La confusion entre for interne et for externe, et les abus de pouvoir spirituels

Lorsque dans une communauté paroissiale, ou résidentielle, on favorise la fraternité, la solidarité dans la prière, le partage, la mise en commun, il est presque inévitable que beaucoup de choses qui relèvent de la vie privée, soient connues dans la communauté. C’est une grâce de partage qui exige discrétion, et confidentialité. Si celles-ci ne sont pas respectées, les conséquences peuvent être graves.

Il est donc indispensable que les prêtres, les laïcs en mission ecclésiale, et ceux qui collaborent au suivi pastoral des personnes, connaissent bien les enjeux du secret, de la discrétion, du respect de la vie privée, et de la défense des personnes vulnérables. Non seulement vis-à-vis de la communauté et des croyants individuels, mais aussi vis-à-vis des autorités. Ce sont des questions importantes qu’il faut approfondir si l’on veut éviter que les abus et les déviances se multiplient.

Un exemple : le livre La déontologie des ministères ecclésiaux (Ed. du Cerf, 2007), un ouvrage publié à l’initiative du Groupe des canonistes francophones de Belgique. On y trouve un chapitre éclairant qui cite dix règles déontologiques des fonctions ecclésiales : 1. Principe général : respect de la dignité des personnes. 2. Devoir de loyauté. 3. Devoir d’exemplarité. 4. Obligation de dignité. 5. Obligation de réserve. 6. Incompatibilités diverses. 7. Devoirs de collaboration et de confraternité. 8. Devoir de conseil. 9. Devoir de formation permanente. 10. Devoir de discrétion et secret professionnel.

C’est ce dernier point que nous voulons aborder ici, en examinant plus profondément la question de la confusion du for interne et du for externe, et de la porte qu’elle ouvre vers les abus spirituels, qui se révèlent suffisamment présents pour qu’on doive y réfléchir.

1. For interne, for externe, la notion la plus détestée des gourous

For externe, for interne, de quoi s’agit-il ?

Cette notion est fondamentale pour le discernement d’une vocation, et pour la vie spirituelle en général. Le for externe est ce que nous faisons au regard de la société, des autres, et dont nous devons rendre compte. Le for interne concerne notre vie privée, la plus intérieure, celle que l’on partage à un accompagnateur spirituel quand il s’agit de notre relation à Dieu, (parfois à un confesseur), en tout cas sous le sceau de la confidence et devant rester en « for interne », c’est-à-dire ne pouvant être communiqué à des tiers sans notre accord. Continuer la lecture de « La confusion entre for interne et for externe, et les abus de pouvoir spirituels »

Surnaturel ou paranormal ?

CONTENU

Une triple problématique : charismes, révélations privées, pouvoirs occultes.

Mises en situations actuelles : Vassula, Arnaud et Jean, les Cénacles de Vallet, Marie Grèze, Patricia Darré...

Éléments de discernement sur les charismes.

Éléments de discernement sur les pouvoirs occultes.

Éléments de réponse à la question : surnaturel ou paranormal.

Conclusion

1. Une triple problématique

La tentative de discernement sur laquelle nous allons travailler se situe à l’intérieur de la foi. Je vais donner trois lieux spécifiques pour en montrer la nécessité.

1. Depuis les débuts de l’Église, les charismes existent ; mais depuis 50 ans, certains d’entre eux sont réapparus massivement, ceux qui sont mentionnés dans les Actes des Apôtres, et énoncés par Saint-Paul dans le passage bien connu de 1 Corinthiens 12 ; c’est à travers le courant du renouveau charismatique que de nombreuses personnes ont fait l’expérience d’accueillir et d’exercer ses charismes. Saint-Paul encourage leur exercice, à travers la phrase bien connue : « N’éteignez pas l’Esprit Saint, ne dépréciez pas les dons de prophétie ; mais vérifiez tout ; ce qui est bon retenez-le. » (1 Th 5, 19) Paul encourage, mais il appelle aussi au discernement : « Vérifiez tout : ce qui est bon retenez-le. »

S’il faut retenir ce qui est bon, cela veut dire que dans l’exercice des charismes, il y aura aussi des choses moins bonnes. Et il est vrai qu’à travers les vagues successives du renouveau, on a assisté à une certaine mainmise sur les charismes qui a été la source de déviances. La question se pose donc de savoir si l’exercice de tel ou tel charisme prophétique, de guérison, de repos dans l’esprit, provient d’une source pure où se trouve polluée par trop d’éléments du psychisme humain, voire contaminé par des réalités occultes.

2. Depuis toujours, dans l’Église, des personnes prétendent avoir des révélations privées provenant de Jésus ou de la Vierge Marie. Dans certains cas, l’église fait tout un travail de d’appréciation et de discernement des messages qui sont transmis ; cela peut aller jusqu’à une sorte de reconnaissance officielle : je pense notamment à Marguerite Marie Alacoque à Paray-le-Monial (fête du Sacré-Cœur), ou à sœur Faustine Kowalska a à Cracovie (fête de la Divine Miséricorde), ces deux révélations privées allant donc jusqu’à provoquer une célébration dans le missel Romain.

Mais en fait, il existe une floraison une multitude de publications, conférences, de revues, qui font état de messages reçus d’en-haut, et mis ainsi directement à disposition du public sans aucun discernement. C’est le lieu de nombreuses malversations et les critères d’un véritable discernement sont rarement appliqués. Il en résulte à l’intérieur du peuple de Dieu l’existence d’une pente savonneuse de crédulité, celle-ci se situant trop souvent dans la continuité de l’acte de foi. Confondre l’acte de foi objectif en des réalités qui par ailleurs sont soigneusement passées au tamis de l’analyse critique de la raison, et la crédulité qui consiste à accorder crédit à toutes sortes de messages pourvu qu’ils soient étiquetés spirituels et divins, devient monnaie courante chez les chrétiens.

Si certains moyens pour recueillir et transmettre ses messages sont repérables comme provenant d’une origine occulte (par exemple l’écriture automatique, ou encore la sensibilité médiumnique), la plupart du temps il est impossible de discerner facilement l’origine de telle ou telle révélation. C’est pourquoi la porte reste largement ouverte à un flou artistique dont le spectre peut aller des pieuses pensées émises par écrit jusqu’aux compositions élaborées fabriquées de toutes pièces. Seule une étude approfondie des messages, et aussi autant que possible qu’une connaissance des personnes qui les reçoivent, peuvent permettre de se prononcer de façon décisive.

