Le père Manjackal

Le service diocésain de la Pastorale Nouvelles Croyances et Dérives Sectaires du diocèse de Dijon publie un numéro spécial sur le P. Manjackal.

Il doit prêcher une retraite dans le diocèse d’Albi en novembre 2018 où sont inscrites 1000 personnes.

Au moment même où l’Eglise catholique est interpellée à propos de son cléricalisme, une sacralisation particulière retient notre attention et notre vigilance, à savoir cet engouement de foules souffrantes pour ceux dont elles attendent guérison et délivrance.

Lisez ce numéro et faites-le circuler. Cela fait tant d’années que des responsables de groupes et prière, ou des prêtres délégués diocésains au Renouveau, soulignent les incongruités de ce personnage, que les évêques ont molesté avec molesse… j’allais dire : comme d’habitude.

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Une « pastorale de Medjugorje » ? Observations critiques de M. Hauke

L’hebdomadaire catholique allemand Die Tagespost a publié un entretien de Regina Eining avec le théologien Manfred Hauke. Le professeur Hauke, président de la Deutsche Arbeitsgemeinchaft für Mariologie (Société Allemande d’Études Mariales), reprend efficacement le status questionis de l’histoire des apparitions de Medjugorje. Il défend, en opposition avec l’orientation donnée récemment par la procédure du Vatican, que les réponses pastorales seront données en temps prévu, une fois que la question de l’authenticité du phénomène sera éclaircie. Traduction.

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Professeur Hauke, l’évêque Hoser, le Nouveau Visiteur Apostolique a dit récemment que les pèlerinages à la localité de Medjugorje de Bosnie-Herzégovine sont conformes aux directives du Concile Vatican II. Que ce qu’on déduit de cette affirmation ? Comment devrait-on encadrer l’évènement ?

Le 22 juillet, pendant la première homélie comme Visiteur Apostolique, Monseigneur Hoser a affirmé que la vénération à Marie qui se pratique dans la Paroisse, mettrait le Christ au centre, donc l’enseignement correspondait au Concile Vatican II. Cependant, ce n’est pas du ressort de l’envoyé Papal s’exprimer sur l’authenticité des soit-disant, apparitions Mariales. Continuer la lecture de « Une « pastorale de Medjugorje » ? Observations critiques de M. Hauke »

Le Nouvel Age à l’oeuvre dans l’Église

Pour nombre de catholiques, le Nouvel Âge est une nébuleuse sans lien avec leur univers religieux. Pourtant, le travail documenté de soeur Marie- Ancilla nous conduit à découvrir comment ce puissant courant spirituel est en réalité bien enraciné dans l’Église.

Cette étude sans compromis, appuyée sur les textes du Magistère et sur les Pères de l’Église, met au jour, au fil des pages, la dérive doctrinale qui mine l’Église.

Soeur Marie-Ancilla est moniale dominicaine à Lourdes. Elle est l’auteur de nombreux ouvrages, notamment sur les Pères de l’Église et la spiritualité. Depuis une quinzaine d’années, elle s’intéresse aux nouveaux courants spirituels apparus dans l’Église. Elle a notamment publié Foi et guérison, aux Éditions La Thune, en 2008.

Voir le site des éditions l’Harmattan

Empathie : le danger des mystifications

Empathie : le danger des mystifications. Un article de Serge Tisseron, psychiatre, docteur en psychologie et psychanalyste, chercheur associé habilité à diriger des recherches (HDR) au Centre de Recherche Psychanalyse Médecine et Société à l’université Paris VII Denis Diderot.

Plan : les trois étapes de l’empathie — Les menaces sur l’empathie — Le pouvoir ambigu des TIC — Apprendre l’empathie.

 

L’empathie semble bien placée pour devenir le dernier concept à la mode. Mais pourquoi tant d’engouements ? Parce que nous avons tous envie d’y croire ! Et pour rendre l’empathie encore plus désirable, certains auteurs, comme Jeremy Rifkin, n’hésitent pas à la caricaturer et à la présenter comme une formidable force altruiste. Pourtant, les diverses recherches menées actuellement en neuro physiologie sont formelles : si l’empathie est bien la capacité de percevoir les états mentaux de l’autre, elle n’est pas la tendance à s’en préoccuper. Telle est la première mystification qu’entretient l’ouvrage de Jeremy Rifkin. La seconde est de nous faire croire que les technologies numériques augmenteraient les capacités empathiques de l’humanité. Pour comprendre ces deux mystifications, commençons par définir l’empathie.

