Sophrologie, éléments de discernement

Kinésithérapeute de profession, je me suis très tôt intéressé à toutes les méthodes de prise de conscience corporelle et techniques de relaxation, les enseignant dans le cadre de la formation professionnelle des infirmières en psychiatrie, ou dans le cadre d’un diplôme universitaire de formateur d’adultes ou DUFA. Il est important d’envisager une distanciation critique quant aux limites de ces techniques dans certaines pathologies psychiatriques, mais aussi sur les sujets sains quant aux effets d’emprise, de manipulation et de dérives. C’est ainsi qu’infirmières ou étudiants avaient des critères de discernement objectif pour évaluer différentes méthodes de relaxation ou de prise de conscience corporelle adaptables à leurs pratiques. Le discernement est primordial, tant sur le plan de la raison que sur le plan de la Foi si nous sommes chrétiens. Ce discernement consiste à vérifier avec attention l’anthropologie qui sous-tend ces méthodes et techniques. Car aucune technique, aucune méthode dans ce domaine ne sont neutres. Dès que l’on touche à l’homme, la subjectivité du ressenti peut dominer l’objectivité.

Un de ses best-sellers de Laurent Gounelle, « L’homme qui voulait être heureux », a pour sous-titre : « ce que l’on croit peut devenir réalité ». Gounelle a du succès, car il s’inscrit dans ce courant New Âge ou post New Âge, où l’on pense pouvoir acquérir la sagesse, l’illumination, la connaissance en se laissant conduire tant par son intuition, et que par une domination de ses propres pensées. Ainsi nous n’avons pas à nous convertir au réel selon la pensée de Bossuet qui disait : « Les événements sont nos maîtres », mais nous pourrions infléchir le réel par nos propres croyances. Ceci n’est ni plus ni moins qu’une exaltation moderne de la pensée magique. L’homme devient en lui-même et par lui-même son propre créateur et sauveur.

Et c’est précisément ce à quoi nous entraîne la sophrologie. La sophrologie pénètre, le monde de l’entreprise, du commerce, de l’enseignement, du sport, du monde médical et paramédical…

Il est curieux de constater, que dans nombre de collèges ou de lycées d’enseignement privé se recommandant de l’Église catholique, la sophrologie soit proposée aux élèves. La sophrologie y est présentée comme une méthode permettant de diminuer le stress au moment des examens, d’améliorer les performances d’apprentissage, de perfectionner concentration et clarté de pensée… Combien de fois ai-je été témoin de l’agressivité de sophrologues et de leurs adeptes, quand je leur proposais de discuter sur le fondement de leurs pratiques. Il n’existe aucune étude épistémologique sur la sophrologie réalisée par des personnes qui ne soient pas sophrologues, c’est-à-dire qui ne soient pas juges et partis.

Origine de la sophrologie

C’est un psychiatre, le docteur Caycedo qui est à l’origine de la sophrologie. Né en 1932, originaire de Bogota en Colombie, Caycedo fit des études de neuropsychiatrie en Espagne. Caycedo s’était également intéressé aux états modifiés de conscience dans les transes médiumniques. Il s’initia à l’hypnose[1], fondant même une société d’hypnose clinique et expérimentale à Madrid en 1959. Il se maria à Genève en 1963, à une fervente adepte du yoga. Caycedo passa deux ans en Orient où il reçut l’enseignement, prétendit-il, des plus grands rajas yogis hindous, des yogis tibétains, puis des maîtres zen japonais. Ainsi fut-il initié aux techniques de maîtrise et de modification de conscience. Il décrivit ces recherches dans deux livres qui seront fondateurs de la sophrologie : « La hindia de los Yogis et Letters of silence ». C’est alors qu’il nomma sa méthode : « relaxation dynamique ».

Ce voyage initiatique en Inde et au Japon sera déterminant dans l’élaboration des trois premiers degrés de la sophrologie[2].

Caycedo a créé en 1960 ce néologisme, sophrologie. Sophrologie est composé du grec « sophron » : sain d’esprit, sensé et de « phren » esprit, conscience, et « logos » étude, discours, traité, savoir ou science. Il dit avoir trouvé la racine de ce mot dans Platon qui nomme « sophrosunè » cet état de calme, et de concentration suprême de l’esprit, produit par de belles paroles (charmides, 157 B.).

La devise des praticiens est : « Ut conscienta noscatur. » « Afin que la conscience soit connue ! » Caycedo a sa propre définition de la conscience, elle correspond selon lui à : « la force d’intégration de tous les éléments et structures physiques et psychiques de l’existence. » Cette définition n’a donc rien de scientifique, ni de moral, ni de philosophique, ni de spirituel au sens chrétien du terme.

La sophrologie se veut une science qui étudie la conscience, une philosophie pour mieux vivre en harmonie, une thérapie, une connaissance plus large et plus ouverte du monde qui s’accompagne d’une expérience. Ce n’est donc pas une simple méthode de relaxation. La sophrologie est une vision sur l’homme, son objectif est de « se rapprocher de ses valeurs de vie, de tout ce qui est fondamental pour soi, de ce qui donne sens à son existence[3] »

Dans les années 1970, la sophrologie se développa partout. Le premier congrès mondial en 1970 réunit à Barcelone 1400 spécialistes venus de 42 pays différents. En décembre 1971, le Centre de sophrologie de Paris fut créé. À cette époque, la sophrologie se définissait comme étant un « yoga occidental ».

En 1977, le 25 août, Caycedo prononça la Déclaration de Recife, ou « Déclaration des valeurs de l’homme ». Caycedo présenta la sophrologie comme étant fondatrice d’une conscience nouvelle, salvatrice de l’humanité, mobilisatrice et révélatrice des ressources cachées de l’homme.

« Cette déclaration servira à la fois de base et d’orientation pour le futur de notre école et, aussi, de principe pour l’acquisition d’une conscience nouvelle, seule solution permettant d’affronter la maladie des masses dont souffre l’humanité…

La sophrologie se définit comme une fondation à caractère international, apolitique et aconfessionnel, fondation que j’ai créée pour tenter de sauver les valeurs de l’homme face à la crise de la civilisation contemporaine…

Devant le phénomène de masse irréversible et dont le développement est inéluctable, l’unique solution réside dans la mobilisation des réserves génétiques conservées dans les structures biologiques de l’homme. La science a démontré le potentiel énorme et la capacité qu’a l’homme de donner naissance à des structures nouvelles, dans lesquelles existait la possibilité de s’adapter à des circonstances inconnues.

La sophrologie a créé des techniques capables de mobiliser de telles réserves… »

Nous avons là les ingrédients nécessaires et suffisants pour une emprise totalitaire, pour une mise sous dépendance ouverte à toutes les dérives possibles. Cette mégalomanie, cette volonté d’hégémonie sur la conscience même de l’homme sont le propre des gourous ou des dictateurs.

Principes de la sophrologie

La sophrologie se veut neutre, sans adhésion à une religion, mais de fait, elle puise dans des anthropologies religieuses orientales. Presque toujours, ceux qui pratiquent la sophrologie disent se sentir bien ou mieux après une séance. Mais nous devons nous interroger sur ces perceptions du corps, et ces inductions produites mentalement. Ne sont-elles pas sous-tendues par des croyances sur le sens de l’homme et du monde qui posent alors des questions d’ordre moral et métaphysique jamais abordées ?

Dans le premier niveau de la sophrologie, Caycedo s’inspire de la pensée du yoga hindou ; dans le deuxième, les techniques bouddhistes proprement dites ; dans le troisième, enfin, celles du zen japonais. « Il n’y a pas de yogas sans gourou » postule Caycedo lui-même. Nous sommes prévenus, nous entrons là dans une initiation qui nécessite un guide qui a parcouru lui-même ce chemin initiatique, s’inscrivant dans un regard et une relation particulière à soi, aux autres, au monde et à sa finalité.

La sophrologie, dans le degré I, peut être comparée à d’autres méthodes de prise de conscience corporelle. En cela elle peut être bénéfique, aidant à mieux connaître son corps et à se détendre. Mais très vite et dès ce niveau, il est envisagé des exercices de mentalisation, qui s’éloignent de la simple prise de conscience corporelle. En effet il est proposé de voir son corps de l’extérieur, ou d’induire certains climats intérieurs par des exercices de visualisation. Nous nous éloignons insensiblement du « hic et nunc », ici et maintenant de la tradition chrétienne qui nous ramène toujours au réel de l’incarnation.

Le degré II. Pour Caycedo, c’est la répétition des sensations qui crée le sentiment. Ainsi le sentiment est traité à la manière d’un conditionnement réflexe. Nous retrouvons cela dans la PNL ou programmation neurolinguistique. Ainsi l’on peut à force de répétition programmer ses émotions et ses sentiments pour en demeurer maître en toutes situations et circonstances. La première phase consiste en une série d’exercices de prise de conscience corporelle, avec des mouvements associés à une respiration synchronique, suivie d’un voyage hors du corps. Il s’agit de visualiser et contempler son corps comme si nous étions extérieurs à lui. Puis il faut explorer l’espace, le cosmos, en découvrant le monde avec un regard nouveau. « On fait ainsi l’expérience que notre conscience est illimitée puisqu’elle à la faculté de s’extérioriser. [4] »

Ce degré II se termine par l’émission d’un souhait positif. « La respiration est associée à une pensée positive qui concerne directement le sujet (j’ai la paix), ou des êtres qui lui sont chers, ou encore qui concerne tout l’univers (puissent tous les êtres avoir la paix). [5] » Formulation d’une prière laïque, chère à la pensée positive que nous retrouvons également dans la méditation de pleine conscience[6]. À qui s’adresse cette prière, à soi ou au monde ou à une énergie indifférenciée ?

Le degré III est inspiré par une méditation zen qui permettrait de réaliser la fusion des contraires et des complémentaires vers l’essence de toute chose, et qui développerait la compréhension intuitive. Cette intuition serait l’accès à une conscience cosmique, paisible et harmonieuse, où tout est un, tout est dans tout. Il faut pour y arriver se débarrasser de la raison et d’une intelligence analytique, pour accéder à cette connaissance directe et immédiate. « Le moi est dilué, au profit d’un vécu immédiat, sans a priori ni perspective d’avenir, sans limitation spatio-temporelle. L’instant est perçu dans sa plénitude, dans un sentiment d’absolu, d’infini, d’éternité. État syncrétique, qui ne privilégie aucun pôle de la totalité « soi, autrui, cosmos », mais la conscience de leur liaison. Comment, pratiquement aborder cette dimension ? Tout d’abord en se concentrant sur le point hara (entre l’ombilic et le pubis), centre de soi, de l’équilibre, d’énergie où naît le mouvement respiratoire… Le point hara représente aussi le lieu de la jonction entre notre « être profond » et le monde extérieur. On commence donc par vivre intensément la zone du hara, autour de laquelle se fait progressivement le vide.[7] » C’est ce qui s’appelle chez nous, s’intéresser à son nombril…

Mais pour le sophrologue : « L’esprit ne poursuit aucune intention : les représentations (images mentales) n’apportent plus que ce qui est perçu de l’extérieur. La méditation tend à exclure de son esprit toute pensée de vouloir saisir… Le troisième degré engage en fait le sujet dans une dimension transcendantale, vers la saisie d’une conscience pure… [8] » Cependant Bernard Etchélécou, en psychologue clinicien, semble prendre de la distance en concluant : « Ce vécu méditatif, au-delà des mots, au-delà du sens, appelle cependant une interrogation de la part du psychologue : s’agit-il réellement d’accéder à un niveau supérieur de conscience, ou ce vécu symbiotique porte-t-il essentiellement la marque de la régression (vers une relation fusionnelle fœtale) ? [9] »

Le degré IV permettrait d’intégrer au quotidien moins de souffrance, plus de détachement et d’efficacité mentale et physique. Ce sont donc des perspectives qui se trouvent dans le bouddhisme ou le zen. Deux cycles composent ce degré IV que Caycedo ajouta à partir de 1990 :

Le cycle radical qui utilise l’énergie[10] en provoquant des vibrations sonores pour stimuler les centres d’énergie interne (frontal, thyroïde, thymus, ombilical et sous-ombilical) que l’Orient et les écoles ésotériques appel les chakras. Ces chakras seraient des portes d’entrée de l’énergie universelle dans notre corps. La Kundalini, énergie primordiale, pourrait pénétrer chacun de ces chakras et atteindre le septième chakra (sahashara chakra) au niveau de la tête pour permettre l’illumination. La mise en fonction de cette énergie induit des états médiumniques qui ouvrent à des pouvoirs occultes.

Le cycle existentiel. Nous y trouvons entre autres le sophro-déplacement du négatif (SDN) qui permettrait de se libérer de toutes les énergies négatives de nos vies (angoisses, stress, sentiments négatifs, répétitions de pensées négatives…) L’exercice proposé consiste à éliminer le négatif à chaque expiration, en suggérant que l’énergie positive terrestre ou céleste pénètre dans notre corps à chaque inspiration en y introduisant énergie, harmonie, paix.

Beaucoup de sophrologues ne suivent pas Caycedo dans ce cycle radical et existentiel, où il a rajouté douze degrés supplémentaires. Tous les aspects de la vie y sont modélisés selon ce qu’il convient de ressentir et de percevoir. L’adepte est en effet dépossédé de tout désir propre, de toute agressivité, colère ou appétence particulière pour ressentir comme il convient de ressentir selon la sophrologie. Nous sommes là dans une dérive où les désirs et les phantasmes de l’initié deviennent la norme et le but à atteindre par les adeptes.

Quelques éléments de discernement

Le risque est grand dans les approches holistiques comme la sophrologie, de confondre et de mélanger le physique, le psychologique et le spirituel. D’autant que dans l’état sophro liminal dans lequel se trouve le patient, le sophrologue peut avoir un effet intrusif ou inductif lié à ses propres pensées ou conviction. Ainsi certains patients n’hésitent pas à parler de viol psychique lié à une emprise consciente ou non du sophrologue qui peut durer des années.

Des inductions qui se veulent neutres le sont-elles réellement ? « Il y a quelque chose d’éternel dans votre ventre qui respire.[11] ». « Sentez cette énergie qui s’exprime par cette force intérieure. [12] » Quelle est la relation entre le ventre qui respire et l’éternité ? De quoi s’agit-il quand le sophrologue parle de force intérieure et d’énergie ?

Régression psychologique

Le patient se laisse aller aux suggestions du sophrologue, la douceur de sa voix, le climat apaisant de type fusionnel, lui rappelle la présence rassurante d’une mère. Henry Wallon a bien décrit cette étape de la personnalité de l’enfant à propos de la relation qui s’instaure entre la mère et l’enfant. « C’est la symbiose affective, après la symbiose organique de la période fœtale[13] » Certes nous gardons la nostalgie de cette relation sans conflit, sans préoccupation alimentaire ou d’habitat, de cette mémoire première qui nous ramène à cette douce vie intra-utérine. Mais y revenir par l’état sophronique créé par l’artifice d’exercices est une régression où toute fonction critique est abolie, toutes les fonctions intellectuelles sont en veilleuse ; alors l’imagination et la suggestion prennent l’apparence du réel.

Mélange psycho spirituel et pensée positive

D’une manière générale, on assimile facilement aujourd’hui l’affectivité et la spiritualité, le psychologique et le spirituel, l’émotionnel et le réel. Nous assistons par voie de conséquence au remplacement de la conscience morale par la conscience psychologique. L’abandon de la dimension rationnelle, morale, légale, institutionnelle, découle de cette idéologie voulant libérer sans limites ce que seraient toutes ses potentialités.

