Libérée des rituels tantriques (2)

Suite du premier article Médiumnité et bouddhisme tibétain (1)

Le chemin de libération a commencé le jour où j’ai compris que je n’étais pas libre et que j’étais soumise à des esprits, des démons par le biais de rituels tantriques. Ces rituels auxquels j’avais été profondément initiée pendant des années, soit dix ans, dans le but de me libérer avaient en fait contribué à développer mes pouvoirs de médiumnité et de guérison occultes.

L’entrée dans le combat spirituel

L’entrée dans le combat spirituel par la prière et la confession, rapidement suivi du renoncement à ces pouvoirs devant le Saint-Sacrement dans l’église de ma paroisse a rapidement provoqué la perte des perceptions médiumniques et des pouvoirs de guérison. Je ne « voyais plus ces esprits, ces démons ». Si cela a été un grand soulagement, en revanche, perdre les perceptions positives de reconnexion à la nature, d’impression de « se fondre dans un grand tout » ou encore les impressions de se « shooter » dans les lieux « bien chargés » en se gavant jusqu’à l’indigestion de cette « énergie positive » a été un passage très délicat. J’étais littéralement droguée aux sensations, addicte aux émotions positives, boulimique de fusion dans « le grand tout ». J’étais atteinte d’une sorte de « maladie de la gloutonnerie sensorielle ».

Sans tout cela, le monde m’apparut brutalement bien plus « plat ». Il n’y avait plus cette « double dimension ». Il « ne se passait plus rien ». Je n’avais plus « ces montagnes russes émotionnelles » causées par ces alternances non maîtrisées dont j’étais victime, de « perceptions terrorisantes » et de « perceptions euphorisantes ». Je n’étais plus le « jouet » soumis au bon vouloir des esprits. Le monde me parut bien « calme » et ce constat me plongea dans une sorte de dépression et de nostalgie de « ce temps où je pouvais percevoir et me gaver du positif sans limite ». Je n’étais plus « une sorte de pile humaine » qui avait besoin de la nature ou de lieux « chargés de bonnes ondes » pour se recharger elle-même. Cela changea profondément mon rapport à moi-même mais aussi au monde et aux autres bien entendu.

Cette étape a coïncidé avec le déferlement d’attaques nocturnes durant lesquelles, ses esprits que je « ne voyais plus » me touchaient, me frôlaient, me secouaient violemment me tirant sans cesse de mon sommeil. Puis ont commencé à apparaître des bruits dans ma maison, toujours la nuit. C’était toujours le même scénario. Je pouvais dormir jusque vers 3h00 ou 3h30 du matin. Puis ils me secouaient très fort. Le matelas de mon lit me donnait l’impression de subir un tremblement de terre. Ils me réveillaient. Puis les murs commençaient à craquer de toutes parts. J’avais l’impression qu’ils arrivaient en masse. Je me disais « Merde les voilà… L’armée arrive… ». J’étais terrorisée. Puis ils se mettaient à frapper dans mes murs, les meubles, le plafond, partout… Toujours deux coups, frappés très forts, toujours de la même manière. Ce « toc toc » rythmait mes nuits… Arrivéee à ce stade, ils me tourmentaient ainsi durant 3h à 5 h. Autant dire que je ne dormais plus… J’essayais de prier, cela les tenait tranquille quelques minutes mais ils recommençaient aussitôt ensuite. Ils m’épuisaient par la terreur et le manque de sommeil qu’ils m’infligeaient. Ils essayaient de m’avoir à l’usure, c’est ce que je me disais…

Cet enfer dura trois semaines, jusqu’à ce que je prenne rendez-vous avec le prêtre exorciste de mon diocèse pour une prière de délivrance. Avec le recul je me rends compte que j’aurai dû prendre ce rendez-vous plus tôt. Mais j’avais honte de raconter tout ça et très peur aussi, de ce qu’on « allait me faire », de ce qui allait se passer…

À ce moment-là, il n’y avait plus beaucoup de place pour le combat spirituel, j’étais trop prise et j’étais épuisée. C’était juste essayer de trouver de l’aide. C’est tout ce que je pouvais encore faire. De toute façon le jour de cette prière de délivrance, j’étais au bout de mes forces physiques, mentales et spirituelles… Je me souviens que lorsque le prêtre m’a demandé de me mettre à genoux auprès de lui, les esprits m’ont hurlé dans les oreilles « Il te prend pour de la merde ! non ! non ! Pousse-le ! Mais pousse-le ! ». Je me souviens avoir fait un dernier effort pour bouger de mon fauteuil et être tombée à genoux devant le Croix du Christ (c’est ce que j’ai vécu dans mon cœur), m’en remettre à lui totalement car je ne pouvais plus, je n’avais plus aucune force…

À partir de là, je me souviens qu’ils avaient peur et qu’ils me serraient le cou pour m’étrangler, j’avais très mal… Je me souviens aussi avoir fait des efforts démesurés pour maîtriser mon corps (ne pas me relever et fuir) et mes gestes (ne pas céder aux hurlements et aux ordres des démons et repousser le prêtre). Ensuite je ne me souviens pas. Les esprits/démons m’ont rendue sourde et je ne pouvais plus entendre le prêtre. Puis juste avant la fin, j’ai retrouvé mes « oreilles » et la paix. J’étais épuisée et de retour chez moi, je me suis endormie directement. Je pense qu’il faut avoir vécu ça pour le comprendre… Ça parî^t totalement surréaliste…

De retour chez moi, j’ai continué les prières de protection, d’aller à l’église le dimanche et j’ai fait bénir ma maison. Les phénomènes paranormaux et « les attaques » se sont arrêts la troisième nuit après la prière de délivrance.

