Une redécouverte des anges ?

1. SUR INTERNET COMME AU CIEL

SONDAGE DE QUELQUES SITES INTERNET À PARTIR DES MOTS CLÉ  : GUIDE SPIRITUEL ET ANGE GARDIEN
http://anges.free.fr
http://ducielalaterre.org
http://crystallia.unblog.fr/les-guides-spirituels/(les différentes sortes de guides spirituels !)
http://sandrinecoutaud.canalblog.com/archives/2013/12/25/28740400.html (le blog d’une médium spirite)
http://forum.aufeminin.com/forum/loisirs7/__f141384_loisirs7-Comment-rentrer-en-contact-avec-son-guide-spirituel.html
(voir le post Mes recommandations de amourdingue, en bas de la page)
http://reiki-voyance.org/index-page-reiki-titre-les_anges.htm#. U_YBBkvb7E8 (site de voyance, qui contient un menu sur les guides)
http://www.voyance-medium-lilou.com/#!priere-a-mon-ange-gardien/c23mf (prière à mon ange gardien)
On peut aussi regarder les images à partir de ces mêmes mots clés ou bien de celui-ci : « images d’anges merveilleux ».

Cette profusion d’anges sur l’internet (notamment sur des sites de spiritisme), et aussi dans les publications new-age, est un paravent moderne du spiritisme ou chanelling. Les entités avec lesquelles un tel culte nous met en contact sont certes angéliques, mais angéliques déchues. Nous ne nous attarderons pas ici sur la question des entités diaboliques ; une autre rencontre cette année abordera la question « foi chrétienne et démonologie ». On peut aussi rappeler la conférence de 2013, « Spirituel ou paranormal ? », accessible ici : http://pncds72.free.fr/2102_formation_12-13/2102_130220_surnaturel_paranormal/2102_130220_0_surnaturel_paranormal.pdf

ET POURQUOI PAS ? « LA BIBLE DES ANGES » (Joane Flansberry, Le Dauphin Blanc, 2009, poche 2013).
« Bien qu’inspirée de la tradition hébraïque, Joane Flansberry, médium, a développé une interprétation particulière et simple de l’influence et du rôle des anges dans notre vie. Guidée par ses communications avec le monde angélique, elle donne la parole aux Anges qui nous expliquent eux-mêmes leur rôle et leur influence dans la vie des êtres humains. Chaque lecteur pourra facilement identifier l’ange qui lui est spécifique et bénéficier de son aide, de son appui et de son inspiration. On pourra aussi découvrir les spécialités des différents anges et ainsi pouvoir faire appel à eux dans les passages difficiles de notre vie ou dans les épisodes charnières de notre cheminement. Véritable boussole sur le chemin de l’évolution personnelle et spirituelle, ce livre éveillera les lecteurs à la fois à la dimension angélique mais également à l’amour qui sommeille en chacun d’eux. » Bonne recherche !

2. LE NOM DES ANGES

> Peut-on connaître le nom de son ange gardien ?

Les mouvements New-Age tentent de désacraliser ces Esprits célestes, à commencer par nos Anges gardiens auxquels ils attribuent un nom, en fonction de notre date de naissance. Ajoutons à cela un rituel fait de parfums et de couleurs choisis pour les invoquer, et l’on aura compris qu’ils deviennent alors de simples esprits évolués, prêts à obéir à nos moindres caprices. Cette vision très humaine du monde angélique est aussi pauvre que la spiritualité qui le défigure.

Vous verrez des sites ou boutiques proposer ce qui est très tendance, le Nom de votre ange gardien. Sous des aspects très sympathiques, l’on vous fera découvrir quel est le nom de votre Ange gardien par l’association des chiffres de votre date de naissance plus votre nom de Baptême. On vous proposera pentacles et autres produits associés à l’ange afin de vous protéger. Vous tombez ainsi sans vous en rendre compte dans le domaine de l’amulette — gri gri — pentacle — sorcellerie. Vous entrez dans le monde de l’ésotérisme. Au début vous constaterez que tout commence bien par l’évocation du nom de Baptême de votre enfant ; puis très vite on s’aperçoit que des soit disant anges vous protègent : « Si votre Archange Protecteur est Ariel… Jéhudiel… Barachiel… Séhaltiel… Mébaël… Méhaël… Nikaël… » etc.

Leurs noms sont composés d’un mot auquel on ajoute en général EL, parfois AH.

