La Science chrétienne

Historique

La Science chrétienne (Christian Science) appartient aux mouvements de « guérison par la foi » ou « foi guérisseuse ». Sa fondatrice, l’américaine Mary Baker Eddy (1821-1910) est née dans une ferme du New Hampshire au sein d’une famille protestante congrégationniste très pieuse redoutant le jugement dernier et la damnation éternelle. Les enfants Baker auraient hérité du tempérament de leur père, juge de paix, partisan de l’esclavage qui se serait réjoui de la mort d’Abraham Lincoln.

Les relations tendues de Mary avec son père seraient probablement la cause d’ennuis de santé durant l’enfance. Elle évoque notamment des problèmes gastriques chroniques qui l’ont conduite à une auto-prescription de régimes carencés. Mais il semblerait qu’elle fut une femme d’une hypersensibilité maladive1

Dans ses jeunes années, elle fut imprégnée de spiritisme et de médiumnité; elle en aurait même fait son métier à une époque. Elle prétendait canaliser les esprits d’Apôtres.

  • En 1866, elle aurait bénéficié d’une guérison miraculeuse qui la tournera vers des pratiques très en vogue à l’époque comme l’homéopathie ou l’hydropathie. Selon les sources, elle devrait ce miracle soit à Phineas Parkhurst Quimby (1806-1866), précurseur de la Nouvelle Pensée, qui lui aurait confié l’essentiel de ses écrits avant de mourir2 soit à elle seule, grâce à la lecture d’une guérison accomplie par Jésus3.
  • En 1875, Mary Baker Eddy rédige Science et santé avec la clé des Écritures qui deviendra l’ouvrage de base des scientistes.
  • En 1876, elle fonde l’Association Science chrétienne.
  • En 1879, ne parvenant pas à rallier les églises à sa révélation, elle décide de fonder sa propre église, l’Église du Christ scientifique, et édicte avec 26 disciples une charte basée sur son ouvrage.

Doctrine et croyances

Dans Science and Health with Key to the Scriptures4, Mary Baker Eddy expose la «découverte » qui permettrait à chacun d’accéder à l’amour guérisseur de Dieu : elle préconise la prière comme moyen alternatif à la médecine, et non comme un soin complémentaire.

Selon la Science chrétienne, le monde matériel mortel et périssable est irréel, seul existe le spirituel qui est éternel comme Dieu. Seul le bien existe, le mal ne peut exister. Ainsi la maladie est une erreur mentale et non un désordre physique, elle ne peut donc être traitée avec des médicaments. On ne peut en être délivré que par les prières pour corriger l’illusion humaine d’une mauvaise santé et conduire au divin. La santé et la guérison prouvent alors que « Dieu est en nous ». Selon Mary Baker Eddy le Christ ne serait donc pas le sauveur mais un guérisseur spirituel dont elle aurait découvert le message.

La Science chrétienne ne serait ni chrétienne ni scientifique

Bien qu’indiscutablement inspirée par le christianisme et issue de milieux protestants, la Science chrétienne s’en écarte par ses doctrines. L’utilisation du mot « science » ne renvoie pas aux sciences physiques ni à la méthode scientifique, mais s’entend comme une « connaissance » des lois divines.

Il est vrai que Mary Baker Eddy a davantage fréquenté les milieux ésotéro­occultistes de son époque que les milieux scientifiques et chrétiens. Elle fut fortement influencée par Phineas Parkhurst Quimby (1806-1866), philosophe, magnétiseur et adepte du mesmérisme américain. Il est considéré comme le précurseur de la Nouvelle Pensée5.

Il est principalement connu pour sa théorie de la guérison mentale : les maladies seraient causées par des croyances erronées et un raisonnement juste permettrait d’en guérir. Bien qu’elle partage nombre de concepts métaphysiques avec les églises de la Nouvelle Pensée comme Unité, la Science divine et la Science religieuse, la Science chrétienne ne se reconnaît pas dans cette mouvance.

