Homéopathie, Sophrologie, la santé à tout prix ?

Les thérapies alternatives, les médecines douces et les exercices de relaxation sont-ils toujours anodins ? La santé à tout prix ? Après une brève présentation de son dernier livre « La Mandragore du Boucher »l’abbé Jean-Christophe THIBAUT (alias l’écrivain Michael Dor) nous éclaire quant aux sources du New Age (Nouvel Age), de l’Homéopathie, de la Sophrologie et nous amène à réfléchir au implications que peuvent avoir les thérapies alternatives et autres pratiques dérivées sur notre spiritualité et notre santé.

Sophrologie, éléments de discernement

Kinésithérapeute de profession, je me suis très tôt intéressé à toutes les méthodes de prise de conscience corporelle et techniques de relaxation, les enseignant dans le cadre de la formation professionnelle des infirmières en psychiatrie, ou dans le cadre d’un diplôme universitaire de formateur d’adultes ou DUFA. Il est important d’envisager une distanciation critique quant aux limites de ces techniques dans certaines pathologies psychiatriques, mais aussi sur les sujets sains quant aux effets d’emprise, de manipulation et de dérives. C’est ainsi qu’infirmières ou étudiants avaient des critères de discernement objectif pour évaluer différentes méthodes de relaxation ou de prise de conscience corporelle adaptables à leurs pratiques. Le discernement est primordial, tant sur le plan de la raison que sur le plan de la Foi si nous sommes chrétiens. Ce discernement consiste à vérifier avec attention l’anthropologie qui sous-tend ces méthodes et techniques. Car aucune technique, aucune méthode dans ce domaine ne sont neutres. Dès que l’on touche à l’homme, la subjectivité du ressenti peut dominer l’objectivité.

Un de ses best-sellers de Laurent Gounelle, « L’homme qui voulait être heureux », a pour sous-titre : « ce que l’on croit peut devenir réalité ». Gounelle a du succès, car il s’inscrit dans ce courant New Âge ou post New Âge, où l’on pense pouvoir acquérir la sagesse, l’illumination, la connaissance en se laissant conduire tant par son intuition, et que par une domination de ses propres pensées. Ainsi nous n’avons pas à nous convertir au réel selon la pensée de Bossuet qui disait : « Les événements sont nos maîtres », mais nous pourrions infléchir le réel par nos propres croyances. Ceci n’est ni plus ni moins qu’une exaltation moderne de la pensée magique. L’homme devient en lui-même et par lui-même son propre créateur et sauveur.

Et c’est précisément ce à quoi nous entraîne la sophrologie. La sophrologie pénètre, le monde de l’entreprise, du commerce, de l’enseignement, du sport, du monde médical et paramédical…

Il est curieux de constater, que dans nombre de collèges ou de lycées d’enseignement privé se recommandant de l’Église catholique, la sophrologie soit proposée aux élèves. La sophrologie y est présentée comme une méthode permettant de diminuer le stress au moment des examens, d’améliorer les performances d’apprentissage, de perfectionner concentration et clarté de pensée… Combien de fois ai-je été témoin de l’agressivité de sophrologues et de leurs adeptes, quand je leur proposais de discuter sur le fondement de leurs pratiques. Il n’existe aucune étude épistémologique sur la sophrologie réalisée par des personnes qui ne soient pas sophrologues, c’est-à-dire qui ne soient pas juges et partis. Continuer la lecture de « Sophrologie, éléments de discernement »