Barachiel, de baraka, « Bénédiction de Dieu »…
Sehaltiel, « connaissance de Dieu » ; dans la Genèse c’est le serpent qui invite Eve à manger de l’arbre de la connaissance…
Mythra : ange de lumière ; serviteur du dieu suprême Ahuda Mazda, religion perse et syrienne. Or « Satan lui-même se déguise bien en ange de lumière » (2 Corinthiens 11, 14)
Ariel, « génie de l’air » ; « ce n’est pas contre des adversaires de chair et de sang que nous avons à lutter, nous dit Saint Paul, mais contre les Principautés, contre les Puissances, contre les Régisseurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits du mal qui habitent les espaces célestes » (Ephésiens 6, 12)
Nanael, ange de la cabale, « Dieu qui rabaisse les orgueilleux »… etc.

Prenant appui sur des textes rattachés aux traditions cabalistiques, quelques sites internet de la mouvance new-age ou ésotérico-magique proposent un tableau très précis de 72 noms d’Anges, qui se partageraient les 360° du zodiaque (cette référence à l’astrologie en dit d’ailleurs long sur l’origine de ces dénominations), par petite tranche de 5° (72×5 = 360).
Respectant l’ordre des 9 hiérarchies angéliques (Séraphins — Chérubins — Trônes — Dominations — Puissances — Vertus — Principautés — Archanges — Anges), et commençant au signe du Bélier (21 mars), 8 noms d’Anges sont ainsi attribués par catégorie (9×8 = 72), chacun de ces noms étant relié à une période de « temps » couvrant 4 à 6 jours.
Il existe également un autre type de classement, qui regroupe ces 72 Anges par « famille », chaque groupe ayant une « spécialité » : le pardon », l’abondance, la famille ou les enfants, la force, la lumière ou le bien-être… Inutile de détailler cette classification ici (voir par exemple la seconde partie de la page : http://www.dark-refuge.com/demons/anges.php)

Il y aurait donc 72 Anges dévoués à notre service… Effectuons un rapide calcul : comme il y a environ 6 milliards d’êtres humains sur terre, cela implique une « charge » de plus de… 83 millions d’hommes et de femmes pour chacun de ces Anges… Il est vrai que les Anges bénéficient de tous les pouvoirs que Dieu leur donne pour mener à bien leur mission, mais ne risquent-ils pas le burn-out ?

Par ailleurs, limiter la puissance d’un Ange à une seule « spécialité », aussi belle et louable soit-elle, est terriblement réducteur. Quelle pauvre image ces classifications donnent-elles des Anges… N’oublions pas que l’Ange est un messager, un porteur de message. Il transmet ce qui lui est confié. Imaginez-vous les facteurs, sur notre planète, qui se spécialiseraient les uns dans l’acheminement des lettres d’amour, les autres dans les factures, d’autres encore dans les demandes d’emploi, les faire-part, etc. C’est absurde, n’est-ce pas ? Si cela n’est pas concevable sur terre, comment l’admettre pour nos célestes compagnons…

> L’Eglise a toujours été très claire concernant ces noms attribués aux Saints Anges

Certes, le livre apocryphe appelé « Énoch Éthiopien » mentionne abondamment les anges. Ce livre aurait été écrit au 3e siècle av. J.-C., fait partie du canon de la Bible éthiopienne, mais il est considéré comme apocryphe par les autres Églises chrétiennes. Il n’est pas inclus dans la Bible des Septante, et il a été écarté des livres canoniques au concile de Laodicée (364). Notons qu’à ce concile, l’Apocalypse de Saint Jean était lui aussi exclu des livres canoniques. Et au chapitre 20, on peut lire : « Voici le nom des anges qui veillent » :

Uriel, un des saints anges, qui préside aux cris et à la terreur.
Raphaël, un des saints anges qui préside aux esprits des hommes.
Raguel, un des saints anges, qui punit le monde et les luminaires.
Michael, un des saints anges qui préside à la vertu des hommes, et commande aux nations.
Sarakiel, un des saints anges qui préside aux enfants des hommes qui pêchent.
Gabriel, un des saints anges, qui préside sur Ikisat, sur le paradis et sur les chérubins.
On parle aussi dans le Livre, des anges de Dieu : Phanuel et Suryal mais aussi des anges déchus.

St Michel, Arcabas.