Selon l’historien indien Damodar Singhal, la Science chrétienne a sans doute été également influencée par le Vedanta, école de philosophie indienne car les « échos du Vedanta dans sa littérature sont souvent frappants ». 6

Le grand paradoxe de la Science chrétienne est de nier la maladie mais de s’auto-complimenter dans ses journaux ou lors des réunions hebdomadaires sur les cas de guérison.

Organisation

La Science chrétienne rassemblerait de nos jours 1 800 églises dans 82 pays et quelques centaines de milliers de pratiquants, principalement aux États-Unis 7.

Son siège se situe à Boston (Massachusetts) où fut construite en 1894 la première église du Christ scientifique, l’Église mère qui gère différents lieux de culte dans plus de 70 pays dans le monde.

Il existe en effet une hiérarchie des différents lieux de culte : les salles de lecture, les sociétés, les premières, deuxièmes et troisièmes églises et enfin l’Église mère. En France, on compte :

  • 2 sociétés: Aubagne, Toulouse,
  • 4 premières églises: Pau, Paris, Cannes et Nice,
  • 1 deuxième église à Paris,
  • 1 troisième église à Paris.

Mary Baker Eddy a créé plusieurs magazines (deux mensuels et un hebdomadaire) : Le Héraut de la Science Chrétienne, The Christian Science Journal et le Christian Science Sentine. Ces publications contiennent des articles sur la pratique de la Science chrétienne ainsi que des témoignages de guérison.

En 1908, à l’âge de 87 ans, elle fonde The Christian Science Monitor, un quotidien international. Le Monitor propose encore aujourd’hui une couverture de l’actualité mondiale avec des articles de fond. Il publie quotidiennement une édition digitale en anglais sur son site internet et une édition imprimée hebdomadaire sous forme de magazine. Il offre des analyses au travers d’articles, de graphiques et de contenus audio et vidéo.

Culte et activités

Les activités et le mode de vie sont destinés à développer et maintenir chez les adeptes la conscience de leur identité divine et la pratique de la guérison par la prière :

  • les services religieux et les réunions de témoignages ont lieu dans les églises ou les sociétés,
  • les enfants sont invités à assister à l’école du dimanche, qui se tient généralement à la même heure que les services d’église,
  • des séances de lecture,
  • des conférences,
  • les organisations de la Science chrétienne sont présentes dans les universités.

Le service religieux hebdomadaire de la Science chrétienne a lieu le dimanche matin. Depuis 1894, les scientistes remplacent la prédication par la lecture de passages de Science et Santé avec la clef des écritures par deux membres élus (Premier lecteur et Deuxième Lecteur). Le mercredi se tiennent les réunions de témoignages. Il n’existe pas d’objets de culte ni de saints, les rites sont peu nombreux.

Selon la sociologue Anne-Cécile Bégot, « les églises locales n’ont aucune autonomie en matière doctrinale [et] la cérémonie dominicale ne laisse place à aucune improvisation », les passages lus étant inscrits dans un livret (« Leçon Sermon ») conçu et édité par la centrale de Boston.

Les adeptes peuvent aussi avoir recours aux praticiens, professeurs ou nurses :

  • Les praticiens s’engagent à temps complet dans la pratique de la guérison. Ils apportent une aide spirituelle pour guérir de « tout type de difficultés : physiques, émotionnelles, relationnelles ou financières ». Ils consultent chez eux, en libéral.
  • Les professeurs sont des praticiens ayant démontré leur grande puissance de guérison; ils enseignent la doctrine aux fidèles.
  • Les nurses (infirmières) procurent une aide à ceux qui ont besoin d’une assistance physique tout en les aidant à trouver la guérison spirituelle.

La Science chrétienne forme ses nurses (infirmières) et ses praticiens. Il s’agit d’une formation d’instruction religieuse qui dure deux semaines au total et qui leur interdit d’appliquer autre chose que les enseignements de la Science chrétienne. L’infirmière ne peut pas diagnostiquer une maladie (ce serait en reconnaître l’existence), ni prendre un pouls, ni utiliser un thermomètre8.

