Le père Manjackal

Le service diocésain de la Pastorale Nouvelles Croyances et Dérives Sectaires du diocèse de Dijon publie un numéro spécial sur le P. Manjackal.

Il doit prêcher une retraite dans le diocèse d’Albi en novembre 2018 où sont inscrites 1000 personnes.

Au moment même où l’Eglise catholique est interpellée à propos de son cléricalisme, une sacralisation particulière retient notre attention et notre vigilance, à savoir cet engouement de foules souffrantes pour ceux dont elles attendent guérison et délivrance.

Lisez ce numéro et faites-le circuler. Cela fait tant d’années que des responsables de groupes et prière, ou des prêtres délégués diocésains au Renouveau, soulignent les incongruités de ce personnage, que les évêques ont molesté avec molesse… j’allais dire : comme d’habitude.

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Une « pastorale de Medjugorje » ? Observations critiques de M. Hauke

L’hebdomadaire catholique allemand Die Tagespost a publié un entretien de Regina Eining avec le théologien Manfred Hauke. Le professeur Hauke, président de la Deutsche Arbeitsgemeinchaft für Mariologie (Société Allemande d’Études Mariales), reprend efficacement le status questionis de l’histoire des apparitions de Medjugorje. Il défend, en opposition avec l’orientation donnée récemment par la procédure du Vatican, que les réponses pastorales seront données en temps prévu, une fois que la question de l’authenticité du phénomène sera éclaircie. Traduction.

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Professeur Hauke, l’évêque Hoser, le Nouveau Visiteur Apostolique a dit récemment que les pèlerinages à la localité de Medjugorje de Bosnie-Herzégovine sont conformes aux directives du Concile Vatican II. Que ce qu’on déduit de cette affirmation ? Comment devrait-on encadrer l’évènement ?

Le 22 juillet, pendant la première homélie comme Visiteur Apostolique, Monseigneur Hoser a affirmé que la vénération à Marie qui se pratique dans la Paroisse, mettrait le Christ au centre, donc l’enseignement correspondait au Concile Vatican II. Cependant, ce n’est pas du ressort de l’envoyé Papal s’exprimer sur l’authenticité des soit-disant, apparitions Mariales.

Lors de l’entretien accordé le 18 août 2018, lui-même avait affirmé que, puisque ce n’était de sa compétence, il n’allait pas s’occuper du contenu des « apparitions ».

Cette séparation entre la vérité et l’attention des âmes, n’est pas satisfaisante : on doit soulever d’abord la question sur l’authenticité et c’est seulement à ce moment-là que la réponse pastorale peut être donnée (y compris l’attention due aux personnes qui visitent Medjugorje).

Pourquoi doit-on soulever d’abord la question à propos de l’authenticité ?

D’après le Concile, les formes de vénération mariale qui doivent être privilégiées sont celles « recommandées par le Magistère de l’Église » (Lumen Gentium, 67). Sans aucun doute, on ne peut être d’accord avec ce paramètre de célébrer, à nouveau, le 5 août prochain, un Festival de la Jeunesse, fondé sur le message que la Mère de Dieu aurait célébré le 5 août 1984 son 2000è anniversaire (si elle était née en l’an 16 av. JC, cela signifierait donc qu’en l’année historique de la naissance de Jésus, c’est-à-dire en 7 av. JC, elle aurait eu neuf ans !). Ce message absurde a été diffusé par le P. Tomislav Vlasic, O.F.M, réduit à l’état laïc en 2009, qui, entre autres, a été accusé par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi d’un douteux mysticisme et d’activités contre le sixième commandement. Que la propre Mère de Dieu, puisse de cette manière suggérer qu’on change la date de la fête liturgique de sa naissance (8 septembre) et en conséquence, qu’on déplace la fête liturgique de l’Immaculée Conception (8 décembre), c’est ridicule.

D’autre part, le Concile Vatican II met clairement l’accent sur la responsabilité de l’Évêque dans son propre Diocèse et sur l’obéissance à son égard de la part de ses fidèles (Lumen Gentium, ch III). L’Ordinaire (l’Évêque) de ce lieu dénonce la mise en place du siège de communautés religieuses à Medjugorje sans autorisation formelle.

Des hommes et des femmes affluent à Medjugorje depuis plus de trente ans. Le leitmotiv des fidèles est la recherche du Christ, affirme Monseigneur Hoser. Est-ce une manière de contourner la question sur l’authenticité des apparitions ? Qui aurait besoin de la publication des résultats des recherches de la Commission si l’Église autorise officiellement l’organisation des pèlerinages ?

La manière actuelle d’aborder le problème devrait être transformée de fond en comble. Tout d’abord, Le Saint-Siège, devrait publier un communiqué sur la base de faits historiques et de clarifications théologiques; il devrait s’exprimer sur le phénomène de soi-disant apparitions; pour cela, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi doit être compétente. C’est seulement plus tard que les questions pastorales devraient être réglées, après la révélation des faits et des scandales sous-jacents au phénomène ; alors ils pourraient alors se résoudre plus facilement.

D’après la volonté du Pape, le Visiteur, garant des âmes des fidèles, doit garantir la stabilité et l’orientation des pèlerins. Pourquoi ce besoin se fait-il jour, étant donné, que la pratique religieuse de la prière et l’administration des sacrements est substantiellement plus intense que dans les autres paroisses ?

Peut-être le besoin d’une orientation fait-elle référence au problème évoqué en août 2017 par Monseigneur Hoser, à propos de cinq paroisses franciscaines en Bosnie. La désobéissance des franciscains à l’Évêque en réalité fait appel à « la Vierge » qui, d’après les déclarations des témoins, s’est opposée, à plusieurs reprises, au transfert de deux aumôniers franciscains, et, à ce propos, a critiqué l’Évêque.

L’Évêque de Mostar-Duvno, Ratko Peric considère que les apparitions manquent complètement de crédibilité, y compris celles de juin 1981, qui ont été jugées positivement par une Commission du Vatican en 2015. Comment analysez-vous cette qualification ? Pourquoi débat-on, et qu’y a-t-il contre l’Évêque Mostar ?

L’Évêque Peric, connaît depuis le début, les événements liés aux « apparitions » dans tous ses détails ; bien sûr, ils ne sont pas connus de grand public. Des informations de presse pas démenties par le Vatican ont affirmé que la Commission Ruini avait jugé authentiques les premières sept apparitions des premiers dix jours. Après cela, l’Evêque a publié des résultats de ses propres recherches (2017). Le résultat correspond aux recherches approfondies réalisées par plusieurs études scientifiques sur les conversations qui ont eu lieu et enregistrées sur une bande magnétique par les franciscains du 27 au 30 juin 1981. Il est évident que la Commission Ruini n’a pas étudié ces conversations, qui à l’époque étaient traduites uniquement en anglais et en français. Tout d’abord, la sélection des premières « sept apparitions » des « premiers dix jours », évoquée par un commissaire, contredit les faits historiques. D’après la narration des faits, pendant les premiers dix jours, il y a eu 17 ou 18 apparitions accompagnées de circonstances extrêmement étranges.

L’oubli de ces faits pour favoriser l’industrie du pèlerinage n’est pas moins grave que le silence qui cache le scandale immoral lié aux « apparitions ».

Ces faits scandaleux sont semblables, de tout point de vue, aux abus qui ont eu lieu au Chili : là-bas, le Saint-Siège est intervenu, uniquement quand la vérité ne pouvait plus être dissimulée, au moment ou la presse laïque a montré de l’intérêt au niveau mondial.

Pour éviter qu’il arrive quelque chose de semblable dans le cas de Medjugorje, il faut avoir le courage de rendre public de nombreux faits incommodants pour l’Église.

Les apparitions de juin de 1981 ont-elles été formellement reconnues avec le rapport de la Commission déjà citée ?

La Commission Ruini a présenté son rapport suite à la demande de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi compétente dans ce cas. Selon l’entretien du Pape du 13 mai 2017, la Congrégation a sollicité par la suite autres expertises et ne partage pas l’opinion de la Commission. Comme c’est de notoriété publique, le Pape François lui-même, au retour de Fatima, a donné son opinion personnelle très négative concernant les « apparitions mariales » de Medjugorje, bien qu’en même temps, il ait écarté le dossier de la Congrégation de la Foi.

Il semblerait qu’on a choisi une solution « pastorale » remplie de profondes contradictions, au détriment de la recherche de la vérité. Ce procédé nuit extrêmement à la crédibilité de l’Église et des apparitions de Marie indubitablement authentiques (Guadalupe, Lourdes, Fatima…).

Original allemand : https://www.die-tagespost.de/kirche-aktuell/online/Hauke-kritisiert-Vatikan-fuer-Umgang-mit-Erscheinungen-in-Medjugorje;art4691,190873

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Voici des traductions en d’autres langues :

INTERVIEW I

-, Interview mit Regina Einig: „Mut zur Aufdeckung“: Die Tagespost, 2. August 2018, S. 9 (https://www.die-tagespost.de/kirche-aktuell/Mut-zur-Aufdeckung;art312,190845)

(vgl. auch: [Redaktion], „Hauke kritisiert Vatikan für Umgang mit Erscheinungen in Medjugorje“: Die Tagespost, online-Ausgabe, 3. August 2018 (https://www.die-tagespost.de/kirche-aktuell/online/Hauke-kritisiert-Vatikan-fuer-Umgang-mit-Erscheinungen-in-Medjugorje;art4691,190873)

-, traduzione italiana dell’intervista: “Una pastorale di Medjugorje? Osservazioni critiche di Manfred Hauke”, Blog “Vigiliae Alexandrinae”, 5 agosto 2018, in

https://vigiliaealexandrinae.blogspot.com/2018/08/una-pastorale-di-medjugorje.html?spref=fb

-, traduzione croata: “Hrabost u otkrivanju istine – intervju s teologom Manfredom Haukeom o Medugorju”: Vjera i djela. Portal katolickih teologa (8.8.2018), in https://www.vjeraidjela.com/hrabrost-u-otkrivanju-istine-intervju-s-teologom-manfredom-haukeom-o-medugorju/

-, English translation: “The Courage to Reveal”: Blog Catholic light, 9 August 2018, in http://catholiclight.stblogs.org/index.php/2018/08/the-courage-to-reveal/

-, Traducción espagnol: “ ¿Una pastoral de Medjugorje? Observaciones críticas de Manfred Hauke”, Corrispondenza romana, 3 settembre 2018, in

https://adelantelafe.com/una-pastoral-de-medjugorje-observaciones-criticas-de-manfred-hauke/

 

 