Mais à proprement parler, dans la Bible, seuls trois anges ont révélé leur nom : Michel, Gabriel et Raphaël. Il faut donc se méfier de ceux qui prennent la liberté d’en désigner d’autres avec précision, comme l’avait fait déjà au VIIIè siècle un certain Adelbert ; celui-ci, en 745, à la demande de Saint Boniface, fut condamné dans un synode par le pape Zacharie, pour avoir inventé une prière aux anges Uriel, Raguel, Tubuel, Inéas, Tubuas, Saloac, Simiel, considérés par cette assemblée comme des démons (Source : Françoise Bouchard, « Les grands miracles de la dévotion », Ed. Résiac, 1996).

Nous trouvons en effet dans le « Dictionnaire portatif des Conciles » (Paris, Veuve Didot, 1767) les lignes suivantes : « Rome, l’an 745, 25 Octobre, sous le Pape Zacharie, assisté de sept évêques, de dix-sept Prêtres et du Clergé de Rome. On y déposa Adelbert et Clement du Sacerdoce, avec anathème. On y condamna au feu les écrits du premier comme impies et insensés. » La prière composée par Adelbert était ainsi rédigée : « Je vous adresse mes voix et mes supplications, ange Uriel, ange Raguël, ange Tubuel, ange Michel, ange Inias, ange Tubuas, ange Sabaoc, ange Simiel… »

L’abbé Th. Laval précise, dans son ouvrage « Le Monde invisible ou Traité dogmatique et ascétique des Anges » (Bruxelles, 1909) :

« On a essayé de donner des noms aux quatre autres [archanges]. Le sens de ces noms : Barachiel, qui signifie Bénédiction de Dieu, — Jéhudiel, Louange de Dieu, — Uriel, Feu de Dieu, — Sealtiel, Prière de Dieu, est irréprochable. Cependant ils ont été réprouvés au Concile de Rome de 745 parce qu’étant d’une valeur toute conjecturale, ils ne peuvent être assimilés aux trois noms donnés par le texte sacré. L’on peut représenter les sept archanges et les honorer ensemble d’un culte spécial ; mais l’on doit alors s’abstenir de désigner par aucun nom ceux d’entre eux qui ne nous sont pas spécialement connus. » (Chap. XII)

Plus tard, en 789, le Concile d’Aix-la-Chapelle confirmera la décision du Concile de Rome en interdisant de fabriquer des noms d’anges en dehors de Michel, Gabriel et Raphaël. « Ne cherche pas à connaître nos noms, car les noms des anges sont rarement exprimés sur la terre », révélation d’un Séraphin à Sainte Marguerite de Cortone, tertiaire franciscaine (v.1247-1297 ; in G. Bavegnati, Légende de la vie et des miracles de sainte Marguerite de Cortone, Paris, Poussielgue-Rusand, 1859, ch.11, par.13).

L’Église affirme ceci : pour nous guider tout au long de notre pèlerinage sur cette terre, Dieu a offert à chacun d’entre nous un Ange gardien particulier, qui nous suit pas à pas en ce monde, et nous accompagnera encore dans l’autre, lorsque le temps sera venu de repartir. Pourquoi chercher à connaître son nom ? Pourquoi vouloir le « nommer » ?

Nombreux sont les mystiques qui ont été favorisé(e) s de la grâce de pouvoir communiquer avec leur Ange gardien, certain(e) s ayant même reçu la faveur de le voir, et de converser avec lui comme avec un être de chair et de sang. Sainte Françoise Romaine, ou plus près de nous le Père Lamy, en sont deux exemples parmi bien d’autres. Mais cette communication directe reste une faveur divine, un don du Ciel. Elle ne peut en rien être « provoquée », ni « commandée », par quelque technique que ce soit, et les ouvrages qui aujourd’hui prétendent le contraire ne sont que de tristes leurres, produits commerciaux dont les « gains » ne sont certes pas perdus pour tout le monde…

Dans le livre de l’Exode, en conclusion au Code de l’Alliance, relisons ces belles paroles, qui s’adressent à tout le peuple : « Voici que je vais envoyer un ange devant toi, pour qu’il veille sur toi en chemin et te mène au lieu que je t’ai fixé. Révère-le et écoute sa voix, ne lui sois pas rebelle, il ne pardonnerait pas vos transgressions, car mon Nom est en lui. » (Ex 23, 23)

3. L’ANGE GARDIEN (P. Gilles Jeanguenin, Les anges existent, Salvator, 2008, pp. 121-128)

Que dit la Bible sur l’ange gardien ?