3. Depuis toujours, deux domaines de réalités occultes sont florissants.
– Celui de la fausse guérison. De très nombreuses personnes demandent le service d’un soulagement de leurs souffrances à des gens dont ils pensent qu’ils ont un don venant de Dieu, mais qui se révèle être un pouvoir occulte. La conjuration magique des maladies, en particulier des brûlures, mais aussi le magnétisme guérisseur, sont deux domaines où la plupart des chrétiens, y compris les prêtres, baignent dans une très grande confusion. Les thérapies alternatives et les propositions de bien-être peuvent être instrumentalisées par ces réalités occultes de la fausse guérison.

– Un autre domaine est celui de la fausse connaissance des choses cachées, concernant la vie des personnes ou la vie du monde, qui se révèle être de la divination et de la médiumnité occultes, alors que la plupart des personnes pensent qu’il s’agit de prophétie ou de psychologie très affinée. Ajoutez à cela la profusion d’anges, de guides spirituels, d’esprits, ou d’âmes errantes dont on prétend recevoir des lumières dites spirituelles… Nous naviguons donc en pleine confusion, et nous allons essayer de proposer quelques critères de discernement. Continuer la lecture de « Surnaturel ou paranormal ? »

Trouver la juste place de la guérison dans la marche vers la sainteté

CONTENU

La recherche des blessures est-elle inscrite dans l’Évangile ?

= Jésus est un homme blessé

= Jésus n'a jamais parlé de ses blessures

= Jésus regarde les hommes : des enfants de son Père, quel que soit leur état corporel et psycho-relationnel.

= La recherche des blessures risque donc de détourner gravement les personnes du chemin habituel de la vie spirituelle.

= Ne faut-il pas accueillir aujourd’hui ce message de l’Évangile sur la guérison des blessures ?

Une santé psychique équilibrée serait-elle nécessaire pour une vie spirituelle heureuse ?

= Pourquoi une telle importance accordée aux blessures comme si la sainteté exigeait leur guérison ?

= Vouloir découvrir les blessures à tout prix, et se focaliser sur leur guérison… n’est-ce pas une inversion du mouvement de la vie spirituelle ?

= L’accompagnement spirituel ne risque-t-il pas de glisser alors vers la psychothérapie ?

La sainteté est le fruit d’une vie spirituelle autonome, elle n’exige pas la guérison des blessures psychiques

= Par sa vie psychique, l’homme s’affirme sujet se réalisant lui-même au sein du monde et de l’humanité.

= On ne peut admettre que la vie spirituelle chrétienne puisse être déterminée de quelque manière par la vie psychique. 

= La vie spirituelle est donc radicalement autonome par rapport à la vie psychique.

La recherche des blessures est-elle inscrite dans l’Évangile ?

= Jésus est un homme blessé

La Révélation nous dévoile le Dieu Trinité, Père, Fils et Esprit, et elle nous découvre le visage de l’homme juste en ce monde, celui de Jésus, vrai Fils de Dieu : c’est le visage d’un homme blessé dont les blessures ne seront pas guéries.

« Voici l’homme ». Devant Pilate, Jésus est le Fils de Dieu fait homme au terme de son cheminement parmi nous. Il est le juste en qui nul mal ne fut trouvé, l’homme vrai qui assume son insertion dans l’histoire. Il est la Vérité, telle qu’elle est présente en notre monde. Et c’est un homme blessé qui est ainsi devant Pilate, un homme dont les blessures ne seront pas guéries. Le Fils de Dieu qu’il est n’en est pas exempté : il est vrai homme. En vrai Fils de Dieu qu’il est, il nous montre simplement le chemin, c’est-à-dire comment un fils de Dieu vit en homme blessé si bien que l’Esprit répandu dans nos cœurs nous invite à nous comporter comme lui lorsqu’à notre tour nous sommes blessés.

« Voici l’homme ». Qui parcourt le chemin de l’existence se retrouve toujours de quelque façon blessé car les blessures sont inévitables ici-bas. Mais il est de la vocation de l’homme de vivre ces blessures en enfant du Père, donc comme le Fils qui, crucifié, manifeste que ces blessures ne l’empêchent pas d’aimer ses frères humains, même ceux qui le blessent. À son tour, il prend le chemin de la glorification. Continuer la lecture de « Trouver la juste place de la guérison dans la marche vers la sainteté »

Le statut des apparitions mariales

Le peuple chrétien, sans toujours pouvoir l’exprimer, a considéré la Vierge Mère comme un abrégé de la foi. Et il est vrai que les quatre grandes affirmations dogmatiques sur Marie s’adressent à tout être humain. Ce sont comme quatre icônes de l’amour sauveur et créateur du Père par le Fils dans l’Esprit :
– La maternité divine parle de l’Incarnation du Fils de Dieu également Fils de l’Homme ;
– La virginité révèle la force de Dieu qui crée une nouvelle humanité par l’opération de l’Esprit ;
– L’immaculée conception dévoile le primat de la Grâce du Christ et la victoire suprême de sa Rédemption ;
– L’assomption signifie la Résurrection comme glorification finale et totale de l’Humanité et de la Création par la puissance de la très sainte Trinité.
C’est comme si Marie reflétait et annonçait toutes les facettes de la Révélation. Un plus grand attachement à l’unique Révélation est donc le terreau dans lequel s’enracinent les critères de discernement de nouvelles révélations privées ou de nouvelles apparitions mariales.