INTERVIEW II

-,Interview mit Eva Doppelbauer: „Ist das Medjugorje-Phänomen echt? Exklusiv-Interview mit Prof. Dr. Manfred Hauke”, in Gloria TV, 27. August 2018, in

https://gloria.tv/article/Nrhajf2qbFiu1aMNSUVzWeA1V

-, traduzione italiana dell’intervista, a cura di Marco Corvaglia: “Il fenomeno di Medjugorje è autentico? Intervista esclusiva al Prof. Manfred Hauke”, Blog “Vigiliae Alexandrinae”, 31 agosto 2018, in

http://vigiliaealexandrinae.blogspot.com/2018/08/il-fenomeno-di-medjugorje-e-autentico.html, verlinkt von Gloria TV, 31.August 2018,

https://gloria.tv/link/gS6tUHycvxsj3P2mA8ZW6EyZc/replies,

-, English translation, by Richard Chonak: “Is the Medjugorje phenomenon authentic? Exclusive interview with Prof. Manfred Hauke”, August 31, 2018, & introduction “Medjugorje: focus on the first ten days”, in

http://catholiclight.stblogs.org/index.php/2018/08/medjugorje-first-ten-days/,

also Blog “Catholicism Pure & Simple”, August 31, 2018, under the title “Medjugorje: 30 years of Visions or Religious fraud?”, in

https://catholicismpure.wordpress.com/2018/08/31/medjugorje-30-years-of-visions-or-religious-fraud/,

(traductions en espagnol, polonais et croate en préparation)

IVI : l’analyse du P. Trouslard

Cette photographie d’I.V.I. donnée dans l’article de l’ADFI, son objectif religieux, humanitaire et social, médical, apparaissent tout à son honneur. Toutefois de nombreux chrétiens ou catholiques, et même des non croyants nous ont interrogé pour savoir si la doctrine religieuse enseignée à I.V.I. était compatible avec la foi chrétienne. Des théologiens se sont livrés à une étude sérieuse des documents de ce groupe, à une véritable radiographie : hélas, leur diagnostic est fort sévère. Ils ont relevé de graves déviations de la foi dans ce mouvement. En effet pour séduisante qu’elle soit, la doctrine d’I.V.I. est une véritable gnose, en opposition radicale avec la foi chrétienne. Syncrétisme, confusionnisme, ésotérisme caractérisent cet enseignement religieux, qui est un curieux amalgame de théories empruntées au christianisme, à l’hindouisme, à la bioénergie.

Voici quelques-unes de ces principales déviations :

Le mystère de Dieu: Le Dieu présenté à I.V.I. a une dimension cosmique, vaguement panthéiste, tout-à-fait éloignée de la Tradition chrétienne : « L’énergie est partout… elle nous fait vivre. On peut l’appeler subconscient, esprit, Dieu, âme, lumière, amour. Tous ces mots veulent dire la même chose ». 

Le mystère de la Trinité est assimilé aux triades des anciennes civilisations composées du père, du fils et de la mère, et le Christ a laissé planer un grand silence sur ce mystère…

L’Écriture Sainte: les textes de l’Écriture Sainte sont abondamment cités mais en les déformant, en les manipulant de façon malhonnête pour appuyer les thèses d’I.V.I.

La Réincarnation est l’un des dogmes principaux. Les membres d’I.V.I., qui seront 5 000, sont la Réincarnation des 5 000 hommes qui suivaient le Christ à la multiplication des pains. 12 responsables d’I.V.I. sont la Réincarnation des 12 apôtres qui n’avaient pas parfaitement accompli la mission que le Christ leur avait confiée. Yvonne TRUBERT n’est-elle pas la Réincarnation du Christ ? Elle est considérée et vénérée comme telle.

Les Religions sont vivement critiquées, car depuis des siècles (depuis le Concile de Nicée) elles détruisent l’humanité. Y. TRUBERT s’en prend volontiers à l’Église Catholique, ne ménageant pas ses flèches contre les évêques et les prêtres. Par contre elle affiche une grande admiration pour le Pape qui a compris la Mission d’Yvonne : « instaurer la religion nouvelle, unique et universelle ».

La Prière occupe une grande place à I.V.I., mais sans référence à l’Écriture ni à l’Eucharistie. Elle est surtout « une vibration cosmique » ; « une concentration d’énergie »,envisagée sous sa valeur thérapeutique, personnelle, cosmique ou sociale. I.V.I. apprend à prier (« Savoir prier », brochure éditée par I.V.I.) mais la prière semble être confondue avec une technique ou une méthode de prière et en être le résultat.

Les Sacrements n’ont aucune place dans l’enseignement de Mme TRUBERT, parfois même ils sont ouvertement critiqués comme le sacrement de Réconciliation ou niés tout simplement : « Le Christ n’a jamais fait de sacrements ».Et pourtant, lorsque le Mouvement se déplace en pèlerinage et visite un sanctuaire où est célébrée la Messe, que l’on soit musulman, protestant, juif ou athée, on communie derrière Yvonne.

Par contre, Y. TRUBERT reproduit les symboles des sacrements : elle baptise dans le Jourdain, célèbre le symbole de la Cène. À Cros, au cours du séminaire initiatique, les adeptes sont « purifiés » et reçoivent le Saint·Esprit qui les envoie en mission guérir toute maladie et chasser les démons (« Harmonisations »).

Les Exorcismes: les démons sont partout et en tous, de grands troubles sont annoncés par Yvonne TRUBERT selon sa vision apocalyptique et satanique du monde. Mais les membres d’I.V.I. ont reçu le pouvoir de chasser les démons. Ils exorcisent tout et partout : les personnes, les choses, les lieux, et s’exorcisent mutuellement. La pratique des exorcismes fait partie intégrante de la mission I.V.I.

On comprend, dès lors, que des évêques catholiques, orthodoxes, ou des pasteurs aient cru bon de mettre en garde les chrétiens, mais aussi les personnes qui cherchent la vérité, contre les thèses réductrices et destructrices de la foi enseignées par I.V.I.

 

Pour mieux connaître le P. Jacques Trouslard, on peut lire une interview sur le site L’envers du Décor

IVI. Invitation à la vie intense

On a beaucoup parlé de la secte IVI dans les années 80-90. On peut considérer la fondatrice comme « précurseure » de certains mélanges énergétiques et religieux du nouvel âge. J’ai rencontré en ce mois de juillet 2018 une personne âgée qui l’avait fréquentée et la tenait en haute estime. Manifestement, elle avait été formatée. Elle en gardait encore les traces dans sa pensée, ses croyances, et le décor de son logement… C’est pourquoi je reproduis ici un texte de la revue Bulles (ADFI) n° 30 (1991), assez synthétique pour donner une vision d’ensemble. Ce texte se trouve par ailleurs sur le site prevensectes.com.

Historique

Yvonne Trubert, fondatrice de l’association  » Invitation à la Vie «  (IVI), est née le 23 octobre 1932 à Laurenan, près de Merdrignac (22300), dans les Côtes d’Armor.

De sa terre natale où fleurissent les guérisseurs, elle dit avoir hérité d’un don de guérison. Après avoir fréquenté, à Paris, des guérisseurs, des magnétiseurs et vraisemblablement un milieu ésotérique, elle soigne ou  » guérit «  une foule impressionnante de malades physiques ou psychiques, à son domicile.

Dans les années 1980, Yvonne Trubert prodigue ses soins à des familles catholiques et bourgeoises qui sont émerveillées de  » sa foi «  et de son  » pouvoir surnaturel «  car c’est par la prière uniquement qu’Yvonne Trubert affirme guérir toutes les maladies. Des groupes de prières s’organisent, se structurent et le 16 mars 1983 est fondée une association légale (1901) déclarée sous le nom d’ » Invitation à la Vie «  et plus couramment  » IVI « .


Doctrine

Le groupe IVI est articulé autour de trois axes majeurs : un axe religieux (prier), un axe humanitaire et social (aimer), et un axe médical (guérir).

Dépositaire d’une mission divine,  » c’est une ouvre divine et nul ne m’empêchera de l’accomplir «  (séminaire de Cros, juin 1984), Y. Trubert dispense un enseignement religieux, qui en fait est constitué par un curieux amalgame de théories empruntées au christianisme, à l’hindouisme, à l’ésotérisme et à la bioénergie. Le Dieu des Chrétiens est confondu avec l’énergie cosmique, de même que la Trinité est assimilée aux Triades égyptiennes. La réincarnation est l’un des dogmes principaux : en 1984, Yvonne Trubert avait annoncé à ses adeptes qu’ils seraient 5.000 puisqu’ils étaient la réincarnation des 5.000 qui avaient suivi le Christ. Mieux, les douze principaux responsables d’IVI sont la réincarnation des douze apôtres. Quant à Yvonne Trubert, elle est considérée comme la réincarnation soit de la Vierge, soit du Christ ou du Paraclet. Parmi les nombreux charismes reçus par Yvonne et transmis par elle à ses disciples, se trouve le don de  » chasser les démons «  qui infestent la planète, et le don de la prière : une vibration cosmique, par laquelle on guérit toutes les maladies. Cet enseignement qui s’appuie sur des textes de la Bible habilement manipulés, tronqués, attire beaucoup de catholiques, d’autant plus qu’ils sont invités à participer à de nombreux pèlerinages dans des sanctuaires catholiques.

Quant à l’enseignement médical, il procède du même syncrétisme ou confusionnisme. Y sont mélangées les théories de la médecine chinoise ou hindoue, les thérapies des médecines douces ou parallèles avec les exorcismes et les guérisons miraculeuses. L’enseignement médical, consigné dans le livre  » Homme nouveau – Nouvelle médecine «  est simple et radical :  » Il n’y a pas de maladies inguérissables « . Non seulement le zona, les brûlures, l’asthme, l’eczéma  » sont simples à guérir « , mais les maladies organiques les plus graves comme le sida ou les cancers sont entièrement guérissables. Inutile de recourir à la médecine traditionnelle. La méthode des harmonisations mise au point par IVI est infaillible :  » On arrive totalement à irriguer et à détruire la maladie, le processus de la maladie. Les métastases s’envoleront sous vos doigts. Vous pensez bien qu’une chimiothérapie ne remettra pas d’ordre, au contraire, les rayons X pas davantage. Les cellules renaîtront si vous vous travaillez (= harmonisez), il suffit de prier et le miracle se fait. Où la médecine dit  » inguérissable « , ne le jamais pour dit, il n’y a pas de maladies inguérissables « .