1. Les trois étages de l’empathie (figure 1)

Tout d’abord, l’empathie n’est ni la sympathie, ni la compassion ni l’identification. Dans la sympathie, on partage en effet non seulement les mêmes émotions, mais aussi les valeurs, les objectifs et les idéaux de l’autre. C’est ce que signifie le mot « sympathisant ». La compassion, elle, met l’accent sur la souffrance. Elle est inséparable de l’idée d’une victime et du fait de prendre sa défense contre une force hostile, voire une agression humaine. Son principal danger est qu’elle fait peu de place à la réciprocité, et s’accompagne même parfois d’un sentiment de supériorité. Enfin, l’identification n’est que le premier degré de l’empathie, qui en comporte trois.

L’empathie peut en effet être représentée sous la forme d’une pyramide constituée de trois étages superposés, correspondant à des relations de plus en plus riches, partagées avec un nombre de plus en plus réduit de gens (Tisseron S., 2010).

Le premier de ces étages est l’empathie directe (ou unilatérale). Elle correspond à ce qu’on appelle plus couramment identification. On pourrait aussi l’appeler « identifiction », dans la mesure où personne ne peut vraiment se mettre à la place d’autrui. On peut donc la définir plutôt comme la capacité de changer de point de vue sans s’y perdre. Ses bases sont neurophysiologiques et elle est toujours assurée, sauf difficultés liées à l’existence de troubles envahissants du développement (autisme). Elle a deux composantes car elle consiste à la fois à comprendre le point de vue de l’autre (c’est l’empathie cognitive) et ce qu’il ressent (c’est l’empathie émotionnelle). L’empathie apparaît chez le bébé dès la deuxième année, aussitôt qu’il est capable de faire la distinction entre l’autre et lui. Certains auteurs placent cette distinction vers le premier mois (Stern D., 1989). Les animaux aussi en sont capables (De Waal F.), mais l’être humain se caractérise par une exceptionnelle capacité de faire servir ses capacités d’empathie à ses intérêts personnels. La compréhension émotionnelle et cognitive qu’il a de l’autre est alors utilisée pour le manipuler, voire l’éliminer.

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Happycratie, dénonciation de l’injonction au bonheur

Sur le site Figaro Madame

Interview.- Dans leur essai intitulé Happycratie. Comment l’industrie du bonheura pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas dénoncent l’injonction à être heureux quelles que soient les circonstances. Ainsi que sa récupération par les «marchands de bonheur».

Faut-il boycotter le bonheur une bonne fois pour toutes ? Oui, répondent les auteurs de Happycratie. Comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies(1). Dans cet essai critique, la sociologue Eva Illouz et le docteur en psychologie Edgar Cabanas explorent les coulisses de la psychologie positiveet la tyrannie du bonheur que celle-ci nous infligerait. Vendue par des coachs, des livres de développement personnel, des applications de téléphone ou des thérapies, la quête perpétuelle du bonheur ferait surtout celui d’une industrie et d’une vision individualiste de la société. Rencontre avec Edgar Cabanas, coauteur du livre choc de la rentrée.

Lefigaro.fr/madame.-Dans votre livre, vous donnez naissance à un nouveau terme, l’«happycratie». De quoi s’agit-il exactement ?
Edgar Cabanas.-L’happycratie désigne l’injonction sociale et morale de rechercher à tout prix le bonheur personnel et la réalisation de soi dans toutes les sphères de notre vie, et ce par la consommation de «marchandises psychologiques» (des livres, thérapies, applis, coaching, etc., NDLR). Cette injonction permet d’exercer une nouvelle forme de pouvoir dans les entreprises et même dans l’armée. Elle se traduit, dans nos sociétés, par l’apparition de nouvelles stratégies d’influence, par des décisions politiques, et même une nouvelle forme de citoyenneté avec l’apparition de « psytoyens », pour qui la recherche du bonheur est une seconde nature, des obsessions individuelles et la mise en place d’une hiérarchie émotionnelle où les émotions négatives n’ont plus de place. Au travail, ce sont des techniques de management valorisant les employés les plus heureux.

À quoi ressemble le bonheur vendu par ceux que vous appelez «les apôtres de la psychologie positive» ?
Ce bonheur est seulement psychologique : il s’agit de nouvelles façons de s’organiser et d’organiser sa pensée pour apprécier les petites choses de la vie et transformer la pression et les événements négatifs en des opportunités.

Suite de l’interview ici

Un bon exemple de ce conditionnement, ce congrès à Montpellier :

https://www.festival-ecole-de-la-vie.fr/

un beau syncrétisme où le pr Joyeux côtoie le chaman Arnaud Riou…, des mères de famille qui militent pour une école alternative (Laure Reynaud) , la psychologie positive, la CNV, le crudivorisme (Thierry Casasnovas)… La vidéo sur le site commence par quelques mots de Thomas d’Assembourg chantre de la CNV…