Gender et mariage homosexuel, revendication légitime ou retour au mythe de l’androgynie ?

L’assemblée nationale a adopté mardi 21 janvier 2014 un amendement supprimant du droit français le terme « en bon père de famille », Cette expression, présente encore dans plus d’une dizaine de textes de loi datait, dans le code civil, de 1804. Cet amendement a été soutenu par l’ensemble des députés EELV au nom de « l’égalité entre les hommes et les femmes, dans tous les aspects, aussi bien humains que sociaux ».

Pour ces députés, l’expression est « discriminatoire vis-à-vis du genre, qui sous-entend que la femme n’est pas capable de gérer ». Ils estiment que ces termes font « l’amalgame entre un lien affectif, éducatif, et la notion de bonne gestion, ce qui n’a rien à voir ».

Les députés dénoncent une expression « désuète » qui rappelle une tradition patriarcale.

Point intéressant, l’égalité aurait voulu que la notion de bon père de famille soit remplacée par la notion de « bon père et bonne mère de famille ». Mais l’amendement proposé a préféré faire disparaître cette notion. Il n’y a donc plus de notion de père, plus de notion mère. Les autres articles de cette loi ne laissent aucun doute : derrière ces arguments pseudo-égalitaires, il s’agit bien d’une nouvelle attaque dont l’objectif est de détruire tout ce qui touche à la famille traditionnelle.

À défaut de pouvoir changer le réel, le législateur essaie de promouvoir « l’égalité des sexes », pour tenter de forcer une société qui ne la réalise pas spontanément. Pour ces gens-là la solution est simple : Si le réel ne correspond pas à leurs fantasmes, il faut changer le réel. « Il faut changer la vie » était déjà le slogan de Mitterrand dans sa campagne de 1981. Ce slogan était tiré d’une saison en enfer de Rimbaud, tout un programme !

Vers un neutre systématique à la place du masculin/féminin ?

On pourrait se demander jusqu’où sont capables d’aller nos députés pour faire disparaître toutes les notions introduisant une quelconque référence à l’homme, la femme, le père ou la mère. Ainsi en février 2013, La députée PS de Paris Sandrine Mazetier s’était déjà élevée contre l’école maternelle, mot jugé sexiste. Elle souhaitait « remplacer maternelle, par un nom neutre […] qui repositionnerait l’école dans son rôle éducatif différent de celui des parents ».

Ce genre de proposition a ainsi trois buts :

– Promouvoir la théorie du genre (indécision, « neutre »)

– Refuser aux parents le droit de contrôler l’éducation que reçoivent leurs enfants (comme cette proposition de loi pour supprimer l’école à la maison)

– Affirmer le droit pour l’état de juger ce qui est bon pour les enfants à la place des parents (« les enfants appartiennent à l’état« )…

Mais d’où vient cette théorie ?

Voici ce que dit Patrice André, Juriste et Essayiste spécialiste en Droit Public

« La théorie du genre aussi appelée études de genre se base sur la dissociation du sexe physique ou biologique de l’orientation sexuelle. Selon cette théorie, l’hétérosexualité n’est pas innée mais est un acquis culturel imposé par l’éducation et par la société dans laquelle on grandit.

Cette théorie prend ses racines dans le féminisme. Simone de Beauvoir affirmait : « on ne naît pas homme ou femme, on le devient ». Elle pensait surtout au rôle subalterne que la société attribue à la femme. La théorie du genre va beaucoup plus loin. Il s’agit d’expliquer aux jeunes que bien qu’ils soient physiquement masculins ou féminins, il leur appartient de définir leur propre orientation sexuelle, elle-même susceptible de varier au cours de la vie.

La théorie du genre (ou gender studies), est née aux États-Unis dans les années 70. Elle postule que le désir érotique est indépendant du genre biologique de l’individu, qui est donc libre de choisir son orientation sexuelle. Ainsi, elle cherche à nier ou relativiser la différence et la complémentarité des sexes. La différence psychique entre homme et femme serait une pure construction sociale. On voit qu’il s’agit avant tout de la question de l’homosexualité, et la théorie est, en effet, promue par les activistes homosexuels, pour lesquels l‘idéal recherché, c’est que l’on puisse se marier avec une autre personne sans se soucier de son sexe biologique. Ils maintiennent que l’identité sexuelle biologique est seulement physique et ne détermine pas le désir sexuel. La traditionnelle complémentarité de l’homme et de la femme est ainsi remplacée par une liberté absolue de l’orientation sexuelle. L’indifférence entre les hétéros, les homos, les bi et les trans devient la norme. C’est le désir qui détermine l’orientation sexuelle, et lui seul. Cela conduit à une nouvelle conception de la personne, libérée non tant de gênantes contraintes morales que du poids insupportable qu’impose la condition physique d’être femme ou homme. »