Cet enseignement religioso-médical met à la disposition des membres d’IVI trois clés :

  • la prière, la première clé  » qui permet de communiquer avec le Créateur  » ;
  • l’harmonisation, la deuxième clé  » qui redonne à notre corps, à ce temple vivant, l’harmonie dont il a besoin pour effectuer l’ouvre que Dieu lui demande de réaliser sur cette terre  » ;
  • les vibrations, la troisième et nouvelle clé, offerte à l’homme par IVI  » pour relier la terre matière du monde de l’invisible. Les vibrations, qui doivent s’effectuer à plusieurs, sont des secousses cosmiques qui permettent d’échapper aux lois fondamentales terrestres, à tout notre environnement et qui nous entraînent dans des mondes que nous ne connaissons pas encore, projetant notre corps dans le monde de l’invisible . La vibration commence par la prière. En vibrant, nous harmonisons «  (Yvonne Trubert, Le Livre d’IVI n° 69, p 4/6).

Organisation

Structure du mouvement

Le mouvement est constitué :

  • du groupe de base auquel appartient chaque membre d’IVI qui se réunit chaque semaine pour une soirée de prière ;
  • de la maison qui se compose de douze groupes, dont quatre en formation, quatre en maturation, quatre de province ;
  • de la triade qui regroupe trois ou quatre  » groupes de base «  ayant achevé leur initiation.

L’initiation s’effectue sur une période de dix huit mois, en deux cycles :

  • un cycle de formation de neuf mois, comprenant la participation obligatoire à un  » séminaire initiatique « , à Cros, dans le Gard ;
  • un cycle de maturation, de neuf mois également.

Initiation et maturation sont assurées très sérieusement par des responsables de base, des animateurs, des coordinateurs itinérants, des chefs de maison

Les missions

On appelle ainsi la structure qui a pour  » mission de réfléchir aux sept raisons d’être d’IVI et à son évolution « . Ces  » missions  » sont donc au nombre de sept : missions  » ouvrir « ,  » écouter « ,  » enseigner « ,  » harmoniser « ,  » écrire « ,  » relier « ,  » découvrir « , elles sont les  » clés de voûte «  du mouvement et ont à leur tête  » les responsables de mission « .

Les maisons

Les maisons ont été créées pour répondre aux besoins culturels, médicaux des membres d’IVI :

  • la maison des Arts regroupe les artistes de différentes disciplines: comédie, théâtre, arts plastiques, musique, mouvement,
  • la maison de I’Éducation accueille les personnes d’IVI appartenant à l’enseignement public ou privé,
  • la maison de la Santé rassemble les Ivistes exerçant une profession médicale ou para-médicale, scientifique et organise des ateliers : toxicomanie, monde hospitalier, psychologie, orthophonie, kinésithérapie, ostéopathie, étiopathie, médecine, dentisterie, phytothérapie, technique relaxante, hygiène de vie, nutrition.


L’agence de voyage

L’agence Événement-Itinéraires qui organise les voyages-pèlerinages.



Implantation

Le mouvement IVI rassemble environ 7.000 adhérents.

En France, il existe pratiquement dans tous les départements. Il est également implanté en Europe : Allemagne, Italie, Espagne, Grèce, Belgique, Suisse, Angleterre, Pays-Bas. On le trouve en Amérique Latine : Brésil, Colombie, Mexique, en Équateur, aux États-Unis, au Canada, en Océanie: Australie, Nouvelle Calédonie, Nouvelle Zélande, Tahiti, Papeete, en Asie: Thaïlande, Japon, en Afrique : Centre Afrique, Niger, Gabon, Guinée, Afrique du Sud, dans les territoires d’outremer…

Les adeptes d’IVI se recrutent, pour la plus grande partie, dans un milieu socialement aisé. Dans l’émission d’Antenne 2 consacrée à IVI, René Lemaire énumérait les vedettes du show-biz, des diplomates, des cadres de grandes entreprises, des grands noms des médias, des officiers de haut rang et même certaines personnalités politiques, etc…


Activités

Les membres d’IVI sont conviés à participer à de nombreuses activités religieuses, humanitaires, sociales, médicales :

  • le groupe de prière (réunion hebdomadaire),
  • les séances d’harmonisation (fréquence variable: parfois trois par semaine, sinon davantage),
  • les séances de vibrations (au minimum une par semaine),
  • les pèlerinages: environ douze par an. Ces pèlerinages se rendent la plupart du temps dans des sanctuaires catholiques, soit en France (Chartres, Lisieux, le Mont Saint-Michel, Rouen, Reims, Pontmain, la Salette, Lourdes, la Sainte-Baume, le Mont Sainte-Odile, les Saintes Maries de la Mer, etc., soit à l’étranger (Espagne, Rome, Grèce, Terre Sainte, Égypte, Mexique, Turquie, Écosse, Union Soviétique, Pologne, Scandinavie, Pérou, Bolivie, Colombie, Canada, Belgique, Hollande, etc,
  • les conférences d’Yvonne Trubert,
  • les fêtes annuelles Juin et le 15 Août),
  • les visites dans les hôpitaux (pour harmoniser), parfois les prisons,
  • les centres de soins, les antennes,
  • les réunions des différentes maisons ou missions (arts, éducation, santé)


Finances

Les ressources de l’association proviennent évidemment des cotisations annuelles, des versements mensuels, de l’abonnement à la revue, mais surtout des honoraires verses pour les harmonisations, des bénéfices de l’agence de voyages – pèlerinages et de subventions très généreuses de membres fortunés d’IVI. Des contrôles fiscaux ont été effectués qui ont donné lieu à des redressements.


Qu’y a-t-il de répréhensible ?

Que peut-on reprocher à un mouvement dont la mission est de prier, d’aimer et de guérir ? N’a-t-on pas le devoir de respecter la liberté de pensée, la liberté religieuse ?

Ce qu’il convient de dénoncer, c’est l’escroquerie intellectuelle que véhicule l’enseignement religieux et médical. Faire croire aux catholiques qu’IVI est en parfait accord avec la foi et l’Église catholique, alors que l’épiscopat a clairement  » mis en garde les catholiques contre les thèses réductrices et destructrices de la foi « , est une duperie inadmissible (Mise en garde de l’épiscopat, 12 février 1987).

Quant à l’enseignement médical et aux pratiques qui en découlent, il va sans dire que de nombreuses familles à qui l’on avait promis une guérison assurée par le seul exercice de l’harmonisation et de la prière, sans recourir à la médecine ou à une médication, n’en ont jamais constaté la réalisation et s’interrogent sur l’exercice illégal de la médecine pratiqué par les responsables et les membres d’IVI. D’ailleurs, ces théories et pratiques ont encouru la réprobation de membres du corps médical qui ont dénoncé  » la pauvreté exemplaire «  de cet enseignement médical ainsi que  » le manque de sérieux dans l’exposé, l’absence de logique et le caractère mensonger des affirmations proposées, bref une tromperie dangereuse et répréhensible « .

Enfin, l’on reste stupéfait, pour ne pas dire scandalisé, de constater le laxisme et la permissivité qui règnent dans un groupe qui se veut aussi pieux, ainsi que le nombre croissant des séparations et des divorces. Il est vrai qu’à IVI, la doctrine vient aisément au secours de la morale en perdition. Selon la théorie de la Réincarnation, les échecs conjugaux ou familiaux sont le fait de rencontres karmiques, c’est-à-dire la rencontre avec des personnes qui se sont réincarnées (et devront encore se réincarner plusieurs fois) pour expier leurs dettes karmiques (leurs péchés commis dans des vies antérieures). Mais qu’à cela ne tienne : dans le groupe IVI on retrouve facilement  » l’âme-soeur «  et si quelques naissances illégitimes surviennent, elles sont considérées comme  » providentielles « . Tant d’âmes, en effet, errent à la recherche d’un corps pour pouvoir se réincarner.  » Donnez des corps à ces pauvres âmes ! « .

La théologie de la prospérité

Ce texte est le fruit du travail du Comité composé de théologiens issus de lensemble des courants théologiques présents dans le CNEF. Il a pour objet principal de préciser les contours dune théologie souvent évoquée, mais rarement étudiée de façon rigoureuse.
Édité sous la responsabilité du Conseil National des Évangéliques de France (CNEF).

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« Dis-leur, Mamoune », La mère d’Arnaud témoigne

Fiche technique d’analyse du livre de Nicole Gourvennec, « Dis-leur, Mamoune », La mère d’Arnaud témoigneEd. Lanore, 2008

Les chiffres entre parenthèses se trouvent dans le livre pour désigner un renvoi aux livres précédents. Le dernier chiffre entre parenthèses est celui de la page du livre analysé. Les phrases entre guillemets sont les messages d’Arnaud. Les paragraphes en italiques sont des réflexions du P. Auzenet ou des citations d’autres livres.

  1. Aspects en rapport avec la médiumnité

La question de l’écriture automatique

* Tout à coup, Paul assis en face de moi sur le divan, l’air abasourdi, prononce ces mots incroyables : « Arnaud me dit : Fais une lettre à ma Mamoune ». Aussi surprenant que cela paraisse, je n’ai pas hésité une seconde, réagissant immédiatement : « C’est Arnaud, va écrire ! » Et Paul est parti vers son bureau, calme mais pas du tout convaincu m’a-t-il avoué ensuite. Quelques instants plus tard il revient, tenant un papier où il a transcrit un dialogue de son écriture habituelle, simplement très étirée. Il est toujours aussi paisible et surpris de ce qui lui est arrivé et qui pour moi ne fait aucun doute. (p. 38)

* Il y avait là quelque chose d’extravagant qui dépassait notre entendement car nous savions bien que le corps d’Arnaud avait été déposé dans sa tombe. Comment pouvait-il s’exprimer puisqu’il ne disposait d’aucun support matériel permettant la communication comme dans la T.C.I. (trans-communication instrumentale) ni bien entendu ne bénéficiait d’aucun procédé spirite ? Cependant il était indéniable que Paul recevait bien des messages provenant de la pensée d’Arnaud, quotidiennement au début puis tous les deux ou trois jours, à des moments variables et toujours inattendus. Il écrivait très vite, sans exaltation, égal à lui-même. Tout se passait en quelques minutes, le temps de « prendre la dictée », dans un silence total car rien n’était audible. Pas le moindre élément spectaculaire.