1. Révélations et apparitions : quelle place dans la vie du chrétien ?

Le Synode sur la Parole de Dieu
En 2008 s’est tenu à Rome un Synode sur la Parole de Dieu. Benoît XVI en a donné la synthèse dans l’Exhortation Apostolique « Verbum Domini » en 2010 ; voici ce qu’il écrit au n° 14, sur le sujet qui nous intéresse :
« L’Église exprime qu’elle est consciente de se trouver, avec Jésus Christ, face à la Parole définitive de Dieu ; il est « le Premier et le Dernier » (Ap 1, 17). Il a donné à la création et à l’histoire son sens définitif ; c’est pourquoi nous sommes appelés à vivre le temps, à habiter la création de Dieu selon le rythme eschatologique de la Parole ; « l’économie chrétienne, du fait qu’elle est l’Alliance nouvelle et définitive, ne passera jamais et aucune nouvelle révélation publique ne doit plus être attendue avant la glorieuse manifestation de notre Seigneur Jésus Christ (cf. 1 Tm 6, 14 et Tt 2, 13) » (Dei Verbum, 4).
En effet, comme l’ont rappelé les Pères durant le Synode, « la spécificité du Christianisme se manifeste dans l’événement Jésus-Christ, sommet de la Révélation, accomplissement des promesses de Dieu et médiateur de la rencontre entre l’homme et Dieu […]. Saint Jean de la Croix a exprimé cette vérité de façon admirable :
« Dès lors qu’il nous a donné son Fils, qui est sa Parole – unique et définitive –, il nous a tout dit à la fois et d’un seul coup en cette seule Parole et il n’a rien de plus à dire. […] Car ce qu’il disait par parties aux prophètes, il l’a dit tout entier dans son Fils, en nous donnant ce tout qu’est son Fils. Voilà pourquoi celui qui voudrait maintenant interroger le Seigneur et lui demander des visions ou révélations, non seulement ferait une folie, mais il ferait injure à Dieu, en ne jetant pas les yeux uniquement sur le Christ et en cherchant autre chose ou quelque nouveauté » (Montée au Mont Carmel, II, 22).

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La Révélation « officielle » et les révélations « privées »

Une réflexion du P. Joseph-Marie Verlinde (video 4′)

Les révélations privées ne peuvent rien apporter de nouveau par rapport à la Révélation « officielle », c’est-à-dire l’ensemble « Ecriture, Tradition, Magistère ». Elles peuvent tout au plus souligner un aspect de la Révélation divine particulièrement pertinent pour notre époque, ou en rappeler un autre que nous aurions tendance à passer sous silence. Leur importance est donc toute relative à la Révélation officielle.

Yoga et foi chrétienne

La pénétration de stages inspirés du Yoga dans les Centres Spirituels chrétiens est une réalité qui pose question.

Voici par exemple le compte rendu d’un stage « Yoga, souffle, sons, couleurs », en Savoie (2011).

« Telles les douze notes chromatiques, c’est une équipe fantastique qui s’est constituée à Notre-Dame de Myans, la deuxième semaine de juillet, pour pratiquer le matin le yoga-nidra, au rythme de chacun en particulier, et découvrir, à travers les postures, les possibilités de chaque créature ! Clôturant la matinée, un temps de méditation guidée conduit vers les profondeurs de l’individualité ! Ouvrant l’après-midi, une carte de couleur choisie, révèle les différentes facettes de la personnalité ! Prolongeant, une séance sonore agrémentée de jeux, de joie et de rires, où chacun fait ce qu’il peut, pour admirablement s’en sortir ! Le tout dans l’harmonie construite jour après jour, dévoilant l’Infini de l’Éternel Présent Amour… »

> Mais nous pourrions regarder tout aussi bien dans notre Sarthe, et écouter les CD « Chemins d’oraison » proposés par une Association dans la Sarthe. On constaterait aisément une importance centrale, omniprésente, donnée à la conscience du corps, à la posture, à la respiration, à la détente, à la relaxation corporelle ; cette insistance prégnante est quasiment obsessionnelle jusqu’à saturation… Une affirmation comme celle-ci : « la présence à Dieu commence par la présence au corps » résume bien cette fixation univoque sur le ressenti de chacun des organes allant jusqu’à l’induction de sensations corporelles… « Choisir de s’appuyer sur la sensation du corps et de la respiration est un choix toujours à recommencer si l’on veut parvenir à prier de tout son être », est une autre phrase emblématique de tout le contenu. On serait tenté de discerner une vie spirituelle à l’envers : le corps chemin vers l’âme, la maîtrise du corps vecteur de la progression spirituelle… Continuer la lecture de « Yoga et foi chrétienne »

Neuf manières de prier avec son corps à la manière de saint Dominique

Entretien avec Sœur Catherine Aubin, o.p. (16 mars 2005, ZENIT. org), religieuse dominicaine, auteur d’un ouvrage intitulé « Prier avec son corps à la manière de saint Dominique » (Editions du Cerf, Paris, en 2005)

Licenciée en psychologie et docteur en théologie, sœur Catherine Aubin est entrée chez les sœurs dominicaines en 1984. Après cinq années de vie et de ministère dans la communauté saint Leu-Saint Gilles, rue saint Denis à Paris, et des études de théologie, elle est actuellement professeur de théologie sacramentaire et de théologie spirituelle à l’institut pontifical Regina Mundi, à l’institut de théologie de la Vie Consacrée Claretianum et à l’université pontificale saint Thomas d’Aquin Angelicum à Rome.

Comment est née l’idée d’un tel ouvrage ?

Pendant 10 ans, j’ai vécu rue saint Denis à Paris où notre communauté de sœurs dominicaines étaient implantée. Et là j’ai rencontré des personnes en quête d’unité intérieure et de paix qui pratiquaient des techniques ou des exercices corporels tels que le zen, la méditation transcendantale ou autres. De mon côté je découvrais comme jeune religieuse la spiritualité dominicaine et je venais d’avoir « un vrai coup de foudre » pour les 9 manières corporelles de prier de saint Dominique. La rencontre de ces événements a donné naissance à ce livre dont un des messages est justement de dire à ceux qui pratiquent des techniques : « nous aussi dans la tradition catholique, nous avons une pédagogie de la prière avec le corps qui peut vous combler dans votre recherche ».

Qu’est-ce que vous entendez exactement par « prier avec son corps » ?

Quand on aime, on le manifeste avec des gestes, salutations, sourires etc. Il en est de même pour la prière. Devant moi, en moi, je suis habitée par une Présence celle du Christ vivant, alors comment vais-je lui montrer mon attachement sinon par des attitudes ? Dans ce livre le maître est saint Dominique, en effet sa prière était tellement fascinante que ses premiers frères ont transcris ce qu’il disait et ce qu’il faisait avec neuf images qui le représente en train de prier. Chaque attitude corporelle correspond à une attitude spirituelle et permet à celle-ci de se déployer : les gestes donnent figure à ce qui est caché et illustrent les mouvements du cœur. Par exemple au geste de l’inclination correspond l’humilité, à l’agenouillement la confiance.

Pouvez-vous nous expliquer quelles sont ces neuf manières de prier ?

