Réflexologie plantaire

La réflexologie plantaire ne repose pas sur un concept énergétique. Les points de la réflexologie plantaire ne sont pas assimilables à des points d’acupuncture.

Elle repose sur une observation empirique selon laquelle chaque partie du corps aurait une représentation somatotopique de toutes les autres parties du corps. Ainsi la voûte plantaire serait divisée en zone représentant chacune à une partie du corps. La zone du talon représentant la base de la colonne vertébrale et les doigts de pieds des zones de la tête. Le foie serait sur le bord externe et médian de la voute plantaire du pied droit, l’estomac sur la zone correspondante du pied gauche… 

Quand telle partie du corps présente des dysfonctionnements, il peut se former des petites concrétions de cristaux douloureux à la palpation sur la zone plantaire correspondante. La réflexologie plantaire s’applique à masser ces points pour détendre les zones corporelles correspondantes en tension ou réactiver des fonctions organiques perturbées. Elle ne peut rien sur les parties présentant de réelles lésions. 

Il existe d’autre type de massage réflexologique comme le BindeGewebsMassage ou massage du tissu conjonctif reposant sur la relation neurologique avérée entre des zones de la peau et les organes par la médiation de neurones d’associations qui affèrent à un même étage médullaire. En massant ces zones selon des protocoles bien établis, on peut avoir une action sur les organes associés. Cette méthode pratiquée en Allemagne est assez peu connue en France.

Cependant bien des écoles mélanges les genres ainsi les massages en réflexologie plantaire peuvent être associés à des techniques énergétiques (voir note). Il s’agit alors d’être prudents.

Si un massage des pieds peut être très relaxant, il ne doit pas être associées à d’autres pratiques plus discutables. Si la réflexologie plantaire peut éventuellement agir sur des troubles fonctionnels, elles n’a aucune action sur des troubles lésionnels.

A aucun moment elle ne peut être considérée comme une panacée, et si elle peut avoir le mérite d’opérer une certaine détente, le praticien doit connaître humblement ses limites tant sur ses connaissances médicales que sur le champ d’application de sa méthode… 

Note : voir par exemple la multi-réflexologie faciale : https://anna-zen.fr/la-methode-dien-chan/ — ou encore la réflexologie unitive https://energie-reflexo.com/ — ou encore, la réflexologie vectorielle https://www.erve-france.org/ — ou encore : en médecine traditionnelle chinoise, la réflexologie plantaire vise à rééquilibrer notre corps et nos émotions grâce au toucher de certaines zones des pieds.

Les vertus cardinales

Visites au tombeau des ducs de Bretagne

Au fil du temps, je suis tombé amoureux d’un tombeau. Est-ce possible ?

« Objets inanimés, avez-vous donc une âme qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ? » Lamartine.

Je suis né à Nantes, un 17 août 1954, et fus baptisé le 19 août, à la cathédrale saint Pierre et saint Paul de Nantes.

Cette cathédrale de Nantes devait devenir le pôle de ma vie. Ma mère m’y amenait dès que nous rentrions du Maroc, l’été. Et du plus loin qu’il m’en souvienne, elle me montrait le cœur de ce pôle, le tabernacle, et nous nous recueillions, puis me tenant la main, parfois sans rien dire, me laissait contempler ce tombeau des Ducs de Bretagne. La taille, la majesté, la blancheur des vertus m’impressionnaient. J’étais trop petit pour voir les deux gisants !

Je lui suis infiniment reconnaissant de m’avoir conduit là. À chaque fois que je suis retourné à Nantes, je me suis rendu à ce tombeau, et j’y ai découvert avec grande joie quelque chose de nouveau qui me donnait la paix. Je ne peux pas saisir l’ampleur de ce que représentent ces vertus gardiennes du corps, gardiennes du mystère de la Vie, mais je peux constater que ce qu’elles expriment est vrai.

Vrai sûrement. Vrai bellement. Vrai justement.

