Apparaissant pour la première fois au deuxième siècle dans un manuscrit de l'Empire romain, abracadabra était alors prononcé en guise de remède contre la fièvre.
Image mise en avant : Ce manuscrit datant du 13e siècle présente l’ancien « remède » romain de Quintus Serenus Sammonicus contre la malaria, avec le mot ABRACADABRA écrit en lettres décroissantes, de façon à former un triangle inversé. Photographie de British Library archive, Bridgeman Images
« Abracadabra. » Il suffit d’entendre cette formule pour comprendre qu’il y a de la magie dans l’air, une métamorphose, peut-être, ou un simple tour. Aussi singulière soit-elle, cette succession de lettres est devenue le signe quasi-universel de l’improbable. Même si les experts s’interrogent encore sur son origine précise, une chose est sûre : le terme est ancestral.
La première apparition d’abracadabra remonte à plus de 1 800 ans sous la plume de l’érudit Quintus Serenus Sammonicus ; la formule était alors employée comme remède magique contre la fièvre, symptôme du paludisme et affection potentiellement mortelle à une époque prédatant l’émergence des antibiotiques. Il était le tuteur de Geta et Caracalla, deux enfants devenus empereurs de Rome, et cette position privilégiée au sein de la noblesse romaine donnait de l’importance à ses mots.
Au 2e siècle de notre ère, dans un ouvrage intitulé Liber Medicinalis (Le Livre de Médecine), Serenus conseillaità ses lecteurs d’inscrire la formule magique sur une amulette à suspendre au cou du malade. Il recommandait d’écrire le mot sur plusieurs lignes, en enlevant une lettre à chaque ligne de façon à former un triangle inversé :
ABRACADABRA ABRACADABR ABRACADAB … AB A
L’inscription devait donc comporter 11 lignes, jusqu’à épuisement des caractères. Ainsi, assurait Serenus, la fièvre disparaîtrait.
par Bertran Chaudet avec l’aide de plusieurs personnes
Il n'est pas rare que des personnes qui demandent les services de guérisseurs finissent par porter sur elle des talismans. Je leur fais enlever systématiquement, comme celui-ci récemment. Cette médaille, proposée il y à quelques années à 500 € est aujourd’hui vendue 800 € (inflation de la demande oblige), par un guérisseur français bien connu qui se dit exorciste. D. A.
Un talisman est un objet, sur lequel sont inscrits des signes censés apporter, grâce à des pouvoirs magiques, protection, santé, réussite. Seul le nombre au centre de l’étoile change suivant le demandeur, tous les autres signes ésotériques et occultes liés aux conceptions magiques du guérisseur sont les mêmes sur tous les médaillons. Nous avons changé ce nombre pour que personne ne soit reconnu.
Ces
signes dont souvent extraits de grimoires, livres de magie comprenant
des recettes sur la façon de lancer des sorts, créer des
enchantements, se livrer à la divination, par l’invocation
d’entités du monde invisible, d’anges, de démons, d’esprits
ou de divinités.
Les sigils
Ce médaillon présente des inscriptions sur ses deux faces, des
chiffres des lettres en Hébreu et des signes appelés sigils, du
latin sigillum signature. Les sigils sont des figures
graphiques appartenant à un alphabet magique. Chaque signe se réfère
à une entité, un ange, un démon ou à une intention magique.
La
puissance de la magie opérant dans le médaillon serait chargée
entre autres par les sigils appelant les énergies des entités
correspondantes.
Ces
symboles et signes ont toujours été des outils utilisés par les
magiciens et les alchimistes.
Dans ce médaillon, les sigils ont une ressemblance avec ceux de Lemegeton (1).
Sceaux provenant du Lemegeton Clavicula Salomonis
Les sigils se retrouvent dans la magie kabbalistique, qui inspirera la magie occidentale.
Sept alphabets magiques, alphabets hébreux correspondant aux sept planètes. Gravure sur bois de Julius Bartolozzi et Carolus Joseph Imbonati, Bibliotheca Magna Rabbinica, Vol. IV, 1675-94.