La sophrologie pose comme postulat : la pensée positive. Il est très en vogue de répéter ce slogan : « il faut positiver ». La pensée positive ne doit pas tenir compte de ce qui serait négatif. Il s’agit de ne voir que le bon côté des choses, jusqu’à abolir de notre esprit tout ce qui serait gênant, source d’inquiétude, d’angoisse, de culpabilité ou de remords. Cette pensée auto suggérée amène à décider seul de tout, oubliant les désirs ou la volonté de nos proches qui pourraient altérer cette vision des choses. Le monde est alors pensé selon nos désirs et non selon la réalité. Il s’agit de nous persuader que les moyens qui nous permettent de nous sentir mieux, sont la vérité. Ainsi dans cette logique si nous pensons positivement, nous ne rencontrons que de bonnes choses et ce que nous croyons devient la réalité, adage de Gounelle que nous avons vu en introduction. Cette pensée serait reliée à l’énergie de vie ou conscience cosmique qui commande et guide notre monde, cette âme du monde que l’on retrouve dans l’Alchimiste de Coehlo.

En étant relié à cette conscience nous devenons illimités, nous devenons comme dieu. « Ayez une foi inébranlable en vous-mêmes et en ce travail intérieur. [14] » Dans cette perspective, la seule limite que nous ayons proviendrait du manque de foi en notre propre potentiel infini. Cette divinisation de l’homme, par la propre force de son mental amène au déicide d’un Dieu qui serait autre que nous-mêmes. Cette auto déification cette auto glorification n’a plus besoin de recevoir quoi que ce soit de la grâce d’un Dieu Créateur et Sauveur. Ces perspectives sont celles de la promesse du serpent au livre de la Genèse, chapitre 3,5. « Vos yeux s’ouvriront, vous serez comme des dieux. »

Développer toutes nos capacités, toutes nos potentialités enfouies est la finalité de ce processus, jusqu’à l’effacement de la notion de bien et de mal. Il y a donc une anesthésie ou un endormissement de la conscience morale. Des exercices peuvent être proposés à des personnes vivant dans l’inquiétude ou la culpabilité. L’auto persuasion, proposée alors par la sophrologie pour gommer ou enfouir les sentiments « négatifs », peut apporter un soulagement apparent. Toute culpabilité peut être éradiquée. Or la tradition chrétienne enseigne que la culpabilité ou les remords peuvent ouvrir à la conscience et à la responsabilité morale, et permettre d’évaluer les conséquences de nos pensées de nos paroles et de nos actes, nous ouvrant ainsi à la réalité, et par conséquent à la liberté d’agir selon le bien et la vérité. En sophrologie, il n’est jamais question de réconciliation avec Dieu, avec soi-même, avec notre prochain à qui nous aurions pu librement porter préjudice. Il s’agit de se suffire à soi-même, de s’auto guérir plutôt que de se convertir.

Éléments de discernement spirituel

Le bonheur promis par la sophrologie n’est pas celui des Béatitudes.

Pour le sophrologue Abrézol, « Le bonheur est possible. Il dépend essentiellement de nous ; c’est en nous que nous devons le chercher. [15] »

Il s’agit de s’auto programmer dans cette recherche par des exercices répétés jusqu’à obtention du résultat voulu. Nous sommes loin du bonheur paradoxal promis par Jésus dans les Béatitudes. « Heureux les pauvres de cœur, le Royaume des Cieux est à eux. Heureux les doux, ils obtiendront la Terre Promise… Heureux ceux qui pleurent… Heureux ceux qui ont faim et soit de Justice… » (Mt 5, 3-12). Le Christ prévient que ceux qui veulent le suivre doivent prendre leur croix. C’est dans ce choix si exigeant, dépassant nos seules forces humaines, que Dieu donne sa Grâce et sa Paix. Et cette Grâce et cette Paix adviennent dans l’inattendu et la gratuité, suscitant dans le cœur du disciple du Christ, gratitude et louange de Dieu.

Dans le document du conseil pontifical pour le dialogue interreligieux « Jésus-Christ, le porteur d’eau vive. Une réflexion chrétienne sur le Nouvel Âge », une analyse correspond bien à ce qui est proposé par certains sophrologues : « Les traditions Nouvel Âge brouillent consciemment, délibérément, la véracité des différences et des distinctions entre Créateur et créé, entre humanité et nature, entre religion et psychologie, entre réalités subjectives et objectives, dans l’intention apparemment louable de surmonter le scandale de la division. Cependant, pour le Nouvel Âge, il s’agit de la fusion systématique des éléments que la culture occidentale a toujours nettement distingués.

Ne serait-ce pas juste dans ce cas de parler de « confusion » ? La tradition chrétienne a toujours valorisé le rôle de la raison pour justifier la foi et pour comprendre Dieu, le monde et la personne humaine. Le nouvel âge est bien dans l’air du temps quand il rejette la raison accusée d’être froide, calculatrice et inhumaine. Mais s’il est utile d’insister sur la nécessité d’un bon équilibre entre toutes les facultés, la mise à l’écart d’une faculté essentielle à toute vie pleinement humaine n’est pas justifiée. La raison a l’avantage de l’universalité : elle est à la libre disposition de chacun, à la différence de la fascinante religiosité « mystique, ésotérique ou gnostique… Le défi est de montrer qu’une saine collaboration entre la foi et la raison peut améliorer la vie humaine et renforcer le respect pour la création.[16] »

L’Esprit

Pour le chrétien, la vie spirituelle est avant tout, relation : relation de personne à personne, relation avec Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit. Le chrétien qui confondrait les expériences psychocorporelles vécues en sophrologie avec la vie spirituelle se tromperait. En effet, il peut y avoir une confusion entre l’induction mentale et la maîtrise de la respiration qui entraînent certains effets psychocorporels, et l’accueil de l’Esprit-Saint. L’Esprit-Saint est Souffle-Saint, si l’on veut traduire au plus près de l’étymologie le latin spiritus, avec sa racine spirare qui a donné en français le mot respiration, inspiration, expiration. Le souffle (ou pneuma en grec, rouah en hébreu) se trouve présent dès les premiers versets de la Genèse, premier livre de la Bible. Ce souffle planait sur les eaux, avant même la création de l’homme. On retrouve rouah, le souffle, quelques versets plus loin quand Dieu crée l’homme à son image et à sa ressemblance et lui insuffle dans les narines une haleine de vie ; et l’homme devient ainsi un être vivant. Le Souffle traverse l’ensemble de la Bible, il inspirera les patriarches, les prophètes et tous les saints d’Israël. Il inspirera les apôtres le jour de la Pentecôte. Ce Souffle permet la relation entre l’homme et son Créateur. Mais ce Souffle-Saint ne se maîtrise pas, il s’accueille en toute gratuité dans l’inattendu de la vie. Dans l’évangile selon Saint Luc, Marie, couverte du Souffle-Saint, répond à l’ange qui la visite pour lui dire qu’elle serait la Mère du Sauveur : « Comment cela se fera-t-il ? » Elle dira à sa cousine Élisabeth dans son Magnificat : « Mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur » que nous pourrions traduire, au plus proche de l’araméen, selon Le Père Marcel Jousse, sj : « Mon souffle se rythme dans le Souffle de Dieu mon Sauveur. »

Ceux et celles qui découvrent la voie chrétienne se nourrissent d’une confiance de plus en plus absolue en Dieu, qui rejoint tous les hommes à travers le mystère de la croix et de la résurrection de son Fils Jésus le Christ.

La vie spirituelle du chrétien se situe dans cette adhésion de tout l’être à ce désir, source de tout engagement : « Que ta Volonté soit faite ! » Dans cet abandon confiant se réalise la finalité spirituelle du chrétien : devenir fils de Dieu et frère de Jésus-Christ, participant librement à l’œuvre de la création.

La prière chrétienne

La prière chrétienne n’a rien à voir avec des techniques capables de produire des réactions systématiques, si subtiles ou si séduisantes soient-elles. Saint-Paul, bien au fait des courants gnostiques de son temps qui prétendaient apporter l’initiation suprême aux mystères de la vie, dira : « Je vous dis cela pour que personne ne vous abuse par des discours séduisants. » (Col 2,4).

La prière chrétienne commence par un cri, un cri existentiel qui sourd du tréfonds de la personne : « Dieu, viens à mon aide.[17] » Cette prière ne cherche pas à étouffer la détresse ou l’angoisse par des exercices psychophysiques, elle ne cherche pas à évacuer, à anesthésier, à enfouir le tragique de nos souffrances, mais elle oriente nos cris vers Celui seul qui peut soulager, guérir et donner un sens, Dieu Créateur et Sauveur.

À ce cri personnel : « Dieu, viens à mon aide », la réponse se fait collective : « Seigneur, à notre secours. »

Celui qui se reconnaît dans ce cri peut découvrir une multitude de frères et de sœurs qui n’attendent de repos et de salut qu’en Dieu seul. La réponse devient ecclésiale et engendre la fraternité, une fraternité pour bâtir un monde qui se reçoit de cette expérience spirituelle fondatrice.

La vie spirituelle chrétienne trouve sa source, son réconfort et son épanouissement dans la « trithérapie » que lui propose l’Église, à savoir :

  • La lecture amoureuse de la Parole de Dieu.
  • La vie sacramentelle sans cesse renouvelée par le sacrement de réconciliation et l’eucharistie.
  • La vie fraternelle.

Ainsi le signe d’une authentique vie spirituelle chrétienne est l’amour de Dieu, de tout son cœur de toute son âme et de toutes ses forces, et l’amour du prochain comme soi-même. (Mt 22, 36-39).

La soif de nombreuses personnes qui se tournent vers la sophrologie ou d’autres techniques de développement personnel est une réalité et un aiguillon pour nous, chrétiens. Il s’agit alors véritablement de nous mettre au service de la quête de sens et de bonheur des hommes et des femmes de notre temps. Tout d’abord, en vivant plus pleinement le mystère de l’Amour de Dieu dans notre vie ; et en cela notre conversion n’est jamais terminée, elle est toujours à ressaisir, elle est toujours insuffisante.

Certains éléments des méthodes proposées actuellement peuvent être valables, notamment lors des premiers moments de pratique ; essentiellement autour de la relaxation, d’une respiration ample et complète. Il s’agit alors de mieux connaître son corps dans sa physiologie naturelle et paisible. Cette première phase est saine et s’inscrit dans une meilleure connaissance de nous-mêmes. Mais rapidement, celui qui pratique est entraîné à aller plus loin, à faire des expériences. Celles-ci sont orientées, et le formateur n’a pas toujours conscience lui-même que ce qu’il propose est sous-tendu par une anthropologie qui n’est pas neutre, contrairement à ce qui lui a été dit. Ces techniques qui prétendent, en passant par le corps, accéder à l’âme de la personne doivent être discernées, à l’aune de l’enseignement de l’Église catholique « experte en humanité ». L’Église propose sans discontinuité par l’exemple de ses saints, des chemins uniques qui conduisent au bonheur.

Bertrand Chaudet, diacre permanent.

Rappel : Sophrologie, repères pour un discernement pratique et spirituel. Bertran Chaudet. Éditions Salvator, 2013.

[1] https://sosdiscernement.org/h/hypnose/

[2] Caycedo, La India de los Yogis, Scientia, Barcelone, 1971. Et Letter of silence, Bhavani and sons, New Delhi, 1966.

[3] Cindy Chapelle, La sophrologie pour les nuls, First Editions, août 2011, p.2.

[4] Thierry Loussouarn, Transformez votre vie par la sophrologie, Ed Dangles, 1990, p. 23.

[5] Bernard Etchélécou, Comprendre et pratiquer la sophrologie. Inter Editions, 2009, p. 41.

[6] Sur la méditation de pleine conscience, voir cet article sur le blog Charismata.free.fr, à la page de Bertran Chaudet.

[7] Bernard Etchélécou, Comprendre et pratiquer la sophrologie. Inter Editions, 2009, p. 41, 42.

[8] Ib, p. 43.

[9] Ib. p. 44.

[10] Ce terme d’énergie ne fait jamais l’objet d’une définition précise, si bien que l’on ne sait pas vraiment de quoi il s’agit.

[11] Dr Abrézol, Tout savoir sur la sophrologie, Editions Randin, 1995, p. 94.

[12] Ib., p. 79.

[13] Henry Wallon, Les étapes de la personnalité de l’enfant, Ed A. Collin, 1941, rééd 2002.

[14] Bernard Etchélécou, Comprendre et pratiquer la sophrologie, Inter Editions, 2009, p. 69.

[15] Raymond Abrézol, Vivre heureux ici et maintenant, Lanore, janvier 2007, p. 12.

[16] Document du Conseil Pontifical pour le Dialogue interreligieux : « Jésus-Christ, le porteur d’eau vive. Une réflexion chrétienne sur le Nouvel Âge », Pierre Téqui éditeur, 2003. p. 96-97.

[17] Cette prière débute la « Prière des heures » que de plus en plus de laïcs vivent aujourd’hui. C’est la prière appelée autrefois bréviaire, que prêtres et diacres, et la plupart des congrégations religieuses et de nombreux laïcs, font aujourd’hui selon une modalité où les 150 psaumes sont priés en quatre semaines.

L’Anthroposophie et Rudolf Steiner

Rudolf Steiner est né 25 février 1861 en Croatie dans l’Empire austro-hongrois ; il est mort le 30 mars 1925 à Dornach, en Suisse. Philosophe, et occultiste[1], membre de la société théosophique[2], il s’intéressa aux œuvres de Goethe puis de Nietzsche. Il est le fondateur en 1913 de l’anthroposophie, qu’il qualifie de « chemin de connaissance », visant à « restaurer le lien entre l’Homme et les mondes spirituels ». Il se présentait comme un guide spirituel doué de pouvoirs médiumniques (clairvoyance).

Cependant, bien qu’il cite des philosophes, les écrits de Steiner n’ont rien de philosophiques. Ses affirmations péremptoires ne procèdent pas d’un raisonnement logique. En 1905, Rudolf Steiner fréquente les obédiences maçonniques, notamment celles qui s’intéresse plus particulièrement aux sciences occultes telle que l’Ordre Memphis-Misraïm[3], sous l’égide de John Yarker qui avait succédé à Garibaldi (il en sera le grand hiérophante, c’est-à-dire chef mondial de ce rite). Steiner œuvre avec Marie von Sivers, durant une décennie à restaurer le cérémonial cultuel et symbolique, basé sur une supposée tradition de la sagesse ancienne, dont les fondements se trouvent partiellement dans l’ouvrage Dogme et Rituel de Haute Magie d’Éliphas Lévi. Il fonde ainsi son propre Rite initiatique : la franc-maçonnerie ésotérique, à laquelle Édouard Schuré aurait été initié. Parallèlement, Steiner devient le dirigeant du Rite de Memphis-Misraïm[4] très implanté en Allemagne et en Italie. Steiner aurait aussi été initié dans l’Ordre de la Rose-Croix ésotérique fondé par Franz Hartmann (1838-1921) médecin allemand, théosophe, occultiste, géomancien, astrologue et auteur d’ouvrages ésotériques.

Rudolph Steiner est à l’origine de projets aussi divers que les écoles Waldorf, l’agriculture biodynamique, la médecine anthroposophique avec ses médicaments et produits cosmétiques Weleda, la Communauté des Chrétiens, la banque la NEF.

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L’Antoinisme

L’article de wikipédia fournit des informations assez complètes sur l’Antoinisme.

Cliquer sur le lien  : https://fr.wikipedia.org/wiki/Antoinisme

Le culte antoiniste, fréquemment appelé antoinisme, est un culte guérisseur et d’inspiration chrétienne fondé en 1910 par le Wallon Louis-Joseph Antoine (1846-1912) à Jemeppe-sur-Meuse (province de Liège, Belgique). Avec un total de 64 temples, plus de quarante salles de lecture à travers le monde et des milliers de membres, il reste la seule religion née en Belgique dont la renommée et le succès ont dépassé les frontières du pays. Principalement actif en France, le mouvement religieux se caractérise par une structure décentralisée, des rites simples, une discrétion et une tolérance vis-à-vis des autres croyances, autant d’éléments qui ont amené le sociologue Régis Dericquebourg à estimer que, tant dans sa forme que dans son style, le culte antoiniste apparaît « très original ».