Nous savons que Dieu, par amour pour nous, envoie ses anges pour nous guider et pour nous protéger. Mais peut-on parler pour autant d’anges gardiens, au sens d’ange assigné personnellement à chacun de nous ? Il faut dire très honnêtement que le Nouveau Testament ne répond pas directement à cette question, mais il nous donne quelques références très précieuses : « Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux » (Mt 18, 10). Par cet avertissement, Jésus nous révèle quelque chose de très important : les petits du Royaume ne sont pas abandonnés à leur faiblesse car les anges veillent sur eux tout en contemplant le visage du Père. Les anges se lient d’amitié avec ces pauvres, avec lesquels ils ont en commun l’humilité et l’amour de Dieu. Le Père des cieux se montre prévenant et plein de tendresse pour celui qui se reconnait pécheur. Pour toi, qui souvent trébuches, « il a donné ordre à ses anges de te garder en toutes ses voies. Ils te porteront sur leurs mains pour que ton pied ne heurte les pierres » (Ps 90, 11-12).

Qu’enseigne le magistère à propos des anges gardiens ?

Les papes ne cessent de manifester leur attachement et leur confiance envers nos célestes protecteurs. Le Pape Pie XII résume bien l’enseignement immuable de l’Église :

« Chacun, aussi humble soit-il, a des anges pour veiller sur lui. Ils sont glorieux, purs, magnifiques, et cependant ils vous ont été donnés comme compagnons de chemin, ils sont chargés de veiller soigneusement sur vous, pour que vous ne vous écartiez pas du Christ leur Seigneur. Et non seulement ils veulent vous défendre contre les dangers qui vous guettent le long de votre chemin, mais ils se tiennent d’une façon active à votre côté, encourageant vos âmes lorsque vous vous efforcez de monter toujours plus haut vers l’union à Dieu par le Christ. » (Allocution du 3 octobre 1958, SA 562)

Est-il vrai que chacun de nous est confié à un ange gardien dès la naissance ?

« Chaque âme, au moment où elle est introduite dans le corps, est confiée à un ange, qui l’encourage toujours au bien et rapporte toutes ses actions à Dieu » (Honorius d’Autun, + 1151, Elucidarium, II, 31). Cette citation d’Honorius résume bien ce que la tradition patristique a toujours enseigné à propos des anges gardiens. Saint Jérôme le confirme par ces paroles : « Si grande est la dignité des âmes que chacune, dès sa naissance, a un ange préposé à sa garde » (Commentaire sur Saint Matthieu, Paris, Le Cerf, 1979, vol 2, livre 3, chap. 18·10, SC. 259). L’Église n’a pas cru bon de devoir s’exprimer par une déclaration dogmatique tant la présence des anges gardiens a été évidente et Incontestée au sein de l’Église. « Que tout fidèle, même le plus petit dans l’Église, se dise qu’il est assisté par un ange qui contemple continuellement la face du Père, ainsi que l’atteste le Christ. » (Origène, De Princ., II, 10, 7)

Si les anges gardiens existent, pourquoi tant d’hommes font le mal ?

La réponse est simple : il ne suffit pas que les anges gardiens donnent de bonnes inspirations aux hommes ; il faut encore que ces derniers acceptent humblement d’être guidés et éclairés par leurs bons conseils. C’est la même remarque que fait Saint Thomas :

« De même que les hommes s’écartent de leur instinct naturel du bien à cause de la passion pécheresse, de même s’écartent-ils des directives que les bons anges leur donnent invisiblement, en les illuminant pour qu’ils agissent bien. Donc, si les hommes périssent, on ne doit pas l’attribuer à la négligence des anges, mais à la malice des hommes » (Somme Théologique, l, Q. 113, s. 3).

Les anges gardiens ne peuvent pas empêcher l’homme de commettre délibérément le mal, mais ils peuvent lui donner la lumière et la force pour ne pas le commettre. Celui qui prie les anges gardiens uniquement dans les moments difficiles et ne leur demande jamais aucune aide spirituelle, ne récoltera que peu de fruits de la dévotion envers les saints anges.

Les anges gardiens abandonnent-ils les pécheurs ?