Mise en garde

« Le traitement de la Science chrétienne ne peut pas se combiner avec le traitement médical ». La science chrétienne est un système thérapeutique basé uniquement sur la prière, appelée « prière scientifique ». Pour le mouvement, la prière n’est pas un moyen complémentaire de recherche de soin, c’est l’alternative obligée à la médecine.

Entre les années 1880 et les années 1990, l’absence de traitement médical a entraîné la mort de plusieurs dizaines de membres dont des enfants. Des parents ont été poursuivis en justice et, dans quelques cas, reconnus coupables d’homicide involontaire ou de négligence.

Alors que des décès tendent à prouver que les adeptes de la Science chrétienne suivent strictement la doctrine, certains témoignages avancent que Mary Baker Eddy aurait eu recours, elle, à la médecine. Elle aurait financé une mastectomie pour sa sœur, encouragé ses adeptes à vacciner leurs enfants dans les états où la vaccination est obligatoire, et utilisé un temps des lunettes. Une de ses amies proches a même déclaré que « Mme Eddy était accro à la morphine dans les années 1870 ».9

Comme on ne boit ni ne fume dans la Science chrétienne, ses adeptes devraient vivre plus longtemps que les autres. Or en 1955, G.E. Wilson10 a étudié les causes de mortalité chez les scientistes de l’Etat de Washington : il a observé que l’âge de la mort était plus bas que la moyenne et que 6% des décès des scientistes auraient pu être évités. Une étude comparative de W.F. Simpson a montré qu’en 1987 la mortalité était significativement plus élevée chez les scientistes que dans le reste de la population.11 Des études datant des années 1980 et 1990 ont également repéré des épidémies de rougeole parmi les membres de la Science chrétienne.

Cet article provient de la revue Bulles (Bulletin de Liaison et d’Étude des Sectes) publiée par l’UNADFI, n° 141, 2019.

Lire ce témoignage : « Parents dans une secte, enfants sacrifiés », paru dans Bulles n° 143.

Notes

1 Drogou Annick &Centre Roger lkor, Le Dico des sectes, 1998. p. 195

2 Vernette Jean & Moncelon Claire, Dictionnaire des groupes religieux aujourd’hui, PUF, 1996, p. 240

3 https://www.christianscience.com/fr/qu-est-ce-que-la-science-chretienne/mary-baker-eddy

4 Cet ouvrage s’est vendu à plus de neuf millions d’exemplaires en 2001.

5 La Nouvelle Pensée, parfois également appelée Penser Nouveau, est un courant de pensée religieux qui s’est développé dans la seconde moitié du XIXe siècle aux États-Unis et existe encore de nos jours. Elle est à l’origine de la Loi d’attraction et de la pensée positive.

6 Damodar Singhal, société et culture indiennes modernes, Meenakshi Prakashan, 1980, p. 136.

  7  Alexandre Fischer, La Science chrétienne (plaquette), Science chrétienne – Comité de publication (France), 2008.

8 http://www.charlatans.info/sciencechret.shtml

9 Gillian Gill, Eddy Mary Baker, Presse de Da Capo, 1998, p. 546

10 J. Forensic, Christian Science and Longevity, Sei. I, 1965, pp. 43-60

11 Comparative Longevity in a College Cohort of Christian Scientists, JAMA 262, pp 1657-1658, 1989.

12 Prières mortelles en Amérique, documentaire de Jean-Baptiste Jacquet, Spicee (avec abonnement)

L’Étoile Notre-Dame : quelle obéissance à l’Église ?

Une personne m'envoie une réflexion sur les associations qui proposent des pèlerinages dans des lieux marials, en particulier l'Étoile Notre-Dame. Je vous la transmets bien volontiers. Elle nous apprend à réfléchir pour faire nos choix...

