Le père Manjackal

Le service diocésain de la Pastorale Nouvelles Croyances et Dérives Sectaires du diocèse de Dijon publie un numéro spécial sur le P. Manjackal.

Il doit prêcher une retraite dans le diocèse d’Albi en novembre 2018 où sont inscrites 1000 personnes.

Au moment même où l’Eglise catholique est interpellée à propos de son cléricalisme, une sacralisation particulière retient notre attention et notre vigilance, à savoir cet engouement de foules souffrantes pour ceux dont elles attendent guérison et délivrance.

Lisez ce numéro et faites-le circuler. Cela fait tant d’années que des responsables de groupes et prière, ou des prêtres délégués diocésains au Renouveau, soulignent les incongruités de ce personnage, que les évêques ont molesté avec molesse… j’allais dire : comme d’habitude.

Télécharger le numéro 37 de Gamaliel21

Une « pastorale de Medjugorje » ? Observations critiques de M. Hauke

L’hebdomadaire catholique allemand Die Tagespost a publié un entretien de Regina Eining avec le théologien Manfred Hauke. Le professeur Hauke, président de la Deutsche Arbeitsgemeinchaft für Mariologie (Société Allemande d’Études Mariales), reprend efficacement le status questionis de l’histoire des apparitions de Medjugorje. Il défend, en opposition avec l’orientation donnée récemment par la procédure du Vatican, que les réponses pastorales seront données en temps prévu, une fois que la question de l’authenticité du phénomène sera éclaircie. Traduction.

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Professeur Hauke, l’évêque Hoser, le Nouveau Visiteur Apostolique a dit récemment que les pèlerinages à la localité de Medjugorje de Bosnie-Herzégovine sont conformes aux directives du Concile Vatican II. Que ce qu’on déduit de cette affirmation ? Comment devrait-on encadrer l’évènement ?

Le 22 juillet, pendant la première homélie comme Visiteur Apostolique, Monseigneur Hoser a affirmé que la vénération à Marie qui se pratique dans la Paroisse, mettrait le Christ au centre, donc l’enseignement correspondait au Concile Vatican II. Cependant, ce n’est pas du ressort de l’envoyé Papal s’exprimer sur l’authenticité des soit-disant, apparitions Mariales.

Lors de l’entretien accordé le 18 août 2018, lui-même avait affirmé que, puisque ce n’était de sa compétence, il n’allait pas s’occuper du contenu des « apparitions ».

Cette séparation entre la vérité et l’attention des âmes, n’est pas satisfaisante : on doit soulever d’abord la question sur l’authenticité et c’est seulement à ce moment-là que la réponse pastorale peut être donnée (y compris l’attention due aux personnes qui visitent Medjugorje).

Pourquoi doit-on soulever d’abord la question à propos de l’authenticité ?

D’après le Concile, les formes de vénération mariale qui doivent être privilégiées sont celles « recommandées par le Magistère de l’Église » (Lumen Gentium, 67). Sans aucun doute, on ne peut être d’accord avec ce paramètre de célébrer, à nouveau, le 5 août prochain, un Festival de la Jeunesse, fondé sur le message que la Mère de Dieu aurait célébré le 5 août 1984 son 2000è anniversaire (si elle était née en l’an 16 av. JC, cela signifierait donc qu’en l’année historique de la naissance de Jésus, c’est-à-dire en 7 av. JC, elle aurait eu neuf ans !). Ce message absurde a été diffusé par le P. Tomislav Vlasic, O.F.M, réduit à l’état laïc en 2009, qui, entre autres, a été accusé par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi d’un douteux mysticisme et d’activités contre le sixième commandement. Que la propre Mère de Dieu, puisse de cette manière suggérer qu’on change la date de la fête liturgique de sa naissance (8 septembre) et en conséquence, qu’on déplace la fête liturgique de l’Immaculée Conception (8 décembre), c’est ridicule.

D’autre part, le Concile Vatican II met clairement l’accent sur la responsabilité de l’Évêque dans son propre Diocèse et sur l’obéissance à son égard de la part de ses fidèles (Lumen Gentium, ch III). L’Ordinaire (l’Évêque) de ce lieu dénonce la mise en place du siège de communautés religieuses à Medjugorje sans autorisation formelle.

Des hommes et des femmes affluent à Medjugorje depuis plus de trente ans. Le leitmotiv des fidèles est la recherche du Christ, affirme Monseigneur Hoser. Est-ce une manière de contourner la question sur l’authenticité des apparitions ? Qui aurait besoin de la publication des résultats des recherches de la Commission si l’Église autorise officiellement l’organisation des pèlerinages ?

La manière actuelle d’aborder le problème devrait être transformée de fond en comble. Tout d’abord, Le Saint-Siège, devrait publier un communiqué sur la base de faits historiques et de clarifications théologiques; il devrait s’exprimer sur le phénomène de soi-disant apparitions; pour cela, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi doit être compétente. C’est seulement plus tard que les questions pastorales devraient être réglées, après la révélation des faits et des scandales sous-jacents au phénomène ; alors ils pourraient alors se résoudre plus facilement.

D’après la volonté du Pape, le Visiteur, garant des âmes des fidèles, doit garantir la stabilité et l’orientation des pèlerins. Pourquoi ce besoin se fait-il jour, étant donné, que la pratique religieuse de la prière et l’administration des sacrements est substantiellement plus intense que dans les autres paroisses ?

Peut-être le besoin d’une orientation fait-elle référence au problème évoqué en août 2017 par Monseigneur Hoser, à propos de cinq paroisses franciscaines en Bosnie. La désobéissance des franciscains à l’Évêque en réalité fait appel à « la Vierge » qui, d’après les déclarations des témoins, s’est opposée, à plusieurs reprises, au transfert de deux aumôniers franciscains, et, à ce propos, a critiqué l’Évêque.

