Ostéopathie

1. Historique

Andrew Taylor Still (1828-1917) est le fondateur de l’ostéopathie. Dans son enfance, il accompagnait son père qui était pasteur méthodiste et rebouteux. Il observait les manipulations empiriques que son père pratiquait. Andrew n’avait pas fait d’études médicales, mais il avait le sens de l’observation : il s’amusait à disséquer des écureuils pour comprendre le fonctionnement de leur squelette.

En 1861, quand débuta la guerre de sécession, Still fut recruté dans l’armée de l’Union et pratiqua une médecine d’urgence, avec les moyens du bord. Ce fut à partir de ces nombreuses observations et expérimentations qu’il mit peu à peu en place une théorie et une pratique. Il pensait que tout déplacement articulaire, même minime, nommé subluxation, peut entraîner des troubles fonctionnels et même des pathologies avérées. Still créa le concept d’ostéopathie en 1855 avec ce postulat : « la structure gouverne la fonction ».

2. Trois concepts fondent l’ostéopathie

* L’être humain est un tout psycho-somato-spirituel. Toute lésion à un endroit du corps peut avoir des répercussions à n’importe quel autre endroit du corps.
* L’être humain possède en lui toutes les capacités à l’auto guérison. L’ostéopathie ne fait que stimuler ces facultés d’auto guérison.
* La fonction dépend de la structure. Si les structures ostéo-myo-articulaires empêchent une bonne vascularisation, il peut s’en suivre une limitation du mouvement ou une immobilisation entraînant l’enraidissement de l’articulation et des tissus péri-articulaires.

Still fonde en 1892 son école : the American school of osteopathie à Kiksvillen dans le Missouri. Un de ses élèves, John Martin Little John, fonde en 1917 la première école d’ostéopathie en Angleterre. Toutes les écoles d’ostéopathie en Europe, quelles que soient leurs divergences, se recommandent de ces fondateurs.

3. Domaine où l’ostéopathie prétend pouvoir intervenir

L’ostéopathie s’est beaucoup diversifiée et prétend pouvoir apporter sa contribution spécifique dans presque tous les domaines de la médecine.
Ainsi, l’ostéopathie se veut intervenir pour les pathologies congénitales, néo-natales, orthopédiques, rhumatismales, traumatiques, neurologiques, psychiatriques, gastro-entérologiques, les pathologies de la sphère uro-génitale, de la sphère ORL, de la sphère broncho pulmonaire…

4. Reconnaissance légale en France

Ce n’est que récemment que l’ostéopathie a été reconnue par le gouvernement français. En voici la définition :

« l’ostéopathie et la chiropraxie constituent un ensemble de pratiques manuelles ayant pour but d’identifier les dysfonctionnements de mobilité du corps et d’y remédier par des techniques appropriées ».

5. Enseignement

Pour les médecins et les kinésithérapeutes, la formation en enseignement théorique et pratique est d’environ 1 200 heures. Pour le titulaire du baccalauréat, elle est de 2 660 heures, soit trois ans d’études.

Depuis septembre 2007, 33 écoles ont été autorisées en France à former et à délivrer un diplôme d’ostéopathie. Dans quelque temps, il s’en trouvera une quarantaine. Ces écoles privées recrutent des élèves ayant le bac et pouvant payer une scolarité coûteuse. Chaque année, 2 000 ostéopathes obtiendront leur diplôme d’ostéopathie (DO). Il n’y aura pas assez de travail pour tout le monde. À titre de comparaison, il y a 40 000 dentistes en exercice en France, avec 1 000 dentistes formés chaque année. Cette multiplication à venir des ostéopathes n’est pas sans poser de sérieuses questions quant à leur volonté d’élargir leur domaine de compétence et de compléter leurs pratiques par des méthodes de moins en moins contrôlables.

L’académie de médecine n’a toujours pas validé l’ostéopathie, émettant périodiquement de sérieuses réserves car aucune étude scientifique sérieuse n’a encore prouvé son efficacité. Cependant, de plus en plus de personnes ont recours à ce type de soins et disent trouver un mieux-être, un arrêt des douleurs, une amélioration de leur mobilité.

5. Il existe plusieurs formes d’ostéopathie

A. L’ostéopathie structurale
L’ostéopathie structurale recouvre toutes les techniques de « reboutage » qui, au fur et à mesure de la pratique et de l’observation, ont donné lieu à des protocoles de manipulations manuelles (parfois différents selon les écoles). Ce sont des gestes secs et précis qui permettent de remettre des vertèbres ou d’autres os qui auraient été déplacés légèrement (subluxation). Ces manipulations peuvent être audibles. On entend un léger craquement. Elles permettent, lorsqu’elles sont bien faites et à bon escient, de récupérer la mobilité des articulations et de faire cesser ou atténuer la douleur.
Un bon praticien va d’abord masser pour détendre les muscles et favoriser la circulation, permettre au patient de trouver un climat de confiance et de relaxation, avant d’opérer le geste sec et précis qui permet la libération de ou des articulations ou des zones douloureuses et coincées.

B. L’ostéopathie fonctionnelle
L’ostéopathe par des gestes précis et doux, amplifie le mouvement de l’articulation en souffrance dans le sens de la non-douleur. Cela permet ensuite une correction douce et spontanée. Les techniques sont dites « directes » quand elles agissent directement sur les os contigus à l’articulation. Elles sont dites indirectes quand elles utilisent un bras de levier.

C. L’ostéopathie viscérale
L’ostéopathie viscérale s’occupe de la « renormalisation » des mouvements des organes internes ou des viscères (foie, estomac, intestins, poumons, utérus) qui seraient perturbés dans leur mobilité. Des tests et des manipulations très douces aident à la recherche des tensions anormales des fascias et ligaments qui suspendent et stabilisent les viscères à l’appareil locomoteur. Pour l’ostéopathie viscérale, il existe un mouvement global ainsi qu’un mouvement propre à chacun des organes internes.

D. L’ostéopathie crânienne
C’est Sutherland (1873-1954) qui, le premier, décrit un déplacement des os du crâne perceptible à une palpation très affinée.
Pour les ostéopathes crâniens, toute diminution, altération ou cessation de la mobilité des os du crâne, peut entraîner des perturbations dans tout le corps. La mobilité des os du crâne serait liée au mouvement respiratoire primaire (MRP), mouvement involontaire dû
– au mouvement du cerveau lui-même dans la boîte crânienne,
– au mouvement du liquide céphalo-rachidien,
– aux tensions réciproques des membranes crâniennes et rachidiennes.
Ces mouvements minimes entraîneraient des mouvements très subtils, mais perceptibles, des os du crâne et du sacrum, et même de tout le corps. En percevant et en accompagnant les zones de blocage et de diminution de mouvement, l’ostéopathe crânien est censé ré-harmoniser les tensions et les disfonctionnements de toutes les articulations et donc procurer un effet bénéfique sur tout l’organisme.

E. L’ostéopathie fluidique est encore plus subtile
L’ostéopathe entre dans l’intimité des mouvements crâniens ou des tissus des organes, des viscères. Attentif au mouvement respiratoire primaire, il va l’accompagner pour aider le corps à s’harmoniser par lui-même.
L’ostéopathie crânienne et fluidique s’intéresse beaucoup à la symphyse sphéno-basilaire, c’est-à-dire au point de jonction entre la base de l’occiput et le sphénoïde.

Prenons connaissance de ce qu’en dit Yves Guillard, dans son livre « L’ostéopathie en douceur » :

« Pendant ses études d’ostéopathie, le praticien apprend à tester les mouvements de la symphyse sphéno-basilaire… Ce test demande bien sûr une grande finesse car il faut « rentrer dans l’inertie des tissus » pour pouvoir les mobiliser. Mais il y a possibilité d’aller encore plus loin : au lieu de chercher à faire bouger le crâne dans le sens du test, il suffit d’imaginer simplement ce mouvement. Et oh surprise ! Le mouvement se fait alors tout seul, mais il est devenu beaucoup plus précis.

Cette capacité d’induire des mouvements extrêmement fins par la pensée est bien connue et elle est utilisée dans d’autres disciplines que l’ostéopathie. Mais elle ouvre la porte à une approche ostéopathique raffinée, agréable, pour le patient comme pour le thérapeute et d’une remarquable efficacité ».

L’ostéopathie, comme beaucoup d’autres thérapies manuelles lorsqu’elles sont pratiquées par des personnes bien formées compétentes et honnêtes, peut permettre un réel soulagement dans de nombreuses pathologies dites fonctionnelles : c’est-à-dire quand la fonction de l’articulation des tissus, des organes ou des viscères, est perturbée. Elle est par contre impuissante quand il s’agit de lésions avérées concernant la structure, notamment les cancers, les maladies dégénératives, héréditaires, ou les traumatismes lésant irrémédiablement telle ou telle partie du corps.

Un même thérapeute peut, en un premier temps, procéder à des approches pertinentes, efficaces et saines. En un deuxième temps, une autre pratique peut s’insinuer insidieusement, moins rationnelle, moins objectivable, qui s’apparente d’avantage au magnétisme ou à la médiumnité. Il ne s’agit pas de dénoncer l’osthéopathie ! Il s’agit d’ailleurs ici de l’osthéopathie fluidique, une branche particulière. Ainsi, Yves Guillard, déjà cité, donne ce témoignage à propos de la qualité de ce toucher hyper léger que l’ostéopathe peut acquérir :

« Peu à peu j’ai allégé mon toucher, ne cherchant plus qu’à induire les mouvements recherchés. Et à ma grande surprise, la sensation est devenue de plus en plus évidente, jusqu’au moment où je me suis rendu compte que mes mains n’étaient plus du tout en contact, mais nous entrons là dans un autre domaine… ».

C’est précisément « ce domaine » qui à la fois doit être l’objet d’une analyse critique sur le plan thérapeutique comme du discernement sur le plan spirituel.

Pour lors, redonnons la parole à Yves Guillard :

« Une autre expérience m’a également marqué et amusé : j’ai eu la chance de travailler pendant deux jours avec un magnétiseur. Cela nous a amené à faire ensemble plusieurs constatations. Nous trouvions à peu près les mêmes zones de lésion, lui en cherchant les régions chaudes et froides, et moi en testant la mobilité des différents diaphragmes. Quand je posais mes mains sur une partie quelconque du corps de mon patient et que mon ami travaillait sur une autre zone, je sentais immédiatement entre mes mains les modifications apportées par son action. Inversement, il ressentait aussitôt toutes les modifications que je pouvais apporter chez le patient. »

La suggestion de l’opérateur peut provoquer concrètement ce qu’il imagine. Pour preuve, voici le témoignage d’un kinésithérapeute en formation d’ostéopathie. Lors d’un exercice, il devait percevoir le mouvement respiratoire primaire crânien. Pour ce faire, il faut poser très délicatement les mains sur le crâne du patient et percevoir les mouvements dans une attitude de grande réceptivité ; cette perception nécessite un climat de relaxation important du thérapeute comme du patient. Dans le témoignage relevé, quelques minutes après le commencement de l’exercice, le patient a déclaré qu’il ressentait des maux de tête dans la région frontale. Le kinésithérapeute a réalisé qu’il était alors en train de rêver : il était au bord de la mer et des vagues venaient se fracasser sur des rochers. Cette expérience a été très troublante pour lui. Son rêve éveillé qu’il n’avait pas contrôlé, avait eu cet effet que lui a révélé le patient. Cela l’a incité à abandonner ce genre de pratique.

Bertran Chaudet

Le corps et le Nouvel Age

Le Nouvel Age, ensemble de réseaux fluides, se présente comme un nouveau paradigme, une nouvelle spiritualité. Aujourd’hui, on ne parle plus beaucoup de Nouvel Age ou de New-Age, mais cette manière d’être et de penser imprègne et influence tous les domaines de notre société :

Le monde de la santé, de l’éducation, du développement personnel, de l’entreprise et de ses méthodes de management, du commerce et de ses performances de persuasion de la clientèle, de l’écologie, de l’agriculture biodynamique, de l’économie positive, de la politique et de certains de ses réseaux, de la culture (avec ses films à audience planétaire, en direction des enfants, des ados et des adultes, ses jeux vidéo, ses musiques), de la mode, du social…

Ces influences sont de plus en plus difficiles à déceler, tant elles imbibent nos existences ; nous y adhérons parfois, sans même nous en rendre compte. Certaines d’entre elles s’inscrivent à l’opposé de la révélation chrétienne.

Le Nouvel Age mange à tous les râteliers

En effet, depuis le XVIIIe siècle, avec une croissance importante à la fin du XIXe siècle, les influences des mouvements théosophiques, maçonniques, et rose-croix, et de leurs enseignements ésotériques, la croissance du spiritisme et de l’occultisme, de la magie, de la kabbale, de l’alchimie et de l’astrologie, du druidisme, du chamanisme, du mouvement Wicca[1], du bouddhisme tibétain, du zen, du yoga, vont poser les fondements mouvants et hétéroclites du Nouvel Âge.

Helena Blavastky, médium russe, maçonne, qui fonda en 1870 la Société Théosophique en est une des figures emblématiques. Elle tentera de faire coïncider les spiritualités orientales et leurs anthropologies avec les doctrines ésotériques et les pratiques occultes des sociétés secrètes occidentales. Annie Besant lui succédera, et Rudolf Steiner se séparera de cette mouvance, sans en renier les fondements ésotériques et occultes, en tentant une synthèse entre un christianisme gnostique et les doctrines orientales, notamment de la réincarnation.

Carl Gustav Jung fait lui aussi référence : « Jung n’a pas seulement psychologisé l’ésotérisme, mais il a aussi sacralisé le psychologique en le chargeant des contenus de la spéculation ésotérique. Il en a résulté un corps de théories qui permettent aux hommes de parler de Dieu en désignant en fait leur propre psyché, et de leur propre psyché en désignant la divinité. »[2] Pour lui Dieu est l’énergie vitale de la personne. Cette confusion entre le psychologique et le spirituel, entre la nature et la grâce, va être le fondement même du Mouvement de Développement du Potentiel Humain, né à l’Institut Esalen, en Californie, origine de bien des dérives. Esalen demeure le Centre du rayonnement de la Méditation de Pleine Conscience, de l’ennéagramme et des réseaux Gurdjieff. Le psycho spirituel est entré dans l’Église par l’intermédiaire de communautés nouvelles et maintenant toutes les familles spirituelles chrétiennes sont peu ou prou touchées par le phénomène.

La psychologie transpersonnelle, née de cette confusion entre psychologique et spirituel, a été pointée par ce document de l’Église catholique en 2003 qui garde toute sa pertinence et son actualité : « La psychologie transpersonnelle, fortement influencée par les religions orientales et par Jung, propose un parcours contemplatif où la science et le mysticisme se rencontrent. L’accent mis sur la corporéité, la recherche de techniques d’élargissement de la conscience et l’intérêt porté aux mythes de l’inconscient collectif étaient autant d’indications à rechercher le « Dieu intérieur » en soi. Pour réaliser son potentiel, l’homme devait dépasser son ego et devenir le dieu qu’il est au fond de lui-même. Pour cela, il fallait choisir la thérapie appropriée : méditation, expériences parapsychologiques, recours aux drogues hallucinogènes. Tous ces moyens devaient permettre de réaliser des expériences « ultimes » ou « mystiques », de fusion avec Dieu ou avec le cosmos. »[3]

Ce texte est le seul document officiel de l’Église catholique qui parle avec autant de netteté et de connaissance avisée, de ce phénomène de société. Il se réfère au livre d’entretien de Jean-Paul II, Entrez dans l’espérance, qui met en garde contre « la question de la renaissance de certaines traditions du gnosticisme antique dans ce que l’on appelle aujourd’hui le New-Age. Il est impossible de se laisser bercer par l’illusion que ce retour de la gnose préluderait à un renouveau de la religion. Il s’agit tout simplement d’un renouveau de la version moderne d’une attitude spirituelle qui, au nom d’une prétendue connaissance supérieure de Dieu, finit par rejeter définitivement sa Parole en la remplaçant par des paroles toutes humaines. La gnose n’a jamais disparu du champ du christianisme. Elle a toujours cohabité avec lui, parfois en tant que courant philosophique, plus souvent sous des formes religieuses ou parareligieuses, en opposition nette, même si elle n’est pas explicite, avec l’essentiel du christianisme. » [4]

Anthropologie du New-Age

Il serait erroné de proposer une synthèse de l’anthropologie du Nouvel Âge tant elle est disparate. En effet, sous une apparente ouverture à toutes les cultures et à toutes les religions, tous les concepts même les plus contradictoires sont acceptés avec une bienveillance de façade. Les adeptes du Nouvel Âge arborent souvent une suave et douce condescendance qui cache leur vive hostilité à l’égard de ceux qui croient encore à des dogmes, surtout s’ils sont catholiques. Il est cependant possible de dégager quelques points saillants dans cette nébuleuse.

L’énergie

Kundalini, prana en Inde, aura, chi ou qi, en Chine, ki au japon reviennent fréquemment dans les discours pseudoscientifiques du Nouvel Âge. Ces termes évoqueraient une substance invisible en lien avec la déité ou le divin dont la définition reste floue, inquantifiable et invérifiable. En physique, l’énergie est une notion précisément définie selon sa catégorie, quantifiable et mesurable. Ici nous ne savons pas réellement ce dont il est question. Le Dieu du Nouvel Âge est une énergie impersonnelle, une force vitale ou âme du monde.

Déjà dans le stoïcisme, philosophie grecque née au troisième siècle avant Jésus-Christ, il était question de l’âme du monde. « On retrouve cette conception de l’âme du monde dans le stoïcisme où le Logos, âme du monde, est également qualifié « d’Esprit. » [5] Conception moniste du monde, c’est-à-dire sans distinction entre un Dieu Créateur et la création. Dans le monisme tout est un. Ce concept est repris dans le Nouvel Âge. C’est chez Jamblique (242-325), dans ses textes De mysteriis que l’on trouve la notion d’énergie liée aux rites et pratiques divinatoires connus sous le nom de « théurgie ».[6] Les idées des néo-platoniciens seront condamnées par saint Justin. Mais cette philosophie sert de références aux intellectuels néo gnostiques du Nouvel Âge.

Selon la Foundation for Hollistic Spirituality, la définition de la spiritualité devient : « Connexion humaine naturelle avec le merveilleux et l’énergie de la nature, du cosmos et de toute l’existence, ainsi que l’instinct d’explorer et de comprendre sa signification. »

Par ailleurs, le Nouvel Âge a voulu récupérer la physique quantique pour se donner un vernis scientifique. Aucun physicien quantique ne peut se reconnaître dans cette assimilation erronée et cette usurpation de termes. Les catégories et l’objet des énergies dites spirituelles du Nouvel Âge n’ont rien à voir avec la mécanique quantique qui appartient au domaine de la physique.

Quelques écrivains s’inscrivant dans cette tendance

Paulo Coelho, auteur prolifique de nombreux romans et chantre de ces perspectives du Nouvel Âge, écrit dans L’Alchimiste, livre qui a connu un succès international. (Ce livre a souvent été offert à des enfants faisant leur profession de Foi, alors que nous sommes là, précisément à l’inverse d’une profession de Foi catholique) :

« L’Âme du Monde se nourrit du bonheur des gens. Ou de leur malheur, de l’envie, de la jalousie. Accomplir sa légende personnelle est la seule obligation des hommes. Tout n’est qu’une seule chose. Et quand tu veux quelque chose, tout l’univers conspire à te permettre de réaliser ce désir. »[7]

C’est une conception moniste qui voit dieu en toute chose sans distinction entre nature et divinité.

« Il commença à comprendre que les pressentiments étaient de rapides plongées de l’âme dans ce courant universel de vie, au sein duquel l’histoire de tous les hommes se trouve liée de façon à ne faire qu’un : de sorte que nous pouvons tout savoir, parce que c’est écrit. »[8]

« Et le jeune homme se plongea dans l’Âme du Monde et vit que l’Âme du Monde faisait partie de l’Âme de Dieu et vit que l’Âme de Dieu était sa propre âme. »[9]

Dans le Pèlerin de Compostelle, roman initiatique gnostique, Coelho s’inscrit dans des inversions permanentes quant à la Révélation chrétienne. Il ne s’agit donc pas d’un pèlerinage chrétien de conversion intérieure pour rencontrer le Christ.

L’énergie divinisée est présente en toute chose, du vulgaire caillou jusqu’aux sphères célestes, du brin d’herbe jusqu’au baobab, du chétif insecte jusqu’au grand savant. Cette énergie est conscience universelle ou Âme du Monde. C’est de fait un retour au panthéisme, si ce n’est au paganisme.

Frédéric Lenoir, ancien directeur du Monde des religions, continue de surfer sur cette vague de consensus mou, sans dogme. C’est l’auteur français contemporain qui a vendu le plus de livres, invité permanent des plateaux télévision en tant qu’expert des religions et de la spiritualité. Dans son livre L’Âme du monde, qui se veut être « un conte initiatique lumineux qui touche le cœur autant que l’intelligence » (selon ce que dit en toute simplicité la quatrième de couverture) nous sommes encore dans ces perspectives aussi holistiques que floues : « Mais pour bien marquer le caractère universel de cet enseignement, nous ne citerons pas de nom, ni les sources qui nous inspirent. Afin d’éviter toute référence explicite à ce que certains d’entre nous nomment « Dieu », d’autres le « Dharma », d’autres encore « le divin », « le Tao » ou « l’Absolu », nous nous sommes entendus pour utiliser une seule expression : « l’Âme du monde ».[10]

« Cette reliance au divin nourrit et fortifie l’âme des croyants, plus que tout rituel ou acte religieux extérieurs… La prière peut aussi rester un « cœur à cœur » silencieux dans lequel l’homme savoure l’amour qui émane de l’Âme du monde, quel que soit le nom qu’il lui donne… Toute parole, toute pensée, tout regard adressé à la force mystérieuse qui anime l’univers nous relient à l’Âme du monde et portent ses fruits. »[11]

Il n’est pas question d’un Dieu personnel, créateur et sauveur de l’humanité tel que le professe la Révélation chrétienne.

« Et la force de nos croyances ira jusqu’à produire des évènements qui les confirmeront. »[12]

Ce pourrait être une définition de la pensée magique que l’on retrouve chez Laurent Gounelle.

Laurent Gounelle, dans l’ensemble de ses livres parle beaucoup de spiritualité. Ces livres se vendent très bien, ils ne cessent de tourner autour de la même idée, placée sur la une de son livre L’homme qui voulait être heureux : « Ce que l’on croit peut devenir réalité ». Gounelle, comme Coelho comme Lenoir et bien d’autres, pense qu’il faut savoir dépasser toutes les croyances religieuses particulières, parce qu’elles seraient l’expression d’une même réalité intérieure, dont il faudrait se détacher de la forme extérieure. Par conséquent il faut choisir celle qui nous convient le mieux, ou plutôt adhérer à ce qui marche le mieux et se situer en surplomb. C’est une des perspectives des Franc-maçonneries et autres associations initiatiques. C’est aussi une des professions de foi du Nouvel Âge…

Nous sommes en pleine pensée positive, cette conviction que l’on peut changer le réel en modifiant ses attitudes mentales, en pleine pensée magique également, où la force du symbole fait entrer dans une vision initiatique qui changerait la perception du réel, et serait capable de le transformer.

Les adeptes des thérapies énergétiques croient que les pensées, les sentiments, les émotions causent des vibrations dans le corps physique, sans support matériel. S’il est vrai que le stress, la fatigue, une mauvaise hygiène de vie minent le système immunitaire, et que la bonne humeur est un gage de bon fonctionnement psycho corporel, aucune démonstration scientifique n’a avalisé que le mental pouvait agir sans substrat physique sur le corps. Faut-il alors intégrer l’idée qu’un monde des esprits existe, se manifeste et puisse être instrumentalisé dans certaines circonstances ?

Les disciplines énergétiques prétendent agir sur des bases vibratoires non encore objectivées, en accordant les fréquences entre le mental et le corps à l’aide de cristaux, d’eaux, de médailles, de grigris, de couleurs, de sons, de lumières. Ici l’imagination des thérapeutes ou des gourous est sans limites.

Quelques thérapies s’inscrivant dans cette tendance

Les fleurs de Bach illustrent cette croyance en l’énergie ou en l’esprit des plantes. C’est au cours d’une initiation chamanique que le Dr Édouard Bach (1886-1936), ancien médecin homéopathe, dit avoir reçu une révélation, lui indiquant le nom de trente-huit plantes dotées de vertus thérapeutiques particulières, rééquilibrant l’esprit ou soulageant des perturbations psychiques ou physiques. C’est le transfert des forces spirituelles contenues dans les fleurs, récoltées à l’état sauvage, qui permettrait cette harmonisation. À part le Cognac contenu dans ces préparations, aucune substance active n’est décelable à l’examen chimique. Aujourd’hui, de nombreuses autres fleurs sont sur le marché dont certaines sont censées influer sur la conscience et permettraient d’ouvrir à la médiumnité. Certains proposent même de charger positivement ces essences de plantes par la méditation et la transmission de pensée. Selon ces perspectives, la force de la pensée donnerait une énergie positive et réparatrice à « l’esprit » de la plante.

L’homéopathie, procède de manière similaire, car dans les hautes dilutions à partir de 7CH, il est quasi impossible de déceler une seule molécule active dans les gélules. Selon les homéopathes, une substance extrêmement diluée peut soigner les symptômes de maladie qu’elle susciterait chez la personne en bonne santé. L’homéopathie, forme de médecine énergétique, affirme agir sur la force vitale du corps pour favoriser sa guérison émotionnelle et physique. À ce jour cette force vitale en tant que telle n’a jamais été démontrée scientifiquement, les effets placebo eux l’ont été. Le Dr Samuel Hahnemann (1755-1843), prétend avoir expérimenté sur lui tous les traitements homéopathiques. Certains ont des effets toxiques ou préjudiciables à haute dose comme nux vomica, qui comme son nom l’indique fait vomir lorsque l’on ingère la noix vomique concentrée, et empêcherait vomissement ou sensation de nausée en haute dilution. D’autres médications sont d’ordre purement symbolique, comme oscillococcinum qui est un autolysat de foie et de cœur de canard de Barbarie. Au prétexte que le canard résiste au froid et incube dans son foie des éléments lui permettant d’affronter les maladies qui y sont liées. Tout ceci n’est en rien conforme à des expérimentations médicales randomisées. L’efficacité de l’homéopathie est surtout liée aux maladies psychosomatiques où l’on sait l’influence du psychisme sur le corps, et par conséquent l’induction consciente ou inconsciente du patient sur le processus de guérison, grâce à la confiance qu’il donne au remède ou à celui qui l’a prescrit et au rituel auquel il se soumet pour le prendre. Quand le remède homéopathique qui conviendrait au malade est trouvé avec un pendule ou tout autre moyen médiumnique, il est facilement constatable que l’on n’est plus dans le domaine de la raison, mais dans la croyance en des puissances invisibles. Comment se fait-il que l’homéopathie se prête plus volontiers à ce type de médiumnité ou de divination ? Hahnemann, franc-maçon, s’est intéressé à la symbolique et aux analogies occultes. Il est alors moins surprenant que l’homéopathie puisse entrer en résonance avec d’autres pratiques occultes.

La Gemmothérapie n’est pas plus fiable quand elle prétend que des cristaux pourraient agir sur les chakras et débloquer ainsi la circulation de l’énergie dans le corps et même dans l’esprit et plus encore dans la conscience spirituelle. On médite en tenant le cristal et en plongeant son regard en lui… C’est ainsi que l’on susciterait l’alignement entre le mental du méditant et les vibrations du cristal, amenant à la plénitude.

Le Reiki [13]. Pseudo thérapie qui a pris un essor considérable. Le terme Reiki est composé de deux mots : rei, pouvoir supérieur universel et ki énergie force vitale. Selon la légende, considérée comme historique par les praticiens, son fondateur, Mikao Usui (1825-1926) après 21 jours de jeûne et de méditation sur une montagne sacrée du Japon aurait eu la révélation du Reiki. Il serait resté sous une cascade sacrée, méditant pour ouvrir son chakra le plus élevé. Après cette expérience, Usui affirmait pouvoir guérir sans épuisement de son énergie, car branché directement sur l’énergie universelle.

La transmission initiatique du reiki « harmonisation », se fait de maître à disciples. Aucune formation particulière n’est demandée. Durant « l’harmonisation », plusieurs symboles, qui doivent rester secrets, sont scellés dans le champ énergétique de l’élève, afin d’ouvrir celui-ci de façon permanente à l’énergie du reiki, et lui permettre à son tour d’effectuer des « harmonisations ».

Il existe trois degrés d’initiation au reiki. Le premier qui permettrait le contrôle du champ énergétique des patients, se fait à distance de quelques centimètres du corps. L’énergie reiki pénétrerait dans le corps du praticien par le chakra de la gorge et ressortirait par ses mains pour être redistribuée par les chakras du patient. Le second permettrait d’effectuer des guérisons à distance. La transmission de l’énergie reiki est purement mentale. Au troisième degré, le disciple peut devenir maître et transmettre l’initiation « harmonisation » à d’autres personnes.

Nous sommes là dans du magnétisme et une ouverture à la médiumnité. [14]

Parmi les thérapies « New-Age » et les systèmes de méditation orientale, le Reiki est aujourd’hui une des plus populaires. Si en France, il suscite encore quelque méfiance, cela ne l’a pas empêché de faire son entrée dans nombre d’hôpitaux, comme celui de la Timone à Marseille. En Espagne, ce sont désormais les mairies et d’autres institutions publiques qui le rendent accessible à tout un chacun. Christophe André, psychiatre bouddhiste promoteur de la « méditation pleine conscience », auteur du best-seller Méditer, jour après jour, traduit en espagnol, italien, catalan, allemand, polonais, coréen, anglais, néerlandais, anglais, chinois, n’hésite pas à préconiser le reiki.

Cela atteste d’une grande confusion des esprits, mais aussi des contradictions de la soi-disant laïcité ou neutralité républicaine qui n’a rien à dire sur ces pratiques qui sont en fait des croyances, sans aucun support rationnel ni raisonnable. Alors que ces praticiens opèrent dans des espaces publics, hôpitaux, écoles, universités, lieux de formation officiels.

L’illusion

« Le serpent dit à la femme : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas ! Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. » La femme s’aperçut que le fruit de l’arbre devait être savoureux, qu’il était agréable à regarder et qu’il était désirable, cet arbre, puisqu’il donnait l’intelligence. Elle prit de son fruit, et en mangea. Elle en donna aussi à son mari, et il en mangea. Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils se rendirent compte qu’ils étaient nus. » (Gn 3, 4-7).

