Réincarnation : témoignage

Je viens de regarder la vidéo du Père Verlinde sur la réincarnation et cela m’a fait repenser à ce que j’ai vécu dans mon cheminement bouddhiste. 

Lorsque j’ai pris refuge (cérémonie d’entrée) dans la voie bouddhiste, j’ai déclaré ce jour-là et avec toute l’honnêteté frontale qui me caractérise ne pas croire en la réincarnation. Je me souviens avoir lancé cela à la figure de celui qui deviendrait plus tard mon maître spirituel. Il en a ri et m’a assuré que ça n’était pas grave et que ça viendrait. Cela m’a agacée car je ne voyais pas comment il pourrait me faire changer d’avis… Sur ce il a coupé mes cheveux comme l’exige le rituel, a mis ses mains sur ma tête en récitant une prière en tibétain et a passé autour de mon cou un cordon, sorte d’amulette dont il m’a assuré que cela contribuait à faire en sorte que plus jamais la grâce du Bouddha ne me quitterait. Il me donna un nouveau nom, d’après la traduction « lumière du Dharma ».

Peu de temps après, j’ai reçu de ce même lama, ma première initiation. Pendant ce rituel, j’ai été initiée pour la première fois à une divinité du bouddhisme tantrique. J’ignorais à ce moment-là que cette initiation créait un lien avec des esprits. Il s’agit d’invoquer une divinité et de la faire entrer en soi pour qu’elle se fonde en nous. Je n’ai rien compris au contenu de ce rituel parce qu’il était intégralement en tibétain… Je devais répéter des trucs en tibétain mais je ne comprenais rien… Il m’a été conseillé de pratiquer le rituel et d’invoquer cette divinité tous les jours. Je reçus pour cela un livre de rituel en tibétain avec la phonétique en dessous. Il m’encouragea à le faire en tibétain, ce qui se borna pour moi, à une lecture laborieuse en phonétique…

Assez rapidement j’ai commencé à avoir des perceptions médiumniques plus fréquentes (mais je n’ai pas compris que c’était cela). Puis j’ai commencé à être envahie, submergée par des sortes de « souvenirs ». C’était très tenace, très vif. Cela s’imposait à moi. Dans ces « perceptions », je me voyais dans l’Himalaya, j’avais trois enfants dont je pouvais dire les noms. Je m’appelais Dolma. J’étais paysanne et éleveuse. Et le lama était mon père… Pendant un moment je me suis dit que c’était mon imagination exaltée par l’exotisme de cette nouvelle voie spirituelle qui me jouait des tours. Mais plus le temps passait, plus les perceptions devenaient envahissantes, claires, précises et plus je devenais convaincue que c’était des souvenirs réels, peut-être ceux d’une de mes vies antérieures…

Un jour je décide d’en parler au lama qui entre-temps était devenu mon guide spirituel. Il me dit que cela était un souvenir d’une de nos vies antérieures communes. Il alla jusqu’à me donner des détails très précis que j’avais effectivement dans « ces visions/perceptions/souvenirs ». Il m’affirma avoir été dans le lieu de notre vie antérieure et me montra des objets qu’il avait rapportés de ce lieu. Il m’en donna un. Au lieu de comprendre qu’il avait à ce moment-là sans doute lui-même des capacités de médiumnité pour me rendre à ce point transparente et « lire en moi », j’en ai conclu que ça devait être vrai. D’autant plus qu’il me fit faire des « tests ». Il sortit plusieurs objets et me posa des questions dessus pour savoir ceux qui m’avaient appartenu (dans cette soi-disant autre vie) et ceux qui n’étaient pas à moi. Visiblement j’ai répondu juste. Il m’expliqua que cela était extraordinaire et que notre lien spirituel était donc profond et confirmé. Je me suis sentie bizarre, tout semblait un peu irréel : la situation, ses propos, la réincarnation, les tests… Mes repères habituels étaient perturbés. Alors pour continuer à flatter mon ego et mon orgueil, il me proposa même une reconnaissance officielle de notre réincarnation auprès du Dalaï-Lama que j’ai refusé. Je l’ignorais mais j’étais maintenant liée à lui, il avait déjà de l’emprise sur moi et j’étais liée par l’occulte… La réincarnation à laquelle j’avais déclaré ne pas croire était devenue une réalité dans ma vie et était même devenue centrale dans le lien au gourou…