L’Évêque de Mostar-Duvno, Ratko Peric considère que les apparitions manquent complètement de crédibilité, y compris celles de juin 1981, qui ont été jugées positivement par une Commission du Vatican en 2015. Comment analysez-vous cette qualification ? Pourquoi débat-on, et qu’y a-t-il contre l’Évêque Mostar ?

L’Évêque Peric, connaît depuis le début, les événements liés aux « apparitions » dans tous ses détails ; bien sûr, ils ne sont pas connus de grand public. Des informations de presse pas démenties par le Vatican ont affirmé que la Commission Ruini avait jugé authentiques les premières sept apparitions des premiers dix jours. Après cela, l’Evêque a publié des résultats de ses propres recherches (2017). Le résultat correspond aux recherches approfondies réalisées par plusieurs études scientifiques sur les conversations qui ont eu lieu et enregistrées sur une bande magnétique par les franciscains du 27 au 30 juin 1981. Il est évident que la Commission Ruini n’a pas étudié ces conversations, qui à l’époque étaient traduites uniquement en anglais et en français. Tout d’abord, la sélection des premières « sept apparitions » des « premiers dix jours », évoquée par un commissaire, contredit les faits historiques. D’après la narration des faits, pendant les premiers dix jours, il y a eu 17 ou 18 apparitions accompagnées de circonstances extrêmement étranges.

L’oubli de ces faits pour favoriser l’industrie du pèlerinage n’est pas moins grave que le silence qui cache le scandale immoral lié aux « apparitions ».

Ces faits scandaleux sont semblables, de tout point de vue, aux abus qui ont eu lieu au Chili : là-bas, le Saint-Siège est intervenu, uniquement quand la vérité ne pouvait plus être dissimulée, au moment ou la presse laïque a montré de l’intérêt au niveau mondial.

Pour éviter qu’il arrive quelque chose de semblable dans le cas de Medjugorje, il faut avoir le courage de rendre public de nombreux faits incommodants pour l’Église.

Les apparitions de juin de 1981 ont-elles été formellement reconnues avec le rapport de la Commission déjà citée ?

La Commission Ruini a présenté son rapport suite à la demande de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi compétente dans ce cas. Selon l’entretien du Pape du 13 mai 2017, la Congrégation a sollicité par la suite autres expertises et ne partage pas l’opinion de la Commission. Comme c’est de notoriété publique, le Pape François lui-même, au retour de Fatima, a donné son opinion personnelle très négative concernant les « apparitions mariales » de Medjugorje, bien qu’en même temps, il ait écarté le dossier de la Congrégation de la Foi.

Il semblerait qu’on a choisi une solution « pastorale » remplie de profondes contradictions, au détriment de la recherche de la vérité. Ce procédé nuit extrêmement à la crédibilité de l’Église et des apparitions de Marie indubitablement authentiques (Guadalupe, Lourdes, Fatima…).

Original allemand : https://www.die-tagespost.de/kirche-aktuell/online/Hauke-kritisiert-Vatikan-fuer-Umgang-mit-Erscheinungen-in-Medjugorje;art4691,190873

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Voici des traductions en d’autres langues :

INTERVIEW I

-, Interview mit Regina Einig: „Mut zur Aufdeckung“: Die Tagespost, 2. August 2018, S. 9 (https://www.die-tagespost.de/kirche-aktuell/Mut-zur-Aufdeckung;art312,190845)

(vgl. auch: [Redaktion], „Hauke kritisiert Vatikan für Umgang mit Erscheinungen in Medjugorje“: Die Tagespost, online-Ausgabe, 3. August 2018 (https://www.die-tagespost.de/kirche-aktuell/online/Hauke-kritisiert-Vatikan-fuer-Umgang-mit-Erscheinungen-in-Medjugorje;art4691,190873)

-, traduzione italiana dell’intervista: “Una pastorale di Medjugorje? Osservazioni critiche di Manfred Hauke”, Blog “Vigiliae Alexandrinae”, 5 agosto 2018, in

https://vigiliaealexandrinae.blogspot.com/2018/08/una-pastorale-di-medjugorje.html?spref=fb

-, traduzione croata: “Hrabost u otkrivanju istine – intervju s teologom Manfredom Haukeom o Medugorju”: Vjera i djela. Portal katolickih teologa (8.8.2018), in https://www.vjeraidjela.com/hrabrost-u-otkrivanju-istine-intervju-s-teologom-manfredom-haukeom-o-medugorju/

-, English translation: “The Courage to Reveal”: Blog Catholic light, 9 August 2018, in http://catholiclight.stblogs.org/index.php/2018/08/the-courage-to-reveal/

-, Traducción espagnol: “ ¿Una pastoral de Medjugorje? Observaciones críticas de Manfred Hauke”, Corrispondenza romana, 3 settembre 2018, in

https://adelantelafe.com/una-pastoral-de-medjugorje-observaciones-criticas-de-manfred-hauke/

 

 