Le maître de l’illusion demeure, aujourd’hui comme hier, le serpent tentateur qui induit une réalité mensongère. Dans le regard du serpent, nous pensons devenir maîtres de la réalité, connaissant toute chose, entrainés à croire que l’immédiateté de la jouissance et du bien-être confère l’immortalité et l’identité des dieux.

Certaines méthodes de relaxation, de méditation comme la méditation de pleine conscience, l’hypnose, la sophrologie, ou de techniques comme la PNL, programmation neurolinguistique ou la pensée positive peuvent arriver à faire prendre des vessies pour des lanternes et qui plus est, des lanternes spirituelles.

Certains exercices permettraient même d’enlever des séquences mémorielles négatives pour les remplacer par des séquences positives. En sophrologie, en hypnose, en PNL, l’on peut induire des images positives qui remplacent ce qui a été, ce qui est ou ce qui sera douloureux à vivre tant sur le plan physique que psychologique. La méditation de pleine conscience permet de se déconnecter d’un réel stressant ou douloureux pour rentrer dans une bulle de bien être totalement provoqué par des exercices répétitifs. Mathieu Ricard « roue de secours » du Dalaï-Lama, comme il se définit lui-même, invité complaisamment sur tous les plateaux de télévision, faisant la une de bien des hebdomadaires, en est la figure de proue.[15]

Les Rose-Croix AMORC (Ancien et Mystique Ordre des Rose-Croix) pratiquent la matérialisation d’images mentales pour obtenir santé, richesse et bonheur. Ils pratiquent en groupe des égrégores, en l’occurrence des matérialisations mentales permettant, par magnétisme et médiumnité, d’opérer, selon eux, des influences magiques sur la réalité.

Selon Jimmy Hendrix, chanteur des années hippies, adepte du LSD et mort d’une overdose, les sons étaient liés à des couleurs ; ainsi dans sa chanson Purple Haze il associait le violet à l’accord mi 7e. Associer couleur et son est le propre d’expériences psychédéliques liées à l’absorption de drogues, notamment du LSD. Aujourd’hui dans le néo chamanisme, de telles expériences sont proposées, avec prise de drogues hallucinogènes, dites aujourd’hui enthéogènes, c’est-à-dire capable d’engendrer une expérience de Dieu !

Le corps, sept corps !

Helena Blavatsky, inspirée par les textes du Véda et des Puranas, décrit les sept corps que posséderait l’être humain. Pour elle, il existe sept états de la matière en correspondance avec les sept corps de l’homme.[16] La finalité de la vie serait de maîtriser ces sept états pour évoluer spirituellement dans un processus « d’alchimie de l’être ». Il est à noter que cette alchimie est le fil conducteur des sept tomes d’Harry Potter, transformation du plomb en or. Héléna Blavatsky y apparaît sous le nom de Cassandra Vablasky. C’est dire les références occultes des œuvres de Madame Rowling.

Pour ces courants théosophiques et occultistes, ce septénaire a une signification symbolique. Le chiffre quatre symbolise la Terre ou la matière, et le chiffre trois, le Ciel ou le Spirituel, le sept étant l’harmonie du tout.

Rudolf Steiner, héritier de ces courants mais en dissidence, fondateur de l’anthroposophie, précise en 1910, le nom de ces sept corps, dans son ouvrage La science de l’occulte : « chez l’être humain il y a les sept éléments suivants : corps physique, corps éthérique, corps astral, Moi, Moi spirituel, Esprit de vie, Homme-Esprit« .

Corps éthérique

La définition du corps éthérique n’est pas la même selon les écoles ésotériques et n’a rien de scientifique. Nous sommes dans un domaine d’énergies indéfinissables et de leurs subtiles correspondances. L’éthérique ne correspond à aucune substance repérable objectivement, si ténue soit-elle. Le corps éthérique ne pourrait être perçu que par des êtres initiés extralucides.

C’est Aristote qui crée le concept d’Éther vers 345 av. J.-C. Aux quatre Éléments la terre l’eau l’air et le feu il en adjoint un cinquième corps, l’éther. Chez Aristote, l’Éther forme la matière des astres et de l’âme.

Ces conceptions du corps éthérique ou du corps astral, reprises par la nébuleuse du Nouvel Âge, nous l’avons dit en introduction, proviennent des courants théosophiques avec Blavatsky et Annie Besant qui lui succéda. Ces courants étaient violemment anti-chrétiens et plus particulièrement anti-catholiques.

Ainsi voici les élucubrations d’Annie Besant, que l’on peut qualifier au mieux d’ésotériques, mais plus réalistement de charabias :

« La matière physique forme sept subdivisions, qu’on peut distinguer les unes des autres, et dont chacune produit, entre ses propres limites, des combinaisons infiniment diverses. Ces subdivisions sont : le solide, le liquide, le gaz, puis l’éther sous quatre états aussi distincts les uns les autres que sont distincts entre eux le solide, le liquide et le gaz. Le corps physique de l’Homme se compose de matière physique en ces sept états – son corps grossier consistant en solide, liquides et gaz, et son double éthérique se composant des quatre subdivisions de l’éther, respectivement désignées par éther I, éther II, éther III et éther IV. […] Les fonctions du corps astral proprement dit ont souvent été attribuées au double éthérique, auquel on donnait parfois à tort le nom de corps astral. Le double éthérique se compose des éthers physiques seulement, et, s’il est extériorisé, il ne peut ni quitter le plan physique, ni s’éloigner notablement de sa doublure » [17].

Alice Bailey en 1925, donnera des précisons tout aussi obscures dans un langage abscons :

« Le corps éthérique interpénètre le physique dense et le dépasse légèrement. Il est comme un brouillard (gris-bleu ?). Il se compose d’un tissu de courants d’énergie, de lignes de force et de lumière. L’énergie circule le long de ces lignes comme le sang dans les veines et les artères. Cette circulation permanente, humaine, planétaire et solaire de force vitale animant le corps éthérique de toutes les formes est la base de toute vie manifestée. Aucune vie n’existe sous une forme séparée. Le corps éthérique d’un être humain fait partie du corps éthérique de la planète donc, il est relié à toutes les formes qui se trouvent dans ce corps éthérique, quel que soit le règne de la nature auquel il appartient. C’est le véhicule emprunté par les courants de vitalité qui maintiennent le corps en vie. Il apporte vitalité et énergie au corps physique et l’intègre au corps éthérique de la terre et du système solaire. » Alice Bailey, dans son Traité du feu cosmique (1925)[18].

Rudolf Steiner aura lui aussi sa définition. Pour Steiner le corps éthérique est un corps de forces formatrices, de forces vitales qui imprègne et donne forme aux organismes des êtres vivants. Ce corps éthérique, serait lui-même pénétré du corps astral et du Moi. Ce corps éthérique maintiendrait le corps en vie. Son interaction avec l’organisme serait inégale et différenciée selon les organes. Le corps éthérique, visible seulement par les initiés, formerait une sorte d’aura autour du corps et refléterait l’état de santé physiologique psychologue et spirituel des êtres. [19]

Kirlian en 1939 prétendit visualiser photographiquement ce corps énergétique ou cette aura. En fait ses photos ne faisaient qu’objectiver l’humidité qui se dégage de chaque corps vivant.

Les explications les plus diverses et saugrenues ont été données pour tenter de rendre compte de ce qu’est le corps éthérique, elles font partie de ces pseudo-preuves chères au Nouvel Âge :

– Le corps éthérique serait le lieu de la mémoire de l’individu. À l’approche imminente de la mort ou en coma dépassé, les personnes voient défiler leur vie par l’intermédiaire de ce corps éthérique.

– En cas de peur intense et soudaine, le corps éthérique pourrait se détacher un instant du corps physique.

– En cas de blessure physique grave, si l’on ne ressent pas de douleur, ce serait parce que le corps éthérique se serait séparé du corps physique.

Le gourou de la Fraternité blanche universelle, Omraam Mikhaël Aïvanhov, témoigne dans ses expériences : « J’ai voulu démontrer à mes amis l’existence du corps éthérique, ce double du corps physique qui lui donne la sensibilité… Je me concentrais [sur une personne] pour la plonger dans un sommeil hypnotique, puis je faisais au-dessus d’elle quelques passes magnétiques pour lui retirer son corps éthérique que je déplaçais dans la pièce voisine. Avec une épingle, je lui piquais légèrement le bras. Elle ne réagissait pas : visiblement elle ne sentait rien. Ensuite, j’allais dans la pièce voisine et là, avec la même aiguille, je piquais légèrement le corps éthérique que je lui avais retiré. Et voilà qu’elle poussait un cri. »[20]

Ce sont des expériences de magie qui ne valident en rien l’existence objective d’un corps éthérique.

Les chakras, décrits plus bas, seraient des centres subtils situés dans les corps éthérique et astral. Les points d’acupuncture seraient des points particuliers de jonction entre le corps physique et le champ éthérique.

Corps astral

Alors que le corps éthérique serait à l’extérieur du corps physique, le corps astral serait à l’intérieur.

Le corps astral réapparaît chez les spirites comme Allan Kardec et les occultistes comme Eliphas Lévi, Papus ou Stanislas de Guaita dans la deuxième partie du 19e siècle. Allan Kardec, en 1857, dans Le Livre des Esprits parle, décrit ce corps astral qui survivrait à la mort physique et permettrait de rentrer en relation avec les vivants. « L’homme a ainsi deux natures : par son corps, il participe de la nature des animaux dont il a les instincts ; par son âme il participe de la nature des Esprits. Le lien ou périsprit qui unit le corps et l’Esprit est une sorte d’enveloppe semi-matérielle. La mort est la destruction de l’enveloppe la plus grossière ; l’Esprit conserve la seconde, qui constitue pour lui un corps éthéré, invisible pour nous dans l’état normal, mais qu’il peut rendre accidentellement visible et même tangible, comme cela a lieu dans le phénomène des apparitions. »

Ce corps astral serait perçu pour Rudolf Steiner, par les clairvoyants comme un corps de lumière psychospirituelle formant une aura autour du corps matériel. Il est appelé astral, car il manifesterait en l’homme les forces psychospirituelles des astres. Durant le sommeil, le corps astral se séparerait en quelque sorte du corps psychosensoriel. Le corps astral se régénérerait alors au contact de la lumière astrale et spirituelle émanant des planètes.

Là aussi de pseudo preuves sont évoquées qui manifesteraient l’existence de ce corps astral.

D’après Rudolf Steiner, « chaque soir, en s’endormant, l’homme sort de son petit univers, de son microcosme, pour entrer dans le grand univers, le macrocosme, et il s’unit à ce macrocosme en y répandant son corps astral et son Je ». Cette phase correspondrait au sommeil profond.

Les passes magnétiques, les séances d’hypnose permettraient de séparer le corps astral du corps physique.

Le voyage astral : lors de l’expérience de décorporation, ou Out-of-Body-Experience, le corps astral se détacherait et vivrait une vie autonome. Aucun psychiatre sérieux n’a validé cette interprétation.

Le chaman guérirait le malade qui le consulte, en sortant lui-même du corps dans un état de transe soit cataleptique (son corps physique est immobile au sol), soit somnambulique (il s’agite, danse, chante, mime le voyage, imite un animal).

Selon les spirites, le corps éthérique qui se désagrège forme un spectre, tandis que le corps astral qui se désagrège forme un fantôme.

Le voyage astral. En anglais out-of-body-experience (OBE)

Les livres prolifèrent dans ce domaine, et ce n’est pas sans danger…

Ils décrivent un « cordon d’argent » comme étant un mince câble lumineux, composé de nombreux fils ou filaments, infiniment extensibles. Dans les voyages astraux, ce cordon d’argent permettrait de relier le corps physique avec le corps éthérique qui serait susceptible de voyager dans le temps et dans l’espace.

Il serait fastidieux de rentrer dans le détail de ces descriptions qui demeurent fondamentalement ésotériques, par conséquent réservées à ceux qui se croient initiés. À force de pratiquer ce langage incompréhensible aux profanes, ils pensent avoir percé les mystères de la vie.

Évoquons rapidement le livre sur La vie après la vie (1974) de Raymond Moody qui est fait de témoignages d’expériences de mort imminente (Near Death Experience, NDE), parfois en état de mort clinique, et de la sensation qu’ont eu certaines personnes de flotter dans l’espace avec un corps léger, de rencontrer des parents ou amis défunts dotés d’un corps spirituel. Il ne s’agit pas de remettre en cause la sincérité de ceux qui ont vécu de telles expériences, mais d’être très vigilants quant aux explications données et de distinguer ce qui est d’ordre subjectif de ce qui est de l’ordre de la preuve scientifiquement établie. Enfin de discerner pour un chrétien sur le plan spirituel, si cela ne remet pas en question notre Foi et notre Espérance en la Résurrection.

Les thérapies du Nouvel Âge font souvent référence aux chakras et à l’aura

Les chakras se trouvent décrits dans les textes sacrés sanscrits de l’Inde appelés Upanishad datant de six cents ans avant Jésus-Christ, puis de manière plus précise dans une des multiples sectes hindoues, apparue au Vème siècle avant Jésus-Christ, comme le shaktisme. Sept chakras principaux iraient de la base de la colonne vertébrale jusqu’au sommet de la tête. Les chakras seraient des centres de conscience pure et des points d’attention de la méditation auxquels sont associés des mantras. Le principal canal énergétique du corps appelé sushumna nadi, relie ces sept chakras. Il est encadré de deux nadis secondaires : ida à gauche (véhiculant la force vitale descendante) et pingala à droite (véhiculant la force ascendante). Le but de la vie spirituelle consiste à éveiller la puissante énergie de la kundalini, force vitale représentée par un cobra royal lové et assoupie, à la base de la colonne vertébrale. Cette kundalini en traversant chaque chakra arriverait au chrakra couronne shahasrara situé au-dessus de la tête, et ainsi provoquerait l’illumination. Ceci demeure un élément important dans la pratique du yoga, de la méditation et de certaines initiations. Des théosophes comme Charles W. Leadbeater (1854-1934) et Alice Bailey (1880-1949), puis les anthroposophes à la suite de Rudolf Steiner ont occidentalisé ces notions énergétiques en les rapprochant de théories ésotériques et de pratiques occultes. Des rapprochements entre chakras et glandes endocrines y ont été faits, sans qu’aucune recherche médicale et scientifique n’ait pu prouver la réalité de ces chakras ni du kundalini ; et pour cause ce sont des énergies dites spirituelles !

Énergie du corps. Alex Grey.

Alex Grey, né le 29 novembre 1953, est un peintre New-Age puisant son inspiration dans le LSD, dans des initiations ésotériques, des rites de passage, et toutes sortes d’exercices psycho corporels. Dans cette peinture il représente le corps anatomique de la médecine occidentale, le corps énergétique et ses chakras, les méridiens d’acupuncture, et les auras entourant le corps physique.

L’aura serait un genre de champ énergétique qui manifesterait extérieurement l’énergie physique psychologique et spirituelle. Elle serait donc en lien étroit avec les chakras. Les clairvoyants prétendent voir l’aura qui changerait constamment de forme de couleur et de taille en fonction des pensées des climats émotionnels ou spirituels, ou de la santé des personnes. Aucune validation scientifique n’est venue à ce jour confirmer ces dires.

L’invisible

Les forces cachées communiquées par les anges, les esprits des éléments, les entités, qu’il faut savoir se concilier par initiation permettraient de rendre possible l’interaction entre matière et esprit et ainsi accéder au divin en nous. Il s’agit d’instrumentaliser les forces de l’invisible pour les mettre à notre service, pour agir selon nos désirs et notre volonté. Ces méthodes magiques ont leur efficience. Mais à qui les personnes qui sacrifient à ces pratiques font-elles allégeance ? La plupart des guérisseurs et autres intercesseurs prétendent, pour les uns détenir ce don de Dieu, d’autres évoquent une faculté naturelle, d’autres encore auraient été initiés. Les prières secrètes, les rites magiques, et autres invocations des esprits ou de l’énergie universelle ne peuvent que nous interroger sur la nature de ces forces invoquées ou invitées. Même si la gratuité de certains praticiens est évoquée, est-ce suffisant pour dédouaner ces pratiques de toute innocuité ? L’apparente disparition des symptômes d’appel des malades qui y ont recours, est-elle un critère suffisant pour valider ces pratiques ?

Beaucoup de questions se posent quant à ces pratiques aussi bien sur le plan de la raison que celui de la Foi, si nous sommes chrétiens.

Voici ce qu’écrit François Mathisjsen, philosophe, théologien, et psychologue :

« Si le phénomène s’explique par l’hypothèse de facultés humaines inconnues (hypothèse psy) ou des lois naturelles encore incomprises, il peut être considéré comme quelque chose de neutre et il est difficilement compréhensible de ne pas l’utiliser pour en bénéficier. Par contre, si la source de certains phénomènes paranormaux n’est pas naturelle, mais surnaturelle (hypothèse spi), que ce ne soit pas donc ni une faculté humaine inconnue, ni une réalité physique inexploitée, mais la manifestation d’une intelligence immatérielle externe qui s’exprimerait à travers une sensibilité ou une disposition naturelle, alors cela demande de discerner ce à quoi nous avons à faire. » [21]

Quelle est la source qui se manifeste incontestablement de façon paranormale, qui échappe à toute analyse et à toute explication rationnelle, et qui semble agir au-delà du temps et de l’espace commun et habituel ? Est-ce une énergie physique naturelle ou une intelligence spirituelle ? La réponse à cette question est déterminante. Car s’il s’agit d’effet physique, de fluides si subtils que nous n’aurions pas encore pu objectiver scientifiquement, il ne serait pas illicite de les utiliser pour le bien. Mais s’il s’agit d’entités spirituelles, alors cela est du ressort de la vie spirituelle et de ses combats. Il n’est pas juste et bon de faire allégeance à des forces invisibles, contraires à la volonté de Dieu.

Voici les recommandations explicites de saint Paul aux Ephésiens. Il est question également d’énergie mais elle n’a pas la même origine :

« Enfin, puisez votre énergie dans le Seigneur et dans la vigueur de sa force. Revêtez l’équipement de combat donné par Dieu, afin de pouvoir tenir contre les manœuvres du diable. Car nous ne luttons pas contre des êtres de sang et de chair, mais contre les Dominateurs de ce monde de ténèbres, les Principautés, les Souverainetés, les esprits du mal qui sont dans les régions célestes. Pour cela, prenez l’équipement de combat donné par Dieu ; ainsi, vous pourrez résister quand viendra le jour du malheur, et tout mettre en œuvre pour tenir bon. Oui, tenez bon, ayant autour des reins le ceinturon de la vérité, portant la cuirasse de la justice, les pieds chaussés de l’ardeur à annoncer l’Évangile de la paix, et ne quittant jamais le bouclier de la foi, qui vous permettra d’éteindre toutes les flèches enflammées du Mauvais. Prenez le casque du salut et le glaive de l’Esprit, c’est-à-dire la parole de Dieu. En toutes circonstances, que l’Esprit vous donne de prier et de supplier : restez éveillés, soyez assidus à la supplication pour tous les fidèles. Priez aussi pour moi : qu’une parole juste me soit donnée quand j’ouvre la bouche pour faire connaître avec assurance le mystère de l’Évangile dont je suis l’ambassadeur, dans mes chaînes. Priez donc afin que je trouve dans l’Évangile pleine assurance pour parler comme je le dois… Que la paix soit avec les frères, ainsi que l’amour et la foi, de la part de Dieu le Père et du Seigneur Jésus Christ. Que la grâce soit avec tous ceux qui aiment notre Seigneur Jésus Christ d’un amour impérissable. » (Ep 6, 10-23).

Problème de santé publique

« Près de la moitié des signalements de dérive sectaire que reçoit la Mission interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires (MIVILUDES) relèvent du domaine de la santé… Elle recense plus de 300 pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique, 1 800 centres de formation dans le domaine de la santé susceptible de présenter un risque de dérive sectaire, 4 000 psychothérapeutes autoproclamés sans formation et non-inscrits sur un registre professionnel. Il est impossible, aujourd’hui, d’évaluer le nombre de pseudo-thérapeutes en France. L’ordre des médecins signale également que près de 3 000 médecins sont en lien avec la mouvance sectaire. Ce constat est d’autant plus alarmant que près de quatre Français sur dix ont recours aux médecines alternatives, dont 60 % de malades du cancer… La majorité de ces « soignants » alternatifs conseillent souvent à leur patient l’arrêt de leur traitement en décrédibilisant leur médecin traitant. Les conséquences peuvent être dramatiques et conduire au décès, comme l’illustre le cas de Steve Jobs, le fondateur d’Apple (adepte et promoteur dans son entreprise de la Méditation de Pleine Conscience). À la suite d’un diagnostic de cancer du pancréas en 2003, il a adopté un traitement à base de jus de carotte et d’acupuncture, sur les conseils de « spiritualistes »… L’efficacité des médecines alternatives est difficilement démontrable scientifiquement, car c’est le ressenti du patient qui sert de preuve. Il est très délicat de mettre en œuvre des études cliniques. En effet, « cette médecine se voulant fondée sur le savoir-faire propre à chaque praticien » cela rend difficile l’établissement de critères objectifs d’étude… « Il suffit de parcourir Internet pour voir le nombre de pseudo-praticiens qui exercent en dehors de tout cadre réglementé. Ils touchent les moins bien informés, les plus vulnérables à qui ils ôtent tout discernement en promettant des traitements miraculeux.[22] »

Le Dalaï-Lama

Il est intéressant de constater que la pensée du Nouvel Âge est très conforme à celle du Dalaï-Lama.

Quel grand personnage, du monde occidental, ne s’affiche-t-il pas complaisamment auprès du Dalaï-Lama ? Son sourire permanent, la compassion, la bienveillance la tolérance de sa Sainteté le Dalaï-Lama est affichée comme étant la réalisation la plus haute de la vie spirituelle, toutes confessions confondues. La sponsorisation du Dalaï-Lama est-elle aussi neutre que cela ? La méditation de pleine conscience issue du bouddhisme tibétain inonde le marché occidental de la maternelle à l’université, du monde de la santé à celui du management d’entreprise.

Il est intéressant d’analyser quelques phrases extraites de la pensée du Dalaï-Lama.

Nous pouvons constater facilement qu’elles sont autant de professions de foi ou de « dogmes », s’opposant frontalement à la révélation chrétienne :

– « La loi du karma dit que ce monde est notre œuvre, que nous soyons nos propres enfants et non ceux d’un dieu ou du hasard. » [23]

Dieu a créé le monde ex nihilo, il a créé l’homme et la femme à son image et à sa ressemblance. Nous sommes devenus enfants de Dieu par la grâce de notre baptême.

– « Dans une certaine mesure la terre est notre mère. »[24]

C’est une des professions de foi chère au Nouvel Âge que l’on retrouve dans les discours écologiques. Cette affirmation est panthéiste, voire animiste.

– « Le seul vrai gardien de la paix est en soi. »[25]

C’est le Christ qui est source de Paix et qui nous donne sa Paix. C’est Lui, la source et le gardien de la paix en nous. Cette Paix vient de son sacrifice sur la croix pour la rémission de nos péchés et le Salut du monde. Chaque eucharistie renouvelle pour nous, avec nous et en nous la présence du Christ qui nous donne sa Paix et nous envoie pour manifester cette Paix au monde.

– « La notion de péché est étrangère au bouddhisme. » [26]

La liturgie de la veillée pascale ose dire : « Bienheureuse faute qui nous a valu un tel Rédempteur. » Si le péché n’existe pas comme l’affirme le Dalaï-Lama, le Christ n’a plus sa raison d’être : sauver les hommes de l’emprise du péché et donner accès à la vie éternelle.

– « Le bouddhisme s’est toujours gardé d’affirmer l’existence et l’omnipotence d’un dieu créateur… nous reconnaissons l’existence d’êtres supérieurs, en tout cas l’état supérieur de l’être, nous croyons aux oracles, aux interprétations des songes, à la réincarnation… Le bouddhisme est une expérience… L’un des enseignements du Bouddha est : « attendez tout de vous-mêmes » ».[27]

Le Dalaï-Lama dit que le bouddhisme est une expérience, par conséquent qu’il serait neutre, laïque, et non confessionnel. Or précisément le bouddhisme tibétain est rempli de pratiques magiques de superstition et d’affirmation dogmatique comme celui de la réincarnation. « Attendez tout de vous-mêmes » s’oppose à la prière chrétienne du Notre Père : « Que ta volonté soit faite. »

L’enseignement de l’Église affirmait : « Hors de l’Église point de salut ». Et Dieu sait si cette « prétention » en a offusqué plus d’un. Mais voici ce que dit en toute humilité le Dalaï-Lama :

– « Oui je crois profondément que le bouddhisme est plus profond, plus sophistiqué que d’autres religions ou écoles de pensée. »[28]

Le christianisme aurait dévalorisé le corps, comme étant le lieu du péché. Cependant le Christ de nature divine a pris chair dans notre nature humaine. Ainsi le corps, dans la tradition chrétienne, est précieux de sa conception à la mort et même au-delà de la mort puisque nous croyons à la résurrection de la chair dans la vie éternelle. Saint Paul parlant de l’être corps et âme disait : « Ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? » (1 Co 3,6)

 

– À l’inverse voici ce que dit le Dalaï-Lama : « Cette existence humaine que nous tenons pour précieuse vient d’un rebut… Le corps est une machine à produire excréments et urine. Pareil corps n’est pas à chérir. » [29]

Il est curieux de considérer que bien des Occidentaux se tournent vers le bouddhisme, pensant que celui-ci tient davantage en considération la dimension corporelle que le christianisme !

– « Le Bouddha à le pouvoir de connaître les vies passées des êtres, ainsi que le moment de leur mort et de leur renaissance, suivant leur karma. »[30]

Le chrétien ne croit pas à la réincarnation, mais à la résurrection, il y a radicale incompatibilité entre ces deux professions de foi.

– « C’est par son propre effort et par sa propre et dure application qu’il est devenu le Bouddha. »

Pour le bouddhisme, le monde sensible est synonyme d’illusion, de mensonge, de mal, il est maya. La connaissance sensible ne peut être que partielle, voire déformante. Il faut donc s’en abstraire avec une constante application, pour rejoindre l’immuable.

Ce n’est pas par notre propre mérite, mais par grâce que nous devenons enfants de Dieu, même si nous sommes participants au maintien de cette grâce en nous, et c’est l’objet de notre combat spirituel.

– « Le cycle de l’existence est dépourvu de commencement. » [31] Pour le bouddhisme et bien des conceptions venues de l’Orient, le temps est cyclique, il n’a donc pas d’origine ni de finalité. Pour le christianisme le temps est linéaire, il a un commencement, la création du monde, et il existe une fin de ce monde. Au-delà, il y aura la Jérusalem céleste où sera proclamée la Gloire de Dieu pour l’éternité.

Culture en direction des jeunes

Les milieux intellectuels chrétiens se sont abstenus depuis des années d’analyser les ressorts et les enseignements proposés à nos enfants adolescents et jeunes adultes dans ces nouvelles cultures. Hier les héros étaient des personnages historiques, des saints ou des personnages de légende combattant les forces du mal, et maîtrisant en eux-mêmes les passions mauvaises, pour suivre le beau, le vrai et le bien. Aujourd’hui il y a une inversion des figures archétypales, les dragons ne sont plus à combattre, mais à amadouer pour entrer en communion fusion avec eux  dans Eragon ; les sorcières ne sont plus méchantes, mais permettent d’ouvrir les yeux comme dans La croisée des mondes ; les initiations aux pratiques magiques sont banalisées, à l’instar des aventures de Harry Potter, véritable compendium de l’ésotérisme et de l’occultisme.

Ces romans devenus des films ont une face exotérique, l’histoire apparente destinée au plus grand nombre ; il y a cependant une face ésotérique avec des correspondances suggérées ou implicites qui font référence à l’alchimie, la magie, la théosophie ou la franc-maçonnerie, invisible aux profanes… L’anthropologie qui sous-tend ces géants de l’industrie médiatique n’a non seulement plus rien de chrétien, mais inverse les perspectives. Star Wars et son univers binaire se situe davantage dans une conception yin yang qui vient de l’Orient. Et nous pourrions multiplier les exemples avec Matrix ou Valérian. Le dernier film de Walt Disney proposé pour Noël 2017, Coco, parle de l’initiation que reçoit un jeune garçon dans le séjour des morts ! Bien sûr l’enrobage merveilleux et ludique, les prouesses techniques d’une musique s’accordant parfaitement aux images vont séduire parents et enfants. Mais prenons-nous le temps d’analyser le thème proposé ?

La musique métal fait l’apologie des forces du mal et rend pour certains groupes un culte au nombre de la Bête de l’Apocalypse 666, incarnation des forces sataniques. Des jeux vidéo sont également pénétrés par l’univers des forces du mal, du diable et des puissances des ténèbres dont on ne parle plus depuis longtemps dans les églises catholiques.

Les représentations populaires de la foi montrent les enjeux du combat entre les forces du bien et du mal. Ainsi saint Michel, saint Georges, sainte Marguerite (d’Antioche) terrassaient le dragon, et personne ne trouvait cela distrayant.

Apologie du christianisme

Le terme apologie vient du grec ancien apologia, qui signifie « justification, défense (contre une attaque) »

« L’apologétique chrétienne est la partie de la théologie qui a pour but d’analyser méthodiquement tout ce qui touche à la crédibilité de la foi chrétienne de façon à proposer les arguments qui prouvent qu’il est raisonnable de croire à la Révélation divine, fondement de la foi chrétienne. »[32]

Aujourd’hui, les attaques du contenu de la Foi chrétienne, qui déferlent dans tous les domaines sont incessantes. Les quelques éléments et symptômes trop rapidement et partiellement décrits ici sont bien loin d’être exhaustifs. Ces attaques conscientes ou inconscientes, issues du Nouvel Âge et de ses dérivés, s’inscrivent dans ce combat de toujours entre la gnose et la Foi. Elles ne cessent de s’amplifier et de se mondialiser. Il est nécessaire que l’Église « experte en humanité », fidèle à sa tradition, produise une apologétique actualisée aux questions d’anthropologie et de théologie fondamentales que cela soulève. La hiérarchie de l’Église a le devoir, au respect de sa tradition bi millénaire, d’oser une Parole forte pour dire la compatibilité ou l’incompatibilité radicale de la doctrine de la foi, au regard de certaines de ces hérésies, d’éclairer les consciences et donner aux âmes les moyens du salut en, par et avec notre Seigneur Jésus-Christ.

