Le REIKI. Réflexions pour un discernement.

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Le Reiki se présente comme une méthode de soin, faisant appel à l’énergie universelle. Le Reiki prétend rétablir le bon écoulement de cette énergie dans chaque individu, et par conséquent son harmonie tant corporelle que psychologique et même spirituelle. Le reiki, selon ses adeptes, serait une simple pratique ouverte à tous, neutre de toute conception religieuse. Nous verrons qu’il n’en est rien.

En quelques années, le développement de cette méthode a atteint des proportions aussi importantes qu’inquiétantes. En effet, l’initiation à cette méthode magique ne demande aucune qualification, ni formation préalable. Ainsi un chauffeur routier d’un petit village sarthois est-il devenu en quelques mois, maître Reiki, ouvrant son cabinet devenu rapidement très lucratif, dispensant des soins pour tous types de pathologie. Aucun diagnostic clinique n’est établi, le praticien percevrait les mauvais états énergétiques de son patient et en rétablirait les flux.

Origine

La syllabe « Rei » signifie esprit ou pouvoir supérieur universel. La syllabe « ki » vient du chinois « qi » que l’on peut prononcer tchi, c’est l’énergie ou force vitale. C’est le « prâna »des hindous, que l’on retrouve dans le yoga notamment dans le prâna yamaou yoga respiratoire. Le reiki se présente comme étant la force universelle de l’esprit.

Son fondateur est un homme d’affaires japonais du nom de Mikao Usui (1865-1926). Usui aurait été pasteur, si la méthode est proposée à des protestants ou moine catholique si celle-ci est à destination de catholiques, et même recteur de l’université chrétienne « Doshisha » de Kyoto à la fin du 19e siècle. Usui aurait obtenu une licence de théologie (un doctorat selon d’autres biographes) à l’université chrétienne « Divinity School » de Chicago. Ces informations n’ont jamais pu être vérifiées. Continuer la lecture de « Le REIKI. Réflexions pour un discernement. »

La communication NonViolente

La Communication NonViolente (CNV) a été conceptualisée par un américain d’origine juive, Marshall B. Rosenberg (1934- 2015) docteur en psychologie. Le fondement de la CNV repose sur quatre piliers dits OSBD : Observation, Sentiment, Besoin, Demande. Rosenberg a été l’élève de Carl Rogers dont il adopté puis adapté les principes d’empathie et de non-directivité ; il s’inspire des recherches d’Abraham Maslow théoricien des notions de besoins humains. Gandhi apparaît comme l’emblème iconique de la non-violence pour justifier et asseoir le sérieux des références de la CNV.[1]

Il faut bien écrire Communication NonViolente, car c’est une marque déposée aux États-Unis. L’altruisme prôné par le concept ne doit pas oublier le côté business. Le cursus de formation de base, pour être certifié praticien CNV, est de 78 jours sur trois ans et revient environ à 15000 euros soit 200 euros la journée de formation, soit environ 30 euros de l’heure sans compter les frais annexes… Cette formation est ouverte à tous, ayant eu déjà une vingtaine de jours d’initiations avec un praticien habilité. Aucun diplôme ni examen préalable n’est nécessaire.

Il est toujours important de comprendre les fondements d’une méthode ou d’un concept.

Deux personnes

Carl Ransom Rogers (1902-1987)

Psychologue humaniste américain, connu internationalement, pour son approche non directive dans le domaine de la psychothérapie, de la médiation et de la relation d’aide. Il a insisté sur l’importance de la qualité de la relation entre le thérapeute et le patient. Il redéfinit trois attitudes fondamentales du psychothérapeute ou de l’aidant : l’empathie, la congruence et la considération positive inconditionnelle. Pour Rogers la relation thérapeutique ne repose pas sur des concepts à appliquer, mais sur un savoir-être.

L’empathie. Le thérapeute est à l’écoute bienveillante, sans jamais prendre position, des messages verbaux de son client. Rogers n’utilise pas le terme « patient », mais celui de « client », afin de ne pas être dans un diagnostic préalable à la relation. L’aidant incite seulement à la répétition ou la reformulation de ce qui est dit. Le thérapeute doit toujours se déplacer pour comprendre les situations selon les cadres de référence de son client.

La congruence. Le thérapeute ne doit jamais oublier qu’il est une personne à l’écoute d’une autre personne et non un expert ou un conseiller. La congruence rogérienne est un appel à la cohérence entre l’expérience, le ressenti et l’analyse que l’on en fait, pour mieux agir.

La considération positive inconditionnelle. Le client est accepté tel qu’il est dans un climat chaleureux, toujours positif et sans jugement.

Rogers a inspiré en France les courants de pédagogie non directive.

Parmi ses livres, s’il ne fallait en retenir qu’un pour approcher sa pensée, ce serait Le développement de la personne, Dunod, 2005, 270 p. 

Abraham Harold Maslow, (1908-1970)

Psychologue américain, il est considéré comme le fondateur de l’approche humaniste. Théoricien des motivations « supérieures » de l’homme par la hiérarchie des besoins, à la recherche de l’accomplissement de soi, représentée de manière simplifiée sous la forme d’une pyramide.

Cette hiérarchie des besoins signifie que l’homme n’atteint le plein développement de sa personne que s’il est satisfait sur tous les plans : physiologie, sécurité, amour, estime et accomplissement de soi. Maslow estimait que lorsque les besoins élémentaires (physiologiques et de sécurité) sont satisfaits, la personne peut chercher à satisfaire des besoins d’ordre supérieur et retrouver ainsi d’autres motivations.

Puis il s’intéressa aux expériences mystiques, aux états de plénitude, aux expériences paroxystiques, en fait paranormales. Il devient alors, un représentant emblématique de la psychologie transpersonnelle, étudiant les états de conscience modifiée ou exceptionnelle, que d’aucuns appelleraient parapsychologie, aux confins de phénomènes occultes.

Vers la fin de sa vie, Maslow va identifier un nouveau besoin motivationnel qu’il nommera dépassement de soi (self-transcendence). Il constata que l’être humain pleinement développé et épanoui était motivé par des valeurs qui transcendent sa personne ; découvrant l’altruisme et une communion plus large avec les autres hommes, en mettant de côté ses propres besoins, il s’engage pour servir. Maslow d’origine juive, découvre-t-il alors ce qu’est la charité chrétienne ?

Trois finalités du concept CNV

Se libérer des contraintes des conditionnements culturels, pour vivre sa vie. En fait, c’est arriver à ne plus porter de jugement sur les personnes et sur les actes en termes de vrai ou de faux.

Se mettre en cohérence avec soi-même et autrui à partir de ce que je ressens. En fait, c’est prendre conscience des besoins et des sentiments qui nous habitent et en tenir compte avant tout.

Se structurer pour renforcer cette cohérence. En fait, après avoir reconnu ses besoins et ses sentiments « selon son cœur », une générosité aussi spontanée que volontaire doit nous habiter, sans s’appuyer sur des obligations morales ou légales. Partant du postulat que la nature profonde des hommes les porte à « aimer, donner, et recevoir dans un esprit de bienveillance ». C’est le même principe idéologique que celui de Rousseau « L’homme est bon par nature, c’est la société qui le pervertit ». Pour être libre, il faut redécouvrir le bon sauvage en nous, naturel et sans lois coercitives.

