Spiritualité laïque et spiritualité chrétienne

« 63. La foi catholique de nombreux peuples se trouve aujourd’hui devant le défi de la prolifération de nouveaux mouvements religieux, quelques-uns tendant au fondamentalisme et d’autres qui semblent proposer une spiritualité sans Dieu[1]. »

Points de repères et de discernement

Définir en quelques mots ce qui relève de la spiritualité laïque est tout simplement impossible. Notre approche sera donc très partielle et aura pour point d’attention quelques éléments.

Tout d’abord, revenons à la définition et à l’étymologie. Spiritualité : ce qui concerne ici la spiritualité est relative à la vie spirituelle, à la vie de l’esprit. Cela peut aller de l’activité intellectuelle à la manière de pensée. En tous les cas, la racine latine est « spiritus. » Et il est intéressant de constater que cette même racine à donner respirer, inspirer, expirer. Comme si le souffle, la respiration, en lien avec l’air, l’élément le plus immatériel était l’interface entre le monde de la matière et le monde de l’esprit. D’ailleurs, le muscle le plus important de la respiration qui est au centre de notre corps, et qui forme le plancher de notre cage thoracique et le plafond de notre abdomen s’appelle le diaphragme ou, en langage médical, le « centre phrénique ». En grec phren veut dire, état d’âme, état d’esprit. C’est dire si les anciens avaient repéré qu’au centre de notre corps en lien avec la respiration, ce muscle était l’interface entre le soma, le corps et la psyché ou l’esprit. En français nous pouvons conjuguer le verbe expirer à la forme active j’expire, et non pas à la forme passive je suis expiré. Nous pouvons conjuguer le verbe inspirer à la forme active j’inspire, mais également à la forme passive, je suis inspiré. La question qui nous occupe ici est de savoir, qu’est-ce qui nous inspire ? Qui ou quoi nous inspire ?

Déjà, nous trouvons une différence essentielle entre l’Orient et la tradition judéo-chrétienne au sujet du souffle. En Orient, il s’agit de maîtriser l’énergie vitale qui circule dans le prana, comme le font les maîtres yogi par des exercices de pranayama ou yoga respiratoire. Le ki ou le chi des Chinois est cette énergie concentrée au centre de corps qu’il faut savoir maîtriser par des exercices ascétiques. Dans cette conception, le sommet de la vie spirituelle passera nécessairement par la maîtrise de ces énergies pour maîtriser son mental. Il s’agit de pratiques qui pourraient être considérées comme laïques, en ce sens qu’elles ne nécessitent pas de croyances particulières, mais une pratique assidue. Cependant si nous nous référons aux écrits ou paroles des maîtres nous constatons que tout un système de croyances y est attaché, une conception de l’homme et du monde, de la vie de la mort et de la vie après la mort sont indissociables des pratiques. Dans la Bible, le souffle « spiritus » en latin « pneuma » en grec et « rouah » en hébreux se reçoit de Dieu, il n’est donc pas maîtrisable. Cette simple remarque sur le souffle ou l’esprit permet d’envisager déjà des différences fondamentales quant aux différentes spiritualités. Continuer la lecture de « Spiritualité laïque et spiritualité chrétienne »

Gender et mariage homosexuel, revendication légitime ou retour au mythe de l’androgynie ?

L’assemblée nationale a adopté mardi 21 janvier 2014 un amendement supprimant du droit français le terme « en bon père de famille », Cette expression, présente encore dans plus d’une dizaine de textes de loi datait, dans le code civil, de 1804. Cet amendement a été soutenu par l’ensemble des députés EELV au nom de « l’égalité entre les hommes et les femmes, dans tous les aspects, aussi bien humains que sociaux ».

Pour ces députés, l’expression est « discriminatoire vis-à-vis du genre, qui sous-entend que la femme n’est pas capable de gérer ». Ils estiment que ces termes font « l’amalgame entre un lien affectif, éducatif, et la notion de bonne gestion, ce qui n’a rien à voir ».

Les députés dénoncent une expression « désuète » qui rappelle une tradition patriarcale.

Point intéressant, l’égalité aurait voulu que la notion de bon père de famille soit remplacée par la notion de « bon père et bonne mère de famille ». Mais l’amendement proposé a préféré faire disparaître cette notion. Il n’y a donc plus de notion de père, plus de notion mère. Les autres articles de cette loi ne laissent aucun doute : derrière ces arguments pseudo-égalitaires, il s’agit bien d’une nouvelle attaque dont l’objectif est de détruire tout ce qui touche à la famille traditionnelle.