« L’écriture automatique est un procédé utilisé en médiumnité, un esprit utilisant la main du médium pour communiquer avec le monde physique. L’écriture automatique n’est pas en tant que telle un phénomène paranormal. Ce terme désigne en fait le genre d’écriture inconsciente souvent utilisée par les psychologues eux-mêmes comme technique libératoire qui permet de faire émerger rêves, désirs, de l’inconscient. Les psychologues limitent l’écriture automatique à l’alternance des personnalités stratifiées communes à tous, ne se manifestant que sous certaines conditions. Les parapsychologues envisagent avec cette technique l’intervention du paranormal comme effet de la dissociation psychique du sujet introduit dans une nouvelle dimension. Les spirites eux, placent l’écriture automatique parmi les moyens de communication avec des entités désincarnées de différents niveaux moraux ; ceci est contrôlable par l’étude du niveau du message obtenu. Il est certain que le psychologue, le parapsychologue et le spirite ont tous trois de bonnes raisons pour adopter cette méthode. » (encyclopédie Wikipédia, http://fr.wikipedia.org/wiki/Écriture_automatique)

* Dans le cas des messages d’Arnaud, l’initiative émane d’En-Haut, rien n’est sollicité ni provoqué : « En effet, les personnes comme vous (je dis : vous, Papa et Mamoune, puisque vous êtes autant confondus dans mon cœur que dans ma mission), qui reçoivent des communications non sollicitées et par la médiation de l’Esprit seul, ne font pas de recherches. ce qui est une différence essentielle. Ni les signes ni les messages que vous recevez de moi (qui ne suis qu’un porte-parole, je le répète), ne font l’objet d’aucun travail conscient, organisé, méthodique de votre part. Papa ne fabrique pas de messages pour prouver quoi que ce soit ; il ne veut pas la fin et n’a pas les moyens ! » (T III p. 124) Cela explique que le contenu des messages ait porté la marque du ciel même au tout début, se gardant des bavardages oiseux et banals qui caractérisent souvent les communications médiumniques. (p. 95)

Nicole Gourvennec n’est pas sans savoir que certains identifieront précisément les messages d’Arnaud avec des communications médiumniques. Il convient donc de s’en démarquer clairement. Mais les esprits qui sont à la source de tels messages ne sont pas obligés de tomber dans le banal… ils peuvent aussi faire dans la gnose, comme on le verra plus loin. Le « Dialogue avec l’ange » de Gîta Malaz en est un meilleur exemple encore… Si Nicole Gourvennec se défend de faire du spiritisme, et d’être médium, on relève cependant dans le livre, à propos de la médiumnité, un double langage.

* Le troisième enseignement concerne un médium présent à ce Congrès, étonnant de forces et de dons et en même inquiétant : « De très importantes énergies le relient à l’invisible aussi vit-il sur une mer agitée de puissantes vagues… Quand des êtres sont doués de telles énergies, il est nécessaire pour les maîtriser qu’ils les qualifient dans le Verbe, car il existe un royaume des mots qui endigue les énergies. Ainsi, si je dis qu’il y a en moi des énergies sans les qualifier, je n’en dirige pas le sens et la mer est tempête. Par contre si je prononce « Énergies d’Amour » et si de plus je reconnais dans la prière que ces énergies ne peuvent venir que de Dieu, j’en accepte la Source. Enfin si j’admets, sans orgueil, qu’elles ne me sont données que pour l’amour de l’autre, j’apaise toute tempête. Sinon, je serai comme Pierre, mais n’ayant pas le Maître à portée de main, je coulerai sans espoir … » (T III p. 79) Ce message dans un premier temps conforta notre réticence à l’égard des manifestations médiumniques. Cependant nous n’allions pas tarder à apprendre qu’il faut se méfier de tout jugement a priori et ne jamais oublier, comme le dit Arnaud, que l’essentiel est la finalité du don : l’amour des autres. (p. 191)

Mode d’emploi pour ne pas se poser les vraies questions sur les « énergies » : elles ne peuvent venir que de Dieu, bien sûr… et la médiumnité, somme toute, du moment qu’elle est orientée vers l’amour de l’autre, devient acceptable…

* Dans un premier temps, j’ai pensé n’être qu’une humble spectatrice de ce maillage Ciel-Terre, me satisfaisant de mes secrètes et fortes communions d’esprit avec Arnaud. Je me contentais donc d’une participation que je supposais, tout comme Paul le pensait, destinée à rester passive, accompagnant par la prière la réception des messages que je numérotais simplement lorsque Paul les avait recopiés. En effet, il avait adopté une méthode permettant de les relire : aussitôt après les avoir reçus, de son écriture restée identique mais trop étirée à cause de la vitesse d’émission, ce qui les rendait difficilement lisibles, il recopiait tout le texte, tel qu’il avait été dicté : d’une traite, sans paragraphes ou strophes (pour les poèmes), sans ponctuation, sauf de temps en temps une précision pour une majuscule ou un point d’exclamation, voire quelques fois pour des guillemets. Arnaud lui avait donné des conseils qu’il suivait scrupuleusement : « Recopie le message le plus vite possible, ta mémoire inconsciente t’aidera : ton subconscient a tout enregistré, fais-lui confiance … » (T 1 p. 132-133) (p. 97)

« J’ai senti ma Mamoune travailler à nos messages. C’est une bonne chose comme je l’avais dit, qu’elle participe à l’élaboration formelle de ceux-ci, à la rédaction qui suit le premier jet de mots. » (T 1 p. 160) Ce travail me paraissait si sacré que je ne l’accomplissais que dans la prière, prenant le temps de me sentir reliée au Ciel et attendant un acquiescement intérieur. (p. 98)

Paul reçoit. Nicole met en forme littéraire. Travail de collaboration. Mais écriture automatique tout de même. Procédé spirite par excellence. Le conseil est limpide : « ton subconscient a tout enregistré, fais-lui confiance ». Pas d’analyse critique ; au contraire, il faut révérer religieusement les messages…

* D’ailleurs il était frappant de constater la facilité avec laquelle il reprenait le cours de ses activités. « C’est normal, me dit-il, puisque ce que je rédige ne vient pas de moi. Je sais qu’Arnaud en est l’auteur mais, contrairement à ce que tu penses, je ne suis à aucun moment submergé d’émotion, l’affectivité n’intervient pas. Je ressens Arnaud bien davantage dans les effusions-communions que tu connais comme moi. Pour les messages je suis simplement un instrument qui a du mal à suivre l’allure et qui de plus en plus ne sait même pas quel sujet a été abordé tant la trace se perd vite, comme si tout s’effaçait. » Arnaud qualifiera plus tard le récepteur de messages comme les siens de « porteur de crayon », attestant ainsi du caractère passif de ce type de communication. Paul avait vu juste car à peine quelques mois après le début des messages, la vitesse d’émission ne fera que s’amplifier, il n’y aura plus d’échanges et les sujets traités cesseront d’être personnels, atteignant une telle altitude spirituelle que leur contenu est à lui seul une irrécusable marque d’authenticité. (p. 58)

Non, car l’Esprit Saint n’a jamais utilisé de cette manière les évangélistes. « Dans la Tradition biblique, Dieu respecte parfaitement l’humanité de l’hagiographe : sa culture, son tempérament, son milieu social. Dieu parle à travers lui sans se substituer à lui : la parole qu’il prononce est tout à la fois sa parole et celle de Dieu. Des révélations privées dans lesquelles l’interlocuteur divin se servirait de la voix de son instrument humain tout en la changeant au passage ; ou qui se servirait de sa main pour écrire des messages dont l’instrument humain ignorerait le contenu au moment de les rédiger (écriture automatique ou semi-automatique) ; etc. : de telles « révélations » seraient plus que suspectes, car leur mode de production ne correspond pas à la manière habituelle de procéder de Dieu en matière d’inspiration. (P. J-M Verlinde, http://www.final-age.net/La-Revelation-officielle-et-les.html)

* « Je suis avec toi en relation moins médiumnique que tu le crois. C’est plutôt de la télépathie … » (T 1 p. 26) Plus tard, il ira plus loin dans les recommandations : « Comme je te 1’ai dit, les vraies relations spirituelles entre un être du « dessus » et un être de la terre ne sont pas magiques ! Elles ne doivent surtout pas l’être, sinon elles sont pleines de périls car, aux confins de la Terre et du Ciel (en langage compréhensible … ), les forces du Mal sont à l’affût et cherchent à interrompre les liaisons, à leur nuire et à les faire dévier. Les nôtres reposent sur ton don et l’amour entre nous dans l’Amour de Dieu. » (T 1 p. 49) (p. 41-42)

Ouf, nous voilà rassurés ! C’est étonnant comment « Arnaud » prend soin de nous dire et redire que les messages ne proviennent surtout pas d’esprits inférieurs parasitants, dont il parle encore dans cet autre message :

* « Les « ténèbres extérieures (Mt 8, 12) » sont extérieures au ciel et à la terre car, à la frontière des deux mondes, existe un au-delà mystérieux, un fragment détaché du Royaume de Lumière auquel beaucoup d ‘hommes de la terre se relient facilement, entrant en contact avec des êtres souffrants, aveugles et entêtés qui sont prêts à les capter, à les magnétiser et à les plonger peu à peu dans l’obscurité. C’est cela les ténèbres extérieures. » (T II p. 213) (p. 175).

N’est-ce pas un aveu qu’Arnaud connaît de bien près ces entités, ces esprits ?

* Les contemplatifs savent bien que l’on ne peut prier qu’en s’isolant de l’environnement extérieur pour mieux ouvrir les yeux de son âme. Dès les premiers messages Arnaud livre d’ailleurs sa méthode : « Fais le vide avec tes mains sur les yeux et ça vient facilement. » (p. 43)

Cette affirmation est capitale. Toutes les méditations orientales (si prisées dans les cercles occultes) nécessitent comme postulat de base de « faire le vide » dans les pensées… La méditation et la contemplation chrétienne sont bien différentes : il s’agit d’entrer en communion avec la Trinité, et de laisser l’Esprit Saint travailler en nous. Trop de chrétiens pensent qu’ils doivent faire le vide dans leurs pensées pour que le Saint-Esprit puisse s’exprimer au travers d’eux ou les contrôler. Au contraire, nous devons garder le contrôle de nos pensées et coopérer activement avec le Saint-Esprit. Chaque fois que nous faisons le vide dans nos pensées, l’esprit qui s’exprime à travers de nous n’est probablement pas le Saint-Esprit.