Le concept CNV se veut politique en mettant en place des structures gouvernementales et sociales qui respectent ces préceptes, qui, rappelons-le, sont labélisés…

Quatre étapes appelées selon leurs initiales OSBD

O : Observation. Décrire la situation en termes d’observations partageables, de faits concrets, vécus. La CNV ne prend pas position sur ce qui pourrait fâcher, ou tout simplement sur ce qu’est la réalité objective. Puisque toute situation ne doit être prise en compte que selon la sensibilité et l’émotion, le vrai et le faux deviennent uniquement relatifs à ce que je perçois.

S : Sentiments et attitudes.Exprimer les sentiments et attitudes tels que je les vis. Aucun jugement ne doit être émis. La simple écoute bienveillante et empathique confirme la justesse des ressentis.

B : Besoin de clarifier le ou les besoins. Tout est centré sur soi. Il n’y a pas de contestations de ces besoins, pas de réflexions ni morales ni légales.

D : Demande, en respectant les critères suivants : réalisable, concrète, précise et formulée positivement, à mettre en œuvre aussi rapidement que possible, et… négociable. Si cette demande n’est pas légitime ni recevable, que se passe-t-il ?

Il est précisé que ces concepts ne sont pas des règles à suivre, mais des aides ou des repères qui aident à la communication.Ainsi l’ordre OSBD est interchangeable en fonction des situations et des personnes. Selon la CNV, les ressentis sont légitimes et peuvent être exprimés ; cependant l’important est de les distinguer des observations objectives et de préciser que c’est ce que nous imaginons. Il n’est pas précisé ce que serait une observation objective, car les critères de cette objectivité ne sont pas définis et confrontés à des principes légaux ou moraux qui eux sont bien établis. Toute évaluation et tout jugement sont à proscrire, car l’interlocuteur se réfugierait dans le renforcement de ses défenses. Tout étant fluctuant, il ne faut rien figer par des évaluations ou des positions fermes.

Cependant la CNV propose quelques conseils de bon sens et d’attention à soi-même et aux autres. Par exemple, si l’on dit à quelqu’un qu’on se sent ignoré par lui parce qu’il ne nous a pas dit bonjour, on ne décrit pas nos sentiments, mais notre interprétation de son comportement. Ce que nous ressentons peut ici être de la tristesse ou de la frustration. De même, certaines expressions cultivent la confusion entre sentiment et jugement.

Autre exemple, « j’ai le sentiment que tu ne m’aimes pas » n’est pas un sentiment, mais un jugement : on interprète le comportement de l’autre. De manière générale, à chaque fois qu’intervient le mot « tu » dans une phrase, la probabilité est très forte qu’il s’agisse d’un jugement et non d’un sentiment.

Il faut être conscient et attentif à la peur de communiquer, sur ce que l’on considère comme intime par pudeur, par peur d’être jugé, qui devient un obstacle à une juste relation.

Rosenberg distingue « demande » et « exigence« .Les demandes formulées ou perçues comme des exigences sont difficilement recevables, car elles seraient dominatrices et entraîneraient une soumission. Il précise que les demandes exprimées sur un mode autoritaire ou contenant des termes qui expriment l’obligation (« il faut », « on doit », « c’est comme ça », verbe à l’impératif, etc.) sont des exigences. L’attitude, les mimiques, le ton, tout ce qui fait la communication non verbale sont à prendre en considération dans des demandes qui peuvent être reçues comme des exigences.

Les besoins. Marshall Rosenberg les définit ainsi : « Les besoins sont des manifestations de la vie ». Il les considère comme des cadeaux « beaux et précieux »[2]. L’expression de ces besoins est un fondement de la CNV ; en voici la liste non exhaustive, selon le Centre de la Communication NonViolente. Besoins physiologiques, bien-être physique ; Sécurité ; Empathie, compréhension ; Créativité ; Amour, intimité ; Jeu, distraction ; Repos, détente, récupération ; Autonomie ; Sens, spiritualité.

Si la spiritualité peut être entendue dans la CNV, elle n’est jamais définie. Dans un syncrétisme indifférencié, tout sert à justifier la CNV citant : Gandhi, Krishnamurti, l’évangéliste Matthieu, Martin Buber, ou Teilhard de Chardin. Comme si toutes ces cultures et spiritualités ne pouvaient être que compatibles et sans contradiction. Ainsi comme la CNV est ouverte à tout et à tous, elle ne peut générer aucun conflit…

La CNV fait partie de ces méthodes globales tout-en-un, un trousseau de clés bien pratique, s’adaptant à toutes les portes, et qui vous balise le terrain à votre place. C’est rassurant !

Critiques et discernement

Avec une certaine dose d’humour, la méthode est présentée par le quotidien La Libre Belgique de la façon suivante : « Ne dites plus : « Tu ne m’écoutes jamais ! », dites : « Lorsque je parle, pourrais-tu avoir l’élan d’attendre que j’aie fini avant de prendre la parole à ton tour pour répondre ainsi à mon besoin d’expression ? »[3]

La CNV, comme bon nombre de ces méthodes qui surgissent dans le marché du bien-être et du développement personnel, a un but lucratif. Maslow découvrit à la fin de sa vie, un besoin supérieur, libre et volontaire : l’importance de se donner aux autres gratuitement.

Faut-il se sentir complètement compris, et avoir satisfait tous ses besoins pour commencer à aimer Dieu et son prochain, comme nous y invite le Christ ? Il ne s’agit pas alors de commencer par s’aimer soi-même ou de demander à nos proches de nous aimer comme nous le souhaiterions. N’est-ce pas pour les chrétiens, en respectant un chemin de vie, d’avancer avec comme premier commandement d’aimer Dieu de tout son cœur, de toutes ses pensées et de toutes ses forces, et en second, d’aimer son prochain ? C’est alors que l’on découvre avec paix et joie que c’est la meilleure manière de s’aimer soi-même et d’être heureux selon le bonheur promis dans les Béatitudes.

Que Ta volonté soit faite et non la mienne, avons-nous appris du Christ dans le Notre Père.

Bertran Chaudet

[1]Marshall B. Rosenberg. Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) – Introduction à la Communication NonViolente– Éditions La Découverte, 1999, 2004.uvence, 2003.

[2]Dénouer les conflits par la Communication NonViolente, éd. Jouvence, 2006, p. 41

[3]Source Wikipédia, article CNV.

Mélanges psycho somato spirituels entraînant des dérives

Kinésithérapeute, exerçant en libéral depuis 36 ans, j’ai vu la prolifération de nouvelles thérapies à prétention holistique. C’est-à-dire proposant de guérir toute la personne, toutes les personnes de toutes sortes de maladies. Des stages allant de quelques heures de formation à quelques week-ends permettraient d’acquérir la maîtrise de la méthode, voire la capacité de l’enseigner à d’autres. 

Principaux axes sur lesquels ces « thérapies » reposent pour attirer le client

Un postulat du New Age prétend que : « Aucun être humain n’a jamais utilisé plus de  10% des neurones de son cerveau. »[1]

Il faut donc s’exercer ou s’initier à un épanouissement total de soi.

Certaines nouvelles thérapies  procèdent d’un mélange de connaissances ou de pseudo-connaissances scientifiques et d’une conception du monde inspirée de bouddhisme ou d’hindouisme, voire de l’occultisme.

