Le conseil national de l’Ordre des infirmiers vient de prendre une position forte contre « les pratiques non conventionnelles de santé » et les dérives sectaires.Dans un communiqué publié le 18 décembre sur son site, il alerte sur de nombreuses pratiques qui n’ont jamais fait la preuve de leur efficacité et peuvent se révéler « douteuses, voire dangereuses », notamment en exploitant la vulnérabilité et les croyances des patients. Le document rappelle que les infirmiers ont pour mission de pratiquer des soins « fondés sur les données acquises de la science », ne doivent pas « conseiller ni proposer au patient ou à son entourage, comme salutaire ou sans danger, un remède ou un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé » et que « toute pratique de charlatanisme » leur est « interdite ».
Ils gravitent dans l’entourage de certains des plus grands athlètes comme des sportifs amateurs et ont développé leur emprise à la faveur de la crise sanitaire. Mi-conseillers, mi-thérapeutes, qui sont ces nouveaux gourous ?
Crudivorisme, élévation spirituelle, magnétisme… Au-delà de la superstition souvent présente chez les sportifs, les promesses de certains conseillers-thérapeutes peuvent mener à des décisions lourdes de conséquences.
L’Équipe publie un long article d’analyse sur les dérives dans le sport, signé par Thibaut Schepman.
Le nombre de signalements de dérives sectaires a quasiment doublé sur les six dernières années et cette hausse est en bonne partie liée à des agissements dans le milieu de la santé, de l’alimentation et du bien-être.
Le sport, à la croisée de ces mondes, est au cœur de la
tempête, parce qu’il peut conduire à des habitudes nocives et des
situations d’emprises mentales.
C’est l’un des meilleurs marathoniens amateurs français
qui a été happé par des théories extrêmes sur l’alimentation et a fini
par tomber en dénutrition.
C’est Novak Djokovic qui, avant de remporter à
l’US Open son 24e titre du Grand Chelem, a mis en danger sa carrière
mais aussi sa santé et celle des autres au nom de croyances ésotériques.
C’est aussi un thérapeute autoproclamé qui manipule en France de nombreux joueurs de foot pro avec des outils occultes.
Enquête sur ces personnages à l’influence grandissante.
Il
y aurait une énergie particulière, ou une mission secrète dévolue
à chaque pierre, capable d’améliorer bien-être et santé, la
lithothérapie. Le terme lithothérapie vient du grec lithos
pierre et de thérapeuein, soigner.
Cette
croyance dans les « pouvoirs » de certaines pierres
remonte à la Mésopotamie, à l’Egypte ancienne, à la Grèce
antique. Leur couleur, leur éclat ou leur forme permettaient des
analogies symboliques, selon leurs croyances, susceptibles d’être
efficientes.
Le
célèbre médecin Galien (129-201), pourtant père d’une médecine
reposant sur la raison et l’expérience, utilisait certaines
pierres comme le jaspe, qu’il pensait susceptible de guérir de
douleurs d’estomac ou d’œsophage.
Cette pharmacopée, encore marquée par des traditions sans fondements objectivables, fut contestée à la naissance de la chimie au XVIIe s., faisant notamment reculer l’usage des pierres à visées curatives ou thérapeutiques.
Rabelais en 1542, dans Gargantua, se moquait trivialement de
la pseudo vertu des pierres. Dans le chapitre VIII Comment on
vêtit Gargantua :
« Pour la braguette furent levées seize aunes un quart de ce même drap, et fut la forme de celle-ci comme un arc-boutant, bien attaché joyeusement à deux belles boucles d’or, que prenaient deux crochets, à chacun desquels était enchâssée une grosse émeraude de la grosseur d’une pomme d’orange : car, ainsi que le dit Orphée, dans libro De Lapidibus, et Pline, libro ultimo, elle a une vertu érective et réconfortante du membre naturel. » (Ref. : voir note 0)
Depuis
les années 1970, avec les courants de pensée issus du New Age, et
son approche holistique où tout est dans tout et inversement,
l’usage des pierres pour la guérison, appelée désormais
lithothérapie, fut encensé (parfois au sens propre du terme).
Mieux-être, santé, amélioration de ressources cachées,
magnétisme, médiumnité devenaient le possible attribut des
pierres, pour qui savaient…
Aujourd’hui
l’application Tik Tok, les
hashtags # lithothérapie ou crystal
healing en anglais,
proposent des dizaines de milliards
d’occurrences. C’est dire l’ampleur de ce phénomène de
société.