 Une rencontre avec le P. Vernette

Le 26 juin, lors d’un échange téléphonique, il me remercie pour le livre, précisant d’emblée : « J’ai lu tous ces messages, je n’ai rien à leur reprocher » ; puis il ajoute : « L’Église n’a pas assez tenu compte de ces phénomènes. J’aimerais vous connaître. » Lorsque je fais état de notre projet de déplacement pour Lourdes au 15 août, il nous fixe un rendez-vous le 14 à l’évêché de Montauban. (…) A ce moment Paul intervient et dit : « Il me semble qu’Arnaud a dit qu’il faut appeler cette dictée : l’écriture inspirée. » Le Père Vernette sursaute, visiblement bouleversé : « C’est étonnant ce que vous dites. Savez-vous que j’ai reçu hier une lettre de Pierre Monnier, le petit cousin du messager ? Il a retrouvé un courrier de Madame Monnier disant que son fils lui avait dit d’appeler ses messages : « L’écriture inspirée. » Éberluée, je finis par me ressaisir et sors de mon classeur le message choisi in extremis : « L’écriture inspirée. » Paul est aussi étonné que le Père Vernette ! (…) Lorsque nous nous quittons, le Père Vernette, regard plus bleu que jamais, nous dit : « Vous êtes guidés par l’Esprit Saint, vous n’avez pas besoin de conseiller spirituel. Laissez-vous aller. » Sur-le-champ nous n’avons pas mesuré l’importance de ce conseil, pour le moins surprenant. Nous en comprendrons la sagesse plus tard ! (p. 118-119)

Si l’on nous rapporte bien la vérité ici, on ne peut qu’être affligé des naïvetés du P. Vernette. Voilà que l’écriture automatique, phénomène utilisé essentiellement dans les mouvances spirites, est rebaptisée par lui « écriture inspirée », appellation donnée aussi par les esprits… car on n’est jamais mieux servi que par soi-même ! Quand à dire à des personnes qui prétendent recevoir des messages de l’au-delà qu’elles n’ont pas besoin de conseiller spirituel, c’est contraire à toute la tradition ! Rien de tel que de se croire directement inspiré par l’Esprit Saint sans aucun regard extérieur pour aller droit dans le mur ! Surprenant conseil dans la bouche d’un prêtre, effectivement … Invérifiable, car l’intéressé est décédé.

Démasqué ?

* « Papa, tu fus très surpris lors de la messe car, en te rendant à l’Eucharistie, tu as cru me voir dans un jeune officiant affligé d’une disgrâce physique, Oui, j’étais là, comme en surimpression sur un film. Nos regards se sont vus et reconnus. Mais quel trouble en toi ! Rassure-toi n’est pas une hallucination. Comment est-ce possible ? J’ai utilisé le canal psychique de cet être pour me poser devant lui et t’offrir cet éclair. Lui ne s’en est pas aperçu mais il a dû être déconcerté par ton regard. Je le fus moi-même. Ces manifestations ont un sens : dans l’Amour de Dieu et du prochain, tout est possible. » (T II pp. 139-140) (p. 217)

Quelle manipulation ! Pensez-vous que nos défunts se servent de nous, ou d’autres personnes, de cette façon ? En revanche les esprits diaboliques ne demandent pas notre autorisation…

* Puis il y eut ce songe-cauchemar du 6 juillet 1993. Je suis avec Arnaud, mais, contrairement aux autres rencontres, rien n’est lumineux et j’éprouve un sentiment d’oppression et de tristesse. Je perçois Arnaud comme un petit prince malheureux qui n’est plus sur son étoile mais dans un univers sombre dont il est prisonnier. Il se plaint : « Je travaille toujours, j’ai perdu tout contact physique avec toi, je souffre, prisonnier de l’obscurité, viens me rejoindre. » Tout mon être se tend vers lui en un élan irrépressible pour lui porter secours : « Mon amour, je viens ! » Un choc comme si on me secouait, une sorte de chute et je me réveille. Une pensée s’impose immédiatement à moi : il s’agissait d’un faux Arnaud, des forces mauvaises se sont jouées de moi pour m’entraîner hors des sphères christiques. Comme pour me le confirmer, la radieuse présence d’Arnaud m’envahit. (p. 174)

Zut, l’esprit avait oublié un instant de se déguiser en vrai Arnaud… Heureusement, il s’est vite repris… Il est curieux qu’une telle expérience, que Mme Gourvennec analyse pourtant bien (oppression, tristesse, univers sombre, prisonnier), ne lui ait pas permis de s’interroger plus avant. Peut-être faudrait-il qu’elle lise plus assidûment les Écritures. Saint Paul, en 2 Co 11,14, écrit : « Rien d’étonnant : Satan lui-même se déguise bien en ange de lumière. » 

  1. Aspects en rapport avec la pensée gnostique du Nouvel Age

* « Je le suis pour l’Éternité mais étant débarrassé des entraves de la terre et… t’ayant précédé dans l’Amour de Jésus Christ, je peux vivre plus intensément toute la Vie. Je ne te suis pas supérieur, mais autre, tout en demeurant semblable dans ce que tu as aimé. Rien n’est interdit à l’amour véritable que l’on porte à un être. » (T 1 p. 43) (p. 41)

Certes cette phrase ne va pas sans rappeler le « Aime et fais ce que tu veux » de saint Augustin, mais comme on va le voir dans les aspects de connaissance initiatique développés dans ces messages, tout est légèrement transformé… Cette « torsion » discrète, mais réelle fait que l’Église est l’Église mais doit être autre, l’Écriture est l’Écriture, mais doit être interprétée autrement, l’amour est l’amour mais doit être libre de toute entrave, et la connaissance, au lieu d’être simple, devient alambiquée au possible…

* « Pour votre monde présent, seul un scientifique poète, ou l’inverse, serait en mesure de vous entraîner au-delà des hypothèses, systèmes, ou modèles proposés. C’est alors que vous verriez la « Sciento-Poésie » atteindre à la Mystique… Le connu rejoindrait le caché, l’expérimenté, le deviné. » (T 1 p. 210) (p. 72)

« Foi, Amour, Connaissance constituent mes trois vies fusionnées en une seule, chaque élément se conjuguant avec les deux autres par une sorte de rotation incessante… » (T I p. 111) (p. 74)

On remarquera que l’Espérance a été remplacée par la Connaissance… quant aux trois vies fusionnées, se conjuguant… dans une rotation… Et que dire de la confluence de la sciento-poésie avec la mystique !

 

* « Jésus-Christ est mon enveloppe merveilleuse, radieuse. Je me fusionne à Lui dans un Amour immense… » (p. 69) Mon être total, donc toute ma personnalité, est branchée sur un « univers » divin, sur une « humanité » en gestation dont le sens du chemin est la compréhension finale de Dieu. (T 1 p. 57) (p. 72)

« Trouverez-vous un Vasco de Gama assez fou, assez amoureux de liberté, pour s’enfoncer dans le temps et l’espace confondus, sans esprit de retour ? Dieu aimerait cet homme, je crois. Leur amour se rejoindrait et ce voyage aurait son terme dans son Royaume. En attendant, en espérant, assis avec un Asimov (auteur de science-fiction) sur les genoux, rêvez, rêvez, car il n’y a pas d’immobilité, il n’y a que du devenir, il n’y a pas de passé, il n’y a que de l’avenir » (T I p. 226). (p. 73)

« L’accession à cette connaissance ne se fait pas selon le processus de la recherche scientifique, moyen terrestre incroyablement faible, court en déductions, incertain dans ses résultats, l’accession se fait par la fusion de notre être à la Pensée Connaissance dont les limites (que je ne fais qu’entrevoir), sont constituées par notre niveau d’élévation spirituelle, c’est-à-dire notre proximité par rapport à notre Infiniment Aimable Dieu. » (T l p.158) (p. 74)

Pas d’altérité, pas d’objectivation, mais une « fusion à la pensée connaissance »… nous voici en train de surfer sur la vague Nouvel Age… invités à boire aux sources gnostiques… Les images et symboles aquatiques sont très présents dans la littérature du Nouvel Age, pour véhiculer cet appel à la fusion avec le grand Tout, comme le morceau de sucre se dissout dans ma tasse de café… Le nourrisson nourri au sein maternel. C’est d’ailleurs ainsi que N. Gourvennec décrira un contact avec la Vierge Marie. On entre dans la mort comme un enfant se glisse dans son lit douillet : « Dis-leur, Mamoune que nos derniers instants ne furent pas ce qu’ils imaginent : ainsi que le jour naissant doucement blanchit la nuit, ainsi notre vie céleste se glissa dans les derniers plis de notre vie terrestre. Tout fut doux, tout fut blanc et le bonheur de Dieu nous attendait au coin du voile levé. » (p. 14)

* « Au Ciel, c’est la joie d’être avec Jésus. Vous croyez trop qu’Il ne fut réservé qu’à la Terre et à la vie des hommes. Jésus fut prêté à la Terre, et quel prêt ! Pour nous, cela continue : Il est là, bien réel, bien vivant. Les mêmes paroles sont dites : « Qui me voit, voit le Père ». Jésus nous accompagne dans cette étape qui n’est pas la dernière ; dès maintenant, nous puisons au plus près… Imaginez votre joie si, aimant Jésus, Il revenait vous voir ! Non, vous ne pouvez imaginer… Nous seuls avons ce privilège. » (T 1 p. 2l5) (p. 77)

Si Jésus dit : «  Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné sont Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle » (Jn 3,16), on nous affirme ici que Jésus a seulement été « prêté », ce qui rejoint de très anciennes hérésies niant la réalité de l’incarnation… De plus, c’est la négation de l’acte de foi du croyant sur la terre : seuls les privilégiés peuvent continuer à avoir une relation avec un Jésus « bien réel, bien vivant »… négation subliminale de la présence eucharistique…

* C’est le lendemain à 11 heures que nous rencontrons l’archevêque de Tours. Il nous accueille avec un visage impénétrable et, tout de suite, d’une voix monocorde, nous dit : « Je suis réservé, très réservé. Pour moi c’est de la gnose. Ce qui me surprend, c’est la connaissance. Comment un enfant de treize ans peut-il savoir tout cela ? »

Le Cardinal Honoré (je suppose) y a vu clair… Peut-être est-ce pour cela que l’entrevue est décrite de façon si négative (voir pp. 140-142 du livre).

