Autour des Extra-terrestres

Notre civilisation est-elle la seule ? Existe-t-il d’autres planètes avec la vie ? Et si oui, existe-t-il d’autres civilisations plus avancées que la nôtre? Cherchent-elles à prendre contact avec la nôtre ?

1. Les extraterrestres, une croyance bien implantée

Il est impossible de faire le tour de l’abondante production en littérature, livres, DVD, vidéos sur le sujet, vous vous en doutez bien. Et ce n’est pas l’objet de cette causerie, qui est d’abord de donner des éléments de discernement spirituel chrétien.

La notion d’OVNI (en anglais : UFO : Unidentified Flying Object) a été créée par Edward J. Ruppelt, ancien capitaine de l’USAF, pour remplacer celle de « Flying Saucer », utilisée généralement à partir de 1947 après l’annonce officielle de la première information de ce type. En français, on utilise le sigle correspondant à la traduction exacte de cette terminologie anglaise : « Objets volants non identifiés » (OVNI). Par analogie aux contacts avec des véhicules prétendument cosmiques (soucoupes volantes), dont l’origine remonterait à des civilisations extraterrestres, on parle aussi des prétendues rencontres avec leurs passagers — appelés souvent EBE (Entités Biologiques Extraterrestres), ET, Ufonautes, Humanoïdes, Cosmites, ou justement — et ce nom est peut-être le plus juste — Étrangers (en anglais Aliens).

Si vous vous intéressez à une méthodologie pour l’étude du phénomène ufologique, vous pouvez lire sur le net l’article d’Éric Déguillaume, « La zététique appliquée à l’ufologie », la zététique se présentant comme une méthode de recherche fondée sur le doute et la vérification des informations.

http://zetetique.fr/index.php/dossiers/288-zetetique-ufologie

Ce qui est certain, c’est que, dans le milieu des médias people, nous sommes l’objet d’un matraquage et d’un formatage continuel. Science et Vie de sept. 2013 titre : « Les scientifiques en sont convaincus, nous ne sommes pas seuls ! Les arguments qui changent la donne ». Ou encore en sept. 2014 : « Voie lactée, 9 milliards de planètes habitables ! »

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Mormons

L’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, appelé aussi mormonisme, est une Église chrétienne restaurationniste née dans l’État de New York, aux États-Unis, en 1830 et dont le siège mondial se trouve à Salt Lake City dans l’Utah. Elle est la quatrième plus grande confession chrétienne des États-Unis (6,16 millions de membres). À l’échelle mondiale, elle revendique plus de 15 millions de membres dont 58 000 en France. Elle se considère comme religion révélée, à l’instar du judaïsme, du christianisme et de l’islam.

L’Église a tout d’abord été appelée Église du Christ, ses membres voyant en elle l’Église rétablie de Jésus-Christ. En 1830, elle est appelée Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, « saints » signifiant «disciples» et «derniers jours», expression utilisée dans le Nouveau Testament, faisant une distinction avec l’Église originelle. Finalement, en 1838 Joseph Smith lui donne son nom actuel : Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours.

Le surnom « mormon » toléré par les membres de l’Église a pour origine le nom d’un personnage du Livre de Mormon. Dans ce livre, Mormon est un prophète, un chef militaire et un gardien d’annales qui aurait vécu aux environs de 311-385 apr. J.-C. sur le continent américain. Il aurait hérité des vastes annales historiques et spirituelles de son peuple qui vivait dans les Amériques et y aurait ajouté l’histoire de sa propre vie. Il aurait compilé et abrégé les récits des prophètes précédents, gravés sur des plaques d’or, donnant ainsi son nom au Livre et leur surnom à l’Église et ses membres.

1. Point de vue sur Jésus-Christ

Les saints des derniers jours affirment que Jésus-Christ est le Premier-né du Père en esprit et le Fils unique du Père dans la chair. Qu’il est le Christ ou Messie, c’est-à-dire l’« Oint ». Qu’il est le Dieu de l’Ancien Testament, à savoir Jéhovah, préordonné à ce grand appel avant la création du monde. Qu’il a, sous la direction du Père, créé la Terre et tout ce qui s’y trouve. Qu’il est né de Marie à Bethléem, qu’il a mené une vie sans péché et accompli l’Expiation parfaite des péchés de toute l’humanité en versant son sang et en donnant sa vie sur la croix. Qu’il est ressuscité des morts, garantissant ainsi la résurrection finale de toute l’humanité. Que par son expiation et sa résurrection, ceux qui se repentent de leurs péchés et obéissent aux commandements de Dieu peuvent vivre éternellement avec lui et avec le Père. Qu’il est l’être le plus important qui soit venu au monde, que sa vie est l’exemple parfait de la façon dont l’humanité doit vivre. Que toutes les prières, bénédictions et sacrements de la prêtrise doivent se faire en son nom. Qu’il est le Créateur, le Sauveur et le Dieu de toute la terre, qu’il reviendra avec puissance et gloire régner sur la terre pendant le millénium et qu’au dernier jour, il jugera toute l’humanité.

La croix chrétienne n’est pas utilisée comme symbole, les saints des derniers jours préférant l’idée du Christ ressuscité et vivant, ce qui, selon leur croyance, est sa réalité actuelle. Dans les églises ne se trouvent pas de croix, de statues ou d’icônes.

2. Histoire

Visions

Dieu le Père et son Fils Jésus-Christ
Joseph Smith, alors âgé de 14 ans, aurait prié dans un bosquet près de chez lui en 1820, pour savoir à quelle Église il devait se joindre. Il raconte que deux personnages lui apparurent : Dieu le Père et son Fils Jésus-Christ. Il ajoute que Jésus-Christ lui déclara alors que la vraie Église avait été transformée et perdue par les hommes, et que, s’il restait fidèle, il serait plus tard celui par qui elle serait rétablie.

Moroni
Joseph Smith affirme que trois ans plus tard, en septembre 1823, il reçut la visite d’un ancien prophète, nommé Moroni, qui lui révéla l’emplacement de saintes Écritures (colline de Cumorah), écrites en égyptien réformé sur des plaques métalliques et aujourd’hui parues sous le titre de Livre de Mormon. Selon Joseph Smith, ces écrits étaient l’œuvre de prophètes d’origine juive ayant vécu sur le continent américain entre 600 ans av. J.-C. et 420 apr. J.-C.

Joseph Smith recevant les plaques métalliques
Par Edward Stevenson (1820–1897) [Public domain], via Wikimedia Commons

 

Jean-Baptiste, puis Pierre, Jacques et Jean
Joseph Smith raconte également que son secrétaire Oliver Cowdery et lui-même, travaillant en 1829 à la traduction du Livre de Mormon, y lurent le récit de la visite du Messie aux habitants de l’Amérique ancienne et ses enseignements sur le baptême. Selon leur récit, le 15 mai, ils allèrent prier sur les bords de la rivière Susquehanna, près de la maison de Joseph, à Harmony. Ils racontent qu’un être céleste leur apparut, se présentant comme étant Jean-Baptiste ; que ce personnage leur conféra la prêtrise d’Aaron et leur commanda de se baptiser et de s’ordonner mutuellement. Ils racontent que plus tard dans le mois, les apôtres d’autrefois Pierre, Jacques et Jean leur apparurent aussi et leur conférèrent la prêtrise de Melchisédek et les ordonnèrent apôtres.

Moïse, Élias et Élie
Le 27 mars 1836, Joseph Smith consacra le temple de Kirtland. Joseph Smith raconte qu’une semaine plus tard, le 3 avril 1836, Jésus-Christ apparut à lui et à Oliver Cowdery dans le temple, en déclarant : « J’ai accepté cette maison, et mon nom sera ici ; et je me manifesterai avec miséricorde à mon peuple dans cette maison » (Doctrine et Alliances 110 : 7). Il ajoute que trois messagers de l’époque de l’Ancien Testament, Moïse, Élias et Élie, apparurent également et rétablirent des clés et l’autorité de la prêtrise qui avaient été perdues depuis longtemps sur la terre. Toujours selon Joseph Smith, l’autorité de rassembler Israël des extrémités de la terre et de sceller ensemble les familles pour le temps et toute l’éternité fut rétablie (Doctrine et Alliances 110 : 11-16).

Époque des pionniers

Exode des pionniers
Dès la fondation de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours en 1830, ses membres ont été souvent traités durement et persécutés par leurs voisins, principalement en raison de leur unité sociale et politique et de leurs croyances religieuses. Des actes de violence ont eu lieu dirigés contre l’Église, ses membres et son dirigeant, Joseph Smith, ce qui, entre autres raisons, les a contraints à se déplacer d’un endroit à un autre : Ohio, Missouri, puis en Illinois, où les membres de l’Église ont construit la ville de Nauvoo et un temple.

En 1838, le gouverneur du Missouri, Lilburn Boggs, publie l’ordre d’extermination à l’encontre de tous les mormons qui vivaient dans l’État, conduisant au massacre de Haun’s Mill. Emprisonné à Carthage (Illinois), Joseph Smith est assassiné à l’âge de 38 ans le 27 juin 1844 ainsi que son frère Hyrum par une foule en colère qui réclame l’expulsion des Mormons. En 1846, les tensions atteignent leur apogée et, en 1848, des émeutiers brûlent le temple de Nauvoo.

Les premiers pionniers mormons, chassés de Nauvoo en Illinois (États-Unis) durant l’hiver 1845-1846, subirent l’exode et entreprirent à pied ou en chariot, sous la direction de Brigham Young, successeur de Joseph Smith, le trajet de plus de 2000 kilomètres qui les mena jusqu’à la vallée du Grand Lac Salé, un endroit totalement désertique dans les Montagnes Rocheuses, situé dans l’actuel État d’Utah, où ils s’établirent définitivement à partir de 1847.

Entre 1847 et 1860 (date d’achèvement du chemin de fer transcontinental), 86 000 pionniers se rendirent dans la vallée du Grand Lac Salé. 6 000 d’entre eux moururent au cours du voyage. Les premiers pionniers étaient Américains, puis des dizaines de milliers d’Européens, Britanniques, Allemands, Scandinaves, Français, Suisses, etc. traversèrent l’océan Atlantique pour se rendre à Salt Lake City où, sous l’impulsion de Brigham Young, ils prospérèrent.

Mariage plural
Le mariage plural (mariage de type polygynie, un homme avec plusieurs femmes) a été pratiqué par une partie des mormons jusqu’en 1890 : avec l’autorisation du président de l’Église, le mariage plural était célébré dans un temple de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. Seules les femmes membres de l’Église et seuls les hommes détenteurs de la prêtrise de Melchisédek pouvaient accéder au mariage dans ces temples. Selon la doctrine mormone, le mariage plural rétablissait la pratique biblique de la pluralité des épouses, et aurait été voulu par Dieu, dans un temps donné, pour accroître son peuple.

Ce n’est un secret pour personne que Joseph Smith a eu lui-même entre 30 et 40 femmes, ce que l’église SDJ a été obligée de confirmer en 2014 [1].

Le pourcentage de mormons polygames a varié selon les endroits et les périodes. Après l’institutionnalisation de la pratique par Brigham Young jusqu’à sa suspension, entre 20 et 40 % des hommes entrèrent dans de tels mariages pluraux, tandis que le pourcentage de femmes polygames était 10 à 15 % plus élevé (leur nombre excédant parfois celui des femmes monogames en Utah). Le 7 avril 1889, Wilford Woodruff, 4e président de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, mit fin à la pratique du mariage plural.

De nos jours, le code moral défini par l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours est la loi de chasteté signifiant l’abstinence de toutes relations sexuelles avant le mariage et une fidélité et une loyauté totales à son unique conjoint légal pendant le mariage.

mormon et ses deux femmes 1850
Représentation de 1850 d’un mormon avec ses deux femmes dansant sur la musique d’un diable
Temps modernes

Au cours du XXe siècle, l’Église a considérablement progressé et est devenue une organisation internationale, ceci dû en partie à la croissance du nombre de missionnaires dans le monde. En 2000, l’Église comptait 60 784 missionnaires à plein-temps (renouvelés tous les 3 ans) et le nombre de membres de l’Église dans le monde s’est élevé à un peu plus de 11 millions. En 2007, il a dépassé 13 millions et a atteint 14 millions en juillet 2010, avec environ six millions de personnes vivant aux États-Unis : avec un peu plus de 1 % des Américains, cette Église est considérée comme une minorité religieuse en même temps que la quatrième plus grande confession chrétienne d’Amérique.

Un certain nombre de modifications officielles ont été apportées à l’organisation au cours de l’ère moderne. Un changement important a été l’ordination d’hommes noirs à la Prêtrise à partir de 1978, infirmant ainsi une politique instaurée à l’origine par Brigham Young, en 1852.

En France
John Taylor, qui devait devenir plus tard le troisième président de l’Église arrive le 18 juin 1850 au port maritime de Boulogne-sur-Mer sur le vapeur Emerald avec ses deux collègues Curtis Bolton et William Howells. Il est reçu par le maire de Boulogne-sur-Mer, L. Fontaine et obtient l’autorisation de prêcher. L’instabilité politique crée des crises fréquentes qui entravent l’œuvre des premiers missionnaires. En 1912, la mission française est officiellement organisée. La Première Guerre mondiale oblige tous les missionnaires à évacuer le territoire, et la mission est fermée le 30 août 1914. Elle sera à nouveau ouverte cinq ans après l’armistice de 1918.

En 1939, à la suite de la déclaration de la guerre, les missionnaires reçoivent l’ordre de leur consulat de rentrer aux États-Unis. Un seul détenteur de la prêtrise de Melchisédek exerce alors son sacerdoce en France : Léon Fargier de Valence. Paris, Lyon, Grenoble, Saint-Diez, Besançon, Montpellier, Saint-Étienne, Valence, Tarbes, Nîmes et Saint-Florent sont les villes où les membres sont non organisés puisque sans prêtrise. Pendant toute cette période de Seconde Guerre mondiale, et malgré les avertissements du gouvernement de Vichy, il leur rend visite tous les deux mois et pour cela doit franchir la zone occupée par les Allemands. Son activité attire l’attention de la grande presse. Le lundi 1er juillet 1941, Paris-Soir titre en première page : « M. Fargier, seul pasteur mormon de la zone libre a baptisé ses quinze ouailles dans la piscine municipale de Grenoble. »

En 1946, après la guerre, les unités locales sont réorganisées. Léon Fargier devient le président de district pour toute la France jusqu’en 1950 où le district de Lyon est réorganisé. En 1965, la construction du premier lieu de culte en France sera terminée à Bordeaux.

En octobre 2011, la municipalité du Chesnay (Yvelines) a accordé un permis de construire pour l’édification d’un temple sur son territoire, mais de nombreuses controverses ont surgi et un recours en justice a été déposé par les associations de riverains. En septembre 2014, le maire du Chesnay annonçait que tous les recours déposés contre le permis de construire du temple avaient été rejetés.

3. Ouvrages canoniques

Un des aspects de la doctrine mormone qui distinguent les saints des derniers jours des autres confessions chrétiennes est la croyance en de saintes Écritures complémentaires à la Bible, ce qui porte à quatre le nombre d’ouvrages considérés comme canoniques et qui conduisent les saints des derniers jours, par une étude personnelle, à acquérir un témoignage spirituel personnel de leur véracité :

Bible

Les mormons croient que la Bible est la parole de Dieu dans la mesure où elle est traduite correctement. La Bible, c’est-à-dire l’Ancien Testament et le Nouveau Testament, est l’un des fondements de la foi mormone.

