Microkinésithérapie

par Bertran Chaudet.

Dans ma vie professionnelle, j’ai soigné des personnes ayant fait des séances de micro kinésithérapie. J’ai même du me séparer d’un collègue qui pratiquait cette méthode. Pourquoi?

De subtilité en subtilité, le toucher du « thérapeute » croit atteindre la lésion première physique, psychique, voire existentielle qui se serait engrammée dans les tissus, à l’origine de tous les maux. Et de pouvoir y remédier !

Ce qui est certain c’est que notre corps a plus de mémoire que nos souvenirs conscients. Mais il est du devoir impérieux de tout soignant de ne pas aller chercher derrière le voile en étant intrusif ou inductif.

Intrusif en allant chercher des informations qui seraient inscrites dans le corps et dont le patient ne serait pas conscient, non pas par des examens objectifs (IRM, radio, examens sanguins ou des tests musculaires articulaires objectivables etc…) mais par une sensibilité exacerbée qui confine alors à de la médiumnité.

Inductif car dans l’état de dépendance ou de fragilité dans lequel se trouve le patient, il est facile de lui faire croire n’importe quoi. Or tout cela peut avoir dans un premier temps un effet placébo agissant et parfois même de manière spectaculaire.

Deux questions se posent alors:
– La dépendance du patient à l’égard de son thérapeute tout puissant qui devient le sauveur et dont on conseille à tous les soins miraculeux…
– La possibilité de faire allégeances à des forces occultes.

Un rééducation nécessite patience humilité et prise de conscience pour changer geste et attitude qui peuvent occasionner dysfonctionnements et douleurs. Cette rééducation rend au patient son autonomie et sa responsabilité plutôt que de tout attendre de son gourou thérapeute.

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