Non, car les saints anges sont fidèles, constants, présents à tout instant quand bien même nous chercherions à les ignorer : « Les anges gardiens ne nous abandonnent pas, quoique nous abandonnions Dieu », affirmait Saint François de Sales. Saint Pio de Pietrelcina disait la même chose lorsqu’il écrivait à une de ses filles spirituelles : « Combien est consolante la pensée qu’il y ait un esprit près de nous, qui, du berceau à la tombe, ne nous quitte pas un instant, pas même quand nous osons pécher. » (Epistolario III, éd. Padre Pio da Pietrelcina, San Giovanni Rotondo, 1994, p. 83). Les anges nous aiment quoi que nous fassions, car leur amour dérive de l’amour de Dieu pour nous. S’ils sont donc fidèles et n’abandonnent pas ceux qui s’écartent de la volonté de Dieu ou même, la refuseraient, ils n’en attendent pas moins un effort de notre part sur le chemin de la conversion car « il naît de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent » (Lc 15, 10). Si les anges désirent si ardemment la conversion de l’homme, c’est parce que Dieu lui-même ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’ils se convertisse et qu’il vive (Ez 33, 11).

Quels services les anges gardiens nous rendent-ils ?

Il nous est impossible d’énumérer tous les services que nous rendent nos anges gardiens. Ils prient pour nous, offrent à Dieu nos bonnes œuvres et nos prières, ils nous inspirent de bons sentiments, nous soutiennent dans l’épreuve, nous préservent du Malin et de bien des dangers et nous assistent au moment du dernier soupir. Combien de périls et de maux ne nous ont-ils pas épargnés grâce à leur charitable assistance ?

Les anges nous accompagnent-ils dans le cheminement de notre vie spirituelle ?

Bien entendu ! Les anges, plus soucieux de notre âme que du monde matériel qui nous entoure, sont avant tout nos guides spirituels. Ils sont au service de notre cheminement vers la sainteté et nous soutiennent dans la prière et dans les luttes spirituelles que nous avons à mener tant contre nos mauvais penchants que contre le démon. Désolés de voir les âmes s’abîmer dans le péché ou dans la tiédeur, ils illuminent notre intelligence et notre conscience pour que nous reconnaissions notre besoin de conversion au Christ. Origène, déjà, notait que les esprits célestes aident les âmes à se convertir (Contre Celse I. V, 57. PG. II, 1271 C). Enfin, ils partagent la joie de Dieu lorsqu’un pécheur revient sur ses pas et demande pardon : « C’est ainsi, je vous le dis, qu’il naît de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent » (Lc 15, 10).

Avons-nous des devoirs envers notre ange gardien ?

Oui, bien sûr ! Il faut, comme dit Saint Bernard, ne pas oublier notre ange gardien et lui rendre « le respect pour sa présence, la dévotion pour sa bienveillance, la confiance pour sa bonne garde » (Sermon XII, Sur le verset 12 : Sur leurs mains ils te porteront pour que ton pied ne heurte une pierre, in SC, Sermons sur le Cantique, 7, 7, pp. 169, 171).

Les auteurs spirituels nous invitent constamment à respecter la présence des anges. Un document du VIè siècle donnait à ce sujet des conseils d’un réalisme saisissant : « Celui qui prie, s’il veut cracher ou éternuer, qu’il veille à ne pas le faire devant lui, mais derrière lui, à cause des anges qui sont devant lui » (Règle du Maître, 148)… Saint François de Sales disait aussi : « Rendez-vous fort familier le commerce de votre âme avec les anges, faisant souvent attention à leur présence. » (Introduction à la vie dévote, II, chap. XVI, in Oeuvres, Gallimard, Paris, 1969, pp. 107-108). Ce respect que nous leur devons pour leur présence à nos côtés, n’est autre que le respect que nous manifestons à l’égard de Dieu qui, par amour, nous a donné ces célestes compagnons et amis.

« La dévotion pour sa bienveillance » est l’affection que nous portons à l’ange gardien et qui se manifeste par notre prière et notre reconnaissance pour le bien qu’il nous aide à accomplir pour la gloire de Dieu. Le pape Pie XI commente ainsi : « L’ange gardien n’est pas seulement présent, mais sa compagnie déborde de tendresse et d’amour ; ce qui requiert encore de notre part à son égard un amour fait de tendresse, c’est-à-dire la dévotion » (Pie XI, Discours à des enfants, 2 septembre 1934, in Discorsi, t. 3., pp. 196-200).

