Témoignage
Pendant longtemps, j’ai cherché la lumière dans des endroits qui m’ont finalement plongée dans davantage de confusion, de peur et d’obscurité intérieure. Quand je regarde mon histoire avec du recul, je comprends que ma quête spirituelle a commencé très tôt.
J’ai toujours été attirée par les questions liées à la mort, à l’au-delà, aux phénomènes paranormaux et au sens de la vie.
Dès mes premiers mois de vie, j’ai été emmenée voir un rebouteux pour un problème de peau. Puis j’ai été baptisée vers l’âge de deux ans, dans une famille qui ne pratiquait pas réellement la foi catholique, même si les enfants étaient baptisés. J’ai donc grandi sans véritable accompagnement spirituel, sans transmission profonde de la foi, mais avec déjà une grande sensibilité à tout ce qui touche au spirituel et à l’invisible.
Depuis l’enfance, j’ai toujours été attirée par les questions liées à la mort, à l’au-delà, aux phénomènes paranormaux et au sens de la vie. Cette attirance a été renforcée par la maison dans laquelle j’ai grandi. Il s’y passait énormément de choses troublantes et angoissantes qui ont profondément marqué mon imaginaire et ma manière de voir le monde. Très tôt, j’ai cherché à comprendre ce qu’il pouvait exister « derrière » la réalité visible.
Dans ma famille et dans certains milieux que j’ai fréquentés, on me faisait aussi comprendre que j’étais destinée à « m’occuper des défunts » et des « exorcismes », parce que certains dons seraient transmis de génération en génération. L’idée existait qu’un enfant pouvait naître avec certaines capacités particulières et que cette transmission devait être perpétuée. Pendant longtemps, j’ai cru à cela et cela a profondément influencé ma manière de me percevoir et d’imaginer mon avenir.

Mais n’ayant pas de repères spirituels solides, cette recherche m’a progressivement conduite vers l’ésotérisme et l’occultisme.
Comme beaucoup de personnes aujourd’hui, j’ai commencé par des choses qui paraissent banales : astrologie, heures miroirs, signes, vidéos ésotériques, cartes, énergies, intuition, développement spirituel alternatif… Puis je suis allée de plus en plus loin.
Je me suis intéressée au tarot, aux oracles, au pendule, à la numérologie, aux runes, à la géomancie, à l’écriture automatique, au spiritisme, à la médiumnité, au Reiki, aux chakras, aux cristaux, aux rituels, aux pratiques chamaniques, aux voyages astraux, aux sorties de corps, à l’hypnose ésotérique, aux vies antérieures, aux invocations de guides spirituels, à des recherches autour des démons et des exorcismes, et encore à énormément d’autres pratiques et contenus liés à l’occultisme et à l’ésotérisme.
Ces pratiques étaient devenues mon adrénaline, mon moteur dans la vie. Mes journées ne tournaient plus qu’autour de l’occultisme et de l’ésotérisme. Je vivais constamment dans la recherche de sensations spirituelles, d’expériences fortes, de réponses cachées ou de phénomènes extraordinaires. Plus j’entrais dans cet univers, plus il occupait toute ma manière de penser et de voir le monde.
J’ai aussi assisté à deux soirées de rituels d’« exorcisme » pratiqués non pas par un prêtre exorciste de l’Église catholique, mais par une personne affirmant avoir le pouvoir d’exorciser. À l’époque, cela me semblait crédible et puissant spirituellement.

Aujourd’hui, je comprends surtout à quel point j’étais déjà enfermée dans une recherche spirituelle désordonnée, où les frontières entre fascination, peur, quête de sens et besoin de contrôle devenaient de plus en plus floues.
Plus j’avançais dans ces pratiques, plus elles envahissaient ma manière de penser. Je cherchais des signes partout. J’interprétais énormément de choses. Je vivais dans une forme d’hypervigilance spirituelle permanente. Au début, cela donnait l’impression d’accéder à des connaissances cachées ou à une forme d’éveil. Mais intérieurement, je devenais de plus en plus anxieuse, triste et enfermée.
Avec le recul, je comprends que ce que je cherchais sincèrement m’éloignait en réalité de Dieu. Ce faux réconfort nourrissait un vide intérieur, une confusion spirituelle et une peur dont je n’arrivais plus à sortir.
Il m’est aussi arrivé de vivre des épisodes nocturnes extrêmement angoissants, avec des sensations de présence, une peur intense et une impression profonde d’insécurité intérieure. Que ces expériences aient une origine psychologique, neurologique ou spirituelle, elles ont été vécues comme très réelles et profondément marquantes pour moi. Et lorsqu’on nourrit pendant des années un imaginaire centré sur l’occultisme et le paranormal, ces expériences prennent une place encore plus envahissante.
Avec le temps, j’ai compris que certaines fragilités peuvent rendre très vulnérable à ces pratiques : traumatismes graves, blessures profondes, solitude intérieure, anxiété, besoin de réponses, besoin d’être rassurée ou désir de comprendre ce qui nous dépasse.

