Le Reiki à la « lumière » de l’initiation selon Guénon. Éléments de discernement

par Bertran Chaudet

Ces propos n’ont aucune prétention à l’exhaustivité, ni à la modélisation d’un système qui serait celui des initiations. Ils visent à une simple mise en parallèle entre certains écrits de Guénon et les stades de l’initiation au Reiki. Ils peuvent cependant permettre d’envisager quelques points de vigilance ou de discernement quant à certaines méthodes à visée thérapeutique, de mieux-être ou de développement personnel.

René Guénon (1886-1951)

D’éducation catholique, René Guénon fut initié dès l’âge de 20 ans dans des loges maçonniques friandes d’occultisme. Il fréquenta l’Ordre martiniste de Papus, la loge Humanidad du Rite National Espagnol, puis le temple I.N.R.I. du rite Swedenborg, entre autres, et parvint au grade 30-90° dans le Rite Memphis-Misraïm. Ces loges étaient en rivalités permanentes, à qui serait le plus grand initié. Guénon se fâcha avec Papus. Oswald Wirth1, le rénovateur du symbolisme maçonnique2, voulut récupérer Guénon… Marius Lepage, éminent maçon lavallois, continuera dans la revue Symbolisme (fondée par Wirth en 1912 et reprise par Lepage de 1930 à 1940) à diffuser la pensée guénonienne qui demeure encore influente dans certaines loges.

Notons au passage l’actualité de la pensée de Guénon et son influence sur deux personnalités :

Xavier Accart, journaliste, écrivain et historien des idées, a étudié à l’EPHE, l’École Pratique des Hautes Études. Il a fait sa thèse sur la réception intellectuelle et littéraire dans les années 1920-1950 de l’œuvre de René Guénon. Il a animé les rubriques Les Essentiels, et les cahiers spirituels de l’hebdomadaire La Vie, puis est, depuis novembre 2011, rédacteur en chef du mensuel Prier. On y perçoit, dans cette multiplicité d’articles, de méditations et de prières, l’influence guénonienne qui se situe au-delà de toute dualité, rendant équivalentes toutes les traditions religieuses, pour peu qu’elles soient dépassables par une tradition primordiale réservée aux initiés.

Frédéric Lenoir, ancien directeur du Monde des religions, auteur de best-sellers sur la spiritualité, dispense une sagesse à la carte, éclectique, mélange de philosophie, de spiritualité et de psychologie des profondeurs. Les titres de deux de ses livres, L’Âme du monde et La Guérison du monde, en disent long sur la démesure de ses ambitions. L’influence de Guénon sur Lenoir est manifeste. Guénon critique la modernité, l’Occident, qui selon lui, après s’être saoulé de religions puis de consommation a perdu la conscience. Lenoir reprend cette idée de consciences, au pluriel, laïcisées où la notion de péché ou de Rédemption par le Christ est écartée. Son idéologie écologique bien-pensante3 tente de convaincre que l’avenir du monde se situe, non pas dans un retour au religieux, mais dans l’épanouissement d’une spiritualité universelle détachée des traditions particulières.

Guénon, nourri dans les loges initiatiques, a toujours une grande influence dans la loge Rose-Croix AMORC, qui est en grande amitié fraternelle avec Frédéric Lenoir.4

Le Reiki sera pris en exemple, mais nous aurions pu prendre bien d’autres types d’initiation, soit à visée thérapeutique, soit de développement personnel, d’acquisition de connaissances supérieures ou de « sagesse », où le secret est de mise. En effet, les différents stades de l’initiation décrits dans le foisonnement des œuvres guénoniennes, et tout spécifiquement dans son livre, Aperçus sur l’initiation, donnent la trame et précisent les niveaux, degrés ou stades traversés par l’impétrant lors de cette « illumination » progressive.

Continuer la lecture de « Le Reiki à la « lumière » de l’initiation selon Guénon. Éléments de discernement »

Réincarnation : témoignage

Je viens de regarder la vidéo du Père Verlinde sur la réincarnation et cela m’a fait repenser à ce que j’ai vécu dans mon cheminement bouddhiste. 

