bulles (ADFI) n° 30 (1991), assez synthétique pour donner une vision d’ensemble. Ce texte se trouve par ailleurs sur le site prevensectes.com.

Historique

Yvonne Trubert, fondatrice de l’association  » Invitation à la Vie «  (IVI), est née le 23 octobre 1932 à Laurenan, près de Merdrignac (22300), dans les Côtes d’Armor.

De sa terre natale où fleurissent les guérisseurs, elle dit avoir hérité d’un don de guérison. Après avoir fréquenté, à Paris, des guérisseurs, des magnétiseurs et vraisemblablement un milieu ésotérique, elle soigne ou  » guérit «  une foule impressionnante de malades physiques ou psychiques, à son domicile.

Dans les années 1980, Yvonne Trubert prodigue ses soins à des familles catholiques et bourgeoises qui sont émerveillées de  » sa foi «  et de son  » pouvoir surnaturel «  car c’est par la prière uniquement qu’Yvonne Trubert affirme guérir toutes les maladies. Des groupes de prières s’organisent, se structurent et le 16 mars 1983 est fondée une association légale (1901) déclarée sous le nom d’ » Invitation à la Vie «  et plus couramment  » IVI « .


Doctrine

Le groupe IVI est articulé autour de trois axes majeurs : un axe religieux (prier), un axe humanitaire et social (aimer), et un axe médical (guérir).

Dépositaire d’une mission divine,  » c’est une ouvre divine et nul ne m’empêchera de l’accomplir «  (séminaire de Cros, juin 1984), Y. Trubert dispense un enseignement religieux, qui en fait est constitué par un curieux amalgame de théories empruntées au christianisme, à l’hindouisme, à l’ésotérisme et à la bioénergie. Le Dieu des Chrétiens est confondu avec l’énergie cosmique, de même que la Trinité est assimilée aux Triades égyptiennes. La réincarnation est l’un des dogmes principaux : en 1984, Yvonne Trubert avait annoncé à ses adeptes qu’ils seraient 5.000 puisqu’ils étaient la réincarnation des 5.000 qui avaient suivi le Christ. Mieux, les douze principaux responsables d’IVI sont la réincarnation des douze apôtres. Quant à Yvonne Trubert, elle est considérée comme la réincarnation soit de la Vierge, soit du Christ ou du Paraclet. Parmi les nombreux charismes reçus par Yvonne et transmis par elle à ses disciples, se trouve le don de  » chasser les démons «  qui infestent la planète, et le don de la prière : une vibration cosmique, par laquelle on guérit toutes les maladies. Cet enseignement qui s’appuie sur des textes de la Bible habilement manipulés, tronqués, attire beaucoup de catholiques, d’autant plus qu’ils sont invités à participer à de nombreux pèlerinages dans des sanctuaires catholiques.

Quant à l’enseignement médical, il procède du même syncrétisme ou confusionnisme. Y sont mélangées les théories de la médecine chinoise ou hindoue, les thérapies des médecines douces ou parallèles avec les exorcismes et les guérisons miraculeuses. L’enseignement médical, consigné dans le livre  » Homme nouveau – Nouvelle médecine «  est simple et radical :  » Il n’y a pas de maladies inguérissables « . Non seulement le zona, les brûlures, l’asthme, l’eczéma  » sont simples à guérir « , mais les maladies organiques les plus graves comme le sida ou les cancers sont entièrement guérissables. Inutile de recourir à la médecine traditionnelle. La méthode des harmonisations mise au point par IVI est infaillible :  » On arrive totalement à irriguer et à détruire la maladie, le processus de la maladie. Les métastases s’envoleront sous vos doigts. Vous pensez bien qu’une chimiothérapie ne remettra pas d’ordre, au contraire, les rayons X pas davantage. Les cellules renaîtront si vous vous travaillez (= harmonisez), il suffit de prier et le miracle se fait. Où la médecine dit  » inguérissable « , ne le jamais pour dit, il n’y a pas de maladies inguérissables « .