À défaut de pouvoir changer le réel, le législateur essaie de promouvoir « l’égalité des sexes », pour tenter de forcer une société qui ne la réalise pas spontanément. Pour ces gens-là la solution est simple : Si le réel ne correspond pas à leurs fantasmes, il faut changer le réel. « Il faut changer la vie » était déjà le slogan de Mitterrand dans sa campagne de 1981. Ce slogan était tiré d’une saison en enfer de Rimbaud, tout un programme ! Continuer la lecture de « Gender et mariage homosexuel, revendication légitime ou retour au mythe de l’androgynie ? »

Gnose, foi, et psychologie

Dans un commencement Dieu a créé le monde visible et invisible par sa Parole.

« Et Il vit que cela était bon. » Gn 1

« Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il les créa, homme et femme il les créa. » Gn 1,27.

« Et il vit que cela était très bon. » Gn 1, 31.

Tous les mots de la Genèse comptent, or chacun de ces mots est contesté par la gnose et les gnostiques.

Commencement, Bereshit en hébreu, Dieu crée le monde ex nihilo c’est-à-dire à partir de rien. Les gnoses donnent d’autres explications et contestent cette création de Dieu.

Dieu a créé. Les gnostiques disent que ce n’est pas Dieu qui a créé le monde, mais un démiurge indifférencié qui l’a organisé.

Par sa Parole. Pour la Bible, la Parole de Dieu est créatrice, à l’origine de toute création, et salvatrice en Jésus-Christ. Cette conception est contestée et même combattue par les gnostiques.

Homme et femme créés à l’image et à la ressemblance de Dieu.

Cela est bon. Pour eux la création n’est pas bonne, elle est la conséquence de la chute de l’esprit dans la matière

Et le serpent arrive. « Le plus rusé de tous les animaux des champs» Gn 3,1.

« Alors il dit à la femme. »

Avec qui voulons-nous engager le dialogue ?

Ce dialogue est fait de subtilités, qu’il s’agit de détecter dès le début. Le serpent est maître en subtilité mensongère, il fait dire à Dieu :

« Alors Dieu a dit : vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ? » Gn 3, 1.

Dieu en réalité avait dit : « Tu peux manger de tous les arbres du jardin. Mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal tu ne mangeras pas, car le jour où tu en mangeras, tu mourras. » Gn 2,16.

La femme répondit au serpent. Et là est le drame, il ne faut pas écouter le serpent et il faut encore moins lui répondre, car il est le maître de l’embrouille. Continuer la lecture de « Gnose, foi, et psychologie »

À la croisée des monde, la trilogie de Philip Pullmann

Nous allons examiner avec une attention particulière une trilogie de Philip Pullman qui a eu un grand retentissement dans le monde anglo-saxon. Elle contient pratiquement tous les éléments de ce que nous retrouvons dans la culture du Nouvel Age qui aujourd’hui ne dit plus son nom. Elle s’inspire très largement d’une filiation de pensée que nous essaierons de décrypter. Nous verrons aussi combien ce type de pensée est présent dans bien des thérapies alternatives, des méthodes de relaxation et de bien-être. Dans toutes les librairies classiques, le rayon ésotérisme et occultisme côtoie celui des techniques d’épanouissement personnel. Le volume pris par ces secteurs s’agrandit d’année en année.

Mais cette culture s’adresse maintenant à des enfants de plus en plus jeunes. Les livres à destination d’enfants ou d’adolescents, dans la collection « Fantasy » font le meilleur des chiffres d’affaires des libraires pour cette catégorie d’âge. Des films correspondants aux meilleures ventes sont alors réalisés, avec tous les produits dérivés, en particulier les jeux vidéos, les jeux de rôles, les jeux en ligne sur Internet, ainsi que vêtements, déguisements, et produits alimentaires. Il est important de se rendre compte, au-delà de l’aspect ludique, et des fascinations opérées par ces mondes magiques, de l’anthropologie, voire de la métaphysique qui y est abordée. Certaines de ces œuvres sont remarquablement pensées et relèvent d’une grande érudition ; leurs toxicités sur des jeunes qui n’ont d’autres cultures que celles qui leur sont proposées par ces médiations sont d’autant plus performantes.

C’est sans doute une chance pour l’Église aujourd’hui de ressaisir toutes les questions posées par ces nouvelles cultures qui en fait réactualisent sous une forme ou sous une autre, des questions déjà abordées par nos Pères dans la Foi que les pastorales habituelles avaient écartées ou oubliées.

À La croisée des mondes. Trilogie de Philip Pullman.