Les croyances antoinistes combinent des éléments de catholicisme, de réincarnation, et de guérison. L’homme est censé atteindre la conscience en se débarrassant de l’illusion de la matière produite par son intelligence, le but de la vie étant de se libérer du cycle des réincarnations grâce à une progression morale aidée par des « fluides ». La liberté de conscience étant considérée comme essentielle dans la croyance antoiniste, ce culte ne pratique pas de prosélytisme et n’est pas exclusif. Il ne porte pas de jugement sur les questions sociales et, bien que centré sur la guérison, n’interfère pas avec le domaine médical et ne décourage pas le recours à la médecine traditionnelle.

Choisir un thérapeute

Nous aimerions aborder ici la délicate question du choix d’un professionnel de la psychothérapie ou d’un spécialiste de la relation d’aide tel que coach, conseiller conjugal, consultant en développement personnel, conseiller en orientation, thérapeute familial, etc.

Nous ne proposerons pas de grille infaillible encore moins de liste de « bons » thérapeutes, ni même de « bonnes » méthodes mais plutôt quelques éléments de réflexion pour un discernement éclairé.

Vous pensez qu’il est temps pour vous de faire appel à une aide extérieure. Vous expérimentez de l’anxiété, un état dépressif, une maladie comportant un aspect d’ordre psychosomatique, un deuil, des difficultés relationnelles, du stress, une période de chômage, une rupture, etc. Les motifs de consultation sont nombreux et doivent être pris au sérieux.

Un premier échange avec votre médecin généraliste ou une personne de confiance de votre entourage peut vous conforter dans votre décision d’entreprendre un travail psychothérapeutique. Le bouche à oreille vous a peut-être déjà donné quelques pistes.

Mais voilà, face à la surabondance de résultats fournis par votre moteur de recherche internet, les pages jaunes de l’annuaire et/ou votre réseau de relations, vous ressentez un certain découragement ! Comment faire le tri afin de pouvoir rencontrer un professionnel compétent et adapté à votre difficulté du moment ? La tâche semble immense. Comment frapper à la bonne porte ?

D’après le site doctissimo, on recenserait plus de 200 types de psychothérapies ou méthodes assimilées, des plus sérieuses aux plus farfelues ! Et il s’en invente tous les ans.

Il faut reconnaitre que les « psy-quelquechose » et autres « professionnels de la relation d’aide » forment un ensemble hétérogènele meilleur côtoie le pire.

Pour commencer, ayons en tête deux paramètres essentiels sur lesquels exercer un sain esprit critique :

–        La méthode qui recouvre l’approche, la technique employée, la formation, les fondements théoriques, la dénomination du praticien,

–        La personne du thérapeute : son éthique, sa pratique, son discours, sa déontologie.

L’étude de ces deux items nous donne des clés pour faire notre choix plus sereinement.

1. UN PEU DE VOCABULAIRE

Le préfixe « psy »

On trouve beaucoup d’appellations comportant le préfixe « psy », mais que recouvrent-elles exactement ?

LE PSYCHOLOGUE : il a suivi une formation universitaire en psychologie. Les études, d’une durée de 5 années, abordent les grandes lois qui régissent le comportement humain selon différentes approches théoriques. Certains psychologues complètent leur formation par une méthode plus spécifique : thérapies comportementales et cognitives, hypnose, psychanalyse, art-thérapie, par exemple. En général, ils l’indiquent sur leur carte de visite ou site internet.

LE PSYCHIATRE est un médecin titulaire d’une spécialisation en psychiatrie. Il est le seul à pouvoir prescrire des médicaments. Il est diplômé de la faculté de médecine après une spécialisation, soient 10 années d’études supérieures après le Bac. Les consultations sont remboursées par la Sécurité Sociale. Tout comme le psychologue, il peut compléter sa pratique par différentes techniques.

PSYCHOTHÉRAPEUTE est un titre réglementé en France depuis 2004. Auparavant, n’importe qui pouvait s’appeler psychothérapeute. Il sanctionne la validation d’un cycle de spécialisation théorique et pratique en psychopathologie effectué après des études universitaires de médecine ou de psychologie. Il constitue donc un titre commun partagé par des professionnels issus de formations distinctes et complémentaires. Ils exercent sous la surveillance de l’agence régionale de santé dont ils dépendent. Un registre des psychothérapeutes peut être consulté en préfecture.

LE PSYCHANALYSTE n’a pas, à proprement parler, de formation académique en analyse. Pour revendiquer ce titre, il doit remplir trois conditions : avoir suivi lui-même une psychanalyse, avoir été formé à la théorie analytique par le biais d’une association psychanalytique et être supervisé dans sa pratique par un autre analyste.

Sigmund Freud (1856 – 1939), fondateur de la Psychanalyse

Le titre de PSYCHO-PRATICIEN(NE) valide l’accomplissement d’une formation à une méthode reconnue. Elle suppose l’acquisition de connaissances en psychologie et en psychopathologie clinique ; le recours à une supervision tout au long de la pratique, l’adhésion à la charte déontologie de la profession et l’accréditation par une commission nationale de pairs. Lorsqu’une école affiche la mention « formation certifiante », cela signifie qu’une attestation de formation est décernée à la fin d’un cycle de formation. Ces attestations ne sont pas reconnues par l’État, mais dans la plupart des cas par les fédérations d’une même méthode.

D’autres termes

D’autres termes existent tels que praticien, consultant, thérapeute, facilitateur… ces dénominations ne renvoient pas à un cadre légal.

 

 Bon à savoir : les titres composés à partir du mot « thérapeute » et ceux qui utilisent le suffixe « -logue » n’offrent pas de garantie a priori.

Un certain nombre désignent, bien sûr, des professionnels compétents et diplômés (cardiologue, kinésithérapeute…). De nombreux autres sont des néologismes comme hypno-thérapeute, kinésiologue, relaxologue, sexothérapeute, nous entrons là dans la nébuleuse des praticiens divers et variés, ceux pour lesquels nous devons être vigilants, sans pour autant tout rejeter en bloc !

Par conséquent, avant de consulter un professionnel, outre le titre dont il se prévaut, il importe de se renseigner très précisément sur :

–        la méthode employée,

–        la durée et le contenu de la formation,

–        l’obtention d’un diplôme ou certificat,

afin de savoir si l’on peut accorder sa confiance.

 

2. QUELLE MÉTHODE ?

La loupe de Sherlock Holmes

Pour évaluer une méthode, il faut sortir la loupe de Sherlock Holmes et mener l’enquête ! Voici quelques questions pertinentes pour guider votre recherche :

 

 

◆         Qui est le fondateur, quels sont les disciples ? Certains concepteurs ont une forme de culte de la personne tout à fait déplacé, ils se présentent quasiment comme sauveur de l’humanité…

◆         Quelle anthropologie sous-tend la méthode ? Y a-t-il un lien avec une religion ?

◆         Quels sont les fondements scientifiques et objectivables de la démarche proposée ? La méthode a-t-elle fait l’objet d’une validation scientifique sérieuse ?

◆         Depuis combien de temps cette thérapie existe-t-elle ?

◆         En quoi la méthode est-elle au service de l’autonomie du patient ?

◆         La méthode prétend-elle définir et englober toute la personne dans un cadre de référence particulier ?

◆          Cette thérapie ou technique de mieux-être permet-elle de grandir en liberté, en vérité, en justice dans notre relation à nous-même, aux autres, à Dieu ?

Où trouver des informations fiables ? Il ne faut pas hésiter à aller chercher dans un moteur de recherche, à partir du nom de la méthode, ce qui a été mis en ligne sur le sujet. Les premières pages peuvent être élogieuses mais en fouillant un peu, vous pourriez éventuellement rencontrer des mises en garde utiles ou des argumentaires critiques fondés. Et même parmi les « éloges » et témoignages mirifiques, vous pourriez dénicher quelques éléments clés pour nourrir votre discernement. La prudence suppose de ne pas croire aux solutions miracles même lorsque le récit présenté est émouvant !

Peut-on se fier aux articles des sites internet tels que doctissimo.fr, psychologies.com ou choisir-son-psy.com ? Votre esprit critique doit être convié, ici aussi, car ces sites sont en partie financés par des encarts publicitaires payés par des professionnels ou des organismes de formation. Il parait difficile pour les journalistes de ces sites de critiquer objectivement et librement les méthodes promues par leurs bailleurs de fonds !

L’ensemble des propos est d’ailleurs plutôt consensuel, sur le mode « tout est bien, il suffit de faire son marché en fonction de sa demande ».

Or, sans réflexion préalable, votre recherche pourrait se transformer en un jeu de hasard d’autant plus risqué qu’il s’agit de votre santé physique et psychique !

Quelques garde-fous

Il est impossible de recenser et d’analyser ici chacune des 200 méthodes présentes sur le marché, nous aimerions néanmoins poser quelques balises.

# Nous déconseillons absolument les techniques provoquant des états modifiés de conscience.

Elles peuvent être proposées par des médecins, infirmières, sages-femmes, psychologues mais aussi « hypno-thérapeutes », musicothérapeutes, voire hypnotiseurs de foire ou d’émissions de télévision. Les indications, très larges, vont du bloc opératoire à la distraction des spectateurs, en passant par le bien-être ou la résolution de problèmes psychologiques. L’hypnose permet, par exemple, des interventions chirurgicales sans anesthésie médicamenteuse par dissociation du corps et de la conscience. C’est cette dernière qui permet, entre autre, la perception du vécu par la personne.

Pour aller plus loin, vous pouvez télécharger le dossier sur l’hypnose

Or, la science n’a pas encore élucidé l’ensemble des processus qui sous-tendent les modifications provoquées de l’état de conscience. Que se passe-t-il pour la personne physiologiquement (sur le plan neurologique entre autres), affectivement, psychiquement ? Tout au plus, on nous dit que « ça marche mais qu’on ne sait pas comment ».

Ce qui « marche », c’est qu’il est assez facile d’induire une modification de l’état de conscience (hypnose, hyperventilation provoquée, substances hallucinogènes, etc.) et qu’effectivement pendant un certain temps le sujet se retrouve comme dissocié de son corps. La conscience de ce qu’il vit est abolie.

En outre, plus on pratique l’hypnose, plus il est facile d’entrer dans un état de conscience modifié, parfois à son insu, ce qui est préoccupant. Par exemple, une personne hypnotisée peut se retrouver à faire des actes qu’elle réprouve, n’ayant plus ni conscience de ce qu’elle vit, ni volonté a fortiori.

Par précaution, il parait indispensable de ne jamais abandonner une saine vigilance dans la relation avec un thérapeute, quand bien même il soit médecin ou infirmier.

L’unité corps-psychisme est précieuse et c’est plutôt elle qu’il faut renforcer pour un mieux-être à long terme. Nous postulons que c’est avec toutes ses facultés conscientes que l’humain peut trouver des solutions adéquates à ses difficultés.

# Certaines méthodes proposent, par un biais ou un autre, d’aider à retrouver des souvenirs enfouis dans l’inconscient en remontant à une période dont le sujet n’a pas de souvenirs conscients. Elles sont à exclure.

On vous propose de revisiter la période de votre conception, de la vie intra-utérine, l’expérience de la naissance du point de vue du bébé, la petite enfance avant 3 ans, dans le but de trouver une origine traumatique à vos souffrances actuelles.

Là, nous sommes en grand danger de créer de toutes pièces de faux souvenirs induits, traumatisants au possible et totalement invérifiables ! En voici un florilège non exhaustif : mère violée, tentative d’avortement, jumeau mort dont vous auriez côtoyé le cadavre, abus de tous ordres, etc.

Or, on ne conduit pas une psychothérapie sur des spéculations. Si vous pensez qu’une des clés de vos difficultés se trouve dans votre petite enfance, la sagesse serait plutôt de recueillir des informations au sein de votre famille, des faits sûrs, connus, congruents.

Ce temps de parole avec des proches peut être une occasion d’entendre différents points de vue afin de construire le vôtre. Oui, un deuil a pu affecter votre entourage lorsque vous étiez enfant et vous avez pu en vivre quelque chose de douloureux mais la prudence reste primordiale.

# Certains thérapeutes proposent des sessions ou stages pour aller plus à fond dans le travail sur soi. Nous pointons ici un risque éventuel, non systématique, auquel réfléchir en amont.

Il s’agit de se retrouver plusieurs jours à l’écart, parfois en silence sauf les temps de travail « thérapeutique », dans un lieu insolite (château, abbaye, grande villa), entourés de personnes très (trop) bienveillantes qui vous mettent en confiance. Or, dans cet environnement, le risque est grand que voir tomber les barrières habituelles, celles qui protègent l’intimité et la vie intérieure.

Sous prétexte d’être en vérité, vous pouvez vous retrouver à exposer devant des inconnus la part de vous-même qui est la plus personnelle. Cette expérience laisse certains dans une sensation d’extrême vulnérabilité, comme ayant perdu le contrôle sur ce qu’ils voulaient dire et ce qu’ils auraient souhaité garder pour eux.

Dans ce cas, non seulement l’objectif de mieux-être n’est pas durablement atteint mais les organisateurs du stage se trouvent fondés à proposer une autre session, de nouvelles séances, etc.

Rappelons-nous que le marché du bien-être et de la connaissance de soi est un véritable business !

# Certains professionnels promettent de trouver une solution à vos souffrances en une ou deux séances.

C’est une promesse mensongère. Un travail psychothérapeutique est relativement long et son résultat incertain; cela ne veut pas dire qu’il est inutile mais il n’existe pas de baguette magique, ni en psychothérapie, ni ailleurs.

Un bémol cependant, dans le cas d’une personne possédant un bon équilibre psychologique et devant faire face à une difficulté ponctuelle, il est possible que deux ou trois rencontres suffisent à retrouver une sérénité suffisante.

#   Au rang des techniques néfastes, nous devons mentionner toutes les thérapies occultes

Voyance, magnétisme, médiumnité, guérisseurs, passeurs de feu, astrologie, numérologie, chamanisme, tarot, prière à des esprits, etc. La liste n’est pas exhaustive !

Le « thérapeute » est généralement autodidacte, initié par un maitre ou ayant un « don » familial pour telle ou telle pathologie. Le discours pseudo-scientifique qui accompagne parfois ces approches est de la poudre aux yeux. Le mieux-être ressenti sur le moment annonce en général le déplacement d’un premier symptôme vers un deuxième plus grave et plus aliénant.

Peu importe que le guérisseur soit sympathique, bénévole, père ou mère de famille, bien inséré dans la société, qu’il affiche Jésus ou Mère Teresa sur les murs de son bureau quand il en a un… ces techniques sont dangereuses pour la santé physique et psychique.

>>> Voir le site dédié occultismedanger.free.fr

Glissement d’une méthode à l’autre

Certains thérapeutes proposent plusieurs méthodes ou techniques conjointement ou alternativement au cours de la prise en charge d’un patient. Il est bien évident que dans les approches présentées comme holistiques ou intégratives, ce phénomène de glissement est intrinsèquement lié à la démarche proposée. Cf. le Lexique proposé à la fin de cet e-book.

Qu’il soit annoncé à l’avance ou mis au jour progressivement, le cumul des approches doit nous interroger quant à son bien-fondé. Gardons à l’esprit la notion de liberté du patient.

Voici quelques exemples pour illustrer cette question.

Un kinésithérapeute propose des séances de gym douce en groupe avec mouvements lents, étirements et travail sur la respiration. Cela ne semble pas poser de problème jusqu’à ce qu’une participante témoigne d’une difficulté à rester debout les yeux fermés, position qui génère chez elle de l’angoisse. Il lui propose alors de la rencontrer en séances individuelles pour pratiquer la méthode TIPI (technique d’investigation des peurs inconscientes) qui n’a plus rien à voir avec le projet de gym douce.

