Et vous, vous y croyez ? Petit tour de France des pratiques occultes

 par Hubert PROLONGEAU, Ed. R. Laffont

Âgé de 53 ans, Hubert Prolongeau est un journaliste et enquêteur de renom. Il collabore au Nouvel observateur, au Monde, à Télérama. Ses essais et reportages sur le travail au noir,  la condition des sans domicile fixe ou la violence au travail entre autres montrent à quel point toute matière issue du réel l’intéresse. Hubert Prolongeau est aussi écrivain, auteur d’une dizaine de romans. Il a publié Ils travaillent au noir en 2015 et « Couvrez ce sein… » en 2017 aux Éditions Robert Laffont.

Y croire ou ne pas y croire ? Médecine parallèle ou charlatanisme ?  À tous ceux qui se questionnent sur le pouvoir des esprits et de leur manipulation, ce livre-enquête apporte des faits réels observés sur le terrain.  

Ils disent avoir un don. Ils sont sorciers, magnétiseurs, voyants, exorcistes, adeptes du reiki, du channeling, de l’Ho’oponopono… Ils exercent en marge de la médecine officielle mais sont consultés partout en France, au quotidien, pour leurs visions et leurs soins. Ils perpétuent l’idée que pour nous aider à vivre, parfois pour guérir, nous avons aussi besoin de l’occulte et du merveilleux. Ils continuent de fasciner. On continue de les consulter. Qui sont-ils ?
Hubert Prolongeau s’est intéressé au phénomène très particulier des thérapies occultes. Durant plusieurs mois, il s’est laissé manipuler, canaliser, désenvoûter, capter par les puissances spirites. Après ce long voyage dans une France où sorciers et sourciers font bon ménage, il fait pour nous le portrait des personnages singuliers qu’il a rencontrés et nous raconte les expériences fortes qu’il a vécues.
Une promenade insolite dans une France fascinante et méconnue.

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D’après le titre, on pourrait penser que ce livre parle d’abord des pratiques occultes. En fait, il fait aussi et plus encore la part belle à la pénétration du Nouvel Age dans les propositions les plus bizarres présentes sur le terrain.

J’ai étudié de près le Nouvel Age, à la fois de façon théorique (1), mais aussi de façon pratico-pratique en épluchant les propositions des centres de bien-être présents dans mon département.

J’ai lu le livre d’H. Prolongeau. J’ai trouvé que ce livre était « pile poil » dans l’oeil du cyclone : ce qui est raconté est la réalité exacte du « terrain », et illustre parfaitement le glissement qui s’opère dans l’esprit des « chercheurs » à force de passer de stages en sessions, de gourous en illusionnistes…

(1) Voir l’onglet Nouvel Age du site sosdiscernement.org

Trois études sur le chamanisme

Études du professeur Guy Rouquet, publiées dans la revue Bulles

Le chamanisme est à la mode. Des émissions ou publications de toutes sortes ne cessent de l’évoquer, répondant à une demande croissante qu’elles n’en finissent pas d’alimenter d’ailleurs. Des stages fleurissent un peu partout, en pleine ville, à la campagne, au pied d’une cascade perdue dans une forêt bien de chez nous. Dans le cadre d’ateliers, avec cérémonie ritualisée à la clé et offres de « voyages initiatiques » dans un lointain pays, caractérisés par des séjours à la dure ou dans des centres tout confort. Mieux, des formations de chamans sont organisées, y compris à l’intention d’indigènes incités à renouer avec leur passé et leurs traditions perdues, par des occidentaux se disant « missionnés » ou avertis en la matière.

Accéder aux articles :

1. LE CHAMANISME TRADITIONNEL

2. LE CHAMANISME EST-IL UNE MÉDECINE ?

3. LE NÉO-CHAMANISME CONTEMPORAIN

Yoga Nidra et sophrologie à l’école ?

Un enseignement du P. Joseph-Marie Verlinde. Video de 32 ‘.