La suite, ce furent d’autres initiations à d’autres divinités et dès que je me rebellais, il me rappelait que « j’étais sa fille dans la vie d’avant »… Il m’ordonnait de lui faire une confiance absolue. Il se mit à me traiter « comme une princesse ». J’avais tous les privilèges. J’étais la seule disciple à manger à côté du maître et à la même hauteur que lui, sur un amas de coussins qui prenait la forme d’un trône. Je devais m’asseoir sur des broderies de soie, j’étais servie en premier. Je ne mangeais que des choses traditionnelles dans sa culture. Il m’emmenait aussi partout avec lui pour m’initier à des pratiques encore nouvelles (notamment les funérailles sur plusieurs jours). J’ai étudié le tibétain pour essayer de comprendre les textes. Devant sa propre famille et lors de grands repas festifs, j’étais présentée comme sa fille d’une vie antérieure. Il me bénissait sans arrêt avec ses mains, me faisait manger ou boire des tas de substances soi-disant sacrées, il me faisait beaucoup de cadeaux sacrés notamment des « substances secrètes » propres au bouddhisme tantrique… Il fallait les manger régulièrement après avoir prié et invoquer les divinités. Il disait que cela était une bénédiction et que ça détruirait mon mauvais karma pour aller vers l’Éveil plus rapidement. J’avais acquis une respectabilité énorme dans le groupe. Je jouissais sans limite de tous ces privilèges. Il me disait que je n’étais pas comme les autres, que mon chemin spirituel me conduirait à l’Éveil de façon sûre. J’étais bouffie d’orgueil…

Évidemment après ce premier temps « d’extase » où j’étais coupée de la réalité de la vraie vie, aveuglée et anesthésiée au niveau du discernement, ce fut la chute dans tous les sens du terme… Les attaques des démons, le développement insensé de la médiumnité, les bruits dans ma maison, la perte de ma santé physique et psychologique, le lama qui me rejette du groupe, me hurle dessus parce que je commence à refuser de me soumettre à tout ça… Puis mon accident (ce jour-là autour de mon cou et bien que j’étais encore bouddhiste, je portais une médaille de la Vierge et du Saint Curé d’Ars pour lequel j’ai un attachement particulier depuis mes 7 ans et un pèlerinage à Ars avec le curé de ma paroisse à cette époque. Cette médaille qui peu de temps avant, alors que j’étais montée en haut d’une montagne dans le jura et assise auprès d’une Croix, me brûla tellement le cou que j’avais dû arrêté de la porter…) avant mon retour à l’église. Cet accident auquel j’ai survécu miraculeusement je l’ai eu au sommet d’une montagne dans les Alpes, à quelques mètres et en contrebas d’une grande Croix blanche magnifique au pied de laquelle je venais de me recueillir un moment…

Je comprends maintenant que le lama utilisait à l’évidence ses pouvoirs occultes pour avoir de l’emprise sur moi. Ce fut à travers ses perceptions car je pense qu’il était médium et aussi à travers les rituels initiatiques et surtout les nombreuses substances liquides et solides, soi-disant sacrées qu’il me faisait manger ou boire et que le prêtre exorciste a qualifié de sorcellerie. Car depuis que je ne consomme plus ces substances, je ne suis plus malade, je ne vomis plus, je ne suis plus affaibli, je n’ai plus mal au ventre et je n’ai plus d’accès de fièvre et de douleurs articulaires… Et j’ai repris du poids. Dire que les médecins m’avaient fait tous les examens possibles et imaginables… Mon ventre gonflait parfois tellement que j’avais l’air enceinte de plusieurs mois. J’en étais réduite à manger que du riz blanc et des légumes vapeur car ils pensaient que j’avais des intolérances digestives ou pire une maladie auto-immune… Mais les examens ne révélaient rien. Pendant plusieurs années, personne n’a pu me soigner. C’est la prière de délivrance qui a mis fin définitivement et radicalement à « cette maladie » et à tout le reste.

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