Le Livre de Mormon

Le Livre de Mormon est un ouvrage publié en 1830 et présenté par Joseph Smith comme la traduction de plaques trouvées selon lui dans la Colline de Cumorah dont l’endroit lui aurait été indiqué par l’ange Moroni. Le livre relaterait, de 600 ans avant Jésus-Christ à 421 ans après Jésus-Christ, 1000 ans de l’histoire de Léhi, prophète d’origine juive, fuyant par la mer avec sa famille juste avant la destruction de Jérusalem, et de sa descendance, les Néphites et les Lamanites, peuples de l’Amérique ancienne, avec pour point culminant, la visite que Jésus-Christ aurait rendue au peuple néphite trois jours après sa crucifixion. L’ouvrage tire son nom d’un de ses personnages, Mormon, qui aurait vécu de 311 à 385 environ après Jésus-Christ. Ce dernier aurait rassemblé les annales de ses prédécesseurs pour en faire une compilation religieuse et historique. C’est en référence à cette compilation que sont utilisés les termes « mormon » et « mormonisme ».

livre-mormon
Le livre des mormons

Joseph Smith affirme avoir traduit ce document à l’aide de l’ourim et thoummim. Selon lui, il s’agissait d’instruments qui étaient en usage parmi les prophètes de l’Ancien Testament (se référant à Esdras 2, 63) et qui se trouvaient avec les plaques. Dans la Bible hébraïque, l’Ourim et le Thoummim sont des éléments du pectoral porté par le Grand prêtre d’Israël. Ils sont généralement considérés comme des objets ayant trait à l’art de la divination mais aucune description de leur aspect ne figure dans la Bible[2].

Les historiens rejettent les aspects surnaturels du récit de Joseph Smith et estiment que celui-ci a rédigé le livre lui-même, seul ou avec l’aide d’associés plus instruits, en se servant vraisemblablement d’autres ouvrages. Ils rejettent la véracité historique du Livre de Mormon en soulignant les incohérences anachroniques du récit.

Doctrine et Alliances

À la Bible et au Livre de Mormon, s’ajoutent les Doctrine et Alliances qui, selon la doctrine mormone, sont des Écritures canoniques de composition moderne, émanant de prophètes modernes pour l’établissement et le gouvernement de l’Église.

Perle de Grand Prix

La Perle de Grand Prix est un choix de textes relatifs à de nombreux aspects de la foi et de la doctrine de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. Ces textes sont :
le Livre de Moïse (extraits de la version de la Genèse par Joseph Smith),
le Livre d’Abraham, présenté comme la traduction, par Joseph Smith, de papyrus égyptiens qu’il obtint en 1835,
Joseph Smith, Matthieu, extrait de l’évangile de Matthieu, selon la version de la Bible par Joseph Smith,
Joseph Smith, Histoire, extrait de l’histoire de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours que Joseph Smith écrivit en 1838
les Articles de foi de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, qui sont treize déclarations de foi et de doctrine.

4. Théologie

L’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours affirme être dirigée par Jésus-Christ, par l’intermédiaire d’un prophète vivant (actuellement Thomas S. Monson, 16e président de l’Église), et de douze apôtres et se considère comme le rétablissement de l’Église originelle de Jésus-Christ après une longue période d’apostasie et en préparation de la Seconde Venue. Selon sa doctrine, l’Église fournirait l’organisation et les moyens nécessaires pour enseigner l’Évangile de Jésus-Christ à tous sans exception, apportant l’autorité de la prêtrise qui permet d’accomplir les sacrements et ordonnances du salut pour toutes les personnes qui sont dignes et disposées à les recevoir.

Les saints des derniers jours croient en un plan de salut, permettant à l’homme et la femme dignes d’atteindre l’exaltation, c’est-à-dire retourner en la présence de Dieu. La notion de famille tient une place prépondérante : les saints des derniers jours pensent que la famille peut être éternelle grâce aux sacrements célébrés dans un temple de l’Église.

La théologie du mormonisme est nommée Évangile de Jésus-Christ. Elle est fondée sur les Saintes Écritures et la révélation moderne par l’intermédiaire des prophètes. Cette doctrine aurait été révélée par Jésus-Christ comme étant un système de lois et d’ordonnances éternelles telles que la personne qui s’y conforme strictement aurait l’assurance de pouvoir entrer dans la présence de Dieu. Ces lois et ordonnances seraient le système de gouvernement du royaume de Dieu. Selon la doctrine, tous seront sauvés dans un royaume de gloire mais pas tous dans le royaume céleste.

Le plan de salut désigne le plan par lequel Dieu réalise l’immortalité et la vie éternelle de l’homme :

– La vie prémortelle avec Dieu : pour les saints des derniers jours, tous les êtres humains ont choisi dans la vie prémortelle de venir sur la terre et sont ici-bas pour faire l’expérience de la vie dans un corps de chair et d’os et pour acquérir les vertus chrétiennes avant de retourner en présence de Dieu.
Quitter la présence de Dieu : La chute d’Adam et Ève était une étape nécessaire à la venue au monde des enfants d’esprit du Père. Sans l’étape de la Chute, Adam et Ève n’auraient pas eu de postérité, et n’auraient pas connu le bien et le mal ni plus tard la vie éternelle (2 Néphi 2,22-25).
Communiquer avec Dieu : la prière, les enseignements des prophètes et l’étude des Écritures sont les moyens de communiquer avec Dieu.
Jésus-Christ : Le point central de la théologie mormone est Jésus-Christ : sa naissance, sa vie, son sacrifice expiatoire et sa résurrection. La création a permis la Chute qui a nécessité l’expiation de Jésus-Christ. Le sacrifice expiatoire de Jésus-Christ est considéré comme l’événement le plus important de l’histoire de l’humanité. Parce qu’il a mené une vie parfaite, le Christ était qualifié pour offrir sa vie en rançon pour les péchés de l’humanité. Le sacrifice expiatoire permet la foi au Christ et en son salut.
Contracter des alliances avec Dieu : la foi, la repentance, le baptême par immersion pour la rémission des péchés, le don du Saint-Esprit par imposition des mains et la persévérance dans l’obéissance aux commandements jusqu’à la fin sont nécessaires au salut. La Sainte-Cène, ayant lieu chaque dimanche, permet de renouveler les alliances contractées lors du baptême.
Le perfectionnement des saints : le respect du jour de sabbat, la loi de chasteté (abstinence avant le mariage et fidélité pendant), le paiement de la dîme, le jeûne, le travail et la responsabilité personnelle, la Parole de Sagesse (s’abstenir de tabac, de boissons alcoolisées, de café et de thé, de drogue), l’œuvre missionnaire, l’obéissance aux commandements permettent de se perfectionner dans les vertus chrétiennes
– La famille éternelle : atteindre l’exaltation, soit la continuité des vies, nécessite d’avoir préalablement reçu le sacrement du mariage éternel dans le temple. C’est ainsi que les couples saints des derniers jours sont mariés ou « scellés » pour l’éternité et que les enfants sont « scellés » à leurs parents.
– L’œuvre du temple et la généalogie : Selon la doctrine, l’Évangile est enseigné aux morts dans le monde des esprits où, ayant leur libre arbitre, ils peuvent accepter ou non les sacrements accomplis pour eux dans cette vie. Ces sacrements, œuvre de salut pour les morts, sont accomplis par procuration dans les temples par les membres de l’Église considérés dignes. Les saints des derniers jours font des recherches généalogiques pour découvrir les noms et dates de naissance de leurs ancêtres afin que les ordonnances salvatrices (baptême, confirmation, ordination, dotation, mariage, scellement aux parents et aux enfants) soient accomplies pour eux.
– La vie après la mort :
. Le monde des esprits post-terrestre est l’endroit où attend l’esprit de l’homme entre la mort et la résurrection. Il comporte deux parties distinctes ou états séparés : le paradis, où sont reçus ceux qui ont accepté l’Évangile ; et la prison des esprits, où sont reçus ceux qui n’ont pas obéi à l’Évangile ou qui ne l’ont pas accepté pendant qu’ils étaient sur la terre ou qui n’ont pas eu l’occasion de l’entendre. L’Évangile est enseigné dans la prison des esprits et ceux qui acceptent le sacrement du baptême célébré en leur faveur dans les temples vont dans le paradis. Ces sacrements, œuvre de salut pour les morts, sont accomplis par procuration.
. La résurrection universelle : résurrection de chaque être humain avant qu’il ne soit emmené devant Dieu pour le jugement.
. Le jugement dernier où il sera tenu compte de la globalité de la personne jugée (connaissance, actes, paroles, pensées, désirs, repentance).
. L’attribution d’un degré de gloire : au jugement est attribué à chacun, selon ses choix dans la mortalité et dans l’au-delà, l’un des trois degrés de gloire : téleste, terrestre, ou céleste.

plan de salut selon les mormons
By Adjwilley (Own work) [CC BY-SA 3.0], via Wikimedia Commons

 

5. Population de l’Église

D’après le Yearbook of American and Canadian Churches de 2005, de toutes les Églises qui communiquent leurs statistiques, l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours est la quatrième par la taille aux États-Unis, comptant plus de 5,5 millions de membres aux États-Unis, fin 2003. Elle revendiquait treize millions de membres dans le monde en 2007 et affirmait avoir atteint le nombre de 13 508 509 membres en 2008 dont 166 000 au Canada (avec 10 226 au Québec), 34 906 en France, 6 043 en Belgique et 7 939 en Suisse. Plus de la moitié des membres de l’Église vivent en dehors des États-Unis, répartis dans près de 180 pays, et en 178 langues.

Statistiques par pays et par langue au 31 décembre 2003 :
Pays ayant le plus grand nombre de membres de l’Église :
États-Unis : 5 503 192 Mexique : 980 053
Brésil : 866 988 Chili : 530 739
Philippines : 526 178 Pérou : 384 663
Argentine : 330 349 Guatemala : 192 207
Canada : 166 442 Équateur : 61 396

Pays ayant le plus grand pourcentage de membres de l’Église (10 000 membres minimum) :
Tonga : 17,0 (1 sur 6) Samoa : 12,7 (1 sur 8)
Samoa américaines : 19,1 (1 sur 5)
Kiribati : 10,0 (1 sur 10)
Polynésie française : 7,8 (1 sur 13)
Chili : 3,4 (1 sur 30) Uruguay : 2,4 (1 sur 42)
Nouvelle-Zélande : 2,3 (1 sur 43)
Honduras : 1,6 (1 sur 62) Bolivie : 1,5 (1 sur 64)

6. Catholiques et mormons

Le 5 juin 2001, le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a répondu négativement au doute concernant la validité du baptême conféré dans la communauté appelée « L’Église de Jésus-Christ des Saints du dernier jour ». Doute : Le baptême conféré dans la communauté appelée « L’Église de Jésus-Christ des Saints du dernier jour », généralement connue sous le nom de « Mormons », est-il valide ? Réponse : Non [3].

Selon le cardinal Francis George, archevêque de Chicago, président de la Conférence épiscopale des États-Unis, reçu à l’Université Brigham Young, en février 2010 :
« La leçon qu’enseigne l’histoire américaine est que les Églises et les autres corps religieux prospèrent dans une nation et un ordre social qui respectent la liberté religieuse et reconnaissent que le gouvernement civil ne doit jamais s’interposer entre les consciences et les pratiques religieuses de ses citoyens et le Dieu tout puissant… Je suis personnellement reconnaissant, qu’après avoir vécu essentiellement séparés pendant 180 ans, catholiques et saints des derniers jours aient commencé à se considérer comme des partenaires dignes de confiance dans la défense des principes moraux partagés et dans la promotion du bien commun de notre pays bien-aimé. »

Plus généralement, et particulièrement aux États-Unis, les relations entre ces deux confessions sont une coopération entre le Secours catholique et le Centre humanitaire de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours dans l’assistance aux victimes de famines et désastres naturels et, ces dernières années, l’Église SDJ a parfois rejoint les représentants catholiques dans des initiatives communes telles que l’opposition au mariage de même sexe.

Les 13 et 14 septembre 2010, Russell Ballard, apôtre de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours en visite à Rome, a rencontré au Vatican le Cardinal Levada, Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi et le Cardinal Jean-Louis Tauran, chef du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux.

Des chefs religieux (dont Henry B. Eyring de la Première Présidence, accompagné de frère L. Tom Perry du Collège des douze apôtres et de l’évêque Gérald Caussé de l’épiscopat président) et les universitaires représentant 14 traditions religieuses de 23 pays se sont réunis au Vatican en novembre 2014 et dans un rassemblement historique organisé par l’Église catholique pour discuter de la façon dont les hommes et les femmes se complètent mutuellement dans le mariage.

Chretiens vs Mormons
Chrétiens vs Mormons – This work is licensed under a Creative Commons Attribution 2.0 Generic License.

Source des points 1 à 6 : extrait de
https ://fr.wikipedia.org/wiki/Église_de_Jésus-Christ_des_saints_des_derniers_jours
On pourra s’y reporter pour toute la question des structures de l’Église et aussi de la théologie du mormonisme.

7. Les Mormons, une secte ?

Catherine Picard, actuellement présidente de l’UNADFI, a déclaré au sujet de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours : « Il s’agit d’un mouvement à déviance sectaire. C’est une communauté qui vit en vase clos, où la place de la femme est réduite à néant. L’enseignement religieux pour les enfants est tellement important qu’ils n’ont pas de temps à consacrer à autre chose. C’est un fonctionnement très limite »[4].

Pour sa part, l’ADFI certifie dans son périodique être « régulièrement contactée par des familles ou des personnes confrontées à des situations conflictuelles et douloureuses du fait de l’appartenance d’un de leurs proches à ce mouvement ». Les reproches concernent les méthodes d’évangélisation, le détachement progressif du fidèle de son entourage, la place accordée aux femmes, le manque de liberté de pensée et l’enseignement des enfants que l’association considère comme un endoctrinement[5]. L’ADFI dénonce notamment l’organisation de cours d’anglais gratuits par les missionnaires (en France, ces cours sont donnés de façon discontinue depuis 1950) qui peuvent servir d’appât pour jeunes [6].

En l’absence de plaintes de fidèles, la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS) a estimé en 2000 que l’Église est  un groupe religieux qui ne pose pas de problèmes en France . Elle a en outre estimé, dans son rapport de 2001,  que […], compte tenu de la définition du caractère sectaire d’une association par l’examen exclusif de son comportement au regard des droits de l’Homme et de l’ordre public (rapport au Premier ministre, décembre 1999), […] l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours ne devrait pas être considérée comme secte Le Centre contre les manipulations mentales (CCMM) relève son « prosélytisme missionnaire constant », son mode de vie « rigoriste, très familial, peu ouvert aux non-mormons » et sa « considérable puissance médiatique, politique, universitaire, industrielle ». Cependant le CCMM considère que « débarrassée de principes inacceptables comme la polygamie, cette confession a évolué peu à peu en culte », c’est-à-dire en mouvement qui, « se débarrassant des aspects contestables de son idéologie et de ses pratiques, se transforme peu à peu en une confession socialement acceptable (dénommée alors religion) ».

Des membres de l’Eglise des saints des derniers jours-Prosélytism à la porte d’une église chrétienne – By The Photographer (Own work) [CC0], via Wikimedia Commons

De fait, en 2009, l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours est devenue Association culturelle, loi 1905 (JO du 4 juillet 2009).

Notre point 10 concernant les relations du fondateur Joseph Smith avec la Franc-Maçonnerie laisse cependant penser que l’enseignement contenu dans les fondamentaux mormons a une origine polluée et malsaine. Notre point 9 confirme les aspects délirants des conceptions mormones.

Source de cette partie :
https ://fr.wikipedia.org/wiki/Mormonisme_et_caractère_sectaire

8. Le baptême pour les morts

La pratique de l’Église SDJ s’enracine dans un seul verset de la 1ère lettre aux Corinthiens de Paul, 15, 29. Voici le contexte (vv. 24-30) : « Puis ce sera la fin, lorsqu’il remettra la royauté à Dieu le Père, après avoir détruit toute Principauté, Domination et Puissance. Car il faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il ait placé tous ses ennemis sous ses pieds. Le dernier ennemi détruit, c’est la Mort ; car il a tout mis sous ses pieds. Mais lorsqu’il dira : « Tout est soumis désormais », c’est évidemment à l’exclusion de Celui qui lui a soumis toutes choses. Et lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même se soumettra à Celui qui lui a tout soumis, afin que Dieu soit tout en tous. 29. S’il en était autrement, que gagneraient ceux qui se font baptiser pour les morts ? Si les morts ne ressuscitent absolument pas, pourquoi donc se fait-on baptiser pour eux ? Et nous-mêmes, pourquoi à toute heure nous exposer au péril ? Chaque jour je suis à la mort, aussi vrai, frères, que vous êtes pour moi un titre de gloire dans le Christ Jésus, notre Seigneur. »

* Auteurs anciens. Certains auteurs suggèrent que le baptême pour les morts a été pratiqué par certains groupes de premiers chrétiens et que cette pratique s’est poursuivie au moins jusqu’à la fin du IVe siècle.