INTERVIEW II

-,Interview mit Eva Doppelbauer: „Ist das Medjugorje-Phänomen echt? Exklusiv-Interview mit Prof. Dr. Manfred Hauke”, in Gloria TV, 27. August 2018, in

https://gloria.tv/article/Nrhajf2qbFiu1aMNSUVzWeA1V

-, traduzione italiana dell’intervista, a cura di Marco Corvaglia: “Il fenomeno di Medjugorje è autentico? Intervista esclusiva al Prof. Manfred Hauke”, Blog “Vigiliae Alexandrinae”, 31 agosto 2018, in

http://vigiliaealexandrinae.blogspot.com/2018/08/il-fenomeno-di-medjugorje-e-autentico.html, verlinkt von Gloria TV, 31.August 2018,

https://gloria.tv/link/gS6tUHycvxsj3P2mA8ZW6EyZc/replies,

-, English translation, by Richard Chonak: “Is the Medjugorje phenomenon authentic? Exclusive interview with Prof. Manfred Hauke”, August 31, 2018, & introduction “Medjugorje: focus on the first ten days”, in

http://catholiclight.stblogs.org/index.php/2018/08/medjugorje-first-ten-days/,

also Blog “Catholicism Pure & Simple”, August 31, 2018, under the title “Medjugorje: 30 years of Visions or Religious fraud?”, in

https://catholicismpure.wordpress.com/2018/08/31/medjugorje-30-years-of-visions-or-religious-fraud/,

(traductions en espagnol, polonais et croate en préparation)

Le Nouvel Age à l’oeuvre dans l’Église

Pour nombre de catholiques, le Nouvel Âge est une nébuleuse sans lien avec leur univers religieux. Pourtant, le travail documenté de soeur Marie- Ancilla nous conduit à découvrir comment ce puissant courant spirituel est en réalité bien enraciné dans l’Église.

Cette étude sans compromis, appuyée sur les textes du Magistère et sur les Pères de l’Église, met au jour, au fil des pages, la dérive doctrinale qui mine l’Église.

Soeur Marie-Ancilla est moniale dominicaine à Lourdes. Elle est l’auteur de nombreux ouvrages, notamment sur les Pères de l’Église et la spiritualité. Depuis une quinzaine d’années, elle s’intéresse aux nouveaux courants spirituels apparus dans l’Église. Elle a notamment publié Foi et guérison, aux Éditions La Thune, en 2008.

Voir le site des éditions l’Harmattan

Empathie : le danger des mystifications

Empathie : le danger des mystifications. Un article de Serge Tisseron, psychiatre, docteur en psychologie et psychanalyste, chercheur associé habilité à diriger des recherches (HDR) au Centre de Recherche Psychanalyse Médecine et Société à l’université Paris VII Denis Diderot.

Plan : les trois étapes de l’empathie — Les menaces sur l’empathie — Le pouvoir ambigu des TIC — Apprendre l’empathie.

 

L’empathie semble bien placée pour devenir le dernier concept à la mode. Mais pourquoi tant d’engouements ? Parce que nous avons tous envie d’y croire ! Et pour rendre l’empathie encore plus désirable, certains auteurs, comme Jeremy Rifkin, n’hésitent pas à la caricaturer et à la présenter comme une formidable force altruiste. Pourtant, les diverses recherches menées actuellement en neuro physiologie sont formelles : si l’empathie est bien la capacité de percevoir les états mentaux de l’autre, elle n’est pas la tendance à s’en préoccuper. Telle est la première mystification qu’entretient l’ouvrage de Jeremy Rifkin. La seconde est de nous faire croire que les technologies numériques augmenteraient les capacités empathiques de l’humanité. Pour comprendre ces deux mystifications, commençons par définir l’empathie.

1. Les trois étages de l’empathie (figure 1)

Tout d’abord, l’empathie n’est ni la sympathie, ni la compassion ni l’identification. Dans la sympathie, on partage en effet non seulement les mêmes émotions, mais aussi les valeurs, les objectifs et les idéaux de l’autre. C’est ce que signifie le mot « sympathisant ». La compassion, elle, met l’accent sur la souffrance. Elle est inséparable de l’idée d’une victime et du fait de prendre sa défense contre une force hostile, voire une agression humaine. Son principal danger est qu’elle fait peu de place à la réciprocité, et s’accompagne même parfois d’un sentiment de supériorité. Enfin, l’identification n’est que le premier degré de l’empathie, qui en comporte trois.

L’empathie peut en effet être représentée sous la forme d’une pyramide constituée de trois étages superposés, correspondant à des relations de plus en plus riches, partagées avec un nombre de plus en plus réduit de gens (Tisseron S., 2010).

Le premier de ces étages est l’empathie directe (ou unilatérale). Elle correspond à ce qu’on appelle plus couramment identification. On pourrait aussi l’appeler « identifiction », dans la mesure où personne ne peut vraiment se mettre à la place d’autrui. On peut donc la définir plutôt comme la capacité de changer de point de vue sans s’y perdre. Ses bases sont neurophysiologiques et elle est toujours assurée, sauf difficultés liées à l’existence de troubles envahissants du développement (autisme). Elle a deux composantes car elle consiste à la fois à comprendre le point de vue de l’autre (c’est l’empathie cognitive) et ce qu’il ressent (c’est l’empathie émotionnelle). L’empathie apparaît chez le bébé dès la deuxième année, aussitôt qu’il est capable de faire la distinction entre l’autre et lui. Certains auteurs placent cette distinction vers le premier mois (Stern D., 1989). Les animaux aussi en sont capables (De Waal F.), mais l’être humain se caractérise par une exceptionnelle capacité de faire servir ses capacités d’empathie à ses intérêts personnels. La compréhension émotionnelle et cognitive qu’il a de l’autre est alors utilisée pour le manipuler, voire l’éliminer.

Continuer la lecture de « Empathie : le danger des mystifications »

Happycratie, dénonciation de l’injonction au bonheur

Sur le site Figaro Madame

Interview.- Dans leur essai intitulé Happycratie. Comment l’industrie du bonheura pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas dénoncent l’injonction à être heureux quelles que soient les circonstances. Ainsi que sa récupération par les «marchands de bonheur».