Selon
les explications de lithothérapeutes autoproclamés, chaque pierre
aurait à une vibration spécifique entrant en résonance avec une
partie du corps, une fonction, une émotion, une intention, afin de
réactiver de « ré-harmoniser », ou encore d’atténuer les
effets négatifs. Par prudence, les lithothérapeutes disent que les
pierres n’agissent que sur les troubles fonctionnels (c’est-à-dire
quand l’organe ou la partie du corps n’est pas lésé)
ou émotionnels. Cependant certains
promettent également un effet thérapeutique pour soigner cancers ou
déficiences physiques avérées.
Sainte
Hildegarde de Bingen (1098-1179)
Cette moniale bénédictine allemande, devenue abbesse, est une mystique qui écrivit une œuvre protéiforme, allant de la théologie à la cosmologie, de la « biothérapie » à la diététique, de la composition d’œuvres musicales, à l’architecture. Il faudrait examiner de près ce qu’elle a vraiment écrit elle-même, ce qu’elle a dicté, ce qui a été interprété de ses écrits et ce qui a été inventé plus récemment. Dès après sa mort au XIIè s., elle fut déclarée bienheureuse ; il fallut attendre 2012 pour qu’elle fût canonisée et proclamée Docteure de l’Église par le pape Benoît XVI. Son combat pour la défense de la doctrine catholique, notamment contre les hérésies cathares, repose sur des arguments théologiques très pertinents.
Mais ce qui nous intéresse ici est la fulgurance de ses allégations concernant les vertus de certaines pierres, devenant une référence de premier plan en lithothérapie, et en naturothérapie, non seulement dans la sphère catholique, mais dans tout le monde écolo, bio-compatible… Elle tenait ses « recherches » de quelques croyances de l’époque médiévale et de révélations mystiques. Si ses écrits d’ordre théologique ne sont pas contestables, ses affirmations médicales, physiologiques diététiques ou cosmologiques ne sont pas à prendre comme lettre d’Évangile. Une déclaration officielle des autorités ecclésiales pourrait à cet endroit dissiper les confusions, surtout quand sainte Hildegarde est déclarée Docteure de l’Église. Il y a du tri à faire entre affirmations doctrinales et élucubrations magico-superstitieuses.
Son ouvrage « La Physica, parfois également appelée Liber simplicis medicinae, comporte neuf chapitres consacrés, dans l’ordre, aux plantes, aux éléments, aux arbres, aux pierres, aux poissons, aux oiseaux, aux bêtes sauvages, aux reptiles et aux métaux. La nature apparaît comme une corne d’abondance dans laquelle l’homme n’a qu’à puiser pour bien se nourrir, prévenir et guérir les maladies. »1
« Longtemps anecdotique au sein du vaste panorama des “médecines douces“, la lithothérapie figure aujourd’hui au catalogue des spas les plus prestigieux et a les bonnes grâces d’instagrameuses de tout niveau et de toute nationalité. Sur TikTok, les hashtags #lithotherapie et #crystal healing crèvent le plafond, avec un cumul de dizaines de milliards d’occurrences.
Bref, quel que soit votre âge, la visibilité croissante des pierres guérisseuses ne vous aura sans doute pas échappé.
La citrine, l’améthyste et le jade ne sont plus appréciées simplement pour la beauté envoûtante de leurs formes et de leurs couleurs, elles sont devenues nos partenaires pour une vie saine et épanouie. Détox, sexo, lifestyle et même santé mentale, le pouvoir des pierres semble infini. Il pousse les murs des rayons de la Fnac, fait fleurir des présentoirs jusque sur les aires d’autoroute et alimente les potins du showbiz.
(…) Sommes-nous là face à une simple mode ou la lithothérapie a-t-elle plus de coffre que ce que sa glamourisation à outrance nous en montre ? Dans cet épisode en trois parties, je vous propose de partir à la découverte de ses fondements et de ses applications concrètes, telles que réellement vécues par celles et ceux qui la pratiquent au quotidien. Par-delà les paillettes et les vibrations positives, nous nous aventurerons aussi dans les eaux troubles de ce qui est devenu une véritable industrie. »
Le 8 novembre 2021, à la suite du rapport de la CIASE sur les abus sexuels au sein de l’Église, la Conférence des Évêques de France après de nombreuses consultation de victimes, a créé une Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (INIRR).