Lorsque j’ai pris refuge (cérémonie d’entrée) dans la voie bouddhiste, j’ai déclaré ce jour-là et avec toute l’honnêteté frontale qui me caractérise ne pas croire en la réincarnation. Je me souviens avoir lancé cela à la figure de celui qui deviendrait plus tard mon maître spirituel. Il en a ri et m’a assuré que ça n’était pas grave et que ça viendrait. Cela m’a agacée car je ne voyais pas comment il pourrait me faire changer d’avis… Sur ce il a coupé mes cheveux comme l’exige le rituel, a mis ses mains sur ma tête en récitant une prière en tibétain et a passé autour de mon cou un cordon, sorte d’amulette dont il m’a assuré que cela contribuait à faire en sorte que plus jamais la grâce du Bouddha ne me quitterait. Il me donna un nouveau nom, d’après la traduction « lumière du Dharma ».

Peu de temps après, j’ai reçu de ce même lama, ma première initiation. Pendant ce rituel, j’ai été initiée pour la première fois à une divinité du bouddhisme tantrique. J’ignorais à ce moment-là que cette initiation créait un lien avec des esprits. Il s’agit d’invoquer une divinité et de la faire entrer en soi pour qu’elle se fonde en nous. Je n’ai rien compris au contenu de ce rituel parce qu’il était intégralement en tibétain… Je devais répéter des trucs en tibétain mais je ne comprenais rien… Il m’a été conseillé de pratiquer le rituel et d’invoquer cette divinité tous les jours. Je reçus pour cela un livre de rituel en tibétain avec la phonétique en dessous. Il m’encouragea à le faire en tibétain, ce qui se borna pour moi, à une lecture laborieuse en phonétique…

Continuer la lecture de « Réincarnation : témoignage »

Mélanges psycho somato spirituels entraînant des dérives

Kinésithérapeute, exerçant en libéral depuis 36 ans, j’ai vu la prolifération de nouvelles thérapies à prétention holistique. C’est-à-dire proposant de guérir toute la personne, toutes les personnes de toutes sortes de maladies. Des stages allant de quelques heures de formation à quelques week-ends permettraient d’acquérir la maîtrise de la méthode, voire la capacité de l’enseigner à d’autres. 

Principaux axes sur lesquels ces « thérapies » reposent pour attirer le client

Un postulat du New Age prétend que : « Aucun être humain n’a jamais utilisé plus de  10% des neurones de son cerveau. »[1]

Il faut donc s’exercer ou s’initier à un épanouissement total de soi.

Certaines nouvelles thérapies  procèdent d’un mélange de connaissances ou de pseudo-connaissances scientifiques et d’une conception du monde inspirée de bouddhisme ou d’hindouisme, voire de l’occultisme.

Ces initiations aux nouvelles thérapies font appel à des notions d’énergie spirituelle qui restent à définir, appelées ki, prana, énergie cosmique, véhicule de lumière divine, esprit d’amour, etc. … Le monde y est perçu comme un vaste système d’énergie. L’homme est traversé par des champs énergétiques qui influenceraient les organes et les systèmes du corps humain, physiquement, psychologiquement et spirituellement. L’esprit ne doit poursuivre aucun but, mais se libérer de toute contrainte pour accéder à un état de béatitude désincarnée.

Les thérapies énergétiques mélangent  les notions et les catégories : ainsi Christ ou Bouddha, peu importe le nom qui est donné à l’incarnation de la perfection la plus élevée. Le patient ou le disciple s’entend dire : « Tu prends conscience que tu es maître de toi-même et de ta vie, pour parvenir à l’auto-guérison ou l’auto-salut par ta propre recherche, comme l’ont réalisé avant toi tous les initiés ; mais pour cela, suis le chemin que l’on t’indique sans raisonner, en développant ton intuition« . Continuer la lecture de « Mélanges psycho somato spirituels entraînant des dérives »