Françoise Hardy et les parcours spirituels d’aujourd’hui

Article de Malo Tresca sur le site de La Croix : Jésus, Bouddha, astrologie, spiritisme… L’insatiable quête spirituelle de Françoise Hardy

Analyse. Françoise Hardy est morte, mardi 11 juin 2024, à l’âge de  80 ans. Élevée dans la foi catholique avant de s’ouvrir à « d’autres  voies » éclectiques, l’icône des sixties, ardente militante par ailleurs  du droit à l’euthanasie, se disait convaincue de l’existence « d’un  principe créateur ou d’un Dieu ».    

« Dans l’espace qui lie le ciel et la terre, se cache le plus grand des mystères/Comme la brume voilant l’aurore, il y a tant de belles choses que tu ignores/La foi qui abat les montagnes, la source blanche dans ton âme… » La spiritualité de Françoise Hardy transparaît, épurée, peut-être plus que jamais sur les ondes, en ce 16 novembre 2004 signant la sortie de son 24e album Tant de belles choses. Au lendemain de la mort mardi 11 juin de l’artiste, sa chanson éponyme – qui raconte le cri d’amour d’une mère malade à son enfant – revêt comme un air de « testament spirituel » de l’icône des sixties.

L’itinéraire de foi de Françoise Hardy a emprunté des chemins atypiques, sur lesquels elle s’est volontiers confiée. Née à Paris en 1944, la petite Françoise, dont un oncle jésuite a été déporté à Dachau pour des actes de résistance, connaît une éducation « classique pour l’époque » dans un établissement catholique – dont elle a souvent déploré « l’étroitesse d’esprit ». « Dieu comptait beaucoup dans mon enfance. J’étais une petite fille très pieuse ! J’ai baigné dans le catholicisme, avec lequel j’ai pris mes distances à l’adolescence. Trop de pesanteurs, de moralisme… Il m’a fallu tâtonner, pour trouver d’autres voies », confiait-elle ainsi en 2013 au magazine Psychologies.

« Sagesse divine »

Celle qui reconnaissait avoir toujours « été taraudée par la question spirituelle » oriente sa quête ailleurs. « Dans les années 1960, je me suis liée d’amitié avec une Brésilienne qui pratiquait un spiritisme de haut niveau », évoque-t-elle en 2005 dans les colonnes de La Libre Belgique. « Récemment, elle m’a écrit : ”On oublie que la vraie vie est de l’autre côté et que nous nous réincarnons uniquement pour pouvoir progresser. (…) Heureusement que la sagesse divine nous attache à cette vie-ci”. »

Elle s’essaye également à la méditation transcendantale, démarche qui la laisse insatisfaite. Mais sa rencontre avec un musicien, Gabriel Yared – « carrefour de spiritualités à lui seul » – la conforte dans sa recherche d’absolu. « C’était au milieu des années 1970. Il m’avait offert le livre Dialogues avec l’Ange, de Gitta Mallasz,qui transcrit la communication établie dans la Hongrie de la Deuxième Guerre mondiale entre trois femmes et des êtres non incarnés appelés “anges”. Cette lecture m’a confortée dans la croyance en un au-delà », relisait-elle dans l’entretien.

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