PNL : repères pour un discernement pratique et spirituel

Définition de termes selon la PNL

Programmation. C’est la façon dont nous codons nos expériences ou nos processus de décision. La PNL propose de recoder ces processus pour devenir plus performant, moins angoissé, et optimiser tous nos potentiels. Nous pouvons modifier notre programmation selon les résultats que nous voulons obtenir dans un secteur ciblé.

Neuro. Les processus de la pensée sont en lien avec le système neurologique, lequel influence notre physiologie, nos émotions, notre comportement… Il s’agit par des exercices répétés d’agir sur nos capacités et représentations sensorielles, mémorielles et cognitives, pour optimiser nos apprentissages ou nos réactions.

Linguistique. En PNL, la linguistique n’a d’autre objectif que de rendre plus performant l’utilisation des mots pour atteindre ce que nous voulons obtenir.

Naissance de la PNL

Dans l’effervescence des recherches en psychologie des années 1970 sur la côte Ouest des États-Unis, Richard Bandler, mathématicien, étudiant en science de l’information, s’intéresse à l’excellence en communication. Avec le docteur John Grindler, ils étudient le comportement des personnes capables de rentrer en communication avec des sujets particulièrement difficiles à comprendre pour des raisons psychologiques, comme l’autisme, ou physiques, les sourds et muets, ou les accidentés.

Bandler a été fasciné par l’approche de Fritz Perl, fondateur de la gestalt thérapie[1].

Il a également puisé dans les élucubrations de Wilhelm Reich, psychiatre, psychanalyste qui fut élève de Sigmund Freud à Vienne[2].

Bandler s’intéresse également aux techniques d’épanouissement corporel qui fleurissent également à cette époque sur cette côte Ouest des États-Unis, et notamment au Rolfing[3]. Par un massage spécifique et profond des tissus conjonctifs, muscles, fascias, aponévroses, tendons, et une rééducation par le mouvement, il est possible de d’agir sur notre psychisme et notre relation au monde.

Bandler est très influencé par Virginia Satir qui a conceptualisé l’approche systémique en thérapies familiales[4]. Comme Jacques Salomé en France, Virginia Satir pouvait savamment parler des relations conjugales et familiales ayant, l’un et l’autre, vécu plusieurs divorces et expérimenté des relations avec de multiples partenaires !

Enfin, Bandler a très largement puisé dans les recherches sur l’hypnose de Milton Erikson[5].

Son compère Grindler linguiste de formation était polyglotte, capable d’apprendre très rapidement une nouvelle langue. Grindler a élaboré un certain nombre de protocoles d’apprentissage, observant comment procédaient les athlètes les plus compétitifs, ou d’autres personnes ayant atteint des niveaux d’excellence dans leur domaine. La PNL se voulant avant tout pragmatique et performante, s’est trouvée rapidement confrontée et en opposition avec d’autres psychothérapies et avec les psychanalyses.

La PNL vise des améliorations physiques ou de gestes techniques sur le plan sportif et professionnel. La PNL a également pour objectif d’augmenter les performances intellectuelles, relationnelles, et permettre une meilleure gestion du stress. Dans ce domaine elle parle indifféremment de l’esprit ou de l’énergie mentale, ce qui est courant dans le New-Age. Ainsi la PNL conseille des méthodes de méditation dans le but de rendre plus performante notre énergie mentale.

Credo de la PNL

Chacun possède en soi les ressources intérieures nécessaires pour résoudre tous ses problèmes et aboutir à sa fin. Ainsi chacun peut faire l’expérience qu’il est son propre référent n’ayant à rendre de compte qu’à lui-même. Notre esprit a des capacités infinies qu’il faut découvrir et exploiter.

Processus

La PNL procède d’une recherche par essais et erreurs, pour acquérir le meilleur moyen et le plus rapide, d’atteindre un objectif fixé. L’esprit et le corps constituent un système qu’il faut savoir maîtriser par des exercices pratiques pour réactiver toutes nos ressources intérieures.