Nature et grâce

Il y a une radicale différence entre les énergies du Nouvel Age et la grâce de Dieu.

Selon la théologie catholique, la grâce ne vient pas de nos exercices ou de nos mérites pour la recevoir, mais de l’Amour libre et gratuit de Dieu. Le corps de l’homme, son être tout entier sont du domaine de sa nature créée par Dieu. L’homme a la capacité d’accueillir la grâce de Dieu, qui le rend digne de cet amour. Cette seule grâce donne à l’homme d’aimer comme Dieu nous aime, jusqu’à donner sa vie à la suite du Christ. C’est la grâce de Dieu qui fait que la nature de l’homme est tournée vers un au-delà de lui-même. L’homme a une constitution qui le tourne vers Dieu passivement, mais qui trouve son accomplissement dans son désir libre et actif de communion avec Dieu. Ainsi la grâce ne détruit pas, mais soutient et complète la nature.

La nature divine est distincte radicalement de la nature humaine. Cependant Jésus-Christ possède en lui les deux natures humaine et divine. Il est vrai Dieu et vrai homme. Il nous fait mystérieusement le don de sa nature divine par son sacrifice sur la croix, sa mort et sa résurrection qui rachète le péché des hommes et nous ouvre à la vie éternelle.

« La grâce en tant qu’elle est libre, gratuite, et qu’elle demande à être acceptée librement, constitue le don de cet amour dont l’homme a besoin pour trouver son ultime accomplissement. »[33]

Vie spirituelle

Il est nécessaire de définir ce qu’est la vie spirituelle pour un chrétien, car dans la mouvance du Nouvel Âge il est sans cesse question de spiritualité.

La vie spirituelle du chrétien est liée à l’Esprit Saint, troisième personne de la Sainte Trinité qui nous permet de connaître et de reconnaître l’œuvre de Rédemption dans notre vie. C’est l’Esprit Saint qui nous permet de confesser Jésus vrai Dieu et vrai homme et d’entrer en relation avec Dieu notre Père. L’Esprit Saint est la source, l’agent et le protecteur de la vie spirituelle, il traduit la Parole de Dieu dans un langage qui touche notre cœur, notre être tout entier et nous rend ainsi participant à la vie en Dieu.

Ainsi l’homme n’accède à la vie spirituelle que par grâce. La grâce est l’essence même, ou les énergies, selon la spiritualité orthodoxe, de la sollicitude de Dieu envers l’homme, telle qu’elle s’incarne en Jésus-Christ et se communique au plus profond de notre corps, de notre intelligence et de notre âme comme don de l’Esprit Saint. Cette grâce est à l’origine, au sens et à la finalité de la relation restaurée entre l’homme et Dieu Trinité Sainte.

La recommandation de Saint Paul à Timothée dans sa première lettre, garde toute sa force sa pertinence :

« À Timothée, mon véritable enfant dans la foi. À toi, la grâce, la miséricorde et la paix de la part de Dieu le Père et du Christ Jésus notre Seigneur… Comme je te l’ai recommandé en partant pour la Macédoine, reste à Éphèse pour interdire à certains de donner un enseignement différent… Le but de cette interdiction, c’est l’amour, la charité, qui vient d’un cœur pur, d’une conscience droite et d’une foi sans détour.

Voici la consigne que je te transmets, Timothée mon enfant, conformément aux paroles prophétiques jadis prononcées sur toi : livre ainsi la bonne bataille; pour s’être écartés de ce chemin, en gardant la foi et une conscience droite, certains se sont tournés vers des discours inconsistants… » (1 Tm 1, 2. 3. 5. 6. 18. 19. 20).

« L’Esprit dit clairement qu’aux derniers temps certains abandonneront la foi, pour s’attacher à des esprits trompeurs, à des doctrines démoniaques. Ils seront égarés par le double jeu des menteurs dont la conscience est marquée au fer rouge. » (1 Tm 4, 1-2).

Bertran Chaudet

Déc. 2017

Écouter  la conférence (1h30)
Notes

[1] Wicca est un terme anglais qui désigne les sorcières. Ce mouvement néo païen fondé en 1939 par Gérald Gardner pratique la magie. Certains mouvements féministes américains s’en inspirent.

[2] Conseil pontifical de la culture, Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. Jésus-Christ Le Porteur d’Eau Vive. Éd Tequi, 2003, p. 43-44.

[3] Ib., p. 43-44.

[4] Jean-Paul II, Entrez dans l’espérance, Éd. Plon 1994, p. 147.

[5] Jean-Claude Larchet, La théologie des énergies, Éd. du Cerf. 2010, p. 37.

[6] Ib., p. 53.

[7] Paulo Coelho, L’Alchimiste. France Loisir. Éd Anne Carrière, 1994, p. 46-47.

[8] Ib., p. 122.

[9] Ib., p. 233.

[10] Frédéric Lenoir, l’Âme du monde, Éd. Nil, 2012, p. 56.

[11] Ib., p. 149.

[12] Ib., p. 161.

[13] Voir les articles sur pncds72.free.fr

[14] Voir toutes les études du Père Dominique Auzenet sur occultismedanger.free.fr

[15] Voir les articles correspondants dans sosdiscernement.org, et pncds72.free.fr

[16] Helena Blavatsky, Doctrine Secrète, Vol. 4, Partie II, Section XI, A. Saptaparna.

[17] Annie Besant, L’homme et ses corps, 1911.

[18] Christian Jacq, Dictionnaire critique de l’ésotérisme, PUF, 1998, p. 701. D’après Alice Bailey, dans son Traité du feu cosmique (1925). Il est a noter que Christian Jack auteur prolifique, franc-maçon, a écrit de très nombreux ouvrages sur l’Égypte ancienne, ses cultes et initiations. Ses livres ont une grande audience.

[19] Extrait de Rudolf Steiner, La science de l’occulte (1910), chap. II : « L’être humain » ; Théosophie. Introduction à la connaissance suprasensible du monde et de la destinée de l’homme (1904).

[20] O. M. Aïvanhov, Éléments d’autobiographie, t. I : Afin de devenir un livre vivant, Fréjus, Prosveta, 2009, p. 94.

[21] François Mathijsen, Les expériences paranormales, Éd. Fidélité, 2014, p. 45-46.

[22] Unadfi – Actualités n° 250, octobre 2017. (Sources : Le Figaro Santé, 20.10.2017 & Notre Temps, 12.10.2017)

[23] Samsara, la vie, la mort, la renaissance. Le livre du Dalaï-Lama. Éd. le Pré aux Clercs, 1996, p. 157.

[24] Ib., p. 71

[25] Ib., p. 75.

[26] Ib., p. 77.

[27] Ib., p. 88.

[28] Ib., p. 89.

[29] Ib., p. 105.

[30] Ib., p. 109.

[31] Ib., p. 128.

[32] Définition donnée sur le site internet de la Conférence des Évêques de France, CEF.

[33] Dictionnaire critique de théologie, sous la direction de Jean-Yves Lacoste. Éd. PUF, 2007. Article Grâce, p. 605.

La kinésiologie

Extrait du livre : Nouvelles croyances, thérapies alternatives : des dérives possibles. Denis Lecompte, Bertran Chaudet. Sarment éditions du jubilé novembre 2008.

Le terme est issu de kiné (mouvement) et signifie donc la science du mouvement. C’est une thérapie physico-émotionnelle. Il s’agit, par des exercices ou des mouvements sur le corps, de restaurer un équilibre énergétique perturbé à différents niveaux, à la suite de différentes causes. On est ici dans une méthode holistique, c’est-à-dire que la kinésiologie entend travailler sur le corps dans sa totalité.

Historique

(d’après Manuel pratique de kinésiologie, la santé par le toucher / JeanClaude Guyard, Éd. Souffle d’or, 2003)

La kinésiologie est née aux Etats-Unis. Elle se réclame de toute une recherche sur le corps depuis la fin du XIX ème siècle. Elle se situe dans la lignée des recherches du docteur Palmer, fondateur de la chiropractie qui mit en valeur, par un travail d’ajustement vertébral, une action à distance d’une région du corps sur une fonction.

Dans les années 1960, un autre chiropracteur, le Dr Goodheart établit une interaction possible entre les muscles, les organes et les méridiens d’acupuncture, avec une relation entre le stress et le tonus musculaire. C’est lui qui mit au point le principe du test musculaire énergétique.

Dans les années 1970, le Dr John Thie donne une diffusion large à ce qui sera la base de la kinésiologie dans son livre « Touch for Health» (santé par le toucher). Il répertorie 14 muscles principaux et 28 muscles additionnels. Il propose alors une méthode de guérison, fondée sur l’utilisation de points neuro-vasculaires et sur le balayage des méridiens, qui se fait à une faible distance du corps. On appelle alors guérison la disparition des symptômes.

Dans les années 1980, aux Etats-Unis et en Europe, le test musculaire commence à être utilisé pour interroger le corps sur tous les besoins de l’être humain et même de l’animal, par transfert.

Progressivement s’est donc mis en place un système d’analyse du corps qui permettrait de montrer que se renvoient l’un à l’autre les réseaux structurels, lymphatiques, neurologiques, psychologiques, vasculaires, nutritionnels, chimiques et énergétiques; de même, par l’interrogation du tonus musculaire, on pourrait remonter de l’effet constaté à la cause de cet effet. Les kinésiologues ont adapté des outils empruntés aux orthoptistes, aux orthophonistes, aux psycho-motriciens, aux ostéopathes. On utilise aussi les fleurs de Bach, l’affirmation positive, la symbolique ésotérique, le yoga, la neurologie, la gestion mentale …

En France, en Belgique et en Suisse notamment se développent les formations de kinésiologie, soit par le biais de quelques grands centres, soit sur des initiatives individuelles. L’interrogation du terme kinésiologie sur Google en est la vitrine.

Branches de la kinésiologie

Partant de l’outil de base qu’est le test musculaire, de nombreuses applications de la kinésiologie ont vu le jour.

Edu-kinésiologie ou kinésiologie éducative (mise au point par le docteur Dennison). Après avoir longuement détaillé les spécificités des deux hémisphères du cerveau, cette branche de la kinésiologie analyse les mécanismes du cerveau lors de l’apprentissage et explique toutes les difficultés d’apprentissage par une mauvaise connexion entre le cerveau droit et le cerveau gauche. Elle propose, en guise de correction, des mouvements permettant de croiser les côtés droit et gauche du corps, trouvés par le test musculaire (exercices dits de cross-crawl, tributaires souvent du bon sens ou empruntés au yoga). De fait, c’est souvent par le biais des difficultés scolaires des enfants que les parents pénètrent dans l’univers de la kinésiologie. De nombreux enseignants la proposent dans leurs cours comme méthode pédagogique associée.

Touch for Health ou santé par le toucher (mise au point par le docteur Jonh Thie). Cette branche considère qu’en touchant certains points du corps (issus notamment des méridiens d’acupuncture), on peut guérir de nombreux maux. Après une interrogation de chaque muscle important du corps, elle propose de renforcer un muscle testé faible, plutôt que de relâcher le muscle douloureux; elle veut agir sur les relations entre les différents réseaux du corps déployés ci-dessus. Chaque muscle est relié à un problème affectif, ainsi le corps a le pouvoir de s’auto guérir dans toutes ses dimensions.

Trois concepts en un (développé par Daniel Whiteside) approfondit l’intégration entre le corps et l’esprit. Il s’agit de désamorcer les émotions du passé qui bloquent notre présent. Par le test dit du « baromètre du comportement» on touche à de nombreuses blessures psychologiques.

L’aura kinésiologie (récemment mise au point par Jean-Claude Guyard) a permis « d’ouvrir à toute personne sensible aux énergies subtiles un domaine jusqu’à présent réservé aux initiés ». (kinésiologie.fr site Internet).

Hyper-texton (mis au point par Franck Mahony) est utilisé dans les milieux sportifs et s’intéresse à l’hyper tonicité musculaire que l’on corrige par l’alternance de légères contractions à l’inspiration, et de légers étirements à l’expiration.

PKP (professional kinsesiology practitioner du Dr Bruce Dewe) se présente comme la grande synthèse de toutes les branches; elle utilise surtout les modes digitaux c’est-à-dire tout un système de gestes symboliques exécuté sur les doigts. Il est dit de ce système qu’il a été défini et utilisé depuis des milliers d’années pour équilibrer l’énergie dans le corps, et qu’il appartient au monde de l’Egypte, de la Grèce, de la Chine et de l’Inde.

De très nombreuses autres applications voient également le jour (allergies, dentiste, vétérinaire), chacune faisant l’objet d’une marque commerciale déposée.

Les piliers de la kinésiologie : le test musculaire, le baromètre du comportement, la récession d’âge.

La clé de voûte de la kinésiologie est le test musculaire qui évalue le niveau énergétique d’un être vivant par une technique manuelle simple. Il se veut différent du test qu’utilisent les kinésithérapeutes en ce qu’il n’évalue pas la résistance du muscle. On lui donne lors des cours des explications physiologiques et neurologiques complexes.

Mais, finalement, « il n’est pas nécessaire de comprendre le phénomène; il s’agit de l’expérimenter: c’est suffisant pour que cela soit efficace» (Paul Dennison, kinésiologie, le plaisir d’apprendre, Éd. du Souffle d’or, 1988) et « mieux vaut une méthode dont on ignore pourquoi elle guérit qu’une méthode dont on sait pourquoi elle devrait guérir» (site kinésiologie.fr)

Concrètement il s’agit d’exercer une légère pression sur un muscle, par exemple le bras du patient. Quand il y a un stress dans le corps, le tonus du muscle se modifierait instantanément, l’énergie se bloquerait, le muscle lâcherait. Partant de là on dira qu’un bras qui résiste à cette pression teste fort et équivaut à une réponse positive à une question posée, et qu’un bras qui tombe teste faible et équivaut à une réponse négative à une question posée. Le test musculaire qui est à l’origine une simple interrogation du corps devient donc par une traduction rapide un moyen de communication verbal, entre deux personnes qui peuvent ne pas se parler ! Il est à la fois un outil de diagnostic et de correction thérapeutique.

Lors de l’interrogation du mal-être de la personne, les kinésiologues ont cru constater que « le fait de poser une question directe et honnête ne garantit pas une réponse directe et honnête ». Il faut donc avoir accès à l’inconscient et à la mémoire du corps qui, eux, ne mentent pas et peuvent seuls donner la bonne réponse. Les patients ont pu mettre en place des réponses inattendues ou inversées qui sont considérées comme des « sabotages », c’est-à-dire des barrières mises en place par l’inconscient : il faut les supprimer absolument.

Le test musculaire se fonde donc sur l’idée que le corps entier a une mémoire : chaque muscle, nerf, tissu, cellule, ayant participé à une expérience s’en souviendra et pourra être reprogrammé si l’on a identifié la cause émotionnelle qui a provoqué le traumatisme. On trouvera l’émotion vécue grâce au baromètre du comportement. Ce baromètre du comportement est une sorte de tableau hiérarchisé des émotions positives et négatives.

« Il a été conçu de manière non intellectuelle, personne ne l’a pensé. Il s’est construit sur le test musculaire.» Il a un « pouvoir ». Ses mots ont « une signification presque magique ». (Manuel de cours de « trois concepts en un », institut belge de kinésiologie, 1998)

Si le corps a une mémoire et que l’on peut l’interroger avec des réponses simples et précises par le test musculaire, il va être possible d’interroger des âges antérieurs de la personne. Cela se fera lors de la récessions d’âge.

« Il ne s’agit en aucun cas d’une méthode de suggestion, mais d’une énergie du passé qui est réactivée. Cette pratique n’a pas d’effet secondaire car la personne visualise le passé avec son regard actuel. Elle a l’impression qu’elle a voyagé dans le temps pendant quelques instants … Il faut juste être vigilant à ne pas la laisser dans le passé» (Jean-Claude Guyard, Manuel pratique de kinésiologie, déjà cité).

La philosophie qui sous-tend la kinésiologie

La kinésiologie souffre d’un manque de définitions précises concernant les concepts – corps physique, âme, esprit, énergie -, le tout accentué par des problèmes de traduction des documents fondateurs. Mais finalement cela a peu d’importance pour les adeptes car on se trouve dans une conception énergétique de l’homme: « le corps et la psyché sont comparables aux côtés pile et face d’une pièce de monnaie, la tranche représentant l’énergie qui relie l’ensemble » (site kinésiologie.fr). La kinésiologie s’adresse au corps spirituel de l’homme,

le terme « spirituel » décrivant ici « une qualité, une longueur d’onde, une fréquence intérieure de l’homme qui a toujours été présente en lui. Il ne faut pas confondre cette qualité avec les croyances qui peuvent lui servir de support. » (Jean-Claude Guyard, déjà cité). « La kinésiologie utilise une force d’énergie, mais peu de gens comprennent la nature de cette force, et peu savent l’utiliser, on peut l’appeler chi, prana, énergie cosmique, amour» (Paul Dennison, Kinésiologie, le plaisir d’apprendre, Le souffle d’or, 1988).

Lorsqu’on teste une personne, on pénètre dans son espace vital : « Représentez-vous une couche d’environ 50 centimètres qui vous entoure et qui entoure également votre partenaire. Quand vous pénétrez dans cet espace, vous entrez dans le champ d’énergie de l’autre et vous mêlez son énergie à la vôtre. Votre énergie affecte la sienne et réciproquement. D’où la précaution à prendre de protéger son champ d’énergie comme derrière un boulier contre tout élément négatif que la personne testée pourrait vous transmettre » (Paul Dennison, déjà cité). Ailleurs, il est pourtant dit que les tests sont inoffensifs s’ils sont pratiqués avec amour et confiance.

La kinésiologie emprunte à la philosophie chinoise sa conception du corps selon le Yin et le Yang ainsi que le fait que chaque partie appartient au tout et ne peut en être séparée : chaque partie peut permettre d’accéder au tout. On y retrouve une réflexion sur les cinq éléments, sur les méridiens d’acupuncture. Aux cinq éléments sont associés cinq corps, qui correspondent à peu près aux corps définis par la doctrine ésotérique : le corps physique, le corps mental, le corps émotionnel, le corps essentiel (dans lequel les Chakras agissent), le corps facteur X (qui recouvre les autres et englobe le corps astral et le corps étérique). Il est possible de tester la capacité de chaque corps à accepter les bénéfices de la séance de kinésiologie (stage « trois concepts en un »). C’est par un emboîtement de ces corps que l’on atteint une dimension spirituelle : «Lorsque les souffrances physiques ou morales sont calmées, apparaissent ces besoins de transcendance auxquels répond la découverte du meilleur de soi-même» explique alors Guyard (livre déjà cité).

La kinésiologie veut se démarquer de la médecine universitaire, en ce sens qu’elle dit prendre en compte la dimension psychologique de la personne que les médecins conventionnels auraient oubliée. En effet, le consultant n’est plus dans une demande de prise en charge, mais se trouve le partenaire de sa propre guérison: il ne peut guérir que s’il le veut vraiment. « Nous allons mieux, uniquement dans la mesure où nous croyons que nous pouvons aller mieux» (cours « trois concepts en un », janvier 1998, institut belge de kinésiologie). « Les approches conventionnelles (de la santé) n’ont pas réellement donné beaucoup de résultat, n’est-ce pas? Malgré tous les progrès scientifiques actuels, les gens sont encore aussi fous qu’il y a 600 ans. » C’est donc la défiance qui est conseillée envers les approches conventionnelles.

Pour éviter l’accusation d’exercice illégal de la médecine, le discours est ambigu : on ne dira jamais que le patient n’a pas besoin de tel médicament, mais on testera par le test musculaire l’opportunité du médicament. Il est répété dans les formations que le kinésiologue n’est pas un thérapeute, mais un facilitateur. Il est bien spécifié, dans toutes les introductions de manuels de cours, que la kinésiologie n’est pas « un moyen de diagnostic ou de prescription pour une quelconque maladie d’un quelconque lecteur (…). Les personnes qui utilisent les tests et les procédures de correction le font sous leur entière responsabilité ». Et si les résultats promis ne sont pas là, c’est que « ce n’est pas le moment ».

Au-delà de la santé physique, il s’agit de changer de « système de croyance ». Notre ancien système de croyance, « qui a fait échouer nos arrière-grands-parents, nos grands-parents, nos parents, ne nous a pas appris que chaque humain est un individu unique, ne nous a pas appris que le fait d’admettre ses erreurs est une vertu et que changer d’avis est tout à fait naturel ». (Introduction du cours « trois concepts en un ». ) Or, grâce à la kinésiologie, tout ira mieux, car « le système que nous utilisons fonctionne, les gens changent pour le mieux et ces changements sont permanents. »

 

Le témoignage de Marguerite

Kinésiologie : un témoignage

Ecrire ce témoignage sur la kinésiologie m’a coûté. Il m’est pénible de revenir sur cette période encore récente de ma vie; mais il m’est encore plus insupportable d’entendre tellement de gens autour de moi se vanter des mérites de leur kinésiologue ou d’une autre médecine énergétique. Je fais mienne cette parole de Saint Paul : «vous étiez dans les ténèbres, maintenant vous êtes dans la lumière ».

Cette plongée dans l’univers énergétique m’a amenée à de très nombreuses recherches dans des livres, des cassettes, à des rencontres avec des spécialistes… Je suis donc actuellement à même de comprendre en partie comment cela fonctionne et pourquoi j’ai plongé dans cet univers. Dans cette démarche, plusieurs personnes m’ont accompagnée; qu’elles en soient remerciées! Par la justesse de leurs questions, elles m’ont aidée à faire la lumière … Cela a été pour moi une expérience immense de consolation fraternelle.

Après un déménagement difficile et une grande période de fatigue, je me sentais disponible pour une nouvelle orientation professionnelle. En tant que professeur de français, je remettais en cause ma pratique: je me sentais déstabilisée par les enfants en difficulté scolaire et impuissante. J’avais l’impression que même le soutien extrascolaire était inefficace, qu’on leur rajoutait des connaissances, sans avoir accès à la racine même de la difficulté de leur apprentissage.

Or j’avais, dans les années 1990, entendu parler de la kinésiologie comme d’une discipline permettant justement, par l’interrogation du corps, de remonter à la source des traumatismes et ainsi de gommer les difficultés du temps présent, notamment les difficultés scolaire des enfants. Je me décidais à consulter pour moi et pour mes enfants une kinésiologue de ma ville, dont on me disait le plus grand bien; qui plus est, elle se trouvait dans les mêmes groupes catholiques de prière que moi. Je rencontrais cette personne; je la jugeais très à l’écoute, pleine d’empathie et sympathique …

La kinésiologie se présentait comme une thérapie. Par l’interrogation du corps et en se fondant sur le principe que le corps a une mémoire propre des évènements vécus dans le passé, on pouvait retrouver trace des évènements préjudiciables vécus et les guérir en les effaçant. Le principal outil était le test musculaire: on posait une question par oral; puis par une très légère pression sur un bras tendu, on pouvait trouver une réponse positive si le bras résistait, et négative si le bras se laissait tomber. Partant de là, on pouvait envisager des corrections – sortes de massages, également indiqués par le test musculaire – qui permettraient d’effacer la blessure.

Je me lançais donc avec bonheur dans la formation que la kinésiologue de ma ville animait, sous forme de week-ends assez coûteux et non déclarés. Ces stages étaient simplement validés par une attestation de présence. Il n y avait pas d’évaluation ni de diplôme. Les élèves s’entraînaient mutuellement les uns sur les autres. On y trouvait un apport théorique flou. Je devais découvrir par la suite que tout était sous-tendu par la philosophie du New Age, c’est-à-dire la capacité que l’homme a de se guérir lui-même par l’énergie cachée qu’il tire de la nature. On nous donnait de gros documents en américain, mal traduits par l’organisation belge qui en était dépositaire. Nos professeurs français avaient retravaillé certains textes. C’était un mélange d’éléments de psychologie, de morphologie, d’ostéopathie, d’énergétique chinoise et d’autres choses que je ne comprenais pas. J’ai toujours besoin de comprendre ce que je fais, et je commençais à poser des questions. Il me fut répondu: « tu ne peux pas encore comprendre, tu comprendras plus tard, quand tu auras avancé dans la formation ». Parfois, notamment quand je demandais d’où provenaient des positions de doigts particulières, il se produisait un silence un peu lourd, comme si ma question dérangeait, et on me répondait: «c’est un langage universel. » Je devais apprendre, des mois plus tard, qu’il s’agissait de gestes occultes, codés, issus de l’hindouisme. Je sentais que j’agaçais avec mes questions et l’on commença à me traiter de «cerveau gauche ». En effet en kinésiologie, on apprend, après une analyse simpliste du fonctionnement du cerveau, que certaines personnes ne font fonctionner que leur cerveau gauche, siège de la rationalité, alors que d’autres se situent dans le cerveau droit, créatif. Le cerveau droit était véritablement magnifié.

Lors d’un des exercices, à la fin d’un long et fatigant week-end où nous avions travaillé à faire sortir des émotions cachées par des tests musculaires répétés, mon partenaire de formation me fit la correction qui était demandée par le protocole que nous avions travaillé : il me mit, entre les deux yeux, une lumière qui me plongea dans un état d’absence de moi-même.

Je devais par la suite comprendre qu’il s’agissait à mon insu, d’une ouverture d’un chakra appelé : «le troisième œil ». Et en effet je me mis à «voir »les blessures psychologique des gens et plus particulièrement chez les prêtres. Pour essayer d’analyser ma pratique, je lisais, en même temps que les cours, les livres de Simone Pacot sur l’évangélisation des profondeurs. J’en déduisis moi-même que ce à quoi elle arrivait au bout de nombreuses séances, nous y arrivions très rapidement en dix minutes : c’est-à-dire nous remontions à la blessure supposée être à l’origine par ce qui s’appelait « une récession d’âge »; cela permettait de remonter tous les âges jusqu’avant même la naissance, et de trouver ainsi la blessure correspondante.

J’assistais lors des cours à de véritables courses à la blessure, certains montrant une dépendance incroyable à cet exercice qui leur faisait vivre des sortes d’extases. J’en testais sur moi-même l’efficacité : ce qui m’était dévoilé était vrai, à ceci prêt que je n’avais jamais eu conscience que cela pourrait être source de blessure; cela me mettait dans un état d’agressivité et d’accusation vis-à-vis de mes proches par exemple.

Je découvris plus tard cette parole magnifique, tirée de la Bible, qui justement met en évidence la patience et la bonté de Dieu à notre égard; il ne permet pas que tout nous soit montré : «je ne chasserai pas tes ennemis devant toi en une seule année, de peur que le pays ne devienne un désert où se multiplieraient à tes dépens les bêtes des champs; je les chasserai devant toi peu à peu jusqu ‘à ce que tu aies assez fructifié pour hériter du pays» (Exode, 23, 29 à 31).

J’avais commencé, comme on nous le conseillait, à pratiquer la kinésiologie sur des gens de mon entourage, avec beaucoup de succès. Je faisais passer ces consultations avant l’attention à mes enfants et à mon mari. Je vivais comme hors de moi, repensant à mes clients, revivant les séances, m’interrogeant …

Plusieurs événements m’alertèrent. Une personne eut une transe avec hurlements lorsque je la touchai, ce qui me laissa épuisée et inquiète. Une autre, lorsque je lui fit une récession d’âge, pointant un traumatisme fort, se mit à pleurer en me disant «je ne voulais pas te le dire ». J’avais donc violé sa conscience? Une troisième, manifestement absente d’elle-même, me répondit quand je lui demandais si elle était présente : «je t’entends, mais je suis ailleurs, je suis bien ». J’avais à peine eu le temps de la toucher que déjà j’avais les réponses aux questions que je n’avais pas formulées par oral. Je crois qu’elle fut la dernière de mes clientes. Je me suis rendue compte en additionnant toutes ces interrogations que j’étais très loin de mon projet initial. Je me sentais très seule dans ma pratique. Je ne pouvais raconter à personne mes inquiétudes; les professeurs n y étaient pas du tout ouverts ou me répondaient simplement: « ne t’inquiète pas, tu ne fais que du bien. »

J’étais de plus en plus à la recherche de réponses à mes questions; et pourtant je n’arrivais pas à renoncer: on commençait à savoir ce que je faisais. La kinésiologie avait bonne presse dans le milieu catholique. Je vivais une forme de compassion tirée de mon expérience d’écoute à « Mère de Miséricorde »; ce que je disais intéressait et il n’était pas rare qu’à la fin d’un dîner quelqu’un vienne me dire « cela me rejoint, est-ce que je peux venir consulter ». J’entrais facilement en communication kinésiologique avec mes clients. Avec une amie de cours, dont je me rendais compte qu’elle aussi était mal à l’aise, nous avons écrit au père Verlinde. A cette époque, il commençait à recevoir des questions sur son site FINAL AGE. Il mit donc en place un groupe de travail et pu répondre à nos questions que d’autres apparemment se posaient aussi. Nous eûmes ainsi la certitude que tout cela fonctionnait sur le mode du magnétisme occulte, avec emprunt d’éléments sans aucune référence explicite aux diverses traditions des guérisseurs. Nous étions au cœur d’une des disciplines du New Age, en plein syncrétisme, nous manipulions en toute naïveté (mais est-ce le cas de tout le monde ?) l’énergie astrale; cela n’avait rien de chrétiens, Jésus n y avait pas sa place. Pour moi cet aspect là était la plus grande imposture. Mais je pense que c’est également un enfermement pour les non-chrétiens.

L’argument ultime qui demeure en faveur de la kinésiologie, ce dont les gens ne démordent pas, sont les fruits immédiats et spectaculaires qui apparaissaient lors des séances. Je dois dire qu’il se trouvait une certaine vérité dans les résultats des investigations concernant les blessures, même si parfois c’était approximatif; cela reste un mystère. En tout cas, ces investigations en engendraient toujours d’autres, sans fin. Les fameuses corrections que l’on apportait aux problèmes trouvés ne tenaient pas dans le temps et engendraient d’autres inquiétudes et donc d’autres consultations. Je suis convaincu maintenant que l’arbre qui engendre de tels fruits est pourri.

Il m’a fallu abandonner toute sensibilité magnétique ainsi que cette ouverture du « troisième œil ». Le Seigneur me le proposa lors d’une nuit d’adoration dans le cadre d’une retraite spécifique sur l’occultisme. Je lui remis tout ce que mes mains avaient senti sans toucher. Je lui demandai de venir réparer ceux que j’avais approchés. Il me fallut aussi lui demander un apaisement de ma mémoire corporelle, pour oublier ces fortes sensations de « sortie du corps « . Je dus expliquer à tous que je m’étais trompée. Jésus fut présent d’une manière très sensible du début jusqu’à la fin de ces années. Je n’étais pas seule, et dans mon humiliation, il m’a donné la chance de pouvoir accompagner certaines femmes touchées par l’avortement qui pour apaiser leur immense souffrance cherchent dans les thérapies énergétiques un remède bien vain, quand elles découvrent que Jésus est là pour elle.