Ces initiations aux nouvelles thérapies font appel à des notions d’énergie spirituelle qui restent à définir, appelées ki, prana, énergie cosmique, véhicule de lumière divine, esprit d’amour, etc. … Le monde y est perçu comme un vaste système d’énergie. L’homme est traversé par des champs énergétiques qui influenceraient les organes et les systèmes du corps humain, physiquement, psychologiquement et spirituellement. L’esprit ne doit poursuivre aucun but, mais se libérer de toute contrainte pour accéder à un état de béatitude désincarnée.

Les thérapies énergétiques mélangent  les notions et les catégories : ainsi Christ ou Bouddha, peu importe le nom qui est donné à l’incarnation de la perfection la plus élevée. Le patient ou le disciple s’entend dire : « Tu prends conscience que tu es maître de toi-même et de ta vie, pour parvenir à l’auto-guérison ou l’auto-salut par ta propre recherche, comme l’ont réalisé avant toi tous les initiés ; mais pour cela, suis le chemin que l’on t’indique sans raisonner, en développant ton intuition« .

On peut distinguer trois degrés progressifs dans cette initiation

– Le premier niveau très concret concerne avant tout le corps, avec des exercices de prise de conscience corporelle, des exercices respiratoires qui peuvent permettre une meilleure connaissance de soi-même. A ce stade il n’y a que des prémices de risque de dérives.

– Le deuxième niveau plus subtil et plus intuitif concerne la dimension psychosomatique, dite parfois spirituelle, avec des exercices d’induction mentale ou de suggestion.

– Au  troisième niveau, l’initié accède à une dimension où le temps et l’espace semblent ne plus être limités. Ainsi l’on peut entrer dans la mémoire de l’autre, dans son passé, dans son présent et même dans son futur, et ce, même à distance, en communiquant avec des «entités» du monde invisible.

Ces initiation peuvent se faire à l’aide de moyens secrets révélés à chaque niveau ou par simple contact avec le gourou ou l’initié. Certaines initiations permettraientl’accès à des «pouvoirs» de plus en plus étendus : pouvoir de guérison, d’influence sur son entourage, pouvoir de réaliser ses désirs, pouvoir de deviner le passé le présent et le futur.Certaines thérapies ouvrent à la médiumnité et au magnétisme.

Nous citerons parmi bien d’autres thérapies : le Reiki, les propositions diverses et variées de libération des chakras, certains arts martiaux avec rituel initiatique, les initiations néo-chamaniques, la kinésiologie, la psychologie trans personnelle, certaines ostéopathies fluidiques, la micro kinésithérapie, la psychophanie dite aussi communication facilitée.

Qu’en penser ?

Les diagnostics ne reposent sur aucune donnée objectivable. Il y a là le risque de déclarer malades des bien-portants et sains des malades, de prescrire des exercices, des régimes inutiles, voire une médication inefficace et d’empêcher des soins indispensables.

L’initié ou le thérapeute teste subjectivement le ressenti du patient, mais aussi son propre ressenti en induisant de ce qu’il veut tester. Il n’y a pas de signes cliniques définis et vérifiables.

La suppression quasi magique du ou des symptômes de pathologies fonctionnelles et bien entendu non lésionnelles, qui amène le patient à consulter, est parfois spectaculaire, d’où l’attrait exercé par ce type de méthodes. Mais il y a un enfouissement des symptômes qui réapparaissent sous forme d’angoisse, d’état dépressif ou de maladies larvées plus graves.

La suggestion entraîne un effet placebo important qui n’est pas sans efficacité apparente, mais qui n’a pas d’effet durable.

Il y a un risque de dépendance du patient vis-à-vis du thérapeute ou de la thérapie.

L’attrait pour l’invisible, le mystère

Le Credo chrétien affirme la foi en Dieu créateur du monde visible « et » invisible. L’Église catholique a été frileuse, depuis le Concile Vatican II à évoquer le monde invisible. Orce monde de l’invisible a été réinvesti par le New Age, les courants occultes ou ésotériques, ainsi que les courants issus du bouddhisme tibétain. Le nombre de parutions de livres parlant de channeling, des esprits, des anges est en constante progression, sans parler de Satan, de ses pompes et de ses œuvres, lequel refait surface par le biais des courants gothiques et du satanisme, de la musique, aux vêtements et aux scarifications et tatouages.

L’attrait pour les secrets et pour les mystères qui traverseraient l’histoire et expliqueraient ses ressorts cachés, repose sur une crédulité et un manque de repère sans fond.

Des livres et des films pour les enfants et les adolescents ayant un succès planétaire véhiculent des conceptions symboliques qui ne sont pas sans ambiguïté. « Eragon » de Christopher Paolini dont un film a été tiré, relate l’histoire d’un enfant qui découvre un œuf de dragon nommé Saphira. Un vieux dragonnier va l’initier à vivre avec sa dragonne (femelle du dragon), avec qui il pourra communiquer par transmission de pensée et bénéficier ainsi de tous ses pouvoirs. Il pourra même la guérir, à l’aide de passes magnétiques et de formules magiques, quand elle sera mortellement blessée. L’enfant entre en communion, fusion avec le dragon, symbole des puissances des quatre éléments, l’air, le feu, la terre et l’eau. Il s’agit ici d’un processus initiatique cher au Nouvel-Age. Bien des dessins animés, des bandes dessinées ou des mangas, baignent dans ces représentations du monde. Dans l’imaginaire des contes de fée d’autrefois, le prince charmant devait, au contraire, combattre le dragon pour rejoindre sa bien-aimée… les sorcières y étaient vraiment méchantes…

Il est important de constater qu’en quelques années, nous avons changé de référentiels, les archétypes n’ont plus la même signification. Le New Age annonçait des changements de paradigmes. Nous y sommes.

Dérives dans l’Église Catholique

Ce désir de guérison immédiate de toutes ses blessures, de sa mémoire, le désir d’épanouissement, de bien être, de connaissance de soi  touche également les chrétiens. Diacre permanent de l’Église Catholique depuis 20 ans, je suis un témoin attristé de nombre de dérives et de conséquences tragiques dans beaucoup de familles.

Lorsque je suis entré au bureau national de la Pastorale Nouvelles Croyances et Dérives Sectaires de la Conférence des Évêques de France en 2006, ce sont les dérives dans les nouvelles thérapies et les techniques de développement personnel qui étaient l’objet de mon attention. Aujourd’hui, je suis tout autant attentif et préoccupé par les dérives au sein même de l’Église Catholique.

Certains chrétiens ont cherché et cherchent encore auprès de leaders charismatiques, de structures ou de communautés se recommandant de l’Eglise Catholique, la guérison, ou des moyens de connaissance et de développement personnel.

Guérison

La communauté des Béatitudes et plus particulièrement Ephraïm, Philippe Madre, Fernand Sanchez et Bernard Dubois sont à l’origine de sessions ou retraites dites de « guérison psycho spirituelle. »  Le vocable a changéaprès quelques remontrances des pouvoirs publics et quelques remarques des autorités ecclésiales, mais après un toilettage cosmétique d’apparence, ces sessions ont perduré selon les mêmes concepts. Nous évoquerons ici, principalement les sessions « Anne Péguy Agapè », au Puy-en-Velay qui ont reçu la bénédiction de Monseigneur Brincard, décédé aujourd’hui.

Le livre très bien documenté : « Le Renouveau charismatique une Église dans l’Église » fait une recension des leaders de ces sessions. Il analyse avec pertinence les enjeux de ce qu’il considère comme de très graves dérives.