Ambrosiaster, auteur latin qui vivait sous le pontificat de Damase Ier (366-384), à propos de la déclaration de Paul :  Paul souhaite montrer combien la résurrection des morts est sûre et ferme en donnant l’exemple de ceux qui étaient si certains de la future résurrection qu’ils étaient baptisés pour ceux qui étaient morts avant d’avoir pu être baptisés. Craignant que quiconque qui n’avait pas été baptisé ne ressusciterait pas du tout, ou ressusciterait pour être damné, une personne vivante était baptisée défunt.  [7]. La position d’Ambrosiaster est adoptée par de nombreux auteurs, dont le théologien et philosophe saint Thomas d’Aquin (1224/25-1274).

Saint Jean Chrysostome (344/349-407) explique que chez les marcionites, quand un catéchumène mourait, une personne vivante s’étant cachée sous le lit du défunt, ils s’approchaient du mort et lui parlaient lui demandant s’il voulait recevoir le baptême. Comme il ne répond pas, celui qui est caché en dessous répond pour lui disant qu’il veut être baptisé. Ainsi, ils le baptisent à la place de celui qui est mort, comme s’ils jouaient sur une scène… Si, indépendamment des morts, nous pouvons décider ou changer leur destinée éternelle, alors le fait qu’ils soient damnés ou sauvés ne peut plus être attribué à leurs fautes ou à leurs mérites, mais aux nôtres. Ce serait notre responsabilité !  [8].

Épiphane de Salamine, évêque et théologien du quatrième siècle, disait à propos des marcionites, une Église chrétienne à laquelle il était opposé : Dans ce pays — je veux dire l’Asie — et même en Galatie, leur école était très florissante ; et une tradition nous est parvenue à leur sujet : quand un des leurs mourait sans baptême, ils avaient coutume d’en baptiser d’autres en son nom, de peur qu’à la résurrection il ne fût puni pour n’avoir pas  été baptisé.  [9]

Saint Philastre de Brescia (IVe siècle) dit des Cathaphrygiens (dont Montanus de Phrygie) : Ces gens baptisent les morts .

Saint Grégoire de Nazianze (329-390), théologien et docteur de l’Église, reproche à un vieil homme de remettre à plus tard son baptême lui demandant avec ironie : « Attends-tu toi aussi d’être baptisé après que tu sois mort » [10] ?

Le quatrième canon du synode d’Hippone, qui a eu lieu en 393, déclare : L’Eucharistie ne doit pas être accordée à des cadavres, ni le baptême qui leur est conféré . . La décision fut confirmée quatre ans plus tard, dans le sixième canon du troisième concile de Carthage. Le concile de Carthage, tenu en 397, confirme le synode d’Hippone et condamne toute administration du baptême pour les morts. Le 6e canon du concile déclare :  Prenez garde que l’ignorance des frères ne les conduise à croire que les morts peuvent être baptisés..

* Auteurs modernes. Jérôme Murphy-O’Connor (décédé en 2013), prêtre dominicain, sommité en matière paulinienne et professeur de Nouveau Testament à l’École biblique de Jérusalem depuis 1967 :  Les commentaires les plus récents de 1 Corinthiens 15, 29 s’accordent tous à penser que ce verset parle d’une coutume à Corinthe par laquelle des membres de la communauté étaient baptisés en faveur de parents et d’amis chers qui n’avaient pas reçu le sacrement. Une telle unanimité reflète un consensus dont la base, déclare-t-on, est le texte lui-même. On nous dit qu’une lecture impartiale du verset suggère immédiatement et naturellement une telle pratique. Les autres opinions n’auraient été proposées qu’à cause du fait que les érudits (pour des raisons dogmatiques ou autres) n’auraient pu se résoudre à admettre l’existence d’une coutume si bizarre. [11].

Sergeï Antonenko, spécialiste russe de la religion, déclare que le baptême par procuration des morts a ses racines dans le christianisme antique : « Ceux qui sont avancés dans l’étude de la religion peuvent conclure que le baptême par procuration a existé dans l’histoire de l’Église chrétienne. » Citant comme exemple la déclaration explicite de l’apôtre Paul sur le sujet (voir 1 Co 15, 29), il continue : « La signification directe [littérale] du verset implique que ‘le baptême pour les morts’ pour les anciens chrétiens était la confirmation de leur foi — de leur croyance en la résurrection. »

Selon Antonenko, il est évident que le baptême pour les morts a été pratiqué dans certaines des premières communautés chrétiennes jusqu’à ce qu’il soit interdit par décret du Concile de Carthage. La tradition des baptêmes posthumes a continué à exister dans les périodes postérieures. On la connaissait aussi dans la Russie ancienne. En 1044, Iaroslav, surnommé le Sage, grand duc pieux de Kiev [capitale de la République actuelle d’Ukraine], a introduit [physiquement] dans l’église deux de ses oncles, Oleg et Jaropolk, qui étaient morts bien avant cela et étaient officiellement païens [non baptisés au moment de leur décès]. Dans ce cas-ci on peut difficilement parler de baptême par procuration. Les chroniques disent que les os des ducs furent exhumés des tombeaux, baptisés et puis enterrés dans la cathédrale de la Sainte Vierge des Dîmes. Au sujet d’Oleg et de Jaropolk, on sait qu’ils ont été élevés et éduqués par leur grand-mère, la grande duchesse Olga, et qu’ils croyaient au Christ et que s’ils n’ont pas été baptisés, c’est à cause de circonstances défavorables… tués dans des querelles intestines.

Iaroslav le Sage était convaincu que c’était son devoir d’aider ses oncles décédés prématurément à mener à bonne fin leur choix chrétien… le baptême des morts fut accompli officiellement dans l’église construite par saint Vladimir [12].

* Des baptêmes pour les morts sont pratiqués par procuration dans des temples par les membres de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours.

Selon la doctrine de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, l’Évangile est enseigné aux morts dans le monde des esprits où ils ont l’occasion d’accepter librement les sacrements accomplis pour eux dans cette vie. Ces sacrements ne prennent effet qu’après acceptation des destinataires.

Les saints des derniers jours font des recherches généalogiques pour découvrir les noms et dates de naissance de leurs ancêtres afin que les ordonnances salvatrices (baptême, confirmation, ordination, dotation, mariage, scellement aux parents et aux enfants) soient accomplies pour eux.

Seul un adulte de sexe masculin détenteur de la prêtrise de Melchisédek ayant reçu l’ordonnance de la dotation peut baptiser en faveur des morts. Dans la pratique du baptême pour les morts, une personne vivante est baptisée par immersion en lieu et place d’une personne décédée du même sexe. La personne qui représente le défunt est appelée par son nom, puis après l’énoncé du nom complet de la personne décédée qu’elle représente, est baptisée par immersion « au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ». Selon la doctrine mormone, le défunt, qui est vivant en esprit, est libre d’accepter ou de refuser le baptême accompli en sa faveur.

baptême pour les morts des Mormons
Font Baptismal des SDJ Pour le baptême pour les morts-Temple de Salt Lake City par Charles Roscoe Savage [Public domain], via Wikimedia Commons
Les saints des derniers jours considèrent que leur première obligation est d’accomplir, par procuration, les ordonnances du temple pour les membres décédés de leur famille. Des recherches généalogiques peuvent être faites sur les lignées par le sang, par adoption et par scellement, également pour les noms de personnes qui ont une relation familiale probable. Sont exclus les noms de personnes non apparentées, notamment les noms de célébrités ou celles collectées dans le cadre de projets d’extraction non approuvés, par exemple les victimes juives de l’Holocauste.

Bien que l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours considère que c’est un grand service que d’accomplir des sacrements par procuration pour les défunts, certains non-mormons se sont offensés de cette pratique. Sensible à la question du baptême par procuration pour les non-mormons qui n’ont pas de lien de parenté avec des membres de l’Église, l’Église au cours des dernières années a publié des instructions limitant l’accomplissement des sacrements du temple aux ancêtres directs des membres de l’Église.

En 2008, une directive de la Congrégation vaticane pour le Clergé a été envoyée aux diocèses catholiques pour empêcher l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours de microfilmer et de numériser les informations contenues dans les registres de sacrements catholiques de sorte que les personnes dont les noms y figurent ne reçoivent pas le baptême mormon. Le Vatican avait déjà déclaré en 2001 que le baptême mormon était non valide.

Source : extrait de https://fr.wikipedia.org/wiki/Baptême_pour_les_morts

9. La loi mormone sur la progression éternelle

L’erreur doctrinale la plus grave de l’enseignement mormon peut être résumée dans la position de base concernant Dieu et l’homme, connue sous l’appellation de « progression éternelle ». Cet enseignement est au centre de la foi mormone. Selon lui, Dieu fut un jour un simple être humain et l’homme deviendra un jour Dieu (Ensign, mai 1977, page 49). Et voici la fable délirante concoctée en milieu mormon.

Elohim, le père de Jésus, serait né sur une autre planète de la même façon que nous avons été mis au monde par nos parents. Elohim aurait acquis une grande maturité grâce à son obéissance aux lois et ordonnances du Dieu qui régentait cette planète, c’est-à-dire son père qui lui-même dans le passé fut un homme soumis à un autre Dieu et ainsi de suite ! (Journal of Discourses, vol. 6, pages 3-5).

Elohim mourut, fut ressuscité et jugé par son dieu qui le trouva digne d’être élevé à la divinité. Il lui fut donné beaucoup d’épouses qui l’accompagnèrent sur une planète dénommée Kolob. Il y prospéra et il engendra des millions d’enfants démunis de corps physiques. Cette doctrine nous apprend que toute la race humaine fut envoyée de Kolob sur cette terre dotée de corps physiques afin d’être testés comme Elohim.

Elohim eut pour tâche de préparer la terre afin qu’elle soit occupée par les hommes. Le Conseil des dieux s’est alors rassemblé afin de trouver le meilleur plan de travail pour cette entreprise. Elohim demanda à ses deux fils aînés Jéhovah (Jésus) et Lucifer de préparer chacun un plan. Après délibération, le Conseil opta pour le plan de Jésus et il fut élevé à la position divine. Satan n’accepta pas cette décision et un tiers des enfants d’Elohim fut entraîné dans la révolte. Un autre tiers resta fidèle à Elohim et à la décision du Grand Conseil, et un autre tiers composé d’irrésolus resta obéissant mais ne voulut pas s’engager dans la bataille ! (Mormon Doctrine, pages 163-164).

Le parti de Jésus remporta la victoire et Lucifer et ses adeptes furent chassés de Kolob et arrivèrent sur terre. Ceux qui demeurèrent vaillants et fidèles à Jésus vinrent sur terre avec une peau blanche, les irrésolus quant à eux reçurent une peau noire, la malédiction de Caïn (Doctrines of Salvation, vol.1, page 64-66). Soit dit en passant, depuis le 9 juin 1978, les noirs ont été pardonnés et peuvent recevoir la prêtrise mormone afin de devenir dieu et blanc tout naturellement.

Neuf mois avant la naissance de Jésus à Bethléem, Elohim son père vint sur terre afin d’avoir des relations sexuelles avec Marie. Souvenez-vous qu’Elohim est un homme exalté selon le mormonisme ! (Journal of Discourses, vol. 8, page 115, Mormon Doctrine, pages 742-743).

Le Jéhovah mormon, alias Jésus, épousa trois femmes identifiées, savoir les deux sœurs de Lazare et Marie-Madeleine. Il transforma l’eau en vin lors de son premier mariage. Selon le mormonisme, Jésus fut persécuté parce qu’il possédait beaucoup de femmes et de concubines ! (Journal of Discourses, vol, 1, 1852-1854 pages 345-346).

Le Jésus mormon est mort sur la croix afin d’expier la transgression d’Adam alias Elohim. Grâce à la chute, nous pouvons disposer de corps physiques et la mort de ceux-ci nous permettra de ressusciter. La chute est en fait pour les mormons une bénédiction. La mort de Jésus nous permet de bénéficier d’une résurrection physique et de posséder l’immortalité. Chacun sera jugé selon ses œuvres et puni pour ses propres péchés ! (Articles of faith, pages 68-70).

Le Jésus des Saints des Derniers Jours
Le Jésus des Saints des Derniers Jours – Temple des Mormons au Salt Lake City

« Aucun homme ou femme dans cette dispensation n’entrera jamais dans le royaume céleste de Dieu sans le consentement de Joseph Smith, chaque homme et femme doit avoir un certificat de Joseph Smith comme passeport afin d’entrer là où se trouvent Dieu et Christ » (Journal of Discourses, vol. 7, page 289).

Ainsi, si le mormon est fidèle aux cérémonies du Temple, s’il obéit aux lois de l’église mormone, il sera peut-être jugé digne d’entrer dans le Royaume céleste, le plus haut degré de gloire, et devenir dieu, ou une déesse s’il s’agit d’une femme. (Doctrines of Salvation, vol. 2, pages 44-46).

Chaque mormon divinisé recevra beaucoup de déesses et prendra possession de son nouveau royaume et le processus recommencera…

Les mormons enseignent que l’utilisation chrétienne de la croix est païenne et diabolique. Jamais vous ne verrez de croix chez les mormons. La vision de la croix comme lieu d’expiation de nos péchés est regardée comme une hérésie ! (What The Mormons Think of Christ, page 22).

temple mormon suisse
Le faux ange Mormoni qui remplace la croix sur le sommet d’un temple mormon en Suisse.

On est évidemment à des années-lumière de la Bible, dans des conceptions ténébreuses qui se veulent au-delà du bien et du mal.

On comprend qu’on puisse lire sous la plume d’un mormon : « Les mormons ne rampent pas devant Dieu, débitant leur indignité et implorant grâce. Ce ne sont pas des esclaves mais des hommes faits à l’image de Dieu. Ils se tiennent debout fièrement levant la tête et tendant leur main pour serrer celle de Dieu afin de le saluer » [13]

Source : Christian Piette, La Route Droite n° 25
http://vigi-sectes.org/la-loi-mormone-sur-la-progression-eternelle/

10. Les liens entre J. Smith et la Franc-Maçonnerie

Quand Joseph Smith créa l’église SDJ, la Franc-maçonnerie existait déjà. En 1827, Hyrum Smith qui est le frère de Joseph Smith, rejoindra les Franc-maçons ainsi que beaucoup des premiers Mormons [14]. En 1838, les Mormons formèrent une bande secrète unie par des serments de mort secrets pour défendre les mormons de leurs ennemis et pour faire sortir les apostats du milieu d’eux [15].  Le 15 mars 1842, Joseph Smith est devenu membre de la loge franc-maçonnique à Nauvoo en Illinois. Le lendemain, il est élevé au 32ème degré la franc-maçonnerie [16]. « Le soir, j’ai reçu le premier degré dans la franc-maçonnerie à la loge de Nauvoo, assemblée dans mon bureau ». « J’étais à la loge maçonnique et je fus élevé au degré suprême ».

La compromission des hauts degrés de la Franc-Maçonnerie avec le satanisme est connue. Albert Pike, Grand Pontife de la Franc-Maçonnerie universelle, Franc-Maçon du 33e degré, Grand Prêtre de l’Église Satanique, a déclaré le 14 juillet 1889 en France, en s’adressant aux hauts degrés de la maçonnerie de « Rite Palladique » : «… À toi, Souverain Grand Instructeur Général, nous disons ceci, que tu peux répéter aux Frères des 32°, 31° et 30° ème degré : La Religion maçonnique devrait être maintenue par nous tous, initiés de hauts degrés, dans la pureté de la doctrine luciférienne… » [17].