Autre exemple, vous faites appel à un coach pour mener à bien une réorientation professionnelle. A l’occasion de vos rencontres, il vous propose de « remettre en place vos énergies » selon une technique à laquelle il s’est formé, inspirée de la médecine chinoise, avec l’objectif de vous aider à amorcer ce nouveau tournant de votre vie. Il vous invite également à analyser votre personnalité avec l’Ennéagramme lors d’une session qu’il anime avec son épouse.

Dans chacun de ces cas, nous assistons à un glissement d’une technique à une autre, introduit par le thérapeute ou professionnel de la relation d’aide.

En quoi cela pose-t-il problème ?

Voici quelques questions que vous pourriez vous poser au sujet du professionnel « polyvalent » :

Quelle est sa formation de base ? A-t-il pris des distances avec celle-ci ?

Est-il vraiment allé au bout de son travail d’intégration de chaque discipline?

Quelle est sa maitrise réelle de tout ce qu’il propose ? En quoi consiste son expérience à l’heure actuelle ?

A-t-il été tenté par le zapping ? S’est-il laissé séduire par toute nouvelle proposition, croyant que la prochaine serait la bonne ? Croit-il que tout se vaut, que tout soit compatible ?

Est-il dans une recherche de solutions avant tout personnelles ?

Est-il dans l’illusion qu’il doit trouver une solution à tous les problèmes qui lui sont posés ?

Se sent-il tout-puissant par rapport aux problématiques qui lui sont confiées ?

A-t-il le projet de transformer votre vie grâce à sa « caisse à outils » ?

Vous a-t-il informé de la technique qu’il allait utiliser pour vous ?

Un CV, une carte de visite et/ou un site internet pléthoriques ou simplement éclectiques doivent donc inciter à la prudence.

Voici un dernier exemple dans lequel le « glissement » a lieu progressivement en changeant d’interlocuteur. Comme le dit la sagesse populaire : « Prudence est mère de sûreté ».

Une jeune mère de famille confrontée au suicide de son mari se rend chez son médecin généraliste. Celui-ci l’adresse à un confrère psychiatre a priori mieux formé pour la recevoir. Mais voilà, ce psychiatre, probablement très (trop) ouvert à d’autres approches, l’adresse à une « musicothérapeute » qui lui fait pratiquer la respiration holotropique (cf. La psychologie transpersonnelle). Cette technique vise à provoquer une modification de l’état de conscience par hyperventilation afin de produire des expériences de sorties du corps, visualisation, rebirth, etc. Ainsi, à partir d’une demande pleine de bon sens, cette patiente en état de grande vulnérabilité s’est retrouvée à pratiquer des techniques dangereuses.


 3. LE THÉRAPEUTE

Quelques repères simples

Vous avez passé au crible la méthode proposée et le contenu de la formation. Il est bon de vous poser à présent quelques questions sur le professionnel que vous envisagez de rencontrer. En effet, un diplôme ou un certificat officiel est une condition nécessaire mais non suffisante pour s’engager en confiance.

Voici quelques repères simples en forme de portrait-robot.

Un professionnel sérieux et respectueux d’une déontologie professionnelle :

  • n’intervient pas dans votre vie privée, il ne rencontre ni vos parents (sauf cas d’un premier rdv pour un enfant ou jeune adolescent), ni votre conjoint ;
  • n’appartient pas à votre cercle amical ou professionnel ;
  • ne donne pas son avis, ne porte pas de jugement sur ce que vous dites ou faites, sur vous ou votre entourage ;
  • ne fait pas de lien avec sa vie personnelle, familiale, etc. ;
  • ne donne pas de conseil ;
  • ne vous impose pas de règle de vie ;
  • ne vous rencontre pas en dehors de son cabinet ;
  • ne vous fait pas part de ses croyances qu’elles soient politiques, philosophiques ou religieuses ;
  • vous fait payer un prix raisonnable, ni trop, ni trop peu ;

  • vous laisse libre de vous engager ou non à la suite d’un premier rdv lors duquel les modalités du travail seront clairement explicitées (fréquence, tarif, méthode ou technique…)
  • respecte un strict secret professionnel ;
  • possède une qualification en rapport avec le titre qu’il mentionne. Pour cela, il est utile de consulter les listes de thérapeutes diplômés ou certifiés de l’école ou association de formation dont il se réclame ;
  • n’hésite pas à envoyer le patient vers un autre professionnel sérieux dont les compétences seront plus adaptées à la problématique.

Il est important qu’il ait fait lui-même un travail psychothérapeutique avant de recevoir des patients et qu’il le poursuive ensuite tout au long de sa pratique. Cela lui permet de ne pas projeter ses propres difficultés non résolues dans la relation thérapeutique avec ses patients.

Le lien entre le patient et le thérapeute

Le but d’une thérapie est de conduire le patient à plus d’autonomie dans la gestion de sa souffrance. Le lien établi entre le patient et le thérapeute n’est donc pas de l’ordre de l’amitié ou de la sympathie, encore moins de la dépendance.

Par conséquent, le professionnel se tient à une distance respectueuse de la personne qui consulte et de ses difficultés.

La qualité d’écoute, la finesse des réponses, l’humilité (pas de miracle !), la prudence font partie des critères de choix d’un professionnel. Un thérapeute ne peut garantir ni le résultat de la démarche de thérapie ni sa durée car celle-ci dépend en grande partie de l’engagement, de la motivation et des difficultés du patient.

Un professionnel honnête parlera non pas de guérison mais d’accession à un mieux-être durable en se donnant le temps d’un travail sérieux, à partir d’une méthode scientifiquement fondée.

LA solution à votre problème

D’une manière générale, mieux vaut se méfier du bla-bla, des formules creuses, ronflantes ou vagues, des néologismes pseudo-scientifiques, des histoires « d’énergies », des personnes qui sont sûres d’avoir LA solution à votre problème, ainsi que de celles qui vous témoignent une affection démonstrative.

Vous pouvez être attentif à l’impression que produit en vous les paroles de présentation du thérapeute. Est-il étourdissant, séduisant, tout-puissant, inquiétant, part-il dans tous les sens… ou dégage-t-il réalisme, humilité et saine sobriété ?

N’hésitez pas à relever dans le discours du thérapeute les références à d’autres méthodes, techniques ou approches pour lui demander de préciser où il se situe par rapport à celles-ci.

Si vous percevez un mélange de notions psychologiques et spirituelles, avec l’argument de l’unité de la personne, il est judicieux de demander des précisions : que propose-t-il vraiment, psy ou spi ? Pour votre sécurité, c’est mieux l’un sans l’autre.

Certains thérapeutes vous font croire qu’ils savent sur vous des choses que vous allez pouvoir apprendre grâce à eux. Cette attitude peut dénoter une volonté de prise de pouvoir. Or, vous pouvez être sûrs qu’un bon professionnel ne sait rien a priori sur le patient qui vient le voir.

Enfin, il faut savoir que certaines sectes recrutent via des propositions de psychothérapie ou de stages de développement personnel, c’est d’autant plus facile qu’une personne en détresse représente une proie facile !

Les épreuves nous mettent en situation de faiblesse. Par conséquent, l’éthique (en actes autant qu’en paroles) du thérapeute est essentielle pour éviter tout ascendant du professionnel sur le patient.

Faut-il voir un thérapeute chrétien quand on est chrétien ?

A cette question simple et fréquente, d’aucun serait tenté de répondre « oui »… au nom de l’unité de la personne, d’une cohérence de vie.

Et pourtant, cette question demande une plus ample réflexion car tout est affaire de discernement.

Si vous êtes chrétien, l’important n’est pas tant la Foi ou la pratique religieuse du thérapeute que la méthode qu’il exerce. Il est donc utile de vous demander si elle est cohérente avec l’anthropologie chrétienne. Contre toute évidence, ce n’est pas forcément le cas !

En outre, cette cohérence ne doit absolument pas être synonyme de confusion avec une approche spirituelle de vos difficultés.

>> Pour approfondir la question de l’anthropologie chrétienne en lien avec différentes approches, nous vous invitons à écouter la conférence : Bonheur, bien-être, guérison, comment s’y retrouver ? par Bertran Chaudet, en cliquant sur les liens ci-dessous.

http://radiofidelite.fr/fr/grand-format-51/

http://radiofidelite.fr/fr/grand-format-52/

Par exemple, les thérapies ou approches liées au bouddhisme ne sont pas compatibles avec une vision chrétienne de l’être humain, sauf à faire de multiples contorsions intellectuelles.

L’état modifié de conscience ne nous semble pas non plus en accord avec la dignité de l’être humain. Il n’est pas souhaitable d’abdiquer toute volonté personnelle, tout libre arbitre, jusqu’à devenir incapable de réagir, qu’il s’agisse de protéger son intégrité physique ou psychique ou de refuser telle ou telle suggestion. Si l’on se réfère à la vision chrétienne de l’être humain, le principe de la liberté personnelle est central et non négociable.

 

 

 

 

Quant au thérapeute, une première évidence est que la seule qualité de chrétien, de paroissien de tel clocher, de membre de telle communauté, l’appartenance à tel réseau « catho » ne présentent en rien une garantie de qualité de la pratique professionnelle. Pour être schématique, peu m’importe que mon dentiste aille à la messe le dimanche, seules m’intéressent ses compétences, sa dextérité, sa capacité à porter un diagnostic et à prodiguer les soins nécessaires. Il devrait en être de même concernant la psychothérapie.

Par conséquent, il vous appartient de vérifier les qualifications (formation, diplômes) des thérapeutes que vous envisagez de rencontrer, chrétiens ou non.

Lorsque le professionnel se revendique « thérapeute chrétien »

Il peut être utile d’aller plus loin lorsque le professionnel se revendique ouvertement « thérapeute chrétien ». Voici quelques questions :

  • Le qualificatif « chrétien » ou « catholique » est-il utilisé comme un argument marketing ?
  • Quels termes utilise-t-il dans le cadre de son travail : vocabulaire spirituel ou relié aux sciences humaines ? Est-ce ambigu ?
  • Est-il capable de se situer en dehors d’un jugement pour aider le patient à entrer dans une plus grande objectivité ?
  • Comment se passe le recrutement des clients ? Est-ce de proche en proche, via des relations paroissiales ou mondaines ?
  • Garde-t-il une saine distance ou entre-t-il dans une forme de lien affectif avec ses clients/patients ?

  • Que percevez-vous de sa personnalité ? Est-il exalté, charismatique ? Se sent-il investi d’une mission divine dans son travail de thérapeute ?

Revendique-t-il un charisme de guérison, des dons surnaturels ou une formation de type psycho-spirituelle mêlant données pseudo-psychologiques et approche pseudo-spirituelle ?

Y a-t-il une imbrication ou une distinction claire entre vie spirituelle et fonctionnement psychique ?

  • Quelle liberté de parole si on est susceptible de se croiser à la sortie de la messe, dans un groupe de prière ou dans un mouvement chrétien ?

  • Quelle liberté de terminer la thérapie quand bon vous semble, sans vous justifier longuement, si votre réseau de relations est commun ?
  • L’attitude et le discours du thérapeute sont-ils dans le registre de la séduction, d’une trop grande bienveillance, dans la proposition d’un modèle d’épanouissement, de réussite (conjugale, familiale), voire de sanctification… ?

Écoute, liberté, patience

CONFERENCE DES EVEQUES DE FRANCE — NOTE DOCTRINALE N° 6 SUR LA GUERISON DES RACINES FAMILIALES PAR L’EUCHARISTIE (2007)

« La souffrance bio-psycho-sociale des croyants pourrait être repérée et accompagnée prudemment dans le cadre thérapeutique de l’écoute. Une écoute de qualité permet de respecter le rythme des personnes et de les aider à clarifier la part spirituelle et la part bio-psycho-sociale de leur souffrance.

Elle permet, ensuite, de les orienter le cas échéant vers des prises en charge adaptées. Il serait certainement bénéfique de développer largement la formation à l’écoute méthodique. Car son déficit oriente les personnes vers la recherche de solutions rapides et extérieures à elles-mêmes.

Inversement, l’écoute permet le développement de l’intériorité et de la singularité. Elle aide à gérer la souffrance de manière intelligente et responsable. La liberté personnelle se dégage à l’intérieur d’une relation de parole vraie. A l’écart de tout positivisme comme de tout surnaturalisme, une telle démarche n’en suppose pas moins des vertus spirituelles : la modestie et la patience. »

 

La nécessaire distinction des plans

Certaines personnes ont la tentation de rechercher un thérapeute qui leur ressemble. Cela permet de rester dans un entre soi, de garder ses repères, ses manières de faire, de parler, de penser. Cela peut être rassurant. Or, il y a une grande richesse dans la confrontation à la différence, à quelqu’un qui a peut-être d’autres codes, d’autres références.

Rappelons-nous qu’un bon professionnel, chrétien, athée ou autre, ne doit pas vous partager ses croyances et convictions personnelles et ne doit pas non plus porter de jugement sur les vôtres !

Un travail psychothérapeutique est l’occasion d’une prise de recul par rapport à une situation qui engendre de la souffrance. Sortir de son cadre habituel est donc bénéfique pour regarder les choses différemment. Il est tout à fait inutile et utopique de vouloir trouver un thérapeute qui pense comme soi !

Travail psychothérapeutique et recherche spirituelle sont parfois regroupés en une seule démarche, souvent au nom de l’unité de la personne.

Or, un travail psychologique et un cheminement spirituel sont deux registres distincts qui nécessitent deux interlocuteurs différents. Sans cela, comment savoir de quoi on parle ? Le risque d’emprise devient plus important. Une seule solution : la distinction des plans.

Conclusion

En conclusion,

soyons attentifs,

gardons un sain esprit critique

et faisons œuvre de discernement

pour trouver à la fois la méthode qui nous convient

et des interlocuteurs fiables qui nous permettront d’avancer.

Nous vous souhaitons une bonne et fructueuse recherche !

A.L.

Petit lexique

Pour aller plus loin, nous vous présentons des éléments de réflexion à partir de quelques mots fréquemment rencontrés dans les sites, les dépliants, les revues et sur les plaques des professionnels.

Voici un petit lexique, non exhaustif, pour accompagner votre interrogation sur les méthodes proposées :

  • Bien-être
  • Bienveillance
  • Holistique, holisme
  • Humaniste, humanisme
  • Intégratif, intégration
  • Positif, ive
  • Psychothérapie
#       Bien-être

Larousse : 1. fait d’être bien, satisfait dans ses besoins, ou exempt de besoins, d’inquiétudes ; sentiment agréable qui en résulte. 2. Aisance matérielle ou financière.

Définition de la santé par l’OMS en 1946 « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. »

N’est-il pas utopique de définir ainsi la santé ? Le bien-être n’est-il pas toujours éphémère ? Pouvons-nous être en permanence satisfaits dans nos besoins et exempts d’inquiétudes ? Et si le bien-être était en passe de devenir une idole, une finalité en soi plutôt qu’un état naturellement fluctuant sur lequel nous avons peu de pouvoir ? Ne courrons-nous pas le risque de poursuivre un désir irréaliste compte-tenu du concret de nos vies ?

Le vendeur de bien-être ne serait-il pas un marchand de rêve parmi tant d’autres, au service de la sacro-sainte économie par laquelle rien ne doit échapper au monde marchand ?

Nous voyons donc que, si nous superposons les concepts de santé et de bien-être, alors l’état de santé est toujours perfectible. Ce mythe de la santé/bien-être risque de nous entrainer dans toujours plus de méthodes, de techniques, de sessions, de professionnels, de temps et d’argent dépensés et, finalement, de déceptions.

# Bienveillance

Larousse : Disposition favorable envers quelqu’un ; indulgence.

