De nombreux articles sont parus dans la presse ces temps-ci, pour se faire l’écho du dernier rapport de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires). Mais rien ne vaut la lecture du document, fut-elle rapide…
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L’éditorial de F.-N. Buffet, ministre
Autrefois cantonnées à la sphère religieuse, cultuelle et spirituelle, les dérives sectaires concernent aujourd’hui des domaines plus étendus de notre quotidien : celui de la santé, du bien-être, de la formation et du coaching, etc. Notre vigilance collective doit donc être renforcée là où la vulnérabilité des personnes est la plus grande. C’est par exemple le cas dans le domaine de la santé, avec un accroissement des thérapies alternatives et des pratiques non conventionnelles de soin, du fait de la grande vulnérabilité des personnes en souffrance physique ou psychique. Il en va de même des risques encourus par les mineurs, parce que leur développement social, affectif et matériel est encore inachevé et qu’ils sont plus perméables aux discours relayés sur les réseaux sociaux.
Face aux dérives sectaires, l’État est pleinement mobilisé pour mieux protéger les Français. Les années 2023 et 2024 ont été marquées par plusieurs chantiers d’importance, qui ont permis de structurer la politique de prévention et de lutte contre les dérives sectaires. Les Assises de la lutte contre les dérives sectaires, qui se sont tenues du 9 au 10 mars 2023, ont ainsi permis de tracer les grandes lignes d’une stratégie nationale de lutte (2024-2027). Cette stratégie doit permettre de prévenir plus efficacement les risques de dérives sectaires, de mieux accueillir, soutenir et accompagner les victimes, et de renforcer notre arsenal juridique.
Je veux souligner que l’évolution des dérives sectaires ne s’était jusque-là pas traduite par une évolution de notre droit, la dernière loi d’envergure en la matière datant de 2001 (loi About- Picard du 12 juin 2001). C’est désormais chose faite grâce à loi du 10 mai 2024 visant à renforcer la lutte contre les dérives sectaires et à améliorer l’accompagnement des victimes, qui a créé notamment un délit de sujétion psychologique ou physique, ainsi qu’un délit de provocation à l’abstention de soins médicaux.
