« Les pieuses légendes assenées comme des évidences lors de la veillée du Stade de France discréditent l’Église »

Jean-François Chiron, théologien, sur le site de La Croix

Le théologien Jean-François Chiron regrette la présentation sur le même plan des grandes figures chrétiennes de la France et de contrevérités historiques à la veillée des jeunes, lors du voyage du pape en France. Selon lui, tout arrangement avec la vérité n’est pas sans conséquences.

Le bilan de la visite pastorale du pape Léon XIV fait l’unanimité par son caractère positif, et tout catholique français ne peut que s’en féliciter. Et on se réjouira autant de ce qui revient au pape, qu’il s’agisse de ses paroles, de ses gestes et du ton qui a été le sien, que de ce qui revient aux organisateurs : on doit saluer l’exploit, s’agissant de la dimension technique aussi bien que du programme, élaboré avec discernement et esprit de foi.

De la veillée avec les jeunes au Stade de France on ne niera pas qu’elle fut une réussite. Mais ce qui fut donné à voir lors de cette veillée peut interpeller sur certains points précis ; osons, à quelque distance de l’événement, les relever.

On a déjà discuté, dans les colonnes de La Croix, la mise en valeur de la sainte tunique d’Argenteuil. Il faut quand même une certaine audace pour désigner comme « la tunique portée par le Christ pendant sa Passion » un objet dont on sait, sans aucun doute possible, qu’il remonte au Moyen Âge. On aurait pu présenter un objet qui « rappelle pour nous » la robe du Christ, ou toute autre formule du même genre – mais l’exhibition aurait perdu tout son sel.

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Le néochristianisme de Frédéric Lenoir sous le bistouri d’Adrien Bouhours

par Brigitte Bédard, sur Le Verbe

Adrien Bouhours s’intéresse à l’ésotérisme et à ses différentes variations depuis longtemps. Auteur de plusieurs études sur le sujet, il publie en janvier 2026 sa plus récente thèse intitulée Frédéric Lenoir, héritier, témoin et acteur de la diffusion d’un christianisme ésotérique. Le Verbe l’a rencontré afin de comprendre la pensée de cet auteur, philosophe et sociologue des religions aussi populaire que prolifique.

Le Verbe: Pourquoi consacrer une thèse à Frédéric Lenoir? Son œuvre est-elle particulière?

Adrien Bouhours: Mes travaux portent sur l’histoire religieuse contemporaine, et plus particulièrement sur les interactions entre l’histoire du christianisme, l’histoire des courants ésotériques et de leurs formes vulgarisées, et l’histoire culturelle. Dans ma thèse sur l’œuvre de Lenoir, je le situe comme le produit et le représentant par excellence d’un courant de pensée néochrétien diffusé par bon nombre de personnalités, d’auteurs et d’intellectuels depuis la fin des années 1950, notamment par le biais de l’École des hautes études en sciences sociales à Paris.

D’abord catholique, et même frère de la communauté de Saint-Jean pendant trois ans, Frédéric Lenoir finit par adhérer à un néochristianisme, un mélange de christianisme, de bouddhisme et d’ésotérisme. Son œuvre répond à une quête existentielle chez nos contemporains tout en les confortant dans une critique de l’Église catholique.

Qu’est-ce que le néochristianisme?

Dans son œuvre [près de 75 livres: direction d’ouvrages encyclopédiques, essais, romans, bandes dessinées, théâtre, contes philosophiques, dans une dizaine de maisons d’édition, sans compter les conférences internationales], Lenoir diffuse une doctrine ésotérique qui a la prétention de révéler le véritable Jésus, le véritable enseignement chrétien, la vraie spiritualité.

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Conférence de Jean-Marc Sauvé

À l’Institut Catholique de Paris pour le 5e anniversaire de la remise du Rapport de la Ciase à la CEF et à la CORREF.

Diplôme Universitaire Abus et bien traitance.

La vidéo est calée sur le début de la conférence (18.20) qui s’achève à 57.58, donc 40 mn au total.

Un grand moment. C’est remarquable en tout point et cela répond aux bêtises qu’on entretient dans le milieu ecclésial.