La première manière de prier est l’inclination, saint Dominique s’humilie devant l’autel où le Christ est vivant sur la croix et de son côté jaillit du sang pour dire qu’Il nous communique sa vie. Toutes les images se passent devant ce Christ. La disposition intérieure de Dominique est l’humilité du cœur.

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La dénonciation éthique

Entre silence et transparence où mettre le curseur ? Dire, ou se taire ? 

L'idéologie de la transparence. Les impasses de la posture communicationnelle de l'Église. Se doter de nouveaux outils d'intelligence éthique. Dénonciation. Délation. Silence imposé. Silence complice. Dénonciation éthique. Annoncer, dénoncer, renoncer.

P. Dominique Auzenet, causerie donnée en septembre 2016

Notre société médiatique fait voler en éclat le silence et l’omerta des grandes institutions. Mais la dictature de la transparence peut aussi devenir dévastatrice. Dire ou se taire, comment assumer ce dilemme éthique ? Entre silence et transparence, où faut-il mettre le curseur ? En particulier dans l’Église…

1. LA PRESSION DE L’IDÉOLOGIE MODERNE DE LA TRANSPARENCE

Comment la tension entre le secret et la transparence se vit-elle dans la société ? J’emprunte cette analyse à Céline Bryon-Portet, La culture du secret et ses enjeux (2011) (1)

= Le secret au cœur de la vie sociale

« Jusqu’au dix-neuvième siècle, le secret était au cœur de la vie sociale. L’exercice du pouvoir revendiquait clairement l’opacité (« Qui ne sait pas dissimuler ne sait pas régner », affirmait-on), la politique des rois était faite de complots, de tractations occultes et de diplomatie parallèle. Chaque famille avait ses secrets, et nul ne songeait que cette part d’obscurité inhérente à la sphère privée pouvait nuire à l’équilibre psychologique de ses membres. On s’exprimait par calembours, on codait les missives, on tenait des réunions à huis clos, on enfouissait de sibyllins symboles et d’étranges secrets de fabrication dans les traités d’alchimie, et personne ne semblait s’en offusquer.

= L’avènement des technologies d’information et de communication

Mais l’avènement de la modernité, marqué par le développement de l’« espace public » et par l’essor conjoint des mass medias puis des technologies d’information et de communication (TIC), a opéré une inversion des valeurs et sonné le glas du secret. Ce dernier n’est plus toléré que lorsqu’il engage les intérêts supérieurs de la Nation (tel le « secret d’État »), ou, dans certains cas très particuliers, lorsque la divulgation de renseignements peut être préjudiciable à un individu et contraire à la déontologie d’un corps de métier (on parle alors de secret professionnel). D’un point de vue culturel, il se dissipe progressivement au profit d’un droit à l’information, de même que le silence, qui lui est souvent apparenté (« le secret est le frère utérin du silence », affirme un proverbe bambara), voit son champ réduit par le bruit, la parole, le tout-communication. Aujourd’hui, seules les institutions fermées (p. ex. : l’Armée, la Franc-Maçonnerie, et dans une certaine mesure l’Église) et les communautés empreintes d’un fort traditionalisme conservent encore quelque attachement à la culture du secret et au silence. Synonyme de rétention d’information ou de mensonge, le secret est globalement frappé de discrédit, de même que les sociétés secrètes, considérées comme contraires à l’esprit de la démocratie.

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Avant de s’engager dans le Parcours Alpha

Le Parcours Alpha est présenté comme une introduction à la foi chrétienne en 10 soirées et un week-end de retraite, une « proclamation chaleureuse et lumineuse du noyau de la foi, le Kérygme ».

Et pourtant, ce parcours est controversé chez les protestants comme chez les catholiques. Voici 5 points de réflexion nécessaires au discernement d’un catholique qui hésiterait à suivre un parcours Alpha.

Cinq éléments à approfondir avant de s’engager

1-Alpha, une introduction à la foi chrétienne ?

Les faits prouvent que : Alpha n’est pas une présentation affirmative de la foi chrétienne mais une proclamation polémique. L’objectif d’Alpha est de défaire l’ancienne conception de la foi, qui est « fausse, ennuyeuse et dépassée », et de la remplacer par LA spiritualité authentique : celle d’Alpha ! (mode d’évangélisation typiquement évangélique ou pentecôtiste)

2-Alpha, la proclamation du noyau de la foi, le Kérygme ?

Dans la réalité : 85 % des thèmes abordés n’ont rien à voir avec le Kérygme (comment prier ? en parler aux autres, comment lire la Bible, comment résister au mal ? Dieu guérit-il aujourd’hui ?). Ces thèmes traités selon une doctrine évangélique, sont les réflexions de Nicky Gumbel, le pasteur pentecôtiste et fondateur d’Alpha. Si Alpha annonçait réellement le Kérygme, alors la totalité de son contenu traiterait du Kérygme, c’est-à-dire de Jésus Christ, sa Passion et sa Résurrection, son Ascension et sa Venue dans la Gloire. Or la proclamation du Kérygme est minoritaire (15 % du parcours) et lacunaire (des pans entiers du Kérygme ne sont pas abordés).

3-Alpha, une rencontre personnelle avec Jésus-Christ ?

La personne de Jésus n’est pas du tout centrale dans le parcours. Une expérience de l’effusion ou « baptême de l’Esprit » est le véritable but et sommet de ce parcours initiatique ; elle a lieu à mi-parcours pendant le « Week-end à l’Esprit Saint ». Les premières rencontres Alpha préparent les participants émotivement et psychologiquement à recevoir ce « baptême de l’Esprit », une sorte de para-sacrement pentecôtiste qui provient dans ce cas du Toronto Blessing de 1994. Les séances post-week-end reviennent sur la prétendue grâce reçue.

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Commencer un combat spirituel après l’occultisme, l’ésotérisme, le new-age

Certains d’entre vous ont baigné pendant des dizaines d’années dans les pratiques occultes, le new-âge, l’ésotérisme. Vous avez fait l’expérience des perturbations et dysfonctionnements qui s’ensuivent. Vous ressentez que vous êtes en état de fragilité sur ce point, et vous cherchez à contrer des attaques spirituelles.

Après une prière de libération, il est important de prendre conscience que le COMBAT SPIRITUEL s’impose, et ce sans remettre à demain!