Origine du tombeau

Vers 1499, Anne de Bretagne deux fois Reine de France voulut honorer ses parents d’une sépulture digne du respect qu’elle leur portait. Elle n’avait que 9 ans quand sa mère Marguerite de Foix décéda le 15 mai 1487, à l’âge de 28 ans. Et son père François II suivit sa deuxième épouse seulement seize mois plus tard, le 9 septembre 1488, à l’âge de 53 ans. Ils avaient émis le désir d’être inhumés dans l’église des Carmes à Nantes, manifestant leur amour particulier pour cette ville, où ils possédaient un magnifique château.

Anne doit son prénom à l’intercession de sainte Anne patronne des Bretons. En effet, sa mère Marguerite de Foix, longtemps stérile, pria sainte Anne et Joachim, parents de la Vierge Marie d’avoir une descendance. En Bretagne, sainte Anne particulièrement honorée, est représentée désignant un livre, la Bible, à sa fille la Vierge Marie à qui elle apprend à lire. Les femmes de l’aristocratie recevaient en cette fin du XVe une importante éducation littéraire.

Anne de Bretagne était d’une grande érudition, douée d’une vive intelligence et d’un discernement très équilibré. Elle connaissait outre le français et le Breton, le latin le grec et l’hébreu. Sa bibliothèque personnelle composée de très nombreux manuscrits et d’imprimés dans ces trois langues, dont certains provenaient de la prise Naples par Charles VIII.

Elle fut très influencée par l’ordre mendiant des Franciscains qui est représenté sur la vertu de prudence.

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Kabbale, mythologie, ésotérisme chrétien

Madonna, Leonardo Di Caprio, le couple Beckham, Mick Jagger
et plus récemment Juan Branco figure autoproclamée des gilets jaunes, portent au poignet un fin bracelet de fil rouge qui indique leur adhésion aux pratiques de la kabbale. Avant de le mettre, il faut procéder à un rituel magique consistant à tourner sept fois le fil rouge autour du poignet gauche en récitant une prière hébraïque. Ce bracelet noué, doit être gardé entre 28 jours et 7 semaines, et il faut renouveler ensuite l’opération. Il est censé apporter
magiquement abondance et notoriété.
La kabbale, chemin d’initiation ésotérique, voire occulte,
réservée à quelques disciples de rabbins adeptes de jonglerie avec les mots hébraïques, les lettres et les chiffres, est devenue une tendance à la mode.
Ces approches ne sont pas nouvelles. La Renaissance
redécouvre le néoplatonisme et la kabbale pour élaborer une connaissance syncrétiste des mystères du monde. Aujourd’hui le New-Age s’inscrit dans une approche similaire quand elle ne s’en nourrit pas directement. Astrologie,tarots, alchimie, Rose-Croix,Théosophie, Franc-maçonnerie puisent à ces mêmes sources.
Après un court rappel historique, nous nous focaliserons sur
quelques écrits d’Annick de Souzenelle qui fonde ses enseignements sur la kabbale.
Voici quelques éléments de réflexions, qui loin d’être
exhaustifs peuvent permettre de discerner et d’observer l’incompatibilité fondamentale entre cette dialectique ésotérique et la Révélation chrétienne.

Origine de la kabbale

« Kabbalah en hébreu, signifie enseignement, doctrine que l’on reçoit, c’est-à-dire que l’on admet sans examen, avec une foi entière, d’une autorité digne de toute confiance. Ce terme vient de kibbel…, qui signifie recevoir et s’applique à celui à qui Dieu révèle une vérité, ou bien au disciple qui reçoit de son maître une doctrine quelconque. »[1]

Nous devons cette définition de la kabbale à David Drach (1791-1865), fils de Rabbin et Rabbin lui-même, féru d’étude biblique et talmudique. Il se convertit au catholicisme et prit le nom de Paul-Louis-Bernard Drach à son baptême. Il fut bibliothécaire de la Congrégation pour la propagation de la foi à Rome.

La racine du mot KBL signifie en arabe : Il a accepté quelque chose de quelqu’un qui lui enseignait.