Quatre piliers de la PNL
  • Le rapport: créer une relation positive avec soi et les autres.
  • La représentation sensorielle : utiliser de manière optimale tous les sens, vue, ouïe, toucher, kinesthésies, sensations, goût, odorat.
  • La pensée en terme de résultat : le résultat seul compte, il s’agit de discipliner notre pensée et notre corps pour obtenir ce que nous voulons.
  • La flexibilité comportementale : faire preuve de souplesse pour changer et obtenir de meilleurs résultats.
Moyens

Les processus d’organisation des maîtres de la PNL partent de l’observation et la reproduction de modèles d’excellence. En divisant les processus d’apprentissage selon une suite logique, Il s’agit de modéliser ou de donner les moyens de « mettre en carte » pour suivre l’itinéraire le plus performant, comme le GPS ou la carte permet de se repérer sur un territoire et d’aller au but par le chemin le plus court. On peut ainsi changer de modèles comme d’une carte ou d’un GPS, quand ils ne nous satisfont plus dans les objectifs que nous voulons atteindre. En changeant nos cadres de représentation du monde, nous pouvons devenir plus performants.

« Tout est possible si vous avez la mentalité et les attitudes pour réussir. »[6]

1. Filtrer la réalité.

Notre relation au monde s’opère par nos sens. Les trois sens principaux sont la vue, l’ouïe, les sensations corporelles ou kinesthésiques dont les initiales forment VAK (Vue, Audition, Kinesthésie) utilisées en PNL. Les sens secondaires sont l’odorat et le goût. L’ensemble des initiales des sens sur lesquels agiront les exercices de PNL étant nommés VAKOG.

Chaque personne privilégie un sens ou plusieurs dans son mode de relation au monde. Ceux qui utilisent préférentiellement la vue pour certains pourront être repérés car ils utiliseront dans leur langage les expressions suivantes : « C’est vu, cela montre, c’est clair …». D’autres seront plus sensibles à ce qu’ils entendent, ils diront : « C’est entendu, même longueur d’onde, mot pour mot … » D’autres encore seront plus kinesthésiques et emploieront : « je ressens, je m’appuie, ça me touche… »

 2. Contrôle de la mémoire.

Il s’agit de gommer les souvenirs négatifs et d’accentuer les souvenirs positifs.

« Comment faire ressurgir et manipuler un souvenir positif afin de vous sentir bien, ou mieux, sur commande.[7] »

Relisons dans notre mémoire, comme si nous re-visionnions des images et des sons filmés à partir d’un caméscope numérique avec en plus les sensations, le goût et l’odorat.

Refaisons ensuite un montage en zoomant sur telle image positive, ou en éliminant les images négatives. Insistons sur les sensations plaisantes. Les souvenirs négatifs sont revisités en prenant de plus en plus de distance par rapport aux sensations négatives vécues, jusqu’à en devenir un observateur extérieur insensible à ce qui s’est produit. Cela permet de transformer ce qui était désagréable, images, voix, sensations pour, soit tourner en ridicule ces perceptions mémorielles, soit les rendre inconsistantes. On procède par associations en mettant en lien des sensations heureuses, ou dissociations en éliminant les sensations douloureuses.

L’objectif étant de se sentir de mieux en mieux avec ses souvenirs. La modification des souvenirs douloureux pourrait ainsi modifier notre présent et optimiser nos relations entachées de peurs qui auraient leur origine dans ces souvenirs.

On peut ainsi modifier ses souvenirs de manière volontaire.

« Le cerveau est une machine qui doit être sollicitée en permanence.[8] »

3. Ancrage

La PNL s’inspire du réflexe conditionné pour élaborer son concept d’ancrage.