Faut-il boycotter le bonheur une bonne fois pour toutes ? Oui, répondent les auteurs de Happycratie. Comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies(1). Dans cet essai critique, la sociologue Eva Illouz et le docteur en psychologie Edgar Cabanas explorent les coulisses de la psychologie positiveet la tyrannie du bonheur que celle-ci nous infligerait. Vendue par des coachs, des livres de développement personnel, des applications de téléphone ou des thérapies, la quête perpétuelle du bonheur ferait surtout celui d’une industrie et d’une vision individualiste de la société. Rencontre avec Edgar Cabanas, coauteur du livre choc de la rentrée.

Lefigaro.fr/madame.-Dans votre livre, vous donnez naissance à un nouveau terme, l’«happycratie». De quoi s’agit-il exactement ?
Edgar Cabanas.-L’happycratie désigne l’injonction sociale et morale de rechercher à tout prix le bonheur personnel et la réalisation de soi dans toutes les sphères de notre vie, et ce par la consommation de «marchandises psychologiques» (des livres, thérapies, applis, coaching, etc., NDLR). Cette injonction permet d’exercer une nouvelle forme de pouvoir dans les entreprises et même dans l’armée. Elle se traduit, dans nos sociétés, par l’apparition de nouvelles stratégies d’influence, par des décisions politiques, et même une nouvelle forme de citoyenneté avec l’apparition de « psytoyens », pour qui la recherche du bonheur est une seconde nature, des obsessions individuelles et la mise en place d’une hiérarchie émotionnelle où les émotions négatives n’ont plus de place. Au travail, ce sont des techniques de management valorisant les employés les plus heureux.

À quoi ressemble le bonheur vendu par ceux que vous appelez «les apôtres de la psychologie positive» ?
Ce bonheur est seulement psychologique : il s’agit de nouvelles façons de s’organiser et d’organiser sa pensée pour apprécier les petites choses de la vie et transformer la pression et les événements négatifs en des opportunités.

Suite de l’interview ici

Un bon exemple de ce conditionnement, ce congrès à Montpellier :

https://www.festival-ecole-de-la-vie.fr/

un beau syncrétisme où le pr Joyeux côtoie le chaman Arnaud Riou…, des mères de famille qui militent pour une école alternative (Laure Reynaud) , la psychologie positive, la CNV, le crudivorisme (Thierry Casasnovas)… La vidéo sur le site commence par quelques mots de Thomas d’Assembourg chantre de la CNV…

Le contrôle mental (MK Ultra)

2nd épisode de la serie « APPRENEZ À VOIR » : apprendre à identifier et décoder les nombreux symboles dont nous sommes bombardés légalement dans les clips, les films, les pubs et qui représentent un réel DANGER pour notre esprit et ce, dès le plus jeune âge.

Étude de la Psychologue et Neuroscientifique (PhD) Annett Schirmer disponible sur mon drive public: https://drive.google.com/folderview?i…

EPISODE 1: https://www.youtube.com/watch?v=Kh-GH… Au sommaire de la série: découverte du milieu occulte des célébrités, cours intensif sur le programme de Controle Mental MK ULTRA ainsi que ses conséquences sur notre esprit et décryptages réguliers de nombreuses vidéos d’actualité.

L’objectif de cette série : vous sortir définitivement de cette hypnose dont vous n’avez même pas conscience.

CHAÎNE D’ALEXANDRE LEBRETON: https://www.youtube.com/channel/UCWc3…

MK ULTRA – ABUS RITUELS (LIVRE) : https://www.amazon.fr/Mk-Abus-Rituels…

La communication NonViolente

La Communication NonViolente (CNV) a été conceptualisée par un américain d’origine juive, Marshall B. Rosenberg (1934- 2015) docteur en psychologie. Le fondement de la CNV repose sur quatre piliers dits OSBD : Observation, Sentiment, Besoin, Demande. Rosenberg a été l’élève de Carl Rogers dont il adopté puis adapté les principes d’empathie et de non-directivité ; il s’inspire des recherches d’Abraham Maslow théoricien des notions de besoins humains. Gandhi apparaît comme l’emblème iconique de la non-violence pour justifier et asseoir le sérieux des références de la CNV.[1]

Il faut bien écrire Communication NonViolente, car c’est une marque déposée aux États-Unis. L’altruisme prôné par le concept ne doit pas oublier le côté business. Le cursus de formation de base, pour être certifié praticien CNV, est de 78 jours sur trois ans et revient environ à 15000 euros soit 200 euros la journée de formation, soit environ 30 euros de l’heure sans compter les frais annexes… Cette formation est ouverte à tous, ayant eu déjà une vingtaine de jours d’initiations avec un praticien habilité. Aucun diplôme ni examen préalable n’est nécessaire.

Il est toujours important de comprendre les fondements d’une méthode ou d’un concept.

Deux personnes

Carl Ransom Rogers (1902-1987)

Psychologue humaniste américain, connu internationalement, pour son approche non directive dans le domaine de la psychothérapie, de la médiation et de la relation d’aide. Il a insisté sur l’importance de la qualité de la relation entre le thérapeute et le patient. Il redéfinit trois attitudes fondamentales du psychothérapeute ou de l’aidant : l’empathie, la congruence et la considération positive inconditionnelle. Pour Rogers la relation thérapeutique ne repose pas sur des concepts à appliquer, mais sur un savoir-être.

L’empathie. Le thérapeute est à l’écoute bienveillante, sans jamais prendre position, des messages verbaux de son client. Rogers n’utilise pas le terme « patient », mais celui de « client », afin de ne pas être dans un diagnostic préalable à la relation. L’aidant incite seulement à la répétition ou la reformulation de ce qui est dit. Le thérapeute doit toujours se déplacer pour comprendre les situations selon les cadres de référence de son client.

