Ce robot a scrollé TikTok. Voici où l’algorithme l’a emmené

Qu’est-ce qu’un algorithme est capable de vous montrer, à vous ou à vos proches ? Ouest-France a construit un bras robotique pour scroller sur TikTok en continu afin de le savoir. Pendant 100 heures, la machine a visionné des milliers de vidéos. Certaines donnent des conseils pour s’affamer, d’autres enseignent comment faire un nœud coulant. D’autres encore renvoient vers des contenus pédocriminels sur Telegram. Enquête sur une mécanique qui amplifie tout, y compris le pire.

#tiktok #algorithme #enquete 00:00 Introduction — Marie, 15 ans 2:05 Un robot 4:24 L’algorithme de TikTok 5:25 Make-Up et cuisine 8:12 Dans la bulle mascu 10:09 les Tartariens 11:37 La faille dans le système 16:30 Des vidéos contrevantes aux règles de TikTok 16:28 Les conséquences humaines des algorithmes 20:34 Le compte sans nom 21:51 La réponse de TikTok 22:10 : Ce qu’un algorithme est capable de vous montrer

Pourrons-nous bientôt télécharger notre conscience dans une machine ?

La vie éternelle à portée de clic !

Grégory Aimar

Cet article est extrait de mon dernier essai, L’Origine de la conscience, une révolution pour le XXIème siècle (chapitre « Des conséquences anthropologiques », p. 29-35), aux Éditions Advixo.

De nombreux adeptes du transhumanisme, qu’ils soient scientifiques, entrepreneurs ou simples citoyens, sont convaincus que l’avenir de l’espèce humaine réside dans notre hybridation avec la machine et qu’après la Singularité, l’intelligence humaine et l’intelligence artificielle fusionneront pour donner naissance à une nouvelle espèce : le posthumain, une entité biotechnologique, voire entièrement mécanique, censée recevoir notre esprit après notre mort et qui ferait de nous des êtres omniscients, omnipotents et immortels. Pour les transhumanistes, quand les machines deviendront conscientes, elles deviendront du même coup capables de recevoir la conscience humaine. Cette idée, qui se trouve aujourd’hui formalisée dans le projet de téléchargement de l’esprit, est crédible aux yeux de nombreux chercheurs. D’après eux, cela ne serait qu’une question de progrès technique et, donc, de temps.

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Comment définir le complotisme ?

Comment passe-t-on du doute à la croyance ? Pourquoi y a-t-il une porosité entre extrémisme et théorie du complot ?

Spécialiste des croyances et enseignant-chercheur en psychologie sociale à l’université de Fribourg (Suisse), Pascal Wagner-Egger vient de publier avec Gilles Bellevaut, Je ne suis pas complotiste, mais… (Editions 41, 2026), un décryptage de 30 théories du complot pour démêler le vrai du faux. David Medioni le reçoit pour un entretien exceptionnel.

Quand internet fait parler les morts

TF1 INFO

Les avancées de l’intelligence artificielle ont de quoi surprendre et interroger. Désormais, certains sites proposent, par exemple, de faire « revivre les morts ». Et certains vont même encore plus loin.

Chaque jour, sur les réseaux sociaux, des dizaines d’utilisateurs font revenir à la vie un proche décédé le temps de quelques secondes. À partir des photos, l’IA invente des scènes, recrée les décors. Nos journalistes ont mené l’enquête.

Dans les commentaires : « Je ne pense pas que ce soit une bonne chose, de plus certains vont proposer l’I.A. aux gens pour en tirer des bénéfices. Pour ma part, j’ai fait de nombreux films de mes parents, sur une période de plus de 15 ans que j’ai transférés sur clé U.S.B. puis sur P.C. et là c’est vraiment eux ! » — « Vous êtes des grands malades !!! Vous imaginez les dégâts aux niveaux psychologique que cela peut provoquer ».

Questions (D.A.) : une forme de « spiritisme énucléé » par l’IA ? Une façon d’imaginer que nos défunts sont immortels, sans croire à la vie éternelle ?

Comment s’explique le succès des théories complotistes ?

Pascal Lardellier, Université Bourgogne Europe

Le complotisme fait un étonnant retour dans l’actualité depuis plusieurs années, tout à la fois objet de débat public et catégorie d’accusation. Pas une polémique, pas une affaire dans l’actualité sans que l’assignation ne surgisse, comme explication du problème et ostracisme disqualifiant. Car le terme « complotiste » fonctionne comme une disqualification, qui exclut du champ de la parole légitime. Comment expliquer sa récurrence ?

Nous vous proposons aujourd’hui de lire un extrait de l’essai de Pascal Lardellier, le Nouvel Âge du complotisme. Post-vérité : quand le réel vacille (éditions de l’Aube, 2026).


Pendant une large partie du XXe siècle, l’hypothèse selon laquelle des groupes influents orientaient les destinées collectives ne relevait pas de la pensée marginale. Elle constituait au contraire une grille de lecture nourrie par l’observation de certaines structures de pouvoir. L’existence de cercles d’influence comme le Groupe Bilderberg, fondé en 1954, ou le Forum économique mondial de Davos, créé en 1971, a longtemps alimenté l’idée selon laquelle des élites transnationales se concertaient à l’abri des regards. Ces institutions fonctionnent entourées d’une certaine opacité, ce qui pouvait légitimer l’inquiétude citoyenne quant à leur rôle effectif dans l’orientation des politiques publiques.

De même, certaines organisations comme la franc-maçonnerie, par leur caractère initiatique et leur culture du secret ont historiquement suscité des interrogations sur leur influence politique et sociale. L’histoire politique française, notamment sous la IIIᵉ République, témoigne de l’imbrication entre appartenance maçonnique et exercice du pouvoir. Dans ce contexte, suspecter l’existence d’influences discrètes constituait une forme de vigilance politique. Mais vigilance ne signifie pas paranoïa. Entre s’interroger sur des réseaux d’influence et imaginer un complot mondial, il y a un fossé à ne pas franchir.

À cela s’ajoute une dimension antisémite récurrente qui transforme l’observation de réalités économiques en fantasme complotiste. La figure des Rothschild a ainsi été instrumentalisée pour alimenter le mythe d’une « finance juive mondiale » contrôlant les États. Ce glissement vers le fantasmatique illustre comment des schémas idéologiques antisémites préexistaient aux faits qu’ils prétendaient expliquer. L’antisémitisme n’est jamais une lecture de la réalité, c’est toujours une grille projective plaquée sur elle – ce qui est mis en scène dans le film Borat (2006) de Sacha Baron Cohen, un film « déjanté » édifiant pour comprendre les ressorts profonds des imaginaires antisémites.

Le fait est que l’évolution du capitalisme contemporain a validé certaines interrogations relatives à la concentration du pouvoir. Les travaux économiques ont documenté l’accroissement des inégalités et la constitution d’une « hyperclasse mondiale » disposant d’une influence considérable sur les orientations politiques. Le Monde diplomatique consacre de fréquents dossiers à ces institutions transnationales au pouvoir décisionnaire élargi, dont le FMI.

En France, la possession de la quasi-totalité des grands médias par une poignée de milliardaires ou de multimillionnaires – Vincent Bolloré, Xavier Niel, Patrick Drahi, Bernard Arnault, la famille Dassault et Mathieu Pigasse – interroge légitimement sur la pluralité de l’information. Et cette réalité tangible de la concentration médiatique nourrit un soupçon : si l’information est détenue par quelques-uns ayant des intérêts économiques et politiques convergents, comment garantir son objectivité ? Cette question n’est pas déraisonnable en soi.

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