Le site http://www.mieux-etre.org/La-Bienveillance-une-demande.html analyse de manière fine et intelligente ce lieu commun de la bienveillance du thérapeute. En voici un extrait :

« La conséquence possible de celui qui se dit et se veut bienveillant est-il de devenir ‘sauveur’ ? Un client qui serait supposé fragile, « en porcelaine », face à un coach qui, maître de ses outils, risque dans ce cas de se trouver en position de toute-puissance.

Travailler dans l’ici et maintenant, avec la relation telle qu’elle se vit, nécessite de la part du professionnel de savoir instaurer une relation de confiance mutuelle, de respect mutuel et de liberté d’expression mutuelle, toutes qualités inhibées, voire empêchées par la bienveillance. »

La bienveillance ne va donc pas de soi. Il s’agit d’une posture dissymétrique, pouvant constituer la première étape d’une prise de pouvoir insidieuse du thérapeute sur le patient.

# Holistique, holisme

Larousse : en épistémologie ou en sciences humaines, doctrine qui ramène la connaissance du particulier, de l’individuel à celle de l’ensemble, du tout dans lequel il s’inscrit.

Wikipedia : Holisme (du grec hólos signifiant « entier ») est un néologisme forgé en 1926 par l’homme d’État sud-africain Jan Christiaan Smuts pour son ouvrage Holism and Evolution. Selon son auteur, le holisme est : « la tendance dans la nature à constituer des ensembles qui sont supérieurs à la somme de leurs parties, au travers de l’évolution créatrice. »

Le holisme se définit donc globalement par la pensée qui tend à expliquer un phénomène comme étant un ensemble indivisible, la simple somme de ses parties ne suffisant pas à le définir. De ce fait, la pensée holiste se trouve en opposition à la pensée réductionniste qui tend à expliquer un phénomène en le divisant en parties.

Depuis sa naissance, en 1926, sous la plume de Jan-Christiaan Smuts, ce concept a toujours été très polémique. Le terme « holistique » est abondamment utilisé par les milieux antisciences, les mouvements ésotériques et les groupes sectaires. »

Pour ce qui nous concerne, les thérapies dites holistiques vont prétendre prendre en charge l’ensemble de la personne et de son environnement en intervenant sur tous les plans : physique, émotionnel, mental, familial, professionnel, alimentation, habitat, hygiène de vie, spiritualité, etc. C’est donc la porte ouverte à l’embrigadement sectaire puisque plus aucune partie de la vie de la personne n’est laissée à la seule appréciation du sujet.

Pour aller plus loin :   Petit lexique du Nouvel Age : HOLISTIQUE

# Humaniste, humanisme

Larousse : Position philosophique qui met l’homme et les valeurs humaines au-dessus des autres valeurs.

Toutes les actions de soin devraient donc être, par essence, humanistes. Or, l’utilisation de ce terme dans le cadre de la psychothérapie nous emmène sur un terrain bien différent.

Afin d’illustrer le courant humaniste et ses satellites, nous sommes allés voir ce qu’en disent des personnes qui se réclament de cette mouvance. Il s’agit avant tout de réfléchir à partir de ce que les praticiens des approches dites humanistes revendiquent. Nous désirons susciter un sain esprit critique chez le lecteur de ces pages…

Voici ce que dit Alain Gourhant sur son site psychologie-integrative.com

« Les psychothérapies humanistes sont nées aux U.S.A. à partir des années 50, sous l’impulsion d’Abraham Maslow, Carl Rogers et plusieurs autres. Elles sont au carrefour de nombreuses influences et courants de pensée et sont donc intégratives par nature.

En particulier, elles sont fortement influencées par les existentialistes allemands et français: Husserl, Heidegger, Buber, Sartre, Merleau- Ponty, Gabriel Marcel.

Il s’agit de remettre l’homme au centre de la psychologie, devenue de plus en plus scientifique, froide et déshumanisée, afin de créer une 3e force, se démarquant des deux impérialismes envahissants de la psychanalyse et du comportementalisme.

La psychothérapie humaniste n’a délibérément jamais fait l’objet d’une définition précise. Au contraire, il s’agit d’une tendance, d’une orientation, d’un courant de pensée qui par principe demeure ouvert, pour pouvoir s’adapter à l’évolution des valeurs, et refuse de se figer en une doctrine trop précise qui ne manquerait pas de sombrer dans un dogmatisme rigide ou anachronique. Ce qui constitue exactement un des aspects de la psychothérapie intégrative refusant elle aussi de se figer en un nouveau système et restant par définition ouverte.

La liste des méthodes humanistes varie donc parfois d’un auteur à l’autre. Les plus connues et les plus employées sont :

  • l’approche centrée sur la personne de Carl Rogers
  • la Gestalt-thérapie (Fritz Perls)
  • l’analyse transactionnelle (Eric Berne)
  • le psychodrame (Moreno)
  • la psychosynthèse (Roberto Assagioli)
  • l’hypnose ericksonienne (Milton Erickson)
  • la PNL, Programmation Neuro-Linguistique (Richard Bandler et John Grinder)
  • certaines approches psychocorporelles, dont la bioénergie d’Alexander Lowen et le rebirth de Léonard Orr
  • la respiration holotropique de Stanislav Grof. »

Nous constatons dans ce descriptif que la revendication du terme humaniste repose sur une définition floue, volontairement fluctuante au gré du temps et des ajouts. Les disciplines sont nombreuses, leur lien entre elles n’est pas franchement perceptible.

Notons que les racines sont existentialistes.

Le jugement de valeurs vis-à-vis de la psychanalyse et des thérapies comportementales et cognitives, à l’origine de la création de ce courant dit humaniste, ne suffit pas à nous assurer d’une démarche cohérente et éthique. En effet, aussi bien les approches analytiques que les TCC placent l’humain au cœur de leur pratique et il nous paraît tout à fait spécieux de les qualifier d’impérialisme tant elles restent relativement marginales dans la prise en charge des patients.

#  Intégratif, intégration

INDUSTR. : opération qui consiste à assembler les différentes parties d’un système et à assurer leur compatibilité ainsi que le bon fonctionnement du système complet.

PHYSIOL. : fonction d’un centre nerveux consistant à recueillir un ensemble d’informations, à l’analyser d’une façon complexe et à produire une réponse coordonnée de plusieurs organes.

Dans le cadre de notre analyse, il semble que le qualificatif « intégratif » vise à un rapprochement de différentes écoles et disciplines. Cette fois-ci, il n’est plus question de se démarquer de la psychanalyse ni des TCC, elles se trouvent englobées dans un grand tout éclectique. Nous retrouvons Alain Gourhant sur le site psychologie-integrative.com

« La psychothérapie intégrative – telle que je la conçois – considère l’être humain de manière globale (holistique), dans toutes ses dimensions : physique, émotionnelle, mentale, sociale, énergétique, spirituelle et de pleine conscience.

Dans sa pratique, la psychothérapie intégrative met en place des stratégies thérapeutiques variées, globales, structurées et créatives, empruntées aux différents courants et techniques de la psychothérapie :

Thérapies Comportementales et Cognitives (TCC), psychothérapies analytiques, psychothérapies humanistes (entre autres : PNL, Gestalt, hypnose éricksonienne), courant systémique et psychogénéalogique.

Elle utilise aussi des courants du développement personnel (yoga, qi gong, relaxations, respirations, chamanisme) et du transpersonnel, en particulier la pratique méditative de la pleine conscience) et un grand intérêt pour la respiration holotropique. Ces stratégies sont personnalisées et adaptées à chacun, en fonction du grand nombre de techniques disponibles.

On peut aussi remarquer que les effets de ces techniques utilisées conjointement sont démultipliés, ce qui place la psychothérapie intégrative parmi les thérapies relativement brèves. » 

Cette courte étude des mots nous permet donc de voir que les démarches qualifiées d’humanistes, holistiques et intégratives sont parties prenantes d’un même courant, englobant toutes les dimensions d’une personne et utilisant, à cette fin, un grand nombre de techniques non scientifiques. Il est intéressant de noter que de cette nébuleuse ne possède pas de délimitation claire comme cherchant à absorber tout ce qui se présente. Enfin, le New-Age y est fortement présent de manière plus ou poins tacite.
#  Positif, ive

Larousse : 1. Qui affirme, accepte. 2. Qui relève de l’expérience concrète ; qui a un caractère d’objectivité. 3. Qui montre la présence de l’élément ou de l’effet recherché. 4. Qui fait preuve de réalisme, qui a le sens pratique. 5. Qui a un effet favorable ; bon, heureux, bénéfique.

Définition issue du Manifeste de la Psychologie Positive en 1999 et 2000 (Ken Sheldon, Barbara Fredrickson, Kevin Rathunde, Mike Csikszentmihalyi, et Jon Haidt) :

« La psychologie positive est l’étude scientifique du fonctionnement humain optimal. Il vise à découvrir et promouvoir les facteurs qui permettent aux individus et aux communautés de prospérer. Le mouvement de la psychologie positive représente un nouvel engagement de la part des chercheurs en psychologie pour concentrer leur attention sur les sources de la santé psychologique, allant ainsi au-delà de l’accent porté jusque-là sur la maladie et les troubles psychologiques.

 Pour atteindre ces objectifs, nous devons considérer le fonctionnement (humain) optimal à plusieurs niveaux, y compris biologique, expérientiel, personnel, relationnel, institutionnel, culturel et mondial.»

 Il ne s’agit donc plus d’un soin prodigué ponctuellement à une personne souffrante. Nous entrons avec cette définition dans la promesse d’un être humain augmenté, potentialisé. Nous retrouvons également la démarche holistique avec la prétention d’intervenir à tous les niveaux : éducation, psychisme, famille, travail, société, cadre moral.

La suite du Manifeste l’indique clairement ci-dessous :

« Les applications potentielles de la psychologie positive comprennent :

  1. Améliorer l’éducation des enfants en faisant une plus grande utilisation de la motivation intrinsèque, l’affect positif, et la créativité au sein des écoles
  2. Améliorer la psychothérapie en développant des approches qui mettent l’accent sur l’espoir, le sens et l’auto-guérison
  3. Améliorer la vie de famille grâce à une meilleure compréhension de la dynamique de l’amour, la générativité, et l’engagement
  4. Amélioration de la satisfaction au travail tout au long de la vie en aidant les gens à trouver une implication authentique, à multiplier leur expérience des états de flux, et apporter des contributions significatives dans leur travail
  5. Amélioration des organisations et des sociétés en découvrant les conditions qui renforcent la confiance, la communication et l’altruisme entre les personnes
  6. Améliorer le caractère moral de la société par une meilleure compréhension et promouvoir l’impulsion spirituelle chez les êtres humains. »

Etat de flux ou flow en anglais (source wikipedia) : « Selon Csíkszentmihályi, le flow est un état totalement centré sur la motivation. C’est une immersion totale, qui représente peut-être l’expérience suprême, en employant les émotions au service de la performance et de l’apprentissage. (…) Le trait distinctif du flow est un sentiment de joie spontané, voire d’extase pendant une activité. »

Si les souhaits d’amélioration proposés peuvent nous sembler bons à première vue (être heureux en famille, au travail, à l’école…), la manière de chercher soi-disant « scientifiquement » à les atteindre, à tout prix, de manière volontariste, nous interroge.

L’être humain, vous, moi, sommes-nous des sujets modelables qui se laisseraient transformer selon un projet prédéfini par d’autres selon une définition du bonheur (état de flux ou flow par exemple) ou de la morale qui viendrait de l’extérieur avec une prétention scientifique ?

Sous des dehors philanthropiques, la psychologie positive et l’éducation positive ont des accents quasi totalitaires et nous ne pouvons y souscrire les yeux fermés.

En particulier, le projet détaillé au point 6 sur la promotion de « l’impulsion spirituelle » semble faire peu de cas de notre liberté dans ce domaine particulièrement intime.

#  Psychothérapie

(source wikipedia) : traitement ou l’accompagnement par un individu formé à cela, d’une ou plusieurs personnes souffrant de problèmes psychologiques, parfois en complément d’autres types d’interventions à visée thérapeutique (médicaments, etc.).

Suivant les patients (enfant ou adulte), le type et la sévérité du trouble, et le contexte de l’intervention, il existe de nombreuses formes de psychothérapies qui s’appuient sur autant de pratiques différentes reposant elles-mêmes sur des approches théoriques diverses et parfois contradictoires.

 La plupart reposent néanmoins sur l’établissement d’une relation interpersonnelle entre le patient et le thérapeute dans le cadre d’un contrat explicite de soin. Elle se distingue en cela des pratiques d’accompagnement de l’individu sain (coaching, développement personnel) parfois menées dans un cadre spirituel, religieux voire sectaire.

En France, plus particulièrement depuis les années 1990, la règlementation de l’exercice des psychothérapeutes a fait l’objet d’intenses débats mettant aux prises les praticiens se réclamant des principales approches que sont les psychothérapies d’inspiration psychanalytique, humanistes, systémique ou cognitivo-comportementale.

Nous apercevons donc une grande disparité quant à la prise en compte de la liberté de la personne qui demande de l’aide. Certaines approchent tendent à capter le sujet dans son intégralité tandis que d’autres interviendront ponctuellement sur une difficulté précise, laissant de côté, en particulier, la question de la vie spirituelle.

 

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« Dis-leur, Mamoune », La mère d’Arnaud témoigne

Fiche technique d’analyse du livre de Nicole Gourvennec, « Dis-leur, Mamoune », La mère d’Arnaud témoigneEd. Lanore, 2008

Les chiffres entre parenthèses se trouvent dans le livre pour désigner un renvoi aux livres précédents. Le dernier chiffre entre parenthèses est celui de la page du livre analysé. Les phrases entre guillemets sont les messages d’Arnaud. Les paragraphes en italiques sont des réflexions du P. Auzenet ou des citations d’autres livres.

  1. Aspects en rapport avec la médiumnité

La question de l’écriture automatique

* Tout à coup, Paul assis en face de moi sur le divan, l’air abasourdi, prononce ces mots incroyables : « Arnaud me dit : Fais une lettre à ma Mamoune ». Aussi surprenant que cela paraisse, je n’ai pas hésité une seconde, réagissant immédiatement : « C’est Arnaud, va écrire ! » Et Paul est parti vers son bureau, calme mais pas du tout convaincu m’a-t-il avoué ensuite. Quelques instants plus tard il revient, tenant un papier où il a transcrit un dialogue de son écriture habituelle, simplement très étirée. Il est toujours aussi paisible et surpris de ce qui lui est arrivé et qui pour moi ne fait aucun doute. (p. 38)

* Il y avait là quelque chose d’extravagant qui dépassait notre entendement car nous savions bien que le corps d’Arnaud avait été déposé dans sa tombe. Comment pouvait-il s’exprimer puisqu’il ne disposait d’aucun support matériel permettant la communication comme dans la T.C.I. (trans-communication instrumentale) ni bien entendu ne bénéficiait d’aucun procédé spirite ? Cependant il était indéniable que Paul recevait bien des messages provenant de la pensée d’Arnaud, quotidiennement au début puis tous les deux ou trois jours, à des moments variables et toujours inattendus. Il écrivait très vite, sans exaltation, égal à lui-même. Tout se passait en quelques minutes, le temps de « prendre la dictée », dans un silence total car rien n’était audible. Pas le moindre élément spectaculaire.