Cette trilogie dont le titre est : « A la croisée des mondes » comporte « les Royaumes du Nord », « La tour des anges » et  « le Miroir de l’Ambre », a été conçue pour les enfants par Philippe Pullman. Elle a eu un succès considérable dans le monde anglo-saxon, 7 millions d’exemplaires, et son auteur reçut le prestigieux prix Whitebread en 2001, pour la première fois attribué à un livre pour enfants. Un film, réalisé par Chris Weitz avec Dakota Blue Richards et Nicole Kidman, « La Boussole d’Or » sortait sur les écrans du monde entier le 5 décembre 2007, avec les versions en chinois, arabe, Japonais, Indi, et les principales langues européennes. Avec un grand renfort de publicité des produits dérivés en direction des jeunes, vêtements, jouets, céréales inondèrent les grandes surfaces… L’actualité de ces livres et films passe vite, mais il est intéressant de prendre le temps d’analyser la conception du monde et de l’homme qui imprègne ce type d’œuvre et à quels courants de pensée elles se rattachent. Car les idées qui sont y véhiculées avec des moyens considérables, pénètrent insidieusement les mentalités. Continuer la lecture de « À la croisée des monde, la trilogie de Philip Pullmann »

L’homéopathie

En France, près de six personnes sur dix ont recours à l’homéopathie. Les Français font sont les plus grands consommateurs de gélules homéopathiques au monde.

Souvent, nous entendons dire par leurs fervents partisans : « L’homéopathie, j’y crois ». Personne ne penserait à dire : «  je crois en l’aspirine ».

L’homéopathie se rangerait-elle dans la catégorie des croyances ?

I. Historique

L’homéopathie vient du grec ὅμοιος, hómoios, similaire et πάθος, pathos, souffrance ou maladie.

Aristote (380 av. J.-C.) dans Ethique à Nicomaque[1], dans ses méditations sur l’amour, parlait d’homéopathie pour exprimer la juste et vraie relation philia, entre deux amis. Nous sommes proches alors de la compassion. Pâtir, souffrir avec l’autre, et communier dans une même sensibilité à la vérité la beauté et la vérité. Les perspectives de l’homéopathie depuis Hahnemann ne se rangent pas dans cette catégorie.

Samuel Hahnemann, 1755-1843

Samuel Hahnemann est né le 25 avril 1755 à Meissen, petite ville connue pour ses porcelaines. Il commence à 20 ans des études de médecine à Leipzig.

En 1777, il part à Hermannstadt, actuel Sibui en Roumanie, au service du baron Samuel von Brukenthal. C’est là qu’il est admis dans la loge maçonnique St André des trois Lotus. Effectivement, l’Europe protestante est très perméable à la franc-maçonnerie, à l’alchimie, et à la Rose-Croix. Comme bien des aristocrates et des intellectuels de son temps, pour échapper au dogmatisme de l’Église catholique, il préférait l’apparente liberté du sola scriptura de son enfance luthérienne, laissant libre cours à toutes les interprétations subjectives. Continuer la lecture de « L’homéopathie »

L’EMDR

Cette nouvelle méthode EMDR, acrostiche de Eye Movement Desensitization and Reprocessing, en français Désensibilisation et Retraitement par les Mouvements Oculaires, prétend guérir les souvenirs traumatiques.

Historique

Comme bien des nouvelles thérapies, elle trouve son origine sur la côte ouest des États-Unis, en Californie. En mai 1987, une universitaire diplômée en littérature anglaise, du nom de Francine Shapiro eut une illumination. Elle remarqua qu’en se promenant, ses pensées angoissantes ou perturbantes, liées à son cancer, s’estompaient quand elle bougeait les yeux très rapidement dans un mouvement de va-et-vient vers le haut et en diagonale[1].

Dès lors, pour comprendre ce phénomène observé sur elle-même, elle se lança dans un doctorat en psychologie clinique et devint chercheuse et enseignante au Mental Resarch Institute de Palo Alto. Elle testa et améliora sa découverte sur 70 personnes durant six mois… Puis elle l’appliqua à des personnes en réel état de stress post-traumatique (ESPT), victimes de viol, ou anciens combattants de la guerre du Vietnam. L’étude montra une réduction des symptômes de stress de l’ordre de 30 pour 100. Ce qui, dit en passant, ne présente rien de significatif. Car tout type de prise en charge personnalisé peut présenter les mêmes performances…

Elle s’appliqua à utiliser d’autres stimuli, sensoriels tactiles ou auditifs, autres que les mouvements oculaires. Elle voulut appeler sa méthode Reprocessing Therapy, mais le succès d’EMDR devenu international l’en dissuada. Continuer la lecture de « L’EMDR »

La communication facilitée ou psychophanie

La « communication facilitée » nommée aussi psychophanie a débuté en Australie dans les années 1970 ; c’est Rosemary Crossley, directrice du centre DEAL de Melbourne, qui a mis au point cette méthode « révolutionnaire ». Des personnes autistes ou atteintes de retard mental ou encore de déficiences motrices importantes, pouvaient enfin s’exprimer normalement et même avec poésie, grâce au concours d’un assistant, ou « facilitateur », spécialement formé.

