L’homéopathie

En France, près de six personnes sur dix ont recours à l’homéopathie. Les Français font sont les plus grands consommateurs de gélules homéopathiques au monde.

Souvent, nous entendons dire par leurs fervents partisans : « L’homéopathie, j’y crois ». Personne ne penserait à dire : «  je crois en l’aspirine ».

L’homéopathie se rangerait-elle dans la catégorie des croyances ?

I. Historique

L’homéopathie vient du grec ὅμοιος, hómoios, similaire et πάθος, pathos, souffrance ou maladie.

Aristote (380 av. J.-C.) dans Ethique à Nicomaque[1], dans ses méditations sur l’amour, parlait d’homéopathie pour exprimer la juste et vraie relation philia, entre deux amis. Nous sommes proches alors de la compassion. Pâtir, souffrir avec l’autre, et communier dans une même sensibilité à la vérité la beauté et la vérité. Les perspectives de l’homéopathie depuis Hahnemann ne se rangent pas dans cette catégorie.

Samuel Hahnemann, 1755-1843

Samuel Hahnemann est né le 25 avril 1755 à Meissen, petite ville connue pour ses porcelaines. Il commence à 20 ans des études de médecine à Leipzig.

En 1777, il part à Hermannstadt, actuel Sibui en Roumanie, au service du baron Samuel von Brukenthal. C’est là qu’il est admis dans la loge maçonnique St André des trois Lotus. Effectivement, l’Europe protestante est très perméable à la franc-maçonnerie, à l’alchimie, et à la Rose-Croix. Comme bien des aristocrates et des intellectuels de son temps, pour échapper au dogmatisme de l’Église catholique, il préférait l’apparente liberté du sola scriptura de son enfance luthérienne, laissant libre cours à toutes les interprétations subjectives.

Une attention toute particulière doit être donnée à la Rose-Croix d’or, dans la formation et les conceptions du jeune Hahnemann, alors âgé de 22 à 24 ans, déjà initié aux trois grades premiers de la franc-maçonnerie, ou loge « bleue » d’apprenti de compagnon et de maître. Un livre publié en 1710 a particulièrement influencé ces milieux : La vraie et parfaite préparation de la pierre philosophale par la fraternité de la Rose-Croix d’Or, dont l’auteur est un pasteur protestant de Silésie se faisant appelé Sinceratus Renatus[2]. Il y est accordé une place importante aux « pratiques de laboratoires ».

Dans cet ouvrage « il y a une coloration gnostique qui vise à fonder le salut sur le rejet de la matière, soumise aux forces du mal, et atteindre une connaissance supérieure des réalités divines. » Jacob Böhme et les alchimistes ont eu une grande influence sur ces écrits. « La pratique de l’alchimie est, en effet, enracinée aussi dans la tradition gnostique, et l’attente d’élévation spirituelle correspond au passage de la matière de base à un état supérieur[3]. » Antoine Faivre universitaire spécialiste de l’ésotérisme et des sociétés secrètes[4] définit cette Rose-Croix d’Or née en Allemagne en 1777 comme un « ordre paramaçonnique plus puissant que les autres ». « Cette société secrète fait suite à une communauté alchimique fondée en 1710 par Samuel Richter prétendument originaire de l’Égypte ancienne, détentrice des vrais arcanes hermétiques et dont la mission était l’acquisition de la pierre philosophale.[5] » Frédéric-Guillaume II fut initié à cette loge en août 1781. Hahnemann y fut également initié aux spéculations alchimiques et à la recherche de la pierre philosophale.

L’alchimie associée aux traditions gnostiques et ésotériques fut combattue, par les Pères de l’Église, dès les premiers siècles du christianisme. En effet Dieu y devient le grand fondeur et l’Esprit-Saint une teinture bénite ou une quintessence. L’Esprit-Saint étant présent dans la matière sous la forme des trois principes alchimiques du sel, du soufre et du mercure…[6] » « Il s’agit de faire émerger les forces cachées de la nature, de faire briller la lumière qui a été profondément enterrée par la malédiction, et par cette voie, de procurer une lumière intérieure à chaque frère par laquelle il pourra voir le Dieu invisible et devenir plus proche de la source originelle de la lumière.[7] »

Dans la tradition alchimique héritière également de Paracelse[8], le semblable doit être guéri par le semblable. Ainsi le mal doit être guéri par le mal, principe de base de l’homéopathie. Nous retrouvons là une constante des idées véhiculées dans les initiations gnostiques. Les principes d’Hahnemann s’enracinent dans ces postulats qui s’opposent frontalement l’anthropologie biblique et à la théologie catholique.

Il termine ses études de médecine à Erlangen et, en août 1779, il passe son doctorat.

En 1782, à l’âge de 27 ans, Hahnemann épouse Johanna Henriette Kuchler, la fille d’un apothicaire. Ils eurent 11 enfants, 9 filles et 2 garçons. Son épouse ne crut jamais aux bienfaits de la médecine inventée par son mari.