« Par la confiance pour sa bonne garde » nous témoignons de notre affection envers notre ange gardien car nous savons qu’avec lui nous sommes en bonne garde sous ses « ailes ». Comme dit Pie XI, c’est « dans ce sentiment de confiance, qu’on remarque encore et de manière plus évidente la nécessité de la prière, qui est précisément l’expression authentique et spontanée de la confiance » (Ibid.). Saint Bernard, lui aussi, nous invite à la confiance car notre ange est l’ami le plus fidèle qui soit : « Avec un ange auprès de vous, que pourriez-vous craindre ? Votre ange ne peut se laisser vaincre, ni tromper ; il est fidèle, il est prudent, il est puissant : pourquoi donc avoir peur ? » (Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, l, Q. 113, art. 4, s.1).

Jésus avait-il un ange gardien ?

Jésus n’avait pas besoin d’ange gardien, car il est leur Seigneur et tous les anges sont à ses pieds pour le servir : « Et il était dans le désert durant quarante jours, tenté par Satan. Et il était avec les bêtes sauvages et les anges le servaient » (Mc 1, 13).

Le Pape François dans son homélie du 2 oct. 2014

L’Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 42 du 16 octobre 2014n rend compte de cette homélie en citant des extraits (italiques):

Nous avons tous un ange toujours à nos côtés, qui ne nous laisse jamais seuls et nous aide à ne pas nous tromper de route. Et si nous savons être comme des enfants, nous réussirons à éviter la tentation de nous suffire à nous-mêmes, qui conduit à l’orgueil et à un carriérisme exaspéré. C’est justement le rôle décisif des anges gardiens dans la vie des chrétiens que le Pape François a rappelé, le jour de leur fête. Ce sont deux images — l’ange et l’enfant — que « l’Église nous fait voir dans la liturgie d’aujourd’hui ». Le Livre de l’Exode (23, 20-23a), notamment, nous propose « l’image de l’ange », que « le Seigneur donne à son peuple pour l’aider sur son chemin ». Le Seigneur donne une indication claire à son peuple : « Vas, tu feras ce que je te dis. Tu marcheras dans ta voie, mais je te donnerai une aide qui te rappellera continuellement ce que tu dois faire ». Et ainsi « il dit à son peuple quelle doit être l’attitude avec l’ange ». La première recommandation est : « Aie du respect pour sa présence ». Puis : « Ecoute sa voix et ne te rebelle pas contre lui ». Ainsi en plus de « respecter » il faut aussi savoir « écouter » et « ne pas se rebeller ». 

Au fond « c’est cette attitude docile, mais non spécifique, de l’obéissance due au père, qui est le propre de l’obéissance du fils ». Il s’agit en substance de « cette obéissance de la sagesse, cette obéissance d’écouter les conseils et de choisir le mieux selon les conseils ». Et il faut « avoir le cœur ouvert pour demander et écouter des conseils ». […]

« Nous tous, selon la tradition de l’Église, nous avons un ange avec nous, qui nous protège, nous fait sentir les choses ». Du reste, « combien de fois avons-nous entendu : « Mais, là… tu devrais faire comme ça… cela ne va pas… fais attention ! »». C’est justement « la voix de notre compagnon de voyage ». Et nous pouvons être « sûrs qu’il nous accompagnera jusqu’à la fin de notre vie avec ses conseils ». Pour cela, il faut « faire entendre sa voix, ne nous rebellons pas ». En réalité, « personne ne marche seul et aucun d’entre nous ne peut penser qu’il est seul : ce compagnon est toujours là ». A ces interrogations, « nous pouvons répondre aujourd’hui » : chacun de nous peut le faire pour vérifier « quelle est sa relation avec cet ange que le Seigneur a envoyé pour me protéger et m’accompagner sur le chemin, et qui voit toujours le visage du Père qui est dans les cieux ».

4. CONNAÎTRE CE QUE DIT LE CATÉCHISME DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE SUR LES ANGES

L’existence des anges – une vérité de foi
328 L’existence des êtres spirituels, non corporels, que l’Écriture Sainte nomme habituellement anges, est une vérité de foi. Le témoignage de l’Écriture est aussi net que l’unanimité de la Tradition.