Comment ?

Le facilitateur soutient la main du patient en tendant l’index sur les lettres du clavier d’un ordinateur ou sur un tableau de lettres, en suivant les impulsions données par le patient.

Les parents étaient conquis. Non seulement leurs enfants s’exprimaient pour la première fois de leur vie, mais ils s’exprimaient parfaitement donnant des détails inattendus de ce qu’ils avaient vécu… La méthode s’est vite étendue pour faire face à d’autres difficultés psychologiques moins lourdes : pour des enfants ou des adultes présentant des troubles suivis habituellement par des psychiatres ou des psychologues.

Diffusion de la méthode

Ce succès a été relayé aux États-Unis par Douglas Biken, professeur de l’Université Syracuse de New York, invité par de nombreuses universités ou par nombre de médias, afin de présenter cette méthode capable de donner la parole aux sans voix. Anne Marguerite Vexai, orthophoniste, s’est formée en Australie puis a importé cette méthode sur le sol de France en 1993, formant à son tour d’autres orthophonistes et psychologues. Ainsi, des séances de communication facilitée ont été remboursées comme des actes d’orthophonie par la sécurité sociale. Mais, depuis 2005, une information judiciaire pour escroquerie et exercice illégal de la médecine est en cours à Saint-Brieuc.

Début de contestation

Entre-temps, en Australie, l’« Intellectuel Disability Review Panel », une commission d’étude des handicaps intellectuels qui avait étudié de plus près les méthodes et affirmations de Rosemary Crossley, émettait d’expresses réserves. Elle soulignait la grande fragilité et l’influence fusionnelle que peuvent avoir les facilitateurs sur leurs patients.

De plus, un certain nombre de parents se voyaient accusés d’avoir abusé sexuellement leurs enfants ou de leur avoir caché des secrets de famille à l’origine de leurs difficultés.

Toutes les études sérieuses ont révélé que si le facilitateur ne connaissait rien de l’histoire de son patient, celui-ci ne pouvait rien dévoiler si ce n’est les fantasmes du facilitateur lui-même. De plus, il pourrait s’établir une communication avec les défunts de la famille révélant le plus souvent des banalités, mais aussi des secrets de famille cachés pour le moins troublants.

Le processus d’apprentissage naturel de la parole et de l’écrit qui nécessite de la patience et du temps, paraît n’être plus utile. Des autistes se mettent à écrire des poèmes, révèlent des souvenirs qui s’avèrent exacts ; mais plus encore ils peuvent dévoiler des non-dits, des secrets de famille, voire même communiquer avec des défunts. La médiation moderne du clavier d’ordinateur devient le support d’une nouvelle forme de médiumnité, comme les tarots divinatoires et autres sciences occultes dont les « méthodes » se diffusent à haut rendement sur Internet et dans les librairies.

Par ailleurs, des parents ayant eu affaire à plusieurs « facilitateurs » successifs, ont constaté, selon la personnalité diverse de ceux-ci, une communication singulièrement différente de l’expression de leur enfant, (poèmes, souvenirs, etc.) ; de profondes et graves questions se sont alors posées…

Les désirs profonds des parents de rentrer en contact avec leurs enfants leur ont fait croire, dans un premier temps, en cette chance d’avoir enfin trouvé la méthode pour y arriver. Une grande subjectivité affective et émotionnelle veut transformer l’espoir d’un progrès en réalité. Et cependant des faits relatés par cette médiation peuvent se révéler exacts, ajoutant à la séduction opérée et à l’illusion d’une réelle communication. De même que pour une voyante ou un magnétiseur, pourraient se révéler des informations sur le passé ou sur des organes souffrants, ceci sans connaître vraiment les personnes et sans examen clinique !

Le rapport de 2006 de la MIVILUDES, (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) indiquait déjà les problèmes posés par cette méthode de la « communication facilitée ». Plus largement, elle s’inscrit parmi les dérives psychothérapeutiques où se situent les « faux souvenirs induits ».

Le rapport de 2007 de la MIVILUDES 16, nous en donne une définition en citant une association nord-américaine luttant contre les méfaits de ce symptôme : « le faux souvenir est une expérience déformée par la mémoire du sujet qui l’a vécu ou encore un souvenir imaginaire résultant d’un fantasme qui a remplacé inconsciemment un fait dans la mémoire. »

« Le faux souvenir induit résulte de techniques d’autosuggestion ou d’une influence indue qu’exercent certains thérapeutes. »

Il existe plusieurs sortes de faux souvenirs : « des faux souvenirs de maltraitance, des faux souvenirs de viols, d’inceste (la personne accusée étant souvent le père, parfois le frère) ou d’abus sexuels par une autre personne faisant figure d’autorité (enseignant, prêtre, nourrice, un ami de la famille…). Ou encore des faux souvenirs de vie antérieure etc. »

Le syndrome du faux souvenir est le fait de praticiens ramenant systématiquement toutes les difficultés de la personne à des souvenirs occultés souvent depuis la prime enfance… » 17.