En 1790, à l’occasion d’un travail de traduction d’un livre de médecine de William Cullen traitant de l’usage du quinquina au Pérou, Hahnemann a l’idée d’expérimenter sur lui-même, puis sur d’autres sujets sains, les effets de cette plante, inspiré sans doute par les principes de la vaccination, qui commence à cette même époque. Ainsi, Hahnemann observe que l’absorption de quinquina déclenche automatiquement des états fébriles qui disparaissent dès cessation de prise. Au lieu d’en conclure à la toxicité de la plante absorbée à haute dose, il en déduit le principe de la dilution pour combattre les effets qu’elle produit à haute dose. Ce qui sur le plan de la vaccination se conçoit, devient totalement erroné quand il s’agit de si hautes dilutions qu’il n’y a plus de principe actif, si ce n’est dans la croyance en une dynamisation de la matière.

En 1796, Samuel Hahnemann pose les bases de l’homéopathie dans un essai : « Essai sur un nouveau principe pour découvrir les vertus curatives des substances médicinales ».

C’est à partir de 1800 qu’il met en pratique ses « découvertes ». Il prétend alors expérimenter à des dilutions différentes 18 drogues, dont une majorité d’origine végétale : camomille, arnica, anémone pulsatile, ciguë, coque du Levant, douce-amère, belladone, jusquiame, aconit, ipéca, opium, sumac vénéneux, plomb, arsenic, mercure… ce qui est impossible à réaliser pour un seul homme. Son premier principe d’homéopathie est établi : c’est la loi de similitude ou encore loi d’analogie.

Hahnemann y explique qu’à partir de la dilution C30, «la matière est à tel point réduite» qu’elle présente «une particule qui n’est plus quantifiable; manifestement, par la dynamique de la dilution. La matière est réduite à sa substance intrinsèque et pure, et c’est là qu’elle présente tout son potentiel spirituel.» Les substances après des dilutions importantes « se réduisent à leur nature la plus pure, qui est spirituelle. » Il faut agiter longuement les préparations, pour que « leurs vertus soient intensifiées ». « Une force se transmet du fabricant au médicament, de façon mystérieuse… » Ces conceptions familières aux sciences occultes n’ont rien de scientifiques.

L’explication selon laquelle la dilution « dynamiserait » le médicament tout en lui conférant un pouvoir spirituel repose sur des conceptions magiques, les maladies n’étant que des dysfonctionnements de la dynamique de l’esprit humain. Hahnemann pensait que ses produits n’avaient pas un effet «chimique», mais «dynamique», et que des forces particulières entraient en jeu.

Certains magnétiseurs et autres guérisseurs trouvent les médications homéopathiques qui conviendraient à leurs patients par des voies divinatoires, pendules, baguettes, ou médiumniques reliés à un esprit ou une entité qui les guide dans le traitement. Pourquoi l’homéopathie est-elle préférentiellement privilégiée comme remède, dans ces pratiques?

Effectivement, dans son livre écrit en 1810, Organon der Heilkunst, Organon de l’art de guérir, Hahnemann aborde les bienfaits du magnétisme. Ses affinités avec Mesmer[9] l’ont sans doute influencé sur ce point. Il explique qu’au moment de la confection des doses homéopathiques, une force dynamique, subtile, d’ordre spirituel passe du fabricant au médicament, de façon mystérieuse… Une sorte de transsubstantiation de la matière s’opère. Ces affirmations permettent de conclure qu’Hahnemann émargeait aux théories des sciences occultes et de l’alchimie et de la magie.

Ainsi Hahnemann construit un système complet de prétendues lois naturelles qu’il appelait ses théories de « lois de la nature ». Pour les Rose-Croix, et autres sociétés secrètes, il existe une force vitale immatérielle, la dynamis, qui préside à l’harmonie et la santé des êtres vivants quand elle n’est pas perturbée.

Ses confrères médecins sont loin d‘être convaincus, Hahnemann doit déménager à Leipzig, ville universitaire, où il forme ses premiers disciples. De 1811 à 1821, il écrit un traité de la matière médicale et de l’action pure des médicaments homéopathiques qui deviendront la Bible des homéopathes.

En 1820, attaqué par ses confrères et par les pharmaciens, il est jugé coupable d’exercice illégal de la pharmacie par la Cour de justice de Leipzig. De deux choses l’une, soit tous ses confrères médecins et les apothicaires le persécutent et ne reconnaissent pas les inventions de ce génie précurseur, soit c’est un charlatan qui, s’il croit à ses découvertes, est un illuminé. Les pratiques de Mesmer furent condamnées en France par l’académie royale de médecine quelque 35 ans auparavant[10]. Leur conclusion pourrait s’appliquer à l’homéopathie… « Les effets produits par ces prétendus moyens de guérison sont tous dus à l’imagination et à l’imitation. »

Hahnemann trouve alors asile chez le duc Henri d’Anhalt-Köthen à Köthen, au titre de médecin privé. Il devient de conseiller aulique, c’est-à-dire conseiller à la cour ducal. Il peut enfin fabriquer ses préparations en toute liberté. Il y demeure quatorze ans. Il doit sans doute cette hospitalité, au réseau franc-maçon et rose-croix, dont faisait partie certains de ces aristocrates de haute lignée.

C’est à Köthen qu’il publie, en 1828, sa conception de l’homéopathie dans son « Traité des maladies chroniques, leur nature spéciale et leur traitement homéopathique ». Ce livre entraînera des tensions et des scissions chez les premiers homéopathes.

Son épouse décède en 1830.