Qui sont-ils ?
329 S. Augustin dit à leur sujet :  » ‘Ange’désigne la fonction, non pas la nature. Tu demandes comment s’appelle cette nature ? – Esprit. Tu demandes la fonction ? – Ange ; d’après ce qu’il est, c’est un esprit, d’après ce qu’il fait, c’est un ange  » (Psal. 103, 1, 15). De tout leur être, les anges sont serviteurs et messagers de Dieu. Parce qu’ils contemplent  » constamment la face de mon Père qui est aux cieux  » (Mt 18, 10), ils sont  » les ouvriers de sa parole, attentifs au son de sa parole  » (Ps 103, 20).
330 En tant que créatures purement spirituelles, ils ont intelligence et volonté : ils sont des créatures personnelles (cf. Pie XII : DS 3801) et immortelles (cf. Lc 20, 36). Ils dépassent en perfection toutes les créatures visibles. L’éclat de leur gloire en témoigne (cf. Dn 10, 9-12).

Le Christ  » avec tous ses anges « 
331 Le Christ est le centre du monde angélique. Ce sont ses anges à Lui :  » Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire avec tous ses anges…  » (Mt 25, 31). Ils sont à Lui parce que créés par et pour lui :  » Car c’est en lui qu’ont été créées toutes choses, dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles : trônes, seigneuries, principautés, puissances ; tout a été créé par lui et pour lui  » (Col 1, 16). Ils sont à Lui plus encore parce qu’Il les a faits messagers de son dessein de salut :  » Est-ce que tous ne sont pas des esprits chargés d’un ministère, envoyés en service pour ceux qui doivent hériter le salut ?  » (He 1, 14).
332 Ils sont là, dès la création (cf. Jb 38, 7, où les anges sont appelés  » fils de Dieu « ) et tout au long de l’histoire du salut, annonçant de loin ou de près ce salut et servant le dessein divin de sa réalisation : ils ferment le paradis terrestre (cf. Gn 3, 24), protègent Lot (cf. Gn 19), sauvent Agar et son enfant (cf. Gn 21, 17), arrêtent la main d’Abraham (cf. Gn 22, 11), la loi est communiquée par leur ministère (cf. Ac 7, 53), ils conduisent le Peuple de Dieu (cf. Ex 23, 20-23), ils annoncent naissances (cf. Jg 13) et vocations (cf. Jg 6, 11-24 ; Is 6, 6), ils assistent les prophètes (cf. 1 R 19, 5), pour ne citer que quelques exemples. Enfin, c’est l’ange Gabriel qui annonce la naissance du Précurseur et celle de Jésus lui-même (cf. Lc 1, 11. 26).
333 De l’Incarnation à l’Ascension, la vie du Verbe incarné est entourée de l’adoration et du service des anges. Lorsque Dieu  » introduit le Premier-né dans le monde, il dit : ‘Que tous les anges de Dieu l’adorent’ » (He 1, 6). Leur chant de louange à la naissance du Christ n’a cessé de résonner dans la louange de l’Église :  » Gloire à Dieu…  » (Lc 2, 14). Ils protègent l’enfance de Jésus (cf. Mt 1, 20 ; 2, 13. 19), servent Jésus au désert (cf. Mc 1, 12 ; Mt 4, 11), le réconfortent dans l’agonie (cf. Lc 22, 43), alors qu’il aurait pu être sauvé par eux de la main des ennemis (cf. Mt 26, 53) comme jadis Israël (cf. 2 M 10, 29-30 ; 11, 8). Ce sont encore les anges qui  » évangélisent  » (Lc 2, 10) en annonçant la Bonne Nouvelle de l’Incarnation (cf. Lc 2, 8-14), et de la Résurrection (cf. Mc 16, 5-7) du Christ. Ils seront là au retour du Christ qu’ils annoncent (cf. Ac 1, 10-11), au service de son jugement (cf. Mt 13, 41 ; 24, 31 ; Lc 12, 8-9).