De nombreuses familles ont été victimes de ce type de retraites, allant parfois jusqu’à des ruptures entre conjoint ou entre parents et enfants, dont certaines paraissent irréversibles. La plupart des retraitants sont issus de familles privilégiées. Les sessions coûtent cher !

Les futurs participants doivent  envoyer par écrit leur motivation pour suivre la retraite dévoilant ainsi déjà, ce qui serait à l’origine de leur mal-être. Certaines sessions peuvent accueillir jusqu’à 80 participants. En moins d’une semaine, il est proposé de revisiter à l’aide d’un livret mêlant citations bibliques et questions inductives et intrusives toutes négatives, l’histoire du retraitant et de sa mémoire : conception, vie in utéro,  naissance (il sera demandé de modeler en pâte à modeler le bébé qu’ils ont été !), premières années, relations aux parents, aux frères et sœurs, aux souvenirs cachés, enfouis, douloureux, incestes, avortements, divorces, non-dits familiaux…, et deprésenter toutes ces blessures secrètes pour que le Seigneur vienne libérer ou guérir dece dont les retraitants auraient été victimes, et qui nuirait  à leur vie intérieure et relationnelle. Dans un premier temps, beaucoup de participants ont le sentiment d’avoir enfin trouvé l’origine de leur mal-être, de comprendre enfin leur difficulté de relation à eux-mêmes, à l’autre, au père, à la mère, aux frères aux sœurs, aux supérieurs de leur communauté, à Dieu… L’émotion, l’affectivité prennent le pas sur l’analyse et la raison, ne faut-il pas lâcher prise, tout dévoiler ? Le retraitant baisse toutes ses défenses dans ce système qui a la garantie de l’Église. Tout est dévoilé à un « accompagnateur » la plupart du temps sans réelle compétence tant sur le plan de l’accompagnement psychologique que spirituel.

Ces « découvertes » peuvent entraîner une reconstruction de la personne autour de ces souvenirs hâtivement retrouvés, et révélés devant Dieu. Il se peut que de faux souvenirs ou des souvenirs partiels soient confirmés par l’accompagnateur. Où se situe la juste maïeutique laissant chacun libre de son interprétation ?

Ce processus a été analysé par Elisabeth Loftus [2], sous le nom de faux souvenirs induits.

Après quelques jours ou quelques mois d’impression de mieux-être, l’humble réalité du quotidien, de la famille, de la communauté, peut devenir plus lourde à supporter. Le père, la mère, le conjoint, le frère, la sœur, le supérieur, qui  n’a pas fait  ces sessions permettant cette «guérison» aurait besoin lui aussi d’être libéré de blessures inavouées! De contaminé l’on devient contaminant. Progressivement ce type de relecture psychospirituelle peut obnubiler ceux qui ont fait ce parcours. Après la retraite, tout en prétendant avoir tout pardonné, une insensibilité aux proches s’ensuit, d’autant plus cruelle que ces mêmesproches sont abandonnés. llsvivent silencieusement et douloureusement, sans comprendre le pourquoi de ce subit ou progressif abandon.

Le livre noir de l’emprise du psychospirituel a été a été publié par le CCMM en juillet 2012. Je connais personnellement presque toutes les victimes qui ont témoigné dans ce livre. Suite au traumatisme qu’elles-mêmes ou leurs proches ont subi lors de retraite ou de session, ces victimes ont cherché soutien et réconfort auprès de responsables ecclésiaux. Leur plainte n’a pas été reconnue à la hauteur de ce qu’elles avaient subi. Pire après avoir recueilli certains témoignages et avoir promis une réponse adaptée et réparation autant que faire se pouvait, les responsables ecclésiaux se sont défaussés et n’ont plus voulu entrer en contact avec les victimes. Une commission avait pourtant été diligentée par la conférence des Évêques de France, pour entendre les victimes et analyser les éléments de ce dossier[3]. Tous les spécialistes de cette commission, laïques ou clercs, selon leurs domaines de compétences, avaient donné un avis défavorable quant aux sessions de guérison mélangeant le psychologique et le spirituel. Ils ont rendu leur rapport à tous les Évêques de France. Cela n’a été suivi d’aucun effet. Les sessions ont continué. Les leaders n’ont pas reçu de demande d’arrêt de leurs pratiques. Monseigneur Aillet a préfacé récemment le livre d’un des principaux leaders de ces sessions : Bernard Dubois « Chemins de guérison des blessures de l’enfance sur les pas de Thérèse de Lisieux »[4].

Le  collectif des victimes du psychospirituel du CCMM s’est mis en place. L’interpellation des autorités catholiques demeure et demeurera tant que vérité et justice ne seront pas faites autour de ces pratiques pour lesquelles les autorités ecclésiales ont au mieux fermé les yeux et qu’elles ont au pire explicitement cautionnées.

Un outil de connaissance de soi et développement personnel : l’ennéagramme

Avant tout, je voudrais rendre hommage à Daniel Lafargue qui depuis des années a fait un travail remarquable de recherche d’analyse et de synthèse sur l’ennéagramme, sur son fondateur Gurdjieff, ses disciples et ses actuels développement. Je ne peux que recommander la lecture de son livre : « La face cachée de l’ennéagramme»[5].

Les praticiens et adeptes de l’ennéagramme n’aiment pas qu’on leur rappelle la sulfureuse histoire de Gurdjieff, son promoteur en Occident. Et pourtant la genèse d’une histoire explique bien souvent son développement et sa finalité…  Gurdjieff était probablement illettré, mais c’était un homme rusé et opportuniste qui pratiquait l’art de subjuguer et d’envoûter son entourage. Il se situait au-delà du bien et du mal, manipulant sans aucun scrupule les hommes et les femmes tombés sous son emprise.

Il est arrivé en France en 1922 et s’est installé dans le prieuré d’Avon à Fontainebleau. Des intellectuels français de renom l’ont suivi au moins pendant un temps, puis pour certains ont fini par prendre des distances, Louis Pauwels, Jean-François Revel, René Daumal, René Barjavel, mais aussi anglophones, Katherine Mansfield, Peter Brook, Aldous Huxley et Jodorowsky.

Gurdjieff se nourrissait de toutes les doctrines ésotériques et « sciences occultes»  de ses adeptes,  et concoctait une synthèse à sa sauce qu’il resservait avec une faconde persuasive. Il proposait à ses élèves des efforts permanents d’introspection pour mieux se connaître en se coupant de tout ce qu’ils avaient pensé, su, cru, ou cru penser auparavant. Aucune validation scientifique selon un protocole rigoureux n’atteste de la pertinence des affirmations de l’ennéagramme quant auxneuf types ou bases, et uniquement neuf types possibles, qui peuvent évoluer ou régresser selon les critères propres à ce système. Pourtant les experts en matière d’ennéagramme suggèrent à leurs élèves, des orientations concrètes, psychologiques et spirituelles basées sur ce système.