Ainsi il peut être fait des correspondances entre les signes, les lettres hébraïques et les planètes dans des combinaisons infinies qui donnent le tournis et font croire au profane que l’initié possède les clefs des mystères de la vie. Supercherie qui a comme support des signes qui ne sont compréhensibles que de l’initié et encore !
Le pentacle
Le médaillon présente un cercle dans lequel s’inscrit une étoile à cinq branches ou pentacle.
Pour Pythagore et ses disciples, le pentacle était un signe sacré symbolisant l’harmonie du corps et de l’âme. La représentation du pentacle avec la pointe dirigée vers le haut représente la magie blanche, si la pointe est dirigée vers le bas, la magie noire. De fait magie blanche et magie noire se confondent en ce sens qu’un chrétien ne doit pratiquer ni l’une ni l’autre(2).
Les
alchimistes et les gnostiques voient dans les cinq branches la
quintessence spirituelle, union des quatre éléments air, vent, feu
et eau, et de la lumière, en tant que signe permettant leur
maîtrise.
L’étoile de David
À midi du médaillon il y a l’étoile de David.
Sa signification symbolique est multiple, mais ici alchimiquement, elle représente l’alliance des contraires.
487 brouille les pistes du nombre magique 748
748 est un nombre occulte qui permettrait une mise en relation avec
le monde angélique.
Il
serait lui aussi, selon la numérologie, porteur des énergies
vibratoires des chiffres qui le compose, le 7, lié à l’éveil
spirituel le 4, lié à la connaissance de la matière et le 8 au
pouvoir et à l’autorité que confère la maîtrise du 7 et du 4.
Mais dans ces perspectives symboliques, tout peut être interprété
et réinterprété à l’aune de son imagination, de ses délires et
finalement de son orgueil à vouloir tout maîtriser. Le monde
angélique instrumentalisé serait mis à contribution pour assouvir
vos propres volontés, sur le pouvoir le sexe et l’argent.
L’adepte
de cette numérologie peut prolonger ses délires 748 en
additionnant 7+4+8 = 19.
19 : 1+9 = 10. 10 : 1+0. 1. 1 qui serait le retour à
l’unité primordiale.
L’on peut décomposer le nombre 748, en nombre 74 et 48. Et trouver d’autres significations. Ainsi l’adepte peut passer à ce jeu beaucoup de temps, et le perdre !
Le tétragramme
Au sud, nous retrouvons les quatre lettres sacrées du tétragramme,
le nom divin. C’est ainsi que Dieu dit son Nom à Moïse à
l’épisode du buisson-ardent qui brûle sans se consumer.
Ces
quatre lettres forment le Nom de Dieu en conjuguant le verbe être
tout à la fois au passé au présent et au futur.
« Dieu
dit à Moïse : Je suis celui qui suis. Et
il ajouta : C’est ainsi que tu répondras aux enfants
d’Israël : Celui qui s’appelle ’je suis’ m’a envoyé
vers vous. » Exode 3, 14.
Dans
ce médaillon Dieu est instrumentalisé, comme si celui qui le porte,
pouvait s’approprier l’Être de Dieu.
Autres signes
Il existe de nombreux autres signes comme Thumis, situé entre les deux pointes inférieures de l’étoile, qui ne sont interprétables que par son concepteur. Ils ajoutent au mystère et au supposé savoir et pouvoir du guérisseur.
Conclusion
Le pouvoir que l’on donne consciemment ou inconsciemment à ces objets soumet notre liberté à des puissances invisibles auxquelles celui qui les conçoit comme celui qui les porte font allégeance. Ils sont censés infléchir la réalité selon nos désirs, alors qu’elles nous rendent esclaves de ces forces obscures qui peuvent être imaginaires, mais également peuvent nous mettre en relation avec des forces infernales.