Le « thérapeute » découvrant enfin l’origine des maux, invite son patient à prendre de la distance vis-à-vis de cet entourage familial si perturbant. Ce scénario est malheureusement trop fréquent, il invite à une grande prudence. Les diplômes d’orthophonie ou de psychologie ne doivent pas servir de garants à de telles pratiques qui sortent de leur domaine de compétence et entraînent de telles dérives.

Bertran Chaudet

Compléments, d’après des notes de 2005 (1)

Energies occultes

La phsychophanie ou « communication facilitée » est réellement une technique de communication que l’on pourrait qualifier de « chemin non verbal vers l’autre ».
Mais pour cela, le « facilitant » fait appel aux énergies occultes de la même façon que le médium ou tout autre personne qui utilise une technique énergétique et donc avec les mêmes dangers d’intervention d’entités psychologiques pour des non chrétiens, spirituelles pour des chrétiens mais de toute façon inconnues c’est-à-dire potentiellement dangereuses et peu recommandables.

Médiumnité

Le facilitant a développé sans le savoir des dons de médiumnité. Il est en fait un médium qui accède, par un travail, par force de volonté, à un corps énergétique subtil, non visible, non palpable dans lequel se trouve, entre autres, la mémoire du facilité, ses traumatismes ou blessures enfouies, ses émotions, ses passions, son émotivité, etc… Disons que les facilitants accèdent au psychisme des personnes mutiques qu’ils accompagnent ce qui expliquent que des faits réels ressortent. Mais l’interprétation, le psychisme, les émotions, les passions, les blessures du facilitant interviennent puisqu’il s’agit d’un échange énergétique. Il est impossible de faire le tri et de connaître la part de chacun dans ce qui est écrit.

Télépathie

La machine ou l’ordinateur qui sont utilisés pour communiquer ne sont que des supports tout comme la boule de cristal, le pendule ou les tarots. Le facilitant peut d’ailleurs travailler par téléphone ou à distance. Il s’agit de télépathie.
La télépathie est un don naturel entre des êtres qui s’aiment mais nous entrons dans le domaine du paranormal dès qu’il y a un travail volontaire pour obtenir des résultats.

Nécromancie

Le livre de Mme Vexiau, orthophoniste qui a importé cette méthode d’Australie relate bien que la technique peut mener à la communication avec des personnes décédées. Je crois qu’il est bon de rappeler que Dieu ne permet pas que nous communiquions avec les morts. Par conséquent, ce sont des entités qui parlent. Les énergies occultes sont régies par ces entités.

Idolâtrie

Nous sommes dans le spiritisme, la nécromancie, interdite dans la Bible mais aussi dans l’Église, la forme la plus grave d’idolâtrie. Les facilitants tout comme les médiums tentent d’accéder à des plans que Dieu nous a interdits depuis le péché originel.

Viol psychique et spirituel

Je crois qu’en leur âme et conscience, les facilitants doivent se poser cette question : La personne mutique est-elle véritablement libre ? A-t-elle la liberté et la capacité à refuser cette intrusion pour ne pas parler de viol psychique et spirituel ?

D. Auzenet

(1) Je pense que ces notes reprennent des écrits du P. Verlinde.

PNL : repères pour un discernement pratique et spirituel

Définition de termes selon la PNL

Programmation. C’est la façon dont nous codons nos expériences ou nos processus de décision. La PNL propose de recoder ces processus pour devenir plus performant, moins angoissé, et optimiser tous nos potentiels. Nous pouvons modifier notre programmation selon les résultats que nous voulons obtenir dans un secteur ciblé.

Neuro. Les processus de la pensée sont en lien avec le système neurologique, lequel influence notre physiologie, nos émotions, notre comportement… Il s’agit par des exercices répétés d’agir sur nos capacités et représentations sensorielles, mémorielles et cognitives, pour optimiser nos apprentissages ou nos réactions.

Linguistique. En PNL, la linguistique n’a d’autre objectif que de rendre plus performant l’utilisation des mots pour atteindre ce que nous voulons obtenir.

Naissance de la PNL

Dans l’effervescence des recherches en psychologie des années 1970 sur la côte Ouest des États-Unis, Richard Bandler, mathématicien, étudiant en science de l’information, s’intéresse à l’excellence en communication. Avec le docteur John Grindler, ils étudient le comportement des personnes capables de rentrer en communication avec des sujets particulièrement difficiles à comprendre pour des raisons psychologiques, comme l’autisme, ou physiques, les sourds et muets, ou les accidentés.

