Le retour de l’occultisme dans la culture des influenceurs

Cet article équilibré prend la température de ce qui se passe chez nos cousins du Québec…

Un article de Philippe Sauro-Cinq-Mars dans Québec Nouvelles, 11 août 2026

Horoscopes, tirages de tarot, cristaux «énergétiques», rituels de pleine lune, autels domestiques, «manifestation», sorts de protection et invocations de divinités : l’occultisme ne se cache plus dans les arrière-boutiques enfumées. Il occupe désormais TikTok, Instagram, YouTube et Etsy, où il se présente sous les dehors rassurants du bien-être, de l’émancipation féminine et du développement personnel.
La sorcière, autrefois associée aux forces obscures et à la superstition, a été transformée en icône féministe. Elle incarne la femme indépendante, indocile, connectée à la nature et affranchie des religions traditionnelles. Dans les versions les plus commerciales de cette tendance, elle est aussi une influenceuse qui vend des fioles, des formations, des consultations divinatoires et des sorts personnalisés.

Derrière cette esthétique parfois ludique se trouve cependant un phénomène culturel plus profond : le recul du christianisme institutionnel n’a pas nécessairement produit la société strictement rationaliste annoncée par les tenants de la sécularisation. Il a plutôt laissé une partie de la population disponible pour une nouvelle religiosité éclatée, individualisée et souvent ouvertement occultiste.

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Un problème avec Carlo Acutis ?

D. Auzenet

Pour faire connaissance avec Carlo Acutis, voici une présentation sur le site Ozana : https://hozana.org/saints/bienheureux-carlo-acutis

Une Carlo-Acutis-mania

Certaines pastorales d’Église se servent de Carlo Acutis pour parler de la dévotion eucharistique, et cela peut être perçu comme problématique à cause d’une évocation de l’eucharistie centrée d’abord sur les miracles eucharistiques.

La présence réelle de Jésus dans l’eucharistie se reçoit d’abord par la foi aux paroles vraies de Jésus (notamment en Jean 6), et non pas dans la considération de l’eucharistie comme miracle.

= Par exemple, récemment, L’exposition sur les miracles eucharistiques « conçue et réalisée par saint Carlo Acutis » est revenue à Tours, à l’église Saint Julien, du 19 au 26 juin 2026.

L’exposition est composée d’une cinquantaine de panneaux avec les miracles eucharistiques, conçus et réalisés par saint Carlo Acutis, d’une partie artistique (dessins avec des paroles de Carlo), d’un espace audiovisuel avec des miracles racontés en vidéo (une séance de 20 minutes toutes les 20 minutes), et de nombreuses autres surprises !

= Ou encore l’émission En quête d’esprit du 3 mai 2026 : Les miracles eucharistiques, une énigme scientifique ?

https://www.cnews.fr/emission/2026-05-03/les-miracles-eucharistiques-une-enigme-scientifique-en-quete-desprit-emission

à l’occasion de la parution du livre de Marie Maillard « Les miracles eucharistiques dans le monde ».

Cette Carlo-lâtrie n’obéit-elle pas aux critères de marketing publicitaire, chimère d’une certaine « nouvelle évangélisation » ?

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L’Alliance des cœurs unis

« La Vie » publie ce 12 août 2026 un article « Milieux apparitionnistes : l’Alliance des cœurs unis, l’association de groupes de prière en pleine polémique », où Sophie Lebrun tente de faire le point.

On peut y lire :

 » Dans une attestation destinée à la justice, datée du 28 mai 2026 et que La Vie a pu consulter, l’ancien président de la cellule, l’évêque émérite de Carcassonne et Narbonne Alain Planet, confirme avoir été « amené, avec (ses) collaborateurs et lors des échanges avec la Miviludes, à (s’)intéresser à l’Alliance des cœurs unis ». Il explique avoir « étudié l’œuvre écrite publiée par elle sous le pseudonyme de Virginie » : « J’avais alors mis en garde les évêques de France contre le contenu aberrant de ces “révélations”, (…) textes sans conformité, (…) un contenu hétérodoxe de la doctrine » et de sa « crainte devant la constitution d’une communauté curieusement hiérarchisée, avec des liens politiques anti-républicains et anti-démocratiques » ».