Ce dernier témoignage est symptomatique des dérives possibles induites par les nouvelles thérapies, voici un scénario assez fréquent des différentes étapes.

1) Le point de départ est un mal-être pour soi-même pour ses enfants ou ses proches.

2) La recherche d’une solution est envisagée, d’abord par des moyens classiques, reconnus par la médecine, remboursés par la sécurité sociale. Il y a consultation de généralistes, de spécialistes, de paramédicaux.

3) Ces démarches n’aboutissent à aucune amélioration. Aucune explication n’est donnée à la réalité des symptômes repérés: le diagnostic reste flou, les compléments d’examens envisagés, radios, scanner, analyses en tout genre ne donnent rien.

4) Par ailleurs, aucun médicament, aucune prise en charge en orthophonie, kinésithérapie, psychothérapie n’amène d’amélioration.

5) Perplexité et questionnement surviennent quant au diagnostic et aux thérapeutiques envisagées.

6) Une personne de l’entourage propose une solution dans les médecines alternatives ou les nouvelles thérapies.

7) La première consultation donne une réponse immédiate, l’origine des maux est enfin trouvée avec la promesse d’une rapide amélioration.

8) Une sorte de protocole thérapeutique est mise en place, parfois des exercices sont proposés.

9) Enfin une réponse existe, suscitant un espoir à hauteur des investissements déclenchés, en argent, en temps, en confiance.

10) Tout ceci peut entrainer un surinvestissement dans cette thérapie aussi prometteuse.

Il) La réalité revient douloureusement à la surface. Après quelque semblant d’amélioration, l’état reste stationnaire, quelques mois passent.

12) La réponse si facilement trouvée quant à l’origine des troubles, n’était sans doute pas l’unique raison des difficultés, la déception survient, les interrogations demeurent.

13) Une autre solution doit être recherchée, parfois une autre nouvelle thérapie est envisagée.

14) A moins que ce douloureux chemin n’ait permis une prise de conscience de la réalité. Un accompagnement thérapeutique bien ciblé demande souvent du temps, de la patience, et beaucoup de tendresse de la part des parents dans l’accueil objectif de leur souffrance ou de celle de leur enfant.

Dans le cas de Marguerite, après avoir été séduite par la kinésiologie, pensant enfin trouver une réponse enfin ajustée pour ses élèves, elle s’est formée avec assiduité et sérieux à cette méthode. Après un travail important de recherche, d’évaluation et de discernement quant à la méthode, elle a observé avec lucidité ce que cela provoquait dans son entourage et pour elle-même. Son parcours lui a permis d’avoir une attention toute particulière aux propositions mensongères faites, et ce parfois à l’insu des praticiens eux-mêmes, dans certaines nouvelles thérapies ou dans certains prolongements abusifs de ces thérapies. Désormais, elle éveille son entourage aux risques potentiels de ces méthodes auprès d’autres mamans, ainsi que dans les milieux scolaires qu’elle fréquente. En rejoignant «la pastorale nouvelles croyances et dérives sectaires », elle suscite des rencontres d’information sur ce sujet et intervient elle-même pour donner des critères de discernement.

Extrait du livre: Nouvelles croyances, thérapies alternatives :des dérives possibles. Denis Lecompte, Bertran Chaudet. Sarment éditions du jubilé novembre 2008.

La kinésiologie

Attrape-rêves

Le capteur de rêves est une pièce artisanale perpétuant une légende Amérindienne. Tissé un peu comme une toile d’araignée, il a pour  fonction de filtrer tous les rêves. La légende veut que les rèves traversent la toile, les bons rèves se dirigent vers les plumes et ressortent pour rester dans la chambre. Les mauvais rêves sont emprisonnés dans la pierre  située sur la toile jusqu’au lever du soleil. Aux premiers rayons de lumière, les mauvais rèves seront brûlés.

Ce genre de grigri est en fait un talisman, c’est-à-dire un signe adressé aux esprits. Ce ne sont pas les objets en eux-mêmes qui ont un pouvoir, mais ils sont les signes conventionnels reconnus par les esprits, qui répondent aux injonctions des magiciens opérant par leur intermédiaire sur les détenteurs des fétiches…

http://occultismedanger.free.fr/501_3_attrape_reve.php

Vous trouverez sous ce lien une réflexion sur l’opportunité, pour une personne chrétienne, d’avoir ce type d’objet chez soi; voire de le porter en pendentif comme boucles d’oreilles…

Attrape-rêves en vente dans un magasin « Cultura »

Attrape-rêves sur un site de bien-être et de soins énergétiques

« Dis-leur, Mamoune », La mère d’Arnaud témoigne

Fiche technique d’analyse du livre de Nicole Gourvennec, « Dis-leur, Mamoune », La mère d’Arnaud témoigneEd. Lanore, 2008

Les chiffres entre parenthèses se trouvent dans le livre pour désigner un renvoi aux livres précédents. Le dernier chiffre entre parenthèses est celui de la page du livre analysé. Les phrases entre guillemets sont les messages d’Arnaud. Les paragraphes en italiques sont des réflexions du P. Auzenet ou des citations d’autres livres.

  1. Aspects en rapport avec la médiumnité

La question de l’écriture automatique

* Tout à coup, Paul assis en face de moi sur le divan, l’air abasourdi, prononce ces mots incroyables : « Arnaud me dit : Fais une lettre à ma Mamoune ». Aussi surprenant que cela paraisse, je n’ai pas hésité une seconde, réagissant immédiatement : « C’est Arnaud, va écrire ! » Et Paul est parti vers son bureau, calme mais pas du tout convaincu m’a-t-il avoué ensuite. Quelques instants plus tard il revient, tenant un papier où il a transcrit un dialogue de son écriture habituelle, simplement très étirée. Il est toujours aussi paisible et surpris de ce qui lui est arrivé et qui pour moi ne fait aucun doute. (p. 38)

* Il y avait là quelque chose d’extravagant qui dépassait notre entendement car nous savions bien que le corps d’Arnaud avait été déposé dans sa tombe. Comment pouvait-il s’exprimer puisqu’il ne disposait d’aucun support matériel permettant la communication comme dans la T.C.I. (trans-communication instrumentale) ni bien entendu ne bénéficiait d’aucun procédé spirite ? Cependant il était indéniable que Paul recevait bien des messages provenant de la pensée d’Arnaud, quotidiennement au début puis tous les deux ou trois jours, à des moments variables et toujours inattendus. Il écrivait très vite, sans exaltation, égal à lui-même. Tout se passait en quelques minutes, le temps de « prendre la dictée », dans un silence total car rien n’était audible. Pas le moindre élément spectaculaire.

« L’écriture automatique est un procédé utilisé en médiumnité, un esprit utilisant la main du médium pour communiquer avec le monde physique. L’écriture automatique n’est pas en tant que telle un phénomène paranormal. Ce terme désigne en fait le genre d’écriture inconsciente souvent utilisée par les psychologues eux-mêmes comme technique libératoire qui permet de faire émerger rêves, désirs, de l’inconscient. Les psychologues limitent l’écriture automatique à l’alternance des personnalités stratifiées communes à tous, ne se manifestant que sous certaines conditions. Les parapsychologues envisagent avec cette technique l’intervention du paranormal comme effet de la dissociation psychique du sujet introduit dans une nouvelle dimension. Les spirites eux, placent l’écriture automatique parmi les moyens de communication avec des entités désincarnées de différents niveaux moraux ; ceci est contrôlable par l’étude du niveau du message obtenu. Il est certain que le psychologue, le parapsychologue et le spirite ont tous trois de bonnes raisons pour adopter cette méthode. » (encyclopédie Wikipédia, http://fr.wikipedia.org/wiki/Écriture_automatique)

* Dans le cas des messages d’Arnaud, l’initiative émane d’En-Haut, rien n’est sollicité ni provoqué : « En effet, les personnes comme vous (je dis : vous, Papa et Mamoune, puisque vous êtes autant confondus dans mon cœur que dans ma mission), qui reçoivent des communications non sollicitées et par la médiation de l’Esprit seul, ne font pas de recherches. ce qui est une différence essentielle. Ni les signes ni les messages que vous recevez de moi (qui ne suis qu’un porte-parole, je le répète), ne font l’objet d’aucun travail conscient, organisé, méthodique de votre part. Papa ne fabrique pas de messages pour prouver quoi que ce soit ; il ne veut pas la fin et n’a pas les moyens ! » (T III p. 124) Cela explique que le contenu des messages ait porté la marque du ciel même au tout début, se gardant des bavardages oiseux et banals qui caractérisent souvent les communications médiumniques. (p. 95)

Nicole Gourvennec n’est pas sans savoir que certains identifieront précisément les messages d’Arnaud avec des communications médiumniques. Il convient donc de s’en démarquer clairement. Mais les esprits qui sont à la source de tels messages ne sont pas obligés de tomber dans le banal… ils peuvent aussi faire dans la gnose, comme on le verra plus loin. Le « Dialogue avec l’ange » de Gîta Malaz en est un meilleur exemple encore… Si Nicole Gourvennec se défend de faire du spiritisme, et d’être médium, on relève cependant dans le livre, à propos de la médiumnité, un double langage.

* Le troisième enseignement concerne un médium présent à ce Congrès, étonnant de forces et de dons et en même inquiétant : « De très importantes énergies le relient à l’invisible aussi vit-il sur une mer agitée de puissantes vagues… Quand des êtres sont doués de telles énergies, il est nécessaire pour les maîtriser qu’ils les qualifient dans le Verbe, car il existe un royaume des mots qui endigue les énergies. Ainsi, si je dis qu’il y a en moi des énergies sans les qualifier, je n’en dirige pas le sens et la mer est tempête. Par contre si je prononce « Énergies d’Amour » et si de plus je reconnais dans la prière que ces énergies ne peuvent venir que de Dieu, j’en accepte la Source. Enfin si j’admets, sans orgueil, qu’elles ne me sont données que pour l’amour de l’autre, j’apaise toute tempête. Sinon, je serai comme Pierre, mais n’ayant pas le Maître à portée de main, je coulerai sans espoir … » (T III p. 79) Ce message dans un premier temps conforta notre réticence à l’égard des manifestations médiumniques. Cependant nous n’allions pas tarder à apprendre qu’il faut se méfier de tout jugement a priori et ne jamais oublier, comme le dit Arnaud, que l’essentiel est la finalité du don : l’amour des autres. (p. 191)

Mode d’emploi pour ne pas se poser les vraies questions sur les « énergies » : elles ne peuvent venir que de Dieu, bien sûr… et la médiumnité, somme toute, du moment qu’elle est orientée vers l’amour de l’autre, devient acceptable…

* Dans un premier temps, j’ai pensé n’être qu’une humble spectatrice de ce maillage Ciel-Terre, me satisfaisant de mes secrètes et fortes communions d’esprit avec Arnaud. Je me contentais donc d’une participation que je supposais, tout comme Paul le pensait, destinée à rester passive, accompagnant par la prière la réception des messages que je numérotais simplement lorsque Paul les avait recopiés. En effet, il avait adopté une méthode permettant de les relire : aussitôt après les avoir reçus, de son écriture restée identique mais trop étirée à cause de la vitesse d’émission, ce qui les rendait difficilement lisibles, il recopiait tout le texte, tel qu’il avait été dicté : d’une traite, sans paragraphes ou strophes (pour les poèmes), sans ponctuation, sauf de temps en temps une précision pour une majuscule ou un point d’exclamation, voire quelques fois pour des guillemets. Arnaud lui avait donné des conseils qu’il suivait scrupuleusement : « Recopie le message le plus vite possible, ta mémoire inconsciente t’aidera : ton subconscient a tout enregistré, fais-lui confiance … » (T 1 p. 132-133) (p. 97)

« J’ai senti ma Mamoune travailler à nos messages. C’est une bonne chose comme je l’avais dit, qu’elle participe à l’élaboration formelle de ceux-ci, à la rédaction qui suit le premier jet de mots. » (T 1 p. 160) Ce travail me paraissait si sacré que je ne l’accomplissais que dans la prière, prenant le temps de me sentir reliée au Ciel et attendant un acquiescement intérieur. (p. 98)

Paul reçoit. Nicole met en forme littéraire. Travail de collaboration. Mais écriture automatique tout de même. Procédé spirite par excellence. Le conseil est limpide : « ton subconscient a tout enregistré, fais-lui confiance ». Pas d’analyse critique ; au contraire, il faut révérer religieusement les messages…

* D’ailleurs il était frappant de constater la facilité avec laquelle il reprenait le cours de ses activités. « C’est normal, me dit-il, puisque ce que je rédige ne vient pas de moi. Je sais qu’Arnaud en est l’auteur mais, contrairement à ce que tu penses, je ne suis à aucun moment submergé d’émotion, l’affectivité n’intervient pas. Je ressens Arnaud bien davantage dans les effusions-communions que tu connais comme moi. Pour les messages je suis simplement un instrument qui a du mal à suivre l’allure et qui de plus en plus ne sait même pas quel sujet a été abordé tant la trace se perd vite, comme si tout s’effaçait. » Arnaud qualifiera plus tard le récepteur de messages comme les siens de « porteur de crayon », attestant ainsi du caractère passif de ce type de communication. Paul avait vu juste car à peine quelques mois après le début des messages, la vitesse d’émission ne fera que s’amplifier, il n’y aura plus d’échanges et les sujets traités cesseront d’être personnels, atteignant une telle altitude spirituelle que leur contenu est à lui seul une irrécusable marque d’authenticité. (p. 58)

Non, car l’Esprit Saint n’a jamais utilisé de cette manière les évangélistes. « Dans la Tradition biblique, Dieu respecte parfaitement l’humanité de l’hagiographe : sa culture, son tempérament, son milieu social. Dieu parle à travers lui sans se substituer à lui : la parole qu’il prononce est tout à la fois sa parole et celle de Dieu. Des révélations privées dans lesquelles l’interlocuteur divin se servirait de la voix de son instrument humain tout en la changeant au passage ; ou qui se servirait de sa main pour écrire des messages dont l’instrument humain ignorerait le contenu au moment de les rédiger (écriture automatique ou semi-automatique) ; etc. : de telles « révélations » seraient plus que suspectes, car leur mode de production ne correspond pas à la manière habituelle de procéder de Dieu en matière d’inspiration. (P. J-M Verlinde, http://www.final-age.net/La-Revelation-officielle-et-les.html)

* « Je suis avec toi en relation moins médiumnique que tu le crois. C’est plutôt de la télépathie … » (T 1 p. 26) Plus tard, il ira plus loin dans les recommandations : « Comme je te 1’ai dit, les vraies relations spirituelles entre un être du « dessus » et un être de la terre ne sont pas magiques ! Elles ne doivent surtout pas l’être, sinon elles sont pleines de périls car, aux confins de la Terre et du Ciel (en langage compréhensible … ), les forces du Mal sont à l’affût et cherchent à interrompre les liaisons, à leur nuire et à les faire dévier. Les nôtres reposent sur ton don et l’amour entre nous dans l’Amour de Dieu. » (T 1 p. 49) (p. 41-42)

Ouf, nous voilà rassurés ! C’est étonnant comment « Arnaud » prend soin de nous dire et redire que les messages ne proviennent surtout pas d’esprits inférieurs parasitants, dont il parle encore dans cet autre message :

* « Les « ténèbres extérieures (Mt 8, 12) » sont extérieures au ciel et à la terre car, à la frontière des deux mondes, existe un au-delà mystérieux, un fragment détaché du Royaume de Lumière auquel beaucoup d ‘hommes de la terre se relient facilement, entrant en contact avec des êtres souffrants, aveugles et entêtés qui sont prêts à les capter, à les magnétiser et à les plonger peu à peu dans l’obscurité. C’est cela les ténèbres extérieures. » (T II p. 213) (p. 175).

N’est-ce pas un aveu qu’Arnaud connaît de bien près ces entités, ces esprits ?

* Les contemplatifs savent bien que l’on ne peut prier qu’en s’isolant de l’environnement extérieur pour mieux ouvrir les yeux de son âme. Dès les premiers messages Arnaud livre d’ailleurs sa méthode : « Fais le vide avec tes mains sur les yeux et ça vient facilement. » (p. 43)

Cette affirmation est capitale. Toutes les méditations orientales (si prisées dans les cercles occultes) nécessitent comme postulat de base de « faire le vide » dans les pensées… La méditation et la contemplation chrétienne sont bien différentes : il s’agit d’entrer en communion avec la Trinité, et de laisser l’Esprit Saint travailler en nous. Trop de chrétiens pensent qu’ils doivent faire le vide dans leurs pensées pour que le Saint-Esprit puisse s’exprimer au travers d’eux ou les contrôler. Au contraire, nous devons garder le contrôle de nos pensées et coopérer activement avec le Saint-Esprit. Chaque fois que nous faisons le vide dans nos pensées, l’esprit qui s’exprime à travers de nous n’est probablement pas le Saint-Esprit.

 Une rencontre avec le P. Vernette

Le 26 juin, lors d’un échange téléphonique, il me remercie pour le livre, précisant d’emblée : « J’ai lu tous ces messages, je n’ai rien à leur reprocher » ; puis il ajoute : « L’Église n’a pas assez tenu compte de ces phénomènes. J’aimerais vous connaître. » Lorsque je fais état de notre projet de déplacement pour Lourdes au 15 août, il nous fixe un rendez-vous le 14 à l’évêché de Montauban. (…) A ce moment Paul intervient et dit : « Il me semble qu’Arnaud a dit qu’il faut appeler cette dictée : l’écriture inspirée. » Le Père Vernette sursaute, visiblement bouleversé : « C’est étonnant ce que vous dites. Savez-vous que j’ai reçu hier une lettre de Pierre Monnier, le petit cousin du messager ? Il a retrouvé un courrier de Madame Monnier disant que son fils lui avait dit d’appeler ses messages : « L’écriture inspirée. » Éberluée, je finis par me ressaisir et sors de mon classeur le message choisi in extremis : « L’écriture inspirée. » Paul est aussi étonné que le Père Vernette ! (…) Lorsque nous nous quittons, le Père Vernette, regard plus bleu que jamais, nous dit : « Vous êtes guidés par l’Esprit Saint, vous n’avez pas besoin de conseiller spirituel. Laissez-vous aller. » Sur-le-champ nous n’avons pas mesuré l’importance de ce conseil, pour le moins surprenant. Nous en comprendrons la sagesse plus tard ! (p. 118-119)

Si l’on nous rapporte bien la vérité ici, on ne peut qu’être affligé des naïvetés du P. Vernette. Voilà que l’écriture automatique, phénomène utilisé essentiellement dans les mouvances spirites, est rebaptisée par lui « écriture inspirée », appellation donnée aussi par les esprits… car on n’est jamais mieux servi que par soi-même ! Quand à dire à des personnes qui prétendent recevoir des messages de l’au-delà qu’elles n’ont pas besoin de conseiller spirituel, c’est contraire à toute la tradition ! Rien de tel que de se croire directement inspiré par l’Esprit Saint sans aucun regard extérieur pour aller droit dans le mur ! Surprenant conseil dans la bouche d’un prêtre, effectivement … Invérifiable, car l’intéressé est décédé.

Démasqué ?

* « Papa, tu fus très surpris lors de la messe car, en te rendant à l’Eucharistie, tu as cru me voir dans un jeune officiant affligé d’une disgrâce physique, Oui, j’étais là, comme en surimpression sur un film. Nos regards se sont vus et reconnus. Mais quel trouble en toi ! Rassure-toi n’est pas une hallucination. Comment est-ce possible ? J’ai utilisé le canal psychique de cet être pour me poser devant lui et t’offrir cet éclair. Lui ne s’en est pas aperçu mais il a dû être déconcerté par ton regard. Je le fus moi-même. Ces manifestations ont un sens : dans l’Amour de Dieu et du prochain, tout est possible. » (T II pp. 139-140) (p. 217)

Quelle manipulation ! Pensez-vous que nos défunts se servent de nous, ou d’autres personnes, de cette façon ? En revanche les esprits diaboliques ne demandent pas notre autorisation…

* Puis il y eut ce songe-cauchemar du 6 juillet 1993. Je suis avec Arnaud, mais, contrairement aux autres rencontres, rien n’est lumineux et j’éprouve un sentiment d’oppression et de tristesse. Je perçois Arnaud comme un petit prince malheureux qui n’est plus sur son étoile mais dans un univers sombre dont il est prisonnier. Il se plaint : « Je travaille toujours, j’ai perdu tout contact physique avec toi, je souffre, prisonnier de l’obscurité, viens me rejoindre. » Tout mon être se tend vers lui en un élan irrépressible pour lui porter secours : « Mon amour, je viens ! » Un choc comme si on me secouait, une sorte de chute et je me réveille. Une pensée s’impose immédiatement à moi : il s’agissait d’un faux Arnaud, des forces mauvaises se sont jouées de moi pour m’entraîner hors des sphères christiques. Comme pour me le confirmer, la radieuse présence d’Arnaud m’envahit. (p. 174)

Zut, l’esprit avait oublié un instant de se déguiser en vrai Arnaud… Heureusement, il s’est vite repris… Il est curieux qu’une telle expérience, que Mme Gourvennec analyse pourtant bien (oppression, tristesse, univers sombre, prisonnier), ne lui ait pas permis de s’interroger plus avant. Peut-être faudrait-il qu’elle lise plus assidûment les Écritures. Saint Paul, en 2 Co 11,14, écrit : « Rien d’étonnant : Satan lui-même se déguise bien en ange de lumière. » 

  1. Aspects en rapport avec la pensée gnostique du Nouvel Age

* « Je le suis pour l’Éternité mais étant débarrassé des entraves de la terre et… t’ayant précédé dans l’Amour de Jésus Christ, je peux vivre plus intensément toute la Vie. Je ne te suis pas supérieur, mais autre, tout en demeurant semblable dans ce que tu as aimé. Rien n’est interdit à l’amour véritable que l’on porte à un être. » (T 1 p. 43) (p. 41)

Certes cette phrase ne va pas sans rappeler le « Aime et fais ce que tu veux » de saint Augustin, mais comme on va le voir dans les aspects de connaissance initiatique développés dans ces messages, tout est légèrement transformé… Cette « torsion » discrète, mais réelle fait que l’Église est l’Église mais doit être autre, l’Écriture est l’Écriture, mais doit être interprétée autrement, l’amour est l’amour mais doit être libre de toute entrave, et la connaissance, au lieu d’être simple, devient alambiquée au possible…

* « Pour votre monde présent, seul un scientifique poète, ou l’inverse, serait en mesure de vous entraîner au-delà des hypothèses, systèmes, ou modèles proposés. C’est alors que vous verriez la « Sciento-Poésie » atteindre à la Mystique… Le connu rejoindrait le caché, l’expérimenté, le deviné. » (T 1 p. 210) (p. 72)

« Foi, Amour, Connaissance constituent mes trois vies fusionnées en une seule, chaque élément se conjuguant avec les deux autres par une sorte de rotation incessante… » (T I p. 111) (p. 74)

On remarquera que l’Espérance a été remplacée par la Connaissance… quant aux trois vies fusionnées, se conjuguant… dans une rotation… Et que dire de la confluence de la sciento-poésie avec la mystique !

 

* « Jésus-Christ est mon enveloppe merveilleuse, radieuse. Je me fusionne à Lui dans un Amour immense… » (p. 69) Mon être total, donc toute ma personnalité, est branchée sur un « univers » divin, sur une « humanité » en gestation dont le sens du chemin est la compréhension finale de Dieu. (T 1 p. 57) (p. 72)

« Trouverez-vous un Vasco de Gama assez fou, assez amoureux de liberté, pour s’enfoncer dans le temps et l’espace confondus, sans esprit de retour ? Dieu aimerait cet homme, je crois. Leur amour se rejoindrait et ce voyage aurait son terme dans son Royaume. En attendant, en espérant, assis avec un Asimov (auteur de science-fiction) sur les genoux, rêvez, rêvez, car il n’y a pas d’immobilité, il n’y a que du devenir, il n’y a pas de passé, il n’y a que de l’avenir » (T I p. 226). (p. 73)

« L’accession à cette connaissance ne se fait pas selon le processus de la recherche scientifique, moyen terrestre incroyablement faible, court en déductions, incertain dans ses résultats, l’accession se fait par la fusion de notre être à la Pensée Connaissance dont les limites (que je ne fais qu’entrevoir), sont constituées par notre niveau d’élévation spirituelle, c’est-à-dire notre proximité par rapport à notre Infiniment Aimable Dieu. » (T l p.158) (p. 74)

Pas d’altérité, pas d’objectivation, mais une « fusion à la pensée connaissance »… nous voici en train de surfer sur la vague Nouvel Age… invités à boire aux sources gnostiques… Les images et symboles aquatiques sont très présents dans la littérature du Nouvel Age, pour véhiculer cet appel à la fusion avec le grand Tout, comme le morceau de sucre se dissout dans ma tasse de café… Le nourrisson nourri au sein maternel. C’est d’ailleurs ainsi que N. Gourvennec décrira un contact avec la Vierge Marie. On entre dans la mort comme un enfant se glisse dans son lit douillet : « Dis-leur, Mamoune que nos derniers instants ne furent pas ce qu’ils imaginent : ainsi que le jour naissant doucement blanchit la nuit, ainsi notre vie céleste se glissa dans les derniers plis de notre vie terrestre. Tout fut doux, tout fut blanc et le bonheur de Dieu nous attendait au coin du voile levé. » (p. 14)

* « Au Ciel, c’est la joie d’être avec Jésus. Vous croyez trop qu’Il ne fut réservé qu’à la Terre et à la vie des hommes. Jésus fut prêté à la Terre, et quel prêt ! Pour nous, cela continue : Il est là, bien réel, bien vivant. Les mêmes paroles sont dites : « Qui me voit, voit le Père ». Jésus nous accompagne dans cette étape qui n’est pas la dernière ; dès maintenant, nous puisons au plus près… Imaginez votre joie si, aimant Jésus, Il revenait vous voir ! Non, vous ne pouvez imaginer… Nous seuls avons ce privilège. » (T 1 p. 2l5) (p. 77)

Si Jésus dit : «  Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné sont Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle » (Jn 3,16), on nous affirme ici que Jésus a seulement été « prêté », ce qui rejoint de très anciennes hérésies niant la réalité de l’incarnation… De plus, c’est la négation de l’acte de foi du croyant sur la terre : seuls les privilégiés peuvent continuer à avoir une relation avec un Jésus « bien réel, bien vivant »… négation subliminale de la présence eucharistique…

* C’est le lendemain à 11 heures que nous rencontrons l’archevêque de Tours. Il nous accueille avec un visage impénétrable et, tout de suite, d’une voix monocorde, nous dit : « Je suis réservé, très réservé. Pour moi c’est de la gnose. Ce qui me surprend, c’est la connaissance. Comment un enfant de treize ans peut-il savoir tout cela ? »

Le Cardinal Honoré (je suppose) y a vu clair… Peut-être est-ce pour cela que l’entrevue est décrite de façon si négative (voir pp. 140-142 du livre).

* « Mamoune, Papa aimés, c’est Dieu qui nous choisit, cela ne provient ni de nous-mêmes, ni des hommes, et pas davantage de nos parents : « L’Éternel s’est choisi Jacob ». Ainsi en est-il de Pierre, Paul ou Jeanne etc. Mais sans notre obéissance, le choix de Dieu s’évanouit ; or il faudra bien que chacun réponde de sa foi devant LUI ! Ainsi se pose une réflexion sur l’obéissance et la responsabilité : laquelle est la plus importante dans la foi ? De qui et de quoi faut-il répondre ? À qui obéir et pourquoi…

Tout d’abord, dès que la vie spirituelle est en jeu, ne confondez pas l’obéissance à Dieu et la soumission à l’autorité des hommes, à leurs lois et à leurs institutions. Ainsi Jacob désobéit aux règles des hommes pour mieux obéir à Dieu, de même que Pierre et les apôtres devant le tribunal répondirent : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes (Ac 5, 29) »…

« Placez donc la responsabilité à l’égard de Dieu au-dessus de l’obéissance aux hommes et à leurs institutions, aussi faillibles qu’eux : on ne peut être complètement obéissant qu’envers l’infaillibilité. Or, Dieu seul est infaillible. » (T III pp. 223-224) (p. 146)

Vous avez bien compris (mais il faut s’y reprendre à deux fois, car le langage est obscur) : mieux vaut obéir aux messages prétendument reçus d’en-haut et qualifiés de divins, que d’obéir à un évêque qui n’est qu’un homme… On est loin du conseil de saint Ignace, évêque d’Antioche, au début du 2° siècle : « Aussi convient-il de marcher d’accord avec la pensée de votre évêque… votre presbyterium justement réputé, digne de Dieu, est accordé à l’évêque comme les cordes à la cithare, ainsi, dans l’accord de vos sentiments et l’harmonie de votre charité, vous chantez Jésus-Christ. »   (St Ignace d’Antioche, Lettre aux Ephésiens, IV). S’il n’y a d’obéissance complète que vis-à-vis de l’infaillibilité, tant pis pour les pauvres communautés religieuses, ou les pauvres prêtres diocésains, qui se leurrent d’obéir qui à leur Abbé, qui à leur Évêque…

 

* « Soyez plus indulgents envers le suicide des jeunes qui souvent n’est qu’une fugue de l’âme. Dieu sait reconnaître la façon dont nous nous envolons comme l’homme de mer reconnaît les oiseaux qui s’élancent vers le grand large… » (T 1 p. 245)

« Dieu veut que votre âme se nourrisse de son corps comme le fruit se nourrit de l’arbre, et qu’elle mûrisse au soleil de la terre le temps qu’il faut. Ne volez pas ou ne désirez pas voler quelques secondes à votre éternité. Mais lorsqu’un de vos enfants a coupé le fil de sa vie, ne le jugez pas, respectez le mystère des départs, volontaires jusqu’à quel point ? Dieu seul (et pas vous !) voit les deux faces de l’être humain. Dieu seul peut donc mesurer le poids d’une vie trop lourde pour une âme trop faible. Et dites-vous bien que dans les Cieux, le suicidé n’est pas un être à part. Aimez-le, aimez-le ! » (T II p.121) (p. 170)

L’indulgence, oui. La vérité aussi : le suicide n’est pas dans la volonté de Dieu, et un péché contre Dieu qui nous donne la vie. Mais il est vrai que lui seul peut juger… Mais, on ne va tout de même pas encourager les oiseaux à se lancer vers « le grand large » par l’acte du suicide. Ou alors on est au niveau des messages subliminaux cryptés dans certaines musiques rock : « kill yourself », « suicide solution »… Vite, volons vers notre éternité. Qu’attendez-vous ?