* « Mamoune, Papa aimés, c’est Dieu qui nous choisit, cela ne provient ni de nous-mêmes, ni des hommes, et pas davantage de nos parents : « L’Éternel s’est choisi Jacob ». Ainsi en est-il de Pierre, Paul ou Jeanne etc. Mais sans notre obéissance, le choix de Dieu s’évanouit ; or il faudra bien que chacun réponde de sa foi devant LUI ! Ainsi se pose une réflexion sur l’obéissance et la responsabilité : laquelle est la plus importante dans la foi ? De qui et de quoi faut-il répondre ? À qui obéir et pourquoi…

Tout d’abord, dès que la vie spirituelle est en jeu, ne confondez pas l’obéissance à Dieu et la soumission à l’autorité des hommes, à leurs lois et à leurs institutions. Ainsi Jacob désobéit aux règles des hommes pour mieux obéir à Dieu, de même que Pierre et les apôtres devant le tribunal répondirent : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes (Ac 5, 29) »…

« Placez donc la responsabilité à l’égard de Dieu au-dessus de l’obéissance aux hommes et à leurs institutions, aussi faillibles qu’eux : on ne peut être complètement obéissant qu’envers l’infaillibilité. Or, Dieu seul est infaillible. » (T III pp. 223-224) (p. 146)

Vous avez bien compris (mais il faut s’y reprendre à deux fois, car le langage est obscur) : mieux vaut obéir aux messages prétendument reçus d’en-haut et qualifiés de divins, que d’obéir à un évêque qui n’est qu’un homme… On est loin du conseil de saint Ignace, évêque d’Antioche, au début du 2° siècle : « Aussi convient-il de marcher d’accord avec la pensée de votre évêque… votre presbyterium justement réputé, digne de Dieu, est accordé à l’évêque comme les cordes à la cithare, ainsi, dans l’accord de vos sentiments et l’harmonie de votre charité, vous chantez Jésus-Christ. »   (St Ignace d’Antioche, Lettre aux Ephésiens, IV). S’il n’y a d’obéissance complète que vis-à-vis de l’infaillibilité, tant pis pour les pauvres communautés religieuses, ou les pauvres prêtres diocésains, qui se leurrent d’obéir qui à leur Abbé, qui à leur Évêque…

 

* « Soyez plus indulgents envers le suicide des jeunes qui souvent n’est qu’une fugue de l’âme. Dieu sait reconnaître la façon dont nous nous envolons comme l’homme de mer reconnaît les oiseaux qui s’élancent vers le grand large… » (T 1 p. 245)

« Dieu veut que votre âme se nourrisse de son corps comme le fruit se nourrit de l’arbre, et qu’elle mûrisse au soleil de la terre le temps qu’il faut. Ne volez pas ou ne désirez pas voler quelques secondes à votre éternité. Mais lorsqu’un de vos enfants a coupé le fil de sa vie, ne le jugez pas, respectez le mystère des départs, volontaires jusqu’à quel point ? Dieu seul (et pas vous !) voit les deux faces de l’être humain. Dieu seul peut donc mesurer le poids d’une vie trop lourde pour une âme trop faible. Et dites-vous bien que dans les Cieux, le suicidé n’est pas un être à part. Aimez-le, aimez-le ! » (T II p.121) (p. 170)

L’indulgence, oui. La vérité aussi : le suicide n’est pas dans la volonté de Dieu, et un péché contre Dieu qui nous donne la vie. Mais il est vrai que lui seul peut juger… Mais, on ne va tout de même pas encourager les oiseaux à se lancer vers « le grand large » par l’acte du suicide. Ou alors on est au niveau des messages subliminaux cryptés dans certaines musiques rock : « kill yourself », « suicide solution »… Vite, volons vers notre éternité. Qu’attendez-vous ?

Et avez-vous remarqué cette inversion notoire : « Dieu veut que notre âme se nourrisse de son corps » ! Stupéfiant comme affirmation, quand l’Église enseigne que l’âme est la forme du corps ! On trouve vraiment des perles…

* « À marteler que l’héritage n’irait que de l’Église aux hommes, on oublie ceux-ci au bénéfice de l’Institution ; or c’est le baptisé qui fait l’Église et non l’inverse… » (T III p. 219) (p. 177)

Et si vous retournez le sablier, pensez-vous que vous allez faire croire que le sable coule vers le haut ?

* Cette image visible du Dieu invisible, Arnaud la définira plus tard en une formule lapidaire d’une grande force : « Dieu est un triptyque dont un panneau s’est peint nos yeux, c’est l’Icône christique. » (T III p. 257) (p. 180)

Toujours cette relativisation de l’Incarnation : le Christ Jésus ne s’est pas peint sous nos yeux, il s’est fait chair…

* « Vous nous appelez vos goélands, il n’appartient qu’à vous de voler le plus haut possible pour nous rejoindre… Nous sommes là, nous, vos ressuscités, pour vous rendre l’inaccessible accessible, l’invisible visible, et pour joindre le ciel et la terre. Nous sommes les pontonniers du ciel qui jetons dans votre direction les premières arches de l’édifice indispensable pour parvenir jusqu’à nous. Le rendez-vous avec nous se produira immanquablement si vous le voulez, mais préparez-le, anticipez-le avec la puissance de l’esprit. » (T II pp. 29 et 101) (p. 199)

Petite (ou grande !) confusion entre Arnaud et le Christ Jésus : lui seul est « l’image du Dieu invisible » (Col 1,15), lui seul est le pontife qui relie la terre au ciel, et qui nous fait dire : « Père, sur la terre comme au ciel… ». Lui seul a dit « Nul ne vient au Père que par moi » (Jn 14, 6). Il nous conduit vers la gloire du Père, et non pas d’abord vers nos chers défunts… « Dieu, personne ne l’a jamais vu ; mais le Fils unique, qui est dans le sein du Père, nous l’a fait connaître » (Jn 1,18).

* « Sortons du champ clos de la foi traditionnelle et, sans cartes ni boussoles, allons au-devant des hommes qui cherchent une réponse à la question capitale : « Qu’est-ce que la mort ? » Quelle réponse profonde trouvent-ils dans ce monde ? Rien !.… Il est indispensable que vous « modernisiez » votre vision de la mort car si vous ne replacez pas le trépas au centre de votre vie, une authentique et profonde spiritualité ne reprendra jamais vigueur, ne redeviendra pas primordiale. En effet, c’est à partir de la mort que toutes les interrogations de 1’homme jaillissent. » (p. 199) « Somme toute, ce ne sera qu’une redécouverte que d’autres civilisations maîtrisaient avant vous. » (p. 200).

Quel tissu de contradictions. S’il ne s’agit que de redécouvrir le trésor des civilisations passées, quelle régression par rapport à la nouveauté de la résurrection du Christ ! En effet, au centre de la vie du chrétien, ce n’est pas le trépas qui prend place, mais le joyeux acte de foi en la résurrection du Christ ! Quant à dire qu’on ne trouve aucune réponse sur le mystère de la mort, cela revient bien à nier la lumière de la Révélation chrétienne… Qu’elle est grande la sagesse d’Arnaud qui veut nous lancer à l’aventure sans cartes ni boussoles!

* Passons sur les explications fumeuses données aux pages 249-250 sur la façon dont les messages qui nous parviennent par Arnaud sont préparés dans les sphères célestes, où l’on voit réapparaître saint Jean, comme dans les écrits gnostiques…

* Néanmoins, il faut admettre que, d’une manière générale, le Nouvel Âge, selon le Père Vemette qui l’a longuement étudié, s’il est sur bien des points un retour au panthéisme, engendre chez ses adeptes, au demeurant non dépourvus d’intuitions cosmiques, la tolérance et des pensées d’amour que bien des chrétiens pourraient lui envier… (p. 175)

Le Nouvel Age est problématique. Toutefois… 

  1. Aspects en rapport avec la personnalité de N. Gourvennec

* Car il y avait en Arnaud un charme, un rayonnement naturel qui en faisait pour toute notre famille un être d’harmonie. On ne discernait jamais dans son comportement la moindre zone d’ombre, au contraire on percevait un jaillissement de son âme limpide ouverte aux autres avec une simplicité et une douceur qui, paradoxalement, se conjuguaient avec une formidable énergie. Nous le ressentions comme un enfant de cristal et notre amour pour lui nous rendait tous meilleurs. Il nous semblait que son intelligence étonnante pouvait tout comprendre, cependant que son cœur pouvait tout aimer. Comment vivre désormais sans cet enfant qui avait tant ensoleillé notre vie familiale ? (pp. 20-21)

L’amour maternel est grand. Mais n’y a-t-il pas une certaine idéalisation d’Arnaud au point d’en faire un être d’exception ? Un saint ? Dans la lecture du livre, je n’ai jamais d’ailleurs remarqué le mot « péché »…

* Et la Vierge est venue ! Difficile de trouver les mots pour décrire ce qui, aujourd’hui encore, vit en moi avec une douceur indicible, comme une perception intérieure et en même temps une vision tangible de résilles d’or illuminant mon Ciel ; oui mon Ciel, car les murs de la chambre avaient disparu, j’étais dans une dimension infinie. Et la Vierge dont la présence était d’une réalité ineffablement puissante me prenait dans ses bras non pas de façon terrestre, mais de manière illimitée et tellement aimante que je sentais une chaleur envahir mon être devenu totalement dégagé de la pesanteur, dulcifié comme si toutes les blessures de souffrance fondaient dans un Amour Maternel tellement vaste que je me sentais toute petite, presque comme un nourrisson. Cela a duré longtemps, ou plutôt hors du temps, cependant que des luminescences m’enveloppaient de leur délectable rets de tendresse. Et je me suis endormie, dans la lumière et la chaleur d’une Protection Maternelle incomparable. (p. 86)

Une telle visitation de la Vierge Marie est décrite par N. Gourvennec comme une régression affective vers l’état de nourrisson… On est vraiment très loin des paroles fermes et fortes de Marie aux enfants de Fatima ou à Bernadette de Lourdes… Qui est venu ?

* Hélas nous nous sentions mal placés pour défendre l’institution ecclésiale, car cette dernière depuis quelques années revenait sur un problème douloureux que l’on aurait pu croire dépassé : l’exclusion de l’Eucharistie pour certains, dont les divorcés remariés. Nous étions concernés à cause d’un mariage de jeunesse que j’avais contracté en toute bonne foi si j’ose dire car cet engagement de mes vingt ans n’avait jamais pris à mes yeux la forme « canonique » d’un mariage avec Dieu. La rupture rapide de cette union, erreur imputable à un manque de maturité, ne signifiait en aucune façon pour moi rupture de lien avec ce Dieu qui m’avait enrobée d’amour dans mon enfance et auquel j’étais restée fidèle au plus profond de mon âme. Il ne m’était ensuite même pas venu à l’idée que mon mariage avec Paul, tellement placé sous le sceau de notre foi commune, pouvait me valoir une sanction de la part d’une Église que j’idéalisais à cause du Père Simon de mes dix ans. Paul, quant à lui, savait à quoi s’en tenir mais par délicatesse d’amour n’a rien dit. En outre, féru d’histoire, il pensait comme beaucoup que l’institution ecclésiale était devenue plus ouverte, sur une question au demeurant délicate, pour elle qui s’était montrée si accommodante pour les grands de ce monde, dont elle faisait et défaisait les unions au gré des nécessités politiques. D’ailleurs c’est seulement au Concile de Trente (1545-1563) que fut officialisé le mariage comme sacrement. (p. 276)

Nicole est divorcée remariée. Je ne juge en rien sa vie. Simplement, je veux souligner combien l’Église issue de Vatican II tient à accueillir les divorcés remariés, tout en maintenant (sauf exception) le point de discipline de l’abstention de la communion eucharistique.

