De l’ésotérisme à Dieu en passant par le kung-fu

Martin Leblanc témoigne à son intervieweuse avoir vécu une « projection astrale », avec un délicieux accent canadien… pourquoi ?

Après une expérience ésotérique traumatisante, Martin cherche à comprendre ce qu’il a vécu. Sa quête le conduit aux arts martiaux, où il monte en grade. Des attaques spirituelles plus fortes le poussent cependant à faire d’autres recherches, qui le mènent cette fois à une rencontre avec le Seigneur.


Après des expériences occultes troublantes et une plongée dans les doctrines ésotériques, Martin Leblanc se lance dans le KUNG-FU SHAOLIN. Cette quête d’absolu l’entraine dans un gouffre. Désespéré, il se tourne vers le Dieu d’Isaac, d’Abraham et de Jacob.

Dans les années 1990, alors que Martin est adolescent, le bruit court dans sa famille aux racines chrétiennes qu’il est un «enfant indigo». Issue du Nouvel Âge, cette croyance est très répandue à l’époque. On prétend que certains enfants surdoués possèdent une intelligence intuitive, voire spirituelle, et sont nés pour transformer le monde à venir. On les dit même surhumains, affirmant que leur inadaptation à la société est attribuable à leur génie ou à leur «vieille âme».

Martin comprend qu’il est spécial. De fait, il excelle dans tout: musique, sport, études. «Ma tante disait que j’étais au monde pour une raison précise», raconte-t-il, aujourd’hui âgé de 51 ans. «Avec le recul, je vois que ça n’a fait que gonfler mon égo. Ma soif de pouvoir, par la connaissance et le contrôle, allait devenir la quête de toute ma vie.»

À l’époque, Martin subit chaque soir à table ce qu’il appelle des séances de torture mentale, de la part d’un père perfectionniste, obsédé par le savoir et la discipline. «Ces discussions intellectuelles n’étaient pas de mon âge. Il me poussait à bout. Tout devait être parfait. Il n’était jamais satisfait. Ça m’étouffait. Ça finissait par des larmes.»

«Une fois, je l’ai collé au mur, enragé.»

À 15 ans, n’en pouvant plus, Martin commence à consommer des champignons hallucinogènes, du LSD et du cannabis. Il verse dans la criminalité.

Occultisme et ésotérisme

Un an plus tard, en peine d’amour et en questionnement existentiel, Martin décide, mentalement, de mourir. «Je ne sais pas comment l’expliquer. J’ai consciemment accepté de mourir. Ensuite, je suis sorti de mon corps. Je me suis vu. Je regardais ma chambre. Quelque chose m’a aspiré par-derrière. J’ai regardé: c’était noir, et vide! J’ai eu tellement peur que j’ai bondi de mon lit. J’ai couru voir mes parents, qui dormaient. Je n’arrivais pas à leur expliquer ce qui venait de m’arriver.»

Pour Martin, encore aujourd’hui, il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’une expérience initiatique occulte, un voyage astral, expérimenté sans qu’il ait eu recours aux techniques habituelles – il n’est sous l’influence d’aucune substance, seule sa volonté est en jeu.

«Les drogues hallucinogènes, m’explique Martin, permettent de faire de telles expériences.» Il poursuit: «Même si, aujourd’hui, on peut se procurer des drogues au coin de la rue ou en magasin, il demeure qu’elles ouvrent à une dimension autre, même si le consommateur n’en est pas conscient.»

Il ne s’en remet pas. Le jeune homme ne parvient plus à vivre la simple réalité des choses. Il se sent dissocié de son corps.. Ne sachant pas à qui s’adresser, il cherche par lui-même et trouve des réponses dans la doctrine de la gnose.

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Veillée du pape au Stade de France : Une relique ne constitue pas un dogme, mais la foi a besoin de signes

Jean-Baptiste Darantière; Directeur artistique et metteur en scène de la grande veillée du Pape au Stade de France. Sur le site de La Croix, 28 oct. 2026.