Et avez-vous remarqué cette inversion notoire : « Dieu veut que notre âme se nourrisse de son corps » ! Stupéfiant comme affirmation, quand l’Église enseigne que l’âme est la forme du corps ! On trouve vraiment des perles…

* « À marteler que l’héritage n’irait que de l’Église aux hommes, on oublie ceux-ci au bénéfice de l’Institution ; or c’est le baptisé qui fait l’Église et non l’inverse… » (T III p. 219) (p. 177)

Et si vous retournez le sablier, pensez-vous que vous allez faire croire que le sable coule vers le haut ?

* Cette image visible du Dieu invisible, Arnaud la définira plus tard en une formule lapidaire d’une grande force : « Dieu est un triptyque dont un panneau s’est peint nos yeux, c’est l’Icône christique. » (T III p. 257) (p. 180)

Toujours cette relativisation de l’Incarnation : le Christ Jésus ne s’est pas peint sous nos yeux, il s’est fait chair…

* « Vous nous appelez vos goélands, il n’appartient qu’à vous de voler le plus haut possible pour nous rejoindre… Nous sommes là, nous, vos ressuscités, pour vous rendre l’inaccessible accessible, l’invisible visible, et pour joindre le ciel et la terre. Nous sommes les pontonniers du ciel qui jetons dans votre direction les premières arches de l’édifice indispensable pour parvenir jusqu’à nous. Le rendez-vous avec nous se produira immanquablement si vous le voulez, mais préparez-le, anticipez-le avec la puissance de l’esprit. » (T II pp. 29 et 101) (p. 199)

Petite (ou grande !) confusion entre Arnaud et le Christ Jésus : lui seul est « l’image du Dieu invisible » (Col 1,15), lui seul est le pontife qui relie la terre au ciel, et qui nous fait dire : « Père, sur la terre comme au ciel… ». Lui seul a dit « Nul ne vient au Père que par moi » (Jn 14, 6). Il nous conduit vers la gloire du Père, et non pas d’abord vers nos chers défunts… « Dieu, personne ne l’a jamais vu ; mais le Fils unique, qui est dans le sein du Père, nous l’a fait connaître » (Jn 1,18).

* « Sortons du champ clos de la foi traditionnelle et, sans cartes ni boussoles, allons au-devant des hommes qui cherchent une réponse à la question capitale : « Qu’est-ce que la mort ? » Quelle réponse profonde trouvent-ils dans ce monde ? Rien !.… Il est indispensable que vous « modernisiez » votre vision de la mort car si vous ne replacez pas le trépas au centre de votre vie, une authentique et profonde spiritualité ne reprendra jamais vigueur, ne redeviendra pas primordiale. En effet, c’est à partir de la mort que toutes les interrogations de 1’homme jaillissent. » (p. 199) « Somme toute, ce ne sera qu’une redécouverte que d’autres civilisations maîtrisaient avant vous. » (p. 200).

Quel tissu de contradictions. S’il ne s’agit que de redécouvrir le trésor des civilisations passées, quelle régression par rapport à la nouveauté de la résurrection du Christ ! En effet, au centre de la vie du chrétien, ce n’est pas le trépas qui prend place, mais le joyeux acte de foi en la résurrection du Christ ! Quant à dire qu’on ne trouve aucune réponse sur le mystère de la mort, cela revient bien à nier la lumière de la Révélation chrétienne… Qu’elle est grande la sagesse d’Arnaud qui veut nous lancer à l’aventure sans cartes ni boussoles!

* Passons sur les explications fumeuses données aux pages 249-250 sur la façon dont les messages qui nous parviennent par Arnaud sont préparés dans les sphères célestes, où l’on voit réapparaître saint Jean, comme dans les écrits gnostiques…

* Néanmoins, il faut admettre que, d’une manière générale, le Nouvel Âge, selon le Père Vemette qui l’a longuement étudié, s’il est sur bien des points un retour au panthéisme, engendre chez ses adeptes, au demeurant non dépourvus d’intuitions cosmiques, la tolérance et des pensées d’amour que bien des chrétiens pourraient lui envier… (p. 175)

Le Nouvel Age est problématique. Toutefois… 

  1. Aspects en rapport avec la personnalité de N. Gourvennec

* Car il y avait en Arnaud un charme, un rayonnement naturel qui en faisait pour toute notre famille un être d’harmonie. On ne discernait jamais dans son comportement la moindre zone d’ombre, au contraire on percevait un jaillissement de son âme limpide ouverte aux autres avec une simplicité et une douceur qui, paradoxalement, se conjuguaient avec une formidable énergie. Nous le ressentions comme un enfant de cristal et notre amour pour lui nous rendait tous meilleurs. Il nous semblait que son intelligence étonnante pouvait tout comprendre, cependant que son cœur pouvait tout aimer. Comment vivre désormais sans cet enfant qui avait tant ensoleillé notre vie familiale ? (pp. 20-21)

L’amour maternel est grand. Mais n’y a-t-il pas une certaine idéalisation d’Arnaud au point d’en faire un être d’exception ? Un saint ? Dans la lecture du livre, je n’ai jamais d’ailleurs remarqué le mot « péché »…

* Et la Vierge est venue ! Difficile de trouver les mots pour décrire ce qui, aujourd’hui encore, vit en moi avec une douceur indicible, comme une perception intérieure et en même temps une vision tangible de résilles d’or illuminant mon Ciel ; oui mon Ciel, car les murs de la chambre avaient disparu, j’étais dans une dimension infinie. Et la Vierge dont la présence était d’une réalité ineffablement puissante me prenait dans ses bras non pas de façon terrestre, mais de manière illimitée et tellement aimante que je sentais une chaleur envahir mon être devenu totalement dégagé de la pesanteur, dulcifié comme si toutes les blessures de souffrance fondaient dans un Amour Maternel tellement vaste que je me sentais toute petite, presque comme un nourrisson. Cela a duré longtemps, ou plutôt hors du temps, cependant que des luminescences m’enveloppaient de leur délectable rets de tendresse. Et je me suis endormie, dans la lumière et la chaleur d’une Protection Maternelle incomparable. (p. 86)

Une telle visitation de la Vierge Marie est décrite par N. Gourvennec comme une régression affective vers l’état de nourrisson… On est vraiment très loin des paroles fermes et fortes de Marie aux enfants de Fatima ou à Bernadette de Lourdes… Qui est venu ?

* Hélas nous nous sentions mal placés pour défendre l’institution ecclésiale, car cette dernière depuis quelques années revenait sur un problème douloureux que l’on aurait pu croire dépassé : l’exclusion de l’Eucharistie pour certains, dont les divorcés remariés. Nous étions concernés à cause d’un mariage de jeunesse que j’avais contracté en toute bonne foi si j’ose dire car cet engagement de mes vingt ans n’avait jamais pris à mes yeux la forme « canonique » d’un mariage avec Dieu. La rupture rapide de cette union, erreur imputable à un manque de maturité, ne signifiait en aucune façon pour moi rupture de lien avec ce Dieu qui m’avait enrobée d’amour dans mon enfance et auquel j’étais restée fidèle au plus profond de mon âme. Il ne m’était ensuite même pas venu à l’idée que mon mariage avec Paul, tellement placé sous le sceau de notre foi commune, pouvait me valoir une sanction de la part d’une Église que j’idéalisais à cause du Père Simon de mes dix ans. Paul, quant à lui, savait à quoi s’en tenir mais par délicatesse d’amour n’a rien dit. En outre, féru d’histoire, il pensait comme beaucoup que l’institution ecclésiale était devenue plus ouverte, sur une question au demeurant délicate, pour elle qui s’était montrée si accommodante pour les grands de ce monde, dont elle faisait et défaisait les unions au gré des nécessités politiques. D’ailleurs c’est seulement au Concile de Trente (1545-1563) que fut officialisé le mariage comme sacrement. (p. 276)

Nicole est divorcée remariée. Je ne juge en rien sa vie. Simplement, je veux souligner combien l’Église issue de Vatican II tient à accueillir les divorcés remariés, tout en maintenant (sauf exception) le point de discipline de l’abstention de la communion eucharistique.

* Christ n’exclut personne, la preuve m’en fut donnée personnellement un jour où nous étions à la messe. L’officiant était un prêtre que nous aimions bien. Son homélie ce jour-là fut particulièrement belle car il rendit compte avec un abandon inhabituel chez lui, de son amour pour le Christ et du choix qu’il avait fait de lui consacrer sa vie. C’est dans un état d’adhésion intérieure à ses paroles que je me suis dirigée vers lui recevoir la communion. Au moment où il allait me la donner un incident se produisit : l’hostie s’échappa, effectua une étonnante parabole et atterrit d’elle-même dans mes mains, à notre grand soulagement car avions bien craint de la voir tomber par terre. Seul Paul qui me suivait avait tout compris de ce qui s’était passé et que Jean Guitton nom « le phénomène de l’hostie volante. Bien évidemment il est facile de trouver un sens à cette anecdote que je dédie à celles et ceux – et ils sont nombreux ! – qui m’ont écrit au fil des ans pour exprimer leurs blessures au sujet de leur situation matrimoniale. Qu’ils se rassurent: les sentences des hommes ne sont pas celles de Dieu. (p. 277)

Je laisse à N. Gourvennec l’interprétation de son incident… Mais où donc est exprimé une seule fois le désir de l’obéissance à l’Église ? Non seulement ici, mais encore dans l’ensemble du livre ?

* « Je suis un messager chrétien et plus vastement, christique. Il m’est donc loisible d’affirmer que les Églises n’ayant pas considéré comme allant de soi l’appropriation du mariage rejoignent mieux cette vérité évangélique : la femme et l’homme indissolublement et originellement unis dans l’Acte Créateur recherchent dans l’amour la trace de l’Image perdue. Dieu seul est leur témoin puisqu’Il est l’AMOUR. À ce « mystère si grand » ne peut répondre la Loi mais le silence des hommes et, si possible, leur bénédiction aimante. » (02/04/2005 – T V à paraître)

Quelle assurance, quelle majesté dans les propos… À moins qu’il ne s’agisse d’orgueil ? Arnaud vient au secours de sa maman… À moins que maman ne collabore de trop près à l’élaboration des messages d’ « Arnaud »… 

Pour conclure la réflexion

J’espère avoir suffisamment aidé le lecteur à se poser la question de l’imposture. L’Ennemi de l’homme a emprunté le prénom d’Arnaud pour mieux continuer à tromper des personnes dans l’épreuve et la souffrance. Peut-être même que M. et Mme Gourvennec sont les premiers abusés dans cette histoire. Mais il faut dénoncer l’imposture, afin d’éviter que d’autres encore ne soient trompés. Aurons-nous la lâcheté de laisser se répandre la conviction que « les morts nous parlent ? », titre d’un livre du Père Brune, compromis dans ces eaux spirites ? Ayons le courage de démasquer l’Imposteur. Encore une fois :  « Ne vous fiez pas à tout esprit, mais Éprouvez les esprits pour voir s’ils viennent de Dieu, car beaucoup de faux prophètes sont venus dans le monde. À ceci reconnaissez l’esprit de Dieu : tout esprit qui confesse Jésus Christ venu dans la chair est de Dieu ; et tout esprit qui ne confesse pas JÉsus n’est pas de Dieu ; c’est là l’esprit de l’Antichrist. Vous avez entendu dire qu’il allait venir ; eh bien ! maintenant, il est déjà dans le monde. » (1 Jean 4,1-3)

« Il faut comprendre que ni les moyens basiques ni les moyens high-tech ne satisfont les esprits du spiritisme. Souvenons-nous que leur but est l’infestation corporelle pour déstructurer l’homme dans son unité corps-âme. Très vite donc, ils proposeront ou imposeront une communication directe, de l’intérieur… (…) Les moyens de communication spirite ne sont en tout cas jamais ceux que Dieu propose : les sacrements, l’oraison… Jamais non plus – et c’est là le discernement le plus simple et radical – un esprit communiquant n’acceptera de confesser la foi catholique en l’incarnation du Verbe, en la résurrection de la chair, au pardon sacramentel des péchés ou en l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, en l’Enfer ou le Purgatoire, ni de se mettre à genoux devant Jésus-Christ Dieu fait homme… » (P. Métais-Fontenel, L’Église au défi du spiritisme, à paraître très prochainement aux Éditions Bénédictines)

 

« Toutes les formes de divination sont à rejeter : recours à Satan ou aux démons, évocation des morts ou d’autres pratiques supposées à tort « dévoiler » l’avenir. La consultation des horoscopes, l’astrologie, la chiromancie, l’interprétation des présages et des sorts, les phénomènes de voyance, le recours aux médiums recèlent une volonté de puissance sur le temps, sur l’histoire et finalement sur les hommes en même temps qu’un désir de se concilier les puissances cachées. Elles sont en contradiction avec l’honneur et le respect, mêlé de crainte aimante, que nous devons à Dieu seul. » (Catéchisme de l’Église Catholique, n° 2115-2118)

 

« On ne trouvera chez toi personne (…) qui interroge les spectres et les devins, qui invoque les morts. Car quiconque fait ces choses est en abomination à Yahvé, ton Dieu ». (Deutéronome, 18,9-14)

 

Des parents communiquent avec leurs enfants décédés

Deux cas de correspondance entre des parents et leur fils décédé sont bien connus dans les milieux chrétiens. Le même moyen de l’écriture automatique est utilisé dans les deux cas, et nous sommes là dans le cadre du spiritisme.

* Nicole (et Paul) Gourvennec ont publié cinq volumes (« Vers le Soleil de Dieu ») d’échanges avec leur fils Arnaud

ainsi qu’un autre livre « Dis-leur Mamoune », dont j’ai fait une recension critique. Dans ce livre, on peut lire à la p. 38 : « Tout à coup, Paul assis en face de moi sur le divan, l’air abasourdi, prononce ces mots incroyables : « Arnaud me dit : Fais une lettre à ma Mamoune ». Aussi surprenant que cela paraisse, je n’ai pas hésité une seconde, réagissant immédiatement : « C’est Arnaud, va écrire ! » Et Paul est parti vers son bureau, calme mais pas du tout convaincu m’a-t-il avoué ensuite. Quelques instants plus tard il revient, tenant un papier où il a transcrit un dialogue de son écriture habituelle, simplement très étirée. Il est toujours aussi paisible et surpris de ce qui lui est arrivé et qui pour moi ne fait aucun doute. » (p. 38).

Et encore : « Il y avait là quelque chose d’extravagant qui dépassait notre entendement car nous savions bien que le corps d’Arnaud avait été déposé dans sa tombe. Comment pouvait-il s’exprimer puisqu’il ne disposait d’aucun support matériel permettant la communication comme dans la T.C.I. (trans-communication instrumentale) ni bien entendu ne bénéficiait d’aucun procédé spirite ? Cependant il était indéniable que Paul recevait bien des messages provenant de la pensée d’Arnaud, quotidiennement au début puis tous les deux ou trois jours, à des moments variables et toujours inattendus. Il écrivait très vite, sans exaltation, égal à lui-même. Tout se passait en quelques minutes, le temps de « prendre la dictée », dans un silence total car rien n’était audible. Pas le moindre élément spectaculaire. »

Si ce type de communication est assimilé avec une relation spirituelle provenant d’un défunt au ciel, on est en pleine confusion. Il s’agit de spiritisme par le moyen de l’écriture automatique ; le Père François Brune qui cherche ce type de communication sur des supports magnétiques se fourvoie tout autant.

« Il faut comprendre que ni les moyens basiques ni les moyens high-tech ne satisfont les esprits du spiritisme. Souvenons-nous que leur but est l’infestation corporelle pour déstructurer l’homme dans son unité corps-âme. Très vite donc, ils proposeront ou imposeront une communication directe, de l’intérieur… […] Les moyens de communication spirite ne sont en tout cas jamais ceux que Dieu propose : les sacrements, l’oraison… Jamais non plus – et c’est là le discernement le plus simple et radical – un esprit communiquant n’acceptera de confesser la foi catholique en l’incarnation du Verbe, en la résurrection de la chair, au pardon sacramentel des péchés ou en l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, en l’Enfer ou le Purgatoire, ni de se mettre à genoux devant Jésus-Christ Dieu fait homme… » (P. Métais-Fontenel, L’Église au défi du spiritisme, Éditions Bénédictines)

« Les communications occultes ont lieu par l’influence bonne ou mauvaise qu’ils exercent sur nous à notre insu ; les communications ostensibles ont lieu au moyen de l’écriture, de la parole ou autres manifestations matérielles, le plus souvent par l’intermédiaire des médiums qui leur servent d’instruments. Les esprits se manifestent spontanément ou sur évocation. » (Allan Kardec, pape du spiritisme)

* Robert et Yvette Cara et leur fils Jean

– Le 13 décembre 1996, Jean meurt d’une hémorragie interne, il avait 43 ans. Par locutions intérieures, il adresse à ses parents des messages d’amour, d’espoir et de bonheur par lesquels il leur demande de prier pour les défunts. Sept volumes ont été publiés à ce jour « Jean Messager de la lumière »…

« Tous les matins, tu me consacreras une heure et demie de ton temps et par ce moyen d’écriture directe, j’aurai l’occasion de te dicter les instructions du Très Haut ». « Ce n’est pas uniquement ma volonté qui agit, mais celle de tous les frères du ciel. » Le père écrit et au fur à mesure, des mots, des phrases sortent de son esprit sous la forme d’une belle écriture bâton, mais cela ne dépend pas de lui. C’est Jean et les frères du ciel qui s’expriment. Le bureau n’existe plus, il ne sent plus son corps, le temps s’efface. Il est comme dans un ravissement le plus complet. Ensuite c’est avec regret qu’il retrouve son corps et son environnement, mais il en est tellement heureux. (Revue Chrétiens Magazine sept 2009).

– Le contenu des messages peut sembler correspondre en gros à la foi en Jésus Christ que l’Église enseigne ! Ceci est un piège du malin qui sait très bien contrefaire la Parole de Dieu, langage qui peut nous leurrer un temps… N’oublions pas que Jésus a été confronté, lors des trois tentations au désert, à cet emploi détourné de la Parole de Dieu.

– Les volumes comportent donc plusieurs erreurs théologiques graves. « Moi, Jean, je vous suis présent et je vous parle… » « Il est permis à certaines âmes de communiquer avec l’au-delà. » « Si on parle des âmes du purgatoire, les gens prendront conscience que l’au-delà est si proche de vous et de cette façon, ils pourront être sauvés » « Par le chemin de la généalogie, vous partez à leur rencontre (ancêtres) pour les laver de leurs péchés. » « Ton esprit instinctivement repousse l’idée de communiquer les messages, mais c’est la seule manière par laquelle nous pouvons œuvrer à la communion des saints. » « Si ces personnes sont adeptes d’un nouvel art de vivre, d’un Nouvel Age qui ne s’embarrasse d’aucune religion, vous avez encore moins à les juger… Le Seigneur vient à leur aide par les nombreuses apparitions et intervention de la Sainte Vierge Marie, mais également en envoyant ses messagers !… réparer les fautes des ancêtres. »

« L’écriture automatique est un procédé utilisé en médiumnité, un esprit utilisant la main du médium pour communiquer avec le monde physique. […] Ce terme désigne en fait le genre d’écriture inconsciente souvent utilisée par les psychologues eux-mêmes comme technique libératoire qui permet de faire émerger rêves, désirs, de l’inconscient. Les psychologues limitent l’écriture automatique à l’alternance des personnalités stratifiées communes à tous, ne se manifestant que sous certaines conditions. Les parapsychologues envisagent avec cette technique l’intervention du paranormal comme effet de la dissociation psychique du sujet introduit dans une nouvelle dimension. Les spirites eux, placent l’écriture automatique parmi les moyens de communication avec des entités désincarnées de différents niveaux moraux ; ceci est contrôlable par l’étude du niveau du message obtenu. Il est certain que le psychologue, le parapsychologue et le spirite ont tous trois de bonnes raisons pour adopter cette méthode. » (encyclopédie Wikipédia)

De nombreuses questions quant à la réception de messages de l’au-delà

Je respecte profondément la grande douleur de tous les parents séparés de l’un de leurs enfants, prématurément arrivé auprès de Dieu ; jamais la compassion de l’Église ne sera trop grande. Cependant, qu’il me soit permis de poser de nombreuses questions quant à la réception de messages de l’au-delà.

Pouvons-nous communiquer avec nos morts ? C’est bien la question posée. Quand il semble que nous recevons des messages de nos disparus sans l’avoir cherché, sans procédé spirite aucun, qui parle à l’autre bout ? En effet, la médiumnité est chose répandue. Des personnes ayant une sensibilité médiumnique et divinatoire peuvent, à l’occasion de la mort d’un de leur proche, être « sollicités » par ce canal, qui n’a rien de surnaturel. Le cas prototype de Roland de Jouvenel, nommé sur le site internet, est avéré comme exemple même de communications spirites, par écriture automatique. Ce procédé est typiquement paranormal et occulte, et n’a rien à voir avec un phénomène surnaturel. Or il semble bien qu’il en aille de même avec « Arnaud ».

Dans le cadre de la révélation et de la religion chrétienne, nous n’avons pas de contact direct avec ceux qui sont morts. Ceux qui meurent entrent dans l’invisible de Dieu ; ils voient Jésus et le Père face à face ; ils sont en présence de tous les vivants qui nous ont précédés. Mais il n’y a pas de communication physique ou psychique entre le monde invisible et le monde visible. Et jamais cette communion ne s’exprimerait à travers la réception de messages écrits par écriture automatique…

S’il y a communication, elle est spirituelle et passe toujours, moyennant notre acte de foi, par Jésus ressuscité. Pouvons-nous prier pour des défunts que nous avons bien connus ? Bien sûr, nous pouvons prier le Père pour eux après leur mort (en passant par Jésus, par exemple en offrant le sacrifice de la messe), et leur obtenir ainsi d’être purifiés plus rapidement de toute racine de péché pour vivre leur éternité totalement dans l’amour de Dieu. Est-ce que des défunts peuvent prier pour nous ? Bien sûr. Ceux qui sont vivants dans l’invisible peuvent prier le Père, en passant par Jésus, de nous accorder telle ou telle grâce, et ainsi nous l’obtenir. Nombreuses sont probablement les grâces que nous avons reçues ainsi.

Mais le désir d’avoir plus de renseignements sur l’au-delà que Jésus ne nous en a donnés est un péché contre la foi et une transgression qui nous met à portée de manipulations d’origine diabolique. L’écriture automatique est un procédé occulte qui n’a rien à voir avec l’inspiration divine. On ne rentre jamais en contact direct avec les morts, mais, dans ce cas, avec des esprits mauvais qui se font passer pour les esprits des morts ; ils sont assez habiles pour « habiller » religieusement leurs affirmations.

Je voudrais simplement en donner des preuves par l’analyse de certains passages du livre de Nicole Gourvennec « Dis-leur, Mamoune. La mère d’Arnaud témoigne ». Il y a beaucoup d’affirmations pieuses et spirituelles dans ce livre. Mais il y a encore plus d’affirmations aux antipodes de la foi de l’Église, et disons-le : occultes et gnostiques. Ce faisant, je ne fais que mettre en œuvre le conseil de saint Jean : « Bien-aimés, ne vous fiez pas à tout esprit, mais Éprouvez les esprits pour voir s’ils viennent de Dieu. » (1 Jn 4,1).

DA

Jean de Dieu, le guérisseur-médium

 Un médium guérisseur attire des milliers de visiteurs vers son centre installé dans une petite ville brésilienne.
On a affaire à un homme qui travaille avec des puissances occultes (et donc diaboliques); c’est soigneusement habillé de religieux, et transformé en buisness lucratif, puissamment médiatisé; c’est diablement efficace si j’ose dire, du moins dans un premier temps; mais une (fausse) « guérison » reçue par ce canal entraîne ensuite des liens occultes qui amènent des perturbations psychiques et spirituelles …

Continuer la lecture de « Jean de Dieu, le guérisseur-médium »

Autour des Extra-terrestres

Notre civilisation est-elle la seule ? Existe-t-il d’autres planètes avec la vie ? Et si oui, existe-t-il d’autres civilisations plus avancées que la nôtre? Cherchent-elles à prendre contact avec la nôtre ?

1. Les extraterrestres, une croyance bien implantée

Il est impossible de faire le tour de l’abondante production en littérature, livres, DVD, vidéos sur le sujet, vous vous en doutez bien. Et ce n’est pas l’objet de cette causerie, qui est d’abord de donner des éléments de discernement spirituel chrétien.

La notion d’OVNI (en anglais : UFO : Unidentified Flying Object) a été créée par Edward J. Ruppelt, ancien capitaine de l’USAF, pour remplacer celle de « Flying Saucer », utilisée généralement à partir de 1947 après l’annonce officielle de la première information de ce type. En français, on utilise le sigle correspondant à la traduction exacte de cette terminologie anglaise : « Objets volants non identifiés » (OVNI). Par analogie aux contacts avec des véhicules prétendument cosmiques (soucoupes volantes), dont l’origine remonterait à des civilisations extraterrestres, on parle aussi des prétendues rencontres avec leurs passagers — appelés souvent EBE (Entités Biologiques Extraterrestres), ET, Ufonautes, Humanoïdes, Cosmites, ou justement — et ce nom est peut-être le plus juste — Étrangers (en anglais Aliens).

Si vous vous intéressez à une méthodologie pour l’étude du phénomène ufologique, vous pouvez lire sur le net l’article d’Éric Déguillaume, « La zététique appliquée à l’ufologie », la zététique se présentant comme une méthode de recherche fondée sur le doute et la vérification des informations.

http://zetetique.fr/index.php/dossiers/288-zetetique-ufologie

Ce qui est certain, c’est que, dans le milieu des médias people, nous sommes l’objet d’un matraquage et d’un formatage continuel. Science et Vie de sept. 2013 titre : « Les scientifiques en sont convaincus, nous ne sommes pas seuls ! Les arguments qui changent la donne ». Ou encore en sept. 2014 : « Voie lactée, 9 milliards de planètes habitables ! »

Les sites internets ne sont pas en reste, et peuvent donner lieu à des délires non dissimulés. Côté russe, le premier ministre Medvedev, après avoir complété une entrevue sur caméra le 7 décembre 2012 avec des journalistes à Moscou, a continué à répondre aux journalistes et a fait quelques commentaires sans réaliser que son micro était toujours ouvert. Un journaliste lui a ensuite demandé si « le président avait en main des dossiers secrets sur les extraterrestres quand il a reçu la mallette nécessaire pour activer l’arsenal nucléaire de la Russie ? » Medvedev a répondu : « Avec la mallette contenant les codes nucléaires, le président du pays reçoit un dossier spécial « top secret ». Ce dossier dans son intégralité contient des informations au sujet des extraterrestres qui ont visité notre planète. Parallèlement à cela, il reçoit un rapport des services spéciaux absolument secret qui exercent un contrôle sur les extraterrestres sur le territoire de notre pays… »

Ou encore, côté américain, l’ancien conseiller du Pentagone, Timothy Good, auteur de Above Top Secret : Le cover-up mondial des OVNIs, a déclaré en février 2012, que l’ancien président Dwight Eisenhower avait tenu trois réunions secrètes avec les extraterrestres qui étaient « nordiques » en apparence et dans lesquelles un « pacte » a été signé pour garder secret leur agenda sur la Terre… Arrêtons-nous là !

hommes verts
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http://www.wikistrike.com/2015/05/la-russie-demande-aux-usa-de-dire-la-verite-sur-les-extraterrestres.html

2. Quelle réponse chrétienne à la question : sommes-nous seuls dans l’univers ?

Dans la postface du petit livre (40 pages) du P. Guy Consolmagno, jésuite, astronome au Vatican, « Les extraterrestres existent-ils ? » (Éd. Quasar, 2013), M. Philippe Quentin, professeur à l’Université Bordeaux 1, après avoir fait un rapide historique des réponses apportées à la question au cours de l’histoire, écrit :

« Dans le parcours auquel il nous invite dans ce livre, tout part de l’intuition que nous ne sommes pas les seuls êtres intelligents dans l’univers. Pour autant, malgré l’incroyable progrès de nos connaissances, sujet que l’auteur développe avec talent, reviennent comme un leitmotiv, ponctuant tel le chœur antique l’avancée du discours, ces quelques mots : « Nous ne savons pas. » Ceci, en soi seul, nous situe dans une démarche proprement scientifique. Notre ignorance est un état de fait, certes, mais elle est « docte ignorance », dirait Nicolas de Cuse, étant accompagnée et comme éclairée par un regard acéré sur le travail accompli, et constitue certainement un aiguillon pour avancer plus loin, en eau profonde…

En regard de ces considérations, l’auteur s’appuie fermement sur deux données théologiques de base : le principe de plénitude, évoqué plus haut, et le caractère complet et définitif de la Révélation selon laquelle Dieu aime de façon inaltérable tout être humain – à la liberté de l’homme de l’accepter ou non. La première conviction souligne l’incohérence d’une limitation a priori des capacités créatrices de Dieu, tandis que la seconde affirme avec Saint Paul « qu’aucune autre créature ne saurait nous séparer de l’amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Rm 8, 39).

Alors, sommes-nous seuls ? Peut-être bien que non… En tout cas, pour un tenant lucide de la foi catholique, ne pas être seuls au monde ne saurait constituer une source d’inquiétude.

Après tout, pour ce qui concerne son propre salut, on peut prendre à son compte ce que Jésus disait à saint Pierre au bord du lac de Tibériade : « Que t’importe ?  Toi, suis-moi » (Jn 21, 22). »

Rien n’empêche, en effet, de penser que Dieu, de son éternel présent, ait pu créer d’autres univers complètement étrangers au nôtre et sur lesquels nous n’aurons jamais d’informations, n’ayant avec eux aucune connexion. Mais imaginer de tels univers n’a strictement aucun intérêt et ne pourrait éventuellement que nous détourner de la réalité tant de la vie temporelle que de la vie éternelle.