À partir des années 1830, la renommée d’Hahnemann dépasse les frontières ; dans certains milieux, il est connu dans toute l’Europe jusqu’en Russie. Il ne cesse d’avoir des échanges épistolaires et prodigue ses conseils. En 1835, Mélanie d’Hervilly une patiente française atteinte de phtisie vient le consulter à Dresde. « Je peux vous guérir », lui dit Hahnemann. Elle se met à son service. « Permettez-moi, lui dit-elle, d’être votre fille spirituelle, j’ai la même foi que vous. » Hahnemann âgé de 80 ans épouse sa patiente de 40 ans plus jeune que lui ! Ils décident d’aller vivre à Paris, avec sans doute l’aide de réseaux auxquels il appartient, il y exercera l’homéopathie jusqu’à sa mort à l’âge de 89 ans, en 1843. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise.

À cette date, l’homéopathie commence à être délaissée en Europe, tandis qu’elle se développe aux États-Unis, bien qu’en 1847, l’Association médicale américaine réagisse et considère les homéopathes comme des charlatans.

Avec les premiers laboratoires d’homéopathie au début du 20e siècle, la diffusion gagne le grand public.

 

II. Principes de l’homéopathie

Les semblables sont guéris par les semblables. Similia similibus curentur

Ce principe de Similia similibus curentur fut déjà évoqué par le père de la médecine, Hippocrate, mais dans une perspective toute différente de celle d’Hahnemann. Ce premier principe dit de similitude postule qu’une maladie se guérit par les drogues qui provoqueraient les mêmes symptômes. « Pour guérir une maladie, il faut administrer un remède qui donnerait au malade, s’il était bien portant, la maladie dont il souffre. » Hahnemann affirme que les drogues exaltent « la force vitale » contre des effets analogues. La dynamis, la force vitale, pneuma des Grecs, appelée aujourd’hui énergie cosmique, mental cosmique, ki, tchi, prana, présiderait à la dynamique du vivant qu’il s’agirait de rétablir, grâce aux principes de l’homéopathie.

Hahnemann croyait que la maladie avait pour origine des agents perturbateurs à cette force vitale. Ainsi, il ne voulait pas entendre parler de l’observation clinique des pathologies aboutissant à un diagnostic. Pour lui, les maladies étaient regroupées en des catégories simples de symptômes similaires. La nosologie n’a plus lieu d’être, il faut traiter les symptômes perturbant la force vitale et non pas la pathologie elle-même.

Le principe de dilution

Il s’agit de diluer à des doses infimes la substance qui engendrerait les mêmes effets pathogènes que ceux présentés par le patient, pour redynamiser les capacités d’auto guérison.

Hahnemann n’a jamais pu prouver scientifiquement ce principe, il s’est toujours contenté et satisfait d’observations empiriques, privilégiant sa révélation spirituelle, quant aux déséquilibres entraînant les maladies.

En 1821, Hahnemann avait expérimenté soixante-six remèdes sur lui-même, à tous les dilutions et publia ses observations sa Matière Médicale Pure, en six volumes. Cette expérimentation est impossible pour un seul homme. Il aurait fallu des centaines de cobayes humains pour vérifier l’efficacité réelle de ces produits et ceci en double aveugle, pour pouvoir valider ces recherches, selon des critères objectifs et incontestables.

Voici un exemple de son raisonnement. Comme le café empêche de dormir à forte de dose, il va faire macérer des graines de café, de son nom latin coffea, et cela donne la solution mère. Il prend une goutte de la solution mère qu’il mélange à 99 gouttes d’eau, parfois d’alcool. Cela donne le dosage 1CH (Centésimale Hahnemann). Il prend une goutte de cette solution et le mélange à nouveau dans 99 gouttes d’eau, c’est alors un dosage à 2CH et ainsi de suite. Sur le plan chimique, à la première dilution il n’y plus que 1/100 des molécules (10 puissance -2), ce qui signifie que dès 8 ou 9 CH il n’y a pratiquement plus de molécules du produit initial, ici les graines de café. Hahnemann nommera cette préparation, Coféa 8 ou 9 CH, pour conserver son mystère médical. De fait il ne reste plus que 10 puissance -16 ou -18 molécules de la solution initiale. C’est-à-dire rien. Les granules homéopathiques sont préparées à base d’eau, de sucre de table (saccharose) et de lactose (sucre du lait), sans autre ingrédient. En homéopathie ce rien sucré est censé guérir des insomnies d’endormissement en raison d’afflux de pensée, ou d’une émotion joyeuse, ou encore d’une excitation intellectuelle ; en outre, il peut guérir les troubles du rythme cardiaque qui seraient aggravés par le café… à condition d’en prendre 5 granules au coucher pour l’endormissement ou 5 granules matin et soir pour les troubles cardiaques.

« Plus l’ensemble des symptômes correspond au médicament, plus on emploie de hautes dilutions.[11] »

La dynamisation ou succussion

Pour être bien sûr que la substance première donne tout son dynamis ou son esprit à chaque dilution, le flacon doit être secoué, une fois d’abord, puis deux fois à la seconde dilution et ainsi de suite…

Hahnemann conseillait d’administrer les préparations sous forme liquide juste après les avoir préparées et sans les laisser reposer. Cette succussion n’aurait pas pour but de bien mélanger la solution avant de la diluer à nouveau, mais de produire des chocs sans lesquels les qualités thérapeutiques du remède homéopathique n’apparaitraient pas. Ce procédé qui relève de la pensée magique a été nommé « dynamisation » par Hahnemann. En fait la succussion ne provoque que l’homogénéisation et l’aération de la solution.