Cet enseignement religioso-médical met à la disposition des membres d’IVI trois clés :

  • la prière, la première clé  » qui permet de communiquer avec le Créateur  » ;
  • l’harmonisation, la deuxième clé  » qui redonne à notre corps, à ce temple vivant, l’harmonie dont il a besoin pour effectuer l’ouvre que Dieu lui demande de réaliser sur cette terre  » ;
  • les vibrations, la troisième et nouvelle clé, offerte à l’homme par IVI  » pour relier la terre matière du monde de l’invisible. Les vibrations, qui doivent s’effectuer à plusieurs, sont des secousses cosmiques qui permettent d’échapper aux lois fondamentales terrestres, à tout notre environnement et qui nous entraînent dans des mondes que nous ne connaissons pas encore, projetant notre corps dans le monde de l’invisible . La vibration commence par la prière. En vibrant, nous harmonisons «  (Yvonne Trubert, Le Livre d’IVI n° 69, p 4/6).

Organisation

Structure du mouvement

Le mouvement est constitué :

  • du groupe de base auquel appartient chaque membre d’IVI qui se réunit chaque semaine pour une soirée de prière ;
  • de la maison qui se compose de douze groupes, dont quatre en formation, quatre en maturation, quatre de province ;
  • de la triade qui regroupe trois ou quatre  » groupes de base «  ayant achevé leur initiation.

L’initiation s’effectue sur une période de dix huit mois, en deux cycles :

  • un cycle de formation de neuf mois, comprenant la participation obligatoire à un  » séminaire initiatique « , à Cros, dans le Gard ;
  • un cycle de maturation, de neuf mois également.

Initiation et maturation sont assurées très sérieusement par des responsables de base, des animateurs, des coordinateurs itinérants, des chefs de maison

Les missions

On appelle ainsi la structure qui a pour  » mission de réfléchir aux sept raisons d’être d’IVI et à son évolution « . Ces  » missions  » sont donc au nombre de sept : missions  » ouvrir « ,  » écouter « ,  » enseigner « ,  » harmoniser « ,  » écrire « ,  » relier « ,  » découvrir « , elles sont les  » clés de voûte «  du mouvement et ont à leur tête  » les responsables de mission « .

Les maisons

Les maisons ont été créées pour répondre aux besoins culturels, médicaux des membres d’IVI :

  • la maison des Arts regroupe les artistes de différentes disciplines: comédie, théâtre, arts plastiques, musique, mouvement,
  • la maison de I’Éducation accueille les personnes d’IVI appartenant à l’enseignement public ou privé,
  • la maison de la Santé rassemble les Ivistes exerçant une profession médicale ou para-médicale, scientifique et organise des ateliers : toxicomanie, monde hospitalier, psychologie, orthophonie, kinésithérapie, ostéopathie, étiopathie, médecine, dentisterie, phytothérapie, technique relaxante, hygiène de vie, nutrition.


L’agence de voyage

L’agence Événement-Itinéraires qui organise les voyages-pèlerinages.



Implantation

Le mouvement IVI rassemble environ 7.000 adhérents.

En France, il existe pratiquement dans tous les départements. Il est également implanté en Europe : Allemagne, Italie, Espagne, Grèce, Belgique, Suisse, Angleterre, Pays-Bas. On le trouve en Amérique Latine : Brésil, Colombie, Mexique, en Équateur, aux États-Unis, au Canada, en Océanie: Australie, Nouvelle Calédonie, Nouvelle Zélande, Tahiti, Papeete, en Asie: Thaïlande, Japon, en Afrique : Centre Afrique, Niger, Gabon, Guinée, Afrique du Sud, dans les territoires d’outremer…

Les adeptes d’IVI se recrutent, pour la plus grande partie, dans un milieu socialement aisé. Dans l’émission d’Antenne 2 consacrée à IVI, René Lemaire énumérait les vedettes du show-biz, des diplomates, des cadres de grandes entreprises, des grands noms des médias, des officiers de haut rang et même certaines personnalités politiques, etc…