Le P. Yannik Bonnet, dans un petit article genre « réponse aux questions » (L’homme Nouveau, 26 avril 2008) écrit :

« Il me semble que cette fiction est radicalement hétérogène avec la Révélation. Cette dernière nous parle de ce Dieu auquel notre seule raison nous permet d’accéder avec certitude : la contemplation de la création conduit logiquement à la conviction de l’existence du Créateur.

Ce Dieu nous révèle qu’Il est Amour, unique mais en trois Personnes, et qu’Il a créé par amour des êtres doués de libre arbitre, les anges et les hommes. C’est grâce à cette caractéristique du libre arbitre, que ces créatures peuvent, par choix délibéré, aimer et participer à la vie divine, pour laquelle ils ont été créés. La Révélation nous dévoile que, dans le plan de Dieu, il y a un lien mystérieux entre cette accession à la vie divine proposée aux anges et aux hommes. Les uns, les anges, sont des esprits immatériels, les autres, les hommes, des êtres de chair et d’esprit. Quant à Dieu, en Jésus-Christ, Il s’est fait homme tout en restant le Verbe Éternel, préexistant à la création des anges, des hommes et de tout l’univers.

On ne voit pas pourquoi Dieu, qui est Lumière et Vérité, nous aurait caché l’existence d’une troisième catégorie d’êtres doués d’intelligence et de volonté, susceptibles d’avoir des contacts avec nous et donc un impact sur notre vie terrestre, dont le Christ nous a dit que sa seule fonction est de nous faire cheminer vers la vraie vie, la vie éternelle. Les extraterrestres sont une pure fiction, n’ont aucune réalité ; l’intérêt suscité par leur existence supposée chez certains ne peut que les détourner du réel et de la recherche du chemin du salut. »

Voici quelques brefs extraits du livre du P. Consolmagno :

« Le premier et le plus important fait auquel nous ayons à faire face dès lors que nous nous posons la question de l’intelligence extraterrestre, est celui-ci : nous ne savons pas. De toutes les planètes que nous avons découvertes en orbite autour d’autres étoiles, il n’est pas clairement établi que l’une d’elles offre un lieu adapté à la vie telle que nous la connaissons. Sur aucune d’elles, pas plus d’ailleurs – pour rester plus proche de nous – que n’importe où dans notre propre système solaire, nous n’avons trouvé la preuve, complète et irréfutable, que la vie ait pu démarrer en quelque autre endroit qu’ici, sur la Terre. Pour autant que nous sachions avec certitude, nous pourrions bien être seuls. » (p. 5)

« Quand bien même la vie serait possible dans tous ces lieux, la découvrir effectivement serait très difficile, compte tenu de l’état actuel de nos moyens techniques. Même s’il existe plusieurs endroits dans notre système solaire où la vie pourrait être trouvée, ce n’est qu’en un seul lieu, la planète Terre, qu’elle a été trouvée jusqu’à présent. Nous ne pouvons pas encore dire si la vie est chose commune ou rare. Nous ne savons pas. » (p. 16)

« Le résultat de toute cette discussion est simple : il n’y a rien dans les Saintes Écritures qui confirme ou infirme la possibilité d’une vie intelligente ailleurs dans l’univers. Nous ne savons pas. Nous sommes libres de spéculer à ce sujet. Mais cette spéculation est limitée par deux faits que nous reconnaissons comme des points centraux de notre foi. Tout d’abord, tout ce qui pourrait exister ailleurs est création d’un Dieu d’amour. Ensuite, indépendamment de la question de savoir ce que Dieu aurait ou n’aurait pas créé ailleurs, rien de ce qui existerait ailleurs ne peut contredire ce qu’Il a fait ici pour nous. » (p. 27)
Le dessinateur américain de bandes dessinées Walt Kelly (1913-1973)a peut-être fourni la vision la plus pertinente du débat à propos de l’intelligence extraterrestre. Au début des années 1970, Pogo, personnage d’un de ses ouvrages, proposait cette réflexion :

« Il n’y a que deux possibilités : ou bien il existe de la vie ailleurs dans l’univers qui est plus intelligente que la nôtre, ou bien nous sommes les êtres les plus intelligents de l’univers. Dans les deux cas, cette pensée a le grand pouvoir de nous rendre modestes.

La seule éventualité d’une vie intelligente ailleurs souligne le caractère humain – ou au moins presque humain – des observations astronomiques les mieux établies sur l’immensité de notre univers. Pour des catholiques, faute de réponse certaine, l’étude de cette question invite à retrouver la place de l’homme. Elle devrait nous conduire à nous concentrer sur la contemplation de la grandeur de Dieu et de Son amour tout particulier pour nous. » (p. 33)

Pour terminer, un autre point de vue récent, celui du P. José Funes, directeur de l’Observatoire astronomique du Vatican

Après l’annonce par la Nasa de la découverte de Kepler 452b, une planète semblable à la Terre, il a expliqué, vendredi 31 juillet 2015, à l’Agence France-Presse, ne pas croire à une rencontre avec des extraterrestres.

Pour ce jésuite argentin, l’existence d’une vie et d’une forme d’intelligence sur Kepler 425b est « probable » même s’il reste « sceptique ». Il rappelle qu’il n’en existe « aucune preuve » et que « nous ne le saurons sans doute jamais », en raison des distances qui séparent les deux planètes. « Peut-être serai-je contredit demain, mais je ne crois pas que nous arrivions un jour à rencontrer un M. Spock », plaisante-t-il en faisant référence au personnage de la série « Star Trek ».

M. Spock
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Insistant sur le fait qu’il parle en son nom propre, en l’absence de « position officielle du Vatican » sur ces sujets, le P. José Funes affirme ainsi que  jusqu’à ce que nous ayons un résultat concret, accepté par la communauté scientifique, il est inutile de se lancer dans des commentaires hasardeux .

Et même si une vie intelligente en dehors de la Terre était découverte, il n’y verrait « pas de contradiction avec la foi chrétienne ». D’après lui, l’incarnation de Dieu est un « événement unique » dans l’histoire de l’humanité et même « de l’univers », et il ne peut exister un « autre Jésus ».  Dieu s’est fait homme en Jésus, mais sur notre Terre, en Palestine, il y a 2 000 ans. Et il n’a pas choisi un Français, un Italien ou un Argentin, il a choisi un juif , précise-t-il en souriant.

Il tient cependant à saluer « une bonne nouvelle » dans la découverte de l’exoplanète.  Ce que j’ai appris de tout cela, c’est que la recherche d’une autre vie dans l’univers nous aide à nous comprendre mieux, à nous rendre compte du rôle qui est le nôtre dans cet univers, à comprendre ce que signifie la vie, ce que veut dire être intelligent, ce qu’est une civilisation , soutient-il.

L’observatoire astronomique du Vatican, qu’il dirige, se trouve à proximité de la résidence d’été du pape à Castel Gandolfo, dans les Monts Albains près de Rome. Des scientifiques y mènent des recherches sur les météorites, les galaxies, l’origine du monde et le big bang. Une activité qui  ne va pas à l’encontre de ce que dit Dieu, car l’Église promeut la science, une science de qualité , assure-t-il.

3. Interprétation des expériences avec les OVNI comme phénomène occultiste et spirite

Ce texte a pour auteur le P. Aleksander Posacki, s.j. Il est extrait de deux chapitres du livre « Psychologie et Nouvel Âge », Éd. Bénédictines, 2009 : Étranger ? Mais de quel monde ? (pp. 111-129), Les Étrangers comme anciens « dieux » et nouveaux « messies » (pp. 131-149). Ce ne sont ici que des extraits, et la lecture des textes complets s’impose, pour une bonne compréhension et maîtrise de la problématique très intéressante exposée par l’auteur.

Ce « monde merveilleux » est bien bizarre
(Étranger ? Mais de quel monde ?)

[…] L’idée de la perfection infinie du développement de la science et de la technique est impossible à concilier avec le fait récemment célèbre de l’enlèvement ou du rapt de personnes par des extraterrestres. D’autant plus s’il s’agit, selon l’opinion la plus répandue, d’enlèvements pour des recherches sur l’homme et d’expérimentations génétiques. En effet, si une communauté a atteint un tel niveau de développement qu’elle puisse manipuler le temps et l’espace, et voyager entre les galaxies, théoriquement, elle ne devrait pas avoir besoin d’entreprendre des recherches aussi grossières sur l’homme. Sans parler ici du fait que, probablement, chaque communauté parvenue à un tel degré de développement devrait pouvoir considérer un tel comportement comme immoral.

De plus, certaines visions du monde parfait, basées sur les OVNI, font penser aux visions irréelles ou plutôt à celles résultant du penser magique, décrites auparavant dans de nombreuses utopies littéraires (y compris dans la littérature de science-fiction) qui expriment des rêves humains. […] Dans les prétendus messages des Cosmites qui, pour ainsi dire avec bienveillance (et aussi dans leur propre intérêt), avertissaient l’homme contre les abus de l’énergie nucléaire et contre la possibilité de l’autodestruction, transparaissait le message sur le monde parfait mais aussi sur le régime socialiste et l’autorité centrale. Les précurseurs de l’idéologie des soucoupes volantes, G. Adamski et D. Leslie, s’inspiraient de la littérature théosophique, surtout des œuvres de Blavatsky, de Sinnet, mais aussi de Besant, de Bailey ou de Leadbeater. Cela fait penser à la vision prévenante de Huxley ou d’Orwell. Le monde trop parfait apparaît en fait toujours comme trop peu humain (N. Berdiaev), et le monde privé de démocratie et de liberté individuelle est une régression (K. Lorenz).

D’autant plus que, généralement parlant, les intentions des Étrangers ne sont pas très claires. Camouflage bizarre, absence de contacts officiels, enlèvements ou rapts mystérieux liés à la violence (suscitant la peur), ou dans le but d’expérimentations sur des humains (ou moins de leur observation approfondie) enlevés dans des vaisseaux prétendument spatiaux : tout cela suscite des doutes quant aux intentions et à l’éthique des Cosmites, habitants des mondes parfaits, des civilisations extraterrestres.

On affirme aussi qu’ils procèdent ainsi pour ne pas captiver l’intelligence humaine par l’évidence de leur présence, pour que l’homme, en profitant de différentes données, s’ouvre à leur contact en toute liberté. Ils diffèrent entre eux par la grandeur, la couleur, la structure, le type de comportement qui va du banal ou burlesque jusqu’à une certaine forme de gravité, et ils portent un message concernant les Idées sur le Monde. Ils diffèrent aussi par le type d’action, que l’on peut qualifier d’éthique, correcte ou parfois de violente, pleine d’agressivité, avec y compris viol ou meurtre.

Du point de vue théologique, dans la tradition spirituelle et mystique chrétienne, il est évident et généralement connu que le démon se cache pour nuire davantage. L’absence de preuves de l’existence des OVNI pourrait donc s’expliquer non tellement par le fait que ces preuves soient cachées mais par le fait que les Étrangers eux-mêmes se cachent. Le malfaiteur fait de même pour ne pas être démasqué.

La violence comme carte de visite

Ce qui dévoile un peu le mystère, c’est que « les êtres OVNI » agissent à travers la violence. Parfois, il s’agit plus d’une violence sexuelle que d’une violence qui s’exprime par des rapts en vue d’expérimentations et de recherches. Au cours des dernières années, on relève beaucoup de preuves qui suggèrent que certains rapts faits par des OVNIs se rapprochent davantage des abus sexuels que des recherches scientifiques sur la génétique. […]

L’hostilité montrée aux hommes dévoile la nature probablement démoniaque de ces êtres. Ils utilisent la contrainte et la violence, en influençant l’intelligence et la volonté des humains à l’aide de la violence physique ou de la télépathie. On connaît aussi des histoires suggérant que des êtres étrangers ont enlevé des personnes, comme on vient de le mentionner. Il existe une riche littérature consacrée aux disparitions mystérieuses. On rencontre aussi des attaques directes des Étrangers contre des humains, qui souvent aboutissent au meurtre de ces derniers.

Bien que le thème de la lumière se répète sans cesse, comme dans l’ancien occultisme (luciférisme), l’activité des « êtres OVNI » est souvent très ténébreuse et terrifiante. Tel ces preuves de l’activité hostile des êtres intelligents inconnus : 1. Cas avec des monstres terrifiants. 2. Mutilations cruelles d’animaux. 3. Expériences terrifiantes des personnes enlevées. 4. Attaques avec des armes en forme de faisceaux de lumière. 5. Visites d’horribles Hommes en Noir.

Selon l’interprétation plus optimiste de C. G. Jung, les contacts avec les Cosmites sont une projection de l’Inconscient. Les contacts avec les OVNIs sont en effet étonnamment absurdes, privés de finalité ou de tâche quelconque ; cela fait penser à la perception du monde par des personnes hypnotisées. Cela ressemble à la rencontre avec les personnages du monde de l’Inconscient, avec les symboles d’un monde inconnu ou avec le monde souterrain du chaos et de l’obscurité.

La ressemblance avec les rites de l’initiation, religieux ou occultistes, remarquée dans ces rencontres, peut donc être interprétée de deux manières : ou bien c’est le contact avec un symbole irrationnel, ouvert aux significations, contact motivé par le désir d’un « monde nouveau, magnifique » (A. Huxley) ; ou bien c’est le contact avec le monde souterrain, chaotique, spirite et démoniaque. Les images paraphysiques sont seulement une projection du monde psychique où on ne peut pourtant pas exclure le facteur démoniaque. Certaines personnes ayant un contact avec les Étrangers ressemblent souvent aux médiums spirites, de même que les matérialisations et les dématérialisations bizarres des objets prétendus volants ressemblent à des phénomènes analogues au cours des séances spirites.

La ressemblance phénoménologique du contact avec les Cosmites et celle des expériences spirites (aussi dans leur version channeling) se dessine nettement, si on reconstruit le schéma général de l’expérience :

  1. L’Univers (le Cosmos) se trouve sous contrôle d’êtres soi-disant bienveillants (esprits), placés très haut sur l’échelle de l’évolution.
  2. Ces êtres sont censés nous nourrir d’une façon désintéressée, avec les ressources illimitées de leur expérience, connaissance et puissance.
  3. Si nous voulons nous ouvrir à cette connaissance et à cette puissance et montrer une sorte d’obéissance, ces êtres nous guideront dans l’évolution spirituelle, orientée vers la perfection ou même la divinité.

Pourquoi une interprétation démonologique ?

Non seulement les incertitudes décrites ci-dessus, les pistes suggérant l’initiation religieuse ou le fait de violence, mais encore la ressemblance de certains types anthropoïdes des Cosmites avec des représentations des démons du Moyen Âge, autorisent à expliquer les phénomènes OVNI par des actions cachées et sournoises des démons. Et dans le sens contraire, on assiste ici à une sorte de démythologisation parascientifique ou pseudo scientifique du monde des démons à l’aide du monde des Cosmites. L’interprétation démonologique est en plus rendue valable par le fait que de nombreuses relations sur les OVNI ressemblent à l’histoire des possessions démoniaques, décrite dans les vies de saints. L’enlèvement par les démons a été relaté dans la vie de saint Nil Sorsky, et des contacts semblables aux rencontres avec les OVNI ont été le fait pour saint Martin de Tours. Le prêtre orthodoxe, le Père Séraphin Rose, a remarqué aussi que dans de nombreux témoignages l’aspect extérieur des êtres étrangers est identique à la description des démons dans la littérature spirituelle orthodoxe. Il a rappelé que la description de deux cas d’enlèvement par les diables en Russie, au XVe et XIXe siècles, semble identique à celle de rapts contemporains par des extraterrestres.

[…] De telles interprétations sont renforcées par le fait que le contact avec les Cosmites se fait souvent sous forme de channeling (qui est une nouvelle forme de spiritisme) ou sous forme d’un contact parapsychique, induit par exemple par une hypnose ordinaire. Notons aussi que ceux qui ont fait l’expérience d’un tel contact avaient déjà été engagés dans une expérience mystique ou pseudo mystique (occultiste, parapsychologique), comme l’a soulevé l’éminent chercheur de ce phénomène, J.-B. Renard.

Habituellement, ce contact n’est pas désintéressé, mais il est motivé par la recherche de sa propre divinité auprès de ceux qui sont censés la posséder et qui peuvent l’offrir (mais est-ce gratuitement ?). Cela ressemble à la recherche de la puissance dans le cadre des pratiques magiques et spirites, et à la tentation par le pacte avec des puissances d’origine inconnue, comme l’a fait Faust. Il n’est donc pas étonnant que dans certains cas naisse un culte idolâtrique des Cosmites.

Une transformation totale vers… « une double identité »

Ce qu’il y a d’étonnant ici, c’est le passage de l’état de victime de l’enlèvement à celui de témoin de contact. Parfois, il s’agit d’un simple contact ou toucher. Après ce contact, la conscience change, l’amour pour celui qui vient d’être persécuteur apparaît, les Idées sur le Monde changent en s’orientant vers le panthéisme.

Cette transformation totale de la personne enlevée par des Étrangers est intéressante ; elle fait penser à un processus de l’initiation parareligieuse. L’homme, après avoir vécu une sorte de mort initiatique de son ego, commence à considérer les ravisseurs comme une sorte de médiateurs divins (par exemple entre lui-même et la source originelle de la création, la divinité ou Dieu), ce qui crée une sorte de culte idolâtrique.

Pourtant le résultat de telles rencontres, profondément traumatisantes, est souvent la désintégration de la personnalité ou le suicide. Cela montre une autre ressemblance avec des phénomènes parareligieux, à savoir spirites ou occultistes, qui provoquent des résultats analogues chez les personnes qui entrent en contact avec ce genre de réalité, surtout pour nombre d’entre elles qui captent des messages par télépathie.

[…] Un aspect intéressant des enlèvements consiste en une sorte de changement initiatique qui touche non seulement la transformation de la conscience, mais aussi celle des Idées sur le Monde. nous avons affaire à la découverte d’une double identité des victimes : celle de la victime et celle des Étrangers en même temps. D’ailleurs, souvent, on accède à cette identité par la thérapie sous hypnose (qui, en elle-même, est déjà problématique).

On ne saurait dire toutefois clairement si la transformation de la conscience (vers une double identité) est un effet secondaire de la résolution d’une expérience traumatisante, ou bien si elle constitue une caractéristique immanente de ce phénomène. Une personne enlevée, Sheila, a reconnu son lien avec des êtres étrangers au moment où elle a regardé le chef des Étrangers droit dans les yeux et s’est soumise à son pouvoir. Ainsi a-t-elle adopté les Idées sur le Monde basées sur une profonde préoccupation pour l’écologie, qui lui ont été suggérées alors.

Une autre enlevée, Catherine, après avoir noué des liens avec les Étrangers, a compris combien sont forts et entre-tissés les liens entre toutes les manifestations de la vie sur notre planète. On l’a rendue consciente aussi de la question, si difficile à comprendre pour les Occidentaux, de la continuité qui se manifeste dans la réincarnation. Une autre enlevée, Lee, a été soumise à une profonde régression hypnotique qui a révélé que Lee avait été enlevée à bord d’un OVNI alors qu’elle était jeune adolescente ; là, on avait mis une sonde dans son vagin et prélevé un tissu, probablement un ovule. Dix jours plus tard, elle était partie pour quelques mois en Inde, afin d’étudier le bouddhisme tibétain (!) Comme elle le constate elle-même, l’expérience avec l’OVNI a causé chez elle un traumatisme sexuel, mais a suscité aussi en elle un prétendu « développement spirituel et a développé la sensibilité à tout ce qui est vivant — depuis les insectes jusqu’aux êtres d’autres dimensions et systèmes planétaires ». Elle a vécu, comme elle le constate, un développement de la conscience unique et agité, pour lequel elle est très reconnaissante aux forces qu’elle ne sait même pas nommer. Elle a ajouté que « le bouddhisme tibétain reconnaît en grande partie de telles rencontres spirituelles et la conscientisation des personnes enlevées ».

Scott, abusé par des Étrangers, a senti depuis leur présence permanente dans son esprit. Il a constaté ensuite : « Mon ouverture par rapport à eux a débloqué aussi certains mécanismes en moi […]. Cette entrée dans la sphère de l’esprit s’est produite sans aucune préparation. Et pourtant les yogins travaillent bien dur pendant de longues années pour obtenir un niveau spirituel plus élevé. »

L’initiation qui conduit à la possession ?

Ce qui est étonnant ici, c’est la juxtaposition de la violence avilissante, que rien ne justifie, et le développement ou le pseudo développement spirituel de type écologique, bouddhique, ou bien strictement occultiste : médiumnique ou chamanique. Du point de vue chrétien, on peut supposer ici une intervention démoniaque, ce qui est suggéré aussi par le fait de la double identité qu’on peut interpréter comme un phénomène de possession démoniaque ou d’une certaine démonisation. Elle se réalise dans le cas d’une initiation étrange (rencontre) qui ressemble à une initiation occultiste ou bien spirite, typique des expériences du Nouvel Âge. Cette possibilité est indiquée par le phénomène même de channeling médiumnique.

[…] Beaucoup de personnes enlevées vivent une sorte d’extase. Et cela, parce qu’à travers l’expérience (et sa répétition dans les transes) de la création dans le cosmos, elles s’ouvrent en quelque sorte à la source divine. Les enlevés ressentent une unité extraordinaire de tous les êtres et de toutes les créatures, le lien avec la nature et les esprits, et aussi avec les animaux, car les Étrangers peuvent se manifester aussi sous la forme d’animaux (comme les esprits dans le chamanisme). À travers les interactions avec les Étrangers, les personnes enlevées s’approcheraient, dit-on, des racines spirituelles, cosmiques, de la lumière divine.

Pour Dawid, l’enlevé, la spiritualité des Indiens, le chamanisme, les forces de la nature, les réalités différentes, l’énergie chi, le karaté, les expériences de la réincarnation et d’enlèvement, sont les pièces d’un puzzle total. Le lien direct se fait souvent à travers le contact visuel. Les enlevés confirmaient maintes fois qu’en regardant dans ces grands yeux omniscients des Cosmites, ils font l’expérience de l’amour qui embrasse tout. Ce contact est pour eux bien plus fort qu’un lien quelconque entre les humains. […]

La propagation de l’idéologie du Nouvel Âge (Les Étrangers comme anciens « dieux » et nouveaux »messies »)
Dans une telle situation, les craintes de tromperie spirituelle (démoniaque) ne sont donc pas infondées, car les conceptions de ce genre aussi bien en théorie qu’en pratique répondent à l’idéologie du Nouvel Âge et y sont assimilées (par exemple, l’idéologie de l’énergie ou de la puissance cosmique, de la conscience planétaire mondiale, la propagation de la technologie spirituelle, de la religion scientifique, du matérialisme spirituel). Le Nouvel Âge n’a pas cessé d’exercer son influence.

Dans ses publications officielles, le Nouvel Âge flatte les Cosmites, de même que les autres cultures non-européennes ou non-chrétiennes. L’idéologie de l’OVNI s’appuie sur les mêmes piliers théoriques que l’idéologie du Nouvel Âge :

– Le diagnostic de crise écologique.

– La création d’un champ de conscience planétaire qui permettra de sauver la Terre.

– Le pragmatisme technocrate qui domine tout dans l’action pour : sauver la Terre. Au mieux : en attendant un salut de la part des dieux du cosmos. Du point de vue chrétien (où l’interprétation démonologique peut apparaître), un tel penchant de l’intelligence et du cœur suffit pour incliner l’homme vers l’idolâtrie, et favorise l’apparition des êtres démoniaques, par exemple sous la forme d’OVNI. […]

Le discernement spirituel chrétien

Célèbre pour ses recherches dans le domaine de l’occultisme, le père Séraphin Rose, moine orthodoxe mort en odeur de sainteté, est convaincu que les rapts contemporains par les OVNI sont une forme de possession démoniaque, décrite dans la tradition depuis de longs siècles. Il constate que  les hommes contemporains, fiers de leur illumination et de leur sagesse, sont de nouveau confrontés à l’expérience d’un contact avec l’illusion démoniaque, mais ils n’ont plus les idées chrétiennes sur le monde qui leur permettraient d’évaluer ce phénomène de façon juste .

[…] Il est difficile de résister à la conclusion qu’il s’agit ici de démons ou de fantômes créés par eux. Quelques facteurs l’indiquent :

  1. Les Étrangers « ont l’aspect des démons tels qu’ils apparaissent dans les descriptions connues de la tradition ecclésiale. Ils semblent des êtres matériels mais, en même temps, ils sont transparents ou lumineux, comme immatériels. Conformément à l’enseignement de l’Église, les démons sont des êtres spirituels — des Anges déchus. Ils se nourrissent des passions humaines, mais eux-mêmes sont déchus et pervers. Durant la plupart des enlèvements, les gens sont abusés sexuellement ».
  2. «… selon la plupart des faits rapportés, au cours des « examens » […] », les Étrangers « infligent une douleur aux enlevés et leur font peur. Dans la littérature spirituelle, surtout dans les vies des saints, on peut trouver de nombreuses descriptions des attaques physiques des démons contre des chrétiens. Si les Étrangers avaient vraiment été des extraterrestres spiritualisés du cosmos et non des démons, ils auraient sûrement épargné aux gens les souffrances. En réalité, ils ne veulent pas adoucir la douleur physique et psychique mais, au contraire, l’infliger aux victimes arrêtées. »
  3. Les Étrangers suscitent « le sentiment de peur et de dégoût qui accompagne les humains au cours de la première rencontre ; il disparaît seulement après la soumission spirituelle de l’homme à ses ravisseurs. Ce sont des manipulations démoniaques typiques, connues de la tradition chrétienne. Les démons tendent méthodiquement à vaincre le dégoût naturel que leur proximité suscite aux humains et à le remplacer par la confiance à leur égard. »
  4. « Les effets spirituels des contacts avec les étrangers sont complètement antichrétiens. Les personnes enlevées abandonnent la tradition universelle du christianisme orthodoxe, en pratiquant une spiritualité fausse, apparentée à la pseudo-religiosité du Nouvel Âge, qui leur est transmise par la voie de l’illusion démoniaque. Ces gens ne se trouvent plus sur le chemin de perfectionnement et de transformation de la personne humaine, chemin chrétien, théocentrique, soutenu par la grâce de Dieu. De « nouvelles Idées sur le Monde » les amènent à l’extinction de la personnalité, à la foi en la nécessité de se fondre dans l’Un, qui constitue la compréhension païenne du Paradis et du Salut. […] »

Les religions en tant que culte de l’OVNI (Les Étrangers comme anciens « dieux » et nouveaux « messies »)

Erich von Daniken, businessman-hôtelier et chercheur du phénomène de l’OVNI, autodidacte et dilettante, fut peut-être le premier dans les médias à donner aux Étrangers le nom de dieux. Les chariots des Dieux (1968) est le premier des livres de Daniken, jouissant d’une énorme renommée.

Titre du livre de Daniken

L’auteur affirmait que les extraterrestres ont visité la Terre il y a 10 000 ans, et qu’ils y ont créé les hommes en modifiant à leur image les gènes des singes anthropoïdes. Ils « sont restés sur la terre pendant un certain temps, et ils ont été, dit-on, adorés comme des dieux. De nombreuses et sérieuses analyses ont réfuté comme fiction totale les abondants arguments de Daniken. L’auteur lui-même a avoué avoir traité ses matériaux très librement, ce qui ne l’a pas empêché de publier une dizaine de livres vendus au total à plus de 50 millions d’exemplaires.

Moise et Ovni !

Les différents titres d’une vingtaine de livres de Daniken (par exemple, L’or des Dieux, Les Dieux étaient astronautes) témoignent d’une sorte d’obsession pour ce sujet, indiquant non seulement des recherches dans le domaine de l’OVNI ou de la culture, mais aussi une sorte de recherche au niveau religieux. Il s’agit de prouver ici, non pas tant que les ovnis sont dieux, mais que tous les dieux sont justement des ovnis.

[…] Il y a là un abus théologique, sous la forme d’une tendance de plus en plus fréquente à expliquer tous les phénomènes religieux de cette manière. Il s’agit ici de l’utilisation illicite de termes ufologiques appliqués à l’interprétation de l’histoire de la religion dans sa totalité, et à la lecture des écrits et des mythologies anciennes, écrits considérés dans ce cas précis comme des récits déformés des visites des Cosmites (par exemple : la vision biblique d’Ezéchiel décrit un vaisseau spatial, l’étoile de Bethléem est un véhicule volant et les anges sont des Cosmites).

Est-ce pour cela que les recherches de Daniken se fondent toujours sur la question : Est-ce que les dieux ont été astronautes ? Il a constitué un large dossier dans le but de confirmer la théorie des dieux-astronautes, ainsi que l’hypothèse concernant de prétendues visites que les Étrangers auraient rendues à nos ancêtres. Il présuppose que, depuis les temps les plus anciens, les extraterrestres ont visité maintes fois la Terre « pour pousser l’évolution de l’homme plus en avant ». Les dieux ont créé l’homme à leur ressemblance — cette thèse, rencontrée dans différentes religions, est interprétée par Daniken avant tout à travers une réinterprétation de la Bible. Le péché originel est le résultat du croisement des Cosmites, Fils de Dieu révoltés, avec les Terriens (Gn 6, 1-2). « Dans ce drame préhistorique, le Très Haut, c’est-à-dire le chef du vaisseau spatial, avait évidemment de meilleures cartes que l’équipe révoltée. Il regardait avec préoccupation ce qui se passait sur la Terre. Le croisement des Cosmites avec les Terriens a donné comme résultat des êtres tout à fait différents du projet de la lignée Homo sapiens. C’était justement ce péché originel mythologique. Les humains ont hérité d’un matériel génétique non approprié, donc le Seigneur « se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre et il s’affligea dans son cœur », comme le dit le Livre de la Genèse (Gn 6, 6). »

Daniken indique que les Fils de Dieu sont traduits dans la Bible une fois comme géants, une autre fois comme enfants de Dieu, ou bien comme anges déchus ou êtres spirituels révoltés. Dans cette approche, les hommes, en tant que créations non réussies, seraient enfants des démons ou d’autres dieux gnostiques de second ordre. Les affirmations anthropologico-théologiques de Daniken sont donc un mélange de pseudoscience et d’affirmations religieuses arbitraires, qui sont le plus souvent une forme de redéfinition gnostique de la Bible et du christianisme. Ici, nous avons donc même affaire à une certaine démonisation de l’homme et aussi à une démonisation de Dieu. Une telle approche rend les théories de Daniken semblables aux théories satanistes, par exemple celles de La Vey.