La convalescence

C’est alors que la deuxième étape a commencé. J’ai constaté que je perdais peu à peu le souvenir des perceptions médiumniques. La « nostalgie et la tristesse » d’avoir perdu les perceptions positives me quittaient progressivement.

J’étais perturbée, car dans la vie normalement, j’ai vraiment une très bonne mémoire et là constater cet oubli progressif m’a un peu inquiétée. Le prêtre exorciste que j’ai donc revu entre-temps pour un autre temps de prière, m’a dit que c’était normal et dû au chemin de libération et de guérison. On devient « amnésique » de tous ces vécus. Cela est très déroutant… Je ne m’attendais pas à ça…

De même que je ne me souviens pas de ce que je disais et faisais durant mes crises de rage avant la prière de délivrance. Quand mon mari m’en parle maintenant, j’ai l’impression qu’il décrit une autre personne… J’ai tout oublié. Je ne peux même pas dire que cela pèse sur ma conscience, je ne me souviens de presque rien… J’ai aussi oublié une grande partie du déroulement de la prière de libération. Le moment où j’étais « sourde » est un moment où j’ai « un trou » dans ma mémoire.

Non seulement je n’ai plus les perceptions d’avant mais en plus maintenant je les oublie. Je n’oublie pas encore la terreur que cela me procurait ni le « visage » ou l’apparence des démons, mais j’oublie les impressions sensibles que cela me donnait dans le corps. En fait, j’ai l’impression d’être en convalescence après une grosse maladie que je croyais mortelle… Je retrouve ma santé physique, ma santé mentale (je suis maintenant calme et je n’ai plus de crises de désespoir, ni de crise de rage). Je retrouve aussi ma joie et mon énergie. En effet ne plus être parasitée par tous ces démons/esprits, me donne une liberté et une joie profonde. Je trouve ma vie calme et agréable et encore plus depuis la disparition des phénomènes paranormaux…

Toutefois il y a des choses que je n’oublie pas, enfin pas encore, notamment la douleur physique et la souffrance mentale que j’avais en entrant dans une église lors d’une messe. Ça me permet d’avoir une profonde compassion pour les personnes prises par l’occulte, qui subissent des attaques et qui en souffrent… Ça me faisait tellement souffrir physiquement d’assister à une messe, comme si on me jetait dans une marmite d’huile bouillante, une brûlure indescriptible du corps entier et ça me donnait une telle terreur que je ne pouvais pas m’empêcher de fuir à l’extérieur comme « une folle », je ne me maîtrisais pas… Ça je m’en souviens très bien.

Je me souviens aussi m’être demandée ce qui m’arrivait et avoir été triste de ne pas être capable de rester à la messe (j’étais encore « bouddhiste » mais c’était juste avant mon accident et j’avais souvent envie d’entrer dans les églises et de prier mais je n’y tenais pas 5 mn…).

Je crois que j’aurai fini par mourir, suicidée, folle, désespérée ou par accident… Je ne vois pas comment on peut vivre longtemps dans ces conditions. « Ça veut notre mort »… Purement et simplement. Ça fait vivre l’enfer sur terre avant de nous y jeter définitivement.

J’ai également l’impression de « récupérer mon cerveau ». Je peux penser, réfléchir. Avant c’était impossible parce que les sensations et perceptions s’imposaient et cela ne me donnait aucune marge pour penser, raisonner, comprendre… Tout était immédiat, subi. C’était comme « être collée, engluée » dans les perceptions, les sensations. C’est du harcèlement voir de la persécution. Ça donne des idées obsessionnelles, morbides le plus souvent. Les perceptions visuelles et sensorielles s’imposent. Les émotions de désespoir et de rage arrivaient comme ça et je ne pouvais rien contrôler, ça envahit le corps qu’on ne contrôle plus… Le prêtre mettait en évidence que je retrouvais maintenant mes capacités de discernement.

Le combat spirituel prend pour moi une nouvelle direction ou même une réalité. En effet maintenant je peux tenter de ne pas succomber aux tentations. Mais avant rien de tout cela n’existait. Ça s’imposait c’est tout… À la fin, je ne maîtrisais même plus mes pensées… Ça n’était plus des tentations depuis longtemps…

Les « persécutions extérieures »

L’étape actuelle est celle des « persécutions extérieures ». Mon rapport aux autres est complètement différent d’avant et cela entraîne d’énormes changements dans mes relations sociales. Depuis que je suis ce chemin de libération et que je suis entrée dans le combat spirituel, j’ai maintenant de plus en plus de personnes, y compris dans ma propre famille qui me tiennent des propos de haine extrême contre Dieu ou contre les actions ou les engagements que je prends dans ma vie quotidienne. Ce qui pour moi revient au même, puisque maintenant c’est le Seigneur qui guide mes actions, c’est à lui que je suis liée et c’est avec lui que je veux être et ce, quoi qu’il arrive. Cette étape est très difficile aussi mais je continue à m’en remettre à Dieu et à sa profonde miséricorde. Je prie. Visiblement quand on suit le Seigneur, cela dérange beaucoup certaines personnes… Je dirais même que cela les met littéralement en rage… Voilà ce que je vis à présent…

J’ai choisi de suivre le Seigneur et de lui remettre tous mes pouvoirs. Il m’a libérée de mes perceptions. Puis il m’a guérie progressivement de la souffrance de les avoir perdues, de cette tristesse et de cette nostalgie. Pour cela il a fait en sorte que je les oublie. Maintenant je garde fermement « ma main dans la sienne » et je suis certaine qu’il m’aidera à faire face à ces « persécutions extérieures ». J’ai toute confiance en lui. Je lui remets chaque peine, lui confie chaque difficulté. Encore et encore… Chaque matin mes premiers mots sont toujours ceux d’une prière adressée à celui qui m’a sauvée et libérée…

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