* Christ n’exclut personne, la preuve m’en fut donnée personnellement un jour où nous étions à la messe. L’officiant était un prêtre que nous aimions bien. Son homélie ce jour-là fut particulièrement belle car il rendit compte avec un abandon inhabituel chez lui, de son amour pour le Christ et du choix qu’il avait fait de lui consacrer sa vie. C’est dans un état d’adhésion intérieure à ses paroles que je me suis dirigée vers lui recevoir la communion. Au moment où il allait me la donner un incident se produisit : l’hostie s’échappa, effectua une étonnante parabole et atterrit d’elle-même dans mes mains, à notre grand soulagement car avions bien craint de la voir tomber par terre. Seul Paul qui me suivait avait tout compris de ce qui s’était passé et que Jean Guitton nom « le phénomène de l’hostie volante. Bien évidemment il est facile de trouver un sens à cette anecdote que je dédie à celles et ceux – et ils sont nombreux ! – qui m’ont écrit au fil des ans pour exprimer leurs blessures au sujet de leur situation matrimoniale. Qu’ils se rassurent: les sentences des hommes ne sont pas celles de Dieu. (p. 277)

Je laisse à N. Gourvennec l’interprétation de son incident… Mais où donc est exprimé une seule fois le désir de l’obéissance à l’Église ? Non seulement ici, mais encore dans l’ensemble du livre ?

* « Je suis un messager chrétien et plus vastement, christique. Il m’est donc loisible d’affirmer que les Églises n’ayant pas considéré comme allant de soi l’appropriation du mariage rejoignent mieux cette vérité évangélique : la femme et l’homme indissolublement et originellement unis dans l’Acte Créateur recherchent dans l’amour la trace de l’Image perdue. Dieu seul est leur témoin puisqu’Il est l’AMOUR. À ce « mystère si grand » ne peut répondre la Loi mais le silence des hommes et, si possible, leur bénédiction aimante. » (02/04/2005 – T V à paraître)

Quelle assurance, quelle majesté dans les propos… À moins qu’il ne s’agisse d’orgueil ? Arnaud vient au secours de sa maman… À moins que maman ne collabore de trop près à l’élaboration des messages d’ « Arnaud »… 

Pour conclure la réflexion

J’espère avoir suffisamment aidé le lecteur à se poser la question de l’imposture. L’Ennemi de l’homme a emprunté le prénom d’Arnaud pour mieux continuer à tromper des personnes dans l’épreuve et la souffrance. Peut-être même que M. et Mme Gourvennec sont les premiers abusés dans cette histoire. Mais il faut dénoncer l’imposture, afin d’éviter que d’autres encore ne soient trompés. Aurons-nous la lâcheté de laisser se répandre la conviction que « les morts nous parlent ? », titre d’un livre du Père Brune, compromis dans ces eaux spirites ? Ayons le courage de démasquer l’Imposteur. Encore une fois :  « Ne vous fiez pas à tout esprit, mais Éprouvez les esprits pour voir s’ils viennent de Dieu, car beaucoup de faux prophètes sont venus dans le monde. À ceci reconnaissez l’esprit de Dieu : tout esprit qui confesse Jésus Christ venu dans la chair est de Dieu ; et tout esprit qui ne confesse pas JÉsus n’est pas de Dieu ; c’est là l’esprit de l’Antichrist. Vous avez entendu dire qu’il allait venir ; eh bien ! maintenant, il est déjà dans le monde. » (1 Jean 4,1-3)

« Il faut comprendre que ni les moyens basiques ni les moyens high-tech ne satisfont les esprits du spiritisme. Souvenons-nous que leur but est l’infestation corporelle pour déstructurer l’homme dans son unité corps-âme. Très vite donc, ils proposeront ou imposeront une communication directe, de l’intérieur… (…) Les moyens de communication spirite ne sont en tout cas jamais ceux que Dieu propose : les sacrements, l’oraison… Jamais non plus – et c’est là le discernement le plus simple et radical – un esprit communiquant n’acceptera de confesser la foi catholique en l’incarnation du Verbe, en la résurrection de la chair, au pardon sacramentel des péchés ou en l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, en l’Enfer ou le Purgatoire, ni de se mettre à genoux devant Jésus-Christ Dieu fait homme… » (P. Métais-Fontenel, L’Église au défi du spiritisme, à paraître très prochainement aux Éditions Bénédictines)

 

« Toutes les formes de divination sont à rejeter : recours à Satan ou aux démons, évocation des morts ou d’autres pratiques supposées à tort « dévoiler » l’avenir. La consultation des horoscopes, l’astrologie, la chiromancie, l’interprétation des présages et des sorts, les phénomènes de voyance, le recours aux médiums recèlent une volonté de puissance sur le temps, sur l’histoire et finalement sur les hommes en même temps qu’un désir de se concilier les puissances cachées. Elles sont en contradiction avec l’honneur et le respect, mêlé de crainte aimante, que nous devons à Dieu seul. » (Catéchisme de l’Église Catholique, n° 2115-2118)

 

« On ne trouvera chez toi personne (…) qui interroge les spectres et les devins, qui invoque les morts. Car quiconque fait ces choses est en abomination à Yahvé, ton Dieu ». (Deutéronome, 18,9-14)

 

Magie et prière

La seule prière des chrétiens

Elle est enseignée par Jésus,
transmise par les évangiles,
et utilisée dans la liturgie.

 Notre Père, qui es aux cieux,
 que ton Nom soit sanctifié,
 que ton Règne vienne,
 que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
 Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour,
 Pardonne-nous nos offenses,
 comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé,
 Et ne nous soumets pas à la tentation,
 mais délivre-nous du Mal.

Elle n’est pas « secrète »,
il l’a enseignée publiquement,
elle contient tout ce que nous avons à demander.

Elle s’adresse à Dieu-Père,
avec un coeur d’enfant;
et nous lui disons humblement :
que TA volonté soit faite…

Alors, pensez-vous que ceci soit une prière ?

Reprenons la petite ritournelle pour « couper le feu ». Elle s’adresse au feu, le commande, le « conjure » au nom de Judas, et en faisant allusion à Jésus…

« Feu, feu, feu,
je te conjure de perdre ta chaleur,
comme Judas perdit sa couleur
en trahissant Notre Seigneur».

Ce n’est pas une prière.

Ça ne s’adresse pas à Dieu.

Et comment se fait-il qu’elle produise un effet quasi instantané pour supprimer la douleur liée à la brûlure ? Quel est son secret ? Une action magique ?

Serait-ce une bonne magie réservée à certains qui ont reçu « le don » ?

Beaucoup de gens disent cela, pour se tirer d’affaire :
« Il y a une bonne magie et une mauvaise magie »

Sous-entendu : il y a une magie pour faire du bien, et une autre pour faire du mal.

Et aussi : ne vous posez pas trop de questions, ces gens font de la bonne magie, puisqu’ils soulagent des souffrances et guérissent des maladies. Donc c’est bien.

En d’autres termes : qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse !
C’est une erreur grave. Il n’y a pas de bonne magie.

Qu’est-ce donc que la magie ?

Dans le vieux fonds commun à toutes les civilisations traditionnelles, la « nature » est perçue comme un grand tout, où les esprits invisibles sont mêlés aux manifestations sensibles de la vie.

Avant même l’émergence des grandes religions traditionnelles, l’homme va se situer de deux façons différentes par rapport à ces réalités invisibles :

– soit il leur rend un culte de respect et d’adoration, tout en cherchant à se les concilier par des prières, des offrandes et des sacrifices : c’est la religion païenne;

– soit il s’efforce de mettre la main sur ces forces mystérieuses afin de les manipuler selon ses besoins et ses désirs : ce sont les rituels de la magie.

Même avec l’émergence des grandes religions monothéistes, ces attitudes n’ont jamais vraiment disparu.

En ce XXIè siècle, la magie est toujours présente. Pas seulement comme « mentalité magique ». Mais comme vraie magie.

Dans notre monde pluriel, multiculturel, la pensée et l’action magiques sont vécues de plus en plus ouvertement.

Rendre un culte aux forces de la nature ou apprendre à manipuler les énergies, ce sont des postures devenues banales, du moment que « ça marche »…

Le caméléon

On sait que la magie se décline à travers des couleurs : noire, blanche, rose ou rouge, verte… Mais au-delà de ces catégories, je voudrais faire la distinction entre :

* La magie MANIFESTÉE ouvertement

– Elle consiste à invoquer ouvertement Satan, ou des démons, ou « des esprits  » par des « rites ou rituels»

– afin d’obtenir pour soi ou pour d’autres : le succès, la réussite, la santé, l’argent;

– et souvent pour faire du mal à d’autres, pour leur nuire.

J’appelle cette magie manifestée parce qu’on y fait ouvertement
des rituels de magie blanche (même si on l’ignore),
et/ou de la magie noire (car là, on le sait très bien)

* La magie CAMOUFLÉE, version religieuse

– Elle consiste à invoquer Dieu, la Trinité, la Vierge Marie, les Saints (vrais ou faux)

– en prétendant mettre la main sur la puissance divine à notre profit.

– en employant des « formules » qui recherchent la guérison, la préservation des difficultés, la puissance, la réussite …

– pour se faire du bien, se protéger, et très souvent pour soulager les autres.

J’appelle cette magie camouflée parce qu’elle est revêtue de beaux atours religieux et bienfaiteurs… Si bien qu’on croit être dans la religion, alors qu’on est toujours dans la magie. Comme le caméléon, elle a su s’adapter !

L’éléphant

La frontière entre les deux peut devenir très floue… Et le caméléon se transforme en éléphant, comme la grenouille des fables de La Fontaine, qui voulait se faire aussi grosse que le boeuf…

CAR IL N’Y A QU’UNE SEULE MAGIE, sous deux formes :

– ouvertement magique, en faisant appel aux esprits et/ou au démon, la magie noire;

– ou masquée sous des habits religieux et charitables, la magie blanche.

Dans la magie noire, on s’adresse à Satan, au diable et aux démons…

Dans le cas de la magie blanche, on semble s’adresser à Dieu par l’intermédiaire des saints ou de prières (qui sont souvent des formules).

Là se trouve la TROMPERIE et le PIÈGE dans lequel tombent la plupart des gens.

En fait, le rite de magie blanche aboutit aussi au démon, car on ne met jamais la main sur Dieu.