Pour les purs homéopathes, plus c’est dilué, plus c’est dynamisé, plus c’est actif… Ainsi les plus hautes dilutions à 30 CH soignent des maux d’ordre psychologique, voire spirituel.

La personnalisation

Les catégories de terrains pathologiques d’Hahnemann reposaient au départ sur les quatre tempéraments décrits par Hippocrate, à savoir, le sanguin, le flegmatique, le nerveux et le bilieux ; auquel il en va ajouter bien d’autres, qu’il va nommer sulfurique, fluorique, carbonique, ayant chacun sa médication propre, sulfur, arsenicum, lacheris, pulsatilla…

La prescription homéopathique est centrée sur la prise du profil du patient, prenant en compte son environnement, ses conditions familiales, ses antécédents, sa situation professionnelle, ses goûts, jusqu’à ses états d’âme… Car la médication homéopathique est censée rétablir la force vitale dans tous les domaines de la vie du patient. Hahnemann interprète ce qu’il croit observer, à la lumière des initiations et de l’illumination reçues, faisant davantage référence à une expérience spirituelle qu’à une observation scientifique.

Cette recherche de comportement, de caractère, d’habitudes peut donner l’impression au patient que l’on s’intéresse vraiment à lui et pas seulement à sa maladie. Cependant, la prescription homéopathique restera dictée par l’interprétation de l’homéopathe se référant aux catégories définies par Hahnemann lui-même.

Le rituel

L’homéopathie se prend rituellement 10 minutes avant les repas ou/et au lever ou au coucher. On les laisser fondre sous la langue, ce qui peut prendre un certain temps chez les patients scrupuleux ! On ne doit pas prendre de menthe. On ne devait pas toucher les granules sous peine de les dé-dynamiser ! Maintenant il est dit que les granules étant bien imprégnés en profondeur, on peut les prendre dans la main !

Remèdes homéopathiques

Les remèdes homéopathiques peuvent être fabriqués à partir de substances chimiques, de plantes, de champignons, d’animaux ou de minéraux, nommées souches, désignées par leur nom latin.

Les remèdes homéopathiques sont généralement présentés sous forme solide ou liquide.

Formes solides : la solution diluée à la CH voulue, et dynamisée, est utilisée pour imprégner les granules, de la taille d’une tête d’allumette, en tube d’environ 80, à prendre 2, 3, 5 ou 10 par prise ou bien les globules de saccharose dix fois plus petits que les granules, présentées en tube contenant une dose unique. Les granules et les globules sont pris par voie sublinguale, c’est-à-dire en les laissant fondre sous la langue.

Formes liquides : en flacon, en ampoules buvables de teintures mères, ou de dilutions de teintures mères, de plantes.

L’homéopathie peut être administrée également sous forme de suppositoires, ovules, collyres, liniments, préparations injectables, onguents et pommades.

Les préparations homéopathiques sont en général en vente libre sans ordonnance, ce qui donne libre cours à l’automédication.

« La mémoire de l’eau »

Le docteur Benveniste de l’INSERM et son équipe ont opéré de nombreuses tentatives pour justifier l’action des hautes dilutions. Il émettait l’hypothèse selon laquelle l’eau pourrait garder les propriétés de substances précédemment diluées, même en l’absence de ces substances sous la forme d’une empreinte électromagnétique de la molécule. Plusieurs articles de Benveniste et ses collaborateurs furent publiés, mais ils suscitèrent immédiatement la critique et la plupart furent réfutés, voire dénoncés par les revues qui les avaient publiés (les protocoles d’expérimentations ont toujours été dénoncés pour des raisons de méthodologie).

En 1986, durant cinq jours, des expériences auront lieu sous l’œil vigilant d’experts. C’est un échec total. Le 28 juillet 1998, le grand hebdomadaire scientifique Nature publie un rapport sous le titre : « Les expériences sur les hautes dilutions sont illusoires », et plus tard il y aura même des accusations de fraude.[12]

Les laboratoires homéopathiques comptaient sur ces recherches pour valider un début d’explication concernant l’efficacité de leur traitement.

III. Les laboratoires Boiron

Le premier laboratoire Boiron naît en 1932, entreprise familiale qui doit son extension à Christian Boiron. Le lobbying du petit laboratoire artisanal, sous l’impulsion de Christian Boiron, fils et neveu des fondateurs, va permettre une progression fulgurante, en finançant les publicités d’hebdomadaires et de périodiques sensibles aux médecines dites douces, et en les inondant d’articles prouvant la soi-disant efficacité de leurs remèdes.

Ainsi en 2017 les laboratoires Boiron, numéro un mondial dans ce secteur, ont un chiffre d’affaires de 617 millions d’euros et emploient 3500 salariés. Ils couvrent 50 pour cent du marché français[13].

Boiron prétend que dans le monde, 400 000 professionnels de santé prescrivent des produits homéopathiques. Une étude Ipsos, commandée par les Laboratoires Boiron, indique que 25 % des généralistes prescriraient de l’homéopathie[14].

