Catégorie : Nouvel Âge
Yoga, chamanisme, sorcellerie… Êtes-vous ouvert aux nouvelles spiritualités
Un article de Damien Karbovnik, sociologue et historien des religions
Fabriquer ses propres croyances pour se distinguer de celles de sa famille, ériger la phrase « prendre du temps pour soi » en nouveau mantra, remplacer la religion par du développement personnel : le monde spirituel est-il devenu un objet de consommation comme les autres ? Pour beaucoup d’individus devenus adultes au tournant de l’an 2000, les conséquences de l’individualisme et du néolibéralisme ont eu aussi un impact sur leur rapport à la spiritualité.
Avez-vous déjà essayé le puppy yoga ou le yoga wine, déclinaisons les plus récentes et les plus branchées d’un yoga sans cesse réinventé ? À moins que vous ne soyez davantage tenté par une « retraite spirituelle laïque » ? Ou alors avez-vous ressenti en vous l’appel de votre « sorcière intérieure » ? Mais peut-être êtes-vous plutôt « appli de méditation » ?
La « révolution spirituelle », constatée dès les années 1990 par les sociologues Paul Heelas et Linda Woodhead, semble plus que jamais en marche et ne cesse de gagner en ampleur.
Dans les librairies, les rayons qui sont dédiés à la spiritualité ne font que croître et absorbent ceux dédiés à la religion, au bien-être, au développement personnel ou même à l’ésotérisme.
Associée à de multiples croyances et pratiques – du chamanisme à l’écologie en passant par la sorcellerie – la notion de « spiritualité » a le vent en poupe et de plus en plus de personnes se définissent grâce à elle, afin de mieux se distinguer de la religion. Que cherche-t-on à exprimer aujourd’hui par ce terme ? Pourquoi l’oppose-t-on à la religion ?
La difficulté à définir la spiritualité se dissipe en partie lorsqu’on la met en rapport avec le contexte de notre modernité tardive, période contemporaine déterminée par l’accélération technologique, notamment, en suivant le philosophe Harmut Rosa. Plus souple que la religion, il convient de comprendre la « spiritualité moderne » comme une multitude de systèmes individualisés, en permanente évolution et animée par une quête de sens et d’épanouissement personnel.
En filigrane, dans ces nouvelles spiritualités, s’observent aussi les conséquences de l’individualisme et du néolibéralisme, autant dans le rapport qu’ont les individus avec que dans l’idéologie qui les anime.
Confidences d’une ex-gourou, Jessica Schab
Jessica Schab, alias Jessica Mystic a contribué à la diffusion de la spiritualité New Age à travers le monde. Aujourd’hui sceptique, elle alerte sur les dangers de croyances qui lui furent pourtant si chères.
Voici l’entrevue filmée d’Elisabeth Feytit avec elle, réalisée à la suite d’une semaine de tournage au Canada pour le film documentaire « Ex-gourou » sur son parcours personnel d’ancienne guide spirituelle.
Ma sortie du New-Age
Julie Rideau
Je parlerai ici de certaines dérives et de l’enfermement que peut représenter le New Age, que je définis comme un ensemble de croyances et de pratiques spirituelles à la mode. Il s’agit de mon regard sur celui-ci, d’après mes expériences et mes observations. Cet article n’est pas exhaustif et n’expose pas une vue d’ensemble, mais c’est une invitation à prendre du recul sur ces concepts et sur l’impact d’une spiritualité qui paradoxalement nous éloignerait plus de l’humain et de la vie et profiterait à certains gourous au passage, si l’on ne fait pas preuve de discernement…
J’ai commencé à chercher des réponses et du sens à ce que je vivais, et la thérapie classique n’étant plus suffisante pour me sortir de mes problématiques, j’ai cherché d’autres réponses. Je pense que là est le souci : à force de chercher toujours plus de réponses, d’explications à notre mal-être, on se perd dans un tas de concepts de plus en plus éloignés de notre réalité et dans une confusion mentale dont il est alors difficile de se dépêtrer. On s’enfonce progressivement dans de nouvelles croyances, cherchant à expliquer, justifier son état d’être, d’une façon psychologique, ou plus spirituelle. Je pense que c’est comme cela que je me suis retrouvée plongée dans le New Age. Et finalement…
« Je pensais être un enfant indigo » : revenue du « New Age », Elisabeth alerte sur les croyances irrationnelles
À 50 ans, Élisabeth Feytit est une créatrice de podcasts comblée. Elle cumule des centaines de milliers d’écoutes par mois grâce à son émission baptisée « Méta de Choc », dans laquelle elle s’interroge notamment sur ce qui pousse les êtres humains vers des croyances parfois totalement infondées. Car elle même a par le passé été enfermée dans des convictions invraisemblables.
Ancienne adepte de la pensée « New Age », elle pensait pouvoir dissoudre les mauvaises énergies avec ses mains, ou encore que l’univers lui envoyait des messages. Aujourd’hui sortie de cette spiritualité, elle invite tout un chacun à réfléchir à ses propres croyances et ce qui les motive.
Élisabeth Feytit raconte son histoire au micro d’Ambre Rosala.
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Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse – Rédacteur en chef : Jules Lavie – Reporter : Ambre Rosala – Production : Raphaël Pueyo, Barbara Gouy et Thibault Lambert – Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon – Musiques : François Clos, Audio Network.