Reliques, sanctuaires, légendes : la grande veillée du pape au Stade de France, le 25 septembre 2026, a ravivé le débat sur leur place dans la célébration de la foi chrétienne. Jean-Baptiste Darantière, metteur en scène de la soirée, revient sur ses choix artistiques et religieux, répondant à un texte du théologien Jean- François Chiron.

Le christianisme est une foi incarnée. Par amour ultime pour sa création, le Père offre son Fils, lui fait don d’un corps, le vêt d’un visage. Et le Fils connaît le froid, la faim, les joies et les peines : la vie humaine dans sa complexité matérielle et sa beauté surnaturelle.


Quoi de plus évident que l’expression de notre foi puisse s’ancrer dans la matière, dans les démonstrations physiques, dans les odeurs ou dans les sons ? La liturgie n’est-elle pas elle-même profondément ancrée dans cette « matérialité » ? L’encens, les saintes huiles, les bougies, les fleurs, les icônes, les cantiques sont autant d’outils matériels ou tangibles qui accompagnent les prières des fidèles depuis des siècles.

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Les EMI dites ‘négatives’

Avec Penny Sartori, infirmière en soins palliatifs, docteure en philosophie, Royaume-Uni.

Que se passe-t-il quand une expérience de mort imminente est terrifiante ? Penny Sartori a été infirmière en soins intensifs de 1993 à 2011. En 1997, elle lance la première étude prospective à long terme du Royaume-Uni sur les EMI, sous la supervision du Dr Peter Fenwick et du Pr Paul Badham : cinq ans de recueil de données auprès d’environ 300 patients, interrogés parfois quelques minutes après un arrêt cardiaque, puis trois ans d’analyse.

Elle préfère parler d’expériences « effrayantes » plutôt que « négatives » : malgré leur caractère traumatisant, certaines produisent à long terme des transformations bénéfiques. Elle revient sur l’histoire de ces cas longtemps ignorés, sur les catégories établies par Margot Grey, Nancy Bush et Bruce Greyson, et sur un fait troublant : aucune des grandes études prospectives — Sabom, van Lommel, Parnia, Greyson — n’en rapporte un seul cas, quand la sienne en compte 13 %.

Elle écarte enfin plusieurs idées reçues. Non, ces expériences ne concernent pas les « mauvaises personnes ». Non, elles ne s’expliquent pas par les anesthésiques ni par une culpabilité refoulée. Et elle raconte le cas d’une patiente en fin de vie, terrifiée à l’idée de mourir parce qu’elle était déjà « partie » cinq ans plus tôt.

Conférence enregistrée lors des 2èmes Rencontres internationales sur les expériences de mort imminente, organisées par Sonia Barkallah.

Une étude à connaître.

« Les pieuses légendes assenées comme des évidences lors de la veillée du Stade de France discréditent l’Église »

Jean-François Chiron, théologien, sur le site de La Croix

Le théologien Jean-François Chiron regrette la présentation sur le même plan des grandes figures chrétiennes de la France et de contrevérités historiques à la veillée des jeunes, lors du voyage du pape en France. Selon lui, tout arrangement avec la vérité n’est pas sans conséquences.

Le bilan de la visite pastorale du pape Léon XIV fait l’unanimité par son caractère positif, et tout catholique français ne peut que s’en féliciter. Et on se réjouira autant de ce qui revient au pape, qu’il s’agisse de ses paroles, de ses gestes et du ton qui a été le sien, que de ce qui revient aux organisateurs : on doit saluer l’exploit, s’agissant de la dimension technique aussi bien que du programme, élaboré avec discernement et esprit de foi.

De la veillée avec les jeunes au Stade de France on ne niera pas qu’elle fut une réussite. Mais ce qui fut donné à voir lors de cette veillée peut interpeller sur certains points précis ; osons, à quelque distance de l’événement, les relever.

On a déjà discuté, dans les colonnes de La Croix, la mise en valeur de la sainte tunique d’Argenteuil. Il faut quand même une certaine audace pour désigner comme « la tunique portée par le Christ pendant sa Passion » un objet dont on sait, sans aucun doute possible, qu’il remonte au Moyen Âge. On aurait pu présenter un objet qui « rappelle pour nous » la robe du Christ, ou toute autre formule du même genre – mais l’exhibition aurait perdu tout son sel.

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