Les anges dans la vie de l’Église
334 D’ici là toute la vie de l’Église bénéficie de l’aide mystérieuse et puissante des anges (cf. Ac 5, 18-20 ; 8, 26-29 ; 10, 3-8 ; 12, 6-11 ; 27, 23-25).
335 Dans sa liturgie, l’Église se joint aux anges pour adorer le Dieu trois fois saint ; elle invoque leur assistance (ainsi dans In Paradisum deducant te angeli… de la Liturgie des défunts [OEx 50], ou encore dans l’ » Hymne chérubinique  » de la Liturgie byzantine [(Liturgie de S. Jean Chrysostome]), elle fête plus particulièrement la mémoire de certains anges (S. Michel, S. Gabriel, S. Raphaël, les anges gardiens).
336 Du début (de l’existence) (cf. Mt 18, 10) au trépas (cf. Lc 16, 22), la vie humaine est entourée de leur garde (cf. Ps 34, 8 ; 91, 10-13) et de leur intercession (cf. Jb 33, 23-24 ; Za 1, 12 ; Tb 12, 12).  » Chaque fidèle a à ses côtés un ange comme protecteur et pasteur pour le conduire à la vie  » (S. Basile, Eun. 3, 1 : PG 29, 656B). Dès ici-bas, la vie chrétienne participe, dans la foi, à la société bienheureuse des anges et des hommes, unis en Dieu.

5. LES ANGES DANS LA VIE DE JÉSUS

Pour terminer, il est réconfortant de jeter un regard sur la présence des anges qui servent Jésus tout au long de sa vie.

Naissance
Ce sont les anges qui annoncent la naissance du Sauveur : à Marie (Lc 1, 26-38), aux bergers (Lc 2, 8-15). Les anges adorent le Fils de Dieu fait homme (Hb 1, 6). C’est un ange qui rassure Joseph (Mt 1, 20), lui dit de partir en Egypte (Mt 2, 13), de rentrer en Palestine (Mt 2, 19), d’aller en Galilée (Mt 2, 22).

Ministère
Ils sont venus servir le Christ après la tentation (Mt 4, 11).
Jésus dit à Nathanaël : « En vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme » (Jn 1, 51), parlant de la réconciliation avec le Père qu’il allait accomplir par sa croix et sa résurrection.
Jésus a inauguré l’ère où les humains « ne peuvent plus mourir, car ils sont pareils aux anges, et sont fils de Dieu, étant fils de la résurrection » (Lc 20,36)
Le Seigneur aurait pu à tout moment disposer de 12 légions d’anges (Mt 26, 53).
C’est un ange qui vient fortifier le Seigneur à Gethsémani (Lc 22, 43). À Gethsémani, Jésus avait à supporter ce qu’aucune créature ne pouvait affronter et vaincre. C’est à ce moment-là qu’un ange est venu à son aide « pour le fortifier ». Le mot grec utilisé, « eniskuo », signifie rendre fort intérieurement. Il n’y a pas de manifestation angélique entre Gethsémani et le matin de la résurrection. Jésus avait pu dire à ceux qui venaient le prendre : « C’est votre heure et le pouvoir des ténèbres » (Lc 22, 53).

Résurrection
L’Ange est venu rouler la pierre du sépulcre, montrer aux femmes le tombeau vide, et proclamer la victoire sur la mort : « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? Il n’est point ici, mais il est ressuscité. » (Lc 24, 6).

Ascension
Actes 1, 9 nous dit qu’une nuée le déroba à leurs yeux, la nuée étant le signe biblique de la présence du Père. Et le verset 11 ajoute qu’Il viendra de la même manière qu’ils l’ont vu s’en allant au ciel. « Ils gardaient encore les yeux fixés au ciel pendant qu’il s’éloignait, quand deux hommes vêtus de blanc se présentèrent devant eux et leur dirent : Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous ainsi à regarder le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel du milieu de vous, en redescendra un jour de la même manière que vous l’avez vu y monter. »

Venue glorieuse
Selon 1 Th 4, le Seigneur Lui-même viendra chercher les siens, mais une multitude d’anges l’accompagneront lors de son retour en gloire (Mt 16, 27 ; 25, 31). « Le Seigneur Jésus apparaîtra du ciel avec les anges de sa puissance » (2 Th 1, 7). Mt 13, 41-43 : ce sont les anges qui « cueilleront » sans se tromper ceux qui commettent l’iniquité, afin que les justes resplendissent dans le royaume de Dieu.0

D. Auzenet, 2014.

Sites internet consultés :
http://www.spiritualite-chretienne.com/Nouvel-Age/new-age3d.html
http://www.spiritualite-orthodoxe.net/anges_bible_orthodoxie.html
http://www.spiritualite-chretienne.com/anges/ange-gardien/index.html
http://association-ange-gardien.fr/ange-gardien_association.html
http://saintespritdeverite.e-monsite.com/pages/les-anges/les-anges-protecteurs/

Livre conseillé
P. Gilles Jeanguenin, Les anges existent, Salvator, 2008

 

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