« L’écriture automatique est un procédé utilisé en médiumnité, un esprit utilisant la main du médium pour communiquer avec le monde physique. L’écriture automatique n’est pas en tant que telle un phénomène paranormal. Ce terme désigne en fait le genre d’écriture inconsciente souvent utilisée par les psychologues eux-mêmes comme technique libératoire qui permet de faire émerger rêves, désirs, de l’inconscient. Les psychologues limitent l’écriture automatique à l’alternance des personnalités stratifiées communes à tous, ne se manifestant que sous certaines conditions. Les parapsychologues envisagent avec cette technique l’intervention du paranormal comme effet de la dissociation psychique du sujet introduit dans une nouvelle dimension. Les spirites eux, placent l’écriture automatique parmi les moyens de communication avec des entités désincarnées de différents niveaux moraux ; ceci est contrôlable par l’étude du niveau du message obtenu. Il est certain que le psychologue, le parapsychologue et le spirite ont tous trois de bonnes raisons pour adopter cette méthode. » (encyclopédie Wikipédia, http://fr.wikipedia.org/wiki/Écriture_automatique)

* Dans le cas des messages d’Arnaud, l’initiative émane d’En-Haut, rien n’est sollicité ni provoqué : « En effet, les personnes comme vous (je dis : vous, Papa et Mamoune, puisque vous êtes autant confondus dans mon cœur que dans ma mission), qui reçoivent des communications non sollicitées et par la médiation de l’Esprit seul, ne font pas de recherches. ce qui est une différence essentielle. Ni les signes ni les messages que vous recevez de moi (qui ne suis qu’un porte-parole, je le répète), ne font l’objet d’aucun travail conscient, organisé, méthodique de votre part. Papa ne fabrique pas de messages pour prouver quoi que ce soit ; il ne veut pas la fin et n’a pas les moyens ! » (T III p. 124) Cela explique que le contenu des messages ait porté la marque du ciel même au tout début, se gardant des bavardages oiseux et banals qui caractérisent souvent les communications médiumniques. (p. 95)

Nicole Gourvennec n’est pas sans savoir que certains identifieront précisément les messages d’Arnaud avec des communications médiumniques. Il convient donc de s’en démarquer clairement. Mais les esprits qui sont à la source de tels messages ne sont pas obligés de tomber dans le banal… ils peuvent aussi faire dans la gnose, comme on le verra plus loin. Le « Dialogue avec l’ange » de Gîta Malaz en est un meilleur exemple encore… Si Nicole Gourvennec se défend de faire du spiritisme, et d’être médium, on relève cependant dans le livre, à propos de la médiumnité, un double langage.

* Le troisième enseignement concerne un médium présent à ce Congrès, étonnant de forces et de dons et en même inquiétant : « De très importantes énergies le relient à l’invisible aussi vit-il sur une mer agitée de puissantes vagues… Quand des êtres sont doués de telles énergies, il est nécessaire pour les maîtriser qu’ils les qualifient dans le Verbe, car il existe un royaume des mots qui endigue les énergies. Ainsi, si je dis qu’il y a en moi des énergies sans les qualifier, je n’en dirige pas le sens et la mer est tempête. Par contre si je prononce « Énergies d’Amour » et si de plus je reconnais dans la prière que ces énergies ne peuvent venir que de Dieu, j’en accepte la Source. Enfin si j’admets, sans orgueil, qu’elles ne me sont données que pour l’amour de l’autre, j’apaise toute tempête. Sinon, je serai comme Pierre, mais n’ayant pas le Maître à portée de main, je coulerai sans espoir … » (T III p. 79) Ce message dans un premier temps conforta notre réticence à l’égard des manifestations médiumniques. Cependant nous n’allions pas tarder à apprendre qu’il faut se méfier de tout jugement a priori et ne jamais oublier, comme le dit Arnaud, que l’essentiel est la finalité du don : l’amour des autres. (p. 191)

Mode d’emploi pour ne pas se poser les vraies questions sur les « énergies » : elles ne peuvent venir que de Dieu, bien sûr… et la médiumnité, somme toute, du moment qu’elle est orientée vers l’amour de l’autre, devient acceptable…

* Dans un premier temps, j’ai pensé n’être qu’une humble spectatrice de ce maillage Ciel-Terre, me satisfaisant de mes secrètes et fortes communions d’esprit avec Arnaud. Je me contentais donc d’une participation que je supposais, tout comme Paul le pensait, destinée à rester passive, accompagnant par la prière la réception des messages que je numérotais simplement lorsque Paul les avait recopiés. En effet, il avait adopté une méthode permettant de les relire : aussitôt après les avoir reçus, de son écriture restée identique mais trop étirée à cause de la vitesse d’émission, ce qui les rendait difficilement lisibles, il recopiait tout le texte, tel qu’il avait été dicté : d’une traite, sans paragraphes ou strophes (pour les poèmes), sans ponctuation, sauf de temps en temps une précision pour une majuscule ou un point d’exclamation, voire quelques fois pour des guillemets. Arnaud lui avait donné des conseils qu’il suivait scrupuleusement : « Recopie le message le plus vite possible, ta mémoire inconsciente t’aidera : ton subconscient a tout enregistré, fais-lui confiance … » (T 1 p. 132-133) (p. 97)

« J’ai senti ma Mamoune travailler à nos messages. C’est une bonne chose comme je l’avais dit, qu’elle participe à l’élaboration formelle de ceux-ci, à la rédaction qui suit le premier jet de mots. » (T 1 p. 160) Ce travail me paraissait si sacré que je ne l’accomplissais que dans la prière, prenant le temps de me sentir reliée au Ciel et attendant un acquiescement intérieur. (p. 98)

Paul reçoit. Nicole met en forme littéraire. Travail de collaboration. Mais écriture automatique tout de même. Procédé spirite par excellence. Le conseil est limpide : « ton subconscient a tout enregistré, fais-lui confiance ». Pas d’analyse critique ; au contraire, il faut révérer religieusement les messages…

* D’ailleurs il était frappant de constater la facilité avec laquelle il reprenait le cours de ses activités. « C’est normal, me dit-il, puisque ce que je rédige ne vient pas de moi. Je sais qu’Arnaud en est l’auteur mais, contrairement à ce que tu penses, je ne suis à aucun moment submergé d’émotion, l’affectivité n’intervient pas. Je ressens Arnaud bien davantage dans les effusions-communions que tu connais comme moi. Pour les messages je suis simplement un instrument qui a du mal à suivre l’allure et qui de plus en plus ne sait même pas quel sujet a été abordé tant la trace se perd vite, comme si tout s’effaçait. » Arnaud qualifiera plus tard le récepteur de messages comme les siens de « porteur de crayon », attestant ainsi du caractère passif de ce type de communication. Paul avait vu juste car à peine quelques mois après le début des messages, la vitesse d’émission ne fera que s’amplifier, il n’y aura plus d’échanges et les sujets traités cesseront d’être personnels, atteignant une telle altitude spirituelle que leur contenu est à lui seul une irrécusable marque d’authenticité. (p. 58)

Non, car l’Esprit Saint n’a jamais utilisé de cette manière les évangélistes. « Dans la Tradition biblique, Dieu respecte parfaitement l’humanité de l’hagiographe : sa culture, son tempérament, son milieu social. Dieu parle à travers lui sans se substituer à lui : la parole qu’il prononce est tout à la fois sa parole et celle de Dieu. Des révélations privées dans lesquelles l’interlocuteur divin se servirait de la voix de son instrument humain tout en la changeant au passage ; ou qui se servirait de sa main pour écrire des messages dont l’instrument humain ignorerait le contenu au moment de les rédiger (écriture automatique ou semi-automatique) ; etc. : de telles « révélations » seraient plus que suspectes, car leur mode de production ne correspond pas à la manière habituelle de procéder de Dieu en matière d’inspiration. (P. J-M Verlinde, http://www.final-age.net/La-Revelation-officielle-et-les.html)

* « Je suis avec toi en relation moins médiumnique que tu le crois. C’est plutôt de la télépathie … » (T 1 p. 26) Plus tard, il ira plus loin dans les recommandations : « Comme je te 1’ai dit, les vraies relations spirituelles entre un être du « dessus » et un être de la terre ne sont pas magiques ! Elles ne doivent surtout pas l’être, sinon elles sont pleines de périls car, aux confins de la Terre et du Ciel (en langage compréhensible … ), les forces du Mal sont à l’affût et cherchent à interrompre les liaisons, à leur nuire et à les faire dévier. Les nôtres reposent sur ton don et l’amour entre nous dans l’Amour de Dieu. » (T 1 p. 49) (p. 41-42)

Ouf, nous voilà rassurés ! C’est étonnant comment « Arnaud » prend soin de nous dire et redire que les messages ne proviennent surtout pas d’esprits inférieurs parasitants, dont il parle encore dans cet autre message :

* « Les « ténèbres extérieures (Mt 8, 12) » sont extérieures au ciel et à la terre car, à la frontière des deux mondes, existe un au-delà mystérieux, un fragment détaché du Royaume de Lumière auquel beaucoup d ‘hommes de la terre se relient facilement, entrant en contact avec des êtres souffrants, aveugles et entêtés qui sont prêts à les capter, à les magnétiser et à les plonger peu à peu dans l’obscurité. C’est cela les ténèbres extérieures. » (T II p. 213) (p. 175).

N’est-ce pas un aveu qu’Arnaud connaît de bien près ces entités, ces esprits ?

* Les contemplatifs savent bien que l’on ne peut prier qu’en s’isolant de l’environnement extérieur pour mieux ouvrir les yeux de son âme. Dès les premiers messages Arnaud livre d’ailleurs sa méthode : « Fais le vide avec tes mains sur les yeux et ça vient facilement. » (p. 43)

Cette affirmation est capitale. Toutes les méditations orientales (si prisées dans les cercles occultes) nécessitent comme postulat de base de « faire le vide » dans les pensées… La méditation et la contemplation chrétienne sont bien différentes : il s’agit d’entrer en communion avec la Trinité, et de laisser l’Esprit Saint travailler en nous. Trop de chrétiens pensent qu’ils doivent faire le vide dans leurs pensées pour que le Saint-Esprit puisse s’exprimer au travers d’eux ou les contrôler. Au contraire, nous devons garder le contrôle de nos pensées et coopérer activement avec le Saint-Esprit. Chaque fois que nous faisons le vide dans nos pensées, l’esprit qui s’exprime à travers de nous n’est probablement pas le Saint-Esprit.

 Une rencontre avec le P. Vernette

Le 26 juin, lors d’un échange téléphonique, il me remercie pour le livre, précisant d’emblée : « J’ai lu tous ces messages, je n’ai rien à leur reprocher » ; puis il ajoute : « L’Église n’a pas assez tenu compte de ces phénomènes. J’aimerais vous connaître. » Lorsque je fais état de notre projet de déplacement pour Lourdes au 15 août, il nous fixe un rendez-vous le 14 à l’évêché de Montauban. (…) A ce moment Paul intervient et dit : « Il me semble qu’Arnaud a dit qu’il faut appeler cette dictée : l’écriture inspirée. » Le Père Vernette sursaute, visiblement bouleversé : « C’est étonnant ce que vous dites. Savez-vous que j’ai reçu hier une lettre de Pierre Monnier, le petit cousin du messager ? Il a retrouvé un courrier de Madame Monnier disant que son fils lui avait dit d’appeler ses messages : « L’écriture inspirée. » Éberluée, je finis par me ressaisir et sors de mon classeur le message choisi in extremis : « L’écriture inspirée. » Paul est aussi étonné que le Père Vernette ! (…) Lorsque nous nous quittons, le Père Vernette, regard plus bleu que jamais, nous dit : « Vous êtes guidés par l’Esprit Saint, vous n’avez pas besoin de conseiller spirituel. Laissez-vous aller. » Sur-le-champ nous n’avons pas mesuré l’importance de ce conseil, pour le moins surprenant. Nous en comprendrons la sagesse plus tard ! (p. 118-119)

Si l’on nous rapporte bien la vérité ici, on ne peut qu’être affligé des naïvetés du P. Vernette. Voilà que l’écriture automatique, phénomène utilisé essentiellement dans les mouvances spirites, est rebaptisée par lui « écriture inspirée », appellation donnée aussi par les esprits… car on n’est jamais mieux servi que par soi-même ! Quand à dire à des personnes qui prétendent recevoir des messages de l’au-delà qu’elles n’ont pas besoin de conseiller spirituel, c’est contraire à toute la tradition ! Rien de tel que de se croire directement inspiré par l’Esprit Saint sans aucun regard extérieur pour aller droit dans le mur ! Surprenant conseil dans la bouche d’un prêtre, effectivement … Invérifiable, car l’intéressé est décédé.

Démasqué ?

* « Papa, tu fus très surpris lors de la messe car, en te rendant à l’Eucharistie, tu as cru me voir dans un jeune officiant affligé d’une disgrâce physique, Oui, j’étais là, comme en surimpression sur un film. Nos regards se sont vus et reconnus. Mais quel trouble en toi ! Rassure-toi n’est pas une hallucination. Comment est-ce possible ? J’ai utilisé le canal psychique de cet être pour me poser devant lui et t’offrir cet éclair. Lui ne s’en est pas aperçu mais il a dû être déconcerté par ton regard. Je le fus moi-même. Ces manifestations ont un sens : dans l’Amour de Dieu et du prochain, tout est possible. » (T II pp. 139-140) (p. 217)

Quelle manipulation ! Pensez-vous que nos défunts se servent de nous, ou d’autres personnes, de cette façon ? En revanche les esprits diaboliques ne demandent pas notre autorisation…

* Puis il y eut ce songe-cauchemar du 6 juillet 1993. Je suis avec Arnaud, mais, contrairement aux autres rencontres, rien n’est lumineux et j’éprouve un sentiment d’oppression et de tristesse. Je perçois Arnaud comme un petit prince malheureux qui n’est plus sur son étoile mais dans un univers sombre dont il est prisonnier. Il se plaint : « Je travaille toujours, j’ai perdu tout contact physique avec toi, je souffre, prisonnier de l’obscurité, viens me rejoindre. » Tout mon être se tend vers lui en un élan irrépressible pour lui porter secours : « Mon amour, je viens ! » Un choc comme si on me secouait, une sorte de chute et je me réveille. Une pensée s’impose immédiatement à moi : il s’agissait d’un faux Arnaud, des forces mauvaises se sont jouées de moi pour m’entraîner hors des sphères christiques. Comme pour me le confirmer, la radieuse présence d’Arnaud m’envahit. (p. 174)

Zut, l’esprit avait oublié un instant de se déguiser en vrai Arnaud… Heureusement, il s’est vite repris… Il est curieux qu’une telle expérience, que Mme Gourvennec analyse pourtant bien (oppression, tristesse, univers sombre, prisonnier), ne lui ait pas permis de s’interroger plus avant. Peut-être faudrait-il qu’elle lise plus assidûment les Écritures. Saint Paul, en 2 Co 11,14, écrit : « Rien d’étonnant : Satan lui-même se déguise bien en ange de lumière. » 

  1. Aspects en rapport avec la pensée gnostique du Nouvel Age

* « Je le suis pour l’Éternité mais étant débarrassé des entraves de la terre et… t’ayant précédé dans l’Amour de Jésus Christ, je peux vivre plus intensément toute la Vie. Je ne te suis pas supérieur, mais autre, tout en demeurant semblable dans ce que tu as aimé. Rien n’est interdit à l’amour véritable que l’on porte à un être. » (T 1 p. 43) (p. 41)

Certes cette phrase ne va pas sans rappeler le « Aime et fais ce que tu veux » de saint Augustin, mais comme on va le voir dans les aspects de connaissance initiatique développés dans ces messages, tout est légèrement transformé… Cette « torsion » discrète, mais réelle fait que l’Église est l’Église mais doit être autre, l’Écriture est l’Écriture, mais doit être interprétée autrement, l’amour est l’amour mais doit être libre de toute entrave, et la connaissance, au lieu d’être simple, devient alambiquée au possible…

* « Pour votre monde présent, seul un scientifique poète, ou l’inverse, serait en mesure de vous entraîner au-delà des hypothèses, systèmes, ou modèles proposés. C’est alors que vous verriez la « Sciento-Poésie » atteindre à la Mystique… Le connu rejoindrait le caché, l’expérimenté, le deviné. » (T 1 p. 210) (p. 72)

« Foi, Amour, Connaissance constituent mes trois vies fusionnées en une seule, chaque élément se conjuguant avec les deux autres par une sorte de rotation incessante… » (T I p. 111) (p. 74)

On remarquera que l’Espérance a été remplacée par la Connaissance… quant aux trois vies fusionnées, se conjuguant… dans une rotation… Et que dire de la confluence de la sciento-poésie avec la mystique !