Activités

Les membres d’IVI sont conviés à participer à de nombreuses activités religieuses, humanitaires, sociales, médicales :

  • le groupe de prière (réunion hebdomadaire),
  • les séances d’harmonisation (fréquence variable: parfois trois par semaine, sinon davantage),
  • les séances de vibrations (au minimum une par semaine),
  • les pèlerinages: environ douze par an. Ces pèlerinages se rendent la plupart du temps dans des sanctuaires catholiques, soit en France (Chartres, Lisieux, le Mont Saint-Michel, Rouen, Reims, Pontmain, la Salette, Lourdes, la Sainte-Baume, le Mont Sainte-Odile, les Saintes Maries de la Mer, etc., soit à l’étranger (Espagne, Rome, Grèce, Terre Sainte, Égypte, Mexique, Turquie, Écosse, Union Soviétique, Pologne, Scandinavie, Pérou, Bolivie, Colombie, Canada, Belgique, Hollande, etc,
  • les conférences d’Yvonne Trubert,
  • les fêtes annuelles Juin et le 15 Août),
  • les visites dans les hôpitaux (pour harmoniser), parfois les prisons,
  • les centres de soins, les antennes,
  • les réunions des différentes maisons ou missions (arts, éducation, santé)


Finances

Les ressources de l’association proviennent évidemment des cotisations annuelles, des versements mensuels, de l’abonnement à la revue, mais surtout des honoraires verses pour les harmonisations, des bénéfices de l’agence de voyages – pèlerinages et de subventions très généreuses de membres fortunés d’IVI. Des contrôles fiscaux ont été effectués qui ont donné lieu à des redressements.


Qu’y a-t-il de répréhensible ?

Que peut-on reprocher à un mouvement dont la mission est de prier, d’aimer et de guérir ? N’a-t-on pas le devoir de respecter la liberté de pensée, la liberté religieuse ?

Ce qu’il convient de dénoncer, c’est l’escroquerie intellectuelle que véhicule l’enseignement religieux et médical. Faire croire aux catholiques qu’IVI est en parfait accord avec la foi et l’Église catholique, alors que l’épiscopat a clairement  » mis en garde les catholiques contre les thèses réductrices et destructrices de la foi « , est une duperie inadmissible (Mise en garde de l’épiscopat, 12 février 1987).

Quant à l’enseignement médical et aux pratiques qui en découlent, il va sans dire que de nombreuses familles à qui l’on avait promis une guérison assurée par le seul exercice de l’harmonisation et de la prière, sans recourir à la médecine ou à une médication, n’en ont jamais constaté la réalisation et s’interrogent sur l’exercice illégal de la médecine pratiqué par les responsables et les membres d’IVI. D’ailleurs, ces théories et pratiques ont encouru la réprobation de membres du corps médical qui ont dénoncé  » la pauvreté exemplaire «  de cet enseignement médical ainsi que  » le manque de sérieux dans l’exposé, l’absence de logique et le caractère mensonger des affirmations proposées, bref une tromperie dangereuse et répréhensible « .

Enfin, l’on reste stupéfait, pour ne pas dire scandalisé, de constater le laxisme et la permissivité qui règnent dans un groupe qui se veut aussi pieux, ainsi que le nombre croissant des séparations et des divorces. Il est vrai qu’à IVI, la doctrine vient aisément au secours de la morale en perdition. Selon la théorie de la Réincarnation, les échecs conjugaux ou familiaux sont le fait de rencontres karmiques, c’est-à-dire la rencontre avec des personnes qui se sont réincarnées (et devront encore se réincarner plusieurs fois) pour expier leurs dettes karmiques (leurs péchés commis dans des vies antérieures). Mais qu’à cela ne tienne : dans le groupe IVI on retrouve facilement  » l’âme-soeur «  et si quelques naissances illégitimes surviennent, elles sont considérées comme  » providentielles « . Tant d’âmes, en effet, errent à la recherche d’un corps pour pouvoir se réincarner.  » Donnez des corps à ces pauvres âmes ! « .