Les laboratoires investissent dans la recherche à dose homéopathique 0,5 % de leur chiffre d’affaire, ce qui semble ici, quant aux bénéfices réalisés, d’une efficacité redoutable…

Aux États-Unis, deux class actions de citoyens s’estimant dupés a été déposée contre Boiron pour publicité mensongère: en 2011 et 2012, le groupe a préféré payer 12 millions de dollars aux plaignants pour éteindre l’action plutôt que de devoir démontrer l’efficacité de son produit. En effet, un groupe de consommateurs estimait avoir été floué par les publicités des spécialités Coldcalm et Oscillococcinum. Boiron présentait l’occilococcinum, aux États-Unis, comme un remède contre les symptômes des états grippaux (« flu-like symptoms »).

Les laboratoires Boiron présentent un bénéfice d’au moins 13 % au premier trimestre 2017[15].

Oscillococcinum

Ce médicament emblématique du traitement de la grippe mérite une attention particulière. C’est une préparation à base d’autolysat filtré de foie et de cœur de canard de Barbarie décomposé 40 jours et dynamisé à la 200e K. La dilution K tient son nom korsakovienne du comte russe Simeon Korsakov, contemporain d’Hahnemann. Un même flacon est utilisé pour réaliser les dilutions, en le vidant à chaque fois pour le remplir à nouveau d’eau. Le reste du tube vidé étant suffisant pour la dilution suivante. Il s’agit de bien dynamiser, c’est-à-dire secouer le flacon à chaque opération. On obtient ainsi la 1 K, puis la 2 K, la 3 K et ainsi suite jusqu’à 200K pour l’oscilococcinum, ce qui correspondrait à une dilution à 7CH, dynamisée 20 000 fois, alors qu’une 7CH classique n’a été dynamisée que 700 fois. L’efficacité serait due à l’état vibratoire des molécules d’eau dynamisée, selon Hahnemann ; la préparation aurait reçu l’esprit de la substance première. Les Korsakoviennes, beaucoup plus dynamisées, seraient selon cette logique, porteuses d’une énergie thérapeutique plus élevée ! Effectivement, il faut y croire !

Ce n’est pas Hahnemann qui est à l’origine de l’oscilococcinum, mais Joseph Roy qui au début du 20e siècle prétendit avoir découvert dans le foie de canard de Barbarie, un nouveau microbe qu’il baptisa « oscillocoque ». Cependant il est avéré que ce microbe n’existe pas. Roy attribua à son oscillocoque, l’origine d’autres maladies telles que le cancer, la syphilis, la tuberculose ou encore la rougeole, faisant de son invention une panacée.

Le foie du canard de Barbarie n’a jamais provoqué de symptômes grippaux chez les personnes en bonne santé. Ici, l’homéopathie procède de manière symbolique. Le canard étant réputé résister au froid, chacun sait qu’il peut faire « un froid de canard ». Le petit canard de Barbarie est censé être immunisé d’autant plus fortement contre la grippe. Comme pour d’autres remèdes homéopathiques, nous sommes là, dans une recherche d’ordre symbolique plus que scientifique. Recherche symbolique chère aux sociétés secrètes, qui n’est pas sans efficacité quant aux illuminations provoquées qui infléchissent le rapport au réel et font croire à la toute-puissance personnelle et collective de l’initiation…

Les Laboratoires Boiron n’osent plus faire mention de l’oscillocoque, mais persistent à signaler que l’oscilloccinum se fait à partir d’un autolysat de foie et de cœur de canard. C’est-à-dire d’une chimère.

De plus, l’oscillococcinum comme le sédatif PC… ne respecte pas le principe d’individualisation.

Nux Vomica

Nux Vomica ou noix vomique peut avoir plusieurs indications selon les dilutions, les voici sans commentaire !

« En 4 ou 5 CH, pour les rhumes clairs, les éternuements du matin, les douleurs d’estomac, la digestion paresseuse, les hémorroïdes et la constipation, à raison de trois granules trois fois par jour.

En 7à 9 CH si des troubles du sommeil se rajoutent : difficulté d’endormissement, réveils nocturnes, hypersensibilité générale liée au stress, 5 granules matin et soir.

En 15 CH si en plus je suis irritable, colérique, que je recherche des stimulants, café, tabac, voire alcool, 5 granules le matin.[16] »

J’ai un lumbago violent, je n’arrive pas à me tourner dans mon lit, la douleur me rend irritable, je prendrai Nux Vomica 9 CH, «  granules toutes les quinze minutes en attendant le médecin. [17]»

IV. L’homéopathie se limiterait-elle à un effet placebo ?

En 1985, le ministre des Affaires sociales Française Georgina Dufoix qui croyait dur comme fer en l’homéopathie, favorise une étude sur l’efficacité homéopathique de l’opium et du raphanus (radis noir) dans le rétablissement du transit intestinal après une opération intra-abdominale, auprès de six cents personnes. La participation d’homéopathes fut requise. Les résultats, publiés dans The Lancet en 1988, n’ont montré aucune différence avec le placebo[18].

En janvier 2010 portant sur l’analyse a posteriori d’études avec répartition aléatoire en double aveugle[19] de thérapies homéopathiques classiques (individualisées), l’équipe du docteur Tobias Nuhn cherchait à répondre à la question : l’effet placebo en médecine homéopathique est-il significativement supérieur à celui observé en médecine conventionnelle ? L’analyse de vingt-cinq essais cliniques n’a pas montré d’effet placebo plus important en homéopathie classique qu’en médecine conventionnelle[20].

En 2015, le Conseil national australien pour la santé et la recherche médicale (NHMRC), après avoir passé au crible 225 études contrôlées dans 1800 publications scientifiques sur les effets de l’homéopathie, conclut qu’elle agit au mieux comme un placebo.