Les super pouvoirs de la magie

La prière chrétienne La magie camouflée La magie manifestée
S’adresse à Jésus, au Père, à l’Esprit Saint Invoque des saints, vrais ou faux (Judas) Appelle Satan, les démons, les esprits
Implore et accueille, demande (humilité) Prend, s’approprie, conjure, commande (orgueil), formules, énergétique Rituels appropriés channeling, pactes
Le résultat est soumis à la volonté de Dieu. Que ta volonté soit faite Le résultat est automatique et immédiat. Que ma volonté soit faite Obtient des choses extraordinaires ou accomplit des maléfices puissants
Dieu répond sur la terre ou au ciel, à sa façon, souvent autrement que notre demande, souvent aussi longtemps après Le démon répond sur la terre, tout de suite, selon notre demande, mais il a un pied dans la maison, et il va le faire savoir Le démon répond sur la terre, avec puissance, pour mieux nous enfermer éternellement,  à cause du pacte

Mettre la main la puissance divine est une illusion dangereuse

Dans la magie, en asservissant des forces occultes
(c’est-à-dire cachées, et dont on ignore la provenance),

* on cherche à FORCER le cours des événements,

* à avoir une influence, un POUVOIR sur les autres à son propre avantage ou à l’avantage des personnes demandeuses.

Rien à voir avec la prière !

Celui qui va répondre à mon rituel ou à mon engagement occulte risque bien d’être… le démon.

En tout cas, ce n’est pas Jésus.

Il a dû déjouer certaines attitudes magiques suggérées par le démon; par exemple lors de son jeûne au désert, changer les pierres en pain

ou encore suggérées par les personnes autour de lui, par exemple après la multiplication des pains :

«  A la vue du signe qu’il venait de faire, les gens disaient: « C’est vraiment lui le prophète qui doit venir dans le monde. » Alors Jésus, se rendant compte qu’ils allaient venir s’emparer de lui pour le faire roi, s’enfuit à nouveau dans la montagne, tout seul. » (Jn 6,11-15)

De sa naissance dans une étable jusqu’à sa mort en croix, Jésus témoigne d’un esprit de pauvreté et de service qui lui fait fuir toutes les situations de pouvoir et d’emprise, qu’il a toujours considérées comme des tentations diaboliques.

Il a vécu le super-pouvoir de l’Amour désarmé …

Plutôt magique ou plutôt religieux ?

Quand j’ai besoin de la pluie, je peux m’adresser à Dieu par une prière. De toute façon, Dieu répondra comme il le voudra.

Supposons qu’il ne me donne pas la pluie. J’ai vraiment un comportement religieux si je demeure ferme dans ma foi en lui, et en paix devant sa libre décision.

Au contraire, quand j’ai besoin de la pluie, si je suis convaincu qu’il me suffit de réciter une formule pour obliger Dieu – ou bien une divinité, un esprit, voire le diable – à faire pleuvoir, je suis alors en plein comportement superstitieux et magique.

Une personne a un comportement religieux :

+ quand elle croit en Dieu, l’adore, le loue, le bénit, le remercie,
+ lui demande pardon de ses péchés en les confessant,
+ compte sur lui en lui remettant sa vie sans conditions;
+ et s’abandonne à son amour avec une confiance totale.

Et, quand elle le prie, elle n’a jamais l’idée de le forcer par cette prière, ou de le plier à sa propre volonté, mais seulement d’obtenir la grâce nécessaire pour s’ajuster elle-même à ce que lui veut.

En revanche, un comportement magique se traduit par :

– le recours à des formules déterminées : des rites, des gestes, des philtres, des amulettes ou des talismans,
– afin de se protéger du malheur et d’attirer la chance
– ou d’acquérir un pouvoir et une maîtrise extraordinaires sur la réalité.

Jésus nous a prévenus : des gens peuvent sembler faire des miracles, mais, en fait, commettent le mal.

« CE N’EST PAS EN ME DISANT : « SEIGNEUR, SEIGNEUR », QU’ON ENTRERA DANS LE ROYAUME DES CIEUX, MAIS C’EST EN FAISANT LA VOLONTÉ DE MON PÈRE QUI EST DANS LES CIEUX.

BEAUCOUP ME DIRONT EN CE JOUR-LÀ : « SEIGNEUR, SEIGNEUR, N’EST-CE PAS EN TON NOM QUE NOUS AVONS PROPHÉTISÉ ? EN TON NOM QUE NOUS AVONS CHASSÉ LES DÉMONS ? EN TON NOM QUE NOUS AVONS FAIT BIEN DES MIRACLES ? »

ALORS JE LEUR DIRAI EN FACE : « JAMAIS JE NE VOUS AI CONNUS ; ÉCARTEZ-VOUS DE MOI VOUS QUI COMMETTEZ LE MAL. »
(Mt 7, 21-23).

C’est très frappant de trouver dans ce passage de l’évangile, dans la bouche de Jésus, la juxtaposition entre le mot miracle et le mot commettre le mal… On en perd le nord ! Si c’est Jésus qui nous embrouille maintenant…

À moins qu’il veuille nous dire simplement que le Mal est capable de se déguiser en Bien pour mieux nous attraper…

Comme le caméléon qui s’adapte à son milieu pour mieux arriver à attraper sa proie.

Le funambule

Rester dans l’équilibre de la prière, comme le funambule sur son fil… Ne pas basculer dans le vide de la magie, car quelqu’un est tapi qui nous y attend… Apprendre à distinguer le vrai du faux.

* Faux : les recueils de prières où chaque « prière » correspond à la demande de guérison d’une maladie précise… La prière devient alors comme une « recette », un remède qui doit prouver son efficacité. Vous trouverez sous ce lien un exemple; je ne donne que la table des matières et l’index.

* Faux : les amicales pressions sur Dieu, en jouant sur la crédulité des gens avec un zeste de superstition. Voyez par exemple :

cette prière typographiée en forme de croix

cette « prière de sainte Thérèse » reçue par mail sous forme de chaîne de prière

copie de la lettre écrite par la bienheureuse Vierge dans la cité de Messine au temps de St Paul prêchant l’Évangile…

* Vrai : essayer de s’y retrouver. Il y a un tel méli-mélo aujourd’hui, beaucoup sont désorientés. Voyez ce long questionnement d’une personne qui cherche sincèrement la lumière par rapport à toutes ces prières qui semblent chrétiennes, mais qui sont rédigées dans un esprit magique, ou qui sont carrément des formules magiques.

* Le champion toutes catégories des recueils de prières chrétiennes devenues invocations magiques est un certain Abbé Julio. Il aura droit à un livret pour lui tout seul !

Ne pas basculer dans le vide de la magie, car quelqu’un y est tapi qui nous attend…

Une offre surnaturelle ?

Des personnes croient recevoir de leurs proches une « prière ». Ils ne se sont pas aperçu, par manque de formation, qu’il s’agit d’une formule magique.

> Entre charlatans et magiciens. « Quand je soigne sur photo, je fais des prières. Tous les jours, je prie pour mes patients. » Ce mélange des genres déconcerte. Il préoccupe également la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires

> Avant sa mort, elle m’a appris une prière. Je la dis dans ma tête et cela semble stopper les brûlures…  LIRE LA SUITE…

> Au culot : « Je trouve dommage que les guérisseurs comme moi et d’autres ne fonctionnent pas encore avec les membres du clergé! » m’écrit cette personne… LIRE LA SUITE...

Il n’y a pas de magie compatible avec le baptême chrétien

Le Catéchisme de l’Église Catholique dit (n° 2115-2118) : « Toutes les pratiques de magie ou de sorcellerie, par lesquelles on prétend domestiquer les puissances occultes pour les mettre à son service et obtenir un pouvoir surnaturel sur le prochain - fût-ce pour lui procurer la santé, sont gravement contraires à la vertu de religion. »

« La démarche magique est le contraire de la saine guidance spirituelle et de la conversion à Dieu dans laquelle l’homme trouve la confiance en ses ressources et en la vie.

La démarche magique est aussi le contraire de la prière, dans laquelle l’homme s’abandonne à une puissance d’amour et de paix, et s’en remet à la volonté du Dieu d’Amour.

La magie fonctionne comme une recette, comme un catalogue de vente par correspondance: on passe sa commande pour obtenir avec acharnement tout ce qu’on veut.

Dans la prière, on attend d’être exaucé, en rendant grâce, si notre demande va dans le sens de l’amour et du bien que Dieu veut pour nous.

Par la magie par exemple, des gens demandent la défaite, la ruine ou la mort de leurs ennemis, alors que, dans la prière, Dieu n’exaucera jamais une telle demande, contraire à l’amour, qui rejette le pardon et la miséricorde.

La pensée magique veut commander à autrui, à la vie et même à la mort. La prière est un lâcher-prise de l’homme qui s’en remet à la volonté de Dieu la Père qui promet le bonheur de chacun. »

(Jean PLlYA, Le combat spirituel, « Résistez au diable et vous serez libres», Éd. Saint Paul, 2014, p. 48)

Comment ne pas s’inquiéter de la diffusion d’une culture magique en direction des jeunes générations ? Ce formatage s’annonce délétère pour l’avenir.

Si vous souhaitez lire une réflexion plus élaborée, je vous invite à lire une lettre pastorale des évêques de Toscane, de 1994, intitulée Magie et démonologie.

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Avenir de la Culture

Alias : Tradition-Famille-Propriété, Pro Europa Christiana

A l’origine de la TFP, il y a un homme : Plinio Correâ de Oliveira (1908-1995). Né dans une riche famille de l’aristocratie brésilienne, avocat et professeur, il fonde une Ligue électorale catholique puis dirige le Legionario, hebdomadaire très influent où il se lie d’amitié avec deux prêtres qui deviendront évêques : Antonio de Castro Mayer et Geraldo de Proença Sigaud. Autour du mensuel Catolicismo, il écrit son maître-ouvrage, Révolution et contre-révolution où il systématise les thèses traditionalistes […]. Le 26 juillet 1960, il fonde la « Société brésilienne de défense de la Tradition, de la Famille et de la Propriété », ou « TFP ». Cette nouvelle organisation orchestre des manifestations publiques avec mégaphones, banderoles, grands étendards rouges frappés du lion héraldique (emblème de l’organisation), jeunes en capes rouges…  [ NDPP :  le kitsch néo-moyenâgeux caractéristique de la TFP ]. Des « caravanes » formées de jeunes militants sillonnent le pays pour diffuser les thèses de la TFP.

Dès sa création, la TFP vole au secours des latifundia (grandes propriétés terriennes) menacées par les projets successifs de réforme agraire (redistribution des terres improductives aux ouvriers agricoles) : projets appuyés par l’épiscopat brésilien mais qualifiés de communistes par l’organisation. La TFP engage également un combat [NDPP : remarqué par Washington] contre «l’infiltration communiste» dans le clergé latino-américain, contre l’oecuménisme et contre l’Ostpolitik vaticane.

Les années 1970 sont celles de l’essaimage de la TFP sur les cinq continents. Aux Etats-Unis, des liens sont tressés avec les milieux néo-conservateurs. [ NDPP : milieux qui cherchent dès cette époque à établir un réseau de « droite religieuse » pro-américaine dans le monde entier ].

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