Drach exposa, fidèle à une certaine tradition remise en cause aujourd’hui, les origines de la kabbale : « Les Docteurs de la Synagogue enseignent d’une commune voix que le sens caché de l’Écriture fut révélé sur le Sinaï à Moïse, qui initia Josué et ses autres disciples intimes ; que cet enseignement occulte se transmettait ensuite oralement de génération en génération, sans qu’il fût permis de les mettre par écrit. »[2]

Au premier siècle avant J.-C., la Kabbale était connue sous le nom de Merkaba ou char de Dieu. Le concept de la Merkaba tire son origine du premier chapitre du Livre d’Ézéchiel. Le prophète y décrit sa vision du chariot de Dieu tiré par le Tétramorphe qui passe devant lui. « J’ai vu : un vent de tempête venant du nord, un gros nuage, un feu jaillissant et, autour, une clarté ; au milieu, comme un scintillement de vermeil du milieu du feu. Au milieu, la forme de quatre Vivants ; elle paraissait une forme humaine. Ils avaient chacun quatre faces et chacun quatre ailes. Leurs jambes étaient droites ; leurs pieds, pareils aux sabots d’un veau, étincelaient comme scintille le bronze poli. Des mains humaines, sous leurs ailes, étaient tournées dans les quatre directions, ainsi que leurs visages et leurs ailes à tous les quatre. Leurs ailes étaient jointes l’une à l’autre ; ils ne se tournaient pas en marchant : ils allaient chacun droit devant soi. La forme de leurs visages, c’était visage d’homme et, vers la droite, visage de lion pour tous les quatre, visage de taureau à gauche pour tous les quatre, et visage d’aigle pour tous les quatre. Leurs ailes étaient déployées vers le haut ; deux se rejoignaient l’une l’autre, et deux couvraient leur corps. Chacun allait droit devant soi ; là où l’esprit voulait aller, ils allaient. Ils avançaient sans s’écarter. Ils avaient une forme de vivants. Leur aspect était celui de brandons enflammés, une certaine apparence de torches allait et venait entre les Vivants. Il y avait la clarté du feu, et des éclairs sortant du feu. Et les Vivants s’élançaient en tous sens : leur aspect était celui de l’éclair… » (Ez 1, 5-14).

Cette Merkaba deviendra une référence essentielle de la mystique juive.

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La musique et la transe

Dans l’Église catholique, la musique et le chant ont toujours accompagné les offices et les rassemblements religieux. Parfois, jusqu’à devenir prière par le chant de grands hymnes qui ont traversé siècles, comme le Veni Creator. À l’image de l’encens qui s’élève jusqu’aux plus hautes voûtes de la nef, la musique, le chant sont là pour élever les âmes vers le Beau, vers le Sacré, vers Dieu.

Avec la nouvelle évangélisation, nous assistons à des rassemblements, voire des messes, de jeunes dont les spectacles interrogent. Des manifestations de foules chauffées à blanc, on hurle, on répète longuement des slogans, on danse, on saute, on se trémousse, dans des décibels assourdissants, au milieu de lumières laser qui balaient la scène sans interruption, quand ne s’ajoutent pas des effets stroboscopiques alternant ombre, lumière, d’images fulgurantes. Et cela peut durer des heures…

Ce bombardement émotionnel, sensuel, qui va jusqu’à provoquer des transes est-il compatible avec un cheminement catéchuménal chrétien ? Il faut, nous dit-on, pour annoncer la foi aux jeunes, les rejoindre dans ce qu’ils vivent. Jusqu’où ? Pour leur annoncer quelle foi ? Quel Dieu ?

Ce phénomène et les effets qu’il engendre, existe depuis la nuit des temps, nous verrons comment il réapparaît aujourd’hui dans la société et dans l’église…

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La musique et la transe sont souvent associées, nous en retrouvons les traces dans toutes les civilisations premières, dans la Bible, les Grecs nous en ont livré de nombreux témoignages.

