Héritons‑nous des traumatismes de nos parents ? Pas exactement

Francisco José Esteban Ruiz, Universidad de Jaén


L’ESSENTIEL

  • Selon une idée reçue, les traumatismes pourraient « se transmettre » au sein des familles, d’une génération à une autre.
  • Mais l’hypothèse selon laquelle nous pourrions hériter des souvenirs traumatiques de nos ancêtres n’est pas validée par la science.
  • La recherche explore néanmoins diverses pistes, comme l’épigénétique et le contexte de la grossesse, pour comprendre notre sensibilité au stress.

L’idée selon laquelle les traumatismes « se transmettent » des parents aux enfants est très séduisante. Cependant, à ce jour, les neurosciences n’ont pas démontré que nous héritions de souvenirs de guerres, d’une agression ou d’une perte subie par nos ancêtres, même si certaines études indiquent que la biologie et l’environnement peuvent bel et bien avoir une influence.

D’une manière très générale, ce qui se transmet d’une génération à une autre, ce n’est pas le traumatisme en soi, mais une plus grande sensibilité (ou une adaptation) des systèmes qui régulent la peur et le stress. Cette transmission peut se produire par le biais de la vie familiale, de l’environnement prénatal et, peut-être, de certains mécanismes épigénétiques dont l’importance chez l’humain fait encore l’objet de débats.

De plus, lorsqu’une expérience est à l’origine d’un syndrome de stress post-traumatique, elle n’est pas enregistrée dans une seule et même « zone de la peur », pour ainsi dire.

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Trouble Dissociatif de l’Identité (TDI) : survivre aux violences dans l’enfance

Une série réalisée par MÉTA DE CHOC

Chapitre 1 : Qu’est-ce que le trouble dissociatif de l’identité ? Je me suis rendue dans le Sud de la France pour rencontrer Maïlé, atteinte d’un trouble dissociatif de l’identité, aussi appelé TDI. Elle a tenu à s’exprimer malgré la peur de s’exposer publiquement. Une peur perceptible dans sa voix, et vous comprendrez pourquoi au fil du récit de cette histoire aux multiples facettes. Parce qu’elle fait preuve d’une rare lucidité dans l’analyse de son vécu et de ses mouvements intérieurs, son témoignage est riche d’enseignement pour nous tous•tes. Vous qui allez avoir la chance de l’entendre, je vous demande d’observer le plus grand respect dans vos commentaires sur Internet. C’est important.

Chapitre 2 : Parler ne tue pas. Maïlé nous parle du quotidien des personnes TDI et de ce qui l’amène, elle, à témoigner aujourd’hui.

Chapitre 3 : Ce que l’enfant veut nous dire. Maïlé raconte avec pudeur et prévenance la folie des événements qu’elle a subis dans la secte catholique qui l’a vue naître. Son récit dévoile en filigrane les mécanismes qui ont permis l’impunité de ses bourreaux.

Chapitre 4 : Dans le vortex de l’emprise. Devenue adolescente, Maïlé tente de se rebeller mais le nombre de ses agresseurs augmente. Sa mise sous emprise atteint son paroxysme et la situation semble sans issue.

Chapitre 5 : La puissance de l’autodétermination. Les êtres humains sont complexes et leurs processus cognitifs pleins de surprises. Mon invitée nous raconte le parcours semé d’embûches qui lui a permis de sortir la tête de l’eau. Car oui, au bout du tunnel, il y a un rayon de lumière que la métacognition – la réflexion sur ses propres pensées – va lui permettre de toucher, dans une quête de connaissance d’elle-même et de guérison.

Chapitre 6 : Libérer l’esprit et le corps. Nous entrons dans le détail du processus thérapeutique et des étapes qui permettent progressivement à l’esprit et au corps de se libérer d’un passé traumatique. C’est alors que le beau détrône la laideur et qu’il nous laisse béat•es devant le spectacle de la vie qui reprend ses droits.