Bandler a été fasciné par l’approche de Fritz Perl, fondateur de la gestalt thérapie[1]. Continuer la lecture de « PNL : repères pour un discernement pratique et spirituel »

Le REIKI. Réflexions pour un discernement.

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Le Reiki se présente comme une méthode de soin, faisant appel à l’énergie universelle. Le Reiki prétend rétablir le bon écoulement de cette énergie dans chaque individu, et par conséquent son harmonie tant corporelle que psychologique et même spirituelle. Le reiki, selon ses adeptes, serait une simple pratique ouverte à tous, neutre de toute conception religieuse. Nous verrons qu’il n’en est rien.

En quelques années, le développement de cette méthode a atteint des proportions aussi importantes qu’inquiétantes. En effet, l’initiation à cette méthode magique ne demande aucune qualification, ni formation préalable. Ainsi un chauffeur routier d’un petit village sarthois est-il devenu en quelques mois, maître Reiki, ouvrant son cabinet devenu rapidement très lucratif, dispensant des soins pour tous types de pathologie. Aucun diagnostic clinique n’est établi, le praticien percevrait les mauvais états énergétiques de son patient et en rétablirait les flux.

Origine

La syllabe « Rei » signifie esprit ou pouvoir supérieur universel. La syllabe « ki » vient du chinois « qi » que l’on peut prononcer tchi, c’est l’énergie ou force vitale. C’est le « prâna »des hindous, que l’on retrouve dans le yoga notamment dans le prâna yamaou yoga respiratoire. Le reiki se présente comme étant la force universelle de l’esprit.

Son fondateur est un homme d’affaires japonais du nom de Mikao Usui (1865-1926). Usui aurait été pasteur, si la méthode est proposée à des protestants ou moine catholique si celle-ci est à destination de catholiques, et même recteur de l’université chrétienne « Doshisha » de Kyoto à la fin du 19e siècle. Usui aurait obtenu une licence de théologie (un doctorat selon d’autres biographes) à l’université chrétienne « Divinity School » de Chicago. Ces informations n’ont jamais pu être vérifiées. Continuer la lecture de « Le REIKI. Réflexions pour un discernement. »

La communication NonViolente

La Communication NonViolente (CNV) a été conceptualisée par un américain d’origine juive, Marshall B. Rosenberg (1934- 2015) docteur en psychologie. Le fondement de la CNV repose sur quatre piliers dits OSBD : Observation, Sentiment, Besoin, Demande. Rosenberg a été l’élève de Carl Rogers dont il adopté puis adapté les principes d’empathie et de non-directivité ; il s’inspire des recherches d’Abraham Maslow théoricien des notions de besoins humains. Gandhi apparaît comme l’emblème iconique de la non-violence pour justifier et asseoir le sérieux des références de la CNV.[1]

Il faut bien écrire Communication NonViolente, car c’est une marque déposée aux États-Unis. L’altruisme prôné par le concept ne doit pas oublier le côté business. Le cursus de formation de base, pour être certifié praticien CNV, est de 78 jours sur trois ans et revient environ à 15000 euros soit 200 euros la journée de formation, soit environ 30 euros de l’heure sans compter les frais annexes… Cette formation est ouverte à tous, ayant eu déjà une vingtaine de jours d’initiations avec un praticien habilité. Aucun diplôme ni examen préalable n’est nécessaire.

Il est toujours important de comprendre les fondements d’une méthode ou d’un concept.

Deux personnes

Carl Ransom Rogers (1902-1987)

Psychologue humaniste américain, connu internationalement, pour son approche non directive dans le domaine de la psychothérapie, de la médiation et de la relation d’aide. Il a insisté sur l’importance de la qualité de la relation entre le thérapeute et le patient. Il redéfinit trois attitudes fondamentales du psychothérapeute ou de l’aidant : l’empathie, la congruence et la considération positive inconditionnelle. Pour Rogers la relation thérapeutique ne repose pas sur des concepts à appliquer, mais sur un savoir-être.

L’empathie. Le thérapeute est à l’écoute bienveillante, sans jamais prendre position, des messages verbaux de son client. Rogers n’utilise pas le terme « patient », mais celui de « client », afin de ne pas être dans un diagnostic préalable à la relation. L’aidant incite seulement à la répétition ou la reformulation de ce qui est dit. Le thérapeute doit toujours se déplacer pour comprendre les situations selon les cadres de référence de son client.

La congruence. Le thérapeute ne doit jamais oublier qu’il est une personne à l’écoute d’une autre personne et non un expert ou un conseiller. La congruence rogérienne est un appel à la cohérence entre l’expérience, le ressenti et l’analyse que l’on en fait, pour mieux agir.