Des formations de « Yoga laïque » sont proposées aux professeurs… N’y a-t-il pas là une initiation non dite à une métaphysique de l’enstase ? La question est récurrente… Elle se pose aussi avec l’introduction de la méditation de pleine conscience dans les écoles catholiques… Quelle attitude adopter ?

Le yoga est traité en 1° partie, et la sophrologie en seconde partie.

Débats sur le psychospirituel, 2011-2016

La confusion entre le psychique et le spirituel dans les sessions)retraites d’agapéthérapie a mis longtemps à être perçue comme un grave danger… Cette page dédiée sur le site Pastorale Nouvelles Croyances et Dérives sectaires de la Sarthe contient de nombreux articles qui balisent le chemin parcouru entre 2011 et 2016… Ces pratiques dangereuses émettent leurs derniers flamboiements; souhaitons qu’elles disparaissent rapidement, ce qui n’est pas gagné d’avance, tellement elles ont laissé des traces chez de nombreuses personnes passées entre leurs fourches caudines…

Retour sur « Le système Pierre Rabhi »

L’enquête de Jean-Baptiste Malet « Le système Pierre Rabhi », publiée en août 2018, a suscité un grand nombre de réactions. L’auteur — qui vient d’être distingué par le prix Albert Londres pour une précédente enquête sur l’industrie de la tomate — revient sur les critiques formulées par M. Rabhi et ses soutiens.

«Ce monsieur est venu chez moi. Il aurait pu me poser des questions. Pas du tout. Il n’a posé aucune question. Il est reparti et il a fait du puzzle. Il a rassemblé quelques données par-ci par-là, et toujours à charge, à charge, à charge. » Invité durant une heure sur France Culture, le 23 septembre, Pierre Rabhi plante le décor : plutôt que de contredire factuellement les éléments exposés dans Le Monde diplomatique, il analyse la personnalité du « pauvre garçon » qui aurait écorné son image. « Psychanalytiquement, je pourrais dire qu’il était en quête de sa propre valorisation, et que s’attaquer à une personne qui est reconnue, peut-être, c’était plus commode d’arriver à ses fins. » Ce sera sa ligne de défense…

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Le système Pierre Rabhi

Dans le grand auditorium du palais des congrès de Montpellier, un homme se tient tapi en bordure de la scène tandis qu’un millier de spectateurs fixent l’écran. Portées par une bande-son inquiétante, les images se succèdent : embouteillages, épandages phytosanitaires, plage souillée, usine fumante, supermarché grouillant, ours blanc à l’agonie. « Allons-nous enfin ouvrir nos consciences ? », interroge un carton. Le film terminé, la modératrice annonce l’intervenant que tout le monde attend : « Vous le connaissez tous… C’est un vrai paysan. »

Les projecteurs révèlent les attributs du personnage : une barbichette, une chemise à carreaux, un pantalon de velours côtelé, des bretelles. « Je ne suis pas venu pour faire une conférence au sens classique du terme, explique Pierre Rabhi, vedette de la journée « Une espérance pour la santé de l’homme et de la Terre », organisée ce 17 juin 2018. Mais pour partager avec vous, à travers une vie qui est singulière et qui est la mienne, une expérience. »

Des librairies aux salons bio, il est difficile d’échapper au doux regard de ce messager de la nature, auteur d’une trentaine d’ouvrages dont les ventes cumulées s’élèvent à 1,16 million d’exemplaires (1). Chaussé de sandales en toute saison, Rabhi offre l’image de l’ascète inspiré. « La source du problème est en nous. Si nous ne changeons pas notre être, la société ne peut pas changer », affirme le conférencier.

Passé la soixantième minute, il narre le fabliau du colibri qui a fait son succès : lors d’un incendie de forêt, alors que les animaux terrifiés contemplent le désastre, impuissants, le petit colibri s’active, allant chercher quelques gouttes d’eau avec son bec pour conjurer les flammes. « Colibri, tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu éteindras le feu ! », lui dit le tatou. « Je le sais, mais je fais ma part », répond le volatile. Rabhi invite chacun à imiter le colibri et à « faire sa part ».