Pavlov, en 1904 faisait des expérimentations sur des chiens. Avant de leur donner de la nourriture, il faisait sonner systématiquement une cloche. Assez rapidement il observa, en recueillant la salive, que les chiens assimilaient le son de la cloche avec la récompense de la nourriture. Cette association du son la cloche avec la nourriture, provocant irrémédiablement la sécrétion de salive, devint ce qu’il appela un réflexe conditionné.

Pour la PNL La notion d’ancrage est l’application à l’homme de ce réflexe conditionné.

Marcel Proust dans son œuvre « A la recherche du temps perdu » décrit avec beaucoup de finesse toutes les sensations qu’il éprouve. Dans « Le temps retrouvé » il décrit avec précision, combien l’odeur et le goût des madeleines, lui rappellent dans une présence fulgurante, celles qui lui furent offertes par sa tante des années auparavant. Comme si le temps s’était tout d’un coup contracté. Cette expérience inattendue chez Proust de l’odeur et du goût de la madeleine, a agi comme un réflexe conditionné. Ce réflexe qui va être provoqué en PNL est appelé « ancrage ».

En se remémorant une situation ou l’on était particulièrement bien, en réactivant ce que nous voyions, entendions, sentions à ce moment-là, (VAK), et en insistant selon notre prédominance visuelle, auditive ou kinesthésique, nous y associons une image, un son, un geste appelé ancre. Cet ancre doit être distincte des images, sons ou gestes habituels, il devra être bien spécifique et unique pour être reliée de manière forte à la sensation de bien-être que nous aurons provoquée. Il s’agira de répéter l’exercice, de l’associer à cet ancre pour produire automatiquement le bien-être recherché au moment où nous le voulons. Il faudra ensuite le répéter pour ne pas perdre ce réflexe, cet automatisme.

4. Observation des mouvements des yeux.

Selon l’orientation du regard la PNL prétend savoir par quel mode de pensée le sujet opère.

Le regard en haut à droite serait lié à un imaginaire visuel que la personne serait en train de créer, alors que si les yeux se tournent en haut à gauche, elle visualiserait le passé. L’auditif serait dans un contexte sonore en élaboration, s’il tourne les yeux horizontalement vers la droite et dans sa mémoire sonore s’il tourne les yeux vers la gauche. Enfin s’il tourne les yeux en bas à droite il serait plutôt dans la sensation, alors que s’il tourne le regard en bas à gauche, il se serait dans un dialogue intérieur.

Droite                                                                                               Gauche

Visuel créé                                                                                     visuel évoqué

Auditif créé                                                                                   auditif évoqué

Kinesthésique                                            auditif dans un dialogue intérieur

Aucune étude, pourtant facile à réaliser, n’est venue à ce jour, valider ces déclarations de la PNL, qui demeurent par conséquent, sans fondement scientifique.

5. Comment influencer l’autre sans qu’il s’en rende compte.

La PNL propose, à partir de ce que nous venons de dire, des moyens pour influencer les autres et parvenir à ce que nous désirons qu’ils pensent, disent ou fassent. Il s’agit d’observer celui que l’on veut influencer dans son comportement quand il est en situation de stress, de joie de peine, d’amitié, de rivalité de colère etc. Pour cela il suffit de respecter ce protocole :

  • Écouter ce qu’il dit.
  • Comment il le dit, mots, tics de langage, phrase favorite, repérage de sa prédominance visuelle, auditive, kinesthésique, visuelle, et plus finement de son goût ou de son odorat. Rentrer dans son mode d’appréhension du monde.
  • Son approche des choses est-elle détaillée ou synthétique ? Il faut s’adapter à son approche en la reproduisant.
  • Respirer au même rythme.
  • Essayer de repérer son objectif, ses désirs, ses intentions.
  • Repérer ses gestes, son ton, son rythme, d’élocution pour s’y accorder.
  • Observer ses préférences, ses occupations, sa situation financière, ses relations…

Tout cela doit se faire bien entendu le plus subtilement possible, sans que l’autre ne s’en aperçoive. Il s’agit de se mettre en phase pour mieux convaincre. Sachant qu’il a été prouvé que dans la communication, ce que nous retenons est lié pour 38 pour cent au ton, 55 pour cent aux expressions du visage, aux gestes et aux postures et seulement 7 pour cent aux mots. (Selon les travaux du professeur Mehrabian de l’université de Los Angeles en Californie.)