L’idéologie ou une certaine religion de Daniken trouve sa continuation dans la mission d’un nouveau prophète, Raël (Claude Vorilhon), qui fonde sa propre secte (1974, Mouvement Raëlien). « En 1973, un jeune journaliste, Raël, a reçu un message pour l’humanité entière de la part d’un représentant de la civilisation extraterrestre […]. Toutes les formes de la vie sur la Terre, y compris l’homme, ont été créées scientifiquement par les Cosmites à l’aide de l’ingénierie génétique (synthèse de l’ADN). Ce sont eux qui ont commencé toutes les religions actuellement existantes. La Bible les nomme ELOHIM […], ils veulent prendre contact avec la civilisation terrestre. Dans cet objectif, il est nécessaire que les Terriens érigent une ambassade pour eux. Sommes-nous prêts à leur retour ? Cette transmission de l’espérance, qui aboutira à un renversement sans précédent dans notre société, est ridiculisée et attaquée par les autorités politiques et religieuses qui veulent tenir les gens dans l’ignorance. »

Les partisans de la théorie de C. Vorilhon se croient confesseurs de la religion scientifique du IIIe millénaire. Dans les doctrines des mouvements religieux à caractère apocalyptique, les Cosmites sont considérés comme une chance pour sauver la Terre d’une catastrophe qui la menace, et/ou pour monter à un niveau supérieur de l’existence ou de la conscience.

Les cultes de l’OVNI : une religion nouvelle

Différents cultes des OVNI, présentant un caractère nettement religieux, ont fait leur apparition. Parmi ces cultes, on compte le plus souvent : Antrovis, la Société Aetherius (Aetherius Society), l’Académie des Sciences Unarius (Unarius Academy of Science), le Mouvement Raëlien mentionné déjà et le Mouvement Urantia.

Selon différents groupes de ce type, les civilisations extraterrestres et leurs habitants réunissent des traits caractéristiques spécifiques :

  1. Le trait peut-être le plus important des groupes qui rendent à leur manière le culte aux Cosmites est l’acceptation de la transcendance des Cosmites. Cela s’exprime dans des expressions mettant en relief des caractéristiques absolues des habitants d’autres planètes : omniscience, perfection physique, psychique, technique et scientifique, et aussi disposition à sauver les Terriens. La transcendance des Cosmites est soulignée par leurs dénominations : Elohim, Frères de la lumière, Guides célestes.
  2. Un autre trait, c’est la révélation des Cosmites au fondateur. Des extraterrestres mystérieux se révèlent, dans un lieu désert, à un fondateur solitaire d’un groupe, à cause de ses traits caractéristiques personnels. Cette rencontre porte du fruit par le canal d’une relation, d’un témoignage écrit par le fondateur et qui devient livre sacré du groupe.
  3. Le message transmis par les Cosmites au fondateur élu d’un groupe contient habituellement une critique de la société terrestre avec des accents écologiques (destruction de la nature) et catastrophico-apocalyptiques (destruction de la nature comme un des facteurs qui annoncent l’extermination).
  4. Il n’y a donc que les Cosmites qui peuvent sauver l’humanité. Dans des groupes ufologiques naissent alors des attentes messianiques. L’attente d’un salut imminent a un caractère millénariste.
  5. C’est possible, parce que les Cosmites représentent une supertechnique infiniment supérieure à la terrestre. D’où la fascination par la technique, la mise en relief du caractère scientifique de la religion, l’intérêt pour la science et l’emploi d’un argot techno-scientifique spécifique.
  6. Il faut souligner que les fondateurs des groupes ufologiques avaient eu des expériences mystiques antérieures au sens de mysticisme large, conçu comme toute expérience extatique, y compris occultiste, ésotérique ou spirite. Cette dernière caractéristique semble très significative dans le discernement spirituel chrétien.

Les Étrangers se présentent donc comme des tuteurs providentiels de l’humanité, nouveaux messies, qui interviennent dans la vie de l’homme pour l’avertir d’un danger ou le préparer à accéder à un niveau supérieur de spiritualité. […] Des créatures disposant de puissances mystiques essaient, pour tromper les gens, de les préparer en démontant leurs Idées sur le Monde et leur conscience morale. Ils les endoctrinent avec une philosophie spirituelle ou une vision religieuse fondée sur l’évolution cosmique de la conscience et la conception impersonnelle de l’absolu. Que ce soient donc des Humanoïdes réels, visitant les hommes dans leurs véhicules cosmiques, ou simplement des démons : les uns et les autres détournent les gens de la vraie religion et du vrai chemin de salut.

Les messages antichrétiens des Étrangers

[…] Les Étrangers, bien que taciturnes pendant de nombreuses rencontres (ce qui ne veut pas dire qu’ils n’influencent pas les humains, en les manipulant, par exemple, par l’hypnose ou la télépathie), prononcent souvent des discours sophistiqués et des messages compliqués. On peut les décrire et les évaluer. Ce sont des messages concernant les Idées sur le Monde : messages philosophiques et aussi théologiques, qui rappellent en principe le message reçu dans l’expérience de channeling (même si le cas en question était sans rapport avec l’ufologie). Ce qui est bizarre, c’est qu’il s’agit ici principalement des Idées sur le Monde de type Nouvel Âge, ou des idées orientales simplifiées, védiques ou bouddhiques par exemple. Des éléments essentiels de ces idées ont déjà été diffusés par la tradition occultiste de la franc-maçonnerie et de la théosophie de H. Blavatsky (liée à la franc-maçonnerie et ayant une influence importante sur le Nouvel Âge) qui — comme nous l’avons mentionné — a été une source d’inspiration pour Daniken.

La vision du monde propagée ou proposée par les Étrangers peut être résumée en quelques points.

  1. La philosophie présentée par ces êtres montre un certain modèle conséquent qui s’oppose nettement à la science contemporaine (en renvoyant habituellement à la science de l’avenir dont le niveau est déjà atteint par les ufonautes).
  2. Ces Idées sur le Monde veulent persuader que la vie existe dans l’Univers entier. Il y a là justement les Humanoïdes qui possèdent une conscience et une vie affective (qui, en général, diffère de la vie affective humaine : on dit parfois — le plus souvent en s’appuyant sur l’expérience — qu’ils dépassent l’homme par leur niveau d’amour, mais on parle aussi d’une froideur plus grande de ces êtres). Généralement, ils possèdent aussi des capacités parapsychiques développées (télépathie, puissance de l’intelligence : psychokinésie).
  3. Il s’agit davantage d’avoir une conscience que d’être une personne. Les âmes conscientes habitent des corps matériels, en transmigrant d’un corps physique dans un autre, selon le processus de l’évolution cosmique de la conscience, en atteignant par degrés le progrès dans la vie spirituelle à travers différentes expériences dans des corps matériels successifs. (Il s’agit donc là de la migration des âmes ou de la réincarnation — qui s’opposent au dogme de la résurrection !) Comme le constate Katrin Ledermann, l’ex-leader du mouvement du Nouvel Âge, l’expérience centrale suprasensorielle ou spirituelle y est, aujourd’hui aussi, une certaine migration de l’âme où on a l’impression de quitter son propre corps et de se mouvoir dans une région qui se trouve hors de notre planète. Selon le P. M. Fuss, c’est la réincarnation qui constitue l’essence de l’expérience spirituelle dans le Nouvel Age. L’un et l’autre sont vrais et ont lieu ici.
  4. Le progrès spirituel consiste dans le développement de l’amour et de la compassion par rapport à tous les êtres, et dans le développement de la connaissance, de l’intelligence et des puissances parapsychiques.
  5. Les êtres, à des niveaux supérieurs du développement spirituel, collaborent entre eux dans un système organisé de gouvernement cosmique. À l’opposé de cela, la plupart des gens sur la terre sont considérés comme arriérés dans leur développement spirituel (barbares primitifs, demi-animaux, etc.).
  6. À part le corps physique, il existe un corps subtil, formé d’énergies plus subtiles que celles qui sont connues de la science contemporaine. Il existe aussi différents niveaux d’existence dans la réalité dite parallèle ou l’autre dimension.
  7. On y confesse le plus souvent la philosophie du panthéisme (tout est dieu), en parlant d’un dieu ou même d’un créateur mais qui est impersonnel, omniprésent, agissant à travers le monde de la nature. Ce dieu impersonnel est presque incompréhensible et inaccessible. À l’étape supérieure, ce dieu est considéré comme l’Un — un être éternel, sans dualité, plein de conscience, d’amour et de lumière. L’évolution de la conscience conduit finalement à l’expérience de l’Un ou à la pénétration en l’Un.

Une telle philosophie ou théologie antichrétienne émerge partiellement (ou dans sa totalité) de nombreux communiqués liés à l’OVNI — notamment du communiqué reçu par la voie du channeling (qui est — encore une analogie — la prière du Nouvel Âge et l’expérience spirituelle la plus importante) et dans les rencontres directes avec les êtres de l’OVNI.

Certains chercheurs disent que, dans l’explication de l’énigme OVNI, on ne peut pas exclure des communiqués télépathiques de la part des hommes-yogins qui représentent les Idées sur le Monde mentionnées ci-dessus. Une telle expérience de contact avec les mystiques tibétains aurait été le fait de femmes théosophes : H. Blavatsky et celle qui lui a succédé dans le mouvement théosophique, A. Bailey. Il est intéressant de constater que la finalité, choisie dans les communiqués médiumniques de Bailey et dans les messages des Étrangers, est semblable ! Elle consiste « d’une part en annihilation du matérialisme occidental et d’autre part en annihilation du dévouement sentimental de nombreux fidèles de nombreuses confessions ». Il faut surtout remplacer l’idée du Dieu personnel par une notion lointaine et abstraite du Très Haut, comme « Celui dont on ne peut rien dire ». Un des effets fondamentaux de l’influence de l’OVNI sur les personnes qui en traitent sérieusement (pas nécessairement tout de suite religieusement) est la destruction de leur image occidentale et scientifique de la réalité. Mais aussi la destruction du culte du Dieu personnel, surtout dans sa conception chrétienne.

Dans une grande partie des communiqués liés à l’OVNI existe une tendance à critiquer radicalement la religion et les Églises, et en particulier à noircir l’idée d’un Dieu personnel. De nombreux messages des OVNI, qui nous sont déjà connus et qui ont un contenu théologique, diffusent souvent une conception impersonnelle ou athée de Dieu, et certains attaquent directement les fondements de certaines religions qui incitent à l’offrande de soi, particulièrement du christianisme.

Le syncrétisme religieux antichrétien

Une forme du rejet du christianisme est sa redéfinition justement dans le syncrétisme religieux, qui n’est autre que la confusion intellectuelle des notions (erreur) et la profanation religieuse (péché). Les sectes religieuses inspirées par l’OVNI prônent souvent le syncrétisme religieux (au sens de pseudo-synthèse des grandes religions connues de l’humanité). Déjà, en 1954, un certain Georg King fonde l’Aetherius Society dont les confesseurs croient que tous les grands fondateurs de religions (Bouddha, Jésus, Krishna) sont membres de la Confrérie Blanche cosmite qui vient chez nous à l’aide des OVNI de différentes planètes de notre système. Des idées semblables ont été diffusées à partir de 1956 par un certain Sananda de Californie ; à son avis, depuis 260.000 ans, la Terre est gouvernée par « le gouvernement spirituel du Système Solaire » dont le régent porta successivement les noms d’Abel, de Noé, Melkisédek, Moïse, Bouddha, Socrate, Jésus, et, à partir de 1956, justement de Sananda. Ce gouvernement dirige, entre autres, le développement de la culture sur la terre, en essayant de changer progressivement l’humanité (à l’aide de la flotte OVNI).

Erich von Daniken, critiquant ou redéfinissant la religion judéo-chrétienne, et aussi d’autres religions (perses, babyloniennes, des Indes), crée sa propre religion. Pourtant, à la différence de la plupart des gnostiques, il ne s’attribue pas de révélation ni d’illumination mais affirme qu’il a connu la Vérité par la voie du raisonnement rationnel. Malgré cela il croit posséder une certaine capacité de perception non-sensorielle, bien qu’il ne soit pas clairvoyant au sens ordinaire du mot. Peut-être est-ce justement pour cela qu’il se réfère volontiers aux gnostiques de la période du christianisme primitif, aux apocryphes, surtout au Livre d’Enoch, et aussi à la Kabbale et à l’alchimie, par exemple à Paracelse. Il regarde d’une façon très critique les révélations reconnues par l’Église catholique. En revanche, il accepte avec admiration les révélations du fondateur des mormons, Joseph Smith, ou de la fondatrice de la théosophie, Hélène Blavatsky, qui vénère d’une façon spécifique Lucifer. C’est une forme de syncrétisme obscur, typique des idéologies occultistes, dont Daniken s’inspire passionnément.

Adam et Eve et le raélisme – source : Kmarinas86 (Own work) [GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html)
Raël aussi prône le syncrétisme à partir du moment où, en 1973, les extraterrestres l’ont contacté, en lui donnant le nom de Raël. De son message, nous apprenons que « tous les anciens textes de religion et toutes les légendes relatent leur séjour sur notre planète. Dans la Bible, ils sont appelés Elohim ; ce nom, au pluriel, est improprement traduit par « Dieu » mais il signifie : ceux qui sont venus du ciel. Ce sont eux qui ont initié toutes les anciennes religions grâce aux contacts avec certains prophètes, comme Moïse, Élie, Ézéchiel, Bouddha, Mahomet, Joseph Smith… Jésus a été fils de l’un d’eux et d’une terrienne, Marie ».

Pour finir vient l’Ordre du Temple Solaire (déjà mentionné), mouvement religieux syncrétiste à caractère apocalyptique. Il est né en 1984 dans le cadre de la Fondation de la Voie d’Or (Golden Way Foundation), créée en 1978 à Genève par J. Di Mambro. Ce dernier a été leader du groupe, tandis que L. Jouret, charismatique, représentait le mouvement à l’extérieur et était chargé de l’enseignement. Le gouvernement réel du mouvement aurait été exercé par de mystérieux « Maîtres de Zürich » (qui probablement n’existaient pas) ; Di Mambro transmettait leurs recommandations aux disciples. Dans les enseignements de la secte apparaissaient des emprunts au christianisme, au gnosticisme, à l’occultisme, à l’ésotérisme, des allusions à la tradition des templiers et à l’idée du mouvement de Rose-Croix AMORC (Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix). Le caractère apocalyptique de ce mouvement (ce trait n’a pas été mis en relief dans son image publique) se manifestait dans l’évaluation négative de la condition du monde, et l’énumération des cataclysmes menaçant la Terre. Une attention particulière était consacrée à l’état de la protection de l’environnement (Sz. Beznic). Cela est noble, mais s’est tragiquement terminé par un suicide et un meurtre collectifs.C’est de cette manière-là que fonctionne le mécanisme de la tromperie spirituelle, ou du piège spirituel, dont les conséquences — les fruits dangereux — sont parfois dissimulées jusqu’au bout.

C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez

L’angliciste américaine, le Dr Karla Turner, qui, pour sa part, a fait plusieurs fois l’expérience de l’« enlèvement » par les OVNI, est une de ces victimes qui disent savoir exactement ce qui leur est arrivé. À son avis, « l’état modifié de conscience » induit au cours de l’enlèvement empêche les témoins de faire une quelconque évaluation objective de la situation. Dans cet état modifié, écrit Turner, les Étrangers peuvent manipuler totalement l’homme, et ils le font en prenant le contrôle total de la situation, et, par conséquent, des informations qui se trouveront dans cette relation. Ainsi, ce que nous entendons est soumis à la censure totale de la part des extraterrestres. Tous ceux qui s’occupent de ce phénomène n’ont pas le droit de faire abstraction de ce fait. […]

L’auteur cité n’évalue pas les expériences avec les OVNI à partir d’une position théologique, mais à partir d’une position laïque et de sa propre expérience. Et pourtant, elle recommande quelque chose qu’on pourrait appeler préparation au discernement spirituel. Derrière des messages sublimes et positifs se cache en fait une force réelle, d’origine inconnue, qui dissimule ses intentions. D’où le connaissons-nous ? Nous vérifierons ces intentions à leurs fruits. Comme l’écrit le maître du discernement spirituel, Saint Ignace de Loyola, « l’ange de lumière (Exercices spirituels, 332) qui cache ses mauvaises intentions, obscurcit l’intelligence par ses manipulations, dissimule ses projets destructeurs (ibid., 140-142), peut être reconnu à la fin de nos pensées (ibid., 333) et à sa queue de serpent (ibid., 334). »

Dans le chapitre précédent, consacré aux OVNI, j’ai écrit qu’un fruit de la rencontre avec les Étrangers, c’est une transformation suspecte et soudaine des Idées sur le Monde, et une initiation dangereuse parareligieuse, pseudo-religieuse, occultiste ou spirite. Il faut mentionner aussi d’autres fruits qui l’accompagnent, comme de bizarres changements de personnalité, la confusion et la désorientation, l’angoisse et le chaos, des signes mystérieux et des blessures sur le corps. De quel esprit cela vient-il ? Sûrement pas du bon, même si cela était fait par les mains de Cosmites existant réellement.

Karla Turner, en examinant les enlèvements par les OVNI, pour comprendre le vécu de l’enlèvement qui la concernait elle-même et sa famille, a remarqué que dans le groupe de vingt-et-un enlevés : seize ont rapporté l’augmentation des capacités parapsychiques ; seize, des bruits non expliqués chez eux (par exemple, le bruit de pas sur le toit) ; seize, des troubles d’électricité non expliqués (par exemple, les postes de télé ou la lumière s’allumant mystérieusement) ; seize, l’apparition, au cours de la nuit, d’étranges cicatrices sur leurs corps (comme des traces de piqûres, des bleus et des traces de griffes) ; douze ont rapporté des phénomènes de type poltergeist (par exemple, à la maison, des objets apparaissent et disparaissent de façon inexplicable). Elle a remarqué aussi que les vingt-et-un enlevés ont tous parlé de voix mystérieuses, qu’ils entendaient (et qui, souvent, les appelaient par leur nom), et de sons (tels que bourdonnements et sifflements). La plupart de ces événements rapportés font pleinement partie de la catégorie des phénomènes parapsychiques.

Il faut rappeler aussi que les recherches sociologiques (et celles du psychiatre de Harvard, le Dr J. Mack) n’ont pas confirmé l’hypothèse selon laquelle les personnes qui croient aux OVNI sont avant tout des individus malades, malheureux, ayant tendance à penser en termes simplistes, marginaux, rejetant la société ou soulignant leur aliénation par des idées extravagantes affichées. Par contre, fut confirmée l’hypothèse que les personnes croyant aux OVNI s’intéressent en même temps aux autres réalités alternatives telles que l’astrologie ou, plus généralement, l’occultisme. Ces personnes aussi ont plus souvent affirmé avoir vu un OVNI de leurs propres yeux, et étaient plus portées à croire vraies des informations diffusées par les médias à ce sujet. Elles étaient aussi plus sceptiques vis-à-vis de l’incrédulité des autorités face à la réalité de l’OVNI. On a démontré aussi que les personnes maltraitées dans l’enfance et, pour cette raison, prédisposées à une dissociation psychique, ont une tendance plus forte à reconnaître la réalité de l’OVNI. […]

4.Brève présentation du mouvement raëlien

Historique

Claude Vorilhon est né en 1946, avant de devenir Raël, il veut chanter tout comme son idole : Jacques Brel. Après un succès mitigé, il s’investit dans son autre passion : le sport automobile, il devient journaliste sportif et crée sa propre revue dont la santé financière ne résiste pas au choc pétrolier de 1973.

A cette, même date, il aurait rencontré, au sommet d’un volcan du Puy de Dôme, des extraterrestres, les Élohim, venus de leur lointaine galaxie pour lui porter un message. Afin de lui révéler La Vérité, ils l’emmènent sur leur planète. C’est là qu’il apprend qu’il n’est pas un homme ordinaire car, si sa mère est terrienne, son père est un Élohim, plus précisément le président du Conseil des Éternels, « Iahvé ». Il est également le demi-frère de Jésus, Bouddha et Mahomet. Son véritable nom est Raël, « le messager », nouvel ambassadeur des Élohim sur Terre, son rôle est de diffuser leur message afin de préparer leur arrivée.

Le mouvement Raëlien se présente comme une religion sans dieu ; la création, les miracles et les événements de la Bible peuvent tous être expliqués de manière scientifique. Les Élohim au sommet de l’évolution technologique et scientifique ont découvert le secret de la vie éternelle et du bonheur, un monde sans guerre et sans violence, lieu d’éternel plaisir où le travail est assuré par des robots biologiques. Il y a 25 000 ans, ils ont créé l’espèce humaine en laboratoire grâce à la génétique. Progressant sur le chemin de la connaissance, les humains ont peu à peu découvert les techniques de leurs créateurs mais ils en font mauvais usage, notamment la bombe atomique, utilisée pour la première fois en 1945.

Cette date marque le début de l’âge de l’Apocalypse, qui pourrait conduire l’humanité à s’autodétruire au cours d’une guerre nucléaire. D’où la décision prise par les Élohim de faire venir sur Terre le dernier prophète, Raël, né en 1946, an I AH (après Hiroshima) du calendrier raëlien :

 D’un jour à l’autre l’homme peut s’autodétruire. Seuls seront sauvés de la destruction ceux qui suivent le dernier des prophètes . (Les extraterrestres m’ont emmené sur leur planète, Raël, édité par la Fondation raëlienne 1986 p. 145).

Doctrine

La doctrine raëlienne s’organise autour de la notion d’éternité, qui caractérise le stade ultime de l’évolution. De celle-ci découle l’organisation de la société, le type de gouvernement, le statut des individus. Mais elle est surtout la justification du clonage prôné par Raël.

En vérité, tous ceux qui ne souhaitent pas vivre éternellement et qui sont apparemment en bonne santé (et ils ne doivent pas être nombreux) devraient être soignés pour dépression… […]  (Oui au clonage humain, édité par la Fondation raëlienne, 2001, p. 48-49)

Il paraît important de noter que le système, qui va être décrit, existe déjà selon Raël sur la planète des Élohim et que cette organisation de la société est destinée à s’appliquer concrètement sur Terre dans le futur.

Vie sociale et politique

Le modèle social proposé par Raël n’est à aucun point de vue égalitariste, il propose une véritable hiérarchisation des individus. Selon Raël, et contrairement aux droits de l’Homme, tous les individus ne sont pas « égaux en droit » ; la société est dirigée par une élite peu nombreuse, les Éternels, qui choisissent par cooptation ceux qui les rejoindront pour régenter la vie des « mortels » : « Tu n’hésiteras pas un seul instant entre les lois humaines et celles des créateurs, car même les juges humains seront jugés un jour par nos créateurs ». (Les extraterrestres m’ont emmené sur leur planète, p. 128)

 Car un jour, très prochainement, nous allons pouvoir devenir éternels. […] Et nous devrons, tout comme les Élohim le font avec leur propre population, sélectionner ceux qui le méritent. […] Un jury, chargé d’un jugement dernier devra décider qui mérite d’être immortel et qui doit disparaître […] Il se peut que la population mortelle ait des sursauts de révolte et de révolution. Il se peut donc […] que la vie des Éternels sur la terre devienne dangereuse et qu’ils doivent s’exiler sur une planète proche et en faire en quelque sorte la planète des Éternels Humains. […] Après avoir organisé la société sur terre pour qu’elle n’ait plus jamais accès aux technologies les plus avancées beaucoup trop dangereuses entre les mains d’êtres pas assez avancés spirituellement, ils partiront pour une planète voisine, d’où ils gouverneront la Terre tout en sélectionnant ceux qui méritent d’accéder à la vie éternelle.  (Oui au clonage humain, p. 124 -126)

Le système politique envisagé par Raël, la géniocratie, est tout autant élitiste et antidémocratique. Il s’agit d’un système de gouvernement mondial dirigé par les génies : Seuls les gens dont le niveau d’intelligence à l’état brut est supérieur de 50 % à la moyenne doivent être éligibles et seuls ceux dont le niveau d’intelligence est supérieur de 10 % à la moyenne peuvent être électeurs.

Ce type de gouvernement s’oppose au système démocratique actuel qui est qualifié par Raël de « médiocratie » car ce sont  les gens qui ont une intelligence moyenne, donc médiocre, qui vont faire la décision lors du scrutin .

Le clonage et l’intégrité physique de l’individu

Grâce à la technologie génétique et informatique, les individus pourront, dans le futur selon Raël, télécharger le contenu de leur cerveau dans des ordinateurs. Ils vivront une vie virtuelle et pourront, à l’occasion, réintégrer pour une durée déterminée un corps, conçu à vitesse accélérée, grâce au clonage d’ADN. Le corps physique acquiert donc une valeur insignifiante. Cela entraîne certaines interrogations. Que représenteront alors les « atteintes physiques » faites aux individus ? Le corps n’est-il pas destiné à devenir un simple « outil biologique » utilisable à merci ? L’interrogation persiste quand on se penche sur la vision futuriste de Raël concernant les « robots biologiques » :

Les robots biologiques, (… ), sont composés de matière vivante (… ). En quelque sorte des êtres ressemblant aux êtres humains, mais qui n’auront pas ce qui fait des humains des humains, à savoir : la conscience, l’auto-programmabilité et la capacité de se reproduire. Sans la conscience, l’auto-programmabilité et la capacité de se reproduire, il n’y a aucun problème éthique à créer de tels nouveaux esclaves. […] Ils doivent être totalement soumis à leurs maîtres (… ) Il suffira de lui fournir un endroit pour dormir et de la nourriture comme à n’importe quel animal de compagnie.  (Oui au clonage humain, p. 104 -106)

Un autre aspect du concept de « corps-objet » est toujours observable dans le fait que plusieurs dizaines d’adeptes féminines du mouvement se sont portées volontaires pour être les mères porteuses du premier clone humain créé par Clonaid.

Enfin, la science (et en particulier la génétique) sert de prétexte à la mise en place d’une certaine forme d’eugénisme : « La criminalité sera également presque totalement éliminée. Tout d’abord grâce à un dépistage génétique de tous les défauts pouvant entraîner des comportements violents et anti-sociaux. Il est criminel de laisser naître des enfants qui vont souffrir toute leur vie alors que l’on sait faire en sorte que seuls des enfants génétiquement sains soient conçus. […] La mise au monde d’enfants porteurs de tares génétiques ne devrait-elle pas être elle aussi interdite comme crime contre l’humanité quand on sait l’empêcher. » (Oui au clonage humain, p. 79, 56, 59)

Vie des adeptes

À l’heure actuelle, l’utopie raëlienne n’étant pas réalisée, les adeptes sont bien obligés de travailler pour assurer leur subsistance. Si leur vie future leur promet « un revenu minimum de subsistance », pour l’heure, ce sont les adeptes qui financent le mouvement en versant 10 % de leur salaire annuel, auquel il faut ajouter le coût des différents stages et conférences. En cas de problèmes financiers temporaires, des arrangements sont prévus.

Les adeptes ne vivent pas en communauté mais se regroupent régulièrement à travers le monde lors de stages, notamment les stages d’éveil qui initient à la « méditation sensuelle », technique « d’harmonisation » permettant de communiquer avec les Élohim par l’éveil de tous les sens.

La sexualité joue donc un rôle essentiel au sein du mouvement, aussi bien entre les adeptes, que dans les relations du leader avec les femmes. Il a d’ailleurs créé un ordre, « les anges », jeunes femmes distinguées par un collier avec une ou plusieurs plumes d’anges et qui sont entièrement dévouées à Raël.

La place des enfants : intégrité physique et intellectuelle

Cette vision libérale de la sexualité est à mettre en question quand on aborde la question de la place des enfants au sein du mouvement raëlien. Au regard des différents textes et des affaires judiciaires relatives aux abus sexuels sur mineurs, il est légitime de s’interroger.

Selon Hayat El Mountacir (Les enfants des sectes, Fayard, 1994) des tentatives de théorisation de la pédophilie reviennent de façon itérative dans les différents écrits » de Raël :  Il faut donc supprimer les lois faisant automatiquement un détournement de mineurs d’un rapport sexuel entre un individu de plus de 18 ans et un individu de moins de 18 ans ». « Tu éveilleras l’esprit de ton enfant, mais tu éveilleras aussi son corps, car l’éveil du corps va de pair avec l’éveil de l’esprit […]. Ne rien dire à ses enfants au sujet du sexe, c’est mal, leur expliquer à quoi ça sert, c’est mieux mais ce n’est pas encore suffisant : il faut leur expliquer comment ils peuvent s’en servir pour en retirer du plaisir  (Les extra terrestres m’ont emmené sur leur planète)

L’initiation sexuelle devrait se faire aussi bien par les parents que par des éducateurs (ou des guides raëliens). Comment saisir cette initiation des enfants par les parents autrement que dans un cadre incestueux , interroge H. El Mountacir.

Le problème de l’intégrité physique et intellectuelle des enfants doit également être examiné lorsqu’on aborde les thèmes de l’éducation des enfants, du développement du libre arbitre et de l’accès à la connaissance:  Les écoles et les universités deviennent, elles aussi, totalement inutiles car les enfants peuvent soit être éduqués par l’informatique et la réalité virtuelle en bénéficiant des cours des meilleurs professeurs du monde, soit recevoir des implants électroniques qui leur communiquent les connaissances dont ils ont besoin. Le nombre d’enfants de cette société future sera d’ailleurs très limité car les individus auront un choix à faire entre devenir éternels ou avoir un enfant, ceci pour éviter la surpopulation. » « Le fait d’être obligé de choisir entre le droit à l’éternité et le fait d’avoir un enfant fera qu’il n’y aura probablement que très peu d’enfants, ce qui aidera encore les gens à se séparer sans problème pour vivre constamment de nouveaux plaisirs avec de nouvelles personnes  (Oui au clonage humain, p. 78, 142)

Cette nouvelle approche du thème de l’enfance, qui apparaît dans « Oui au clonage humain » est peut-être à rapprocher des démêlés judiciaires du Mouvement et de l’implication de certains adeptes dans des affaires de pédophilie et d’abus sexuels sur mineurs qui, nous l’avons vu, semblent trouver une justification dans les textes relatifs à la méditation sensuelle.

