Une vie en Antroposophie

La face cachée des écoles Steiner-Waldorf, par Grégoire Perra et Elisabeth Feytit. À l’âge de 9 ans, Grégoire Perra entre dans une école Steiner. Il restera 30 ans dans l’anthroposophie, un mouvement dont il dénonce aujourd’hui les dérives sectaires et qui regroupe les écoles Steiner, l’agriculture biodynamique, les produits para-pharmaceutiques Weleda et la banque Nef, entre autres.

Six entretiens à écouter sur cette page du site Méta de choc

1. L’entrée en école Steiner (62 mn) — . 2. L’antroposophie au quotidien (59 mn) — 3. Les fondements de la croyance (57 mn) — 4. Les premiers questionnements (61 mn) — 5. La sortie du mouvement (59 mn) — 6. Le processus de déconditionnement (54 mn).

Access bars

Faites-vous votre idée…

Qu’est-ce donc que l’Access Bars ?

L’Access Bars est une pseudo-médecine énergétique inventée par Gary Douglas en 1995, qui a été longtemps en contact avec l’Église de la Scientologie ainsi que Dain Heer, un chiropracteur reconverti dans le coaching mental.

Sur la page principale de leur site internet1, la promesse est belle : « Access Consciousness te permet de changer tout ce que tu ne parviens pas à changer, et à créer tout ce que tu désires, d’une manière différente et plus aisée ».

Il est expliqué que Gary a reçu dans son esprit 32 points situés au niveau de la tête pour activer certaines « barres » : comme par exemple celles de l’argent, du pouvoir, de la sexualité, de la guérison ou encore des tunnels de l’espace-temps…

Cette pratique est aujourd’hui répandue dans plus de 170 pays. Et vous pouvez devenir « facilitateur » c’est-à-dire praticien, en une seule journée moyennant la somme de 300 euros.

Des dérives sectaires

Plus d’une cinquantaine de signalements ont déjà été recensés à la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires : une retraitée qui a perdu plusieurs milliers d’euros dans des formations ; une autre qui a subi des sollicitations pour des levées de fonds afin de financer les impôts d’un des cofondateurs ; une personne qui s’inquiète du changement brutal de son épouse et qui ne s’occupe plus de ses enfants…

Il y a un degré d’initiation, explique une enquête de l’Express2. Une évolution du discours, au fur et à mesure, typique des méthodes de type sectaire.

Gnosticisme et occultisme

Devant l’ampleur du phénomène, le magazine Envoyé Spécial de France 2 a décidé d’envoyer une journaliste faire la fameuse formation3. Elle y apprend notamment ceci :

  • L’exercice du thymus, position censée la reconnecter avec l’énergie de l’univers, faisant « remonter l’état vibratoire de son corps à l’état vibratoire de son être infini » ;
  • La lecture du manuel remis aux participants à leur arrivée. Le passage étudié concerne une « entité démoniaque » appelée « BHCEEMECS » – qu’il s’agit d’apprendre à exorciser ;
  • L’accès aux bars, un entraînement pour apposer les doigts sur certains points du crâne (dont le point toaster du vieillissement qui permet de travailler le concept du vieillissement).

L’Express fait également référence à des entités et des démons, que les praticiens de l’Access Bars seraient donc capables de maitriser, car ils sont des « humanoïdes » sortes d’êtres humains augmentés, car initiés : ils voient ce que d’autres ne voient pas.

Au début, les praticiens se contentent de la théorie de la « libération des mémoires cellulaires »4, puis ils confient à leurs disciples qu’ils sont « humanoïdes », une espèce supérieure aux humains, capable de pouvoirs psychiques surnaturels.

