Avec Sœur Catherine, religieuse ermite dans les Alpes. Auteur de Manuel de vigilance spirituelle – comment éviter les problèmes de l’esprit (éditions du Relié)
Hier au Grand Rex à Paris, un colloque exceptionnel portait sur « la conscience et l’invisible ». C’était le dimanche des Rameaux mais plutôt que d’écouter l’évangile de saint Matthieu, une foule de quelque 2500 personnes a payé jusqu’à 100 euros pour venir écouter de nouveaux prêcheurs, sans église ni dogme mais qui, armés d’un discours sur la conscience, entendent répondre au désarroi de nos contemporains.
Les sujets étaient passionnants : expérience de mort imminente, médiumnité, réincarnation, communication animale, guérisons inexpliquées, tous ces phénomènes s’agrègent sous l’étiquette des « nouvelles spiritualités ». Dans cet univers, la conscience englobe toute réalité et la réalité tout entière baigne dans la conscience. Le péché et le salut n’existent pas. La nature humaine n’est ni à réparer ni à sauver par un sacrifice. Il s’agit de découvrir en soi le potentiel infini de sa conscience.
La passerelle avec le christianisme, c’est l’aversion pour le matérialisme. L’obstacle, c’est le relativisme total : une sorte de tradition primordiale, surplombant les religions et les innervant à la fois, brouille le rapport à la vérité. Ici, les religions en général sont suspectées de diviser les hommes tout en conditionnant le salut à l’obéissance à des pratiques.
L’Église a du mal à se situer par rapport à ces « nouvelles spiritualités » dont l’influence est grandissante. Celle-ci se voit notamment dans les bouddhas, prompts à remplacer les crucifix dans les intérieurs contemporains. Cet attrait pour la science, la conscience, mêlée à la volonté de retourner à la nature, ne doit pas être négligé. Ici, l’Église est invitée à renouer avec la mystique et les contemplatifs, trop souvent dévalorisés au profit de l’activisme humanitaire, lequel ne suffit pas à étancher la soif d’absolu.
Si sœur Catherine reconnaît que le bouddhisme zen peut être une excellente préparation à l’oraison, elle souligne que le christianisme est la seule voie pour atteindre la béatitude. Car Dieu s’est donné un visage et, en souffrant Sa Passion puis en ressuscitant, il a montré que le mal qui nous étreint ne l’emporterait pas.
Ce manuel propose des solutions concrètes tirées de l’expérience pratique d’une sœur ermite, pour un travail de fond, inscrit dans le temps.
Notre époque, avec sa complexité grandissante et ses situations inédites, donne lieu à de nombreux pièges et faux-semblants générateurs d’illusions, qui demandent une autre lecture.
L’actualité montre que notre confiance se trouve souvent leurrée par des visées très dissimulées, quelle que soit la voie spirituelle choisie.
L’auteur nous propose une vision juste du réel, dispensée par la quête de l’union à Dieu.
Voici un livre œcuménique qui s’adresse à celles et ceux qui ont une certaine exigence envers eux-mêmes et qui cherchent à discerner la vérité dans la vie courante.