Mais au milieu de tout cela, Dieu est venu me chercher avec une patience immense.
À travers plusieurs événements et rencontres providentielles, j’ai progressivement commencé à percevoir que le Christ était la seule véritable lumière capable d’éclairer ma vie.
Un ami m’a un jour invitée à assister à deux messes, malgré l’angoisse énorme que cela représentait pour moi. Entrer dans une église me provoquait une peur profonde et difficile à expliquer. Puis, dans une période de doute profond sur le chemin que je devais suivre, j’ai remis cette question au Christ.
Peu à peu, une certitude intérieure s’est imposée : c’est dans l’Église catholique que j’étais appelée à vivre ma foi et non dans des pratiques sombres. Une paroissienne m’a ensuite aidée à franchir concrètement la porte de l’Église. Ce geste peut sembler simple, mais je crois sincèrement que je n’aurais probablement pas osé le faire seule.
Je me souviens aussi d’un moment très simple mais bouleversant : un jour, j’ai parlé à Dieu avec sincérité, sans masque, sans rituel, sans recherche d’expérience extraordinaire. Et j’ai vécu intérieurement quelque chose de profond, une réponse silencieuse mais réelle qui ne m’a plus quittée.
Depuis, je découvre que c’est Dieu Lui-même qui m’a conduite progressivement hors de la peur, du doute et de l’obscurité intérieure. Aujourd’hui encore, tout n’est pas parfait. Certaines peurs ou certaines luttes peuvent revenir. Sortir de l’occultisme ne consiste pas seulement à arrêter des pratiques. Il faut aussi désapprendre certains réflexes mentaux, abandonner l’obsession des signes et retrouver une manière plus simple et plus paisible de vivre la foi.

Mais je peux dire avec sincérité une chose : la foi m’a sauvée.
En avançant dans l’Église, dans la prière, dans les sacrements et dans la découverte de la Parole de Dieu, j’ai compris qu’il était possible de vivre une relation personnelle avec le Christ sans rechercher constamment des phénomènes extraordinaires.
Lors d’une adoration nocturne, j’ai vécu une profonde consolation intérieure et une paix que je n’avais jamais trouvée dans toutes mes années de recherches ésotériques.
Le jour de ma Première Communion a marqué un véritable avant et après dans ma vie. J’ai ressenti une paix immense, comme si un poids ancien tombait enfin. Pour la première fois, je ne cherchais plus désespérément une présence ou une lumière : le Christ était là, simplement.
J’ai compris ce jour-là que ce que je poursuivais depuis des années dans l’occultisme — la paix, le sens, la consolation, la lumière — je le trouvais enfin dans la présence réelle du Christ.
Aujourd’hui, je suis bientôt confirmée. Malgré les doutes, malgré parfois le sentiment de ne pas être digne de recevoir et de laisser agir l’Esprit Saint en moi, je choisis de placer ma foi et ma confiance en Dieu. Je sais que ce n’est pas ma perfection qui me rend digne, mais Sa grâce.
Mon désir n’est plus de chercher des expériences extraordinaires ou des réponses cachées, mais d’apprendre à vivre dans la confiance, dans la lumière de Dieu et dans la paix de me savoir aimée par Lui.
Si je partage ce témoignage aujourd’hui, ce n’est pas pour juger les personnes attirées par l’occultisme. Je comprends profondément pourquoi on peut y entrer. Beaucoup cherchent simplement du sens, du réconfort ou une réponse à leurs blessures.
Mais je voudrais dire avec sincérité : faites attention. Ce qui paraît être une simple curiosité peut progressivement prendre une place immense dans la vie intérieure et éloigner profondément de la paix.
Ma liberté m’a été volée, le Christ me l’a redonnée.
Clara