Après quelques mois, les francs-maçons d’autres loges d’Illinois rejetèrent la loge de la ville appelée Nauvoo parce qu’elle introduisait beaucoup de changements dans les cérémonies[18]. Pour se défendre contre les accusations disant qu’il avait copié les cérémonies de la franc-maçonnerie pour les mettre dans les cérémonies secrètes du temple mormon, Joseph Smith déclara que la franc-maçonnerie était une apostasie de la religion vraie, et qu’il l’avait restaurée par « révélation de Dieu »[19]. Cependant, au moment de leur mort, son frère et lui étaient membres à part entière de la franc-maçonnerie [20].

. Quand ils furent attaqués en prison par la foule, Joseph appela ses frères francs-maçons à l’aide : « Ô Seigneur, mon Dieu, est-ce qu’il n’y a pas d’aide pour le fils de la veuve ?[21] »

Les serments de mort, de la même nature que ceux de la franc-maçonnerie, ont continué dans les cérémonies des temples mormons jusqu’au 10 avril 1990. Après cette date, à cause des protestations de beaucoup d’organisations chrétiennes, les mormons abandonnèrent cette pratique[22]. Les preuves de leurs liens historiques avec la franc-maçonnerie restent dans les symboles du compas, du carré et de la règle sur les vêtements intérieurs sacrés que porte tout missionnaire mormon. Cependant en regardant de plus près, les symboles sataniques et mythologiques pullulent dans le Temple des Mormons à Salt Lake City, Utah, aux États-Unis [23].

Bernard François dont il est question ci-dessous affirme : « Le rituel secret du Temple pour conférer les ordonnances salvatrices aux vivants et aux morts est en fait pris à la Franc-Maçonnerie de rite Ecossais, et adapté aux Mormons. Les grades d’Apprenti, Compagnon, Maître, sont conférés en une seule séance. La Franc-Maçonnerie officielle n’admet pas cette pratique. »

11. Pérégrinations d’un mormon sarthois, Bernard François

« Bernard François (1920-1997) a vécu au Mans. Ajusteur et serrurier SNCF, puis agent technique, il a donné sa démission en août 1942. Entré au « Maine Libre » en 1946 comme mécanicien linotypiste, puis après maladie, à l’imprimerie Vilaire en novembre 1955. Il a terminé sa carrière à l’imprimerie Barrier en 1983.

À 20 ans, il connut le désert de la foi. A 40 ans, il s’éloignait de la foi catholique pour l’embrasser à nouveau et définitivement 20 ans après. Deux décennies apparemment loin de l’Église. Loisirs peu nombreux, occupé en grande partie à la recherche généalogique. Pas moins de 100 000 km parcourus à mobylette. Une moisson abondante de noms, ses ancêtres et parents, ceux de son épouse, ceux de coreligionnaires et d’amis. Bienveillante, son épouse s’occupait de sa petite famille tandis qu’il partait à la recherche de la grande famille humaine.

Ses enfants se souviennent de ses retours triomphants des Archives Départementales. Et Bernard François de parler avec enthousiasme de Martin Franç̧ois et de Mathurine Pingault, décédés en 1651 et 1678, comme s’il venait de leur serrer la main.

L’étude du livre d’Isaïe en hébreu, et des hiéroglyphes, le ramèneront à sa propre surprise dans l’Église catholique à Noël 1980. Sa vie a été marquée par l’étude, la méditation, la prière (celle du chapelet) et le service. Il aimait les belles célébrations eucharistiques, fréquentes à l’église Saint-Martin de Pontlieue. Il appréciait l’équipe liturgique dont il faisait partie, écoutait attentivement les homélies des prêtres successifs, dont la profondeur ne lui échappait pas, et les commentait à son retour à la maison. »
(Extrait d’une note rédigée pour sa sépulture)

Son travail numérisé a été mis en ligne sur le site http://pncds72.free.fr/102_1_morm_bfrancois.php

D. Auzenet +, pncds72
Novembre 2015

N.B. 1 : Cette conférence ne peut être le lieu d’approfondissement de nombreux points de théologie, d’organisation, de pratiques de l’Église des SDJ. Ont été mentionnés ceux qui pourraient être le plus utile dans un premier temps. Comme dans tous les cas de mouvements où les fondateurs ont été en lien avec la Franc-Maçonnerie (voir les conférences sur les Témoins de Jéhovah, et la Scientologie) la matière est en effet foisonnante et hyper-complexe à maîtriser.

N.B. 2 : Le Chœur du Tabernacle mormon, créé en 1847, est l’une des institutions chorales les plus réputées du monde. Il est formé de 360 voix et est habituellement accompagné par un orgue de 11 623 tuyaux et l’Orchestre de Temple Square composé de 110 musiciens. Tous les membres du Chœur du Tabernacle sont des bénévoles de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours.

Andréa Bocelli, vous connaissez ? Il chante un magnifique « Notre Père » accompagné par le Chœur du Tabernacle mormon. On le trouve en ligne sur l’Internet, même sur des sites catholiques ; comme quoi rien n’est simple !
http://luciole-83.eklablog.com/notre-pere-chante-par-andrea-bocelli-et-choeur-momon-du-tabernacle-a107184228

Le chant d’Amazing Grace par le même Bocelli, devant le pape François :
https://www.youtube.com/watch?v=u5q7FTixnWU


[1] http://www.huffingtonpost.fr/2014/11/12/mormons-joseph-smith-fondateur-eglise-femmes-polygamie_n_6143764.html

[2] Sur la question du rapport du Mormonisme avec l’occultisme, il faut souligner que Stephenie Meyer, romancière, auteur du best-seller Twilight appartient à l’église mormone.

[3]http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_20010605_battesimo_mormoni_fr.html

[4] « Les Mormons s’offrent le tiers de Villepreux », Le Parisien, 9 mars 2006]

[5] « Que sait-on de… Les mormons », 4e semestre 2002, UNADFI, voir § 1 et ‘Observations ou témoignages’

[6] L’ADFI publie régulièrement des articles sur les Mormons, que l’on peut retrouver sur son site http://www.unadfi.org/étiquettes/mormons

[7] Patrologie Latine 17, 280

[8] Saint Jean Chrysostome, dans Epistolam 1 ad Corinthios Homilia, p. 40, 71

[9] Hérésies 28, 7

[10] Oratio 40 : In Sanctum baptisma, n° 17

[11] « Baptized for the dead », a Corinthian Slogan ?, Revue Biblique 88, 1981

[12] Baptême pour les morts en Ukraine http://www.idumea.org/Etudes/Croyances/Bapteme_Ukraine.htm

[13] Joseph H. Weston, The Amazing Mormons, p. 82.

[14] Kenneth W. Godfrey. Journal of the Illinois State Historical Society, Spring, 1971, p.81-82

[15] Harold Schindler. Drrin Porter Rockwell: Man of God, Son of Thunder, 1966, p. 44

[16] Joseph Smith, History of the Church, tome 4, pages 551-552.

[17] Publié par la revue anglaise « The Freemason » dans son numéro du 19 janvier 1935 (cf. Epiphanius in « Maçonnerie et sectes secrètes : le côté caché de l’histoire », pp. 508-509).

[18] E. Cecil McGavin, Mormonism and Masonry, 1956, pages 89-92.

[19] McGavin, page 199.

[20] History of the Church, tome 7, page 188.

[21] McGavin, page 17.

[22] Jerald and Sandra Tanner, Evolution of the Mormon Temple Ceremony, 1842-1990, pages 6-8.

[23] Source : http://rustyjames.canalblog.com/archives/2014/11/27/31035599.html

 

Psychogénéalogie

Un véritable engouement

 La psychogénéalogie est une discipline en vogue. Elle bénéficie d’un véritable engouement depuis sa vulgarisation dans les années 80.

Sans doute peut-on parler d’un phénomène de société. En effet, les concepts sur lesquels s’appuie cette nouvelle approche sont très répandus si bien qu’ils semblent familiers à la plupart d’entre nous.

Nous les retrouvons sous différents formats :

et aussi

  • dans le langage courant
  • les conversations familières
  • dans une conception millénaire selon laquelle il y aurait une interdépendance pathologique entre les générations

Deux exemples parmi d’autres

La psychogénéalogie bénéficie en outre d’un important réseau de praticiens.

Continuer la lecture de « Psychogénéalogie »

La Scientologie

Pour les personnes intéressées par le sujet, deux livres récents et marquants sont à signaler :

Dans la secte, de Pierre Henri & Louis Alloing, une bande dessinée publiée en 2005 aux éditions La boîte à bulles, qui raconte l’histoire de Marion, rentrée dans la scientologie dans les années 1980.

Jenna Miscavige, Rescapée de la scientologie, Éditions Kero, 2013. Nièce de David Miscavige, qui a succédé au fondateur Ron Hubbard en 1986, elle en est sortie à l’âge de 21 ans.

Il faut mentionner le livre de Roger Gonnet : La Secte. Secte armée pour la guerre. Chronique d’une « religion » commerciale à  irresponsabilité illimitée Éd. Alban, 1998 ; il a passé 8 ans comme cadre dirigeant du mouvement, créant la branche lyonnaise. Je signale aussi le livre de François Lecombat, L’audace d’être contre, une vie de lutte contre la Scientologie, Publibook, 2014 ; il y raconte l’implosion de sa fratrie sous l’emprise de la Scientologie…

J’ai choisi de faire connaître un article traduit de l’américain et publié sur le site preventsectes.com, intitulé LE PIEGE DE LA LIBERTE TOTALE. SCIENTOLOGIE, DIANETIQUE ET L. RON HUBBARD, de JON ATACK. Celui-ci a été membre de l’Église de Scientologie de 1974 à 1983. Son livre A Piece of Blue Sky, publié aux USA (1990) et au Canada, est un récit de 400 pages sur Ron Hubbard, ses organisations et ses pratiques. L’article mis en ligne sur preventsectes.com, d’une vingtaine de pages, permet de cerner les aspects essentiels de la vie du fondateur et de son œuvre.

1. Introduction

« La Scientologie est une philosophie religieuse qui mène l’humanité à la Liberté Totale » [1]. « Une libération sans limites de tous les pièges, de toutes les craintes… Prisonnier de sa condition, l’homme aspire à la liberté et veut sortir de sa situation misérable et sans but pour parvenir à une liberté totale. » [2]

L’œuvre de L. Ron Hubbard est l’objet de nombreuses controverses depuis le premier jour où il a révélé sa « science moderne du mental ». Selon ses fidèles « L. Ron Hubbard est non seulement la réincarnation de Bouddha, mais aussi de Maitreya, qui illumina le monde d’après une légende bouddhiste ». Pour les scientologues, il est tout simplement « le plus grand savant, le plus grand des humanistes et le plus grand connaisseur de l’esprit humain n’ayant jamais existé ».

En revanche, un juge californien de la Cour a déclaré que Hubbard était « un schizophrène et un paranoïaque ». Un juge de la Haute Cour de Londres a qualifié la Scientologie de « cynique et socialement odieuse ». Des scientologues ont été condamnés pour des actes criminels au Canada, aux États-Unis, au Danemark et en Italie.

L’Église de Scientologie est une organisation terriblement puissante, constituée de plus de 270 églises et missions réparties dans le monde. Utilisant des techniques hypnotiques, la Scientologie est parvenue à susciter un comportement fanatique chez des dizaines de milliers d’individus, auparavant normaux et intelligents.

2. Mode de recrutement

La plupart des adeptes entrent dans la Scientologie alors qu’ils traversent une période difficile de leur vie. La Scientologie emploie des techniques de recrutement manipulatoires aggravant leur vulnérabilité, et leur promet une solution pratiquement à tous leurs problèmes. Au commencement, la nouvelle recrue est soumise à des exercices provoquant l’euphorie. Le désir d’atteindre cet état euphorique peut être assimilé à une drogue, qui entraîne dans la plupart des cas une annihilation de l’esprit critique vis-à-vis de la Scientologie.

La secte parvient rapidement à dominer sa victime. Elle lui interdit de garder contact avec les personnes hostiles au mouvement, y compris ceux de sa famille ; et insiste sur le fait qu’un énorme complot se prépare dans le but de détruire la Scientologie. Le propre d’un fanatique est son incapacité à considérer ce qui est pourtant évident. La majorité des scientologues restent aveugles et sourds aux critiques contre cette secte.

3. Lafayette Ron Hubbard, pseudo-enfant prodige

« De toute évidence, cet homme se révèle être un mythomane quand il parle de sa vie, ses origines et son œuvre. En outre, les écritures et documents reflètent son égoïsme, sa cupidité, son avarice, sa soif de pouvoir, son caractère vindicatif et son agressivité envers tous ceux qui lui sont perçus comme déloyaux ou hostiles. » [3]

Lafayette Ronald Hubbard, créateur de la Dianétique et la Scientologie, est né aux États-Unis en 1911. […] À 19 ans, Hubbard entre à l’Université George Washington pour entreprendre des études dans le génie civil. Son passage en troisième année est refusé à cause de ses résultats médiocres. Les scientologues prétendent que « Ron Hubbard possédait des diplômes à la fois en génie civil et en mathématiques ». En fait, il n’a jamais eu aucun diplôme dans ces domaines, et son niveau en mathématiques était très bas. À l’université, Hubbard échoue également dans ses études sur la physique atomique et moléculaire, ce qui dément sa ridicule prétention selon laquelle il est « un des premiers physiciens nucléaires d’Amérique ».

L. Ron Hubbard

4. L’explorateur en pantoufles […]

5. Les romans à bon marché

Il vit durant plusieurs années dans des conditions précaires, en signant ses œuvres sous des pseudonymes ronflants tels que René Lafayette, Tom Sterbrook, Kurt von Rachen, Capitaine B.A, Northrup, et Winchester Remington Colt. Sous le nom de Légionnaire 148, Hubbard concocte des « histoires vraies » au sujet de ses prétendus exploits au sein de la Légion Etrangère Française. Mais il subsiste surtout en écrivant des petits romans d’aventure pour des revues bon marché, en participant à la rédaction de nombreux magazines tels que Thrilling Aventures, The Phantom Detective et Smashing Novels Magazine ; puis s’oriente définitivement vers la science-fiction, principalement pour la revue Astounding Science Fiction. Parmi ses romans populaires, certains portent le titre de Le carnaval de la mort, Roi des terroristes et Pirate de l’air. À l’époque des débuts de la Dianétique, en 1950, ses œuvres de science-fiction sont bourrées d’imagination, mais d’un style fort peu élégant. Il explore déjà des idées qui seront incorporées ultérieurement dans la Scientologie.

6. Les années de guerre

À cause de sa vue, l’admission de Ron Hubbard à la U.S. Naval Academy est refusée. En 1941, bénéficiant d’une dérogation, il réussit à se faire enrôler en tant que réserviste de la Navy.

Ron Hubbard prétend avoir été « un brillant officier dans la Navy ». Parmi ses exploits militaires, il se targue d’être « le premier blessé sur le front asiatique ». En décembre 1941, il est en réalité affecté en Australie. Là bas, il apporte suffisamment de contrariétés à ses supérieurs pour se faire renvoyer aux États-Unis quelques mois plus tard. En février 1942, un rapport de l’attaché naval américain indique que « cet officier n’est pas qualifié pour exercer (seul) des responsabilités… Il se prétend doué de qualités exceptionnelles dans tous les domaines… Il doit être surveillé de très près ». À son retour, en mars 1942, Hubbard est affecté à un poste de censure du courrier à New-York. […]

F.A. Braisted, chef du commandement de la flotte du pacifique écrit dans un rapport : « je considère cet officier comme dépourvu de qualités essentielles de jugement, d’aptitude au commandement et de coopération. Il agit sans réfléchir aux conséquences de ses actes… Il est actuellement inapte au commandement et ne mérite pas de promotion. Je recommande pour cet officier un poste qui permettra de le soumettre à une stricte surveillance. » […]

7. L’invalide de guerre

Dans un article intitulé « Ma philosophie », Hubbard prétend avoir été atteint au nerf optique et aveugle, et paralysé par ses blessures aux hanches et au dos, à la fin de la seconde guerre mondiale. Pourtant, dans son dossier, aucune trace d’un Ron Hubbard aveugle et estropié n’a été retrouvée. Ses périodes d’hospitalisation ne sont pas la conséquence de soi-disant blessures de guerre, mais de divers troubles et maladies allant de la malaria à un ulcère et des douleurs dans le dos.