Quand vous jugez qu’une personne se décide par rapport à des références internes, pour la convaincre il est préférable de lui dire : «  Tu es le seul juge, c’est toi qui décides… » Si la personne est d’avantage tournée vers des éléments externes, pour la convaincre il faudra lui dire : «  Selon les statistiques, les études réalisées, les experts pensent… » Une personne aimant la synthèse trouvera plus convaincant qu’on lui dise : « En un mot, essentiellement, en faisant le tour de la question… » Une personne d’avantage attirée par les détails aimera qu’on lui précise, que l’on distille par le menu tous les éléments. Des personnes orientées vers les similitudes aimeront comparer positivement, comme d’autres plus tournées vers les différences, aimeront pour être convaincues que l’on insiste en disant : «  Au contraire, aucune comparaison » …

La PNL et l’hypnose

Bandler et Grindler se sont inspirés des recherches sur l’hypnose du psychiatre américain Milton Erickson (1901-1980). Alors que les hypnotiseurs étaient très dirigistes, Erickson a apporté plus de souplesse et d’humour. Il induit par des métaphores un climat qui fait entrer le patient en hypnose. L’hypnose ericksonienne a influencé de nombreux courants de psychothérapie moderne : thérapie familiale, thérapie brève, et ce qui nous intéresse, ici la PNL.

Milton Erickson, considère que l’inconscient possède un potentiel puissant capable de trouver les bonnes solutions à toutes sortes de problèmes ou de conflits. Il s’agit par l’hypnose de rentrer en communication et en coopération avec l’inconscient, pour aider à la résolution concrète de ce que nous lui demandons.

Exemples d’exercices permettant de renter dans un état de suggestion provenant de méthodes d’Erickson et qui peut induire des états hypnoïdes :

  • Alliance magique :

Faire un cercle entre la pulpe du pouce et de l’index de la main gauche.

Faire un autre cercle entrant dans le premier avec la pulpe du pouce et de l’index de la main droite.

Penser à quelqu’un que vous aimez et tirer pour rompre les deux cercles.

Penser à quelqu’un que vous détestez.

Une simple suggestion mentale a ainsi des effets physiques incontestables.

  • Le cercle d’excellence :

Et l’on peut aller plus loin.

Visualiser le décor dans lequel on va se trouver, puis imaginer un cercle magique d’environ un mètre au sol, autour de soi. Faire appel à un ancrage, préalablement travaillé, dans un but de réussite particulière. Visualiser les résultats que nous voulons obtenir en stimulant cet ancrage. Répéter l’exercice autant de fois qu’il est nécessaire pour bien rentrer dans ce conditionnement. Le jour j, il suffira de se mettre dans ces conditions pour obtenir les résultats que nous voulons.

Effectivement, ici, nous sommes dans une vision magique qui peut avoir une certaine efficience. Mais elle entraîne celui qui la pratique avec assiduité, dans une illusion de toute puissance, qui le rend progressivement hermétique à la réalité de l’autre et enferme toute liberté dans ce contrôle provoqué.

  • Dissociation association.

Il est proposé également, des exercices de dissociation qui visent à se voir de l’extérieur, comme si l’on se regardait à la télévision. Il faut alors nous imaginer dans des conditions optimales de réussite en stimulant nos capacités visuelles, auditives, kinesthésiques. Puis d’association pour réhabiter notre réalité présente et provoquer ce que nous aurons imaginé pour obtenir les résultats escomptés.

  • Suppression d’un mal au dos.