Des propositions de pèlerinages vues dans des magazines, ou entendues dans mon entourage, m’ont amenée à m’interroger sur l’association Etoile Notre Dame. J’ai donc cherché des renseignements sur internet https://www.etoilenotredame.org/ , et ma recherche est devenue une vraie petite enquête dont je vous livre les résultats.

Un premier coup d’œil sur la page des pèlerinages proposés.

Je constate que Medjugorje représente environ la moitié des propositions (début juillet 2019).  Impressionnant… Je sais qu’une autorisation plus large a été donnée récemment (il y a moins de 2 mois) mais manifestement celle-ci n’a pas été attendue pour lancer ce programme. J’examinerai ce point plus en détail ultérieurement.

En attendant j’examine les autres destinations, et je trouve  entre autres San Damiano (une fois par mois environ) et Kerizinen. Je m’empresse de vérifier la position de l’Eglise…

Avis formellement  négatif de l’Eglise pour San Damiano et Kérizinen.

Pour San Damiano, les documents de cette page http://charismata.free.fr/pdf/vm/14_san_damiano_1968.pdf  sont abondants. Je vous recommande de commencer par le dernier article : c’est un communiqué de l’évêque de Nice de 1990, qui reprend les conclusions de l’évêque local en charge de San Damiano, et ajoute pour son diocèse :

« En conséquence, les divers groupes de piété qui existent dans le diocèse de Nice et qui rattachent leur dévotion aux phénomènes de San Damiano doivent savoir qu’ils désobéissent ouvertement à l’Église catholique. »

Pour Kérizinen, les documents de cette page http://charismata.free.fr/pdf/vm/15_kerizinen.pdf sont tout aussi clairs. Dès la page 1, l’évêque de Quimper et Léon rappelle en 1973

« qu’il a toujours fait siennes les décisions de son prédécesseur. -Interdisant aux prêtres, aux religieux et aux religieuses de se rendre à Kérizinen ou de conseiller à quiconque de s’y rendre, -Réprouvant formellement toute forme de dévotion et de culte en ce lieu. »  Les pages suivantes confirment et expliquent.

Comment une association qui se présente comme « spécialisée dans les pèlerinages catholiques » peut-elle faire fi de la sorte du discernement de l’Eglise ?

Pour tenter de comprendre,  je poursuis l’enquête en consultant la page « Qui sommes-nous ? » du site de l’association https://www.etoilenotredame.org/tag/qui-sommes-nous . Le paragraphe sur l’historique est très instructif  puisque je découvre que l’association est née pour faire la promotion de San Damiano !

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Qu’est-ce que l’exorcisme ?

Il est difficile de donner une définition simple de la prière de l’Église appelée exorcisme. Je vous propose, si vous en avez le temps, d’écouter David MACAIRE, archevêque de Fort de France en Martinique. Il a été exorciste avant d’être évêque. Il parle longuement de ce ministère, en donnant de nombreux exemples. La video est longue, plus de 2h.

Voir aussi cette page sur mon site occultismedanger.free.fr :

DES EXORCISTES TÉMOIGNENT

La loi de l’attraction

La Loi de l’Attraction est une croyance selon laquelle les pensées, positives ou négatives, peuvent influencer le destin en bien ou en mal. Une pensée positive dirigée vers un but défini se concrétise.

La Loi de l’Attraction doit son succès à Rhonda Byrne, une australienne qui l’a popularisée à travers son ouvrage, Le Secret. Ce livre fait partie des nombreuses offres sur le marché ésotérique du développement personnel.

Orgines et précurseurs

L’idée que la foi puisse conférer un pouvoir sur la matière s’est révélée attirante pour des millions de personnes au cours des siècles. La Loi de l’Attraction s’inscrit dans le droit fil de la Nouvelle pensée du XIXe siècle – croire, c’est obtenir – et dans le courant de la Pensée positive.