La mission de l’instance dont la présidence a été confiée à Marie Derain de Vaucresson, est nouvelle ; tout doit être inventé. Deux ans après, quel est le bilan de cette initiative sans équivalent ? Qui saisit l’instance et comment répond-elle ? Face à l’ampleur du mal fait aux victimes, face aux vies détruites et à ces drames que rien ne peut modifier, a-t-elle trouvé une voie crédible ? Sait-elle accueillir, écouter comme les victimes en ont besoin ? Peut-elle réparer l’irréparable, ou au moins apaiser, consoler un peu ?
En recueillant les paroles de victimes et de personnes engagées dans l’INIRR, ce film, profondément humain, délicat et impartial nous emmène au cœur de ce long processus. Une coproduction KTO/NOMADE production 2023, réalisé par Caroline Puig-Grenetier
L’équipe au travail sur le site sosdiscernement.org souhaite attirer l’attention sur un point.
Dans cette émission, calée sur la minute 34’13, il est dit que » la méthode vraiment phare scientifiquement serait l’EMDR » pour soigner le psycho-trauma.
Cela pose un vrai problème, car l’EMDR (comme la PNL) est une pratique dont il faut se méfier à cause des faux messages qu’elle peut induire.
Les thérapies de la mémoire retrouvée
Il s’agit d’une grande variété de techniques thérapeutiques qui se basent sur trois affirmations :
1- les symptômes actuels du patient sont causés par des expériences traumatisantes, telles que des abus sexuels, subies dans l’enfance 2- les souvenirs de ces événements ne sont pas conscients 3- rendre ce souvenir conscient (ou au moins reconnaître que le traumatisme s’est produit) est essentiel à la réussite du traitement.
Or, dans les remontées concernant les « thérapies de la mémoire retouvée » (TMR), des témoignages de plusieurs victimes, dont certaines font un procès à leur thérapeute, font état de faux souvenirs induits par EMDR.
Qu’est-de que l’EMDR ?
Si vous ignorez ce qu’est l’EMDR, traitement par désensibilisation des mouvements oculaires et retraitement, il y a déjà deux articles sur le site que vous pouvez consulter.
Formulaires de consentement éclairé à faire signer par le patient en thérapie EMDR
Il faut savoir que des documents ont été rédigés par les praticiens américains EMDR. Les procès et les dommages et intérêts versés aux patients mécontents les ont incités à devenir très prudents. On notera que la mise en garde concerne principalement les souvenirs « retrouvés » au cours de la thérapie EMDR.
Vous pouvez télécharger ces deux formulaires; d’origine américaine, textes anglais et français. Lien de téléchargement.
On peut y lire :
Des souvenirs pénibles, non résolus peuvent refaire surface par l’utilisation de la procédure EMDR. Certains clients ont eu des réactions pendant les séances de traitement que ni eux ni le clinicien responsable n’avaient prévu, y compris un fort niveau d’émotion ou de sensations physiques.
À la suite de séances de traitement, la survenue d’incidents / matériels peut continuer, et d’autres rêves, des souvenirs, des flashbacks, des sentiments, etc… peuvent refaire surface.
ou encore :
La psychothérapie et l’EMDR ne peuvent absolument pas faire la différence entre des souvenirs qui sont exacts, déformés ou faux basés sur les seuls récits, et en l’absence de données qui corroborent ces affirmations.
Les personnes avec des conditions limitatives ou conditions médicales spéciales (grossesse, troubles oculaires, etc.) doivent consulter leur médecin avant de participer à cette méthode thérapeutique. Pour certaines personnes cette méthode peut induire, à la suite du traitement, des souvenirs plus aigus, pour d’autres plus confus. Si vous êtes impliqués dans un procès ou devez témoigner, veuillez en parler avec votre thérapeute.
J’ai également été spécialement informé de ce qui suit : (a) Des souvenirs non résolus pénibles pourraient faire surface par l’utilisation de la procédure EMDR. (b) Certains clients ont eu des réactions au cours des séances de traitement que ni eux ni le clinicien traitant n’ont anticipés, y compris un haut niveau de l’émotion ou des sensations physiques. (c) Après la séance de cure, le traitement des incidents ou des matériaux peut se poursuivre et d’autres rêves, souvenirs, réminiscences, sentiments, etc. peuvent refaire surface. Si cela se produit, écrivez-les dans votre journal et amenez-les à la prochaine séance. En outre, vous pouvez m’appeler n’importe quand.Avant de commencer le traitement EMDR, j’ai soigneusement examiné toutes les données ci-dessus. J’ai obtenu tout apport supplémentaire et / ou conseil professionnel que je juge nécessaire ou approprié pour suivre ce traitement.