Voici encore un exercice qui puise dans les méthodes d’hypnose décrites par Erickson :

Imaginez-vous dans une salle de cinéma. Visualisez que vous enlevez votre mal au dos comme on enlève sa chemise et que vous projetez cette image sur l’écran. Réduisez cette projection jusqu’à ce qu’elle prenne la forme d’un ballon de baudruche gonflé à l’hélium. Puis laissez le ballon s’envoler tandis que votre douleur de dos s’estompe. Quand le ballon disparaît, vous n’avez qu’une mémoire lointaine de votre mal au dos.

  • La PNL permet aussi de voyager dans le temps et dans l’espace.

Pensez à un événement vécu. Détendez-vous, respirez calmement. Imaginez-vous en train de flotter au-dessus des nuages. Visualisez une ligne du temps au-dessous de vous et représentez-vous au-dessus. Maintenant replacez l’événement que vous venez de vous rappelez sur cette ligne. Puis revenez à aujourd’hui et redescendez dans votre corps.

Ainsi vous pouvez maîtriser votre histoire, en sélectionnant dans votre mémoire les événements heureux et les rendre plus importants et les événements malheureux et les estomper. Vous pouvez pardonner aux personnes qui auraient pu vous nuire, afin de perdre moins d’énergie à cause de souvenirs obsédants. Vous pouvez faire entrer ces personnes dans une bulle de lumière pour effacer vos ressentiments et aboutir à l’oubli.

Ces mêmes procédés peuvent être utilisés pour diminuer l’anxiété et ce qui en a été à l’origine. Il est possible d’utiliser ces exercices pour bien d’autres choses que nous voulons réaliser.

Compétences prétendues de la PNL

Développement personnel dans tous les domaines physiques, psychologiques et spirituels (selon la définition du spirituel en PNL).

Gestion relationnelle privée et professionnelle en développant des stratégies de négociations.

Performance commerciale, professionnelle et gestion de communication.

 

Critique de la PNL

Sur le plan rationnel

La notion de programmation. Certains de nos comportements sont des automatismes, mais peut-on pour autant les généraliser à l’ensemble de nos comportements ? Cette notion de programmation empruntée à l’informatique présuppose donc une vision extrêmement mécanique et rigide de notre comportement. Nos comportements psychologiques humains sont capables de s’adapter aux circonstances. Cette notion d’adaptation présuppose une souplesse à la fois intellectuelle et cognitive de notre action par rapport à notre environnement. Elle va donc totalement à l’encontre de cette notion de programmation qui suppose une fixité de nos comportements.

Les auteurs, se réclamant maître en PNL, font reposer celle-ci sur des travaux scientifiques concernant les neuro-sciences, la cybernétique, l’informatique, l’analyse des systèmes, ou sur des études en linguistique, en psychologie expérimentale. Si l’on creuse un peu leurs références, l’on s’aperçoit très vite qu’elles ne sont qu’un vernis frelaté. Aucune étude sérieuse ne prouve la justesse des théories de la PNL. Cette méthode, purement empirique fonctionne, comme les techniques des vendeurs d’aspirateur avec le pied dans la porte… On pourra consulter à ce sujet le très intéressant livre : « Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens » écrit par deux vrais chercheurs en psychologie sociale et professeurs d’université, Robert-Vincent Joule et Jean-Louis Beauvois[9]. Ils décrivent par le menu des techniques de manipulation mentale, que l’on retrouve dans la PNL, sous des rubriques comme : stratégies pour influencer les autres, gérer vos relations personnelles ou professionnelles, atteindre des objectifs commerciaux, créer des présentations convaincantes, trouver des solutions qui contentent tout le monde, etc.

Korszysbski , dont ils citent volontiers le nom comme étant un expert en neuro-biologie est un inconnu dans ce domaine de recherche.

Nous avons donné quelques éléments concernant l’interprétation de ce signifierait la position des yeux. Le regard, effectivement très important dans la communication non verbale, ne peut s’enfermer dans cette grille de lecture simpliste et rigide ne reposant sur aucune étude sérieuse.

