Conférence de Jean-Marc Sauvé

À l’Institut Catholique de Paris pour le 5e anniversaire de la remise du Rapport de la Ciase à la CEF et à la CORREF.

Diplôme Universitaire Abus et bien traitance.

La vidéo est calée sur le début de la conférence (18.20) qui s’achève à 57.58, donc 40 mn au total.

Un grand moment. C’est remarquable en tout point et cela répond aux bêtises qu’on entretient dans le milieu ecclésial.

Opus Dei, le bon esprit

Mise en ligne, sur la plateforme HBO, d’un documentaire en trois parties (3 x 52′).

LE BON ESPRIT. Derrière la porte de l’Opus Dei. Sous-titré.

https://www.hbomax.com/fr/fr/show/64507602-e314-4ca2-ba8c-af73793f2e52

Bruno Devos, au ami, a participé à ce documentaire

Le directeur et le prêtre s’efforcent de convaincre le candidat, avant même son entrée dans l’Opus Dei, de ne pas demander conseil à un prêtre étranger à l’organisation, ni même à ses parents :

On dit à ceux qui veulent demander l’admission (dans l’Œuvre) qu’ils peuvent demander conseil à qui ils veulent afin de respecter la liberté de chacun. Mais il faut avertir les intéressés qu’une personne qui ne connaît pas l’Œuvre, peut difficilement leur donner un conseil objectif et prudent, à plus forte raison s’il s’agit de quelqu’un qui serait farouchement opposé à la vocation dans l’Opus Dei (1).

L’Opus Dei autorise les membres entrants à s’entourer librement de conseils extérieurs, tout en invitant fermement les directeurs — et ses prêtres — à les en dissuader, comme le confirment de nombreux témoignages. En réalité, l’Œuvre déconseille purement et simplement à ses membres tout recours à l’extérieur, comme nous pouvons le lire dans le texte suivant. Saint Josémaria y évoque la parabole évangélique du bon pasteur qui « connaît ses brebis, et que ses brebis connaissent, qui écoutent sa voix et le suivent » :

Mes enfants, vous devez prendre la ferme résolution de ne jamais commettre cette erreur dans votre vie. Le Seigneur lui-même, par l’intermédiaire de saint Jean, nous avertit qu’il ne faut pas demander conseil à l’extérieur, ce serait aller volontairement se jeter dans un précipice. Fuyez tout étranger ! N’écoutez que la voix du bon pasteur !

Vous savez qui est le bon pasteur pour mes brebis ? Celui à qui j’ai moi seul confié cette mission. Et je la confie habituellement aux Directeurs et aux prêtres de l’Œuvre. […] Il faut écouter la voix du bon pasteur, de ceux qui ont reçu la mission de mener au pâturage les brebis de l’Opus Dei. Tous les autres n’ont pas cette mission spécifique de Pasteur. […]

Quand une âme dans certaines circonstances, a besoin d’un traitement — en quelque sorte — plus spécifique, c’est-à-dire quand elle a besoin de conseils urgents et opportuns, d’une direction spirituelle plus intense, elle ne doit pas aller la chercher en dehors de l’Œuvre. Celui qui agirait autrement s’éloignerait volontairement du bon chemin et il irait tout droit vers l’abîme. Il aurait, sans aucun doute, perdu le bon esprit […].

Si tu faisais cela, tu aurais mauvais esprit, tu serais un pauvre misérable. Tu ne commettrais pas de péché, mais malheur à toi ! Tu aurais commencé à errer, à te tromper. Tu aurais commencé à écouter la voix du mauvais pasteur. Tu ne voudrais pas guérir parce que tu refuserais d’employer les bons moyens (2).

L’interdiction aux recours extérieurs frappe l’entourage laïque — la famille, les amis -, mais aussi les prêtres ! En entrant à l’Œuvre, l’adepte croit entrer dans l’Église. Il se trompe, parce qu’il est trompé. Celui qui se confierait à un prêtre n’appartenant pas à l’Œuvre ne pèche pas à proprement parler, mais il commet là une faute grave qui le conduira à la perdition… S’appuyant sur des comparaisons tirées de l’Évangile, saint Josémaria entretient la confusion de ses souvent très jeunes disciples. Cette confusion, évoluant naturellement vers une crainte, puis une aversion envers tout prêtre étranger à l’Œuvre, les coupe de l’Église universelle.