Hubbard prétend avoir passé un ou deux ans à l’Hôpital Naval de Oak Knoll, à développer la Dianétique et grâce à elle, à « guérir de sa maladie déclarée incurable par les médecins ». Les origines de la Dianétique restent floues et contradictoires avec le contenu des livres sur la Scientologie. Selon les ouvrages, l’année de la découverte de la Dianétique oscille entre 1944, 1947 et 1949.

8. Sexe et magie noire

Après son départ de la Navy, Ron Hubbard abandonne sa première épouse, Margaret Louise Grubb, alias Polly, et ses deux enfants en bas âge pour s’initier à la pratique de la « magie noire ». En 1938, Hubbard est pris d’une étrange hallucination pendant une anesthésie pour une intervention chirurgicale dentaire. Il se croit mort durant cette opération et se persuade d’avoir reçu une grande richesse de savoir au cours de cette expérience. Suite à cette découverte, il prétend avoir écrit un livre nommé Excalibur, mais n’a jamais pu trouver un éditeur. On peut se demander s’il a réellement écrit ce livre.

L’intérêt de Ron Hubbard pour les sciences occultes le conduit à adhérer pendant une brève période à un groupe de Rosicruciens. Il raconte à un ami qu’il se croit lui-même protégé par un gardien spirituel appelé « l’Impératrice » ; et le répétera à certains de ses fidèles plusieurs années après.

En 1945, Hubbard s’associe avec un certain Aleister Crowley, le dirigeant d’une secte satanique. Crowley se fait appeler « La bête 666 », servant de l’Antéchrist, et préconise d’étranges pratiques sexuelles et l’utilisation de drogues à accoutumance. Grâce à lui, Ron Hubbard rencontre John Parsons, alias Jack, un chimiste et un des premiers membres du laboratoire de Jet Propulsion en Californie, mais dont la magie constitue sa passion nocturne. Hubbard et Parsons se mettent à pratiquer des rituels sexuels sur Sara Elizabeth Northup, alias Betty, voulant devenir la mère de « Babalon », l’incarnation du mal.

Cette étrange association prend fin avec la fuite de Hubbard, non seulement avec la compagne de Jack, mais aussi avec son argent. Hubbard devient bigame en épousant Sara Northrup et, toujours dans une situation financière critique, commence à écrire des lettres pathétiques pour justifier une demande d’augmentation de sa pension d’invalide de guerre. En 1947, alors qu’il racontera plus tard qu’il s’était « guéri » lui-même grâce à la Dianétique, Hubbard fait état de ses tendances suicidaires et sollicite l’Administration des Vétérans pour une aide psychiatrique.

Hubbard continue de pratiquer des rituels de magie noire et se lance dans des exercices d’auto-hypnose, avec des affirmations suggestives du genre « tous les hommes sont mes esclaves ». En même temps, Il continue d’envoyer des courriers de demande d’augmentation de sa pension d’invalidité, en prétendant souffrir de tous les maux.

A cette époque, Hubbard était déjà sous la dépendance des barbituriques prescrits à l’origine pour son ulcère. Son usage de la drogue s’est prolongé durant toute sa carrière dans la Scientologie, alors qu’il avait créé des centres de désintoxication Narconon, organisation écran de la secte. La Dianétique prétend triompher des tendances compulsives. Pourtant Ron Hubbard n’a jamais pu s’affranchir du tabac.

9. La Dianétique

« L’hypnose a été utilisée pour la recherche, puis abandonnée » [4]. En 1948, Hubbard présente des démonstrations sur l’hypnose, et écrit à son éditeur à propos d’un nouvel ouvrage qu’il assure d’un succès très prometteur. Mariant les techniques de l’hypnose avec des recherches abandonnées depuis longtemps par Freud, Hubbard invente la Dianétique. En 1950, il modifie les techniques d’hypnose sans avoir effectué davantage de « recherches », pour sortir le livre « La Dianétique ».

Dans un ouvrage datant de 1909, Freud décrivait une méthode pour faire remonter à la conscience des souvenirs traumatisants. Il demande aux patients de remonter à des incidents situés de plus en plus tôt sur une « chaîne », jusqu’à ce que la charge émotionnelle soit libérée. Non seulement Hubbard reprend la technique, mais il transforme certaines expressions utilisées par le traducteur de ces lectures. Freud avait abandonné la technique, parce que le procédé était trop laborieux et ne permettait pas de découvrir les sources des blocages. La Dianétique apporte parfois un soulagement initial, mais donne surtout la dangereuse conviction que certains incidents purement imaginaires correspondent à la réalité.

Hubbard adopte les techniques de Freud, y ajoute une terminologie spécifique à la Dianétique, et développe une théorie selon laquelle le « basique », en d’autres termes le premier incident traumatique, se produit dans l’utérus. En fait, cette affirmation fait suite aux recherches de Otto Rank, Nandor Fodor et J. Sadger. Hubbard déclare en plus qu’il est réellement possible de se remémorer les incidents prénataux, et même les instants précédant la conception (le « rêve du spermatozoïde »). Fodor aussi avait écrit au sujet des souvenirs prénataux.

Hubbard redéfinit le terme d' »engramme » comme étant l’image d’un incident traumatique qui a échappé à la conscience de l’individu. Une fois que le premier engramme (ou « basique-basique ») est éliminé, l’individu est supposé à l’état de « Clair », par conséquent libéré de toutes ses carences, et pourvu d’un QI élevé. L’audition est dotée de vertus miraculeuses.

« La Dianétique augmente le QI comme résultat accessoire de l’audition habituelle, d’une moyenne d’un point par heure de processing. […] Les membres atrophiés, les taches de peau, les éruptions cutanées, et même la cécité et la surdité peuvent être guéris par la Dianétique ». [5]

Le livre « La Dianétique, la puissance de la pensée sur le corps », soutient que par l’élimination des engrammes, l’individu est libéré de ses compulsions, obsessions, névroses, et des risques tels que les troubles cardiaques, déficience visuelle, asthme, daltonisme, allergies, bégaiement, surdité, sinusite, hypertension, dermatite, migraine, ulcères, arthrite, nausées, refroidissement, conjonctivite, alcoolisme et tuberculose. Hubbard prétend aussi guérir des cancers et de la leucémie. Pourtant, aucune preuve sérieuse de ces prétendues vertus miraculeuses n’a jamais été établie.

En août 1950, face aux multiples contestations, Hubbard entreprend de présenter « le premier Clair au monde » à l’auditorium de Shrine à Los Angeles, en la personne d’une jeune physicienne, Sonya Bianca. Selon Hubbard, elle jouit d’une « mémoire infaillible lui permettant de se souvenir sans erreur de chaque instant de sa vie ». Mais la jeune femme, peu maîtresse d’elle-même, est incapable de dominer la situation sur scène. En outre, intimidée par les questions très sceptiques du public, elle ne parvient pas à se souvenir d’une formule de base en physique, pourtant sa spécialité. Les fidèles de Ron Hubbard occultent le fait qu’une partie du public s’est aperçu de l’incroyable exagération des prétendus bienfaits de la Dianétique. Ron Hubbard ne se risquera à exhiber un autre « Clair » en public avant longtemps. [6]

La secte se garde bien de révéler la faillite des premières fondations de Dianétique et l’échec du second mariage de leur gourou, avec Sara. Sara Hubbard a accusé son mari de l’avoir battue et privée de sommeil. Elle révèle qu’il l’avait un jour étranglée jusqu’à la rupture de la trompe d’Eustache de son oreille droite, entraînant une surdité définitive. Hubbard s’est réfugié à Cuba ; après avoir kidnappé leur fille, dans le but de s’assurer, avec succès, du silence de sa première épouse.

Avec le soutien financier du millionnaire Don Purcell, Hubbard retourne aux États-Unis pour créer une fondation à Wichita. Il règle également les conditions du divorce avec Sara, qui renonce à ses exigences initiales en échange de la garde de leur fille, qu’elle n’a pas vue depuis des mois.

La nouvelle fondation de Wichita sombre rapidement dans des difficultés financières, et Ron Hubbard l’abandonne à ses créditeurs en accusant Don Purcell — qui l’avait aidé auparavant — d’avoir accepté de toucher 500.000 dollars par l’Association Américaine des Médecins pour le ruiner. Ce n’est qu’un épisode de la paranoïa de Ron Hubbard. Puis il ouvre un « Collège Hubbard » concurrent.

10. La Scientologie

 » Nous avons trouvé les moyens de transformer les hommes en esclaves.  » [7]. « Les scientologues sont les gens les plus intelligents du monde. » [8]

En février 1952, Hubbard se trouve sans le sou et gaspille à la fois les droits de son livre « La Dianétique » et l’argent de ses fidèles du « Collège Hubbard ». Un de ses associés vole les listes des adhérents de la fondation de Wichita, et Hubbard commence à lancer des attaques ridicules contre la fondation et à réclamer des dédommagements de plus en plus importants pour « rupture abusive de contrat » ou « graves fautes de gestion ».

Il donne aussi des lectures du Collège Hubbard à une audience restreinte, et pendant 6 semaines il travaille sur un sujet en apparence nouveau. Il reconnaîtra plus tard son admiration pour Aleister Crowley, son « véritable ami », dont les idées sur la « magie noire » ont beaucoup inspiré les fondements de la Scientologie, constitués d’un amalgame avec la science-fiction.

Avec la Scientologie, Hubbard affirme que nous sommes tous des êtres appelés « thétans », qui existent depuis des milliards d’années, et se réincarnent. Selon lui, grâce à l’utilisation de ses nouvelles techniques, n’importe qui peut acquérir des pouvoirs surnaturels. En 40 ans, aucune étude sérieuse n’a permis de mettre en évidence ces prétendues aptitudes.

Au cours des lectures du Hubbard College, Hubbard introduit l’Électromètre, ou E-meter, mis au point par le dianéticien Volney Mathison. L’Électromètre est en réalité une sorte de détecteur de mensonge, basée sur la mesure de la résistance électrique du corps humain, avec deux électrodes en forme de boîtier, que l’audité tient dans ses mains. La mesure est effectuée à l’aide d’un pont de Wheatstone relié à un galvanomètre. C’est un appareil peu coûteux à fabriquer. Hubbard prétend que les guérisons par la Dianétique sont infaillibles.

Machine Dianétique
Electromètre de La Dianétique et de la Scientologie
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11. La technologie de la pensée métamorphosée en une religion

« J’aimerais lancer une religion. C’est là que se trouve l’argent. » [9] A sa mort en 1986, la fortune personnelle de Hubbard est estimée à plus de 640 millions de dollars, amassés grâce à la Scientologie (en dépit de son démenti selon lequel il n’a jamais touché de royalties sur la vente de ses livres). C’est seulement à la fin des années soixante que la Scientologie se réfugie derrière son manteau religieux, face aux critiques de plus en plus virulentes de la part des gouvernements occidentaux. Des « pasteurs » de la Scientologie suivent un stage de pratique d’une sorte de religion basée sur un simple livre, et s’entraînent à la célébration de cérémonies écrites par Hubbard.

déguisement en religion de la scientologie
Entrée d’une église de scientologie en Espagne-Madrid avec les symboles de la scientologie qui se déguisent en symboles religieux.
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À l’issue de leur stage de quelques jours, ils s’accoutrent de vêtements comparables à ceux de leurs homologues chrétiens, incluant un collier et une « croix barrée ».

12. Le test de personnalité

La Scientologie recrute la plupart de ses membres dans la rue, en leur proposant un test de personnalité gratuit. Le Oxford Capacity Analysis (OCA) avait été rédigé par un Scientologue, un ancien marchand marin n’ayant pas de réelles connaissances en psychologie. Ce test n’a rien à voir avec l’Université d’Oxford et dérive en fait du Johnson Temperament Analysis Profile. Les 200 questions fournissent à la Scientologie des informations personnelles très détaillées. À maintes occasions, la secte a utilisé ces informations dites « confidentielles » contre d’anciens membres.

En 1991, une lettre à l’intention des recruteurs scientologues propose un cours expliquant « comment présenter les résultats des tests de personnalité pour donner envie de rejoindre la Scientologie ». Un autre document interne précise que cette évaluation sert « à révéler à la personne ce qui ruine sa vie, et à lui montrer comment la Scientologie peut la sauver de cette ruine (… ). Lorsque vous lui révélez un de ses points faibles, dites-lui que la Scientologie peut remédier à ça ». Le test est conçu de telle façon que peu de gens obtiennent des résultats globalement positifs.

Les adeptes utilisent des techniques de vente intensives et parfaitement rodées afin de convaincre ses victimes de s’endetter pour des années, au profit de la Scientologie. La première étape du recrutement consiste à focaliser l’attention de la personne sur les aspects les plus pénibles de sa vie (les « ruines »), ce que les hypno-thérapeutes appelleraient les « charges émotionnelles ». Toute émotion intense tend à annihiler l’esprit critique. La froideur de la pensée rationnelle contraste avec la chaleur des émotions. Le recruteur joue sur la crainte de cette personne, en affirmant que sa condition pourrait empirer. Ensuite, le « remède » offert par la Scientologie lui est proposé.

Quel que soit le problème soulevé chez une personne, la solution immédiate est presque toujours un cours de communication, et un endoctrinement pour faire connaître les théories de Ron Hubbard sur les « Personnes Suppressives », ou SP.

13. Techniques

« La Scientologie est nuisible. Ses techniques sont nuisibles. Sa pratique constitue un réel danger pour la communauté ; médicalement, moralement et socialement » [10]

Tandis que les bases de la Scientologie sont pratiquement établies à la fin de 1952, Hubbard continue de mettre en place de nouvelles techniques censées « garantir » la guérison de toutes les maladies. Il emprunte de multiples formes de thérapie et de méditation pour créer une sorte de « Pont vers la Liberté Totale ».

L’endoctrinement de la secte commence généralement avec le Cours de Communication ou « TRs », supposé améliorer les aptitudes à communiquer. Mais les experts qualifient cet entraînement de « forme d’hypnose la plus utilisée par les sectes destructrices ».

Dans le TR-0, deux personnes restent silencieuses et assises immobiles l’une en face de l’autre, les yeux fermés, pendant plusieurs heures.

Dans le TR-1, ils se regardent fixement, là aussi pendant des heures, ce qui peut engendrer des hallucinations et une euphorie certaine.

Les TR suivant consistent pour l’étudiant à rester assis et immobile, tandis que le « coach » fait tout son possible pour le perturber.

Dans le TR-2, l’étudiant continue en lisant à haute voix des phrases sans suite de « Alice au Pays des Merveilles », puis en accusant réception d’extraits du même texte, lus au hasard.

Dans le TR-3, l’étudiant répète au coach la question « Est-ce que les poissons nagent ? » ou « Est-ce que les oiseaux volent ? ».

Dans le dernier TR, l’étudiant répète de nouveau continuellement une de ces questions, en apprenant à ne pas se laisser interrompre par les interventions du coach.

La répétition contribue à provoquer un état de transe. Inévitablement, ces exercices rendent l’étudiant plus facile à diriger vers les griffes de la Scientologie.

Après les cours de communication, la nouvelle recrue réalise son « programme de purification », appelé encore « Rundown de Purification », avec au préalable un entretien avec un vendeur chargé de justifier un prix exorbitant en échange des « bienfaits » apportés par cette cure. Ceux qui suivent ce traitement absorbent des doses massives de vitamines et de minéraux, et combinent la course à pied avec une séance de sauna à raison de cinq heures par jour. De telles doses de vitamines peuvent provoquer certaines réactions physiologiques, y compris des effets comparables à ceux de la drogue. Hubbard attribue ces réactions à des drogues et des produits toxiques fixés dans le corps et relâchés dans le sang au cours de cette cure. Il avance une théorie selon laquelle des cristaux de LSD étaient restés fixés dans les tissus adipeux. L’épuisement dû aux heures de présence dans le sauna peut provoquer des états euphoriques, qui une fois encore inhibent l’esprit critique.