Raël promet à ses adeptes une vie future entièrement vouée aux plaisirs :  Chaque journée sera une nouvelle succession de plaisirs ininterrompus. (Oui au clonage humain, p. 142)

Apparemment le messager a, pour sa part, grâce à la générosité de ses adeptes, appliqué ses préceptes dans sa vie terrestre : « Les autres seront préservés et emmenés avec le guide des guides sur la planète des Éternels où ils jouiront d’une vie merveilleuse d’épanouissement et de plaisirs. Ils seront servis par de magnifiques athlètes aux corps sculpturaux (… ) en compagnie d’hommes et de femmes d’une beauté et d’un charme sans pareil et entièrement soumis à leurs désirs. » (Les extra terrestres m’ont emmené sur leur planète, p. 146) « […] De magnifiques jeunes filles seront la récompense de leur foi ». Dans les faits, des dizaines « d’anges », des jeunes filles distinguées par une plume portée en collier, prêtes à satisfaire leur prophète

« Nous avons un genre de courses automobiles atomiques qui vous passionnerait. » (Le livre qui dit la vérité, p 147) confie par ailleurs un Élohim à Raël. Le mouvement raëlien a créé une filiale, la Raël Racing Team, une écurie de course financée par les dons des adeptes, permettant à Raël de vivre sa passion et de courir sur les grands circuits automobiles du monde. « Plus personne n’ayant besoin de travailler, l’argent tel que nous le connaissons actuellement disparaît forcément et fait place à un crédit mensuel, dont les gens disposent pour s’offrir ce qu’ils souhaitent. » (Oui au clonage humain, p. 76). Raël dispose de suffisamment d’argent sans, dit-il, posséder un quelconque compte en banque, ni, semble-t-il, avoir besoin de travailler pour gagner sa vie.

Pour finir

Le rapport 2001 de la Miviludes souligne :Sur son site interne, Raël réagit en insistant sur les dangers du monothéisme qui, selon lui, pousse au fanatisme et [le danger] de l’éducation religieuse qui fait des enfants des terroristes de demain. […] L’ardent défenseur de la religion athée propose de remplacer le monothéisme par la science qui devrait devenir notre seule religion.

Mais dans ce cas, comment qualifier ce qu’on peut lire dans la revue interne du mouvement (Apocalypse International, n° 101) Mourir pour les Élohim est ce qu’il y a de plus beau sur cette planète, c’est la clé du jardin d’Allah ou de la planète des Éternels […] II y a hélas peu de chances pour que l’on puisse en Europe mourir parce que l’on est Raëlien, je dis hélas car il n’est rien pour moi de plus beau.

Ce texte est extrait de la Revue Bulles (Bulletin de Liaison pour l’Étude des Sectes, n° 77, mars 2003, pp. 4-9). UNADFI

http://www.unadfi.org

Voir aussi de très nombreuses ressources sur le mouvement raëlien. La secte des clones invisibles. Vers l’orgasme cosmique par la méditation sensuelle… :

http://www.prevensectes.com/rael.htm#divers

Et encore sur le mouvement raëlien :

http ://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_raëlien

Au Mans habite Princess Loona, un des «Anges de Raël», alias Elsa Cabello, kinésithérapeute 245 Av. de la Libération…

Sur l’historique des sectes ufologiques, voir : Cyril Le Tallec, Les sectes ufologiques 1950-1980, Édition L’Harmattan (2005)

Chapitre 1 : « Accueillir les extraterrestres ». De très médiatiques précurseurs : George Adamski et ses groupes internationaux — Le Centre d’études fraternité cosmique — L’Association ontologie et mysticisme ciel-terre — L’Ordre de Melchisédec — Les débuts du Mouvement raëlien français — Aquarius et Iso Zen — Le Club ondes vives — La Fraternité internationale d’Isis et Jean Archaimbault — De Rampa aux Ummites — Jean-Claude Monet et les petits hommes bruns — Le « pape » Clément XV : évangéliser les « interplanétaires »— Le Grand-Druide et les extraterrestres

Chapitre 2 : L’espace comme toile de fond. Le docteur Lefébure face au virus extra-terrestre — L’ange de la planète Cyclamen — Une révélation « rünciste »— Vers une société « éthérée » — Le Bâal-Contrat

Chapitre 3 : Les groupes d’études. L’ufologie : une science nouvelle ? — — Les pionniers de la Société fortéenne — GEOS, GEPA, CEREIC… l’imbroglio français — « Lumières dans la nuit » — Vers une Fédération française d’ufologie — De « Kruptos » au Pèlerin de Paris — Les « petits gris » de l’IMSA

Chapitre 4 : Hors de l’Hexagone. En Angleterre : de Viewpoint Aquarius à Findhorn — La Californie : un vaste champ d’expérimentation — De Géorgie en Oregon

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La problématique ufologiste a encore de beaux jours devant elle ; le meilleur reste sans doute à venir. Il semblerait que tout soit fait pour nous abstraire de l’« ici et maintenant », si important dans le christianisme ; et aussi pour nous aider à oublier de poser notre regard sur notre prochain, et sur la grande valeur de l’homme, sommet de la création divine, de sorte à nous brancher sur des chimères qui n’existent pas.

En ce sens, on peut souligner le rapprochement à faire entre l’idéologie ufologiste et l’idéologie montante du transhumanisme, qui, Dieu voulant, fera l’objet d’un exposé dans un autre cycle. Dépasser l’homme, tel est le projet du transhumanisme : franchir les limites de l’homme, son corps, son intelligence, puis sa pensée, sa morale, sa religion… Mais le véritable homme « augmenté », n’est-ce pas celui qui a la foi au Christ ressuscité ?

P. Dominique Auzenet

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février 2016

Depuis ce travail, il faut noter la parution du livre de Jacques Arnould, Turbulences dans l’univers. Dieu, les extraterrestres et nous. Albin Michel, 2017

Commencer un combat spirituel après l’occultisme, l’ésotérisme, le new-age

Certains d’entre vous ont baigné pendant des dizaines d’années dans les pratiques occultes, le new-âge, l’ésotérisme. Vous avez fait l’expérience des perturbations et dysfonctionnements qui s’ensuivent. Vous ressentez que vous êtes en état de fragilité sur ce point, et vous cherchez à contrer des attaques spirituelles.

Après une prière de libération, il est important de prendre conscience que le COMBAT SPIRITUEL s’impose, et ce sans remettre à demain!

Saint Paul affirme : « Au reste, frères, fortifiez-vous dans le Seigneur et dans sa vertu toute-puissante. Revêtez-vous de l’armure de Dieu, afin de pouvoir résister aux embûches du diable. Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les princes, contre les puissances, contre les dominateurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits mauvais répandus dans l’air. C’est pourquoi prenez l’armure de Dieu, afin de pouvoir résister au jour mauvais, et après avoir tout surmonté, rester debout. » (Ep 6, 10-13)

Jésus lui-même nous a prévenus : « Lorsque l’esprit impur est sorti d’un homme, il va par des lieux arides, cherchant du repos. N’en trouvant point, il dit : Je retournerai dans ma maison, d’où je suis sorti. Et quand il arrive, il la trouve nettoyée et ornée. Alors il s’en va, prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui; puis ils entrent et s’y établissent : et le dernier état de cet homme devient pire que le premier. » (Luc 11, 24-26).

Il ne faut pas sous-estimer ce combat. Vous devez passer par une période de « remise à niveau » spirituel.

Icône Michèle Koné

 

1 — SORTIR D’UN ÉTAT DE FAIBLESSE SPIRITUELLE

Renouez avec la prière

J’ai dans mon garage un vélo. Parce que j’ai décidé de privilégier la marche à pied, je ne m’en sers plus. Les pneus sont à plat. Ainsi de la vie spirituelle des chrétiens qui ne prient plus et ne reçoivent plus les sacrements de l’Église.

Beaucoup ne savent pas qu’ils sont en ÉTAT DE FAIBLESSE

À la suite d’attaques spirituelles (phénomènes paranormaux ou diaboliques), ils finissent par en prendre conscience.

Ils le comprennent le jour où cette faiblesse les met dans un ÉTAT DE DÉTRESSE.

Le secret élémentaire du combat spirituel est la remise en pression de notre organisme spirituel.

 Il va falloir se décider à inscrire la prière dans l’agenda de sa journée, en plusieurs moments différents.

✓       Il y aura la prière du matin, avant de commencer ma journée…

✓       La méditation de l’Évangile avec la récitation du chapelet, sans doute à un autre moment.

✓       Peut-être une courte prière en commun avec d’autres. À voir quand.

✓       Le dimanche, et quelquefois en plus dans la semaine, la participation à la célébration de la messe.

✓       La prière du soir avant de me coucher…

✓       Et l’état de prière à cultiver tout au long de la journée (la prière du coeur)

ÉTAT D’URGENCE. Ne dites pas : je n’ai pas le temps… Trouvez-le.

 

Réglez votre réveil plus tôt

La première chose à décider, c’est de se lever plus tôt pour prier. Il va falloir régler mon réveil autrement.

La prière se vit d’abord le matin, car la journée s’offre à nous remplie de promesses. Prier le soir, c’est bien, et il faut le faire; mais la journée s’en est allée.

La spécificité de la prière du matin, c’est qu’on va se préparer à vivre la journée qui se trouve devant nous en s’ouvrant à la présence de Jésus vivant.

« La prière joue le rôle d’une prise de courant : c’est elle qui assure le contact permanent avec la source de lumière, de chaleur et de force...


 

Devant cette prise de courant, il n’y a pas moyen de savoir si le courant arrive ou non. On a envie de penser que cela ne sert à rien, quand on ne voit ni lumière, ni résultat. En attendant, il faut durer dans le silence et l’espérance, maintenir coûte que coûte le contact dans la foi. Il faut y croire.

Dans notre vie, de cette source cachée ruisselleront des fontaines, de cette obscurité fusera la lumière, de ce creux d’ombre se répand la paix, de ce temps perdu votre journée reçoit efficacité, dans ce repos votre travail prend valeur, à partir de ce silence votre parole devient féconde. Mais la prière, par où vous viennent tous ces biens, peut rester glacée, voire, inaccessible et dure. Aucune importance : c’est la prise de courant ». (Soeur Jeanne d’Arc. Du temps pour la prière)

Prenez ces petites décisions

QUAND ?

Décidez à quel moment vous allez prier : après votre toilette… avant ou après votre petit déjeuner… ?

OÙ ?

Prévoyez dans quel endroit vous allez prier : au pied de votre lit dans votre chambre ? Assis dans votre salle de séjour… Dans un petit endroit que je vous vous serez aménagé ? Dans ce cas : un crucifix, une petite bougie, une bible ?

COMBIEN ?

Prévoyez combien de temps vous vous donnez, pardon, vous donnez au Seigneur, pour cette prière du matin : dix minutes, un quart d’heure, une demi-heure…

AVEC QUI ?

Si vous êtes en couple ou en famille et que l’appel s’en fait sentir, y a-t-il une petite partie de cette prière qui sera commune à tous ? (simple exemple : dire le Notre Père ensemble au moment de prendre le petit déjeuner…)

QUOI ?

Quel va être le contenu de votre temps de prière ?

Votre prière du matin

Voici quelques suggestions, à arranger à votre façon pour une durée de 10 mn.

✓      Commencer par un beau signe de croix.

✓      Lire un Psaume (c’est-à-dire une prière titrée de la Bible, dans le livre des Psaumes)

✓      Prendre un temps de silence

✓      Ouvrir mon coeur à la présence de Dieu, qui m’est intérieur

✓      Faire la prière de protection

✓      Recommander à dieu telle ou telle personne

✓      Réciter lentement le Notre Père, la seule prière que Jésus nous ait donnée

✓      Demander l’aide de la Vierge Marie, en récitant le Je vous salue Marie

✓      Écouter un chant de louange ou de méditation…

✓      Terminer par le signe de croix

À vous d’ajouter, de retrancher, de mettre dans un autre ordre…


 

2 — LES ARMES SPIRITUELLES ESSENTIELLES

Faites la prière de protection

Les pages qui suivent sont consacrées aux huiles essentielles, pardon aux armes essentielles du combat spirituel.

Voici tout d’abord une toute petite prière, qui s’adresse au Père, pour demander la protection de Jésus

Père, dans le combat spirituel de ce jour (de cette nuit),

que le Sang de ton Fils Jésus soit ma protection.

Je me place moi-même, ma famille (nommer des personnes),

mes biens, mon travail (mon entreprise)

sous la protection du précieux Sang

que Jésus a versé pour nous sur la Croix.

Père, merci pour cette protection que tu me donnes. Amen.

Il ne s’agit pas d’appliquer une formule, de réciter une « prière efficace », ou « la prière qui marche le mieux ».

Vous pouvez imprimer, à partir de ce lien, le feuillet concernant la prière pour mieux vivre le combat spirituel.

Il s’agit d’entrer en relation vivante avec Jésus ressuscité, par la foi, en réclamant explicitement la protection spéciale de son amour sauveur. Il nous a montré son amour en donnant sa vie pour nous sur la croix, en versant son sang en sacrifice pour tous les hommes. « Vous avez été rachetés… non par de l’argent ou de l’or, mais par le sang précieux de Christ » (1 Pierre 1, 18-19)

 « Le Sang de Jésus nous purifie de tout péché » (1 Jn 1, 7); il nous protège également des défaites dans les tentations provenant de l’ennemi. Il prend la brebis perdue sur ses épaules.

En faisant cette prière — un esprit à acquérir plus qu’une formule à réciter telle quelle —, c’est comme si nous établissions un bouclier de protection par rapport à tout ce qui nous concerne.

Une personne d’origine Africaine en butte à des attaques spirituelles, et qui avait commencé à dire chaque matin la prière de protection, me disait : « J’ai encore des attaques, mais c’est comme si j’avais mis un toit sur ma maison ».

Il faut faire cette prière tous les jours, l’intégrer à notre prière du matin, sans faiblir. Vous pouvez y ajouter, en page 2 du feuillet, la petite prière ou vous demandez à Jésus qu’il veuille bien couper tout lien mauvais entre vous-même et les personnes à qui vous aviez demandé des services occultes…

Lisez régulièrement la Bible

Lorsque Jésus a été tenté par le diable, il lui a répondu en citant des passages de la Bible.

« Le diable lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, commande à cette pierre de se changer en pain. » Jésus lui répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole de Dieu. » (Mt 4, 3)

La plupart des chrétiens sont sous-alimentés spirituellement, et ne lisent quasiment pas leur Bible.

Une bible ?

Procurez-vous une Bible, placez-la dans votre coin prière à la maison, ouvrez-là régulièrement.

Un abonnement mensuel ?

Si cela vous semble trop compliqué, abonnez-vous à un missel mensuel comme « Prions en Église » ou « Magnificat », et lisez chaque jour les deux lectures bibliques de la messe, en communion avec tous les chrétiens.

Cela représente une petite somme d’argent pour l’année (entre 40 et 50 €, moins cher somme toute que les oboles répétées laissées chez les magnétiseurs !) Il faut savoir ce qu’on veut 😇

Paul affirmait à son disciple Timothée que la Parole de Dieu est : « divinement inspirée, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour former à la justice, afin que l’homme de Dieu soit parfait, apte à toute bonne œuvre. » (2 Tm 3, 16-17)

Une étude personnelle brève ?

Vous pouvez chercher aussi du côté de mon site petiteecolebiblique.fr

Chaque mois, un thème biblique transversal est mis en ligne, composé d’une trentaine d’étapes à parcourir, une par jour…

 

Récitez le chapelet de la Vierge Marie

La Vierge Marie est l’Immaculée. Elle a été conçue sans péché, et n’a jamais péché personnellement.

Pour ces raisons, marcher main dans la main avec elle est une aide précieuse dont nous avons tous besoin.

Je conseille très vivement, au regard du combat spirituel marquant la vie contemporaine, de se débrouiller pour dégager une vingtaine de minutes dans sa journée pour méditer et réciter le chapelet.

On peut le faire chez soi, on peut le faire en marchant, en s’arrêtant dans une église, on peut le faire la nuit si l’on a des insomnies… mais il faut le faire, et chaque jour .

Voici sous ce lien UNE MÉDITATION POUR MÉDITER QUATRE CHAPELETS DIFFÉRENTS, dont le thème, ici, est en rapport avec la famille.

Si vous n’avez jamais récité le chapelet, essayez de trouver dans votre entourage chrétien quelqu’un qui pourra vous aider à commencer.

Pour entendre comment on récite le chapelet, servez-vous de ces médias
Vous pouvez ainsi vous unir au chapelet récité à Lourdes, en direct (15h30), ou en différé par podcast.

Il est important de méditer le « mystère » sur chaque dizaine de chapelet; peu à peu, vous finirez par les savoir par coeur, et ne plus avoir besoin d’un papier qui vous les rappelle.

Encore une précision : ne vous affiliez à aucun des « messages » proposés ici ou là; récitez simplement le chapelet telle que l’Église le propose. Apprenez par coeur la prière du « Je vous salue Marie ».

La Vierge Marie est l’Immaculée. Sa descendance, Jésus, écrase la tête du serpent. Lisez le récit de ce songe de Don Bosco, dans la nuit du 14 août 1862, « LE SERPENT ET LE CHAPELET »

Recevez le pardon des péchés

Recevoir le sacrement de réconciliation régulièrement, cette démarche fréquente contient une grande grâce de régénération…

Dans la demande de services occultes (magnétiseurs, guérisseurs, voyants, médiums, etc.), il y a un péché contre la sainteté de Dieu. Il est essentiel d’en demander pardon. Même si l’on n’était pas conscient de pécher à l’époque, Dieu bénit notre repentir, et nous remet dans une grande paix intérieure. J’ai vu des personnes être totalement libérées uniquement par la confession qu’elles vivaient avec sincérité et foi.

Demander et recevoir périodiquement le pardon de ses péchés, c’est une nécessité pour demeurer dans la sainteté de son baptême, et donner le moins de prise possible à l’ennemi, qui est aussi « l’accusateur » (Ap 12, 10). Il nous pousse à pécher, et ensuite nous accuse intérieurement d’avoir péché…

Voici une la feuille que vous pouvez imprimer, une sorte de petit mode d’emploi : COMMENT CONFESSER MES PÉCHÉS ET RECEVOIR LE PARTON DE DIEU APRÈS TANT D’ANNÉES OÙ JE NE L’AI PAS FAIT ?

Au début d’un combat spirituel, il faut vraiment faire une démarche approfondie dans ce sens. Car tout péché non confessé est comme une sorte de prise que nous donnons au Tentateur pour nous tenir captif. Purifiés de nos péchés, nous offrons beaucoup moins de prise à l’ennemi… C’est ce que j’appelle « savonner la planche » !

Cherchez un prêtre auprès de qui vous pouvez faire la démarche de recevoir le sacrement de réconciliation, après vous être préparé(e).

N.-B. : Bien sûr, les personnes qui ne sont pas baptisées peuvent envisager de se préparer à recevoir le sacrement du baptême, en se rapprochant de leur paroisse géographique. Un cheminement vers le baptême s'accomplit sur une certaine durée, deux années environ. Que cela ne les empêche pas de se repentir dès maintenant de leurs péchés devant Dieu au cours d’un moment de prière personnelle.

Participez à l’eucharistie le dimanche

La plupart des chrétiens sont sous-alimentés spirituellement, ils ne communient pas à l’aliment divin que Jésus nous a laissé pour la route, le Pain de Vie, l’eucharistie…

Pour être fort spirituellement, il faut manger la « pain des forts », celui qui nous unit à la victoire de Jésus, et soutient ainsi notre courage.

Jésus dit : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi, et moi en lui. Comme le Père qui est vivant m’a envoyé, et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra aussi par moi. » (Jean 6, 56-57).

Cela nécessite de PARTICIPER À LA MESSE DOMINICALE, ce qui veut dire aussi intégrer la communauté chrétienne de sa paroisse.

D’ailleurs, quand cela est possible, il ne faut pas hésiter à demander au curé de sa paroisse, à son pasteur, le nom d’une personne qui pourra nous aider pendant un temps par un « accompagnement spirituel », c’est-à-dire de petites rencontre d’aide au discernement spirituel.

Dans le cadre d’un combat spirituel, il est clair que la Communion eucharistique est l’état de protection maximale, car nous y recevons Jésus lui-même.

Avant de vous remettre à communier, recevez d’abord le pardon des péchés.

Allez voir au tableau d’affichage de votre église, en ville ou en rural, pour savoir où se trouve la célébration de la messe.

Vous êtes en déplacement ?


 

Soyez intérieurement en état de prière

Cela suppose moins de distractions, moins de bruit, plus d’intériorité tout au long de nos journées.

Voici une prière transmise par les premiers Pères du désert (3è – 4è siècle). Répétée intérieurement, en synchronie avec la respiration, elle permet à notre âme de rester consciente de la présence de Dieu, alors que nous nous occupons aux tâches quotidiennes.

« Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur »

La tradition orthodoxe insiste pour qu’on entrelace prière et respiration l’une avec l’autre.

On dira dans l’inspiration: « Jésus-Christ, Fils de Dieu », et dans l’expiration : « Aie pitié de moi, pécheur ».

Dans sa version courte, cette prière devient « Seigneur, aie pitié de moi » (Kyrie eleison) que l’on répète intérieurement des centaines de fois par jour jusqu’à ce qu’elle devienne aussi spontanée et instinctive que la respiration.

Chacun peut, bien sûr, modifier ou simplifier la formule selon ses goûts, ses préoccupations, son rythme, son humeur, soit à mi-voix, soit en pensée intérieure :

- « Seigneur, apprends-moi à t’aimer » 

- « Seigneur, pardonne-moi »

- « Jésus, viens »

- « Jésus, merci » 

- « Jésus, j’ai confiance en toi »

- « Ô Jésus, roi d’Amour, j’ai confiance en ta miséricordieuse bonté ».

- « Que tout esprit loue Dieu »

Plus notre « intérieur » est habité par la prière, moins l’esprit mauvais peut s’insinuer. C’est vrai pour tout combat spirituel, en particulier celui contre les tentations, qui sont l’essentiel du travail diabolique pour nous éloigner de Dieu.

Combattez les tentations, développez les vertus

À votre avis, quel est le travail le plus habituel du démon ? C’est la tentation intérieure, discrète, insistante, pour nous faire tomber dans le péché.

Jésus lui-même a été tenté.

Les évangiles se font l’écho de trois tentations, qui résument toutes les autres. Vous pouvez en lire l’évocation dans l’évangile selon saint Matthieu au chapitre 4.

Jésus nous apprend à repousser la tentation par la puissance de la Parole biblique et par la prière.

Tous, nous devons entrer dans ce combat spirituel qui consiste à lutter contre les tentations et à développer les vertus.

J’ai écrit un petit commentaire sous forme de méditation, intitulé trois fois tenté, trois fois libre ! Vous pouvez en lire le texte sur mon blog sous ce lien.

 

3 — PETITS COMPLÉMENTS ANTI-DIABOLIQUES

Manifestations paranormales, que faire ?

Bien des personnes sont terrorisées par certains phénomènes paranormaux. D’autres, en détresse, ont fini, par tâtonnements successifs, par découvrir que la prière les faisait cesser.

C’est en effet la bonne tactique. Les phénomènes paranormaux objectivement avérés sont le fruit de la présence des esprits ténébreux qui parasitent une personne. La peur ne sert à rien. Il est normal d’avoir peur dans certains cas, mais il ne faut pas nous laisser envahir par la peur…

 

Il faut réagir immédiatement par la prière. Prier, c’est s’ouvrir à l’Esprit de Dieu. Invoquer le nom de Jésus, celui de la Vierge Marie, celui de l’archange Saint Michel, c’est leur permettre de se rendre présents et de faire reculer les esprits mauvais.

Petite vérification à faire : rien dans ma maison ou sur moi qui puisse être un « signe » occulte (pendule, jeu de tarots divinatoires, talismans, représentations d’idoles, la formule magique sur une petite feuille, etc.). Faire le ménage.

Quelle prière dire ?

> D’abord le Notre Père. La seule prière que Jésus nous ait donnée est le « Notre Père ». Celui-ci se termine par cette demande : « Délivre-nous du Mal ».

J'ai reçu bien des témoignages de personnes qui ont fait l'expérience d'éloigner tel ou tel phénomène paranormal qui les accablait simplement en récitant le Notre Père... « Ça s'est arrêté d'un seul coup… »

Vous avez une sensibilité médiumnique et divinatoire ? Refusez volontairement les « informations » qui affluent, et réagissez tout de suite par la prière …

> Le Je vous salue Marie, bien sûr, prière qui se compose de la salutation de l’ange Gabriel, et du cri d’admiration de la cousine de Marie, Elisabeth… Des paroles bibliques, donc.

Plus simple encore : répéter tranquillement le nom de JÉSUS, « le Nom qui est au-dessus de tout nom, pour que tout, au nom de Jésus, s’agenouille, au plus haut des cieux, sur la terre et dans les enfers » (Ph 2, 9-10)

Jésus a été tenté par le diable, et l’a vaincu. C’est sa victoire qui est le gage de la nôtre. Ayons bien conscience que nous sommes, par notre FOI en Jésus, établis sur une base de victoire.

💽 Pour écouter le chant Victoire, tu règneras (Jean-Paul Prat)

💽 Victoire au Seigneur de la Vie (groupe de louange Le Pain de Vie)

Notre combat ne consiste pas à essayer de remporter la victoire, mais à éloigner l’ennemi que Jésus a déjà vaincu, et qui vient nous « titiller » pour nous faire croire que nous sommes dans la défaite…

« Désormais, la victoire, la puissance et la royauté

sont acquises à notre Dieu,

et la domination à son Christ,

puisqu'on a jeté bas l'accusateur de nos frères,

celui qui les accusait jour et nuit devant notre Dieu. »

(Ap 12, 10)

Des gestes et des attitudes de foi

* L’eau bénite est utile pour nous rappeler la grâce de notre baptême, et combattre la présence de l’ennemi. Avoir un petit bénitier, chez soi, où l’on peut plonger l’extrémité de ses doigts et faire un beau signe de croix avec foi…

* L’invocation à Saint Michel Archange est traditionnelle dans l’Église pour demander son aide dans notre combat spirituel contre les démons. Cliquer ici pour voir la prière.

* Le fait de porter des objets bénis sur soi (ou d’en avoir à la maison), par exemple une médaille de la Vierge de la rue du Bac, une petite croix, une médaille de Saint Benoît, un chapelet… tout cela peut nous aider dans notre marche vers la sainteté. Encore une fois, il ne s’agit pas de grigris, ni de talismans, mais d’objets qui nous rappellent notre condition de chrétiens.

* Bien sûr, on peut demander au curé de sa paroisse de passer chez soi pour bénir l’appartement ou la maison. Afin de manifester qu’on désire y vivre vraiment en présence de Dieu. En se rappelant que s’il y a des phénomènes paranormaux dans la maison, c’est plutôt la personne qui habite la maison qui provoque ce genre de choses; ils peuvent cesser après la démarche de prière de libération et dès qu’on entreprend un combat spirituel.

Nous t'en supplions, Seigneur, visite cette maison, et repousse loin d'elle toutes les embûches de l'ennemi; que tes saints anges viennent l'habiter pour nous garder dans la paix; et que ta bénédiction demeure à jamais sur nous. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen. (Complies du mardi)

* Oui les anges gardiens existent, et chacun de nous a un ange à son service. Lui demander son aide dans la prière est une excellente chose. À condition de ne pas tomber dans l’évocation des esprits « guides spirituels », par des recettes dont le réseau internet regorge… Ces recettes aboutissent aux « anges déchus » que sont les démons. Au contraire, demandons l’aide des Saints Anges.

Quelques belles citations sur les Anges gardiens…


L’invocation au Précieux Sang de Jésus

Certaines personnes ont un combat spécial à mener, pour des raisons particulières.

Elle pourront trouver comme une sorte d’extension de la prière de protection dans cette supplication pour demander libération et protection par l’invocation du Sang de Jésus composée sous la forme d’un chapelet à réciter,

à télécharger sous ce lien

J’ai composé cette prière de façon plus biblique, sur le modèle du chapelet à la divine miséricorde. Je l’ai montrée à mon évêque qui m’a permis de la mettre à votre disposition.

L’invocation au Sang de Jésus est puissante contre les démons, à chacun d’en faire l’expérience.Du coeur ouvert de Jésus, toutes les grâces nous sont accordées.

Spirituellement fort

Vous direz : c’est beaucoup trop pour moi. Je n’y arriverai pas 😟

Cependant, c’est maintenant le moment favorable pour entreprendre une démarche profonde — C’est maintenant le jour du salut !

Vous êtes motivé(e) parce que vous subissez l’impact des attaques spirituelles, et les parasitages liés aux compromissions avec l’occultisme.

Écoutez Jésus : « Entrez par la porte étroite. Large, en effet, et spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et il en est beaucoup qui s'y engagent ; mais étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la Vie, et il en est peu qui le trouvent » (Mt 7, 13-14).

Gravissez jour après jour les marches, même si elles vous semblent trop hautes. Soyez progressif et proactif.

En peu de temps, vous verrez la différence.

Pour conclure, un peu d’humour

Il avait été annoncé que le diable devait se retirer des affaires et mettre ses outils en vente.

Le jour de la vente, les outils étaient exposés d’une manière attrayante : malice, haine, envie, jalousie, pornographie, fourberie, vengeance… tous les instruments du mal étaient là, chacun marqué de son prix.

Il y avait aussi un outil en apparence inoffensif, très usé, mais dont le prix était supérieur à tous les autres.

Quelqu’un demanda au diable ce que c’était :

– C’est le découragement, répondit-il

– Pourquoi le vendez-vous aussi cher ?

– Parce qu’il est plus utile que n’importe quel autre. Avec ça je peux entrer dans n’importe qui, et une fois à l’intérieur, manœuvrer de la manière qui me convient le mieux.

– Pourquoi est-il si usé ?

Parce que je l’emploie avec tout le monde… Mais très peu de gens savent qu’il m’appartient.

Le prix fixé pour le découragement était si élevé que l’instrument n’a jamais été vendu.

Le diable en est toujours possesseur et… il continue à l’utiliser…

P. Dominique Auzenet (et une équipe)

Bibliographie

Si vous souhaitez aller plus loin sur ce thème du combat spirituel, il existe de très nombreux livres, dont voici quelques-uns.

* P. Hervé Ponsot, dominicain. Combat, la spiritualité au quotidien. Éd. du Cerf, 2016

Vous trouvez les principales articulations de ce livre ici.

* Christian Poirier. Le combat spirituel. De l’ombre à la lumière. Éd. Salvator, 2008.

* P. Pierre Descouvemont, Gagner le combat spirituel. Éd. de l’Emmanuel. 2006.

* Marie-Anne Le Roux. Sortir gagnant de nos luttes intérieures. Éd. des Béatitudes. 2008.

* P. Benedict Héron. Jésus est le plus fort. les voies du combat spirituel. Éd. P. Téqui, 2000 (Trad. de l’anglais par Béatrice Soulary). Voici le chapitre 5 du livre : face aux attaques du démon.

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