(1) Catéchisme de la Prélature de la Sainte Croix et Opus Dei (édition 2003), n° 299.

(2) Saint Josémaria, méditation « Le bon pasteur », 12 mars 1961.

Bruno Devos, La face cachée de l’Opus Dei, Presses de la Renaissance, 2009, pp. 46-47

Un problème avec Carlo Acutis ?

D. Auzenet

Pour faire connaissance avec Carlo Acutis, voici une présentation classique sur le site Ozana : https://hozana.org/saints/bienheureux-carlo-acutis

Une Carlo-Acutis-mania

Certaines pastorales d’Église se servent de Carlo Acutis pour parler de la dévotion eucharistique, et cela peut être perçu comme problématique à cause d’une évocation de l’eucharistie centrée d’abord sur les miracles eucharistiques.

La présence réelle de Jésus dans l’eucharistie se reçoit d’abord par la foi aux paroles vraies de Jésus (notamment en Jean 6), et non pas dans la considération de l’eucharistie comme miracle.

= Par exemple, récemment, L’exposition sur les miracles eucharistiques « conçue et réalisée par saint Carlo Acutis » est revenue à Tours, à l’église Saint Julien, du 19 au 26 juin 2026.

L’exposition est composée d’une cinquantaine de panneaux avec les miracles eucharistiques, conçus et réalisés par saint Carlo Acutis, d’une partie artistique (dessins avec des paroles de Carlo), d’un espace audiovisuel avec des miracles racontés en vidéo (une séance de 20 minutes toutes les 20 minutes), et de nombreuses autres surprises !

= Ou encore, ce mail, provenant du site lightsinthedark.info

https://x0wws.mjt.lu/nl3/DpUwL9nAdzFUVJj8a-Yakg?m=CAAACTwFKv4AAc4JplgAAJwAYGsAAYCqcn0Any_cAA0vAwBqnqyhmfyW0ElWTXaa-nqUDj_kCgAFmII&b=48b1f5bc&e=efcbbee4&x=GGb80GyZqp6BVxxEhttsBsgzXvIlWLMRVjp3iQde5V4

= Ou encore l’émission En quête d’esprit du 3 mai 2026 : Les miracles eucharistiques, une énigme scientifique ?

https://www.cnews.fr/emission/2026-05-03/les-miracles-eucharistiques-une-enigme-scientifique-en-quete-desprit-emission

à l’occasion de la parution du livre de Marie Maillard « Les miracles eucharistiques dans le monde ».

Cette Carlo-lâtrie n’obéit-elle pas aux critères de marketing publicitaire, chimère d’une certaine « nouvelle évangélisation » ?

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L’Alliance des cœurs unis

« La Vie » publie ce 12 août 2026 un article « Milieux apparitionnistes : l’Alliance des cœurs unis, l’association de groupes de prière en pleine polémique », où Sophie Lebrun tente de faire le point.

On peut y lire :

 » Dans une attestation destinée à la justice, datée du 28 mai 2026 et que La Vie a pu consulter, l’ancien président de la cellule, l’évêque émérite de Carcassonne et Narbonne Alain Planet, confirme avoir été « amené, avec (ses) collaborateurs et lors des échanges avec la Miviludes, à (s’)intéresser à l’Alliance des cœurs unis ». Il explique avoir « étudié l’œuvre écrite publiée par elle sous le pseudonyme de Virginie » : « J’avais alors mis en garde les évêques de France contre le contenu aberrant de ces “révélations”, (…) textes sans conformité, (…) un contenu hétérodoxe de la doctrine » et de sa « crainte devant la constitution d’une communauté curieusement hiérarchisée, avec des liens politiques anti-républicains et anti-démocratiques » ».

