J’ai vu les soucoupes

Qui peut bien se laisser aller à croire aux extraterrestres ? Ou pire, à penser en avoir déjà aperçu ! Eh bien, Sandrine Kerion, elle, y a cru.

Tout a commencé le jour où elle s’est imaginée avoir vu des soucoupes volantes. C’était dans les années 90, elle était une adolescente un peu paumée, grandissant dans une famille déchirée, un terreau particulièrement fertile pour que la jeune fille sombre dans ces croyances et illusions.

Persuadée d’être une « contactée », une élue chargée par les aliens d’une mission envers l’Humanité, elle sombre peu à peu dans les théories du complot et autres thèses révisionnistes.

D’après l’autrice – qui a pris énormément de recul et s’est beaucoup documentée sur le sujet -, pour en venir à croire à tout et n’importe quoi, il suffit… d’en avoir besoin.

« J’ai vu les soucoupes » est le récit d’une plongée dans la folie douce et l’évocation du contexte tant familial que sociétal qui y a contribué. Mais c’est aussi celui d’une reconstruction et d’un lent retour à la réalité à laquelle l’auteure porte forcément un regard un peu décalé !

Doit-on s’inquiéter de la résurgence des pratiques new-age ?

Sur le site de France-Culture

Le "Nouvel âge" est une approche globale, holistique et spiritualiste du monde, où le corps, l’âme, l’esprit et le cosmos sont liés. Alors que cette mouvance née dans les années 1960 connaît un regain de popularité, à quoi répond vraiment ce retour du spirituel ? Comment lutter contre ses dérives ?

Développement personnel, retour à la nature, médecines alternatives… Depuis une dizaine d’années, la mouvance New Age, issue de la contre-culture américaine des années 60, fait son grand retour dans la vie de millions de Français.

Écouter l’émission (45 mn)

Mouvement riche, éclectique, parfois utile et positif, il est également porteur de dérives. Et notamment de dérives sectaires.

En effet, selon la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, la Miviludes, 40% des signalements reçus en 2020 concernaient des questions de santé ou de bien-être. Une tendance révélée et accélérée par la crise sanitaire… mais qui la précédait largement.

Car à en croire bon nombre d’associations et d’acteurs de terrain, cela s’expliquerait notamment par la diffusion de la mouvance « New Age ». A la frontière entre le spirituel et le bien-être, à quoi répond cette nouvelle idéologie du sacré ?  Doit-on se méfier de cet ésotérisme contemporain vendeur et ultra-connecté ?  A quel point doit-on redouter les dérives sectaires qui lui seraient liées ?

Autant de questions dont nous allons débattre pendant 45 minutes avec nos trois invités.

Nous recevons Pascale Duval, porte-parole de l’Unadfi, Raphaël Liogier, sociologue et philosophe, et Jean-Baptiste Malet, journaliste, auteur et documentariste. 

Au pays de Jéhovah

avec le témoignage de Bertrand L’anonyme

sur le site Méta de Choc

Bertrand vit à Caen. Il est marié et a deux enfants. Dans les années 1970, ses parents se sont intéressés à la communauté des Témoins de Jéhovah et il a été élevé dans le mouvement jusqu’à y prendre des responsabilités à l’âge adulte. Et puis, il a questionné cette appartenance, ces croyances, ce mode vie. Ça n’a pas été simple. Écoutez la présentation :

Les Témoins de Jéhovah, aux côtés de la scientologie ou des mormons, représentent l’image d’Épinal de la secte, telle que dénoncée par les instances officielles de lutte contre les dérives sectaires dans les années 1990, à la suite des suicides collectifs de l’Ordre du Temple solaire en Suisse, en France et au Canada.

De ce mouvement, on connaît évidemment le prosélytisme insistant, voire collant, de duos propres sur eux, venus sonner à notre porte. On en sourit parfois, mais cette communauté éveille aussi en nous une peur profonde ; celle d’un jour peut-être se laisser séduire et faire partie d’un groupe de personnes au cerveau lavé, refusant les transfusions sanguines même au seuil de la mort, isolées du reste de la société jusqu’à se couper des membres de leur propre famille.

Dans cette série en cinq volets (5 x 1h), Bertrand nous ouvre les portes du monde parallèle dans lequel vivent ces gens que nous croisons dans la rue mais qui nous restent insondables ; que nous les trouvions illuminés mais gentils, que nous nous apitoyions sur leur sort ou qu’ils nous terrifient.

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L’homéopathie, un placebo ?

Georges Fenech

Extrait de son livre Gare aux gourous – Santé, bien-être: Enquête sur les dérives thérapeutiques d’aujourd’hui, Ed. du Rocher, 2020, chapitre « L’homéopathie », pp. 159-168.