C’est à Esalen, sur la côte ouest des États-Unis que nous retrouvons l’ennéagramme vers la fin des années 1960 et les années 1970, sous l’impulsion d’un des maîtres à penser du mouvement hippie, Aldous Huxley adepte de Gurdjieff et de l’ennéagramme. C’est Ichazo un mage touche-à-tout, disciple de Gurdjieff, d’origine bolivienne, proche des courants théosophes qui donne neuf types  de caractère aux neuf chiffres de l’ennéagramme. Najanjo psychiatre d’origine colombienne, en demeurant très fidèle à la structure et à l’utilisation initiale par Gurdjieff,  conceptualise et formalise les neufs types de l’ennéagramme tel qu’il est réimporté aujourd’hui en Europe. Le Père Robert Ochs, jésuite, enseignant à l’université de Loyola à Chicago réaménagea « l’outil» ennéagramme pour intégrer la doctrine catholique, notamment celle du péché. Helen Palmer, en faisant de l’ennéagramme un « outil » soi-disant aconfessionnel et areligieux, eut un retentissement considérable. Erik Salmon, entre autres a permis la pénétration de l’ennéagramme, ainsi revu, en France.

Voir différents articles sur l'ennéagramme sur ce site

L’homme accompli, selon la perspective gurdjieffienne, est celui qui a pris conscience et éliminé en lui le dualisme des valeurs du bien et du mal, devenant ainsi tolérant à tout, indifférent au niveau moral et tiède au niveau religieux. Tout doit entrer dans la logique préalable de l’ennéagramme prise comme sommet de la connaissance de soi. Seule la foi dans le concept sauve et fait tout coïncider. Ce qui par ailleurs n’est sans doute pas sans efficacité,  par un effet inductif et suggestif quasi hypnotique. Les processus magiques ne fonctionnent-ils pas de manière identique ?

Dans la société

L’ennéagramme est proposé dans le cadre de formation professionnelle, parfois associé à d’autres techniques comme la programmation neurolinguistique PNL, l’analyse transactionnelle ou l’hypnose éricksonienne. Ces formations ne visent pas à améliorer une compétence professionnelle, mais à permettre de mieux se connaître, et de connaître les autres. « C’est là toute l’ambivalence de ces formations qui promettent aux salariés un développement personnel dans un cadre professionnel. »[6]

Dans l’Église Catholique

Le Père Pacwa jésuite[7]après avoir été initié à l’ennéagramme, en a vu les dangers tant sur le plan théologique que pastoral,et les a dénoncés, dans de remarquables articles. Les personnes qui entrent dans ce système, acceptent puis ajustent leur vie spirituelle et psychologique selon ces principes. C’est une adhésion sans critique qui est demandée. Il peut être dangereux de considérer que nos actes ne sont pas libres, mais résultent de compulsions que nous ignorerions, tant que nous n’avons pas réalisé grâce à l’ennéagramme, qu’elles induisent nos comportements.

La communauté des Béatitudes a vécu sous l’emprise de l’ennéagramme, sous l’impulsion de son fondateur Ephraïm. Ses cadres appelés « bergers » recevaient une formation.  Aujourd’hui malgré de nombreuses mises en garde, l’ennéagramme est proposé dans des centres spirituels catholiques, des centre de formations comme le Cler, et à l’intérieur de communautés religieuses.

« Cela n’a pas empêché le diocèse de Saint Étienne d’organiser, en partenariat avec le CEE d’Eric Salmon, les premières rencontres chrétiennes d’ennéagramme, où se côtoyaient , autour d’ateliers, de tables rondes et de danses sacrées de Gurdjieff, formateurs chrétiens en ennéagrammme , anciens Bergers des Béatitudes et enseignant de la Libre Université de Samadeva. »[8]

Il suffit de taper ennéagramme sur le moteur de recherche officiel de l’Eglise catholique en France, dépendant directement de la conférence des Evêques de France pour avoir les informations sur une grande partie de ces formations ou sessions.

Réflexion conclusive

Le narcissisme caractérisé de l’homme postmoderne occidental, replié sur son bien-être, son auto suffisance et ses performances nécessite, pour les acteurs de la société et de l’Église, une formation spécifique aux thématiques du New Age, des nouvelles thérapies et des méthodes de développement personnel, sans laquelle ils ne pourront dépister les dérives mises en place par des manipulateurs conscients ou inconscients, mais décidés. Les responsables de la société et de l’Église pourraient plus gravement encore se laisser piéger en devenant complices.

Betran Chaudet, 2015.

 

[1]Aldous Huxley (un des maîtres à pense du New Age), Conférence «Human Potentialities », Université de Californie, 1960. http ;//fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_du_potentiel#cite_ref-2

[2]Elisabeth Loftus, Le syndrome des faux souvenirs et le mythe des souvenirs refoulés, Ed Exergue 2001.  Ainsi que Brigitte Axelrad, le ravage des faux souvenirs, 2010, book-e-book.

[3]Les « sessions Agapè » devenues « Anne-Péguy Agapè » et les écrits de leur initiateur, le Dct Bernard Dubois membre de la communauté des Béatitudes, ont fait particulièrement l’objet de ces analyses.

[4]Ed. des Béatitudesnovembre 2014, Nouan-le-Fuzelier (Loir-et-Cher).

[5]Daniel Lafague, la face cachée de l’ennéagramme. Ed book-e-book. 2014.

[6]Daniel Lafargue, La face cachée de l’ennéagramme, Ed book-e-book, 2014.

[7]Notamment analyse en anglais du Père Pacwa sj sur l’ennéagramme http://www.equip.org/PDF/DN067.pdf 1994 et « Dis-moi qui je suis Ö ennéagramme » revue du Christian Research Institute, automne 1991.

[8]Daniel Lafargue, La face cachée de l’ennéagramme, p. 64. Ed book-e-book, 2014.

Ostéopathie

1. Historique

Andrew Taylor Still (1828-1917) est le fondateur de l’ostéopathie. Dans son enfance, il accompagnait son père qui était pasteur méthodiste et rebouteux. Il observait les manipulations empiriques que son père pratiquait. Andrew n’avait pas fait d’études médicales, mais il avait le sens de l’observation : il s’amusait à disséquer des écureuils pour comprendre le fonctionnement de leur squelette.

En 1861, quand débuta la guerre de sécession, Still fut recruté dans l’armée de l’Union et pratiqua une médecine d’urgence, avec les moyens du bord. Ce fut à partir de ces nombreuses observations et expérimentations qu’il mit peu à peu en place une théorie et une pratique. Il pensait que tout déplacement articulaire, même minime, nommé subluxation, peut entraîner des troubles fonctionnels et même des pathologies avérées. Still créa le concept d’ostéopathie en 1855 avec ce postulat : « la structure gouverne la fonction ».

2. Trois concepts fondent l’ostéopathie

* L’être humain est un tout psycho-somato-spirituel. Toute lésion à un endroit du corps peut avoir des répercussions à n’importe quel autre endroit du corps.
* L’être humain possède en lui toutes les capacités à l’auto guérison. L’ostéopathie ne fait que stimuler ces facultés d’auto guérison.
* La fonction dépend de la structure. Si les structures ostéo-myo-articulaires empêchent une bonne vascularisation, il peut s’en suivre une limitation du mouvement ou une immobilisation entraînant l’enraidissement de l’articulation et des tissus péri-articulaires.

Still fonde en 1892 son école : the American school of osteopathie à Kiksvillen dans le Missouri. Un de ses élèves, John Martin Little John, fonde en 1917 la première école d’ostéopathie en Angleterre. Toutes les écoles d’ostéopathie en Europe, quelles que soient leurs divergences, se recommandent de ces fondateurs.