Critique scientifique

La majorité des préparations homéopathiques se présentent sous forme de granules. Elles sont imprégnées par la solution dynamisée, puis séchées. Ce processus a pour but de transmettre la valeur thérapeutique de la solution au sucre, qui ne contient plus d’eau après séchage. Le poids et la porosité de ces granules sont soigneusement contrôlés. L’administration se fait par voie buccale et sublinguale.

Il n’y a pas d’explication permettant de comprendre comment les propriétés de la solution pourraient se transmettre aux molécules de sucre, être stockées dans le sucre sec, puis être restituées lors de la dilution dans la salive du patient sous la langue, pour pénétrer via les muqueuses de la bouche dans l’organisme.

À ce sujet, Hahnemann lui-même remarquait dans un opuscule sur le traitement homéopathique de la scarlatine, que la prise de la préparation homéopathique avec du sucre la rendait inefficace :

« En général, il est incroyable combien ce médicament, de même que tout autre, perd de sa force lorsqu’on le fait prendre sur du sucre, par exemple, ou qu’après l’avoir instillé dans une liqueur, on ne remue pas celle-ci. Mais il ne faut pas non plus, après avoir remué la dose, la laisser plusieurs heures sans l’administrer : le véhicule, ainsi tranquille, subit toujours quelque peu de décomposition, ce qui affaiblit ou même détruit les médicaments végétaux mêlés avec lui. »

Les principes de l’homéopathie entrent en contradiction avec les connaissances scientifiques modernes, sur le plan de la physique, de la chimie, de la physiologie ou de la biologie.

Chaque échantillon d’eau présente des traces d’impuretés (naturelles et artificielles). Si les médications homéopathiques diluées à des concentrations infinitésimales ont des effets si importants, l’eau que nous buvons devrait avoir des effets similaires. De plus, les impuretés et contaminations apportées par les excipients (sucre, lactose) et par les équipements utilisés pour leur préparation et leur stockage (contenants de fabrication, machines de production et d’emballage, emballage final) devraient elles aussi avoir leurs effets. La loi de similitude ne s’appliquerait-elle qu’aux ingrédients homéopathiques, alors qu’elle n’a jamais été observée pour toute autre substance, utilisée en médecine conventionnelle ?

D’après la théorie moléculaire de la chimie contemporaine, dite loi d’Avogadro, le nombre de molécules présentes dans quelques dizaines de grammes d’un composé chimique correspond à l’ordre de grandeur du nombre d’Avogadro, soit environ 6,022 x 1023 molécules ; les valeurs de dilution de 12CH et au-delà aboutissent statistiquement à moins d’une molécule active par dose. Dès lors, d’un point de vue chimique, il est impossible que le composé supposément actif exerce une action dans le corps du malade, puisque par définition, aucune réaction chimique ne peut avoir lieu en l’absence de réactif. L’absence relative de « molécule active » constitue un des arguments fondamentaux des opposants à l’homéopathie pour contester la possibilité même théorique d’un effet autre que celui du placebo.

Critique médicale

En septembre 2017, le Conseil scientifique des académies des sciences européennes a publié un rapport dénonçant d’une part l’inutilité de cette méthode alternative par rapport à l’effet placebo, mais aussi :

« la promotion et l’usage de produits homéopathiques posent des risques significatifs. Tout d’abord, en entraînant un délai pour le patient de rechercher des soins médicaux appropriés et basés sur des preuves, ou même d’empêcher les patients d’avoir simplement recours à des soins médicaux... En outre, l’homéopathie soulève des questions relatives au consentement éclairé du patient, dans le cas où des praticiens prescrivent ou recommandent des produits qu’ils savent biologiquement inefficaces. Enfin, les préparations homéopathiques posent également, en raison du manque de contrôle de leur production, des problèmes potentiels de sécurité. [21]»

En mars 2018, une tribune signée par 124 professionnels de santé est publiée dans le Figaro [22] :

« L’Ordre des médecins prend position contre l’homéopathie. Les signataires – aujourd’hui au nombre de 2405, et pas seulement des médecins – y dénonçaient cette pratique jugée «non scientifique», «basée sur des croyances», mais aussi «dangereuse». Ils demandaient en conséquence l’arrêt de son remboursement par l’Assurance maladie. L’Ordre précise également – et c’est la première fois – que la délivrance d’un tel traitement ne peut se faire qu’après avoir «délivré au patient une information loyale, claire, et appropriée». En d’autres termes, le médecin doit prévenir les patients que l’efficacité de l’homéopathie est au mieux équivalente à un placebo, au pire nulle, avant de leur en prescrire. »

Le janvier 2019, le Collège national des généralistes enseignants, principale société scientifique de médecine générale française, publie un communiqué de presse relayé dans le journal Le Monde, très critique contre l’homéopathie, qualifiée de « méthode ésotérique », et appelle à un arrêt du remboursement des médicaments homéopathiques.

Différence entre homéopathie et vaccination

En novembre 2016, l’ANSM (agence nationale de sécurité du médicament) publie un communiqué rappelant qu’aucun médicament homéopathique ne peut être considéré comme un vaccin.[23]

La vaccination reposant sur l’inoculation d’un « mal » à faible dose pour guérir des effets de ce « mal » à forte dose. La nature du produit actif est différente : la vaccination utilise des produits liés à la cause de la maladie (microbes ou virus désactivés ou partie reconnaissable par le système immunitaire) alors que l’homéopathie utilise un produit causant un même symptôme sur le patient.