La considération positive inconditionnelle. Le client est accepté tel qu’il est dans un climat chaleureux, toujours positif et sans jugement.

Rogers a inspiré en France les courants de pédagogie non directive.

Parmi ses livres, s’il ne fallait en retenir qu’un pour approcher sa pensée, ce serait Le développement de la personne, Dunod, 2005, 270 p. 

Abraham Harold Maslow, (1908-1970)

Psychologue américain, il est considéré comme le fondateur de l’approche humaniste. Théoricien des motivations « supérieures » de l’homme par la hiérarchie des besoins, à la recherche de l’accomplissement de soi, représentée de manière simplifiée sous la forme d’une pyramide.

Cette hiérarchie des besoins signifie que l’homme n’atteint le plein développement de sa personne que s’il est satisfait sur tous les plans : physiologie, sécurité, amour, estime et accomplissement de soi. Maslow estimait que lorsque les besoins élémentaires (physiologiques et de sécurité) sont satisfaits, la personne peut chercher à satisfaire des besoins d’ordre supérieur et retrouver ainsi d’autres motivations.

Puis il s’intéressa aux expériences mystiques, aux états de plénitude, aux expériences paroxystiques, en fait paranormales. Il devient alors, un représentant emblématique de la psychologie transpersonnelle, étudiant les états de conscience modifiée ou exceptionnelle, que d’aucuns appelleraient parapsychologie, aux confins de phénomènes occultes.

Vers la fin de sa vie, Maslow va identifier un nouveau besoin motivationnel qu’il nommera dépassement de soi (self-transcendence). Il constata que l’être humain pleinement développé et épanoui était motivé par des valeurs qui transcendent sa personne ; découvrant l’altruisme et une communion plus large avec les autres hommes, en mettant de côté ses propres besoins, il s’engage pour servir. Maslow d’origine juive, découvre-t-il alors ce qu’est la charité chrétienne ?

Trois finalités du concept CNV

Se libérer des contraintes des conditionnements culturels, pour vivre sa vie. En fait, c’est arriver à ne plus porter de jugement sur les personnes et sur les actes en termes de vrai ou de faux.

Se mettre en cohérence avec soi-même et autrui à partir de ce que je ressens. En fait, c’est prendre conscience des besoins et des sentiments qui nous habitent et en tenir compte avant tout.

Se structurer pour renforcer cette cohérence. En fait, après avoir reconnu ses besoins et ses sentiments « selon son cœur », une générosité aussi spontanée que volontaire doit nous habiter, sans s’appuyer sur des obligations morales ou légales. Partant du postulat que la nature profonde des hommes les porte à « aimer, donner, et recevoir dans un esprit de bienveillance ». C’est le même principe idéologique que celui de Rousseau « L’homme est bon par nature, c’est la société qui le pervertit ». Pour être libre, il faut redécouvrir le bon sauvage en nous, naturel et sans lois coercitives.

Le concept CNV se veut politique en mettant en place des structures gouvernementales et sociales qui respectent ces préceptes, qui, rappelons-le, sont labélisés…

Quatre étapes appelées selon leurs initiales OSBD

O : Observation. Décrire la situation en termes d’observations partageables, de faits concrets, vécus. La CNV ne prend pas position sur ce qui pourrait fâcher, ou tout simplement sur ce qu’est la réalité objective. Puisque toute situation ne doit être prise en compte que selon la sensibilité et l’émotion, le vrai et le faux deviennent uniquement relatifs à ce que je perçois.

S : Sentiments et attitudes.Exprimer les sentiments et attitudes tels que je les vis. Aucun jugement ne doit être émis. La simple écoute bienveillante et empathique confirme la justesse des ressentis.

B : Besoin de clarifier le ou les besoins. Tout est centré sur soi. Il n’y a pas de contestations de ces besoins, pas de réflexions ni morales ni légales.

D : Demande, en respectant les critères suivants : réalisable, concrète, précise et formulée positivement, à mettre en œuvre aussi rapidement que possible, et… négociable. Si cette demande n’est pas légitime ni recevable, que se passe-t-il ?

Il est précisé que ces concepts ne sont pas des règles à suivre, mais des aides ou des repères qui aident à la communication.Ainsi l’ordre OSBD est interchangeable en fonction des situations et des personnes. Selon la CNV, les ressentis sont légitimes et peuvent être exprimés ; cependant l’important est de les distinguer des observations objectives et de préciser que c’est ce que nous imaginons. Il n’est pas précisé ce que serait une observation objective, car les critères de cette objectivité ne sont pas définis et confrontés à des principes légaux ou moraux qui eux sont bien établis. Toute évaluation et tout jugement sont à proscrire, car l’interlocuteur se réfugierait dans le renforcement de ses défenses. Tout étant fluctuant, il ne faut rien figer par des évaluations ou des positions fermes.