La Pensée positive désigne un mouvement pseudo-scientifique créé en 1952 par le pasteur Norman Vincent Peale, auteur de La puissance de la pensée positive (1952), et véhiculé à travers le secteur lucratif du développement personnel. La méthode consiste à devenir optimiste en toutes circonstances, ce qui permettrait d’atteindre le bonheur, voire d’influencer « le destin».

La Pensée positive est elle-même issue de la Nouvelle pensée, également à l’origine de la Science Chrétienne dont la doctrine présente beaucoup de similitudes avec la Loi de l’Attraction.

Mais il existerait d’autres sources :

La Loi de l’Attraction serait évoquée pour la première fois dans La vibration de la pensée et la loi de l’attraction dons le monde de la pensée, où William Walker Atkinson (1862-1932) exprime « le pouvoir de la volonté, de la concentration et de la suggestion ».

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Dérives possibles dans certaines méthodes de développement personnel et de coaching

Coach vient du français cocher : celui qui avait pour mission de conduire la diligence ou le char à banc d’un point précis à un autre. Aujourd’hui, les passagers de ces coachs sont plutôt des otages qui ne savent plus ni d’où ils viennent ni où ils vont. Cet article se voudrait se faire mouche du coach !

Fouette cocher

Il existe en France une centaine d’écoles de formation au coaching. Mais les certifications de ces écoles ne sont reconnues, dans la plupart des cas, que par elles-mêmes.

Le champ de ces formations semble sans limites. Coach mental, esthétique, santé, stratégie nutritionnelle, sport, amour conjugal, sexualité épanouie, gestion du stress, gestion des conflits, en entreprise, gestions des émotions, du rangement, du jardinage, du jogging, du maquillage, jusqu’aux conseillers funéraires…

Maîtres mots

Pas de souci. Profite. Enjoye. Sois toi-même. Épanouis-toi.

Ce sont des mots ou des injonctions que nous ne cessons d’entendre aujourd’hui et qui pourraient résumer l’objectif du coaching ou du développement personnel. Le carpe diem, profite du moment, des hédonistes en est la priorité et la finalité.

Ces nouveaux Narcisse contrôlent leurs propres images retouchées sur les miroirs de leurs comptes facebook, tweeter…, tentant d’obtenir le maximum de like. Ils ont besoin du regard d’autrui pour donner du poids à leur (in) consistance.

Pour cela il faut apprendre à positiver toujours et partout, quelles que soient les circonstances ou les événements, entrer de manière volontariste dans la pensée positive ; soit dit en passant, une pensée qui positive plus qu’elle ne pense.

Les coachs brouillent les concepts, emploient des mots génériques mal définis, dans leurs conseils pour gagner en joie, en paix, en assurance, en sérénité, en performance.

Julia de Funès rappelle qu’en philosophie, la tendance à privilégier la réalité des mots sur la réalité des choses s’appelle le nominalisme. Alors que la pensée philosophique réaliste préfère un réel douloureux à une illusion réconfortante. Ainsi Albert Camus écrivait : « Mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde.[1]»

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Iridologie : de la poudre aux yeux ?

L’iris, en botanique, est un genre de plante vivace à grandes fleurs qui embellit les jardins au sortir de l’hiver. Dans la mythologie grecque, c’est une messagère divine, qui glisse sur l’arc-en-ciel. Mais il s’agit aussi, en anatomie, de cette membrane colorée qui donne toute sa beauté à l’œil humain et dont l’observation attentive permettrait, selon un postulat de l’iridologie, de déceler toutes les faiblesses de l’organisme. Passage d’un mythe à … l’ophtalmoscope.

Chronique de Sébastien Point, extraite de ce numéro 330 de la revue Sciences et Pseudo-sciences

Un instrument d’optique naturel

Chez l’être humain, l’iris est une membrane pigmentée située sur la face antérieure de l’œil, à environ 1,5 mm en arrière de la cornée et percée par la pupille. Cette membrane est constituée de deux couches de cellules:

• une couche de tissu conjonctif, qui se forme chez l’embryon, à huit semaines de grossesse;

• une couche de cellules pigmentées, les mélanocytes, dont la densité définit la coloration de l’iris. Cette couche se forme à la seizième semaine de grossesse, et continue d’évoluer après la naissance, mais uniquement dans les premiers mois, voire les premières années de vie.