3. Domaine où l’ostéopathie prétend pouvoir intervenir

L’ostéopathie s’est beaucoup diversifiée et prétend pouvoir apporter sa contribution spécifique dans presque tous les domaines de la médecine.
Ainsi, l’ostéopathie se veut intervenir pour les pathologies congénitales, néo-natales, orthopédiques, rhumatismales, traumatiques, neurologiques, psychiatriques, gastro-entérologiques, les pathologies de la sphère uro-génitale, de la sphère ORL, de la sphère broncho pulmonaire…

4. Reconnaissance légale en France

Ce n’est que récemment que l’ostéopathie a été reconnue par le gouvernement français. En voici la définition :

« l’ostéopathie et la chiropraxie constituent un ensemble de pratiques manuelles ayant pour but d’identifier les dysfonctionnements de mobilité du corps et d’y remédier par des techniques appropriées ».

5. Enseignement

Pour les médecins et les kinésithérapeutes, la formation en enseignement théorique et pratique est d’environ 1 200 heures. Pour le titulaire du baccalauréat, elle est de 2 660 heures, soit trois ans d’études.

Depuis septembre 2007, 33 écoles ont été autorisées en France à former et à délivrer un diplôme d’ostéopathie. Dans quelque temps, il s’en trouvera une quarantaine. Ces écoles privées recrutent des élèves ayant le bac et pouvant payer une scolarité coûteuse. Chaque année, 2 000 ostéopathes obtiendront leur diplôme d’ostéopathie (DO). Il n’y aura pas assez de travail pour tout le monde. À titre de comparaison, il y a 40 000 dentistes en exercice en France, avec 1 000 dentistes formés chaque année. Cette multiplication à venir des ostéopathes n’est pas sans poser de sérieuses questions quant à leur volonté d’élargir leur domaine de compétence et de compléter leurs pratiques par des méthodes de moins en moins contrôlables.

L’académie de médecine n’a toujours pas validé l’ostéopathie, émettant périodiquement de sérieuses réserves car aucune étude scientifique sérieuse n’a encore prouvé son efficacité. Cependant, de plus en plus de personnes ont recours à ce type de soins et disent trouver un mieux-être, un arrêt des douleurs, une amélioration de leur mobilité.

5. Il existe plusieurs formes d’ostéopathie

A. L’ostéopathie structurale
L’ostéopathie structurale recouvre toutes les techniques de « reboutage » qui, au fur et à mesure de la pratique et de l’observation, ont donné lieu à des protocoles de manipulations manuelles (parfois différents selon les écoles). Ce sont des gestes secs et précis qui permettent de remettre des vertèbres ou d’autres os qui auraient été déplacés légèrement (subluxation). Ces manipulations peuvent être audibles. On entend un léger craquement. Elles permettent, lorsqu’elles sont bien faites et à bon escient, de récupérer la mobilité des articulations et de faire cesser ou atténuer la douleur.
Un bon praticien va d’abord masser pour détendre les muscles et favoriser la circulation, permettre au patient de trouver un climat de confiance et de relaxation, avant d’opérer le geste sec et précis qui permet la libération de ou des articulations ou des zones douloureuses et coincées.

B. L’ostéopathie fonctionnelle
L’ostéopathe par des gestes précis et doux, amplifie le mouvement de l’articulation en souffrance dans le sens de la non-douleur. Cela permet ensuite une correction douce et spontanée. Les techniques sont dites « directes » quand elles agissent directement sur les os contigus à l’articulation. Elles sont dites indirectes quand elles utilisent un bras de levier.

C. L’ostéopathie viscérale
L’ostéopathie viscérale s’occupe de la « renormalisation » des mouvements des organes internes ou des viscères (foie, estomac, intestins, poumons, utérus) qui seraient perturbés dans leur mobilité. Des tests et des manipulations très douces aident à la recherche des tensions anormales des fascias et ligaments qui suspendent et stabilisent les viscères à l’appareil locomoteur. Pour l’ostéopathie viscérale, il existe un mouvement global ainsi qu’un mouvement propre à chacun des organes internes.

D. L’ostéopathie crânienne
C’est Sutherland (1873-1954) qui, le premier, décrit un déplacement des os du crâne perceptible à une palpation très affinée.
Pour les ostéopathes crâniens, toute diminution, altération ou cessation de la mobilité des os du crâne, peut entraîner des perturbations dans tout le corps. La mobilité des os du crâne serait liée au mouvement respiratoire primaire (MRP), mouvement involontaire dû
– au mouvement du cerveau lui-même dans la boîte crânienne,
– au mouvement du liquide céphalo-rachidien,
– aux tensions réciproques des membranes crâniennes et rachidiennes.
Ces mouvements minimes entraîneraient des mouvements très subtils, mais perceptibles, des os du crâne et du sacrum, et même de tout le corps. En percevant et en accompagnant les zones de blocage et de diminution de mouvement, l’ostéopathe crânien est censé ré-harmoniser les tensions et les disfonctionnements de toutes les articulations et donc procurer un effet bénéfique sur tout l’organisme.

E. L’ostéopathie fluidique est encore plus subtile
L’ostéopathe entre dans l’intimité des mouvements crâniens ou des tissus des organes, des viscères. Attentif au mouvement respiratoire primaire, il va l’accompagner pour aider le corps à s’harmoniser par lui-même.
L’ostéopathie crânienne et fluidique s’intéresse beaucoup à la symphyse sphéno-basilaire, c’est-à-dire au point de jonction entre la base de l’occiput et le sphénoïde.

Prenons connaissance de ce qu’en dit Yves Guillard, dans son livre « L’ostéopathie en douceur » :

« Pendant ses études d’ostéopathie, le praticien apprend à tester les mouvements de la symphyse sphéno-basilaire… Ce test demande bien sûr une grande finesse car il faut « rentrer dans l’inertie des tissus » pour pouvoir les mobiliser. Mais il y a possibilité d’aller encore plus loin : au lieu de chercher à faire bouger le crâne dans le sens du test, il suffit d’imaginer simplement ce mouvement. Et oh surprise ! Le mouvement se fait alors tout seul, mais il est devenu beaucoup plus précis.

Cette capacité d’induire des mouvements extrêmement fins par la pensée est bien connue et elle est utilisée dans d’autres disciplines que l’ostéopathie. Mais elle ouvre la porte à une approche ostéopathique raffinée, agréable, pour le patient comme pour le thérapeute et d’une remarquable efficacité ».

L’ostéopathie, comme beaucoup d’autres thérapies manuelles lorsqu’elles sont pratiquées par des personnes bien formées compétentes et honnêtes, peut permettre un réel soulagement dans de nombreuses pathologies dites fonctionnelles : c’est-à-dire quand la fonction de l’articulation des tissus, des organes ou des viscères, est perturbée. Elle est par contre impuissante quand il s’agit de lésions avérées concernant la structure, notamment les cancers, les maladies dégénératives, héréditaires, ou les traumatismes lésant irrémédiablement telle ou telle partie du corps.

Un même thérapeute peut, en un premier temps, procéder à des approches pertinentes, efficaces et saines. En un deuxième temps, une autre pratique peut s’insinuer insidieusement, moins rationnelle, moins objectivable, qui s’apparente d’avantage au magnétisme ou à la médiumnité. Il ne s’agit pas de dénoncer l’osthéopathie ! Il s’agit d’ailleurs ici de l’osthéopathie fluidique, une branche particulière. Ainsi, Yves Guillard, déjà cité, donne ce témoignage à propos de la qualité de ce toucher hyper léger que l’ostéopathe peut acquérir :

« Peu à peu j’ai allégé mon toucher, ne cherchant plus qu’à induire les mouvements recherchés. Et à ma grande surprise, la sensation est devenue de plus en plus évidente, jusqu’au moment où je me suis rendu compte que mes mains n’étaient plus du tout en contact, mais nous entrons là dans un autre domaine… ».