Le concept de modèle ou de modélisation qu’utilise la PNL est défini de manière floue et ambiguë. Les postulats sur lesquels repose la PNL sont admis sans définition précise et n’ont pas été validés sérieusement.

Il n’y a aucune publication sur la PNL dans des revues professionnelles en psychologie. Par contre le nombre d’articles publiés dans des hebdomadaires ou mensuels tout publics est important. Dans ces publications, moins la méthode est avérée, plus il y a de publicité. Les petites annonces de praticiens ou de formations y sont légion.

Aucune grande école ou université n’a succombé à la séduction de la PNL. Ses prétentions autant mirobolantes que niaises n’ont pas reçu l’assentiment de vrais universitaires ou de professionnels incontestés. Son utilisation de termes ronflants cache un charlatanisme de bonimenteurs de foire. Ainsi le mot programmation que l’on retrouve en informatique n’a rien d’assimilable avec la possibilité de s’auto-programmer. La neuro-linguistique de la PNL n’a absolument rien à voir, avec ce que l’on entend habituellement sous ce vocable en science linguistique.

Effectivement la PNL est d’un bon rapport financier. Sans aucune autre formation quelqu’un peut devenir maître en PNL et pourra à son tour s’installer et avoir des clients. Les résultats seront alors à la hauteur des promesses si ce « maître » a un certain sens commercial. En ces temps de crise, et d’incertitudes, les baratineurs peuvent avoir la part belle.

In fine, les instigateurs de la PNL que sont Bandler et Grindler feraient bien de mettre en application leurs principes d’excellence en communication dans leur propre relation. En effet Bandler qui revendique l’entière invention de la PNL a intenté un procès contre Grindler qui voulait franchiser leur création sous leurs deux noms.

La PNL, méthode thérapeutique ?

La PNL fascine un public peu formé à la démarche scientifique et surtout extrêmement naïf dès lors qu’il est question de « communication », de « développement personnel » ou de « psychologie ».

Certaines personnes n’hésitent pas à se transformer après quelques maigres semaines de formation en psycho praticien[10]. Certaines personnes, n’hésiteront pas à se présenter comme de véritables spécialistes, le faisant croire à leurs patients, à travers des titres ronflants « Maître praticien en PNL ».

Devant une telle ambition, celle de vouloir aider ou, même, soigner autrui, on peut s’interroger non seulement sur la santé et l’équilibre mental de ces praticiens, mais aussi sur le danger qu’ils font courir aux clients qui auront la naïveté d’aller les consulter. Les formations à la PNL sont très chères. Ce coût légitime non seulement le contenu des formations et l’efficacité de la méthode (« si c’est cher, c’est donc que c’est sérieux et que ça marche ») mais aussi le statut des « spécialistes » qui délivrent le contenu de leur (pseudo)-savoir (« si c’est aussi cher, c’est donc qu’on a à faire à de véritables spécialistes »).

Sur le plan moral

La question morale n’est pas abordée par la PNL qui se veut avant tout performante et pragmatique. L’objectif que nous voulons réaliser justifie tous les moyens pour y parvenir, partant du principe que nous manipulons, consciemment ou inconsciemment, en permanence les autres, et que les autres nous manipulent. Nous pouvons parler d’initiation aux exercices de PNL plutôt que de transmission d’un savoir. Quand notre conscience ou nos convictions entravent, selon la PNL, notre volonté de réussite, nous avons la capacité de les remodeler. Cela peut être licite quand il s’agit de modifier notre conviction d’être nul en mathématique, cela le devient moins ou plus du tout quand il s’agit de vendre un produit en manipulant l’autre pour obtenir le résultat voulu. La PNL trouvera cela licite à partir de moment ou nous déterminons que tout le monde est gagnant. Cette règle ne vient pas d’une morale qui nous serait extérieure, mais de ce que nous jugeons par nous-mêmes positif pour tout le monde.