Pour Thomas d’Aquin (3), les lettres, caractères ou signes gravés sur des objets liés à des invocations ou incantations produisent des effets par l’œuvre de mauvais démons. Celui qui les propose comme celui qui les porte ont passé un pacte explicite implicite ou tacite avec le Malin. (4)
Il
s’agit de redonner au plus vite cet objet magique à un prêtre. Si
nous sommes trop impactés, la prière de l’Église, le sacrement
de réconciliation, la prière de libération d’un prêtre au fait
de ces questions peut aider à rompre les liens contractés avec ces
forces obscures.
Seul notre combat spirituel à faire la volonté de Dieu, comme Jésus nous y invite dans la prière à son Père, libère de nos envies immédiates pour entrer dans la Paix et la Joie intérieure.
Notes
(1) Lemegeton Clavicula Salomonis, ou la petite clé de Salomon, ou simplement Lemegeton, est un traité de magie rituelle, anonyme, en anglais, de la seconde moitié du XVIIe siècle. Il s’agit, dans sa version complète, d’une compilation et d’une refonte de cinq textes, prêtés au roi des Juifs Salomon.
L’ouvrage est en cinq parties : la Goetia qui décrit 72 démons et le rituel pour les invoquer ; la Theurgia Goetia avec des esprits en partie bons et en partie mauvais ; l’Ars Paulina qui décrit les esprits et anges qui gouvernent les heures du jour et les signes du zodiaque, tels que supposément découverts par l’apôtre Paul après avoir été enlevé au ciel ; l’Ars Almadel (du nom de son présumé auteur arabe) qui décrit vingt esprits bienveillants du zodiaque ; et l’Ars Notoria, qui est un mélange de prières et de mots magiques permettant la communion avec Dieu et la connaissance des sciences humaine et divine. (Wikipedia)
(2) Voir sur le site occultismedanger.free.fr l’incompatibilité fondamentale entre toutes sortes de magie et la Foi chrétienne.
(3) Thomas d’Aquin, Contre les Gentils, III, CIV-CVI ; Somme théologique, Iia IIae, question 96a2
(4) Évidemment, la personne qui portait ce talisman était loin d’en saisir la signification. Cependant, le fait de le porter équivaut à un assentiment à la charge magique impulsée par le guérisseur et mise en oeuvre dans la vie de la personne par les esprits ténébreux. La démarche chrétienne de libération passe par le rejet et la destruction de tels objets magiques.
Elle est enseignée par Jésus,
transmise par les évangiles,
et utilisée dans la liturgie.
Notre Père, qui es aux cieux,
que ton Nom soit sanctifié,
que ton Règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour,
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé,
Et ne nous soumets pas à la tentation,
mais délivre-nous du Mal.
Elle n’est pas « secrète »,
il l’a enseignée publiquement,
elle contient tout ce que nous avons à demander.
Elle s’adresse à Dieu-Père,
avec un coeur d’enfant;
et nous lui disons humblement :
que TA volonté soit faite…
Alors, pensez-vous que ceci soit une prière ?
Reprenons la petite ritournelle pour « couper le feu ». Elle s’adresse au feu, le commande, le « conjure » au nom de Judas, et en faisant allusion à Jésus…
« Feu, feu, feu, je te conjure de perdre ta chaleur, comme Judas perdit sa couleur en trahissant Notre Seigneur».
Ce n’est pas une prière.
Ça ne s’adresse pas à Dieu.
Et comment se fait-il qu’elle produise un effet quasi instantané pour supprimer la douleur liée à la brûlure ? Quel est son secret ? Une action magique ?
Serait-ce une bonne magie réservée à certains qui ont reçu « le don » ?
Beaucoup de gens disent cela, pour se tirer d’affaire : « Il y a une bonne magie et une mauvaise magie »
Sous-entendu : il y a une magie pour faire du bien, et une autre pour faire du mal.
Et aussi : ne vous posez pas trop de questions, ces gens font de la bonne magie, puisqu’ils soulagent des souffrances et guérissent des maladies. Donc c’est bien.