Et encore :

« Les analyses théologiques des écrits publics de « Virginie » rejoignent le point de vue d’Alain Planet. Auteur d’Impostures mystiques (Cerf, 2023), le spécialiste des apparitions mariales Joachim Bouflet assène : « Il n’y a rien, dans les révélations de “Virginie”, tout a été pioché dans l’existant, en l’assimilant mal et en mélangeant tout. »

Pour Guillaume Chevallier, prêtre de la communauté de Saint-Martin dans
le diocèse de Dijon et spécialiste des milieux apparitionnistes, « les messages de “Virginie” sont dangereux pour la foi et la spiritualité ». Soulignant « l’abondance de réemploi de matériaux parfois tirés de l’imagerie enfantine (génie, Schtroumpfs, Barbapapa, la Reine des Neiges, etc.) », il détaille de nombreux marqueurs de dérives : « Autopersuasion imaginaire, expérience religieuse sensible, déviation du vocabulaire et des notions catholiques de la rédemption, graves problèmes doctrinaux, méfiance à l’égard de l’Église-institution, présomption… »
Guillaume Chevallier précise : « “Virginie” s’associe de manière singulière à la Passion rédemptrice. Au sens littéral, elle dit porter le poids du monde sur ses épaules et elle dit enfanter l’Église. Elle explique avoir été investie par la puissance prophétique lors de l’imposition d’une Sainte Face sur son visage. » »

D’après Bertran Chaudet, diacre permanent et ancien membre de la cellule de lutte contre les dérives sectaires de la CEF, certaines formules de l’Alliance des cœurs unis s’apparentent à des « techniques pour placer ou maintenir une personne dans un état de sujétion psychologique », ce qui, selon lui, pourrait entrer dans le champ d’un délit selon le texte de l’article 223-15-3 du Code pénal introduit en droit français x xxen 2024, et serait, de plus, contraire aux dogmes catholiques.

À commencer par la formule du serment que doivent prononcer les
membres, « pour servir ou périr » : « Elle introduit une logique binaire
– servir ou se perdre – étrangère à l’Évangile, qui propose l’invitation et non la contrainte. Cumulé avec un pacte comme
“anéantissant par la Toute-Puissance 0divine les pactes des ténèbres”, cela crée une dépendance directe : seuls les membres du mouvement bénéficient de cette protection divine, et le départ
est de nature à être vécu comme une exposition spirituelle grave et
la logique d’une Église envahie ».

Paraît-il « Le dossier est maintenant sur le bureau du Dicastère de la doctrine de la foi »…

Un village sous emprise – Guerre de religion

Un documentaire sur La Famille Missionnaire de Notre-Dame par France.tv


Documentaire — Vidéo — 51 min 50 s

https://www.france.tv/documentaires/8671008-guerre-de-religion-au-coeur-des-monts-d-ardeche.html#about-section

Pour visionner le documentaire, il faut créer un compte. Le documentaire est disponible jusqu’au 08/07/2027


« Au cœur des Monts d’Ardèche, loin des regards et des tumultes du monde urbain, des religieux s’affairent depuis plusieurs années à édifier un monument hors du commun : une église de 53 mètres de haut, capable d’accueillir plus de 3 500 pèlerins.

Une initiative désavouée par le Vatican, et loin de faire l’unanimité dans la commune de Saint-Pierre-de-Colombier et ses environs, où enfants du pays et militants écologistes se battent désormais contre la « propagation de la divine Miséricorde ».

Derrière ce projet titanesque — estimé à plus de 30 millions d’euros et dont les sources de financement restent extrêmement opaques — se cache une communauté discrète mais résolue : la Famille Missionnaire de Notre-Dame (FMND).

Une congrégation religieuse née au lendemain de la guerre, dans le giron d’un catholicisme radical, nourrie de traditions, de discipline et d’un idéal de « pureté spirituelle », dont les discours trouvent écho dans les milieux ultra-conservateurs et les groupuscules d’extrême droite.

Se présentant comme un rempart contre la « décadence morale » du monde occidental, la Famille Missionnaire revendique une mission : rechristianiser la France. Pendant des années, la FMND a grandi dans l’ombre. Jusqu’à ce jour d’octobre 2023, où une sœur, filmée en train de plaquer au sol un militant écologiste sur le chantier de la « méga-église », a fait voler en éclats l’image policée de la congrégation.

Car derrière la piété apparente de cette « famille de foi », se dessine une réalité bien plus complexe, plus trouble et potentiellement dévastatrice. Déployée sur tout le territoire français, où elle compte une douzaine de foyers et quelque 200 fidèles, la Famille Missionnaire de Notre-Dame est aujourd’hui rattrapée par les scandales ».