Saint Paul affirme : « Au reste, frères, fortifiez-vous dans le Seigneur et dans sa vertu toute-puissante. Revêtez-vous de l’armure de Dieu, afin de pouvoir résister aux embûches du diable. Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les princes, contre les puissances, contre les dominateurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits mauvais répandus dans l’air. C’est pourquoi prenez l’armure de Dieu, afin de pouvoir résister au jour mauvais, et après avoir tout surmonté, rester debout. » (Ep 6, 10-13)

Jésus lui-même nous a prévenus : « Lorsque l’esprit impur est sorti d’un homme, il va par des lieux arides, cherchant du repos. N’en trouvant point, il dit : Je retournerai dans ma maison, d’où je suis sorti. Et quand il arrive, il la trouve nettoyée et ornée. Alors il s’en va, prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui; puis ils entrent et s’y établissent : et le dernier état de cet homme devient pire que le premier. » (Luc 11, 24-26).

Il ne faut pas sous-estimer ce combat. Vous devez passer par une période de « remise à niveau » spirituel.

Icône Michèle Koné

 

1 — SORTIR D’UN ÉTAT DE FAIBLESSE SPIRITUELLE

Renouez avec la prière

J’ai dans mon garage un vélo. Parce que j’ai décidé de privilégier la marche à pied, je ne m’en sers plus. Les pneus sont à plat. Ainsi de la vie spirituelle des chrétiens qui ne prient plus et ne reçoivent plus les sacrements de l’Église.

Beaucoup ne savent pas qu’ils sont en ÉTAT DE FAIBLESSE

À la suite d’attaques spirituelles (phénomènes paranormaux ou diaboliques), ils finissent par en prendre conscience.

Ils le comprennent le jour où cette faiblesse les met dans un ÉTAT DE DÉTRESSE.

Le secret élémentaire du combat spirituel est la remise en pression de notre organisme spirituel.

 Il va falloir se décider à inscrire la prière dans l’agenda de sa journée, en plusieurs moments différents.

✓       Il y aura la prière du matin, avant de commencer ma journée…

✓       La méditation de l’Évangile avec la récitation du chapelet, sans doute à un autre moment.

✓       Peut-être une courte prière en commun avec d’autres. À voir quand.

✓       Le dimanche, et quelquefois en plus dans la semaine, la participation à la célébration de la messe.

✓       La prière du soir avant de me coucher…

✓       Et l’état de prière à cultiver tout au long de la journée (la prière du coeur)

ÉTAT D’URGENCE. Ne dites pas : je n’ai pas le temps… Trouvez-le.

 

Réglez votre réveil plus tôt

La première chose à décider, c’est de se lever plus tôt pour prier. Il va falloir régler mon réveil autrement.

La prière se vit d’abord le matin, car la journée s’offre à nous remplie de promesses. Prier le soir, c’est bien, et il faut le faire; mais la journée s’en est allée.

La spécificité de la prière du matin, c’est qu’on va se préparer à vivre la journée qui se trouve devant nous en s’ouvrant à la présence de Jésus vivant.

« La prière joue le rôle d’une prise de courant : c’est elle qui assure le contact permanent avec la source de lumière, de chaleur et de force...


 

Devant cette prise de courant, il n’y a pas moyen de savoir si le courant arrive ou non. On a envie de penser que cela ne sert à rien, quand on ne voit ni lumière, ni résultat. En attendant, il faut durer dans le silence et l’espérance, maintenir coûte que coûte le contact dans la foi. Il faut y croire.

Dans notre vie, de cette source cachée ruisselleront des fontaines, de cette obscurité fusera la lumière, de ce creux d’ombre se répand la paix, de ce temps perdu votre journée reçoit efficacité, dans ce repos votre travail prend valeur, à partir de ce silence votre parole devient féconde. Mais la prière, par où vous viennent tous ces biens, peut rester glacée, voire, inaccessible et dure. Aucune importance : c’est la prise de courant ». (Soeur Jeanne d’Arc. Du temps pour la prière)

Prenez ces petites décisions

QUAND ?

Décidez à quel moment vous allez prier : après votre toilette… avant ou après votre petit déjeuner… ?

OÙ ?

Prévoyez dans quel endroit vous allez prier : au pied de votre lit dans votre chambre ? Assis dans votre salle de séjour… Dans un petit endroit que je vous vous serez aménagé ? Dans ce cas : un crucifix, une petite bougie, une bible ?

COMBIEN ?

Prévoyez combien de temps vous vous donnez, pardon, vous donnez au Seigneur, pour cette prière du matin : dix minutes, un quart d’heure, une demi-heure…

AVEC QUI ?

Si vous êtes en couple ou en famille et que l’appel s’en fait sentir, y a-t-il une petite partie de cette prière qui sera commune à tous ? (simple exemple : dire le Notre Père ensemble au moment de prendre le petit déjeuner…)

QUOI ?

Quel va être le contenu de votre temps de prière ?

Votre prière du matin

Voici quelques suggestions, à arranger à votre façon pour une durée de 10 mn.

✓      Commencer par un beau signe de croix.

✓      Lire un Psaume (c’est-à-dire une prière titrée de la Bible, dans le livre des Psaumes)

✓      Prendre un temps de silence

✓      Ouvrir mon coeur à la présence de Dieu, qui m’est intérieur

✓      Faire la prière de protection

✓      Recommander à dieu telle ou telle personne

✓      Réciter lentement le Notre Père, la seule prière que Jésus nous ait donnée

✓      Demander l’aide de la Vierge Marie, en récitant le Je vous salue Marie

✓      Écouter un chant de louange ou de méditation…

✓      Terminer par le signe de croix

À vous d’ajouter, de retrancher, de mettre dans un autre ordre…


 

2 — LES ARMES SPIRITUELLES ESSENTIELLES

Faites la prière de protection

Les pages qui suivent sont consacrées aux huiles essentielles, pardon aux armes essentielles du combat spirituel.

Voici tout d’abord une toute petite prière, qui s’adresse au Père, pour demander la protection de Jésus

Père, dans le combat spirituel de ce jour (de cette nuit),

que le Sang de ton Fils Jésus soit ma protection.

Je me place moi-même, ma famille (nommer des personnes),

mes biens, mon travail (mon entreprise)

sous la protection du précieux Sang

que Jésus a versé pour nous sur la Croix.

Père, merci pour cette protection que tu me donnes. Amen.

Il ne s’agit pas d’appliquer une formule, de réciter une « prière efficace », ou « la prière qui marche le mieux ».

