Qui peut bien se laisser aller à croire aux extraterrestres ? Ou pire, à penser en avoir déjà aperçu ! Eh bien, Sandrine Kerion, elle, y a cru.
Tout a commencé le jour où elle s’est imaginée avoir vu des soucoupes volantes. C’était dans les années 90, elle était une adolescente un peu paumée, grandissant dans une famille déchirée, un terreau particulièrement fertile pour que la jeune fille sombre dans ces croyances et illusions.
Persuadée d’être une « contactée », une élue chargée par les aliens d’une mission envers l’Humanité, elle sombre peu à peu dans les théories du complot et autres thèses révisionnistes.
D’après l’autrice – qui a pris énormément de recul et s’est beaucoup documentée sur le sujet -, pour en venir à croire à tout et n’importe quoi, il suffit… d’en avoir besoin.
« J’ai vu les soucoupes » est le récit d’une plongée dans la folie douce et l’évocation du contexte tant familial que sociétal qui y a contribué. Mais c’est aussi celui d’une reconstruction et d’un lent retour à la réalité à laquelle l’auteure porte forcément un regard un peu décalé !
Pour votre culture biblique, il y a encore ce verset Ga 6 17. Je porte dans mon corps les marques des souffrances de Jésus. Nous on a l’impression que cela veut dire : « Je porte les marques de la croix ». Saint Paul qui a écrit ce verset, lui pensait d’abord aux tatouages des esclaves. A l’époque de Jésus, le tatouage était une pratique sociale qui permettait de marquer les esclaves. Plutôt que de les marquer au fer rouge, on les tatouait. Cela fait toujours moins mal.
Et saint Paul, le grand saint Paul, reprend à mots couverts le langage du tatouage pour l’appliquer à nous. Nous, chrétiens, ne nous appartenons plus. Vous êtes la propriété du Christ qu’il a racheté par le sang de sa croix. Et que de ce point de vue, votre âme et votre chair a été tatoué du nom de Jésus.
De là, il semblerait que dans la première église, il y ait eu des tatouages chrétiens dès les premiers siècles. Les coptes, en Egypte, portent encore un tatouage en forme de croix au poignet. Parce que dans un pays où vous êtes persécutés, affirmer sa foi avec un tatouage discret mais clair, c’est un vrai témoignage. Alors là, oui !
Lucifer est une série télévisée américaine adaptée du comics de Mike Carey, lui-même dérivé du Sandman de Neil Gaiman. Lucifer Morningstar, le personnage principal, est interprété par Tom Ellis. Lucifer y est présenté comme un ange déchu qui, lassé de devoir garder l’Enfer, vient vivre parmi les humains sur Terre, à Los Angeles.
Ce thème est très foisonnant… On ne peut aborder qu’une infime partie des univers médiatiques à la disposition des jeunes aujourd’hui. Ici, nous nous restreindrons à certains aspects éloquents, tant sur le plan psychologique que spirituel, transmis aux jeunes générations, dans certains livres, films, jeux, musiques.
Il est impossible d’interdire systématiquement aux jeunes l’accès à ce foisonnement de propositions dites « culturelles » qui les ciblent particulièrement. Mais il est du devoir impérieux de tout parent, enseignant ou éducateur d’avoir un regard de vigilance et de discernement sur l’univers dans lequel leurs jeunes baignent.
Et ce n’est pas si simple, parce que bien souvent c’est une histoire en surface (exotérique) pleine de valeurs, de courage, de fidélité, d’amitié, de ténacité qui cache une face cachée (ésotérique) pleine de références à un monde occulte ou magique, en inversion du message chrétien[1].
Pour nous aider dans cette réflexion, j’ai demandé à Bertran Chaudet, diacre et père de famille, de nous guider dans ce dédale en nous faisant visiter certains aspects de cette « culture jeunes » prégnante et omniprésente. Qu’il soit remercié pour ce travail et sa collaboration au site sosdiscernement.org où nous essayons de donner des clés pour mieux comprendre la culture dans laquelle nous vivons.
Dans l’Église catholique, la musique et le chant ont toujours accompagné les offices et les rassemblements religieux. Parfois, jusqu’à devenir prière par le chant de grands hymnes qui ont traversé siècles, comme le Veni Creator. À l’image de l’encens qui s’élève jusqu’aux plus hautes voûtes de la nef, la musique, le chant sont là pour élever les âmes vers le Beau, vers le Sacré, vers Dieu.
Avec la nouvelle évangélisation, nous assistons à des rassemblements,
voire des messes, de jeunes dont les spectacles interrogent. Des
manifestations de foules chauffées à blanc, on hurle, on répète longuement des
slogans, on danse, on saute, on se trémousse, dans des décibels assourdissants,
au milieu de lumières laser qui balaient la scène sans interruption, quand ne
s’ajoutent pas des effets stroboscopiques alternant ombre, lumière,
d’images fulgurantes. Et cela peut durer des heures…
Ce bombardement émotionnel, sensuel, qui va jusqu’à provoquer des
transes est-il compatible avec un cheminement catéchuménal chrétien ?
Il faut, nous dit-on, pour annoncer la foi aux jeunes, les rejoindre dans ce
qu’ils vivent. Jusqu’où ? Pour leur annoncer quelle foi ? Quel
Dieu ?
Ce phénomène et les effets qu’il engendre, existe depuis la nuit des
temps, nous verrons comment il réapparaît aujourd’hui dans la société et dans
l’église…
***
La musique et la transe sont
souvent associées, nous en retrouvons les traces dans toutes les civilisations
premières, dans la Bible, les Grecs nous en ont livré de nombreux témoignages.
Il est curieux de constater que
les mêmes causes produisent les mêmes effets. Les moyens d’amplification
sonores et visuels actuels sont cependant beaucoup plus performants.
La transe désigne un changement
d’état. Transir à l’origine a le même sens que mourir ou trépasser. Transir
s’accompagne souvent d’agitation de convulsion, voire de possession. Le Petit Robert définit la transe comme
étant : « l’état du médium
dépersonnalisé comme si l’esprit étranger s’était substitué à lui. » La
transe comme son nom l’indique est un état transitoire.
Tout d’abord, il s’agit de bien
distinguer transe et extase. La transe est produite par une sur stimulation
sensorielle, en présence le plus souvent de nombreuses personnes dans une
ambiance surchauffée, alors que l’extase est reçue dans le silence,
l’immobilité et la solitude. La transe est souvent suivie d’une amnésie, alors
que les personnes se souviennent de ce qui s’est passé lors de l’extase. L’ethnomusicologue
G. Rouget[1]
distingue d’une part une transe volontaire provoquée activement chez les
chamans, où l’âme voyage dans le monde des esprits et d’autre part, une transe involontaire
passive ou subie, une visite de l’esprit dans le corps d’une personne,
autrement dit une possession que l’on retrouve en Afrique, notamment dans le
culte vaudou.
L’individu en transe donne l’impression que le champ de sa conscience est envahi, qu’il a perdu toute capacité réflexive, qu’il est dans un état d’égarement, qu’il est incapable de faire retour sur lui-même si ce n’est que par une intervention extérieure. On disait des gens en transe qu’ils étaient des énergumènes. C’est-à-dire possédé du démon. En grec energoumenos signifiait : travaillé par un mauvais esprit.