La théorie du gender attaque les pays occidentaux

Comment se fait-il que cette théorie de gender soit devenue en quelques années un phénomène touchant toute la société occidentale, une véritable culture mainstream, c’est-à-dire, hégémonique s’est imposée, avec des moyens médiatiques financiers et politiques défiants toutes concurrence. Aux USA, Barack Obama tente de court-circuiter l’opposition des états en imposant le mariage homosexuel au niveau fédéral via la Cour Suprême, avec le soutien de nombre de politiciens conservateurs et de multinationales telles qu’Apple, Microsoft ou Goldman Sachs, entre autres. Certaines entreprises américaines menacent même de couper leurs subsides aux ONG et associations qui ne se rangeraient pas sous la bannière du mariage homosexuel. En France, ce ne sont pas, comme nous pouvions l’imaginer, les membres riches et influents du lobby LGBT qui influencent les groupes politiques partisans de la loi sur le mariage entre gens de même sexe, mais l’inverse. Depuis des années, nos gouvernements successifs ont accordé de très généreux subsides au lobby LGBT et porté au pinacle médiatique quelques-uns de ses représentants les plus tapageurs.

Depuis les années 1970, l’univers de la musique de variétés ne cesse d’avoir pour idoles des personnalités d’apparence androgyne : Davis Bowie, Marilyn Manson, Nicolas Sirkis (chanteur du groupe Indochine), Bill Kaulitz (chanteur du GROUPE Tokio Hotel),  Prince, entre de nombreux autres.

Marilyn Manson

Origine mythologique

Le mot Androgyne vient du grec anêr (génitif andros) signifiant “homme” et de gunê “femme”.

Le mythe platonicien de l’androgynie est relaté par le personnage d’Aristophane, dans le Banquet (189c – 193e).

« D’abord il y avait trois genres, chez les hommes, et non pas deux comme aujourd’hui, le masculin et le féminin; un troisième était composé des deux autres…Ils avaient, je l’ai dit, une forme sphérique, et se déplaçaient circulairement, de par leur origine; de là aussi venaient leur force terrible et leur vigueur. Ayant alors conçu de superbes pensées, ils entreprirent contre les dieux, et ce que dit Homère d’Éphialte et d’Otos, que ceux-ci entreprirent de monter jusqu’au ciel pour attaquer les divins, on le dit aussi d’eux.».

Dans cette mythologie, au commencement, les êtres humains étaient doubles : mâle/mâle, femelle/femelle et l’androgyne formé de l’un et de l’autre. Ayant provoqué la colère des dieux, s’alarmant de leur potentiel, ils furent punis par Zeus qui les sépara chacun en deux moitiés. Ne ressentant pas d’altérité et par conséquent de manque et finalement de fragilité, ils ont l’illusion de la toute puissance et s’attaquent aux dieux. Ils sont « comme des dieux » pour reprendre l’invitation du serpent de la Genèse 3,5. Ainsi chaque moitié recherchant l’autre, s’enlace avec elle, s’embrasse et meurt triste, ne pouvant se réunir. Si les choses devaient rester ainsi, les humains mourraient. Or Zeus, pour toujours avoir l’amour de son sujet, remet les organes génitaux sur le devant, formant les êtres humains actuels. Ce mythe explique donc le phénomène amoureux et sa recherche.

Origine ésotérique et occulte

Balzac a réalisé son roman Séraphîta à partir d’un personnage androgyne directement issu des théories de Swedenborg[1].

Dans un château de Norvège situé près du fjord Stromfjord, Séraphitüs, un être étrange et mélancolique, semble cacher un terrible secret. Il aime Minna et il est aimé d’elle, qui voit en lui un homme. Mais Séraphitus est aussi aimé par Wilfrid, qui le considère comme une femme (Séraphîta). En réalité, Séraphitus-Séraphita est un parfait androgyne, né de parents acquis à la doctrine de Swedenborg qui vise à transcender la condition humaine et dont Séraphitus-Séraphita est l’exemple parfait. Immensément érudit, doué de facultés mentales dépassant le commun des mortels, il mène une vie solitaire et contemplative. Mais cet être quasi céleste rêve de connaître l’amour parfait, celui qui consiste à aimer conjointement deux êtres de sexes opposés. Finalement, sous les yeux effarés de Minna et Wilfrid, l’être total se transforme en séraphin et monte au ciel.

Androgynie et alchimie

Nous retrouvons dans les principes alchimiques cet être total, cet être pleinement initié qui dépasse toute dualité, toute loi morale, accomplissant la promesse du serpent « Le serpent dit à la femme : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas ! Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. » Gen 3, 4-5[2].

Le serpent nous l’avons vu dans « initiation maçonnique initiation chrétienne » (sur ce même site) est considéré par les initiés comme celui qui permet d’atteindre le sommet de la connaissance.