Vous pouvez imprimer, à partir de ce lien, le feuillet concernant la prière pour mieux vivre le combat spirituel.

Il s’agit d’entrer en relation vivante avec Jésus ressuscité, par la foi, en réclamant explicitement la protection spéciale de son amour sauveur. Il nous a montré son amour en donnant sa vie pour nous sur la croix, en versant son sang en sacrifice pour tous les hommes. « Vous avez été rachetés… non par de l’argent ou de l’or, mais par le sang précieux de Christ » (1 Pierre 1, 18-19)

 « Le Sang de Jésus nous purifie de tout péché » (1 Jn 1, 7); il nous protège également des défaites dans les tentations provenant de l’ennemi. Il prend la brebis perdue sur ses épaules.

En faisant cette prière — un esprit à acquérir plus qu’une formule à réciter telle quelle —, c’est comme si nous établissions un bouclier de protection par rapport à tout ce qui nous concerne.

Une personne d’origine Africaine en butte à des attaques spirituelles, et qui avait commencé à dire chaque matin la prière de protection, me disait : « J’ai encore des attaques, mais c’est comme si j’avais mis un toit sur ma maison ».

Il faut faire cette prière tous les jours, l’intégrer à notre prière du matin, sans faiblir. Vous pouvez y ajouter, en page 2 du feuillet, la petite prière ou vous demandez à Jésus qu’il veuille bien couper tout lien mauvais entre vous-même et les personnes à qui vous aviez demandé des services occultes…

Lisez régulièrement la Bible

Lorsque Jésus a été tenté par le diable, il lui a répondu en citant des passages de la Bible.

« Le diable lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, commande à cette pierre de se changer en pain. » Jésus lui répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole de Dieu. » (Mt 4, 3)

La plupart des chrétiens sont sous-alimentés spirituellement, et ne lisent quasiment pas leur Bible.

Une bible ?

Procurez-vous une Bible, placez-la dans votre coin prière à la maison, ouvrez-là régulièrement.

Un abonnement mensuel ?

Si cela vous semble trop compliqué, abonnez-vous à un missel mensuel comme « Prions en Église » ou « Magnificat », et lisez chaque jour les deux lectures bibliques de la messe, en communion avec tous les chrétiens.

Cela représente une petite somme d’argent pour l’année (entre 40 et 50 €, moins cher somme toute que les oboles répétées laissées chez les magnétiseurs !) Il faut savoir ce qu’on veut ?

Paul affirmait à son disciple Timothée que la Parole de Dieu est : « divinement inspirée, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour former à la justice, afin que l’homme de Dieu soit parfait, apte à toute bonne œuvre. » (2 Tm 3, 16-17)

Une étude personnelle brève ?

Vous pouvez chercher aussi du côté de mon site petiteecolebiblique.fr

Chaque mois, un thème biblique transversal est mis en ligne, composé d’une trentaine d’étapes à parcourir, une par jour…

 

Récitez le chapelet de la Vierge Marie

La Vierge Marie est l’Immaculée. Elle a été conçue sans péché, et n’a jamais péché personnellement.

Pour ces raisons, marcher main dans la main avec elle est une aide précieuse dont nous avons tous besoin.

Je conseille très vivement, au regard du combat spirituel marquant la vie contemporaine, de se débrouiller pour dégager une vingtaine de minutes dans sa journée pour méditer et réciter le chapelet.

On peut le faire chez soi, on peut le faire en marchant, en s’arrêtant dans une église, on peut le faire la nuit si l’on a des insomnies… mais il faut le faire, et chaque jour .

Voici sous ce lien UNE MÉDITATION POUR MÉDITER QUATRE CHAPELETS DIFFÉRENTS, dont le thème, ici, est en rapport avec la famille.

Si vous n’avez jamais récité le chapelet, essayez de trouver dans votre entourage chrétien quelqu’un qui pourra vous aider à commencer.

Pour entendre comment on récite le chapelet, servez-vous de ces médias
Vous pouvez ainsi vous unir au chapelet récité à Lourdes, en direct (15h30), ou en différé par podcast.

Il est important de méditer le « mystère » sur chaque dizaine de chapelet; peu à peu, vous finirez par les savoir par coeur, et ne plus avoir besoin d’un papier qui vous les rappelle.

Encore une précision : ne vous affiliez à aucun des « messages » proposés ici ou là; récitez simplement le chapelet telle que l’Église le propose. Apprenez par coeur la prière du « Je vous salue Marie ».

La Vierge Marie est l’Immaculée. Sa descendance, Jésus, écrase la tête du serpent. Lisez le récit de ce songe de Don Bosco, dans la nuit du 14 août 1862, « LE SERPENT ET LE CHAPELET »

Recevez le pardon des péchés

Recevoir le sacrement de réconciliation régulièrement, cette démarche fréquente contient une grande grâce de régénération…

Dans la demande de services occultes (magnétiseurs, guérisseurs, voyants, médiums, etc.), il y a un péché contre la sainteté de Dieu. Il est essentiel d’en demander pardon. Même si l’on n’était pas conscient de pécher à l’époque, Dieu bénit notre repentir, et nous remet dans une grande paix intérieure. J’ai vu des personnes être totalement libérées uniquement par la confession qu’elles vivaient avec sincérité et foi.

Demander et recevoir périodiquement le pardon de ses péchés, c’est une nécessité pour demeurer dans la sainteté de son baptême, et donner le moins de prise possible à l’ennemi, qui est aussi « l’accusateur » (Ap 12, 10). Il nous pousse à pécher, et ensuite nous accuse intérieurement d’avoir péché…

Voici une la feuille que vous pouvez imprimer, une sorte de petit mode d’emploi : COMMENT CONFESSER MES PÉCHÉS ET RECEVOIR LE PARTON DE DIEU APRÈS TANT D’ANNÉES OÙ JE NE L’AI PAS FAIT ?

Au début d’un combat spirituel, il faut vraiment faire une démarche approfondie dans ce sens. Car tout péché non confessé est comme une sorte de prise que nous donnons au Tentateur pour nous tenir captif. Purifiés de nos péchés, nous offrons beaucoup moins de prise à l’ennemi… C’est ce que j’appelle « savonner la planche » !

Cherchez un prêtre auprès de qui vous pouvez faire la démarche de recevoir le sacrement de réconciliation, après vous être préparé(e).