C’est précisément « ce domaine » qui à la fois doit être l’objet d’une analyse critique sur le plan thérapeutique comme du discernement sur le plan spirituel.

Pour lors, redonnons la parole à Yves Guillard :

« Une autre expérience m’a également marqué et amusé : j’ai eu la chance de travailler pendant deux jours avec un magnétiseur. Cela nous a amené à faire ensemble plusieurs constatations. Nous trouvions à peu près les mêmes zones de lésion, lui en cherchant les régions chaudes et froides, et moi en testant la mobilité des différents diaphragmes. Quand je posais mes mains sur une partie quelconque du corps de mon patient et que mon ami travaillait sur une autre zone, je sentais immédiatement entre mes mains les modifications apportées par son action. Inversement, il ressentait aussitôt toutes les modifications que je pouvais apporter chez le patient. »

La suggestion de l’opérateur peut provoquer concrètement ce qu’il imagine. Pour preuve, voici le témoignage d’un kinésithérapeute en formation d’ostéopathie. Lors d’un exercice, il devait percevoir le mouvement respiratoire primaire crânien. Pour ce faire, il faut poser très délicatement les mains sur le crâne du patient et percevoir les mouvements dans une attitude de grande réceptivité ; cette perception nécessite un climat de relaxation important du thérapeute comme du patient. Dans le témoignage relevé, quelques minutes après le commencement de l’exercice, le patient a déclaré qu’il ressentait des maux de tête dans la région frontale. Le kinésithérapeute a réalisé qu’il était alors en train de rêver : il était au bord de la mer et des vagues venaient se fracasser sur des rochers. Cette expérience a été très troublante pour lui. Son rêve éveillé qu’il n’avait pas contrôlé, avait eu cet effet que lui a révélé le patient. Cela l’a incité à abandonner ce genre de pratique.

Bertran Chaudet

Le corps et le Nouvel Age

Le Nouvel Age, ensemble de réseaux fluides, se présente comme un nouveau paradigme, une nouvelle spiritualité. Aujourd’hui, on ne parle plus beaucoup de Nouvel Age ou de New-Age, mais cette manière d’être et de penser imprègne et influence tous les domaines de notre société :

Le monde de la santé, de l’éducation, du développement personnel, de l’entreprise et de ses méthodes de management, du commerce et de ses performances de persuasion de la clientèle, de l’écologie, de l’agriculture biodynamique, de l’économie positive, de la politique et de certains de ses réseaux, de la culture (avec ses films à audience planétaire, en direction des enfants, des ados et des adultes, ses jeux vidéo, ses musiques), de la mode, du social…

Ces influences sont de plus en plus difficiles à déceler, tant elles imbibent nos existences ; nous y adhérons parfois, sans même nous en rendre compte. Certaines d’entre elles s’inscrivent à l’opposé de la révélation chrétienne.

Le Nouvel Age mange à tous les râteliers

En effet, depuis le XVIIIe siècle, avec une croissance importante à la fin du XIXe siècle, les influences des mouvements théosophiques, maçonniques, et rose-croix, et de leurs enseignements ésotériques, la croissance du spiritisme et de l’occultisme, de la magie, de la kabbale, de l’alchimie et de l’astrologie, du druidisme, du chamanisme, du mouvement Wicca[1], du bouddhisme tibétain, du zen, du yoga, vont poser les fondements mouvants et hétéroclites du Nouvel Âge.

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L’ennéagramme, outil de connaissance de soi ?

Cette réflexion sur l’ennéagramme  a été motivée  par le fait que les chrétiens en France sont de plus en plus sollicités pour participer à des sessions d’ennéagramme pour une meilleure connaissance de soi et  pour une meilleure évolution spirituelle. J’ai souhaité appuyer mon analyse sur deux ouvrages qui sont fréquemment cités comme preuve de fiabilité de la méthode  et comme document de travail lors des formations.

Il m’a paru en effet intéressant de plonger au cœur de ces deux ouvrages, dont la réputation des auteurs sert de caution morale à ceux qui enseignent et propagent l’ennéagramme dans les milieux chrétiens. Bon nombre de ceux qui se forment ou qui  accueillent ces formations dans leur  locaux ne les ont sans doute pas consultés, pour cette raison précisément.

Il s’agit de   « L’ennéagramme, un itinéraire de la vie intérieure » de  Maria Beesing, religieuse dominicaine, animatrice de retraites spirituelles, Robert Nogosek et Patrick O’Learry  jésuite (américain) qui intègre l’ennéagramme à sa pratique de la direction spirituelle, (Desclée de Brouwer, Lonrai août 2003).  Et de « Les neuf portes de l’âme : ennéagramme et péchés capitaux : Un chemin psycho spirituel. », de Pascal Ide. (Ed Sarment éditions du Jubilé. Octobre 2008)

Je soulignerai ici simplement quelques points  d’attention.

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L’homme et son corps dans la révélation biblique

« La Parole est tout près de toi, elle est dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique ». (Dt 30, 14)

Ces quelques éléments succincts d’anthropologie n’ont aucune prétention à l’exhaustivité, bien entendu. Mais ils seront confrontés à certaines représentations du corps dans le New-Age ou dans quelques perspectives qui viennent de l’Orient.

Éléments anthropologiques

Avons-nous déjà pris conscience que le monde n’a pas d’orientation ? L’univers, le cosmos, la terre, n’ont aucun axe aucune direction, aucun sens.

C’est à partir de notre perception corporelle que nous donnons un sens aux éléments qui nous entourent. Et ceci n’est pas d’ordre culturel, mais anthropologique. Tout homme, quel que soit son milieu ou sa culture fait cette prise de conscience que son corps a trois axes et six directions : un axe antéro-postérieur ou sagittal, un axe latéral ou frontal, un axe vertical. Toute notre perception du monde s’oriente en référence à ces trois axes et ces six directions.

L’axe antéro-postérieur, donne l’avant et l’arrière et oriente aussi le temps, tout ce qui est en avant est futur, tout ce qui est en arrière est passé. L’axe latéral donne la droite et la gauche. Voici une expérience singulière de la corporalité : pourquoi dans toutes les langues de l’hémisphère nord, la droite est considérée comme positive et la gauche comme négative ? En français parmi de multiples exemples, nous pouvons dire : je suis adroit ou je suis gauche. Il n’y a cependant pas d’abord une considération positive ou péjorative ou bien morale, mais une expérience existentielle à la signification de ces mots. Quand nous sommes dans la nature veillant dans la nuit, nous attendons la venue de la lumière. Le soleil se lève à l’Est, et dans l’hémisphère nord, nous suivons la course du soleil en nous tournant vers la droite alors que nous observons l’ombre à gauche. C’est donc une expérience physique qui préside à la signification du mot et précède toute autre considération d’adresse ou de morale.

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Feng shui, Chi Qong, Taï-chi-chuan ?