La salle se lève et salue le propos par une longue ovation. « Cela doit faire dix fois que je viens écouter Pierre Rabhi ; il dit toujours la même chose, mais je ne m’en lasse pas », confie une spectatrice.

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LA Communication NonViolente ou la dictature du relativisme

Le postulat de base de la Communication NonViolente est que nos sentiments sont l’expression de nos désirs/aspirations/besoins[1]. Un besoin non satisfait engendre un sentiment[2]négatif (abattu, découragé, désolé, excédé, honteux…[3]) et, à l’inverse, quand un besoin est satisfait, la personne ressent un sentiment positif (à l’aise, aux anges, alerte, rassuré, vivant…[4]).

Pour communiquer de manière NonViolente, il faut donc

  1. Exposer une situation de manière factuelle, sans poser de jugement de valeur, sans l’interpréter.
  2. Partager ce qui est ressenti dans cette situation
  3. Exprimer le besoin satisfait ou non satisfait
  4. Formuler une demande claire, précise, réalisable dans un délai court.

Ce « concept » pose quand même quelques questions.

1. Le centre de la CNV n’est pas l’exposé le plus objectif possible de faits, ni la demande claire et précise, mais les RESSENTIS et les BESOINS.

Or ce que je ressens ne correspond pas toujours à la réalité. Certes je le ressens et personne ne peut dire le contraire, ni le reprocher, c’est ainsi, mais cela ne veut pas dire que le ressenti soit en adéquation avec les faits. Une émotion peut influencer la perception des faits et troubler notre capacité de raisonnement.

En revanche, il y a des faits objectifs, mais en CNV il ne faut ni les analyser, ni dire ce que l’on pense rationnellement. On ne peut plus porter de jugement objectif sans être taxé de « jugeant », « critique », « psychorigide », « moralisateur » … Et si je critique c’est donc que j’ai un besoin non comblé que je dois rechercher. Je dois donc m’analyser. CQFD. Tout est ramené au ressenti, et donc centré sur le petit moi… : si je ressens de la colère c’est parce que j’ai un besoin qui n’est pas comblé. Je dois alors le dire et exprimer ma demande. Or il y a parfois des faits objectivement faux, mauvais, injustes qui, pour la CNV, sont des croyances dont il faut se libérer. Donc tout se vaut, ce qui compte c’est de dialoguer pour que les besoins de chacun soient satisfaits. Le fond, c’est qu’il n’y a pas de vérité objective. Nous sommes dans le relativisme que dénonçait vigoureusement le pape Benoit XVI :

« L’on est en train de mettre sur pied une dictature du relativisme, qui ne reconnaît rien comme définitif et qui donne comme mesure ultime uniquement son propre ego et ses désirs».[5]

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La CNV de M. Rosenberg, un rejet de toute autorité ?

La Communication NonViolente de Marshall Rosenberg semble rejeter toute autorité…

→ Un extrait du LANGAGE « GIRAFE » de Marshall Rosenberg

http://mediationcorner.com/fr/pour-une-mediation-reussie/
Toute critique, tout jugement à l’égard d’autrui n’est que l’expression d’un besoin non satisfait.
La Communication NonViolente est fondée sur l’idée que les rapports de pouvoir entre les êtres humains n’ont aucune raison d’être.

Malheureusement, l’immense majorité des gens ont été éduqués conformément à un moule dans lequel tout était soumis à des rapports de pouvoir. Le pouvoir étant incarné par différentes autorités: parents, école, église, armée, parti politique, monde professionnel. Partout les rapports sont hiérarchisés et le fonctionnement des diverses institutions est calqué sur un schéma identique : ce que l’on fait est juste ou faux, bien ou mal, stupide ou intelligent, permis ou défendu.