N.-B. : Bien sûr, les personnes qui ne sont pas baptisées peuvent envisager de se préparer à recevoir le sacrement du baptême, en se rapprochant de leur paroisse géographique. Un cheminement vers le baptême s'accomplit sur une certaine durée, deux années environ. Que cela ne les empêche pas de se repentir dès maintenant de leurs péchés devant Dieu au cours d’un moment de prière personnelle.

Participez à l’eucharistie le dimanche

La plupart des chrétiens sont sous-alimentés spirituellement, ils ne communient pas à l’aliment divin que Jésus nous a laissé pour la route, le Pain de Vie, l’eucharistie…

Pour être fort spirituellement, il faut manger la « pain des forts », celui qui nous unit à la victoire de Jésus, et soutient ainsi notre courage.

Jésus dit : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi, et moi en lui. Comme le Père qui est vivant m’a envoyé, et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra aussi par moi. » (Jean 6, 56-57).

Cela nécessite de PARTICIPER À LA MESSE DOMINICALE, ce qui veut dire aussi intégrer la communauté chrétienne de sa paroisse.

D’ailleurs, quand cela est possible, il ne faut pas hésiter à demander au curé de sa paroisse, à son pasteur, le nom d’une personne qui pourra nous aider pendant un temps par un « accompagnement spirituel », c’est-à-dire de petites rencontre d’aide au discernement spirituel.

Dans le cadre d’un combat spirituel, il est clair que la Communion eucharistique est l’état de protection maximale, car nous y recevons Jésus lui-même.

Avant de vous remettre à communier, recevez d’abord le pardon des péchés.

Allez voir au tableau d’affichage de votre église, en ville ou en rural, pour savoir où se trouve la célébration de la messe.

Vous êtes en déplacement ?


 

Soyez intérieurement en état de prière

Cela suppose moins de distractions, moins de bruit, plus d’intériorité tout au long de nos journées.

Voici une prière transmise par les premiers Pères du désert (3è – 4è siècle). Répétée intérieurement, en synchronie avec la respiration, elle permet à notre âme de rester consciente de la présence de Dieu, alors que nous nous occupons aux tâches quotidiennes.

« Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur »

La tradition orthodoxe insiste pour qu’on entrelace prière et respiration l’une avec l’autre.

On dira dans l’inspiration: « Jésus-Christ, Fils de Dieu », et dans l’expiration : « Aie pitié de moi, pécheur ».

Dans sa version courte, cette prière devient « Seigneur, aie pitié de moi » (Kyrie eleison) que l’on répète intérieurement des centaines de fois par jour jusqu’à ce qu’elle devienne aussi spontanée et instinctive que la respiration.

Chacun peut, bien sûr, modifier ou simplifier la formule selon ses goûts, ses préoccupations, son rythme, son humeur, soit à mi-voix, soit en pensée intérieure :

- « Seigneur, apprends-moi à t’aimer » 

- « Seigneur, pardonne-moi »

- « Jésus, viens »

- « Jésus, merci » 

- « Jésus, j’ai confiance en toi »

- « Ô Jésus, roi d’Amour, j’ai confiance en ta miséricordieuse bonté ».

- « Que tout esprit loue Dieu »

Plus notre « intérieur » est habité par la prière, moins l’esprit mauvais peut s’insinuer. C’est vrai pour tout combat spirituel, en particulier celui contre les tentations, qui sont l’essentiel du travail diabolique pour nous éloigner de Dieu.

Combattez les tentations, développez les vertus

À votre avis, quel est le travail le plus habituel du démon ? C’est la tentation intérieure, discrète, insistante, pour nous faire tomber dans le péché.

Jésus lui-même a été tenté.

Les évangiles se font l’écho de trois tentations, qui résument toutes les autres. Vous pouvez en lire l’évocation dans l’évangile selon saint Matthieu au chapitre 4.

Jésus nous apprend à repousser la tentation par la puissance de la Parole biblique et par la prière.

Tous, nous devons entrer dans ce combat spirituel qui consiste à lutter contre les tentations et à développer les vertus.

J’ai écrit un petit commentaire sous forme de méditation, intitulé trois fois tenté, trois fois libre ! Vous pouvez en lire le texte sur mon blog sous ce lien.

 

3 — PETITS COMPLÉMENTS ANTI-DIABOLIQUES

Manifestations paranormales, que faire ?

Bien des personnes sont terrorisées par certains phénomènes paranormaux. D’autres, en détresse, ont fini, par tâtonnements successifs, par découvrir que la prière les faisait cesser.

C’est en effet la bonne tactique. Les phénomènes paranormaux objectivement avérés sont le fruit de la présence des esprits ténébreux qui parasitent une personne. La peur ne sert à rien. Il est normal d’avoir peur dans certains cas, mais il ne faut pas nous laisser envahir par la peur…

 

Il faut réagir immédiatement par la prière. Prier, c’est s’ouvrir à l’Esprit de Dieu. Invoquer le nom de Jésus, celui de la Vierge Marie, celui de l’archange Saint Michel, c’est leur permettre de se rendre présents et de faire reculer les esprits mauvais.

Petite vérification à faire : rien dans ma maison ou sur moi qui puisse être un « signe » occulte (pendule, jeu de tarots divinatoires, talismans, représentations d’idoles, la formule magique sur une petite feuille, etc.). Faire le ménage.

Quelle prière dire ?

> D’abord le Notre Père. La seule prière que Jésus nous ait donnée est le « Notre Père ». Celui-ci se termine par cette demande : « Délivre-nous du Mal ».

J'ai reçu bien des témoignages de personnes qui ont fait l'expérience d'éloigner tel ou tel phénomène paranormal qui les accablait simplement en récitant le Notre Père... « Ça s'est arrêté d'un seul coup… »

Vous avez une sensibilité médiumnique et divinatoire ? Refusez volontairement les « informations » qui affluent, et réagissez tout de suite par la prière …

> Le Je vous salue Marie, bien sûr, prière qui se compose de la salutation de l’ange Gabriel, et du cri d’admiration de la cousine de Marie, Elisabeth… Des paroles bibliques, donc.