 

* « Jésus-Christ est mon enveloppe merveilleuse, radieuse. Je me fusionne à Lui dans un Amour immense… » (p. 69) Mon être total, donc toute ma personnalité, est branchée sur un « univers » divin, sur une « humanité » en gestation dont le sens du chemin est la compréhension finale de Dieu. (T 1 p. 57) (p. 72)

« Trouverez-vous un Vasco de Gama assez fou, assez amoureux de liberté, pour s’enfoncer dans le temps et l’espace confondus, sans esprit de retour ? Dieu aimerait cet homme, je crois. Leur amour se rejoindrait et ce voyage aurait son terme dans son Royaume. En attendant, en espérant, assis avec un Asimov (auteur de science-fiction) sur les genoux, rêvez, rêvez, car il n’y a pas d’immobilité, il n’y a que du devenir, il n’y a pas de passé, il n’y a que de l’avenir » (T I p. 226). (p. 73)

« L’accession à cette connaissance ne se fait pas selon le processus de la recherche scientifique, moyen terrestre incroyablement faible, court en déductions, incertain dans ses résultats, l’accession se fait par la fusion de notre être à la Pensée Connaissance dont les limites (que je ne fais qu’entrevoir), sont constituées par notre niveau d’élévation spirituelle, c’est-à-dire notre proximité par rapport à notre Infiniment Aimable Dieu. » (T l p.158) (p. 74)

Pas d’altérité, pas d’objectivation, mais une « fusion à la pensée connaissance »… nous voici en train de surfer sur la vague Nouvel Age… invités à boire aux sources gnostiques… Les images et symboles aquatiques sont très présents dans la littérature du Nouvel Age, pour véhiculer cet appel à la fusion avec le grand Tout, comme le morceau de sucre se dissout dans ma tasse de café… Le nourrisson nourri au sein maternel. C’est d’ailleurs ainsi que N. Gourvennec décrira un contact avec la Vierge Marie. On entre dans la mort comme un enfant se glisse dans son lit douillet : « Dis-leur, Mamoune que nos derniers instants ne furent pas ce qu’ils imaginent : ainsi que le jour naissant doucement blanchit la nuit, ainsi notre vie céleste se glissa dans les derniers plis de notre vie terrestre. Tout fut doux, tout fut blanc et le bonheur de Dieu nous attendait au coin du voile levé. » (p. 14)

* « Au Ciel, c’est la joie d’être avec Jésus. Vous croyez trop qu’Il ne fut réservé qu’à la Terre et à la vie des hommes. Jésus fut prêté à la Terre, et quel prêt ! Pour nous, cela continue : Il est là, bien réel, bien vivant. Les mêmes paroles sont dites : « Qui me voit, voit le Père ». Jésus nous accompagne dans cette étape qui n’est pas la dernière ; dès maintenant, nous puisons au plus près… Imaginez votre joie si, aimant Jésus, Il revenait vous voir ! Non, vous ne pouvez imaginer… Nous seuls avons ce privilège. » (T 1 p. 2l5) (p. 77)

Si Jésus dit : «  Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné sont Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle » (Jn 3,16), on nous affirme ici que Jésus a seulement été « prêté », ce qui rejoint de très anciennes hérésies niant la réalité de l’incarnation… De plus, c’est la négation de l’acte de foi du croyant sur la terre : seuls les privilégiés peuvent continuer à avoir une relation avec un Jésus « bien réel, bien vivant »… négation subliminale de la présence eucharistique…

* C’est le lendemain à 11 heures que nous rencontrons l’archevêque de Tours. Il nous accueille avec un visage impénétrable et, tout de suite, d’une voix monocorde, nous dit : « Je suis réservé, très réservé. Pour moi c’est de la gnose. Ce qui me surprend, c’est la connaissance. Comment un enfant de treize ans peut-il savoir tout cela ? »

Le Cardinal Honoré (je suppose) y a vu clair… Peut-être est-ce pour cela que l’entrevue est décrite de façon si négative (voir pp. 140-142 du livre).

* « Mamoune, Papa aimés, c’est Dieu qui nous choisit, cela ne provient ni de nous-mêmes, ni des hommes, et pas davantage de nos parents : « L’Éternel s’est choisi Jacob ». Ainsi en est-il de Pierre, Paul ou Jeanne etc. Mais sans notre obéissance, le choix de Dieu s’évanouit ; or il faudra bien que chacun réponde de sa foi devant LUI ! Ainsi se pose une réflexion sur l’obéissance et la responsabilité : laquelle est la plus importante dans la foi ? De qui et de quoi faut-il répondre ? À qui obéir et pourquoi…

Tout d’abord, dès que la vie spirituelle est en jeu, ne confondez pas l’obéissance à Dieu et la soumission à l’autorité des hommes, à leurs lois et à leurs institutions. Ainsi Jacob désobéit aux règles des hommes pour mieux obéir à Dieu, de même que Pierre et les apôtres devant le tribunal répondirent : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes (Ac 5, 29) »…

« Placez donc la responsabilité à l’égard de Dieu au-dessus de l’obéissance aux hommes et à leurs institutions, aussi faillibles qu’eux : on ne peut être complètement obéissant qu’envers l’infaillibilité. Or, Dieu seul est infaillible. » (T III pp. 223-224) (p. 146)

Vous avez bien compris (mais il faut s’y reprendre à deux fois, car le langage est obscur) : mieux vaut obéir aux messages prétendument reçus d’en-haut et qualifiés de divins, que d’obéir à un évêque qui n’est qu’un homme… On est loin du conseil de saint Ignace, évêque d’Antioche, au début du 2° siècle : « Aussi convient-il de marcher d’accord avec la pensée de votre évêque… votre presbyterium justement réputé, digne de Dieu, est accordé à l’évêque comme les cordes à la cithare, ainsi, dans l’accord de vos sentiments et l’harmonie de votre charité, vous chantez Jésus-Christ. »   (St Ignace d’Antioche, Lettre aux Ephésiens, IV). S’il n’y a d’obéissance complète que vis-à-vis de l’infaillibilité, tant pis pour les pauvres communautés religieuses, ou les pauvres prêtres diocésains, qui se leurrent d’obéir qui à leur Abbé, qui à leur Évêque…

 

* « Soyez plus indulgents envers le suicide des jeunes qui souvent n’est qu’une fugue de l’âme. Dieu sait reconnaître la façon dont nous nous envolons comme l’homme de mer reconnaît les oiseaux qui s’élancent vers le grand large… » (T 1 p. 245)

« Dieu veut que votre âme se nourrisse de son corps comme le fruit se nourrit de l’arbre, et qu’elle mûrisse au soleil de la terre le temps qu’il faut. Ne volez pas ou ne désirez pas voler quelques secondes à votre éternité. Mais lorsqu’un de vos enfants a coupé le fil de sa vie, ne le jugez pas, respectez le mystère des départs, volontaires jusqu’à quel point ? Dieu seul (et pas vous !) voit les deux faces de l’être humain. Dieu seul peut donc mesurer le poids d’une vie trop lourde pour une âme trop faible. Et dites-vous bien que dans les Cieux, le suicidé n’est pas un être à part. Aimez-le, aimez-le ! » (T II p.121) (p. 170)

L’indulgence, oui. La vérité aussi : le suicide n’est pas dans la volonté de Dieu, et un péché contre Dieu qui nous donne la vie. Mais il est vrai que lui seul peut juger… Mais, on ne va tout de même pas encourager les oiseaux à se lancer vers « le grand large » par l’acte du suicide. Ou alors on est au niveau des messages subliminaux cryptés dans certaines musiques rock : « kill yourself », « suicide solution »… Vite, volons vers notre éternité. Qu’attendez-vous ?

Et avez-vous remarqué cette inversion notoire : « Dieu veut que notre âme se nourrisse de son corps » ! Stupéfiant comme affirmation, quand l’Église enseigne que l’âme est la forme du corps ! On trouve vraiment des perles…

* « À marteler que l’héritage n’irait que de l’Église aux hommes, on oublie ceux-ci au bénéfice de l’Institution ; or c’est le baptisé qui fait l’Église et non l’inverse… » (T III p. 219) (p. 177)

Et si vous retournez le sablier, pensez-vous que vous allez faire croire que le sable coule vers le haut ?

* Cette image visible du Dieu invisible, Arnaud la définira plus tard en une formule lapidaire d’une grande force : « Dieu est un triptyque dont un panneau s’est peint nos yeux, c’est l’Icône christique. » (T III p. 257) (p. 180)

Toujours cette relativisation de l’Incarnation : le Christ Jésus ne s’est pas peint sous nos yeux, il s’est fait chair…

* « Vous nous appelez vos goélands, il n’appartient qu’à vous de voler le plus haut possible pour nous rejoindre… Nous sommes là, nous, vos ressuscités, pour vous rendre l’inaccessible accessible, l’invisible visible, et pour joindre le ciel et la terre. Nous sommes les pontonniers du ciel qui jetons dans votre direction les premières arches de l’édifice indispensable pour parvenir jusqu’à nous. Le rendez-vous avec nous se produira immanquablement si vous le voulez, mais préparez-le, anticipez-le avec la puissance de l’esprit. » (T II pp. 29 et 101) (p. 199)

Petite (ou grande !) confusion entre Arnaud et le Christ Jésus : lui seul est « l’image du Dieu invisible » (Col 1,15), lui seul est le pontife qui relie la terre au ciel, et qui nous fait dire : « Père, sur la terre comme au ciel… ». Lui seul a dit « Nul ne vient au Père que par moi » (Jn 14, 6). Il nous conduit vers la gloire du Père, et non pas d’abord vers nos chers défunts… « Dieu, personne ne l’a jamais vu ; mais le Fils unique, qui est dans le sein du Père, nous l’a fait connaître » (Jn 1,18).

* « Sortons du champ clos de la foi traditionnelle et, sans cartes ni boussoles, allons au-devant des hommes qui cherchent une réponse à la question capitale : « Qu’est-ce que la mort ? » Quelle réponse profonde trouvent-ils dans ce monde ? Rien !.… Il est indispensable que vous « modernisiez » votre vision de la mort car si vous ne replacez pas le trépas au centre de votre vie, une authentique et profonde spiritualité ne reprendra jamais vigueur, ne redeviendra pas primordiale. En effet, c’est à partir de la mort que toutes les interrogations de 1’homme jaillissent. » (p. 199) « Somme toute, ce ne sera qu’une redécouverte que d’autres civilisations maîtrisaient avant vous. » (p. 200).

Quel tissu de contradictions. S’il ne s’agit que de redécouvrir le trésor des civilisations passées, quelle régression par rapport à la nouveauté de la résurrection du Christ ! En effet, au centre de la vie du chrétien, ce n’est pas le trépas qui prend place, mais le joyeux acte de foi en la résurrection du Christ ! Quant à dire qu’on ne trouve aucune réponse sur le mystère de la mort, cela revient bien à nier la lumière de la Révélation chrétienne… Qu’elle est grande la sagesse d’Arnaud qui veut nous lancer à l’aventure sans cartes ni boussoles!

* Passons sur les explications fumeuses données aux pages 249-250 sur la façon dont les messages qui nous parviennent par Arnaud sont préparés dans les sphères célestes, où l’on voit réapparaître saint Jean, comme dans les écrits gnostiques…

* Néanmoins, il faut admettre que, d’une manière générale, le Nouvel Âge, selon le Père Vemette qui l’a longuement étudié, s’il est sur bien des points un retour au panthéisme, engendre chez ses adeptes, au demeurant non dépourvus d’intuitions cosmiques, la tolérance et des pensées d’amour que bien des chrétiens pourraient lui envier… (p. 175)

Le Nouvel Age est problématique. Toutefois… 

  1. Aspects en rapport avec la personnalité de N. Gourvennec

* Car il y avait en Arnaud un charme, un rayonnement naturel qui en faisait pour toute notre famille un être d’harmonie. On ne discernait jamais dans son comportement la moindre zone d’ombre, au contraire on percevait un jaillissement de son âme limpide ouverte aux autres avec une simplicité et une douceur qui, paradoxalement, se conjuguaient avec une formidable énergie. Nous le ressentions comme un enfant de cristal et notre amour pour lui nous rendait tous meilleurs. Il nous semblait que son intelligence étonnante pouvait tout comprendre, cependant que son cœur pouvait tout aimer. Comment vivre désormais sans cet enfant qui avait tant ensoleillé notre vie familiale ? (pp. 20-21)

L’amour maternel est grand. Mais n’y a-t-il pas une certaine idéalisation d’Arnaud au point d’en faire un être d’exception ? Un saint ? Dans la lecture du livre, je n’ai jamais d’ailleurs remarqué le mot « péché »…

* Et la Vierge est venue ! Difficile de trouver les mots pour décrire ce qui, aujourd’hui encore, vit en moi avec une douceur indicible, comme une perception intérieure et en même temps une vision tangible de résilles d’or illuminant mon Ciel ; oui mon Ciel, car les murs de la chambre avaient disparu, j’étais dans une dimension infinie. Et la Vierge dont la présence était d’une réalité ineffablement puissante me prenait dans ses bras non pas de façon terrestre, mais de manière illimitée et tellement aimante que je sentais une chaleur envahir mon être devenu totalement dégagé de la pesanteur, dulcifié comme si toutes les blessures de souffrance fondaient dans un Amour Maternel tellement vaste que je me sentais toute petite, presque comme un nourrisson. Cela a duré longtemps, ou plutôt hors du temps, cependant que des luminescences m’enveloppaient de leur délectable rets de tendresse. Et je me suis endormie, dans la lumière et la chaleur d’une Protection Maternelle incomparable. (p. 86)

Une telle visitation de la Vierge Marie est décrite par N. Gourvennec comme une régression affective vers l’état de nourrisson… On est vraiment très loin des paroles fermes et fortes de Marie aux enfants de Fatima ou à Bernadette de Lourdes… Qui est venu ?

* Hélas nous nous sentions mal placés pour défendre l’institution ecclésiale, car cette dernière depuis quelques années revenait sur un problème douloureux que l’on aurait pu croire dépassé : l’exclusion de l’Eucharistie pour certains, dont les divorcés remariés. Nous étions concernés à cause d’un mariage de jeunesse que j’avais contracté en toute bonne foi si j’ose dire car cet engagement de mes vingt ans n’avait jamais pris à mes yeux la forme « canonique » d’un mariage avec Dieu. La rupture rapide de cette union, erreur imputable à un manque de maturité, ne signifiait en aucune façon pour moi rupture de lien avec ce Dieu qui m’avait enrobée d’amour dans mon enfance et auquel j’étais restée fidèle au plus profond de mon âme. Il ne m’était ensuite même pas venu à l’idée que mon mariage avec Paul, tellement placé sous le sceau de notre foi commune, pouvait me valoir une sanction de la part d’une Église que j’idéalisais à cause du Père Simon de mes dix ans. Paul, quant à lui, savait à quoi s’en tenir mais par délicatesse d’amour n’a rien dit. En outre, féru d’histoire, il pensait comme beaucoup que l’institution ecclésiale était devenue plus ouverte, sur une question au demeurant délicate, pour elle qui s’était montrée si accommodante pour les grands de ce monde, dont elle faisait et défaisait les unions au gré des nécessités politiques. D’ailleurs c’est seulement au Concile de Trente (1545-1563) que fut officialisé le mariage comme sacrement. (p. 276)

Nicole est divorcée remariée. Je ne juge en rien sa vie. Simplement, je veux souligner combien l’Église issue de Vatican II tient à accueillir les divorcés remariés, tout en maintenant (sauf exception) le point de discipline de l’abstention de la communion eucharistique.