« Si une croyance entrave votre progression, modifiez-la. [11] »

Les croyances peuvent naître comme « un implant dans ton esprit » selon ce que Morpheus dit à Néo dans Matrix, l’un des films film culte du New Age. Le scénario du film « Inception », avec l’acteur Leonardo Di Caprio, est basé également sur cette possibilité d’implanter dans le cerveau une autre séquence mémorielle, qui permet de modifier le cours des événements.

« Choisissez vos croyances avec soin car elles ont tendance à se transformer en prédictions qui se réalisent. »

Ainsi la question pragmatique que la PNL pose est celle-ci : « Quelle intention positive avons-nous vis-à-vis de notre interlocuteur, qu’il s’agisse d’une personne ou d’une entreprise ? Si notre intention est louable et vise à profiter à l’autre partie, nous faisons preuve d’intégrité et nous sommes dans une situation où tout le monde est gagnant. Si ce n’est pas le cas, il s’agit de manipulation. La situation ou tout le monde est gagnant représente la voix du succès. De toute façon, vous n’ignorez pas que tout finit par se payer.[12] »

Cette dernière phrase qui laisse à penser n’est pas sans cynisme. Nous ne saurons pas ce que nous aurons à payer…

Voici ce qu’affirment J.O’Connor et J.Seymour : « Ce que nous croyons, cela peut être la question d’un choix. Tu peux abandonner des opinions qui te limitent et en construire d’autres qui te rendront ta vie plus gaie et plus riche de succès. Les convictions positives te permettront de comprendre ce qui pourrait être vrai et combien de choses tu es capable… Une partie essentielle de l’homme de succès sont les convictions qui permettent d’obtenir ce succès. [13] »

La réalité de la séduction spirituelle et par conséquent du péché est tout simplement oubliée, bien qu’il soit question de spiritualité. C’est une spiritualité laïque qui n’a pas à se référer à une Révélation Biblique. L’angoisse, la culpabilité, les croix qui traversent chacune de nos vies sont à éradiquer quand elles entravent nos performances.

« La PNL ne pose pas la question : Est-ce vrai ? Mais : Est-ce utile ?… La PNL peut être utilisée pour modeler des expériences spirituelles aussi bien dans sa propre vie que dans celle des autres. On dispose de modèles, d’écrits et d’expériences. La PNL aborde la spiritualité du côté de l’expérience individuelle et non de la religion organisée. Elle cherche des similitudes dans la structure des expériences spirituelles indépendamment du fait qu’elles soient chrétiennes, taoïstes, bouddhiques ou bien d’autres… 

Les gens réagissent à leurs propres cartes et non à la réalité comme telle.[14] »

Nous sommes là en pleine idéologie du Nouvel Age !

Bertran Chaudet, 2012

Bibliographie :

Introduction à la PNL, Joseph O’Connor et John Seymour, Ed Vigot, 1995.

Comprendre la PNL, Catherine Cudicio, Ed d’organisations, 1994.

Transformation essentielle, Connirae Andreas, Ed La Tempérance, 1998.

L’éveil de votre puissance intérieure, Anthony Robbins, Ed Du Jour, 1996.

Derrière la magie : la programmation neuro-linguistique, Josiane de Saint Paul et Alain Cayrol, Ed Inter Éditions, 1984.

Influencer avec intégrité, Genie Laborde, Ed InterEditions, 1997.

Choisir sa vie, Josiane de Saint Paul, Ed InterEditions, 1999.

Changer les systèmes de croyance avec la PNL, Robert Dilts, Ed Dunod, 2006.

La PNL pour les nuls, Romilla Ready et Kate Burton, First Éditions décembre 2010.

La communication efficace par la PNL, René de Lassus, Ed Marabout janvier 2011.