Plus simple encore : répéter tranquillement le nom de JÉSUS, « le Nom qui est au-dessus de tout nom, pour que tout, au nom de Jésus, s’agenouille, au plus haut des cieux, sur la terre et dans les enfers » (Ph 2, 9-10)

Jésus a été tenté par le diable, et l’a vaincu. C’est sa victoire qui est le gage de la nôtre. Ayons bien conscience que nous sommes, par notre FOI en Jésus, établis sur une base de victoire.

? Pour écouter le chant Victoire, tu règneras (Jean-Paul Prat)

? Victoire au Seigneur de la Vie (groupe de louange Le Pain de Vie)

Notre combat ne consiste pas à essayer de remporter la victoire, mais à éloigner l’ennemi que Jésus a déjà vaincu, et qui vient nous « titiller » pour nous faire croire que nous sommes dans la défaite…

« Désormais, la victoire, la puissance et la royauté

sont acquises à notre Dieu,

et la domination à son Christ,

puisqu'on a jeté bas l'accusateur de nos frères,

celui qui les accusait jour et nuit devant notre Dieu. »

(Ap 12, 10)

Des gestes et des attitudes de foi

* L’eau bénite est utile pour nous rappeler la grâce de notre baptême, et combattre la présence de l’ennemi. Avoir un petit bénitier, chez soi, où l’on peut plonger l’extrémité de ses doigts et faire un beau signe de croix avec foi…

* L’invocation à Saint Michel Archange est traditionnelle dans l’Église pour demander son aide dans notre combat spirituel contre les démons. Cliquer ici pour voir la prière.

* Le fait de porter des objets bénis sur soi (ou d’en avoir à la maison), par exemple une médaille de la Vierge de la rue du Bac, une petite croix, une médaille de Saint Benoît, un chapelet… tout cela peut nous aider dans notre marche vers la sainteté. Encore une fois, il ne s’agit pas de grigris, ni de talismans, mais d’objets qui nous rappellent notre condition de chrétiens.

* Bien sûr, on peut demander au curé de sa paroisse de passer chez soi pour bénir l’appartement ou la maison. Afin de manifester qu’on désire y vivre vraiment en présence de Dieu. En se rappelant que s’il y a des phénomènes paranormaux dans la maison, c’est plutôt la personne qui habite la maison qui provoque ce genre de choses; ils peuvent cesser après la démarche de prière de libération et dès qu’on entreprend un combat spirituel.

Nous t'en supplions, Seigneur, visite cette maison, et repousse loin d'elle toutes les embûches de l'ennemi; que tes saints anges viennent l'habiter pour nous garder dans la paix; et que ta bénédiction demeure à jamais sur nous. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen. (Complies du mardi)

* Oui les anges gardiens existent, et chacun de nous a un ange à son service. Lui demander son aide dans la prière est une excellente chose. À condition de ne pas tomber dans l’évocation des esprits « guides spirituels », par des recettes dont le réseau internet regorge… Ces recettes aboutissent aux « anges déchus » que sont les démons. Au contraire, demandons l’aide des Saints Anges.

Quelques belles citations sur les Anges gardiens…


L’invocation au Précieux Sang de Jésus

Certaines personnes ont un combat spécial à mener, pour des raisons particulières.

Elle pourront trouver comme une sorte d’extension de la prière de protection dans cette supplication pour demander libération et protection par l’invocation du Sang de Jésus composée sous la forme d’un chapelet à réciter,

à télécharger sous ce lien

J’ai composé cette prière de façon plus biblique, sur le modèle du chapelet à la divine miséricorde. Je l’ai montrée à mon évêque qui m’a permis de la mettre à votre disposition.

L’invocation au Sang de Jésus est puissante contre les démons, à chacun d’en faire l’expérience.Du coeur ouvert de Jésus, toutes les grâces nous sont accordées.

Spirituellement fort

Vous direz : c’est beaucoup trop pour moi. Je n’y arriverai pas ?

Cependant, c’est maintenant le moment favorable pour entreprendre une démarche profonde — C’est maintenant le jour du salut !

Vous êtes motivé(e) parce que vous subissez l’impact des attaques spirituelles, et les parasitages liés aux compromissions avec l’occultisme.

Écoutez Jésus : « Entrez par la porte étroite. Large, en effet, et spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et il en est beaucoup qui s'y engagent ; mais étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la Vie, et il en est peu qui le trouvent » (Mt 7, 13-14).

Gravissez jour après jour les marches, même si elles vous semblent trop hautes. Soyez progressif et proactif.

En peu de temps, vous verrez la différence.

Pour conclure, un peu d’humour

Il avait été annoncé que le diable devait se retirer des affaires et mettre ses outils en vente.

Le jour de la vente, les outils étaient exposés d’une manière attrayante : malice, haine, envie, jalousie, pornographie, fourberie, vengeance… tous les instruments du mal étaient là, chacun marqué de son prix.

Il y avait aussi un outil en apparence inoffensif, très usé, mais dont le prix était supérieur à tous les autres.

Quelqu’un demanda au diable ce que c’était :

– C’est le découragement, répondit-il

– Pourquoi le vendez-vous aussi cher ?

– Parce qu’il est plus utile que n’importe quel autre. Avec ça je peux entrer dans n’importe qui, et une fois à l’intérieur, manœuvrer de la manière qui me convient le mieux.

– Pourquoi est-il si usé ?

Parce que je l’emploie avec tout le monde… Mais très peu de gens savent qu’il m’appartient.

Le prix fixé pour le découragement était si élevé que l’instrument n’a jamais été vendu.

Le diable en est toujours possesseur et… il continue à l’utiliser…

P. Dominique Auzenet (et une équipe)

Bibliographie

Si vous souhaitez aller plus loin sur ce thème du combat spirituel, il existe de très nombreux livres, dont voici quelques-uns.

* P. Hervé Ponsot, dominicain. Combat, la spiritualité au quotidien. Éd. du Cerf, 2016

Vous trouvez les principales articulations de ce livre ici.

* Christian Poirier. Le combat spirituel. De l’ombre à la lumière. Éd. Salvator, 2008.

* P. Pierre Descouvemont, Gagner le combat spirituel. Éd. de l’Emmanuel. 2006.

* Marie-Anne Le Roux. Sortir gagnant de nos luttes intérieures. Éd. des Béatitudes. 2008.

* P. Benedict Héron. Jésus est le plus fort. les voies du combat spirituel. Éd. P. Téqui, 2000 (Trad. de l’anglais par Béatrice Soulary). Voici le chapitre 5 du livre : face aux attaques du démon.

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