* Christ n’exclut personne, la preuve m’en fut donnée personnellement un jour où nous étions à la messe. L’officiant était un prêtre que nous aimions bien. Son homélie ce jour-là fut particulièrement belle car il rendit compte avec un abandon inhabituel chez lui, de son amour pour le Christ et du choix qu’il avait fait de lui consacrer sa vie. C’est dans un état d’adhésion intérieure à ses paroles que je me suis dirigée vers lui recevoir la communion. Au moment où il allait me la donner un incident se produisit : l’hostie s’échappa, effectua une étonnante parabole et atterrit d’elle-même dans mes mains, à notre grand soulagement car avions bien craint de la voir tomber par terre. Seul Paul qui me suivait avait tout compris de ce qui s’était passé et que Jean Guitton nom « le phénomène de l’hostie volante. Bien évidemment il est facile de trouver un sens à cette anecdote que je dédie à celles et ceux – et ils sont nombreux ! – qui m’ont écrit au fil des ans pour exprimer leurs blessures au sujet de leur situation matrimoniale. Qu’ils se rassurent: les sentences des hommes ne sont pas celles de Dieu. (p. 277)

Je laisse à N. Gourvennec l’interprétation de son incident… Mais où donc est exprimé une seule fois le désir de l’obéissance à l’Église ? Non seulement ici, mais encore dans l’ensemble du livre ?

* « Je suis un messager chrétien et plus vastement, christique. Il m’est donc loisible d’affirmer que les Églises n’ayant pas considéré comme allant de soi l’appropriation du mariage rejoignent mieux cette vérité évangélique : la femme et l’homme indissolublement et originellement unis dans l’Acte Créateur recherchent dans l’amour la trace de l’Image perdue. Dieu seul est leur témoin puisqu’Il est l’AMOUR. À ce « mystère si grand » ne peut répondre la Loi mais le silence des hommes et, si possible, leur bénédiction aimante. » (02/04/2005 – T V à paraître)

Quelle assurance, quelle majesté dans les propos… À moins qu’il ne s’agisse d’orgueil ? Arnaud vient au secours de sa maman… À moins que maman ne collabore de trop près à l’élaboration des messages d’ « Arnaud »… 

Pour conclure la réflexion

J’espère avoir suffisamment aidé le lecteur à se poser la question de l’imposture. L’Ennemi de l’homme a emprunté le prénom d’Arnaud pour mieux continuer à tromper des personnes dans l’épreuve et la souffrance. Peut-être même que M. et Mme Gourvennec sont les premiers abusés dans cette histoire. Mais il faut dénoncer l’imposture, afin d’éviter que d’autres encore ne soient trompés. Aurons-nous la lâcheté de laisser se répandre la conviction que « les morts nous parlent ? », titre d’un livre du Père Brune, compromis dans ces eaux spirites ? Ayons le courage de démasquer l’Imposteur. Encore une fois :  « Ne vous fiez pas à tout esprit, mais Éprouvez les esprits pour voir s’ils viennent de Dieu, car beaucoup de faux prophètes sont venus dans le monde. À ceci reconnaissez l’esprit de Dieu : tout esprit qui confesse Jésus Christ venu dans la chair est de Dieu ; et tout esprit qui ne confesse pas JÉsus n’est pas de Dieu ; c’est là l’esprit de l’Antichrist. Vous avez entendu dire qu’il allait venir ; eh bien ! maintenant, il est déjà dans le monde. » (1 Jean 4,1-3)

« Il faut comprendre que ni les moyens basiques ni les moyens high-tech ne satisfont les esprits du spiritisme. Souvenons-nous que leur but est l’infestation corporelle pour déstructurer l’homme dans son unité corps-âme. Très vite donc, ils proposeront ou imposeront une communication directe, de l’intérieur… (…) Les moyens de communication spirite ne sont en tout cas jamais ceux que Dieu propose : les sacrements, l’oraison… Jamais non plus – et c’est là le discernement le plus simple et radical – un esprit communiquant n’acceptera de confesser la foi catholique en l’incarnation du Verbe, en la résurrection de la chair, au pardon sacramentel des péchés ou en l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, en l’Enfer ou le Purgatoire, ni de se mettre à genoux devant Jésus-Christ Dieu fait homme… » (P. Métais-Fontenel, L’Église au défi du spiritisme, à paraître très prochainement aux Éditions Bénédictines)

 

« Toutes les formes de divination sont à rejeter : recours à Satan ou aux démons, évocation des morts ou d’autres pratiques supposées à tort « dévoiler » l’avenir. La consultation des horoscopes, l’astrologie, la chiromancie, l’interprétation des présages et des sorts, les phénomènes de voyance, le recours aux médiums recèlent une volonté de puissance sur le temps, sur l’histoire et finalement sur les hommes en même temps qu’un désir de se concilier les puissances cachées. Elles sont en contradiction avec l’honneur et le respect, mêlé de crainte aimante, que nous devons à Dieu seul. » (Catéchisme de l’Église Catholique, n° 2115-2118)

 

« On ne trouvera chez toi personne (…) qui interroge les spectres et les devins, qui invoque les morts. Car quiconque fait ces choses est en abomination à Yahvé, ton Dieu ». (Deutéronome, 18,9-14)

 

Des parents communiquent avec leurs enfants décédés

Deux cas de correspondance entre des parents et leur fils décédé sont bien connus dans les milieux chrétiens. Le même moyen de l’écriture automatique est utilisé dans les deux cas, et nous sommes là dans le cadre du spiritisme.

* Nicole (et Paul) Gourvennec ont publié cinq volumes (« Vers le Soleil de Dieu ») d’échanges avec leur fils Arnaud

ainsi qu’un autre livre « Dis-leur Mamoune », dont j’ai fait une recension critique. Dans ce livre, on peut lire à la p. 38 : « Tout à coup, Paul assis en face de moi sur le divan, l’air abasourdi, prononce ces mots incroyables : « Arnaud me dit : Fais une lettre à ma Mamoune ». Aussi surprenant que cela paraisse, je n’ai pas hésité une seconde, réagissant immédiatement : « C’est Arnaud, va écrire ! » Et Paul est parti vers son bureau, calme mais pas du tout convaincu m’a-t-il avoué ensuite. Quelques instants plus tard il revient, tenant un papier où il a transcrit un dialogue de son écriture habituelle, simplement très étirée. Il est toujours aussi paisible et surpris de ce qui lui est arrivé et qui pour moi ne fait aucun doute. » (p. 38).

Et encore : « Il y avait là quelque chose d’extravagant qui dépassait notre entendement car nous savions bien que le corps d’Arnaud avait été déposé dans sa tombe. Comment pouvait-il s’exprimer puisqu’il ne disposait d’aucun support matériel permettant la communication comme dans la T.C.I. (trans-communication instrumentale) ni bien entendu ne bénéficiait d’aucun procédé spirite ? Cependant il était indéniable que Paul recevait bien des messages provenant de la pensée d’Arnaud, quotidiennement au début puis tous les deux ou trois jours, à des moments variables et toujours inattendus. Il écrivait très vite, sans exaltation, égal à lui-même. Tout se passait en quelques minutes, le temps de « prendre la dictée », dans un silence total car rien n’était audible. Pas le moindre élément spectaculaire. »

Si ce type de communication est assimilé avec une relation spirituelle provenant d’un défunt au ciel, on est en pleine confusion. Il s’agit de spiritisme par le moyen de l’écriture automatique ; le Père François Brune qui cherche ce type de communication sur des supports magnétiques se fourvoie tout autant.

« Il faut comprendre que ni les moyens basiques ni les moyens high-tech ne satisfont les esprits du spiritisme. Souvenons-nous que leur but est l’infestation corporelle pour déstructurer l’homme dans son unité corps-âme. Très vite donc, ils proposeront ou imposeront une communication directe, de l’intérieur… […] Les moyens de communication spirite ne sont en tout cas jamais ceux que Dieu propose : les sacrements, l’oraison… Jamais non plus – et c’est là le discernement le plus simple et radical – un esprit communiquant n’acceptera de confesser la foi catholique en l’incarnation du Verbe, en la résurrection de la chair, au pardon sacramentel des péchés ou en l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, en l’Enfer ou le Purgatoire, ni de se mettre à genoux devant Jésus-Christ Dieu fait homme… » (P. Métais-Fontenel, L’Église au défi du spiritisme, Éditions Bénédictines)

« Les communications occultes ont lieu par l’influence bonne ou mauvaise qu’ils exercent sur nous à notre insu ; les communications ostensibles ont lieu au moyen de l’écriture, de la parole ou autres manifestations matérielles, le plus souvent par l’intermédiaire des médiums qui leur servent d’instruments. Les esprits se manifestent spontanément ou sur évocation. » (Allan Kardec, pape du spiritisme)

* Robert et Yvette Cara et leur fils Jean

– Le 13 décembre 1996, Jean meurt d’une hémorragie interne, il avait 43 ans. Par locutions intérieures, il adresse à ses parents des messages d’amour, d’espoir et de bonheur par lesquels il leur demande de prier pour les défunts. Sept volumes ont été publiés à ce jour « Jean Messager de la lumière »…

« Tous les matins, tu me consacreras une heure et demie de ton temps et par ce moyen d’écriture directe, j’aurai l’occasion de te dicter les instructions du Très Haut ». « Ce n’est pas uniquement ma volonté qui agit, mais celle de tous les frères du ciel. » Le père écrit et au fur à mesure, des mots, des phrases sortent de son esprit sous la forme d’une belle écriture bâton, mais cela ne dépend pas de lui. C’est Jean et les frères du ciel qui s’expriment. Le bureau n’existe plus, il ne sent plus son corps, le temps s’efface. Il est comme dans un ravissement le plus complet. Ensuite c’est avec regret qu’il retrouve son corps et son environnement, mais il en est tellement heureux. (Revue Chrétiens Magazine sept 2009).

– Le contenu des messages peut sembler correspondre en gros à la foi en Jésus Christ que l’Église enseigne ! Ceci est un piège du malin qui sait très bien contrefaire la Parole de Dieu, langage qui peut nous leurrer un temps… N’oublions pas que Jésus a été confronté, lors des trois tentations au désert, à cet emploi détourné de la Parole de Dieu.

– Les volumes comportent donc plusieurs erreurs théologiques graves. « Moi, Jean, je vous suis présent et je vous parle… » « Il est permis à certaines âmes de communiquer avec l’au-delà. » « Si on parle des âmes du purgatoire, les gens prendront conscience que l’au-delà est si proche de vous et de cette façon, ils pourront être sauvés » « Par le chemin de la généalogie, vous partez à leur rencontre (ancêtres) pour les laver de leurs péchés. » « Ton esprit instinctivement repousse l’idée de communiquer les messages, mais c’est la seule manière par laquelle nous pouvons œuvrer à la communion des saints. » « Si ces personnes sont adeptes d’un nouvel art de vivre, d’un Nouvel Age qui ne s’embarrasse d’aucune religion, vous avez encore moins à les juger… Le Seigneur vient à leur aide par les nombreuses apparitions et intervention de la Sainte Vierge Marie, mais également en envoyant ses messagers !… réparer les fautes des ancêtres. »

« L’écriture automatique est un procédé utilisé en médiumnité, un esprit utilisant la main du médium pour communiquer avec le monde physique. […] Ce terme désigne en fait le genre d’écriture inconsciente souvent utilisée par les psychologues eux-mêmes comme technique libératoire qui permet de faire émerger rêves, désirs, de l’inconscient. Les psychologues limitent l’écriture automatique à l’alternance des personnalités stratifiées communes à tous, ne se manifestant que sous certaines conditions. Les parapsychologues envisagent avec cette technique l’intervention du paranormal comme effet de la dissociation psychique du sujet introduit dans une nouvelle dimension. Les spirites eux, placent l’écriture automatique parmi les moyens de communication avec des entités désincarnées de différents niveaux moraux ; ceci est contrôlable par l’étude du niveau du message obtenu. Il est certain que le psychologue, le parapsychologue et le spirite ont tous trois de bonnes raisons pour adopter cette méthode. » (encyclopédie Wikipédia)

De nombreuses questions quant à la réception de messages de l’au-delà

Je respecte profondément la grande douleur de tous les parents séparés de l’un de leurs enfants, prématurément arrivé auprès de Dieu ; jamais la compassion de l’Église ne sera trop grande. Cependant, qu’il me soit permis de poser de nombreuses questions quant à la réception de messages de l’au-delà.

Pouvons-nous communiquer avec nos morts ? C’est bien la question posée. Quand il semble que nous recevons des messages de nos disparus sans l’avoir cherché, sans procédé spirite aucun, qui parle à l’autre bout ? En effet, la médiumnité est chose répandue. Des personnes ayant une sensibilité médiumnique et divinatoire peuvent, à l’occasion de la mort d’un de leur proche, être « sollicités » par ce canal, qui n’a rien de surnaturel. Le cas prototype de Roland de Jouvenel, nommé sur le site internet, est avéré comme exemple même de communications spirites, par écriture automatique. Ce procédé est typiquement paranormal et occulte, et n’a rien à voir avec un phénomène surnaturel. Or il semble bien qu’il en aille de même avec « Arnaud ».

Dans le cadre de la révélation et de la religion chrétienne, nous n’avons pas de contact direct avec ceux qui sont morts. Ceux qui meurent entrent dans l’invisible de Dieu ; ils voient Jésus et le Père face à face ; ils sont en présence de tous les vivants qui nous ont précédés. Mais il n’y a pas de communication physique ou psychique entre le monde invisible et le monde visible. Et jamais cette communion ne s’exprimerait à travers la réception de messages écrits par écriture automatique…

S’il y a communication, elle est spirituelle et passe toujours, moyennant notre acte de foi, par Jésus ressuscité. Pouvons-nous prier pour des défunts que nous avons bien connus ? Bien sûr, nous pouvons prier le Père pour eux après leur mort (en passant par Jésus, par exemple en offrant le sacrifice de la messe), et leur obtenir ainsi d’être purifiés plus rapidement de toute racine de péché pour vivre leur éternité totalement dans l’amour de Dieu. Est-ce que des défunts peuvent prier pour nous ? Bien sûr. Ceux qui sont vivants dans l’invisible peuvent prier le Père, en passant par Jésus, de nous accorder telle ou telle grâce, et ainsi nous l’obtenir. Nombreuses sont probablement les grâces que nous avons reçues ainsi.

Mais le désir d’avoir plus de renseignements sur l’au-delà que Jésus ne nous en a donnés est un péché contre la foi et une transgression qui nous met à portée de manipulations d’origine diabolique. L’écriture automatique est un procédé occulte qui n’a rien à voir avec l’inspiration divine. On ne rentre jamais en contact direct avec les morts, mais, dans ce cas, avec des esprits mauvais qui se font passer pour les esprits des morts ; ils sont assez habiles pour « habiller » religieusement leurs affirmations.

Je voudrais simplement en donner des preuves par l’analyse de certains passages du livre de Nicole Gourvennec « Dis-leur, Mamoune. La mère d’Arnaud témoigne ». Il y a beaucoup d’affirmations pieuses et spirituelles dans ce livre. Mais il y a encore plus d’affirmations aux antipodes de la foi de l’Église, et disons-le : occultes et gnostiques. Ce faisant, je ne fais que mettre en œuvre le conseil de saint Jean : « Bien-aimés, ne vous fiez pas à tout esprit, mais Éprouvez les esprits pour voir s’ils viennent de Dieu. » (1 Jn 4,1).

DA

Jean de Dieu, le guérisseur-médium

 Un médium guérisseur attire des milliers de visiteurs vers son centre installé dans une petite ville brésilienne.
On a affaire à un homme qui travaille avec des puissances occultes (et donc diaboliques); c’est soigneusement habillé de religieux, et transformé en buisness lucratif, puissamment médiatisé; c’est diablement efficace si j’ose dire, du moins dans un premier temps; mais une (fausse) « guérison » reçue par ce canal entraîne ensuite des liens occultes qui amènent des perturbations psychiques et spirituelles …

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