« Abracadabra » : d’où vient cette mystérieuse formule magique ?

Apparaissant pour la première fois au deuxième siècle dans un manuscrit de l'Empire romain, abracadabra était alors prononcé en guise de remède contre la fièvre.

De Tom Metcalfe, site National Geographic.

Image mise en avant : Ce manuscrit datant du 13e siècle présente l’ancien « remède » romain de Quintus Serenus Sammonicus contre la malaria, avec le mot ABRACADABRA écrit en lettres décroissantes, de façon à former un triangle inversé. Photographie de British Library archive, Bridgeman Images

« Abracadabra. » Il suffit d’entendre cette formule pour comprendre qu’il y a de la magie dans l’air, une métamorphose, peut-être, ou un simple tour. Aussi singulière soit-elle, cette succession de lettres est devenue le signe quasi-universel de l’improbable. Même si les experts s’interrogent encore sur son origine précise, une chose est sûre : le terme est ancestral.

La première apparition d’abracadabra remonte à plus de 1 800 ans sous la plume de l’érudit Quintus Serenus Sammonicus ; la formule était alors employée comme remède magique contre la fièvre, symptôme du paludisme et affection potentiellement mortelle à une époque prédatant l’émergence des antibiotiques. Il était le tuteur de Geta et Caracalla, deux enfants devenus empereurs de Rome, et cette position privilégiée au sein de la noblesse romaine donnait de l’importance à ses mots.

Au 2e siècle de notre ère, dans un ouvrage intitulé Liber Medicinalis (Le Livre de Médecine), Serenus conseillaità ses lecteurs d’inscrire la formule magique sur une amulette à suspendre au cou du malade. Il recommandait d’écrire le mot sur plusieurs lignes, en enlevant une lettre à chaque ligne de façon à former un triangle inversé :

ABRACADABRA
ABRACADABR
ABRACADAB

AB
A

L’inscription devait donc comporter 11 lignes, jusqu’à épuisement des caractères. Ainsi, assurait Serenus, la fièvre disparaîtrait.

Continuer la lecture de « « Abracadabra » : d’où vient cette mystérieuse formule magique ? »