La succession des étapes sur le « Pont » a été modifiée au fil des années. Après le « Rundown de Purification », et une autre interview avec un vendeur, la recrue est sollicitée pour suivre un cours sur la « clé pour la vie », au prix de 8.000 dollars. Ce cours rompt avec toute autre forme d’apprentissage en ramenant l’individu aux bases de l’écriture. En réalité, le client est traité comme un enfant d’âge préscolaire, ce qui provoque une régression le rendant encore plus dépendant de la secte.

Ensuite, l’individu aborde la « Hubbard Life Orientation Course » puis le « Objective Process ». Il existe plusieurs centaines de procédures ou « auditing process ». Les « objectifs » ont été introduits dans les années cinquante. Ron Hubbard affirme que cet exercice consiste à montrer à la personne que les réactions impulsives peuvent être maîtrisées en les laissant passer sous le contrôle d’un autre individu, l' »auditeur scientologique ». Ce procédé peut être plus simplement appelé « contrôle de la pensée ». Dans la « procédure des objectifs », l’individu doit obéir rigoureusement à des ordres pour effectuer une série de mouvements rébarbatifs.

Dans le cours « Découvrir la procédure par duplication » par exemple, l’auditeur et le client ou « pré-clair » se trouvent seuls dans une pièce avec une table à chaque extrémité. Sur une table est posée un livre, sur l’autre une bouteille. Le pré-clair suit les instructions, répétées inlassablement, de regarder l’objet situé de l’autre côté de la pièce, de marcher vers cet objet, de le saisir et d’identifier sa couleur, son poids, et sa température. Les séances durent souvent près de deux heures, et dans certains cas jusqu’à 18 heures rien que pour cet exercice. Ce rituel très pénible peut mener à une sensation de flottement, interprété par la Scientologie comme étant « la séparation avec le corps », mais correspondant en réalité à un état de transe hypnotique.

Le « pont » est constitué d’une série d’étapes, de grades, chacun d’entre eux avec un prétendu résultat. Au Grade Zéro, par exemple, les clients sont censés acquérir la capacité à « communiquer librement avec quiconque sur n’importe quel sujet » !

En 1959, Hubbard instaure la « vérification de sécurité », où les scientologues subissent un interrogatoire, avec obligation de fournir des réponses détaillées à une série de questions au sujet de leurs éventuelles transgressions morales. L’électromètre sert de détecteur de mensonges tout au long de cette « séance ». Toutes les confessions sont notées par l’auditeur et soigneusement conservées par la secte. Ces archives peuvent être utilisées comme un moyen très efficace pour faire taire les dissidents.

« Obtenez des données, obtenez tous les noms, dates, adresses, numéros de téléphone et autres renseignements qui pourraient être utiles à une

investigation plus approfondie du cas si on en avait besoin. » [11]

La « Procédure d’intégrité », utilisant exactement les mêmes questions que la « vérification de sécurité », est appliquée au Grade 2 et fréquemment reprise au delà (à un coût compris entre 250 et 500 dollars de l’heure). Hubbard présume que tout membre de la secte peut constituer un danger potentiel à n’importe quel moment. Cette suspicion est justifiée par le fait que des milliers de membres ont quitté la secte, y compris des dirigeants.

Il existe deux autres grades, avant que le pré-clair aborde la forme la plus récente de l’audition dianétique. Dans la Dianétique du Nouvel Age, il est demandé au pré-clair de reparcourir des incidents arrivés dans ses « vies antérieures », ce qui apporte d’étranges histoires invraisemblables, qui servent d’explications aux problèmes de leur vie actuelle. Ce n’est plus l’inconscient qui est sollicité, mais l’imagination. L’audition devient auto-suggestion [12]. Au moyen de la Dianétique, les pré-clairs sont supposés atteindre l’état de « Clair », avec l’hypothèse qu’ils soient libérés de leur « mental réactif », qui a emmagasiné les « engrammes ».

Une fois « Clair », le client est prêt à aborder les cours avancés de la Scientologie, appelés niveaux d’OT (« Thêtan Opérant »).

14. Les niveaux top-secrets

En 1952, Hubbard prétend que toute personne ayant terminé les auditions scientologiques et de l’endoctrinement aurait le « pouvoir de guérir des maladies et autres aberrations ». Les Scientologues consacrent des centaines, voire des milliers d’heures à la poursuite de cet objectif illusoire d’acquisition de capacités surnaturelles. A la fin des années soixante, Ron Hubbard commence à publier les niveaux de « Thêtan Opérant ». Un thêtan opérant est un individu supposé capable d' »opérer » sans avoir besoin d’un corps. Ron Hubbard justifie les prix exorbitants de ces niveaux d’OT par des déclarations mielleuses.

Les niveaux d’OT sont tenus secrets par l’Église de Scientologie ; mais une bonne partie de leur contenu est déjà portée à la connaissance du public, en particulier grâce à Internet.

Le premier niveau d’OT, au prix de 2.200 dollars en 1992, comprend une série d’exercices ; tels que marcher dans la rue en comptant le nombre de passants, jusqu’à atteindre l’état d’euphorie et avoir une sorte de « réalisation ».

Au second niveau, d’un montant de 4.200 dollars, le « pré-OT » doit jongler avec des listes interminables de phrases et leurs contraires (par exemple « je dois exister » et « je ne dois pas exister ») ; en s’imaginant, à chaque phrase, en train d’apercevoir une lumière ou de subir un choc. Chaque pré-OT doit endurer 600 heures de ce rituel abrutissant.

Pour OT3, le pré-OT verse une « donation minimale » de 7.200 dollars pour « traverser le mur du feu ». À ce niveau, il lui est révélé cette histoire délirante :

« Le chef de la Confédération galactique (76 planètes autour de grosses étoiles visibles de la Terre), fondée il y a 75 millions d’années, a solutionné le problème de la surpopulation (environ 250 milliards d’habitants par planète) en pratiquant des implants en masse et des déportations. Il a fait transporter les thétans sur la Terre et placer une bombe H dans les principaux volcans (incident 2).

Les Thétans de la zone du Pacifique ont été envoyés à Hawaï, et ceux de la zone Atlantique à Las Palmas. Il s’appelait Xénu et employait des renégats pour cette tâche. Lorsqu’il eut achevé son crime, les Officiers loyaux, restés fidèles au peuple, réussirent à le capturer après 6 années de lutte dans une montagne où il se trouve aujourd’hui. Quant à ‘eux’, ils ont disparu.

La durée et la brutalité de l’incident ont été telles que cette confédération n’a jamais pu s’en débarrasser, et l’endroit où elle se trouvait est devenu un désert.

L’implant est conçu de manière à ‘tuer’ quiconque tenterait de le réduire. Mais la technologie que j’ai [Ron Hubbard] mise au point permet de résoudre ce problème. Je savais que quelqu’un devait ‘faire’ le saut et, en 1967, c’est moi qui l’ai fait. J’en suis sorti terriblement secoué, mais vivant ; et je suis probablement le seul au cours des 75 millions d’années à l’avoir réussi. Je possède TOUTES les données maintenant que je vous livre ici.

Approcher librement l’implant sans préparation ni protection mène à la mort, sauf si on décide de suivre à la lettre le procédé que j’ai défini avec précision. Une ‘approche libre’ n’a pas de fin, détruit le sommeil, et entraîne finalement la mort. Par conséquent soyez prudent, et parcourez l’incident 2 et 1 uniquement comme je l’ai indiqué. […] Votre masse est une masse de thétans individuels collés à vous en tant que thétan menant le jeu, et à votre corps. Il vous faut débarrasser de tous ces thétans en parcourant d’abord l’incident 2, puis l’incident 1. C’est un long travail qui requiert du soin, de la patience et une bonne audition. Vous auditez des êtres. Ils réagissent comme n’importe quel pré-clairs. Les thétans croyaient qu’ils étaient UN. C’est l’erreur fondamentale. BONNE CHANCE ! » [13].

Selon Ron Hubbard, toutes les cultures et religions ont ensuite dérivé de ces implants hypnotiques. Il affirme que « le Christ n’était qu’une illusion implantée il y a environ 2000 ans ». Après l’implantation, les thêtans ont été implantés dans des clusters, et d’après OT3, « tout être vivant est une masse de ces clusters ».

Les niveaux de OT4 à 7 traitent entièrement de ces clusters et des corps qui enferment les thêtans. D’après les Scientologues, « toute personne non initiée qui découvre ces documents risque de tomber malade et de mourir en quelques jours ».

Dans OT7, un des exercices consiste à « entrer en communication avec des arbres et des plantes »…

Le plus haut niveau disponible est OT8. Publié après la mort de Ron Hubbard, il est entouré d’un voile de mystère. OT8 n’est accessible qu’à bord de l’un des navires de la secte, le Freewinds, après une intensive « vérification de sécurité » pour s’assurer de la loyauté inconditionnelle à Hubbard et ses enseignements. Un ex-membre révèle que ce niveau traite des rapports de l’individu avec le divin. Au lieu de s’adresser à la divinité au moyen de prières, il est demandé au scientologue de se remémorer les moments de ses précédentes incarnations où il a rencontré Dieu. L’individu doit ensuite se souvenir des problèmes qui ont été résolus en croyant en Dieu (la « confusion originelle qui a rendu l’individu vulnérable à la croyance »). De cette façon, la croyance en Dieu est ébranlée.

Dans OT8, le scientologue est supposé avoir d’autres existences dans des univers parallèles, et il lui est demandé de se déconnecter de ces milieux parallèles. Finalement, le scientologue doit reparcourir le moment de sa propre création, et découvrir les aspects oubliés de son propre moi. Ces exercices sont censés le mener à la réalisation de Dieu.

15. L’Ethique

Au milieu des années soixante, Hubbard renforce le contrôle de ses adeptes en introduisant des procédures dites d’ « Éthique ». Quiconque ose critiquer Ron Hubbard ou la Scientologie est qualifié de « Personne Suppressive » (« SP »), ou de « Personnalité antisociale ». Tout scientologue qui garde contact avec des personnes déclarées suppressives est qualifié de « Source Potentielle d’Ennuis », et interdit d’audition et d’entraînement. Il peut lui être demandé de rompre les relations, ou « déconnecter », avec les personnes réputées hostiles à l’Église de Scientologie.

À cette même époque, Hubbard introduit également les « conditions d’éthique », et donne des « recettes » supposés élever l’individu de 1 niveau d’éthique. Dans les années soixante, le personnel scientologue mis en « basse condition d’éthique » est privé de sommeil souvent pour plusieurs jours, interdit de faire sa toilette, obligé de porter une marque noire sur la joue, une chaîne ou un ruban gris autour du bras, et consigné jour et nuit dans les locaux de la secte.

En 1967, Hubbard gagne la mer avec ses plus proches adhérents. À bord du bateau, toute personne le contrariant est consignée en fond de cale. Là, les victimes restent accroupies au milieu de l’eau et des excréments, dans une obscurité totale, en compagnie des rats, et parfois jusqu’à 15 jours d’affilée. Même les enfants pouvaient subir ce genre de traitement sur ordre de Ron Hubbard. À partir de 1968, la punition de fond de cale est complétée par un « passage par-dessus bord », où des adeptes, y compris les non nageurs, sont jetés à la mer.

En 1973, Hubbard remplace ces étranges traitements par une nouvelle forme très efficace d’humiliation, la Rehabilitation Project Force, ou RPF. Actuellement, cette RPF est encore en application dans les organisations scientologues du monde entier. Ceux qui refusent d’obéir aux ordres, commettent des erreurs, ou simplement n’atteignent pas les objectifs de production sont sanctionnés par la RPF. Les RPFers n’ont le droit de parler que lorsqu’on leur adresse la parole, doivent se contenter des restes des repas, réduire leur temps de sommeil, et obéir immédiatement et sans discussion aux ordres. Ils travaillent des journées entières à des tâches subalternes, et doivent consacrer cinq heures par jour à se confesser et écouter les confessions de leurs compagnons d’infortune du RPF.

C’est seulement lorsqu’ils acceptent de se soumettre complètement à l’autorité de leurs supérieurs qu’ils sont autorisés à quitter le RPF. Infliger ce traitement à un membre peut durer jusqu’à deux ans.

16. Attaques — Le Guardian Office

« Nos organisations sont amicales. Elle ne sont là que pour vous aider ». [14]

Au cours des années 1950, Ron Hubbard recommande des mesures de plus en plus virulentes face aux critiques et aux dissidents. La secte entreprend systématiquement des campagnes de dénigrement contre les organisations qui utilisent indépendamment les techniques de la Scientologie et sans reverser une partie des contributions à la secte. À propos d’un hypothétique groupe dissident en 1955, Ron Hubbard écrit : « Si vous découvrez qu’un groupe, qui se fait appeler ‘precept processing’, s’est installé dans les environs, vous devez employer tous les moyens contre eux […] La loi peut être très facilement utilisée pour les attaquer, et un peu de harcèlement […] suffira pour provoquer sa mort professionnelle. Si possible, essayez de le ruiner complètement ».

En 1958, Ron Hubbard institutionnalise ses services de renseignements. Dans son livre « Manual of Justice », il déclare que « les renseignements sont surtout une collection de données sur les gens […] Ils concernent tout le monde à chaque moment et pour toute chose ». C’est le prélude à la création de la police secrète scientologue et son agence de renseignements, le Guardian Office. Un « fichier d’éthique » existe pour chaque scientologue. Il contient toutes ses confessions notées au cours de ses auditions, et des rapports sur ses éventuels écarts de conduite.

Tous les scientologues ont le devoir de rédiger un rapport sur les moindres critiques émanant de leurs camarades au sujet de Ron Hubbard, son organisation et ses enseignements. Un scientologue qui omet de rédiger un rapport subit une punition identique à celle correspondant à l’écart de conduite non dénoncée. Cette pratique fait de chaque membre un informateur et le contraint à une loyauté sans bornes envers la secte.

Suite à l’introduction des règlements de l' »Éthique », nombreux sont les membres qui quittent la Scientologie pour rejoindre un groupe dissident appelé Amprinistics. Furieux, Hubbard a violemment attaqué nominativement les dirigeants de ce groupe en les faisant passer pour des homosexuels, un de ses chefs d’accusation favoris (HCO Executive letter, Amprinistics, 27 September 1975).

Les sommes exorbitantes demandées par Ron Hubbard et les durs traitements infligés à ses adeptes soulèvent inévitablement des inquiétudes auprès du public. La procédure de « déconnexion » déchire de nombreuses familles. En décembre 1965, la Scientologie est sévèrement critiquée par une commission d’enquête à Victoria, en Australie.

En février de l’année suivante, Lord Balnield sollicite le parlement britannique pour ouvrir une enquête. Ron Hubbard riposte en créant le Guardian Office (GO), et en renforçant sa tactique de propagande noire contre quiconque tenterait de s’opposer à la Scientologie.

« Si vous êtes attaqués sur un point vulnérable par quelque individu que ce soit, fabriquez ou trouvez une menace contre eux pour les amener à négocier la paix. […] Ne vous défendez jamais, attaquez toujours. » [15]

« Si vous êtes attaqués, arrangez-vous pour que la question soit politisée. Donnez l’impression au public, au gouvernement qu’ils sont tombés sur un barrage de flèches, sur un bombardement électronique et que s’ils continuent cela provoquera leur propre désintégration. » [16]

Le Guardian Office attaque sans répit. Son rôle consiste à promouvoir la Scientologie ; attaquer ses ennemis, les contraindre au silence, et empêcher ses membres de quitter la secte. Peu d’ex-scientologues osent dénoncer publiquement les agissements de cette organisation, celle-ci étant en possession d’un « fichier d’Ethique » concernant les moindres détails de leur vie. A maintes reprises ces fichiers ont été utilisés contre des ex-scientologues.

Le Guardian Office agit comme une agence de renseignements en infiltrant la presse, les hôpitaux psychiatriques et même les organismes gouvernementaux. En 1982, le Guardian Office s’est accru dans des proportions considérables, jusqu’à compter 1.100 agents.