Il est curieux de constater que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Les moyens d’amplification sonores et visuels actuels sont cependant beaucoup plus performants.

La transe désigne un changement d’état. Transir à l’origine a le même sens que mourir ou trépasser. Transir s’accompagne souvent d’agitation de convulsion, voire de possession. Le Petit Robert définit la transe comme étant : « l’état du médium dépersonnalisé comme si l’esprit étranger s’était substitué à lui. » La transe comme son nom l’indique est un état transitoire.

Tout d’abord, il s’agit de bien distinguer transe et extase. La transe est produite par une sur stimulation sensorielle, en présence le plus souvent de nombreuses personnes dans une ambiance surchauffée, alors que l’extase est reçue dans le silence, l’immobilité et la solitude. La transe est souvent suivie d’une amnésie, alors que les personnes se souviennent de ce qui s’est passé lors de l’extase. L’ethnomusicologue G. Rouget[1] distingue d’une part une transe volontaire provoquée activement chez les chamans, où l’âme voyage dans le monde des esprits et d’autre part, une transe involontaire passive ou subie, une visite de l’esprit dans le corps d’une personne, autrement dit une possession que l’on retrouve en Afrique, notamment dans le culte vaudou.

L’individu en transe donne l’impression que le champ de sa conscience est envahi, qu’il a perdu toute capacité réflexive, qu’il est dans un état d’égarement, qu’il est incapable de faire retour sur lui-même si ce n’est que par une intervention extérieure. On disait des gens en transe qu’ils étaient des énergumènes. C’est-à-dire possédé du démon. En grec energoumenos signifiait : travaillé par un mauvais esprit.

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Gaïa, la Terre-Mère

Dans la mythologie grecque, Gaïa, ou «Terre », est une déesse primordiale identifiée à la Déesse mère ou Terre-Mère, la terra mater des Romains. Elle dispense la nourriture et la vie aux hommes.  Il est très curieux que le pape François utilise ce vocable à de nombreuses reprises, alors qu’il a une consonance habituellement réservée aux traditions dites primordiales, aux initiés de diverses obédiences, ainsi qu’à des écologistes de la mouvance New Age. Dans son encyclique Laudate si, François préfère utiliser plus prudemment le vocable de maison commune.

Gaïa est l’ancêtre maternelle des races divines, mais enfante aussi de nombreuses créatures, les grands serpents et les monstrueux reptiles.  Elle apparaît comme une divinité chtonienne, puissance infernale, que l’on invoquait et à laquelle on sacrifiait des victimes de couleur claire. Le culte de Gaïa est toujours associé à celui du Serpent.

Gaïa est la gardienne du pouvoir divin : c’est elle qui provoque la rébellion de son fils Cronos contre son père Ouranos qui représente le ciel et celle de son petit-fils Zeus contre Cronos. Elle dresse aussi ses fils monstrueux, les Géants et Typhon, contre Zeus. De cette façon, les Grecs ont voulu représenter les deux aspects de la nature : capable de créer la beauté harmonieuse, mais également capable de faire resurgir le chaos originel.  (D’après l’article Gaïa sur wikipedia.)

Gaïa est donc une divinité, un être suprême, l’essence même de l’âme universelle. Elle est présente sous une forme ou une autre, dans toutes les conceptions initiatiques, les rites secrets magiques, résurgences des mystères égyptiens et grecs, des cultes orphiques et de ceux voués à Mithra où les initiés pensaient devenir Dieu. Le rôle du serpent y est essentiel. Les rites d’initiation des mystères d’Eleusis tournent autour du serpent comme ceux de Delphes associé au culte du Python, le familier de Gaïa, la Terre Mère. En Inde, c’est le « Naga » le serpent qui est la personnification des énergies profondes de la Terre. Gaïa est aussi la divinité qui pouvait prédire l’avenir. Gaïa correspond à Aya, la déesse-mère babylonienne associée au soleil levant et à l’amour sexuel.

Dans la spiritualité New Age, elle est la divinité de la Terre Mère.

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