La vaccination sollicite le système immunitaire à titre préventif alors que l’homéopathie se veut curative.

Le vaccin est appliqué de manière identique, et non de façon adaptée à tel ou tel patient.

Remboursement

En Grande-Bretagne, la British Medical Association a appelé en juin 2010 au déremboursement total des remèdes homéopathiques. Elle a également réclamé que les produits homéopathiques soient retirés de la vente en pharmacies, à moins qu’ils ne soient clairement présentés comme des placebos.

Depuis le 15 novembre 2016, la Federal Trade Commission a émis un rapport obligeant les médicaments homéopathiques à se soumettre à la loi d’étiquetage des produits médicaux : les médicaments homéopathiques dont l’efficacité n’a pas pu être démontrée par des études scientifiques fiables doivent afficher sur leur notice : « Il n’existe aucune preuve scientifique que ce produit est efficace ; les revendications de ce produit sont fondées sur la théorie de l’homéopathie formulée au XVIIIe siècle, qui n’est pas reconnue valide par la plupart des experts médicaux modernes .»

En août 2018, la ministre de la Santé demande à la Haute Autorité de santé de rendre un avis sur l’efficacité de l’homéopathie et sur le bien-fondé de sa prise en charge par l’Assurance-maladie avant fin février 2019.

Enseignement

Les facultés de médecine et de pharmacie n’enseignent pas l’homéopathie et ne délivrent dans ce domaine aucun diplôme. L’ambiguïté vient de ce que des enseignements privés de l’homéopathie sont dispensés dans des locaux loués aux facultés de médecine. L’université de Lille a suspendu les cours au sein de ses locaux et l’université d’Angers les a supprimés.

V. Discernement

Est-ce un hasard si l’homéopathie n’est agissante que sur les troubles fonctionnels et non pas lésionnels, c’est-à-dire pour faire court, les pathologies d’origine psycho somatique ? L’efficacité de l’homéopathie alors ne serait avérée que sur les bien-portants potentiels !

Cependant de nombreux patients demeurent des croyants en l’homéopathie, ses pilules, ses gouttes et autres sirops… Rappelons simplement que l’effet placebo serait capable de guérir dans 20 à 70% des cas, suivant les pathologies.

Contrairement à certaines allégations de milieux intransigeants, l’homéopathie n’est pas diabolique en soi. Elle repose sur des conceptions imaginaires. Si l’on croit à des fantasmes ou des chimères, cela peut avoir des effets concrets. Cependant, si les traitements homéopathiques sont prescrits par médiumnité ou divination à l’aide de pendule ou tout autre type de mancies, il peut y avoir une forme d’allégeance malsaine au prescripteur véreux ou à la force de ses pouvoirs. En ce sens le libre arbitre du patient peut se retrouver sous dépendance, dans un engrenage malsain.

Le Livre de Ben Sira le Sage au chapitre 38, 9-12, nous ouvre les yeux, le cœur et l’intelligence pour un juste discernement selon la Foi et la raison. La Foi tout d’abord, dans l’épreuve de la maladie, il ne faut pas se décourager, mais revenir à l’essentiel. Peut-être que l’expérience de ma fragilité et de ma finitude va me permettre une véritable conversion du cœur et de mes mauvais penchants. Le Siracide m’invite à ne pas me décourager et me tourner vers Dieu. Il m’invite aussi à reconnaître mon péché, ma conduite mauvaise et à y renoncer. Ensuite et seulement ensuite il m’invite à la raison: consulter le médecin qui grâce à sa science rationnelle et sans doute aussi son humanité relationnelle, peut m’aider dans mon épreuve.

« Mon fils, quand tu es malade, ne te décourage pas, mais prie le Seigneur, et lui te guérira.

Renonce à ta conduite mauvaise, agis avec droiture, et, de tout péché, purifie ton cœur.

Offre un encens d’agréable odeur et un mémorial de fleur de farine, présente une offrande généreuse, comme si c’était la dernière.

Puis fais venir le médecin : le Seigneur l’a créé, lui aussi ; qu’il ne s’écarte pas de toi, car tu as besoin de lui. »                                               

                                                                                                Ben Sira le Sage, 38, 9-12.

Bertran Chaudet

Notes

[1] Le père d’Aristote était médecin et s’appelait Nicomaque d’où le titre de son livre Ethique à Nicomaque. Le savoir médical était lié à l’éthique et à la philosophie. La souffrance, la maladie étaient source d’une réflexion sur le sens de la vie et de ses fins dernières. Ceci a été malheureusement bien oublié en médecine aujourd’hui où l’utilitarisme des thérapies prévaut sur toute réflexion. En première année de médecine, l’étude des sciences humaines ne compense pas ce déficit d’approche philosophique sur les grandes questions du sens de la vie. L’homéopathe, qui semble être davantage à l’écoute de questions existentielles, se berce d’illusion et son patient avec, car il s’agit de faire entrer des symptômes préétablis et tous types d’interrogations dans les fourches caudines de la Matière médicale. Le patient entend des questions qu’il ne s’était jamais posées et se persuade de la finesse de l’analyse de l’homéopathe qui a appris une liste hétéroclite de symptômes, qu’il est le seul capable d’interpréter, ainsi que l’initié consultait les augures.