La congruence. Le thérapeute ne doit jamais oublier qu’il est une personne à l’écoute d’une autre personne et non un expert ou un conseiller. La congruence rogérienne est un appel à la cohérence entre l’expérience, le ressenti et l’analyse que l’on en fait, pour mieux agir.

La considération positive inconditionnelle. Le client est accepté tel qu’il est dans un climat chaleureux, toujours positif et sans jugement.

Rogers a inspiré en France les courants de pédagogie non directive.

Parmi ses livres, s’il ne fallait en retenir qu’un pour approcher sa pensée, ce serait Le développement de la personne, Dunod, 2005, 270 p. 

Abraham Harold Maslow, (1908-1970)

Psychologue américain, il est considéré comme le fondateur de l’approche humaniste. Théoricien des motivations « supérieures » de l’homme par la hiérarchie des besoins, à la recherche de l’accomplissement de soi, représentée de manière simplifiée sous la forme d’une pyramide.

Cette hiérarchie des besoins signifie que l’homme n’atteint le plein développement de sa personne que s’il est satisfait sur tous les plans : physiologie, sécurité, amour, estime et accomplissement de soi. Maslow estimait que lorsque les besoins élémentaires (physiologiques et de sécurité) sont satisfaits, la personne peut chercher à satisfaire des besoins d’ordre supérieur et retrouver ainsi d’autres motivations.

Puis il s’intéressa aux expériences mystiques, aux états de plénitude, aux expériences paroxystiques, en fait paranormales. Il devient alors, un représentant emblématique de la psychologie transpersonnelle, étudiant les états de conscience modifiée ou exceptionnelle, que d’aucuns appelleraient parapsychologie, aux confins de phénomènes occultes.

Vers la fin de sa vie, Maslow va identifier un nouveau besoin motivationnel qu’il nommera dépassement de soi (self-transcendence). Il constata que l’être humain pleinement développé et épanoui était motivé par des valeurs qui transcendent sa personne ; découvrant l’altruisme et une communion plus large avec les autres hommes, en mettant de côté ses propres besoins, il s’engage pour servir. Maslow d’origine juive, découvre-t-il alors ce qu’est la charité chrétienne ?

Trois finalités du concept CNV

Se libérer des contraintes des conditionnements culturels, pour vivre sa vie. En fait, c’est arriver à ne plus porter de jugement sur les personnes et sur les actes en termes de vrai ou de faux.

Se mettre en cohérence avec soi-même et autrui à partir de ce que je ressens. En fait, c’est prendre conscience des besoins et des sentiments qui nous habitent et en tenir compte avant tout.

Se structurer pour renforcer cette cohérence. En fait, après avoir reconnu ses besoins et ses sentiments « selon son cœur », une générosité aussi spontanée que volontaire doit nous habiter, sans s’appuyer sur des obligations morales ou légales. Partant du postulat que la nature profonde des hommes les porte à « aimer, donner, et recevoir dans un esprit de bienveillance ». C’est le même principe idéologique que celui de Rousseau « L’homme est bon par nature, c’est la société qui le pervertit ». Pour être libre, il faut redécouvrir le bon sauvage en nous, naturel et sans lois coercitives.

Le concept CNV se veut politique en mettant en place des structures gouvernementales et sociales qui respectent ces préceptes, qui, rappelons-le, sont labélisés…

Quatre étapes appelées selon leurs initiales OSBD

O : Observation. Décrire la situation en termes d’observations partageables, de faits concrets, vécus. La CNV ne prend pas position sur ce qui pourrait fâcher, ou tout simplement sur ce qu’est la réalité objective. Puisque toute situation ne doit être prise en compte que selon la sensibilité et l’émotion, le vrai et le faux deviennent uniquement relatifs à ce que je perçois.

S : Sentiments et attitudes.Exprimer les sentiments et attitudes tels que je les vis. Aucun jugement ne doit être émis. La simple écoute bienveillante et empathique confirme la justesse des ressentis.

B : Besoin de clarifier le ou les besoins. Tout est centré sur soi. Il n’y a pas de contestations de ces besoins, pas de réflexions ni morales ni légales.

D : Demande, en respectant les critères suivants : réalisable, concrète, précise et formulée positivement, à mettre en œuvre aussi rapidement que possible, et… négociable. Si cette demande n’est pas légitime ni recevable, que se passe-t-il ?

Il est précisé que ces concepts ne sont pas des règles à suivre, mais des aides ou des repères qui aident à la communication.Ainsi l’ordre OSBD est interchangeable en fonction des situations et des personnes. Selon la CNV, les ressentis sont légitimes et peuvent être exprimés ; cependant l’important est de les distinguer des observations objectives et de préciser que c’est ce que nous imaginons. Il n’est pas précisé ce que serait une observation objective, car les critères de cette objectivité ne sont pas définis et confrontés à des principes légaux ou moraux qui eux sont bien établis. Toute évaluation et tout jugement sont à proscrire, car l’interlocuteur se réfugierait dans le renforcement de ses défenses. Tout étant fluctuant, il ne faut rien figer par des évaluations ou des positions fermes.

Cependant la CNV propose quelques conseils de bon sens et d’attention à soi-même et aux autres. Par exemple, si l’on dit à quelqu’un qu’on se sent ignoré par lui parce qu’il ne nous a pas dit bonjour, on ne décrit pas nos sentiments, mais notre interprétation de son comportement. Ce que nous ressentons peut ici être de la tristesse ou de la frustration. De même, certaines expressions cultivent la confusion entre sentiment et jugement.

Autre exemple, « j’ai le sentiment que tu ne m’aimes pas » n’est pas un sentiment, mais un jugement : on interprète le comportement de l’autre. De manière générale, à chaque fois qu’intervient le mot « tu » dans une phrase, la probabilité est très forte qu’il s’agisse d’un jugement et non d’un sentiment.