« Ce que les décideurs et le public doivent savoir sur le culte de l’IA »

Grégory Aimar

Il n’est pas dans mes habitudes de reprendre des textes publiés par d’autres auteurs sur ce blog, mais le papier de Nathalie Maréchal dont il est question ici est d’une importance fondamentale. Spécialiste du technofascisme, chercheuse associée au Carr Center for Human Rights Policy de la Harvard Kennedy School et directrice des politiques à l’IIID (Institute for Information, the Internet and Democracy) de l’Université Northeastern, le Dr Maréchal témoigne dans son article — What Policymakers and the Public Need to Know About the Cult of AI — de sa prise de conscience de la façon dont l’idéologie transhumaniste oriente la politique industrielle des Big Tech et des conséquences de cette orientation pour le futur de l’humanité. Extraits.

Le constat que dresse Nathalie Maréchal est clair : les responsables politiques et économiques du monde entier sont dans le déni concernant les motivations idéologiques profondes des gourous de l’IA et ils entrainent avec eux une grande partie de la population dans leur aveuglement. Après avoir décrit, dans les grandes lignes, les fondements des croyances technoreligieuses qui animent les géants du numérique, l’auteure déplore, dès les premières lignes de son texte, que « les aspects les plus troublants de ces croyances sont passés sous silence, jugés trop bizarres pour être abordés en société — du moins dans les cercles politiques de Washington et de Bruxelles ».

Selon ces croyances, [l’intelligence artificielle générale et la super IA] sont des êtres synthétiques omniscients qui pourraient être moralement équivalents aux humains, car ils posséderaient « la lumière de la conscience », pour reprendre l’expression favorite d’Elon Musk, quoi que ça puisse vouloir dire. Leurs adeptes envisagent de télécharger leur « conscience » dans le cloud et de la fusionner avec [cette] intelligence artificielle générale (IAG) afin de créer des « posthumains » ou des « transhumains » qui succéderont un jour à l’Homo sapiens comme espèce dominante de l’univers — un « digne successeur » de l’humanité. Et cet avenir sombre les enthousiasme tellement qu’ils sont prêts à tout pour y parvenir.

En un mot, c’est complètement dingue. Surtout, c’est dangereux, et ce danger est amplifié par notre tendance collective à rejeter les idées marginales avant qu’il ne soit trop tard. Il est difficile pour beaucoup d’entre nous d’accepter que des gens croient réellement à de telles choses, et encore plus qu’ils fondent des décisions aussi importantes, impliquant des investissements de plusieurs milliards de dollars, des milliards de vies et l’avenir de l’humanité, sur ces croyances. Et c’était aussi ma réaction jusqu’en 2025 : ces idées sont tellement farfelues, tellement déconnectées de la réalité empirique et de la morale élémentaire, pourquoi perdre mon temps et ma santé mentale à débattre avec des illuminés ? En bref, parce que ces illuminés sont désormais au pouvoir et qu’ils utilisent ce pouvoir pour démanteler les institutions censées assurer notre sécurité, notre santé et notre liberté. (…)

Depuis des années , une petite communauté d’universitaires et de journalistes étudie et écrit sur ce que Timnit Gebru et Émile P. Torres ont nommé le « faisceau TESCREAL » — acronyme de Transhumanisme, Extropianisme, Singularitarisme, Cosmisme, Rationalisme, Altruisme Efficace et Long-termisme. Pourtant, pour une raison obscure, la plupart des élites politiques et médiatiques hésitent à aborder de front ce foisonnement de visions du monde, ce qui engendre une sorte de paralysie chez les experts en politiques publiques : si ce sujet était vraiment important, on en parlerait certainement davantage !

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Homo occidentalis

«Homo occidentalis» : c’est le nom que le sociologue à l’Ifop Jérôme Fourquet et le psychologue Ruben Rabinovitch ont choisi de donner à l’homme contemporain. Les auteurs de l’ouvrage éponyme décrivent le malaise de ce «nouveau régime psychique» qui fait de l’homme un être plus fragile et plus seul.

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