Le Ki

Le chi, le shui, le QI, ou le ki est une notion, provenant des cultures chinoise et japonaise, qui désigne l’essence, le souffle ou le principe énergétique fondamental formant et animant l’univers et la vie. Il faut dire tout de suite que ce concept relève d’une hypothèse et n’est ni infirmé ni confirmé par les sciences formelles. L’occident a rapidement réduit la notion de ki à de l’énergie sans pour autant définir ce qu’était cette énergie.

Dans une approche spirituelle, le ki est l’énergie même de l’univers qui relie les êtres et les choses entre eux.

« Nous ne possédons pas le ki, nous sommes le ki ! » enseignent les maîtres.

Cette énergie circulerait dans notre corps par des canaux appelés méridiens que l’acupuncture a répertoriés. Mais aucun support anatomique n’a été découvert à ce jour permettant de visualiser objectivement ou même de comprendre comment l’énergie y circulerait. L’acupuncture est une pratique empirique qui fonctionne objectivement, mais dont on n’a pas réussi à ce jour à comprendre ni pourquoi ni comment.

Le ki serait également présent dans toutes les manifestations de la nature.

Certains ont voulu trouver des équivalents du ki avec la notion de pneuma des Grecs (notion qui a évolué selon les époques de la Grèce antique) et le spiritus des Latins qui désigne plutôt la notion de souffle. Il serait plus proche du concept de prana de la philosophie indienne.

 « Une analyse rapide de la graphie (écriture non simplifiée) nous montre de la vapeur au-dessus du riz , qui donne une traduction étymologique très réductrice, « énergie produite par l’absorption du riz », exprimant l’idée que le ki est produit par l’air et l’alimentation. L’alimentation n’étant qu’un moyen parmi d’autres de produire du ki. Le Chinois moderne n’a retenu que la partie supérieure , et rejoint ainsi dans Continuer la lecture de « Feng shui, Chi Qong, Taï-chi-chuan ? »

L’inconscient spirituel. Freud, Jung, et la tradition patristique.

L’anthropologie chrétienne

L’anthropologie chrétienne ne conçoit pas l’homme indépendamment de sa relation à Dieu Créateur et Sauveur de l’humanité. Cette anthropologie repose sur la révélation biblique et son fondement que l’on retrouve dans la Genèse : « L’homme est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. » (Gn 1, 26). Cette affirmation concerne tout homme. L’image désigne la constitution naturelle de l’homme, essentiellement dans ses facultés d’intelligence de mémoire et de volonté, sa faculté de choisir et sa puissance d’aimer. C’est grâce à ces puissances, dirait saint Thomas d’Aquin, nous traduirions aujourd’hui capacités ou potentialités, que peut se réaliser la ressemblance. La ressemblance est, elle, en devenir. La ressemblance ne peut s’acquérir que dans l’accueil des vertus théologales de Foi d’Espérance et de Charité, et dans l’exercice volontaire des vertus cardinales de prudence ou de sagesse qui est la première d’entre elles, de tempérance de force et de justice. L’image se rapporte donc à l’être de l’homme et la ressemblance, à sa façon d’être ou à son devoir être. L’homme fort de ses capacités d’intelligence de volonté de mémoire, qui ne serait pas vertueux, ne serait pas un homme accompli réalisant ce pour quoi il a été créé.

Ainsi, selon les Pères de l’Église, l’homme est destiné par nature à devenir Dieu par grâce. Toutes les facultés de l’homme ont pour finalité de le tourner vers Dieu pour qu’il s’unisse à lui. L’intelligence intuitive comme rationnelle est faite pour connaître Dieu, c’est l’intelligence de la Foi. La volonté est faite pour désirer Dieu et L’aimer en obéissant à ses commandements. La mémoire est faite pour nous souvenir de Dieu et de la finalité de notre vocation qui est l’amour de Dieu et de notre prochain comme de nous-mêmes.

Le péché originel est venu perturber cette harmonie engendrant quatre ruptures, celle de l’homme avec Dieu, celle de l’homme avec son prochain, celle de l’homme avec lui-même et celle de l’homme avec la création. Au lieu de reconnaître Dieu comme le principe et la fin de son existence, l’homme s’est mis à ignorer Dieu. Ses puissances ou facultés se sont détournées de Dieu et tournées vers la seule création et son apparence sensible. Continuer la lecture de « L’inconscient spirituel. Freud, Jung, et la tradition patristique. »

L’hypnose (2) : technique ou pouvoir ?

Alors que je disais à un ancien militaire formé dans les sections spéciales d’intervention que je réfléchissais sur l’hypnose, à partir de l’interrogation de cette femme ayant accouché sous hypnose (voir le début de la première partie), il m’a spontanément parlé de son entraînement au combat. Dans ces sections spéciales, il ne faut pas avoir d’état d’âme ; il me disait que des moniteurs leur induisaient un comportement, où tout sens moral disparaissait afin d’être plus performant dans la mission. Tuer un homme de sang-froid sans en avoir le moindre regret continuait à l’interroger trente ans après. Il disait se voir impassible dans certaines situations qui auraient dû lui procurer des émotions. Il venait de réaliser que ce qu’il avait subi dans son entraînement pouvait être assimilé à de l’hypnose. Les conséquences de l’induction d’une dissociation somatopsychique, psycho spirituelle ou psycho éthique, ne sont analysées dans aucun rapport dit scientifique.

Le rapport de l’Inserm de juin 2015

Dans son rapport de juin 2015 sur Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose[1], le très sérieux organisme INSERM a donné quelques points d’évaluation et d’attention concernant l’hypnose. Voici quelques extraits :

L’hypnose recouvre en effet un ensemble de pratiques sensiblement différentes : hypnosédation (à visée sédative, utilisée en anesthésie), hypnoanalgésie (contre la douleur) et hypnothérapie (à visée psychothérapeutique). Il en est de même des formations à l’hypnose en France : elles sont hétérogènes. Il existe une douzaine de formations universitaires, à ce jour non reconnues par l’Ordre des médecins. Il existe également de nombreuses formations associatives et privées. Certaines sont réservées aux professions médicales et/ou aux professions de santé, et d’autres sont accessibles à un public plus large. Le statut d’hypnothérapeute, non réglementé, concerne ainsi des praticiens aux qualifications forts différentes.

Ce rapport se veut d’abord descriptif et analyse différentes études scientifiques menées à ce jour. Ces études visent toute l’efficience de l’hypnose au moment de l’intervention. Ce rapport admet la pratique de l’hypnose encadrée médicalement et la trouve sans danger, tout en reconnaissant que les preuves de son efficacité restent difficiles à évaluer, tant l’approche des pratiques est subjective. Aucun rapport, aucune étude ne s’intéressent à une approche épistémologique intégrant les innombrables réflexions sur le sujet à partir de la fin du 18e siècle.

À cette époque des Rapports ont été faits par Des commissaires chargés par le roi de l’examen du magnétisme animal[2] au sujet de Mesmer notamment. (Ces commissaires étaient des médecins comme Salin et Guillotin et de scientifiques comme Franklin, Bailly et Lavoisier). Leurs conclusions ne sont pas sans intérêt pour évaluer les pratiques d’aujourd’hui, car elles soulèvent des questions qui ne sont plus abordées, d’ordre scientifique, médical et philosophique. Une littérature abondante, fin 19e siècle existe sur le sujet au moment où Bernheim et Charcot ont relancé les recherches sur l’hypnose. Continuer la lecture de « L’hypnose (2) : technique ou pouvoir ? »