Il faut être conscient et attentif à la peur de communiquer, sur ce que l’on considère comme intime par pudeur, par peur d’être jugé, qui devient un obstacle à une juste relation.

Rosenberg distingue « demande » et « exigence« .Les demandes formulées ou perçues comme des exigences sont difficilement recevables, car elles seraient dominatrices et entraîneraient une soumission. Il précise que les demandes exprimées sur un mode autoritaire ou contenant des termes qui expriment l’obligation (« il faut », « on doit », « c’est comme ça », verbe à l’impératif, etc.) sont des exigences. L’attitude, les mimiques, le ton, tout ce qui fait la communication non verbale sont à prendre en considération dans des demandes qui peuvent être reçues comme des exigences.

Les besoins. Marshall Rosenberg les définit ainsi : « Les besoins sont des manifestations de la vie ». Il les considère comme des cadeaux « beaux et précieux »[2]. L’expression de ces besoins est un fondement de la CNV ; en voici la liste non exhaustive, selon le Centre de la Communication NonViolente. Besoins physiologiques, bien-être physique ; Sécurité ; Empathie, compréhension ; Créativité ; Amour, intimité ; Jeu, distraction ; Repos, détente, récupération ; Autonomie ; Sens, spiritualité.

Si la spiritualité peut être entendue dans la CNV, elle n’est jamais définie. Dans un syncrétisme indifférencié, tout sert à justifier la CNV citant : Gandhi, Krishnamurti, l’évangéliste Matthieu, Martin Buber, ou Teilhard de Chardin. Comme si toutes ces cultures et spiritualités ne pouvaient être que compatibles et sans contradiction. Ainsi comme la CNV est ouverte à tout et à tous, elle ne peut générer aucun conflit…

La CNV fait partie de ces méthodes globales tout-en-un, un trousseau de clés bien pratique, s’adaptant à toutes les portes, et qui vous balise le terrain à votre place. C’est rassurant !

Critiques et discernement

Avec une certaine dose d’humour, la méthode est présentée par le quotidien La Libre Belgique de la façon suivante : « Ne dites plus : « Tu ne m’écoutes jamais ! », dites : « Lorsque je parle, pourrais-tu avoir l’élan d’attendre que j’aie fini avant de prendre la parole à ton tour pour répondre ainsi à mon besoin d’expression ? »[3]

La CNV, comme bon nombre de ces méthodes qui surgissent dans le marché du bien-être et du développement personnel, a un but lucratif. Maslow découvrit à la fin de sa vie, un besoin supérieur, libre et volontaire : l’importance de se donner aux autres gratuitement.

Faut-il se sentir complètement compris, et avoir satisfait tous ses besoins pour commencer à aimer Dieu et son prochain, comme nous y invite le Christ ? Il ne s’agit pas alors de commencer par s’aimer soi-même ou de demander à nos proches de nous aimer comme nous le souhaiterions. N’est-ce pas pour les chrétiens, en respectant un chemin de vie, d’avancer avec comme premier commandement d’aimer Dieu de tout son cœur, de toutes ses pensées et de toutes ses forces, et en second, d’aimer son prochain ? C’est alors que l’on découvre avec paix et joie que c’est la meilleure manière de s’aimer soi-même et d’être heureux selon le bonheur promis dans les Béatitudes.

Que Ta volonté soit faite et non la mienne, avons-nous appris du Christ dans le Notre Père.

Bertran Chaudet

[1]Marshall B. Rosenberg. Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) – Introduction à la Communication NonViolente– Éditions La Découverte, 1999, 2004.uvence, 2003.

[2]Dénouer les conflits par la Communication NonViolente, éd. Jouvence, 2006, p. 41

[3]Source Wikipédia, article CNV.

Yoga et foi chrétienne

La pénétration de stages inspirés du Yoga dans les Centres Spirituels chrétiens est une réalité qui pose question.

Voici par exemple le compte rendu d’un stage « Yoga, souffle, sons, couleurs », en Savoie (2011).

« Telles les douze notes chromatiques, c’est une équipe fantastique qui s’est constituée à Notre-Dame de Myans, la deuxième semaine de juillet, pour pratiquer le matin le yoga-nidra, au rythme de chacun en particulier, et découvrir, à travers les postures, les possibilités de chaque créature ! Clôturant la matinée, un temps de méditation guidée conduit vers les profondeurs de l’individualité ! Ouvrant l’après-midi, une carte de couleur choisie, révèle les différentes facettes de la personnalité ! Prolongeant, une séance sonore agrémentée de jeux, de joie et de rires, où chacun fait ce qu’il peut, pour admirablement s’en sortir ! Le tout dans l’harmonie construite jour après jour, dévoilant l’Infini de l’Éternel Présent Amour… »

> Mais nous pourrions regarder tout aussi bien dans notre Sarthe, et écouter les CD « Chemins d’oraison » proposés par une Association dans la Sarthe. On constaterait aisément une importance centrale, omniprésente, donnée à la conscience du corps, à la posture, à la respiration, à la détente, à la relaxation corporelle ; cette insistance prégnante est quasiment obsessionnelle jusqu’à saturation… Une affirmation comme celle-ci : « la présence à Dieu commence par la présence au corps » résume bien cette fixation univoque sur le ressenti de chacun des organes allant jusqu’à l’induction de sensations corporelles… « Choisir de s’appuyer sur la sensation du corps et de la respiration est un choix toujours à recommencer si l’on veut parvenir à prier de tout son être », est une autre phrase emblématique de tout le contenu. On serait tenté de discerner une vie spirituelle à l’envers : le corps chemin vers l’âme, la maîtrise du corps vecteur de la progression spirituelle…