Dans le film de Mel Gibson « La passion » Satan le tentateur est représenté par un être androgyne qui prend des attitudes de serpent.

Nous sommes donc dans un combat qui traverse l’histoire de l’humanité. D’un côté obéir à Dieu et à ses commandements et entrer dans une filiation qui conduit à la béatitude éternelle, de l’autre gagner la connaissance suprême en transgressant toutes les règles, en se situant au-delà du bien et du mal, et se croire dieu.

La figure symbolique ci-dessus s’appelle le REBIS – de Res Bina (nature double), est publiée par Basile Valentin (Adepte Rose+Croix) dans le Traité de l’Azoth (1659) puis reprise sans cesse depuis. Elle représente dans la symbolique alchimique le mercure double, l’androgyne, l’hermaphrodite. Elle représente l’œuf philosophique et l’œuf cosmique dont la séparation en 2 correspond à la manifestation par polarisation de l’Unité première.

Ce rebis représente un personnage couronné de deux têtes, l’une masculine l’autre féminine. Dans la mythologie grecque le mâle tirait son origine du soleil, la femme de la terre et l’espèce mixte de la lune. Un oiseau, symbolisant le Principe immuable par rapport à la manifestation mouvante, se tient immobile en bas à droite. La main droite tient un vase d’où émergent trois serpents. Le serpent central symbolise l’axe vertical ou « Axe du monde » autour duquel s’enroulent en sens inverse les deux énergies de la force comiques : le ying et le yang. La lune sur laquelle se tient l’Androgyne, indique sa domination sur les eaux inférieures caractéristiques du monde de la dualité. L’arbre qu’il tient sa droite décrit les sept degré de l’initiation hermétique. Les six premiers représentent des visages hommes et femmes disposés de part et d’autre du tronc, car ils sont encore dans la dualité. La connaissance suprême est symbolisée par le soleil au sommet de l’arbre, qui indique que l’initié a réintégré l’unité primordiale.

Nous retrouvons la même perspective dans les sept tomes de Harry Potter de Rowling symbolisant les sept phases de l’opération alchimique. Il s’agit aussi d’une initiation sexuelle derrière les images évoquées. C’est la même symbolique avec l’androgyne debout sur le dragon, maîtrisant ainsi les forces de la nature et tenant de sa main gauche l’équerre et de sa droite le compas, symbolisant l’homme initié, réalisé, de la franc-maçonnerie.

Dans la tradition alchimique, l’androgyne est un moment dans un processus. L’alchimie n’est pas seulement un « art de fabriquer de l’or » exercé par des « charlatans ». C est aussi une spéculation à caractère ésotérique visant à faire de l’homme un dieu sans Dieu. Pour les alchimistes, « androgynie » et « pierre philosophale » sont deux notions similaires, en cela qu’elles expriment un principe d’unité, le principe premier dont tout le reste est alors extrait, l’alpha et l’oméga en quelque sorte.

C’est d’ailleurs cet aspect d’unification de principes fondamentalement opposés qui semble être l’aspect essentiel de ce concept d’androgyne divin. L’androgyne porte en lui la force nécessaire pour tenir l’équilibre du monde, car il maintient les opposés en son sein.

« Il existe dans la nature une force au moyen de laquelle un seul homme, qui pourrait s’en emparer et saurait la diriger, bouleverserait et changerait la face du monde. Cette force était connue des Anciens : elle est ce que les adeptes du Moyen Âge appelaient la matière première du grand œuvre. Les gnostiques en faisaient le corps igné du Saint-Esprit, et c’est lui qu’on adorait dans les rites secrets du sabbat et du temple, sous la figure hiéroglyphique de Baphomet ou du bouc androgyne de Mendès.

Cet agent universel pénètre toute chose ; il est un rayon détaché de la gloire du soleil… ; le corps du Saint-Esprit, que les Anciens ont représenté sous la figure du serpent qui se mord la queue ; l’éther électromagnétique, le calorique vital et lumineux, figuré par les anciens monuments par la ceinture d’Isis.[3] » Nous sommes là dans des inversions d’une perfidie inouïe. Cette science de l’occulte permettrait à l’adepte de se servir de cet agent universel ou de cette énergie divine pour acquérir : « l’omniscience et omnipotence de l’esprit et de son contrôle sur les forces de la nature. [4] »

« Savoir s’emparer de cet agent, c’est être dépositaire de la puissance même de Dieu ; toute la magie réelle, affective, toute la vraie puissance occulte est là, et tous les livres de la vraie science n’ont d’autre but que de le démontrer. [5] »

Voici un extrait d’une planche réalisée par une sœur franc-maçonne sur l’androgynie :