[2] Le livre du pasteur Samuel Richter, Sinceratus Renatus, signe en 1710 un livre qui aura une influence considérable dans l’aristocratie protestante et les milieux intellectuels de Silésie et d’Europe centrale au XVIII° siècle.

[3] Encyclopédie de la Franc-Maçonnerie, Éd. Le livre de Poche, mai 2008, p. 761.

[4] Antoine Faivre, Accès à l’ésotérisme occidental, Paris, Gallimard, 1986, 2 vol.

[5] Jean-Jacques Bedu, Les initiés de l’an mille à nos jours, collection bouquins, Éd. Robert Laffont, janvier 2018, p. 406.

[6] Encyclopédie de la Franc-Maçonnerie. Éd Le livre de Poche, mai 2008, p. 761.

[7] Ib.

[8] Paracelse, d’origine suisse, début du XVIe siècle, alchimiste, astrologue et médecin, met en valeur la spécificité de chaque malade à laquelle correspond un remède qui lui est personnellement adapté, ainsi que la loi de similitude. Il est l’auteur de la célèbre phrase : « Tout est poison, et rien n’est sans poison, seule la dose détermine ce qui n’est pas un poison. » Septum Defensiones, 1538.

[9] Voir article : L’hypnose (1) : une histoire sulfureuse

[10] Article cité Hypnose sur le blog sosdiscernement.org

[11] Dr Véronique Baumann. Homéopathe pratique, Le guide de toute la famille. Éd. Larousse Poche, 2018. p. 16.

[12] Nature du 27 octobre 1988, p. 763.

[13] Mensuel Capital, n° 329, Fév. 2019, p. 42-43.

[14]IPSOS« L’homéopathie fait de plus en plus d’adeptes » sur ipsos.com, 23 février 2012.

[15] Mensuel Capital, n° 329, Fév. 2019, p. 42-43.

[16] Dr Véronique Baumann. Homéopathie pratique, Le guide de toute la famille. Ed Larousse Poche, 2018. p.,16

[17] Dr Véronique Baumann. Homéopathie pratique, Le guide de toute la famille. Ed Larousse Poche, 2018, p. 16.

[18] « The end of homoeopathy », Lancet, vol. 366, n° 9487,‎ 2005, p. 690 (PMID 16125567, DOI 10.1016/S0140-6736(05)67149-8).

[19] Dans un essai en double issue ou double aveugle, non seulement le médicament à tester et le placebo sont présentés de façon identique au patient, mais le médecin prescripteur et ceux qui sont chargés de collationner les résultats ignorent la nature du produit, qui est repérée par un code secret détenu par une autre équipe. En médecine conventionnelle, on l’appelle : essai contrôlé randomisé, où l’on compare généralement le traitement actif à un groupe prenant un placebo. Si les préparations homéopathiques subissaient de tels essais, aucune n’aurait reçu son AMM (Autorisation de Mise sur le Marché).

[20] Obias Nuhn, Rainer Lüdtke et Max Geraedts, « Placebo effect sizes in homeopathic compared to conventional drugs – a systematic review of randomised controlled trials », Homeopathy, vol. 99, n° 1,‎ janvier 2010, p. 76-82.

[21] http://www.academie-sciences.fr/pdf/communique/easac_290917.pdf

[22] Le Figaro.fr Santé Cécile Thibert. Mis à jour le 21/06/2018 à 11:57 publié le 20/06/2018 à 17:55

[23] https://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/L-ANSM-rappelle-qu-aucun-medicament-homeopathique-ne-peut-etre-considere-comme-un-vaccin-contre-la-grippe-Point-d-Information

2 réflexions sur « L’homéopathie »

  1. Merci pour votre article très complet. Les nombreux éléments de discernement me permettent de faire le choix d’abandonner l’homéopathie, sans m’alarmer sur l’usage que j’en faisais il y a encore quelques années pour mes enfants et moi-même.
    Il fut un temps où les patients ressortaient systématiquement du cabinet de leur médecin généraliste avec une ordonnance. Cette attente de produits censés soulager immédiatement tous les symptômes est probablement à abandonner dans un certain nombre d’affection bénignes. Dans ce cas, des mesures d’hygiène de vie simples et une bonne dose de patience suffisent à obtenir une guérison en quelques jours. Encore faut-il accepter d’être, de temps à autre, moins performant pour donner à l’organisme le temps de se rétablir.

  2. Je découvre votre site. J’avais déjà lu une histoire du découvreur de l’homéopathie qui m’avait beaucoup impressionnée. Le problème est que la thérapeutique médicamenteuse actuelle souffre d’une recherche de bénéfices financiers monstrueux et que certaines thérapeutiques ne sont pas du tout prouvées efficaces et/ou anodines, cf les récents scandales pharmaceutiques.
    Les médecins ,dont j’ai été, sont loin d’avoir le temps et/ou les qualités de compassion, d’écoute, de sagesse, de discernement et quelquefois hélas de compétences pour que des médecines parallèles inefficaces, voire plus, se développent. La science positiviste brute est très active ou un humain n’est pas une machine. Un confrère ORL réputé, a dit à mon mari ,en consultation, qui toussait à n’en plus finir depuis plusieurs semaines: « moi, je m’arrête là (en désignant sa pomme d’Adam, le reste ne m’intéresse pas! »……………No comment!

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