« Les humanoïdes seraient dotés de pouvoir psychiques, comme celui de « percevoir les pensées, sentiments et émotions de tous ceux qui t’entourent sur un rayon entre 12 et 12 000 m² dans toutes les directions ». »

Il y aurait des entités bonnes et d’autres mauvaises. Ils faut donc se débarrasser des mauvaises et utiliser les bonnes, parfois pour avoir des avantages matériels sur Terre. Gary Douglas explique qu’un jour, il a choisi une entité « antiquaire » car cela lui permettait de connaître les bonnes affaires à faire…

Quant aux démons, « êtres que nous avons apportés ici venant d’autres domaines pour nous aider à avoir du pouvoir sur les autres », Gary propose de les exorciser avec une formule. Il raconte ainsi qu’il a pu acheter une maison après avoir fait fuir certaines entités : il explique que d’un seul coup la maison avait repris de la valeur et tout le monde souhaitait l’acheter.

Conclusion

A partir du moment où l’on nomme une entité démoniaque, et même que l’on propose « d’exorciser », cela mérite immédiatement une grande prudence et doit faire « tilt ».

Dans le document d’Envoyé Spécial, on propose d’ailleurs à la journaliste de réciter une « formule magique » avant chaque début de séance. Une suite de mot en anglais qui « ne veut rien dire » dit-elle…

1https://www.accessconsciousness.com/fr/

2https://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/access-bars-consciousness-les-documents-secrets_2068273.html et aussi https://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/access-bars-une-pseudo-therapie-aux-derives-inquietantes_2067006.html

3https://www.francetvinfo.fr/societe/video-formules-magiques-entites-demoniaques-envoye-special-a-suivi-une-formation-a-l-access-bars-methode-therapeutique-controversee_3831047.html

4https://sosdiscernement.org/e-books/sosd_05_memoire_cellulaire.pdf

Médecines alternatives : gare aux gourous

Médecines alternatives : halte aux gourous, alerte Georges Fenech
Georges Fenech

L’ancien président de la Miviludes tire la sonnette d’alarme face aux dérives sectaires de certains thérapeutes, alors que les médecines alternatives sont devenues un fait de société.

La crise sanitaire du Covid-19 a remis en lumière l’importance des soignants mais aussi, parallèlement, le phénomène des médecines alternatives. Certains personnes utilisent des méthodes non-officielles et souvent décriées. Ce sont ces « gourous » que dénonce Georges Fenech, homme politique et ancien magistrat dans son livre Gare aux gourous – Santé, bien-être. Des pratiques étudiées lorsqu’il était président de la Miviludes, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. 

UN PHÉNOMÈNE GRANDISSANT

Ce phénomène n’a rien de nouveau mais a gagné en importance depuis les années 1960. Alors que 60% des Français ont recours à ces méthodes alternatives, Georges Fenech estime que ce n’est plus « un engouement, c’est un fait de société »

Si beaucoup de Français ont recours à ces pratiques, c’est aussi parce que l’offre ne faiblit pas. « Il y a un grand nombre d’individus qui s’autoproclament thérapeutes que je surnomme ‘dérapeutes’. Ils prétendent se substituer à la médecine traditionnelle », explique Georges Fenech.

Certaines techniques sont particulièrement préoccupantes pour la Miviludes, notamment la médecine germanique qui attribue par exemple le cancer à un « conflit intérieur » à régler. Ainsi, « il y a une incitation à rompre le protocole de chimiothérapie », dénonce Georges Fenech. 

DES « GOUROUS » DANS LES HAUTES SPHÈRES

Contrairement aux idées reçues, « ces pratiques sont beaucoup plus larges que le phénomène sectaire », assure Georges Fenech. Certains sont même des médecins diplômés, convaincus de leurs méthodes. « Ils ont une vision globale et tout cela finit par remonter très haut », dans les différentes sphères de la société, assure le magistrat.