Nous vivons ainsi notre vie avec des schémas plein la tête; ceux-ci font de nous des MARIONNETTESdes MORTS-VIVANTS. Incapables d’écouter nos besoins profonds et ceux des personnes que nous sommes amenés à côtoyer, nous ne pouvons que cataloguer, critiquer, juger et nous enfermer nous-mêmes dans un monde de chacals, argumente Marshall Rosenberg.
Or comment peut-on dire qu’une action est juste ou fausse ? La seule question pertinente à se poser est de savoir ce qui a motivé cette personne à choisir tel ou tel comportement dans une situation donnée.

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Empathie : le danger des mystifications

Empathie : le danger des mystifications. Un article de Serge Tisseron, psychiatre, docteur en psychologie et psychanalyste, chercheur associé habilité à diriger des recherches (HDR) au Centre de Recherche Psychanalyse Médecine et Société à l’université Paris VII Denis Diderot.

Plan : les trois étapes de l’empathie — Les menaces sur l’empathie — Le pouvoir ambigu des TIC — Apprendre l’empathie.

 

L’empathie semble bien placée pour devenir le dernier concept à la mode. Mais pourquoi tant d’engouements ? Parce que nous avons tous envie d’y croire ! Et pour rendre l’empathie encore plus désirable, certains auteurs, comme Jeremy Rifkin, n’hésitent pas à la caricaturer et à la présenter comme une formidable force altruiste. Pourtant, les diverses recherches menées actuellement en neuro physiologie sont formelles : si l’empathie est bien la capacité de percevoir les états mentaux de l’autre, elle n’est pas la tendance à s’en préoccuper. Telle est la première mystification qu’entretient l’ouvrage de Jeremy Rifkin. La seconde est de nous faire croire que les technologies numériques augmenteraient les capacités empathiques de l’humanité. Pour comprendre ces deux mystifications, commençons par définir l’empathie.

1. Les trois étages de l’empathie (figure 1)

Tout d’abord, l’empathie n’est ni la sympathie, ni la compassion ni l’identification. Dans la sympathie, on partage en effet non seulement les mêmes émotions, mais aussi les valeurs, les objectifs et les idéaux de l’autre. C’est ce que signifie le mot « sympathisant ». La compassion, elle, met l’accent sur la souffrance. Elle est inséparable de l’idée d’une victime et du fait de prendre sa défense contre une force hostile, voire une agression humaine. Son principal danger est qu’elle fait peu de place à la réciprocité, et s’accompagne même parfois d’un sentiment de supériorité. Enfin, l’identification n’est que le premier degré de l’empathie, qui en comporte trois.

L’empathie peut en effet être représentée sous la forme d’une pyramide constituée de trois étages superposés, correspondant à des relations de plus en plus riches, partagées avec un nombre de plus en plus réduit de gens (Tisseron S., 2010).

Le premier de ces étages est l’empathie directe (ou unilatérale). Elle correspond à ce qu’on appelle plus couramment identification. On pourrait aussi l’appeler « identifiction », dans la mesure où personne ne peut vraiment se mettre à la place d’autrui. On peut donc la définir plutôt comme la capacité de changer de point de vue sans s’y perdre. Ses bases sont neurophysiologiques et elle est toujours assurée, sauf difficultés liées à l’existence de troubles envahissants du développement (autisme). Elle a deux composantes car elle consiste à la fois à comprendre le point de vue de l’autre (c’est l’empathie cognitive) et ce qu’il ressent (c’est l’empathie émotionnelle). L’empathie apparaît chez le bébé dès la deuxième année, aussitôt qu’il est capable de faire la distinction entre l’autre et lui. Certains auteurs placent cette distinction vers le premier mois (Stern D., 1989). Les animaux aussi en sont capables (De Waal F.), mais l’être humain se caractérise par une exceptionnelle capacité de faire servir ses capacités d’empathie à ses intérêts personnels. La compréhension émotionnelle et cognitive qu’il a de l’autre est alors utilisée pour le manipuler, voire l’éliminer.

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