Certaines allusions à des pratiques yogiques sont sans doute l’expression de tout un vécu de yoga sous-jacent, chez les enseignants, et qui est comme la « quille » immergée du bateau qui navigue au fil de la méditation… Le nom de Jésus est chanté à diverses reprises, soit en hébreu de façon assez harmonieuse, soit en français d’une voix grave et monocorde, évoquant dans ce deuxième cas la vibration d’un mantra. Le Seigneur Jésus est-il au centre de la démarche ? Celle-ci ressemble à une tentative de présenter un yoga « déshindouïsé » et habillé de concepts de relaxation ainsi que de vêtements chrétiens… Subtile dérive qui risque de conduire à une régression…

Le cheminement méditatif est parsemé de conseils de bon sens (assez volontaristes à l’impératif), et de spiritualité classique (l’abandon, la confiance, la simplicité). Mais une place excessive est donnée à la perception de la sensation pure, manière Vittoz, au détriment complet de la tradition carmélitaine, experte en matière d’oraison, dont on se demande vraiment où la trouver ici. Le mot « oraison » semble donc dévoyé dans ce contexte. Il nous faut donc aller plus loin dans la compréhension de spécificités propres au Yoga, et à la méditation chrétienne.

Le yoga

Compilé par F Despert, Tours, mai 2011.

1. L’origine du Yoga

Le yoga classique indien provient d’un texte attribué à Patanjali dont on connaît peu de chose. Il aurait vécu au Pendjab au IVe siècle avant notre ère. Ce texte est une collection de maximes écrites en sanscrit du nom de yoga-Sûtras (« aphorismes sur le yoga »). Ces courtes phrases sont difficilement compréhensibles ; elles sont mémorisées par l’étudiant, puis commentées par des spécialistes dans les ashrams. Patanjali enseignait le Râja-yoga (yoga royal). le terme yoga (litt. « joug », « attelage ») évoque la recherche de l’union entre le soi (atman) et l’Absolu (brahman).

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Peut-on dissocier le Yoga de sa visée spirituelle ?

1. Extrait du livre du Père J.M. Verlinde : l’expérience interdite, p 138 :

«- Vous semblez affirmer que l’on ne peut séparer les techniques du yoga de l’horizon hindouiste auxquelles elles appartiennent.  – C’est exact. Je me souviens du sourire amusé du gourou devant les motivations invoquées par les Occidentaux pour pratiquer le yoga : relaxation, détente, maîtrise, etc. Il répondait en substance : « Vous êtes étonnants : vous pratiquez ces techniques sacrées pour des effets périphériques auxquels nous n’attachons aucune importance, et ne portez qu’une moindre attention aux transformations profondes qu’elles induisent en vous !… » et il haussait les épaules d’un air de dire : Qu’à cela ne tienne, votre ignorance ou votre manque d’intérêt pour ces effets profonds n’empêchent pas les techniques de produire en vous ce pour quoi elle sont conçues… »  

2. Extraits du livre de Jean Déchanet, moine bénédictin, Le yoga en dix leçons :

« Il faut savoir que le Yoga, les postures, mais surtout les exercices de respiration contrôlée développent mécaniquement une grande énergie. Et je vais vous étonner en affirmant bien haut ici qu’en ce sens il est dangereux… » et plus loin … «couper le Yoga de sa visée spirituelle, c’est renier ses origines religieuses ; c’est surtout courir le risque, le gros risque de retourner contre soi les énergies qu’il doit libérer ».

J. Déchanet cite S. Yesudian, lui aussi un grand nom du yoga : « Tous les exercices yogiques, que nous le voulions ou non, tendent à éveiller ces centres nerveux (chakras) et à nous mettre en possession de facultés généralement insoupçonnées… » « Qu’un yogi chrétien se découvre un jour plus intuitif, plus clairvoyant… et même qu’il expérimente, en passant, quelque pouvoir paranormal (j’ai noté pour ma part, de curieux, très curieux pressentiments, des espèces de prémonitions), il n’y a là rien qui soit de nature à inquiéter. Qu’il se complaise dans ces « effets » ou ces « à-côtés » du yoga, qu’il les désire intensément, et qu’il en fasse comme le but de ses pratiques, c’est autre chose. Viciée dans sa racine, sa visée ne peut aboutir qu’au plus vil désenchantement ».

3. L’expression « Yoga chrétien » est-elle contradictoire ?

En orient, le Karma, l’enchaînement des vies, la réincarnation, est vécue comme une sorte de malédiction. Le yoga, par l’exercice de postures et la maîtrise du souffle, permet d’en sortir. Il fait parvenir à des états modifiés de conscience, et au « plongeon » dans l’énergie cosmique. Autrement dit, par une technique longuement mise en œuvre, on se fait « sauter » dans l’Un… C’est une sorte d’échappatoire à la force du poignet.

Rien à voir avec l’accueil de la miséricorde du Père obtenue par l’acte rédempteur de Jésus (sa mort sur la croix, sa résurrection, et le don de l’Esprit Saint), qui me fait entrer dans la vie éternelle dès maintenant et la promesse de la résurrection dans la gloire divine.