Notes

[1] Gestalt veut dire forme en allemand. La gestaltpsychologie soutient que le tout est perçu avant les parties qui le constituent. Ainsi lorsque l’on écoute une mélodie, nous n’avons pas conscience des notes qui la composent, lorsque l’on regarde un tableau, notre première impression n’est pas attirée par la différenciation des couleurs qui le compose. La « forme » correspond à la manière dont les parties sont arrangées dans le tout. La valeur de chaque élément est conditionnée par sa participation à l’ensemble, si on change un élément, l’ensemble peut s’en trouver modifié. Ainsi, si une fonction est changée les fonctions voisines sont modifiées.

[2] Reich était complètement obsédé par le sexe, son engagement en faveur de l’émancipation de la satisfaction sexuelle, (voir son livre «La fonction de l’orgasme») et ses recherches sur l’« énergie d’orgone » lui donne un crédit considérable dans le mouvement hippie. Ses extravagances le conduiront en prison où il terminera sa vie.

[3] Ida Rolf est l’initiatrice du rolfing. Fritz Perl l’invite à venir enseigner sa méthode à l’Institut d’Esalen en Californie. Toutes ces personnes se connaissent et croisent leurs découvertes. Au début des années 70, Ida Rolf fonde dans le Colorado son propre institut, où elle enseigne jusqu’à sa mort en 1979.

[4] La thérapie familiale considère les troubles psychologiques et comportementaux d’un membre d’une famille comme des symptômes du dysfonctionnement de ladite famille. Elle implique donc un traitement du groupe et une participation de tous ses membres.

[5] Milton Hyland Erickson, psychiatre et psychologue américain, a été à l’origine d’un renouvellement de l’hypnose clinique et de thérapie par hypnose. Erickson est convaincu que le patient possède en lui les ressources pour répondre de manière appropriée aux situations qu’il rencontre. Il s’agit de faire en sorte que le patient en soit convaincu pour que sa conviction devienne opérationnelle.

[6] La PNL pour les nuls. p. 20. Romilla Ready et Kate Burton, First Editions décembre 2010.

[7] Ibid., p.40.

[8] Ibid., p.44.

[9] Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens Robert-Vincent Joule et Jean-Louis Beauvois,  Ed PUG juin 2011.

[10]« Depuis la promulgation de la loi n° 2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique, notamment son article 52, modifié par l’article 91 de la loi n° 2009-879 du 21 juillet 2009, portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires, et la publication du décret d’application n° 2010-534 du 20 mai 2010, l’usage du titre de psychothérapeute est réglementé. Cet usage est subordonné à la validation d’une formation à la psychopathologie de 400 heures minimum et d’un stage pratique correspondant à cinq mois effectué dans des conditions prévues à l’article 4 du décret. Or il apparaît que, faute d’être en capacité d’user du titre de psychothérapeute, Ces individus, généralement membres d’organisations, associations ou réseaux n’ayant cessé de s’opposer à la volonté du législateur pendant onze ans, ont entrepris de contourner la loi en faisant valoir que cette dernière ne protège juridiquement que le titre et non l’exercice. En conséquence, selon eux, aucun texte ne l’interdisant, la psychothérapie peut être pratiquée par quiconque le souhaite. Et c’est ainsi que les psychothérapeutes de naguère, autoproclamés ou faussement habilités, ont effacé de leur plaque le mot psychothérapeute pour le remplacer par celui de psychothérapie, certains spécifiant psycho-praticien. De même, dans leur négociation commerciale avec le groupe des Pages Jaunes, ces intervenants ont obtenu l’ouverture d’une rubrique intitulée «Psychothérapie (pratiques hors du cadre réglementé) », qui, dans la version électronique comme dans la version imprimée de l’annuaire, suivra immédiatement celle de «Psychothérapeutes» à l’issue de la période transitoire prévue par le décret. » Extrait du site internet psychothérapie vigilance, psyvg.com.

[11] Ibid., p.73.

[12] La PNL pour les nuls. P 15. Romilla Ready et Kate Burton, First Ed décembre 2010.

[13] Cité dans : Psychologie et Nouvel Age, p. 208 Aleksander Posacki sj, Aditions Bénédictines, décembre 2009.

[14] Id p. 210.

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