Cependant la CNV propose quelques conseils de bon sens et d’attention à soi-même et aux autres. Par exemple, si l’on dit à quelqu’un qu’on se sent ignoré par lui parce qu’il ne nous a pas dit bonjour, on ne décrit pas nos sentiments, mais notre interprétation de son comportement. Ce que nous ressentons peut ici être de la tristesse ou de la frustration. De même, certaines expressions cultivent la confusion entre sentiment et jugement.

Autre exemple, « j’ai le sentiment que tu ne m’aimes pas » n’est pas un sentiment, mais un jugement : on interprète le comportement de l’autre. De manière générale, à chaque fois qu’intervient le mot « tu » dans une phrase, la probabilité est très forte qu’il s’agisse d’un jugement et non d’un sentiment.

Il faut être conscient et attentif à la peur de communiquer, sur ce que l’on considère comme intime par pudeur, par peur d’être jugé, qui devient un obstacle à une juste relation.

Rosenberg distingue « demande » et « exigence« .Les demandes formulées ou perçues comme des exigences sont difficilement recevables, car elles seraient dominatrices et entraîneraient une soumission. Il précise que les demandes exprimées sur un mode autoritaire ou contenant des termes qui expriment l’obligation (« il faut », « on doit », « c’est comme ça », verbe à l’impératif, etc.) sont des exigences. L’attitude, les mimiques, le ton, tout ce qui fait la communication non verbale sont à prendre en considération dans des demandes qui peuvent être reçues comme des exigences.

Les besoins. Marshall Rosenberg les définit ainsi : « Les besoins sont des manifestations de la vie ». Il les considère comme des cadeaux « beaux et précieux »[2]. L’expression de ces besoins est un fondement de la CNV ; en voici la liste non exhaustive, selon le Centre de la Communication NonViolente. Besoins physiologiques, bien-être physique ; Sécurité ; Empathie, compréhension ; Créativité ; Amour, intimité ; Jeu, distraction ; Repos, détente, récupération ; Autonomie ; Sens, spiritualité.

Si la spiritualité peut être entendue dans la CNV, elle n’est jamais définie. Dans un syncrétisme indifférencié, tout sert à justifier la CNV citant : Gandhi, Krishnamurti, l’évangéliste Matthieu, Martin Buber, ou Teilhard de Chardin. Comme si toutes ces cultures et spiritualités ne pouvaient être que compatibles et sans contradiction. Ainsi comme la CNV est ouverte à tout et à tous, elle ne peut générer aucun conflit…

La CNV fait partie de ces méthodes globales tout-en-un, un trousseau de clés bien pratique, s’adaptant à toutes les portes, et qui vous balise le terrain à votre place. C’est rassurant !

Critiques et discernement

Avec une certaine dose d’humour, la méthode est présentée par le quotidien La Libre Belgique de la façon suivante : « Ne dites plus : « Tu ne m’écoutes jamais ! », dites : « Lorsque je parle, pourrais-tu avoir l’élan d’attendre que j’aie fini avant de prendre la parole à ton tour pour répondre ainsi à mon besoin d’expression ? »[3]

La CNV, comme bon nombre de ces méthodes qui surgissent dans le marché du bien-être et du développement personnel, a un but lucratif. Maslow découvrit à la fin de sa vie, un besoin supérieur, libre et volontaire : l’importance de se donner aux autres gratuitement.

Faut-il se sentir complètement compris, et avoir satisfait tous ses besoins pour commencer à aimer Dieu et son prochain, comme nous y invite le Christ ? Il ne s’agit pas alors de commencer par s’aimer soi-même ou de demander à nos proches de nous aimer comme nous le souhaiterions. N’est-ce pas pour les chrétiens, en respectant un chemin de vie, d’avancer avec comme premier commandement d’aimer Dieu de tout son cœur, de toutes ses pensées et de toutes ses forces, et en second, d’aimer son prochain ? C’est alors que l’on découvre avec paix et joie que c’est la meilleure manière de s’aimer soi-même et d’être heureux selon le bonheur promis dans les Béatitudes.

Que Ta volonté soit faite et non la mienne, avons-nous appris du Christ dans le Notre Père.

Bertran Chaudet

[1]Marshall B. Rosenberg. Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) – Introduction à la Communication NonViolente– Éditions La Découverte, 1999, 2004.uvence, 2003.

[2]Dénouer les conflits par la Communication NonViolente, éd. Jouvence, 2006, p. 41

[3]Source Wikipédia, article CNV.