L’iris est également constitué d’un muscle sphincter et d’un muscle dilatateur. L’action antagoniste de chacun de ces muscles iriens permet la modulation de la quantité de lumière atteignant la rétine. Ainsi, l’iris est un véritable diaphragme optique qui se structure au cours de l’embryogénèse, et dont seule la pigmentation change encore après la naissance, durant quelques mois ou années tout au plus. Au-delà, sauf pathologie spécifique (*) ou dépigmentation progressive chez les sujets âgés, l’iris n’évolue plus. Comme les empreintes digitales, il est caractéristique d’un individu, et différencie même des jumeaux homozygotes. Raison pour laquelle il est possible de concevoir des systèmes de sécurité basés sur la reconnaissance de l’iris.

* Au titre des pathologies touchant l'iris, on peut citer les tumeurs de l'iris ou encore l'iritis, une inflammation de l'iris qui semble associée à des maladies comme la sarcoïdose ou la polyarthrite rhumatoïde juvénile. 
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Libérée des rituels tantriques (2)

Suite du premier article Médiumnité et bouddhisme tibétain (1)

Le chemin de libération a commencé le jour où j’ai compris que je n’étais pas libre et que j’étais soumise à des esprits, des démons par le biais de rituels tantriques. Ces rituels auxquels j’avais été profondément initiée pendant des années, soit dix ans, dans le but de me libérer avaient en fait contribué à développer mes pouvoirs de médiumnité et de guérison occultes.

L’entrée dans le combat spirituel

L’entrée dans le combat spirituel par la prière et la confession, rapidement suivi du renoncement à ces pouvoirs devant le Saint-Sacrement dans l’église de ma paroisse a rapidement provoqué la perte des perceptions médiumniques et des pouvoirs de guérison. Je ne « voyais plus ces esprits, ces démons ». Si cela a été un grand soulagement, en revanche, perdre les perceptions positives de reconnexion à la nature, d’impression de « se fondre dans un grand tout » ou encore les impressions de se « shooter » dans les lieux « bien chargés » en se gavant jusqu’à l’indigestion de cette « énergie positive » a été un passage très délicat. J’étais littéralement droguée aux sensations, addicte aux émotions positives, boulimique de fusion dans « le grand tout ». J’étais atteinte d’une sorte de « maladie de la gloutonnerie sensorielle ».

Sans tout cela, le monde m’apparut brutalement bien plus « plat ». Il n’y avait plus cette « double dimension ». Il « ne se passait plus rien ». Je n’avais plus « ces montagnes russes émotionnelles » causées par ces alternances non maîtrisées dont j’étais victime, de « perceptions terrorisantes » et de « perceptions euphorisantes ». Je n’étais plus le « jouet » soumis au bon vouloir des esprits. Le monde me parut bien « calme » et ce constat me plongea dans une sorte de dépression et de nostalgie de « ce temps où je pouvais percevoir et me gaver du positif sans limite ». Je n’étais plus « une sorte de pile humaine » qui avait besoin de la nature ou de lieux « chargés de bonnes ondes » pour se recharger elle-même. Cela changea profondément mon rapport à moi-même mais aussi au monde et aux autres bien entendu.

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Le pentacle

pour décorer votre arbre de Noël ?

Les fêtes de Noël sont l’occasion de décorer villes, boutiques et maisons pour égayer les nuits devenues plus longues et plus froides. L’étoile qui guida les mages vers l’Enfant Jésus nouveau-né en était le symbole le plus représentatif. Aujourd’hui, consciemment ou inconsciemment les symboles sont remplacés, les perspectives changent. Halloween supplante la Toussaint dans les représentations extérieures autour du premier novembre.  Et durant les fêtes de Noël, les pentacles font leur apparition. La photo en tête de cet article m’a été envoyée par une internaute qui faisait ses courses en grande surface…

Sans vouloir tomber dans un état d’esprit puritain ou paranoïaque, on peut quand même se demander : est-ce si anodin ?