Aucun besoin de postures, ni de maîtrise du souffle, pour prier chrétiennement : il s’agit de laisser l’Esprit de Dieu nous entraîner à une communion de cœur avec Jésus et avec son Père. Rien à voir avec « faire le vide ». Ni avec l’ouverture des chakras ou la montée de la kundalini…

La grande tradition mystique de l’Église, représentée au premier plan par les grands maîtres du Carmel, Saint Jean de la Croix, Sainte Thérèse d’Avila, mais aussi Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, nous propose de « faire oraison », d’entrer dans la « contemplation »… Ils ont déjà balisé le cheminement : voir la « Montée du Carmel » de Jean de la Croix, et le « Château Intérieur » de Thérèse d’Avila… Voyez par exemple le site http://www.carmel.asso.fr/

Chercher à s’appuyer d’abord sur la sensation du corps et la respiration, fait dériver, imperceptiblement, vers une vie spirituelle à l’envers : le corps chemin vers l’âme, la maîtrise du corps vecteur de la progression spirituelle… ! Le résultat est périlleux ; le Christ Jésus, de la place centrale qu’il occupe dans la perspective chrétienne, devient généralement tout-à-fait marginal, au profit de la réalisation de soi…

4. Le yoga peut-il aider à prier ? L’avis du Père Joseph-Marie Verlinde Famille Chrétienne 1249 — 22/12/2001

Yoga, méditation transcendantale, zen — les techniques de méditation orientales sont très séduisantes. Elles constituent de puissants moyens de nous retirer du monde extérieur, désinvolte et changeant, pour nous recentrer sur notre intériorité, dont nous avons tous la nostalgie. Je le sais pour les avoir moi-même pratiquées pendant plusieurs années.

Au départ, la démarche est la même que dans la prière chrétienne : il y a une volonté de rompre avec une vie superficielle, dispersée, très décevante, pour rentrer en soi. Dans les deux cas, il y a une grande soif d’Absolu.

Mais dès le début de ce chemin intérieur, les routes divergent : dans les techniques orientales, il s’agit de rentrer de plus en plus en soi, par ses propres forces, jusqu’à atteindre une sorte de fusion dans le Tout, une sensation d’exister très intense ; dans cette expérience, il n’y a aucune place pour l’autre : je suis de plus en plus centré sur moi et sur moi seul.

Tout au contraire, la prière chrétienne est rencontre de l’Autre, de Dieu qui vient vers moi. Je rentre en moi-même, mais c’est pour me disposer à y recevoir ce que le Seigneur veut me donner.

C’est toute la différence entre une mystique naturelle, qui ne s’appuie que sur des moyens naturels et me laisse seul avec moi-même, et une mystique surnaturelle, qui me tourne vers Dieu, un Dieu personnel qui se donne à moi dans un dialogue d’amour. Dans les techniques orientales, c’est moi qui suis le maître de ma vie intérieure ; dans la prière chrétienne, c’est Dieu : j’accepte de m’en remettre à Lui et de Le laisser me conduire jusqu’à Lui.

De plus, les techniques orientales visent à une dissolution du moi dans le grand Tout, alors que la relation avec le Christ respecte mon altérité : la prière chrétienne est une communion, pas une fusion.

Bien sûr les techniques qui relèvent d’une mystique naturelle — telles que les techniques de méditation orientales — peuvent conduire à des expériences très fortes… mais cela n’a rien à voir avec la paix surnaturelle de l’Esprit Saint.

Le risque est grand de confondre la sérénité produite par certains exercices respiratoires, certaines postures, avec la présence authentique de l’Esprit Saint.

Neuf manières de prier avec son corps à la manière de saint Dominique

Entretien avec Sœur Catherine Aubin, o.p. (16 mars 2005, ZENIT. org), religieuse dominicaine, auteur d’un ouvrage intitulé « Prier avec son corps à la manière de saint Dominique » (Editions du Cerf, Paris, en 2005)

Licenciée en psychologie et docteur en théologie, sœur Catherine Aubin est entrée chez les sœurs dominicaines en 1984. Après cinq années de vie et de ministère dans la communauté saint Leu-Saint Gilles, rue saint Denis à Paris, et des études de théologie, elle est actuellement professeur de théologie sacramentaire et de théologie spirituelle à l’institut pontifical Regina Mundi, à l’institut de théologie de la Vie Consacrée Claretianum et à l’université pontificale saint Thomas d’Aquin Angelicum à Rome.

Comment est née l’idée d’un tel ouvrage ?

Pendant 10 ans, j’ai vécu rue saint Denis à Paris où notre communauté de sœurs dominicaines étaient implantée. Et là j’ai rencontré des personnes en quête d’unité intérieure et de paix qui pratiquaient des techniques ou des exercices corporels tels que le zen, la méditation transcendantale ou autres. De mon côté je découvrais comme jeune religieuse la spiritualité dominicaine et je venais d’avoir « un vrai coup de foudre » pour les 9 manières corporelles de prier de saint Dominique. La rencontre de ces événements a donné naissance à ce livre dont un des messages est justement de dire à ceux qui pratiquent des techniques : « nous aussi dans la tradition catholique, nous avons une pédagogie de la prière avec le corps qui peut vous combler dans votre recherche ».

Qu’est-ce que vous entendez exactement par « prier avec son corps » ?

Quand on aime, on le manifeste avec des gestes, salutations, sourires etc. Il en est de même pour la prière. Devant moi, en moi, je suis habitée par une Présence celle du Christ vivant, alors comment vais-je lui montrer mon attachement sinon par des attitudes ? Dans ce livre le maître est saint Dominique, en effet sa prière était tellement fascinante que ses premiers frères ont transcris ce qu’il disait et ce qu’il faisait avec neuf images qui le représente en train de prier. Chaque attitude corporelle correspond à une attitude spirituelle et permet à celle-ci de se déployer : les gestes donnent figure à ce qui est caché et illustrent les mouvements du cœur. Par exemple au geste de l’inclination correspond l’humilité, à l’agenouillement la confiance.

Pouvez-vous nous expliquer quelles sont ces neuf manières de prier ?

La première manière de prier est l’inclination, saint Dominique s’humilie devant l’autel où le Christ est vivant sur la croix et de son côté jaillit du sang pour dire qu’Il nous communique sa vie. Toutes les images se passent devant ce Christ. La disposition intérieure de Dominique est l’humilité du cœur.

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