Et encore :

« Les analyses théologiques des écrits publics de « Virginie » rejoignent le point de vue d’Alain Planet. Auteur d’Impostures mystiques (Cerf, 2023), le spécialiste des apparitions mariales Joachim Bouflet assène : « Il n’y a rien, dans les révélations de “Virginie”, tout a été pioché dans l’existant, en l’assimilant mal et en mélangeant tout. »

Pour Guillaume Chevallier, prêtre de la communauté de Saint-Martin dans
le diocèse de Dijon et spécialiste des milieux apparitionnistes, « les messages de “Virginie” sont dangereux pour la foi et la spiritualité ». Soulignant « l’abondance de réemploi de matériaux parfois tirés de l’imagerie enfantine (génie, Schtroumpfs, Barbapapa, la Reine des Neiges, etc.) », il détaille de nombreux marqueurs de dérives : « Autopersuasion imaginaire, expérience religieuse sensible, déviation du vocabulaire et des notions catholiques de la rédemption, graves problèmes doctrinaux, méfiance à l’égard de l’Église-institution, présomption… »
Guillaume Chevallier précise : « “Virginie” s’associe de manière singulière à la Passion rédemptrice. Au sens littéral, elle dit porter le poids du monde sur ses épaules et elle dit enfanter l’Église. Elle explique avoir été investie par la puissance prophétique lors de l’imposition d’une Sainte Face sur son visage. » »

D’après Bertran Chaudet, diacre permanent et ancien membre de la cellule de lutte contre les dérives sectaires de la CEF, certaines formules de l’Alliance des cœurs unis s’apparentent à des « techniques pour placer ou maintenir une personne dans un état de sujétion psychologique », ce qui, selon lui, pourrait entrer dans le champ d’un délit selon le texte de l’article 223-15-3 du Code pénal introduit en droit français x xxen 2024, et serait, de plus, contraire aux dogmes catholiques.

À commencer par la formule du serment que doivent prononcer les
membres, « pour servir ou périr » : « Elle introduit une logique binaire
– servir ou se perdre – étrangère à l’Évangile, qui propose l’invitation et non la contrainte. Cumulé avec un pacte comme
“anéantissant par la Toute-Puissance 0divine les pactes des ténèbres”, cela crée une dépendance directe : seuls les membres du mouvement bénéficient de cette protection divine, et le départ
est de nature à être vécu comme une exposition spirituelle grave et
la logique d’une Église envahie ».

Paraît-il « Le dossier est maintenant sur le bureau du Dicastère de la doctrine de la foi »…

La part spirituelle des arts martiaux asiatiques

Sur metadechoc.fr, dans une série de 6 x 1h que vous pourrez écouter si cela vous intéresse, Les croyances dans le sport, le second podcast plonge dans la part spirituelle des arts martiaux asiatiques : énergie vitale, méridiens, aura, etc.

Nous tentons de comprendre les philosophies qui sous-tendent les codes moraux et les rituels de ces sports, en évitant les raccourcis dans lesquels il est si facile de tomber lorsqu’on y porte un regard occidental.

Et il fallait que je pose la question : peut-on pratiquer le taï-chi et le kung-fu sérieusement sans croire au Qi ?

Elisabeth Feytit interroge aussi son invité, Willy Mangin, entraîneur sportif et diététicien au Mans, sur la meilleure manière, selon lui, d’enseigner un sport à des amateurs et d’entraîner des athlètes à la compétition, quelle que soit la discipline.

Écouter : « Spiritualité et pragmatisme »

Héritons‑nous des traumatismes de nos parents ? Pas exactement

Francisco José Esteban Ruiz, Universidad de Jaén


L’ESSENTIEL

  • Selon une idée reçue, les traumatismes pourraient « se transmettre » au sein des familles, d’une génération à une autre.
  • Mais l’hypothèse selon laquelle nous pourrions hériter des souvenirs traumatiques de nos ancêtres n’est pas validée par la science.
  • La recherche explore néanmoins diverses pistes, comme l’épigénétique et le contexte de la grossesse, pour comprendre notre sensibilité au stress.

L’idée selon laquelle les traumatismes « se transmettent » des parents aux enfants est très séduisante. Cependant, à ce jour, les neurosciences n’ont pas démontré que nous héritions de souvenirs de guerres, d’une agression ou d’une perte subie par nos ancêtres, même si certaines études indiquent que la biologie et l’environnement peuvent bel et bien avoir une influence.

D’une manière très générale, ce qui se transmet d’une génération à une autre, ce n’est pas le traumatisme en soi, mais une plus grande sensibilité (ou une adaptation) des systèmes qui régulent la peur et le stress. Cette transmission peut se produire par le biais de la vie familiale, de l’environnement prénatal et, peut-être, de certains mécanismes épigénétiques dont l’importance chez l’humain fait encore l’objet de débats.

De plus, lorsqu’une expérience est à l’origine d’un syndrome de stress post-traumatique, elle n’est pas enregistrée dans une seule et même « zone de la peur », pour ainsi dire.

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