Cette prégnance s’explique également, selon l’ancien président de la Miviludes, par la difficulté pour l’Etat d’aller à l’encontre de « la liberté fondamentale de se soigner ou de ne pas se soigner ». Georges Fenech juge l’action de l’Etat « trop timorée compte tenu de l’ampleur du phénomène »

Par ailleurs, ces « dérapeutes sont dans une posture de victimisation par rapport à la médecine officielle ». Les autorités se retrouvent ainsi confrontées à la difficulté d’alerter sur les risques de ces dérives. 

COMMENT PRÉVENIR CES DÉRIVES

Comment éviter de tomber dans ces dérives ? « Quand on vous propose une offre alternative, il faut s’informer auprès des associations, de la Miviludes et du ministère de la Santé. Il y a aussi l’attitude du dérapeute qui doit alerter », notamment lorsqu’il demande des sommes très conséquentes », explique Georges Fenech.

Depuis l’avènement du New Age dans les années soixante et l’engouement pour le développement personnel, des charlatans ont pris possession de notre santé et de notre bien-être. De nos jours, quatre français sur dix et 60 % des malades du cancer ont recours aux médecines dites complémentaires, douces ou alternatives. Du jeûne hydrique au respirianisme, en passant par la macrobiotique, la naturopathie, la kinésiologie, l’anthroposophie, le reïki, la dianétique, l’Access bars ou encore la méditation curative, les offres se multiplient à profusion.À partir de témoignages et de documents inédits, Georges Fenech lève le voile sur les dangers de certaines pratiques.Il dénonce sans langue de bois l’infiltration des communautés pseudo-thérapeutiques à tous les niveaux de la société : écoles, universités, entreprises, églises, ministères et réseaux sociaux.Ce cri d’alarme est lancé avant que le piège ne se referme définitivement sur notre bien le plus précieux, la santé.

Georges Fenech, député honoraire, ancien juge d’instruction, a présidé la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES). Il est aujourd’hui membre du cabinet d’avocats 28 octobre et consultant sur CNEWS.

Lire aussi : Jésus n’est pas un gourou

Shambhala : accepter l’inacceptable

Témoignage

J’ai fréquenté la secte Shambhala pendant environ 6 ans. Quand j’ai commencé, j’étais simplement à la recherche d’un moyen de mieux gérer mon stress et de mieux vivre au quotidien. Je m’intéressais déjà à la méditation et je pensais éventuellement rejoindre une organisation qui pourrait m’aider à pratiquer plus facilement et avec d’autres personnes. Et c’est sur les conseils d’un ami que je suis allé dans un centre Shambhala.

De la méfiance à la confiance

J’avais un peu peur de tomber sur des personnes bizarres, ou une organisation à tendance trop ésotérique. J’ai été agréablement surpris en constatant exactement l’inverse. J’y ai trouvé des gens très agréables, et qui semblaient sincères dans leurs relations. Ils semblaient aussi avoir une certaine présence et une attitude allant au-delà des relations un peu superficielles que je trouve autour de moi en temps normal. Ils avaient l’air simplement humains et sans artifices. En tout cas c’est ce que je dirai plus tard à ma famille quand certains s’inquièteront de me voir tomber dans une secte. J’ai commencé à aller au centre toutes les semaines et ce pendant quelques mois. À chaque fois on pratiquait la méditation, puis on lisait un texte en rapport avec les enseignements de Shambhala et l’enseignant organisait une discussion en groupe sur les textes. Régulièrement un membre du staff présentait les évènements à venir dans le centre, par exemple des stages d’arrangements floraux, de photographie, ou encore de tir à l’arc méditatif, et souvent il parlait de weekends de pratique entièrement consacrés à des enseignements, les présentant comme le cœur de Shambhala. Après plusieurs mois, comme les enseignements me plaisaient, j’ai décidé de sauter le pas et de participer à ces weekends. Le programme devait se dérouler dans l’ordre, un peu comme un cursus scolaire, approfondissant de plus en plus les enseignements Shambhala. Ceux-ci portaient beaucoup sur la «bonté fondamentale» de chaque être humain, ou encore sur le fait de créer une «société éveillée».

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