Dans une directive interne, Ron Hubbard écrit « nous mettrons en évidence ces faits auprès du public : les personnes qui attaquent la Scientologie ne peuvent être que des criminels. Quiconque nous attaque sera poursuivi pour ses crimes. Nous ne laisserons tranquilles que ceux qui ne nous attaquent pas ».

Les agents du GO dérobent des dossiers médicaux, envoient des lettres anonymes et calomnieuses, préparent des coups montés contre les opposants afin qu’ils soient poursuivis pour des actes criminels qu’ils n’ont pas commis, pratiquent le chantage, le harcèlement et les cambriolages à domicile. Ils vont jusqu’à infiltrer les milieux gouvernementaux pour voler des milliers de dossiers (y compris des fichiers d’Interpol sur le terrorisme et ceux d’échanges d’informations entre les États-Unis et le Canada). De nombreux opposants ont fini par se décourager et sont réduits au silence.

Cependant, au début des années 1980, onze membres du GO, dont la femme de Ron Hubbard, et son adjoint, Jane Kember, sont condamnés et écroués. En juillet 1992, l’Église de Scientologie et trois de leurs membres sont reconnus coupables d’actes criminels au Canada. Dix ans auparavant, le Bureau des Affaires Spéciales avait remplacé le Guardian Office.

Office Of Special Affairs
Office of Special Affairs (OSA) ou bureau officiel de la propagande scientologiste qui succède au Gardian Office.
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Le Guardian Office et ses successeurs ont toujours eu la mission secrète de découvrir et éliminer les complots supposés préparés contre la Scientologie. A plusieurs reprises, Ron Hubbard fustige le communisme, le néofacisme, les banquiers, les psychiatres, les services fiscaux et les ecclésiastiques en raison de leurs rapports dénonçant les agissements de la secte.

La démence paranoïaque de Ron Hubbard ne semble pas avoir de limites. Elle lui fait percevoir des ennemis partout. Comme tous les psychopathes, il est incapable de reconnaître ses erreurs. Il n’est même pas conscient du caractère antisocial de ses pratiques qui provoquent, à juste titre, les critiques contre la Scientologie.

17. La Sea org

Etant prié de quitter la Rhodésie en 1966, et par crainte d’une action en justice en Angleterre, (il y sera plus tard officiellement interdit de séjour), Hubbard s’embarque pour Las Palmas et crée la Sea Org, une branche dite « élite » de la Scientologie. Pendant 8 ans, de 1967 à 1975, Hubbard, en compagnie de plusieurs centaines de ses fidèles non initiés à la navigation, parcourt la Méditerranée et l’Atlantique à bord de trois navires. L’incompétence de ses équipages est à l’origine de sérieux dommages causés à leur flottille, au cours des tempêtes et des manœuvres portuaires.

Les membres de la Sea Org sont affublés d’uniformes pseudo-navals, avec des grades militaires analogues à ceux de la Navy. Ils ont tous signé un contrat d’engagement ; qui en plus de son caractère manifestement antisocial, dépasse largement les limites de l’absurde :

« Je soussigné… m’engage par la présente à être employé dans la Sea Organisation. Et étant sain d’esprit, je réalise totalement et suis d’accord de suivre son but qui est de mettre l’éthique en place sur cette planète et l’univers, et je souscris pleinement et sans réservation, à la discipline, à la morale et aux conditions de ce groupe et promets d’y obéir. Par conséquent, je m’engage dans la Sea Organisation pour le prochain milliard d’années [sic]. » [17]

La direction de la Scientologie est devenue une organisation paramilitaire, sous la direction du « Commodore » L. Ron Hubbard. Tous les membres de la Sea Org sont censés s’entraîner aux arts martiaux et au maniement des armes. Des officiers se vantent publiquement que la direction est « dure » et « impitoyable ». La compassion est pratiquement ignorée dans les enseignements prolixes de Ron Hubbard. Les membres de la Sea Org sont soumis couramment à un emploi du temps écrasant de 90 heures par semaine, pour une rémunération dérisoire. Certains doivent parfois se contenter d’un régime alimentaire composé de riz, de haricots, et de porridge. La discipline est stricte et les sanctions très dures : la suspension de salaire et la privation de nourriture équilibrée précèdent l’exclusion des quartiers dortoirs (quand le personnel est consigné dans la « hutte à cochons »).

Les membres de la Sea Org ne jouissent que d’un droit de visite très restreint auprès de leurs enfants, couramment une ou deux heures par semaine. Les enfants sont affectés à la « Cadet Org », dans le but d’en faire des membres à part entière. Leur destin est tout tracé. Ils commencent à travailler pour la secte dès l’âge de douze ans, et sont parfois affectés à des postes clés avant leur quinzième anniversaire. Des enfants âgés seulement de 12 ans exercent déjà les fonctions d’auditeurs, en recueillant les confessions des adultes.

18. Les organisations écran

En 1966, Ron Hubbard écrit : « Ne l’oubliez pas, les églises sont considérées comme des groupes de réforme, et nous devons nous comporter comme des groupes de réforme ». Depuis, les dizaines d’organisations écrans sont apparues, non seulement pour donner une meilleure image de marque de la Scientologie, mais aussi pour trouver de nouvelles recrues.

Le WlSE (World Institute of Scientology Enterprises) accorde une licence aux Scientologues pour utiliser les matériaux de Ron Hubbard dans les programmes de formation aux affaires. Les membres de WISE proposent ces programmes sans préciser que les matériaux sont issus de la Scientologie. Aux États-Unis, la société Sterling Management a été critiquée pour avoir vendu des cours extrêmement chers à des professionnels de la santé, dont certains sont ensuite devenus membres de la secte.

L’organisation ABLE (Association for Better Living and Education) a mis en place des « missions » telles que, en France, l’Ecole de l’Eveil (éducation scolaire), l’Ecole du Rythme (formation musicale), et Narconon (traitement et réhabilitation des drogués).

19. Les centres Narconon

Narconon est fondé par William Benitez au milieu des années soixante. Ses centres proposent un programme de réhabilitation des personnes alcooliques et des toxicomanes. Cette organisation profite temporairement de l’aide des organismes fédéraux, jusqu’à ce que ses liens avec la Scientologie soient dévoilés et que ses méthodes se soient avérées inadéquates. Narconon agit dans

le cadre de la campagne scientologue « Dites non à la drogue »; représentée par un des porte-parole de la secte et ancienne toxicomane dépendante de la cocaïne, l’actrice Kristie Alley.

Pendant plusieurs années, Narconon tente d’implanter un important centre dans la réserve indienne de Chilocco. En décembre 1991, le Bureau de la Santé Mentale de l’Oklahoma refuse d’accorder l’agrément de ce centre, invoquant le fait qu’il n’y a « aucune certitude scientifique sur l’efficacité du programme Narconon » et qu’il présente même certains dangers. Le Bureau déplore certains faits :

Non seulement le suivi médical n’est pas adapté, mais en plus les personnes ayant terminé ce programme sont automatiquement déclarées aptes à intégrer le personnel de Narconon.

Aucune séance d’information sur la consommation des substances n’est proposée. Les patients subissent simplement le traitement.

Le programme est d’un caractère très général, appliqué sans nuance et sans aucune personnalisation à tous les pensionnaires.

Narconon n’a pas obtenu la faveur des études effectuées à son sujet, qui démentent la prétendue efficacité de son programme. Narconon ne présente pas de plan de réinsertion adapté.

Faits encore moins rassurants ; les patients, y compris les personnes alcooliques, s’entendent dire que s’ils ne sont pas capables de boire après le programme, cela signifie que le programme n’est pas complètement terminé.

Au coeur de ce programme, le « Rundown de Purification » est censé « évacuer du corps les résidus de drogue« , au moyen de doses massives de vitamines accompagnées de 1/2 heure quotidienne de course à pied suivi de 4 heures 1/2 de transpiration dans un sauna. Le Bureau relève des négligences au niveau du contrôle de la température du sauna. Il met en garde contre les dangers potentiels de la pratique prolongée du sauna, particulièrement en ce qui concerne les drogués à l’héroïne.

Narconon emploie du personnel insuffisamment qualifié et peu expérimenté pour soigner et traiter les patients.

Encore plus étonnant, Narconon se sert des patients sous traitement pour soigner leurs propres camarades patients, surveiller les séances de sauna, et superviser les patients atteints de troubles mentaux.

Enfin, aucun professionnel de la santé mentale n’est employé par ce centre.

Les doses prescrites de vitamines sont tellement importantes que le « Rundown de Purification » est considéré comme potentiellement dangereux (certaines vitamines peuvent à fortes doses constituer un poison, et la vitamine B1 peut avoir un effet désorientant comparable à celui de la drogue). Le Bureau s’inquiète particulièrement de l’utilisation de la vitamine B3 sous forme de niacine, qui peut être la cause de troubles au niveau du foie. Selon Narconon, les hautes doses de niacine administrées aux patients servent à éliminer les effets des radiations sur le corps humain. Il n’existe aucune preuve scientifique à ces affirmations. Par contre il y a incontestablement un risque bien réel quant à l’absorption de doses très importantes de niacine.

Contre toute attente, en août 92, le Bureau de la Santé Mentale du Oklahoma accorde finalement à Narconon le droit d’exercer en se passant de l’agrément de l’Etat, sans renoncer à ses critiques initiales.

20. La Scientologie et les religions

« Le but commercial de cette organisation obscure est évident. Elle abuse de la crédulité et de la faiblesse des gens. Les pratiques de la Scientologie sont nuisibles et répréhensibles. Cette organisation ne mérite pas, pour des raisons évidentes, d’être considérée comme une religion dans l’Etat de Victoria. » [18]

Selon Hubbard, la Scientologie n’est ni confessionnelle ni incompatible avec les autres religions. Cette affirmation est grotesque. Dans OT3, Hubbard affirme que le Christ n’est qu’une fabrication, une suggestion hypnotique implantée. Le niveau OT8, incohérent avec OT3, « révélerait » que le Christ fréquentait de jeunes garçons. Le désaxé Ron Hubbard y est allé d’une interprétation malhonnête de ce passage des Évangiles : « laisser venir à moi les petits enfants ». Son passé luciférien avec Aleister Crowley n’y est pas étranger.

Voici un extrait de OT8 Series I (HCO Bulletin of 5 May 1980) : « A ceux qui pensent que j’ai marché sur les pieds du christianisme, permettez-moi de vous dessiller les yeux sur un de ses mythes favoris. Par exemple, l’histoire de Jésus est loin de correspondre à la sainte image qu’il se donnait. Non seulement il avait des relations sexuelles avec des jeunes garçons et des hommes, mais en plus il se laissait aller à des accès de fureur et de haine non contrôlable, incompatibles avec son appel à l’amour des uns et des autres […] ». [19]

Le Yoga, et par conséquent l’Hindouisme sont considérés comme un « piège ». Au cours d’une interview, Hubbard a révélé le titre de son livre préféré, « Douze contre Dieu », où l’auteur William Bolitho qualifie Mahomet de psychopathe. Naturellement, la doctrine de la réincarnation, qui constitue la base de la Scientologie, est inacceptable dans le Judaïsme[20], l’Islam ou le christianisme.

Hubbard prétend que la Scientologie est le « Boudhisme du vingtième siècle ». Pourtant la doctrine fondamentale de « anatta » ou « absence d’âme immortelle » est complètement ignorée dans la Scientologie, qui croit en un être éternel appelé « Thétan ». En outre, Hubbard dénigre indirectement le Boudhisme à travers cette déclaration : « Aucune civilisation dans l’histoire du monde, exceptées celles qui sont complètement dépravées et éteintes, n’a rejeté l’existence d’un Être Suprême ».

La Scientologie contredit les enseignements de toutes les grandes religions en présentant la santé infaillible comme une vertu et le résultat d’une grande force spirituelle. Hubbard divise « la lutte pour la survie » en huit « dynamiques ». Ces dynamiques sont l’individu, la famille et le sexe, les groupes, l’humanité, les formes de vie, la matière, l’esprit, l’Être Suprême. Hubbard prétend que pour prendre une décision sensée, il suffit de déterminer son effet sur les « dynamiques », et de choisir la solution qui vise le plus grand nombre d’entre elles. La huitième dynamique, ou Dieu, est inaccessible. Dans cette optique, il est toujours possible de prendre une décision car elle privilégie les sept premières dynamiques. Cette pratique est inconcevable dans toutes les autres religions de croyance en un seul dieu.

Hubbard bannit également la notion de compassion. Les scientologues pensent que tout ce qui arrive à un individu est provoqué par lui-même. Ainsi les infortunés sont considérés comme des « victimes » ayant attiré sur eux leur propre malheur. Dans la secte, la sympathie est désapprouvée et considérée comme une réaction émotionnelle « plus basse » que la crainte et la colère. Toutes les transactions doivent faire l’objet d’un « échange mutuel ». Par conséquent, les scientologues ne sont pas disposés à travailler ou donner pour la charité (à des organisations autres que les sociétés écrans de la secte).

Le bannissement de la notion de compassion est typique des relations d’Hubbard avec le satanisme. Cela fait partie du credo du satanisme de Crowley et de La Vey.

21. La manipulation

« Quand quelqu’un s’est inscrit, considérez qu’il s’est joint à nous pour la durée de l’Univers. Ne permettez jamais une approche de type ‘esprit ouvert’… Une fois engagés, ils sont à bord, dans les mêmes conditions que le reste d’entre nous — pour le meilleur et pour le pire. Ne les laissez jamais à s’engager à moitié pour notre cause… Quand Madame Untel vient suivre nos enseignements, mettez bien en évidence ses doutes et ses ruines. Le mot d’ordre est : nous préférons vous voir mort qu’incapable ». [21]

Ron Hubbard prétend s’intéresser à l’hypnose depuis son adolescence. À ses débuts, il reconnaît que ses « recherches » sur la Dianétique sont basées sur les états de transe hypnotique intense, et que la Dianétique elle-même peut également engendrer un état de transe. Le terme d’hypnose a été l’objet de nombreuses controverses. C’est probablement l’hynothérapeute Milton Erickson qui a le plus solidement établi la notion d’hypnose, en tant qu’interaction entre les individus parvenant à un état de conscience altéré. Les psychologues contemporains admettent qu’une grande partie du processus de la pensée se produit en dehors de la conscience. L’hypnothérapeute cherche à accéder à l’inconscient dans le but de placer des suggestions positives qui exerceront une influence déterminante sur ses propres décisions. En hypnothérapie, le client donne son consentement à suivre ces séances. En Scientologie, le procédé est appliqué sans qu’il s’en aperçoive.

Ron Hubbard déclare que tout ce qui existe résulte de la conscience : « la réalité est un accord avec la conscience », « l’univers est un accord au-dessus de l’apparence ». Dans cette optique, la Scientologie cherche à changer chez l’individu sa perception de la réalité, et à la remplacer par les visions de Ron Hubbard, tout en prétendant que l’individu devient plus conscient, et plus « auto-déterminé ». La Scientologie prétend avoir des bases scientifiques, mais en fait, il est impossible de passer une « audition » sans soutenir des croyances non confirmées scientifiquement, telles que la réincarnation, la possession d’une âme (ou « body thétan ») et l’existence et l’influence des « engrammes ».

Des contraintes sont imposées aux scientologues pour les empêcher de percevoir la Scientologie d’un point de vue critique. Les interprétations sur les travaux de Ron Hubbard sont interdites, les documents doivent être appliqués rigoureusement, sans discussion. Les divergences de vue avec le contenu des documents sont interdites si bien que les « réalisations » des scientologues doivent correspondre aux déclarations de Ron Hubbard sur la nature de la réalité. Tout désaccord avec les idées de Hubbard et ses enseignements conduit l’individu à l' »Éthique », un département de la police interne de la Scientologie.

