« Ce que tu veux, c’est ce que tu es » : « Gourou » ou la violence invisible de la positivité toxique

Isabelle Barth, Université de Strasbourg

Le comportement du personnage interprété par Pierre Niney dans Gourou reflète-t-il avec exactitude la réalité du coaching ? Ou est-il caricatural ? WY Productions/Ninety Films/Studiocanal/M6 Films/Photographe Jérôme Prébois

Dans Gourou, le nouveau film de Yann Gozlan, Pierre Niney interprète un coach en développement personnel qui pousse les limites trop loin. Si les excès du bien-être méritent d’être critiqués, le coaching, sous certaines conditions, reste un outil qui peut être utile… à condition de ne pas lui demander ce qu’il ne peut pas faire. La croyance en une toute-puissance (de soi, du coach ou du coaching), voilà le danger !

« Ce que tu veux, c’est ce que tu es ! » Dans le film Gourou, ce mantra répété jusqu’à l’épuisement par le public à l’initiative du « gourou » (incarné par Pierre Niney) n’est pas un simple slogan de motivation, c’est le symptôme d’une idéologie dans laquelle nous baignons dans nos sociétés occidentales (c’est un prérequis indispensable de se situer dans ce cadre culturel) : celle qui prétend que la volonté suffit à tout, que le bonheur est un choix individuel, que la souffrance relève d’un défaut personnel.

Le film en fait une ritournelle hypnotique, révélant la face sombre de cette croyance devenue hégémonique : car la réalité est qu’elle culpabilise, elle isole, elle invalide.

Le gourou : une figure moderne de l’emprise

Traditionnellement, le terme « gourou » désigne un maître spirituel (à l’origine dans la religion brahmanique). Mais les sciences sociales ont montré son évolution vers une figure plus ambiguë : celle d’un individu charismatique qui exerce une influence disproportionnée sur un groupe en promettant transformation, sens et salut personnel. Les travaux de Janet Jacobs et de Benjamin Zablocki sur les dynamiques sectaires montrent que le gourou moderne n’a plus besoin de religion : il lui suffit d’un récit séduisant et performatif pour réunir autour de lui une communauté soudée qui croit en sa promesse de réussite totale.

Dans le film Gourou, cette figure est incarnée par un maître du développement personnel qui exige une adhésion sans faille à son credo. Il ne guide pas : il prescrit. Il ne propose pas : il impose. Et surtout, il réduit toute souffrance à un manque de volonté. C’est là que le film touche juste : il montre comment l’emprise peut se construire non par la contrainte, mais par la promesse de bonheur.

Les exemples contemporains abondent. Dans les entreprises, on peut trouver des ateliers de « gestion émotionnelle » proposés à des salariés soumis à des cadences intenables. Sur LinkedIn, des cadres racontent leur burn out comme une « aventure inspirante ». Sur Instagram, des influenceurs affirment que « la maladie est un message de l’Univers ». Dans tous ces cas, la souffrance est requalifiée en défaut de mindset, et la porte de sortie est de rebondir, mais nous ne sommes pas des balles en caoutchouc !

C’est cette dénonciation de la « positivité toxique » qui est, à mon sens, l’angle le plus intéressant et interpellateur du film.

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Pourquoi Jésus n’est pas un gourou…

Sur le site de la Pastorale Nouvelles Croyances et Dérives Sectaires du diocèse de Dijon, voici cet article de Soeur Chantal Sorlin, que vous pouvez consulter, et dont je vous donne la table des matières :

INTRODUCTION

I LES ORIGINES DE JESUS CHRIST

1- JESUS LE NAZAREEN EST FILS D’ABRAHAM

2- JESUS LE NAZAREEN EST FILS DE DIEU

A) JESUS EST LE CHRIST, C’EST-A-DIRE L’OINT DE DIEU, L’ENVOYE, LE MESSIE ATTENDU

B) ENVOYE, JESUS NE TRAVAILLE PAS A SON COMPTE

* Il ne cherche que la gloire du Père

* Il n’est jamais seul et ne se suffit pas à lui-même

* Il se réfère toujours au Père

* Le Père est “la” Source

* Sa nourriture est d’accomplir la volonté du Père

II LES MOYENS EMPLOYES POUR LA MISSION

* LE MAITRE EST SERVITEUR

* LA PETITESSE ET LA MODESTIE, LA DOUCEUR ET L’HUMILITE, LA FAIBLESSE

* LA PAUVRETE ET LE DEPOUILLEMENT

* JESUS NE CIBLE PAS, NE RACOLE PAS

* JESUS EST VERIDIQUE

* IL NE JOUE PAS SUR LA PEUR

* IL NE FAIT PAS DE CHANTAGE

* EN JESUS, POINT DE MISE EN SCENE

* JESUS N’EST PAS UN MAGICIEN

* IL EST DISCRET

* JESUS N’EST PAS UN DEMAGOGUE

* IL NE CHERCHE PAS LA GLOIRE DES HOMMES

* IL REFUSE D’ETRE ROI

* IL OBEIT JUSQU’AU BOUT

* IL DONNE SA VIE ET PROTEGE CELLE DE SES DISCIPLES

* IL PAYE DE SA PERSONNE

* IL PARTAGE SA GLOIRE FILIALE

* CE BERGER EST L’AGNEAU DE DIEU

III LE REGARD SUR LES AUTRES

1- POUR JESUS, CHACUN EST UN FRERE

* LE SALUT EST POUR TOUS

* CHACUN EST UNIQUE ET IRREMPLACABLE

* SA COMMUNAUTE EST PENTECOSTALE

* SON REGARD EST POSITIF, RESPECTUEUX ET NON CULPABILISANT

* JESUS ADMIRE LES AUTRES

* L’HOMME VIVANT ET HEUREUX EST SON SEUL BUT

* IL N’EST QU’AMOUR ET MISERICORDE

* JESUS NE CONDAMNE PAS NI NE JUGE

* JESUS DONNE TOUJOURS SES CHANCES

* JESUS RESPECTE LE RYTHME DE CHACUN

* IL A LE VRAI SOUCI DE L’AUTRE

* IL PROTEGE

* JESUS N’ABANDONNE PAS LES SIENS

* SES DISCIPLES SONT SES AMIS

* LE SACREMENT DU FRERE

2- JESUS RESPECTE LA LIBERTE DE L’HOMME

A) LA LIBERTE RATIONNELLE

* JESUS RESPECTE LA LIBERTE

* JESUS N’IMPOSE RIEN, IL PROPOSE

* DANS LE DIALOGUE ET LE PARTENARIAT

* JESUS EDUQUE ET RESPONSABILISE

* JESUS SUSCITE LA TOLERANCE

* JESUS N’ENFERME PAS

B) LA LIBERTE AFFECTIVE

* JESUS NE CHERCHE PAS A S’ATTACHER LES AUTRES

* JESUS EST CHASTE ET DESINTERESSE

 

IV LA VERITE DE L’OEUVRE

1) LA COHERENCE

* LA COHERENCE DES PAROLES ET DES ACTES

* LA COHERENCE ENTRE L’EXTERIEUR ET LE COEUR

* UN AMOUR UNIVERSEL

* JESUS NE DESINCARNE PAS

* LES FAITS NE CONTREDISENT PAS LES PAROLES

* LA VERIFICATION DU TEMPS

2) LE FRUIT DE VIE

* JESUS EST PASSE EN FAISANT LE BIEN

* QUAND IL GUERIT, IL GUERIT

* UNE OEUVRE DE VIE

* LA BEATITUDE

* LA VRAIE LIBERTE DES FILS

* POUR RASSEMBLER ET NON SEPARER