La biodynamie au risque de l’anthroposophie

I- Ayant rencontré dans mes jeunes années les Anthroposophes biodynamistes, j’ai souhaité mettre à jour mes connaissances. D’autant plus que la nomination de Mme Nyssen à la Culture lançait un début de polémique médiatique sur ses liens avec cette mouvance. Je pense avoir quelques compétences techniques pour discuter la validité de cette pratique agricole de plus en plus prisée par les viticulteurs.

II- BIODYNAMIE : une ésotérique occulte, à ne pas discuter ?

Les anthroposophes reprochent aux théories physico-chimiques et “mécanismes” de la science moderne — bien que d’une performance et d’une puissance extraordinaire —  de n’avoir qu’une validité limitée car –selon eux–elles sont basées sur une conception bien trop restreinte de l’Univers.

Selon R.Steiner, sa science spirituelle aurait découvert “des secrets beaucoup plus complexes que les seules lois du monde physique”, en y ajoutant en la notion deprincipes immatériels tels que forces de vie, forces formatrices et développement cyclique”.

Du coup les agriculteurs se voient munis d’une panoplie de préparations étranges, pour la plupart d’origine animale ou végétale, ayant subi une maturation ( que dis-je “une métamorphose alchimique” ! ) dans des organes animaux, aussi surprenants que les cornes de vaches, les intestins de cerf, ou le crâne d’un animal domestique.

Mais ce n’est pas tout : ces produits ne seront actifs que s’ils sont “dynamisés” selon une procédure complexe qui est assimilée au processus alchimique d’assemblage de la matière dénommé « coagula-solve ».

Dernier outil magique : les agriculteurs pourraient lutter contre les parasites animaux (rats, taupes, etc…) ou végétaux (mauvaises herbes) tout simplement en calcinant une exemplaire des ennemis, et en répandant leurs cendres à doses infimes !

LIRE LA SUITE ICI

L’Anthroposophie et Rudolf Steiner

Rudolf Steiner est né 25 février 1861 en Croatie dans l’Empire austro-hongrois ; il est mort le 30 mars 1925 à Dornach, en Suisse. Philosophe, et occultiste[1], membre de la société théosophique[2], il s’intéressa aux œuvres de Goethe puis de Nietzsche. Il est le fondateur en 1913 de l’anthroposophie, qu’il qualifie de « chemin de connaissance », visant à « restaurer le lien entre l’Homme et les mondes spirituels ». Il se présentait comme un guide spirituel doué de pouvoirs médiumniques (clairvoyance).

Cependant, bien qu’il cite des philosophes, les écrits de Steiner n’ont rien de philosophiques. Ses affirmations péremptoires ne procèdent pas d’un raisonnement logique. En 1905, Rudolf Steiner fréquente les obédiences maçonniques, notamment celles qui s’intéresse plus particulièrement aux sciences occultes telle que l’Ordre Memphis-Misraïm[3], sous l’égide de John Yarker qui avait succédé à Garibaldi (il en sera le grand hiérophante, c’est-à-dire chef mondial de ce rite). Steiner œuvre avec Marie von Sivers, durant une décennie à restaurer le cérémonial cultuel et symbolique, basé sur une supposée tradition de la sagesse ancienne, dont les fondements se trouvent partiellement dans l’ouvrage Dogme et Rituel de Haute Magie d’Éliphas Lévi. Il fonde ainsi son propre Rite initiatique : la franc-maçonnerie ésotérique, à laquelle Édouard Schuré aurait été initié. Parallèlement, Steiner devient le dirigeant du Rite de Memphis-Misraïm[4] très implanté en Allemagne et en Italie. Steiner aurait aussi été initié dans l’Ordre de la Rose-Croix ésotérique fondé par Franz Hartmann (1838-1921) médecin allemand, théosophe, occultiste, géomancien, astrologue et auteur d’ouvrages ésotériques.

Rudolph Steiner est à l’origine de projets aussi divers que les écoles Waldorf, l’agriculture biodynamique, la médecine anthroposophique avec ses médicaments et produits cosmétiques Weleda, la Communauté des Chrétiens, la banque la NEF.

Continuer la lecture de « L’Anthroposophie et Rudolf Steiner »