Le Scientologue n’a le droit d’évoquer son « cas » ou ses problèmes personnels qu’à son auditeur, ce qui l’isole des autres adeptes. D’après la secte, la « technologie » a été et sera toujours exacte et infaillible (même lorsque Ron Hubbard le modifiait souvent et régulièrement en l’espace de quelques mois…). Mais en cas d’insuccès, l’incapacité à obtenir des résultats spectaculaires (c’est à dire les états euphoriques) est toujours attribuée à l’auditeur ou au pré-clair, jamais à la technique utilisée. Les adeptes sont amenés à croire que les critiques d’un individu contre la Scientologie trouvent toujours leur origine dans un de ses crimes ou autres transgressions morales. La responsabilité des échecs est toujours rejetée sur les individus, les idées de Ron Hubbard et de la Scientologie n’étant jamais remises en cause.

Finalement, toutes les perceptions et croyances de l’individu sont dirigées par la secte. Les scientologues n’ont pas le droit de révéler le contenu des niveaux de « thétans opérationnels », qui restent confidentiels à la secte. Ils croient aux esprits malveillants qui seraient la cause de tous les conflits et échecs. La secte n’admet aucune perception de la réalité autre que celle de leur gourou. Ron Hubbard dénigre l’hypnothérapie, la psychologie, la psychanalyse, la méditation et les religions autres que la Scientologie, prétendant être le seul à détenir les remèdes efficaces aux maux de la vie.

Les membres du personnel, en particulier ceux de la Sea Org, sont rendus encore plus suggestibles par un emploi du temps écrasant, une privation de sommeil, une nourriture pauvre et des doses régulières de Rehabilitation Project Force (sorte de goulag scientologue).

22. L’entreprise de marketing

« Les Cours Avancés (en Scientologie) constituent les plus précieux services de la planète. Les assurances sur la vie, maisons, voitures, et biens de consommation ont tous une valeur périssable. Il n’y a rien de comparable aux Cours Avancés. Ils ont infiniment plus de valeur que le temps lui-même ».[22]

Les techniques de marketing constituent une autre facette de l’exploitation de la domination excessive et de la persuasion destructrice des adeptes. Les clients de la Scientologie sont harcelés pour satisfaire des exigences financières croissantes appelées « donations »; pour des auditions et des cours (endoctrinement) en vue de « monter sur le pont de la Liberté Totale ». Les coûts totaux sont de l’ordre de 350.000 dollars, mais certains adeptes payent encore plus. Beaucoup de scientologues se sont retrouvés sans domicile et lourdement endettés, une situation qui résulte de pressions psychologiques intensives. Les entretiens, en vue de la fourniture de « prestations » peuvent durer jusqu’à 13 heures sans interruption.

Un autre aspect alarmant de la Scientologie, qui témoigne une fois de plus de son avidité, est la vente d’objets de Hubbard, appelés « Propriétés Spéciales » et qui sont des éditions dites limitées d’articles signés par Ron Hubbard. Ces objets sont présentés aux scientologues comme un placement avec d’énormes plus-values potentielles. Cependant, ils ne sont d’aucune valeur en dehors du monde cloîtré de la Scientologie.

Des sommes exorbitantes sont demandées pour ces objets. Un ex-membre de la secte raconte avoir été persuadé d’acquérir un de ces objets pour 45.000 dollars (dont 17.500 dollars empruntés), avec la promesse que la valeur de cette « Propriété Spéciale » allait monter en flèche. En dépit de prospections faites pendant 7 années, la « Propriété Spéciale » s’est avérée invendable à un prix de l’ordre de celui d’origine. Un autre membre avait acheté pour plus de 14.000 dollars une simple photographie, signée de la main de Ron Hubbard. Il ne s’agit pas d’un cas isolé. Un autre scientologue avait acheté un de ces objets pour la somme incroyable de 160.000 dollars.

La secte consacre d’énorme moyens pour prospecter à le recherche de nouveaux « clients », de la distribution d’un simple dépliant jusqu’aux campagnes de spots télévisés. Bien que Hubbard ait violemment critiqué la psychologie, il en a abondamment usé pour ne pas laisser indifférentes les victimes potentielles : mots clés soigneusement choisis, symboles et couleurs de nature à séduire et réduire l’esprit critique. Hubbard a beaucoup pavoisé au sujet du succès de ces techniques manipulatoires.

La secte exige de ses membres des milliers de dollars pour des cours, des livres, un électromètre, et des cassettes des lectures de Hubbard qui sont une condition préalable à tout cours « professionnel ». Les cassettes sont généralement vendues à 50 dollars l’unité. Certains scientologues sont sollicités pour acheter un deuxième électromètre (le deuxième sert de remplacement pour le cas où le premier tomberait en panne…), d’un prix de l’ordre de 5000 dollars chacun. Le coût de fabrication d’un électromètre ne représente qu’une fraction infime de son prix de vente.

23. Les mensonges de la Scientologie

« Manier la vérité est une affaire délicate… Dites une vérité acceptable. » [23] La Scientologie prétend compter plus de 7 millions de membres à travers le monde, alors qu’un rapport interne datant de 1987 fait état de seulement 40.000 individus. Il a souvent été répété que les livres de Hubbard ont été reproduits à des millions d’exemplaires. Les livres de Hubbard ont surtout été « hissés » parmi les best-sellers au moyen de campagnes publicitaires soigneusement orchestrées. La Scientologie a probablement réussi à vendre plus de copies des livres de Ron Hubbard qu’elle n’en a imprimés, en les rachetant puis en les revendant. Une librairie a même reçu un arrivage de livres où il a reconnu ses propres étiquettes de la vente précédente.

24. Justice et Fair Game (cible légitime)

Dans les années soixante et soixante-dix, la Scientologie gagna la triste réputation de spécialiste en matière d’abus du système légal. Elle gagne rarement les procès, mais parvient à rendre la presse hésitante à relater les méfaits de la secte, et réduit au silence bon nombre de ses opposants. Le nombre de procès intentés par la secte a baissé considérablement avec le déclin du Guardian Office. Seuls ses principaux opposants sont toujours poursuivis en justice actuellement. En revanche, les procès intentés contre la Scientologie se sont multipliés.

« S’il se présente une menace à long terme, vous devez immédiatement l’évaluer et provoquer une campagne de Propagande noire afin de détruire la réputation de la personne responsable et de la discréditer de telle manière qu’elle soit mise au ban de la société. » [24]

« La personne Fair Game peut être privée de ses biens, ou blessée par n’importe quel moyen, par n’importe quel scientologue sans que celui-ci soit passible d’aucune mesure disciplinaire de la part de la Scientologie. On peut tromper une personne Fair Game, la poursuivre en justice, ou lui mentir, ou la détruire. » [25]

Dans un jugement de la Cour Suprême de Californie, le juge Breckenridge déclare : « En plus de violer et d’abuser des droits civiques de ses propres adeptes ; cette organisation a harcelé et abusé des personnes non-membres, qu’elle considère comme leurs ennemis, dans le cadre de la doctrine Fair Game ».

L’utilisation systématique de Fair Game a été reconnue par des tribunaux, dans une affaire de garde d’enfant à Londres en 1984, et dans un jugement de la Cour d’Appel de Californie.

Dans sa dernière décision sur l’affaire Larry Wollersheim contre l’Église de Scientologie de Californie, la cour a retenu la déclaration de Wollersheim selon laquelle il a été victime de la loi Fair Game. Le juge a ajouté :

« … Le comportement de cette église est manifestement abusif. Usant de sa position d’association religieuse, l’Église et ses agents ont soumis Wollersheim continuellement à des ‘auditions’, bien que sa santé était menacée à plusieurs reprises par cette pratique… Wollersheim a été contraint d’abandonner son épouse et sa famille conformément à la politique de ‘déconnexion’ imposée par la secte. Quand ses troubles psychologiques étaient tels qu’il en est venu à envisager sérieusement son suicide, ils l’ont empêché de faire appel à l’aide des professionnels de la santé ».

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Manif des « Anonymes » contre la Scientologie et ses abus. By Joseph Nicolia from Herndon, USA (Anonymous v Co$) CC BY-SA 2.0via Wikimedia Commons



 

En juillet 1992, l’Église de Scientologie est déclarée coupable d’infiltration au sein de la Police Montée de Toronto, Ontario, la royauté canadienne, mais aussi parmi les différents services fiscaux du Canada, chez le Procureur Général de Ontario et à l’intérieur de divers autres organismes d’Etat. Des milliers de dossiers ont été volés par le réseau d’espionnage de Ron Hubbard.

25. Les ravages de la Scientologie

Comme l’affaire de Wollersheim l’a montré, les « auditions » scientologiques peuvent avoir un effet profondément destructeur. Les résultats d’une enquête, effectuée sur 48 sectes par Cornwall et Siegelman, montrent que les ex-scientologues présentent le plus important taux d’accès de violence, d’hallucinations, de dysfonctionnements sexuels et de tendances suicidaires. Ils estiment la durée moyenne de rétablissement complet à 12 ans, en ce qui concerne les anciens scientologues.

Les membres sont complètement saturés de visions trompeuses et non scientifiques de l’univers. Ils en viennent à se considérer comme appartenant à une élite restreinte, attaquée de tous les côtés par une gigantesque conspiration. Les scientologues s’expriment et pensent dans un langage ésotérique fabriqué par Ron Hubbard, auteur d’un dictionnaire rempli de plus de 1 000 pages de définitions. Ils s’entraînent à afficher une sérénité et une apparence joviale quels que soient leurs sentiments réels. Beaucoup d’entre eux deviennent des « drogués de l’audition », incapables de faire face à la vie sans passer des « séances ». La secte s’ingère dans tout ce qui touche à la vie de l’adepte, conformément aux consignes de Ron Hubbard dans pratiquement tous les domaines, qui vont du management des affaires à l’éducation des enfants.

La Scientologie tente de susciter une crainte obsessionnelle vis-à-vis des professionnels de la psychiatrie, si bien que les ex-scientologues sont généralement réticents à demander une aide psychologique à ces derniers. Cette situation se complique par la difficulté des professionnels de la psychiatrie à appréhender les problèmes des expériences vécues dans les sectes. Pour ces raisons, beaucoup d’anciens scientologues basculent vers d’autres sectes, ou vers des dérivés de la Scientologie tels que Avatar.

26. Réactions des gouvernements

En juin 1992, l’Église de Scientologie est déclarée coupable d’activités criminelles par un jury canadien. L’adhésion aux partis politiques allemands est maintenant interdite aux scientologues à cause de leurs actions d’infiltration. La secte fait l’objet d’une enquête en France et en Espagne.

En février 1992, le Conseil Européen approuve une recommandation aux partenaires européens pour subventionner les associations anti-sectes afin d’informer le public au sujet des nouveaux mouvements religieux. Mais jusqu’à présent, aucune action concrète n’a été engagée. [26]

27. Comment aider les adeptes ?

Si un ami ou une de vos relations se laisse embrigader par la Scientologie, il est important de ne pas critiquer ouvertement son engagement. Une attitude amicale et sympathique est primordiale, ainsi qu’une volonté de rester à l’écoute. Lui présenter des documents hostiles à la Scientologie risque de renforcer son engouement pour la secte, le mettre sur la défensive, et lui ôter l’envie de communiquer. Soyez honnêtes mais ne manifestez pas d’agressivité envers la secte.

Laissez parler la personne sans l’interrompre au sujet des bénéfices qu’elle croit avoir reçus. En fait, permettre à la personne de parler est essentiel, car elle a besoin d’exprimer ses idées pour clarifier ses pensées. Ne l’interrompez pas et n’exprimez aucune critique.

Dans un environnement amical, elle découvrira d’elle-même les contradictions inhérentes à la Scientologie. Si elle est disposée à voir ces contradictions, elle arrêtera simplement de les écouter. Quand vous serez sûr que cette personne ne se sentira pas offensée, demandez-lui si elle aimerait voir des documents critiques sur la Scientologie, au lieu de les lui présenter sans prévenir.

L’enlèvement et la déprogrammation sont à la fois illégaux et moralement réprouvés. En général, ces procédés n’obtiennent pas de succès dans le cas de scientologues. Il existe des consultants qui n’ont pas recours à l’enlèvement et sont suffisamment au courant de la Scientologie pour parvenir, dans un environnement non contraignant, à amener les membres à reconsidérer leur engagement dans la secte.

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En France, autant qu’on puisse en juger, la Scientologie compte 1500 membres, dont 300 actifs. La Miviludes confirme que la secte est entrée dans « une phase de piétinement » liée en partie aux critiques et témoignages en ligne sur Internet.

La Scientologie a été reconnue comme religion en Espagne, en Suède, au Portugal, en Hongrie, en Slovénie, en Croatie et en Albanie. Dans d’autres pays, certaines décisions administratives et juridiques aboutissent de facto, à cette reconnaissance : l’Autriche, l’Allemagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni.

N. B. : trois remarques personnelles.

Toutes proportions gardées, on ne peut qu’être frappé par une similitude entre certaines techniques employées par la Scientologie et ce qu’on découvre dans le courant chrétien « psycho-spirituel » manifesté par l’Agapèthérapie (de quelque origine qu’elle provienne) : la même détermination à devenir « clair » en essayant de guérir des blessures du passé (voir la fin du § 13).

 La proximité avec l’hypnose est également saisissante. Comme si la scientologie était la caricature des déviances potentielles de ces types de thérapie…

 Enfin, la raison a totalement disparu de l’horizon : la scientologie, totalement illogique, se présente comme une religion sans confession de foi, et comme l’expérimentation d’une pratique ; alors qu’en fait, tout repose sur la foi en Ron Hubbard et en ses méthodes sans cesse remaniées et bricolées…

Extraits, additions, mise en forme

D. Auzenet, 2016, pour pncds72.


 

[1] L. Ron Hubbard, Philosophie Religieuse et Pratique de la Religion, 21 Juin 1960, mise à jour le 18 Avril 1967.

[2] L. Ron Hubbard, La raison; 15 Mai 1956.

[3] Juge Breckenridge, de la Cour Suprême de Californie, à propos de L. Ron Hubbard, dans un verdict de 1984.

[4] L. Ron Hubbard, La Dianétique, la puissance de la pensée sur le corps.

[5] HCOB du 24 avril 1969.

[6] Ron Hubbard, le gourou démasqué, de Russel Miller, Edition Plon, 1993. Traduction du livre « Bared-Faced Messiah. The true story of L. Ron Hubbard », 1987.

[7] L. Ron Hubbard, Conférences de Philadelphie, lecture 20, 1952.

[8] The Auditor n°168.

[9] L. Ron Hubbard à Lloyd Eshbach, en 1949; cité par Eshbach dans « Over My Shoulder ».

[10] Rapport de la Commission d’enquête pour l’Etat de Victoria, Australie, 1965.

[11] Ron Hubbard. Bulletins techniques, vol. XII, New Era Publications.

[12] Une secte au coeur de la République, de Serge Faubert, Editions Calmann-Lévy, 1993.

[13] Voyage au centre de la secte, de Jean Darcondo, Editions du Trident, 1987.

[14] Ron Hubbard, ‘Dianetic Contract’, 23 May 1969.

[15] Lettre de règlement, 1960

[16] Lettre de règlement, Volume vert, n° 7, 15 août 1960.

[17] La mécanique des sectes, de Jean-Marie Abgrall, Documents Payot, 1996.

[18] Jugement de la Cour d’Australie.

[19] Extrait traduit de The Fishman Papers, de l’ex-scientologue américain Steven Fishman, disponible sur www.xs4all.nl/~kspaink/fishman/index2.html

[20] La doctrine de la réincarnation se retrouve cependant chez certains rabbins. Le judaïsme n’ayant pas de credo mais un système d’interprétation à la fois très contraignant dans la pratique des mitsvoth et très libéral dans les doctrines.

[21] L. Ron Hubbard, Comment faire en sorte que la Scientologie continue. 7 février 1965, remise à jour le 27 août 1980.

[22] L. Ron Hubbard à propos des « Cours de Thêtans Opérants » Flag Mission Order 375.

[23] L. Ron Hubbard, The Missing Ingredient, 13 August 1970.

[24] Lettre de règlement, HCOB du 30 mai 1974.

[25] Lettre de règlement, HCOB du 7 octobre 1962.

[26] L’UNADFI est en mesure de donner toutes références plus récentes jusqu’à 2015.