Dans les traités de magie, on donne le nom de pentacle à un sceau magique imprimé sur du parchemin vierge fait avec de la peau de bouc, sur du simple papier, gravé sur du bois ou encore sur un métal précieux. Il fut un signe de reconnaissance des pythagoriciens. Chargé de symboles magiques, il est utilisé comme amulette ou talisman

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L’éducation positive

Dans La Croix-L’Hebdo du 16 novembre 2019, sous le titre L’éducation positive au banc d’essai.

À propos du livre de Béatrice Kammerer, L’éducation vraiment positive, Larousse, 2019.

L’OBJET

Cet essai explore « l’éducation positive », un concept qui vise à élever les enfants avec bienveillance, sans violence. Cette posture développée dans les années 2000 regroupe des pratiques centrées sur le bien-être. Elle est marquée par les théories du care (prendre soin les uns des autres) et par la psychologie positive, née aux États-Unis en 1998. Ce principe, appliqué à l’éducation, invite à se détourner de la seule réprobation des transgressions pour aider l’enfant à exprimer sa créativité jusque dans l’espace contraint des règles.

L’AUTEURE

Béatrice Kammerer, journaliste spécialisée en éducation et parentalité, découvre, lors d’un congé parental, un foisonnement d’injonctions éducatives. Elle crée, en 2012, un blog de lectures et réflexions sur l’enfance (lesvendredisintellos.com).

L’ENJEU

L’auteure questionne ce courant éducatif, ses origines, ses fondements, ses promesses et ses limites. Troublée par le flot de recommandations qui paralysent les parents plus qu’elles ne les aident, elle montre à quel point ces prescriptions nient des problématiques sociétales centrales: inégalités culturelles et sociales, manque d’implication des pères … Une analyse fine qui ne jette pas ce courant avec l’eau du bain, et se lit comme un roman.

Aziliz Claquin

Extraits

Un nouveau dogme éducatif ?

« Depuis des décennies, les comportements parentaux sont modelés par des dogmes, c’est-à-dire des principes impossibles à remettre en cause, fondés sur des croyances, et émanant souvent d’une « autorité» (scientifique, médicale, religieuse, morale). Pour le meilleur et pour le pire …

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Avez-vous reçu le Darshan ?

Amma est de retour en France !

*25-27 octobre 2019 : Châlons-en-Champagne : Cliquez ici

Lire : Des milliers de Français dans les bras d’Amma

Lire : Amma, la guide spirituelle indienne, rassemble 15000 personnes à Châlons-en-Champagne

*4-6 novembre 2019 : Marseille : cliquez ici. Entre 15 000 et 25 000 personnes sont attendues pour se faire étreindre par elle…

On peut bien sûr se contenter de l’article de Claire Lesegretain dans La Croix : Amma veut changer les cœurs pour changer le monde.

Elle y interviewe Pierre Lunel, biographe de l’abbé Pierre et de sœur Emmanuelle. Il a suivi pendant deux ans la guide spirituelle indienne Amma, et publie  « Amma, celle qu’on attendait », éd. du Rocher, 411 p.. On constate à lire l’interview qu’il s’agit d’un plaidoyer pro domo… où l’auteur du livre avoue béatement :

Les gens qui viennent voir Amma sont chrétiens, musulmans ou athées, célèbres ou anonymes, bien-portants ou malades… Certains viennent par simple curiosité, d’autres avec un désir précis. Tous, de manière égale, elle les prend dans les bras, les étreint et leur parle en malayalam, selon ce qu’elle ressent pour chacun. Innombrables sont les exemples de ceux qui viennent au darshan avec un désir caché et dont elle devine le secret.

Que se passe-t-il ? Dans le domaine occulte, cela s'appelle de la divination et de la médiumnité...
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