L’homéopathie est en pleine ébullition depuis que les autorités sanitaires ont opéré une véritable révolution coper­nicienne en la rétrogradant au rang de thérapie non conven­tionnelle, qui plus est déremboursée.

La France a déboursé en 2016 au titre de l’Assurance maladie 52,8 millions d’euros et 126,8 millions d’euros en 2018.

Bien que toutes les études scientifiques indépendantes aient martelé que l’homéopathie n’a guère plus d’effet qu’un placebo, en France, près de six personnes sur dix y ont malgré tout recours. Prétendre que l’homéopathie est efficace conduit immanquablement à rejeter en bloc toutes les lois de la physique, de la biochimie et de la pharmacologie réunies. Tandis que la science médicale repose sur des bases éprouvées, reproductibles et mesurables, l’homéopathie relève du champ ésotérique, sans aucune base scientifique.

D’où vient l’homéopathie? S’agit-il d’une formule magique ou d’une vraie médecine? En réalité, c’est un très ancien concept apparu en 1756 selon lequel « il faut soigner le mal par le mal ». Son inventeur, le docteur allemand Samuel Hahnemann, enseignait que, puisque certaines plantes donnent les symptômes d’une maladie à des patients sains, elles deviennent forcément curatives sur ceux qui présentent les mêmes symptômes mais atteints d’une vraie maladie. C’est la loi de la similitude : on administre de la caféine diluée pour lutter contre l’insomnie, du venin d’abeille dilué contre les piqûres d’insectes, etc.

Avant d’utiliser ces extraits, il faut d’abord éliminer leur toxicité en les diluant dans de l’eau à plusieurs reprises (c’est la dilution), puis il faut les secouer (c’est la dynamisation) pour qu’ils conservent leur efficacité première.

Enfin, la dernière singularité de l’homéopathie réside dans le fait d’individualiser le produit en fonction de la personnalité du patient, dans une démarche de type holis­tique, celle-là même que l’on retrouve dans les thérapies non conventionnelles et dans toutes les sectes guérisseuses.

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La pornographie

La pornographie, est-ce une addiction comme les autres ?

L’exposition des jeunes à la pornographie : comment se mobiliser ?

Aujourd’hui, il n’a jamais été aussi facile pour les mineurs d’accéder à des contenus pornographiques. A 12 ans, près d’un enfant sur trois a déjà été exposé à la pornographie. Pour lutter contre ce fléau, des associations agissent. 

Illustrations avec Maria Hernandez-Mora, fondatrice de l’association Déclic et Claude de Saint Leger, secrétaire générale de l’association TeenSTAR.

Un problème de santé publique

Pour Maria Hernandez-Mora de l’association Déclic, la pornographie est un véritable problème de santé publique : « les adolescents s’inspirent de la pornographie pour leur propre sexualité. La pornographie déforme les relations réelles des adolescents. Ils sont trop jeunes pour avoir du recul sur ces images » Claude de Saint Leger, secrétaire générale de l’association TeenSTAR insiste : « il faut les prévenir que ce qui se passent sur l’écran ne reflète pas la réalité« .

Une banalisation de la pornographie

Julien, auditeur de RCF a grandi dans les années 2000 en pleine montée d’internet : « les images pornographiques étaient déjà facilement accessibles mais aujourd’hui, c’est encore pire. En un seul clic, tout est accessible« . Et ça ne semble même plus choquer les adolescents: « les jeunes vivent la pornographie comme quelque chose de totalement adoptée » souligne Maria Hernandez-Mora, et d’ajouter « ils peuvent en regarder ensemble ou s’échanger des vidéos. Les parents pensent souvent que leurs enfants sont à l’abri de ces images car ils font attention. Mais ils peuvent être soumis à des contenus pornographiques dans la cour de récréation ou dans les transports« . 

« La pornographie, cocaïne numérique »

L’addiction à la pornographie est souvent ignorée, mais bien réelle. « La pornographie capte, et ensuite elle tient captif. On explique aux jeunes le circuit de la récompense qui se met en place lors de la visualisation d’images pornographiques. Souvent, ils comprennent qu’il y a danger » explique Claude de Saint Leger. L’association Déclic lutte également contre cette « cocaïne numérique« , sans toutefois tomber dans la moralisation : « Chez Déclic, nous divisons nos actions en deux pôles. Le pôle éducatif vise à sensibiliser les élèves, les professeurs, les parents et les cliniciens. Le pôle accompagnement apporte une aide aux personnes dépendantes qui ne savent souvent pas à qui s’adresser. Cet accompagnement répond à une réelle demande, la preuve étant que nous sommes assaillis de mails« .