L’Alliance des cœurs unis

« La Vie » publie ce 12 août 2026 un article « Milieux apparitionnistes : l’Alliance des cœurs unis, l’association de groupes de prière en pleine polémique », où Sophie Lebrun tente de faire le point.

On peut y lire :

 » Dans une attestation destinée à la justice, datée du 28 mai 2026 et que La Vie a pu consulter, l’ancien président de la cellule, l’évêque émérite de Carcassonne et Narbonne Alain Planet, confirme avoir été « amené, avec (ses) collaborateurs et lors des échanges avec la Miviludes, à (s’)intéresser à l’Alliance des cœurs unis ». Il explique avoir « étudié l’œuvre écrite publiée par elle sous le pseudonyme de Virginie » : « J’avais alors mis en garde les évêques de France contre le contenu aberrant de ces “révélations”, (…) textes sans conformité, (…) un contenu hétérodoxe de la doctrine » et de sa « crainte devant la constitution d’une communauté curieusement hiérarchisée, avec des liens politiques anti-républicains et anti-démocratiques » ».

Et encore :

« Les analyses théologiques des écrits publics de « Virginie » rejoignent le point de vue d’Alain Planet. Auteur d’Impostures mystiques (Cerf, 2023), le spécialiste des apparitions mariales Joachim Bouflet assène : « Il n’y a rien, dans les révélations de “Virginie”, tout a été pioché dans l’existant, en l’assimilant mal et en mélangeant tout. »

Pour Guillaume Chevallier, prêtre de la communauté de Saint-Martin dans
le diocèse de Dijon et spécialiste des milieux apparitionnistes, « les messages de “Virginie” sont dangereux pour la foi et la spiritualité ». Soulignant « l’abondance de réemploi de matériaux parfois tirés de l’imagerie enfantine (génie, Schtroumpfs, Barbapapa, la Reine des Neiges, etc.) », il détaille de nombreux marqueurs de dérives : « Autopersuasion imaginaire, expérience religieuse sensible, déviation du vocabulaire et des notions catholiques de la rédemption, graves problèmes doctrinaux, méfiance à l’égard de l’Église-institution, présomption… »
Guillaume Chevallier précise : « “Virginie” s’associe de manière singulière à la Passion rédemptrice. Au sens littéral, elle dit porter le poids du monde sur ses épaules et elle dit enfanter l’Église. Elle explique avoir été investie par la puissance prophétique lors de l’imposition d’une Sainte Face sur son visage. » »

D’après Bertran Chaudet, diacre permanent et ancien membre de la cellule de lutte contre les dérives sectaires de la CEF, certaines formules de l’Alliance des cœurs unis s’apparentent à des « techniques pour placer ou maintenir une personne dans un état de sujétion psychologique », ce qui, selon lui, pourrait entrer dans le champ d’un délit selon le texte de l’article 223-15-3 du Code pénal introduit en droit français x xxen 2024, et serait, de plus, contraire aux dogmes catholiques.

À commencer par la formule du serment que doivent prononcer les
membres, « pour servir ou périr » : « Elle introduit une logique binaire
– servir ou se perdre – étrangère à l’Évangile, qui propose l’invitation et non la contrainte. Cumulé avec un pacte comme
“anéantissant par la Toute-Puissance 0divine les pactes des ténèbres”, cela crée une dépendance directe : seuls les membres du mouvement bénéficient de cette protection divine, et le départ
est de nature à être vécu comme une exposition spirituelle grave et
la logique d’une Église envahie ».

Paraît-il « Le dossier est maintenant sur le bureau du Dicastère de la doctrine de la foi »…

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