« Comprendre la notion d’androgynat, c’est tout d’abord ACCEPTER que l’androgyne est en chacun de nous, plus ou moins caché dernière les conventions, l’éducation, les identifications multiples de l’existence. Accepter de voir clair en soi, de voir ses côtés féminins et masculins pas forcements très positifs peut s’apparenter à l’œuvre au noir. C’est le moment où l’âme est face à elle-même, à ses démons intérieurs. Si nous choisissions l’androgyne c’est pour aller plus loin, dépasser les oppositions et envisager une ère où nous pourrions penser autrement nos différences pour une nouvelle société. J’ai dit. »

Dans la série des sept livres des aventures d’Harry Potter, il est révélé dans le dernier tome que Dumbledore le plus grand mage référent de la plus grande initiation aux forces magiques, n’est pas simplement homosexuel mais bisexuel, c’est-à-dire un androgyne représentant parfait de ce Rébis alchimique.

Comme le dit l’adage codé : Le mâle devient femelle et la femelle devient mâle pour former l’androgyne hermétique. Ainsi le travail initiatique a pour but de permettre à l’adepte de réaliser l’intégration des contraires, ou des polarités opposés, il n’a plus ainsi besoin d’altérité, il devient lui-même comme dieu.

Cette conception d’un dieu bisexué et androgyne que l’on retrouve en Égypte ou d’autres civilisations anciennes et dans les différentes gnoses est étrangère à la Révélation de Dieu dans les Écritures Saintes, Ancien et Nouveau Testament.

Genèse chapitre 1, 26 

Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance… 2, 23 L’homme dit alors : « Cette fois-ci, voilà l’os de mes os et la chair de ma chair ! On l’appellera femme – Isha –, elle qui fut tirée de l’homme – Ish. »

Ish, l’homme et Isha, la femme. En hébreu Ish est composé de trois lettres aleph, yod, et shin, et Isha est composé de trois lettres Aleph, shin, et Hé. Aleph et shin sont les lettres communes à l’homme et la femme. Les deux lettres spécifiques sont yod pour l’homme et hé pour la femme. Or le nom même de Dieu révélé à Moïse dans l’épisode du Buisson ardent est le tétragramme, yod hé wav hé. Le nom de Dieu est formé de deux lettres qui sont spécifiques à l’homme, le yod et à la femme le hé. L’homme et la femme dans leur spécificité, leur identité propre ont été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu. Cette altérité irréductible, les rend mystère l’un pour l’autre, mais le respect même de cette altérité les ouvre à un mystère plus grand celui de l’Altérité de Dieu. L’autre dans sa réalité sexuée que nous avons le devoir de respecter pour mieux nous respecter nous-mêmes et finalement respecter l’infini de Dieu est volontairement niée dans la haute initiation.

Cette négation de la spécificité de l’homme avec le yod et de la femme avec le hé, donne en hébreu le mot esh composé des deux lettres restantes, aleph et shin, qui n’est rien d’autre que le feu. Le feu qui anéantit tout, le feu qui brûle et consume jusqu’au néant. Feu que nous retrouvons au chapitre Genèse 19, 1-28. « Quand le Seigneur fit tomber du ciel sur Sodome et Gomorrhe une pluie de soufre et de feu venant du Seigneur. »

Le constat qui est posé dans cet épisode de Sodome repose sur le sort que l’on réserve à l’étranger à celui qui est autre. « Où sont les hommes qui sont venus chez toi cette nuit ? Amène-les : nous voulons nous unir à eux… Mais à ces hommes ne faites rien : ils sont venus s’abriter sous mon toit. Ils répliquèrent : « Ôte-toi de là ! » Et ils ajoutèrent : « Lui, le seul étranger, il voudrait juger ! À toi, nous ferons plus de mal qu’à eux ! » » C’est là non seulement un refus de la plus élémentaire hospitalité, mais de plus une volonté de jouir de l’autre comme d’un objet. Finalement à Sodome, il y a un refus de respecter l’autre en tant que tel en tant qu’étranger et en temps qu’ayant une identité sexuée. Et ce refus d’accueillir ce mystère d’altérité débouche par l’anéantissement par le feu. Le refus de la différence, du mystère de l’autre entraîne son propre anéantissement.

Nous laisserons la parole pour conclure, à cette lettre de Jude qui est la dernière lettre du Nouveau Testament avant l’Apocalypse. Elle a le mérite d’être claire et précise. Elle est loin d’être politiquement correcte. Nos politiciens censeurs pourraient la condamner en justice au motif d’homophobie. Des passages entiers de la Bible pourraient ainsi être expurgés. Quelques théologiens soucieux d’être en adéquation avec l’esprit du temps pourront prétendre qu’il faut replacer cela dans le contexte et le milieu de l’époque, taxant de fondamentaliste ou d’esprit simple ceux qui s’attachent à ce que dit réellement le texte. La conclusion de la lettre est pleine de mansuétude et dit la pédagogie à adopter.

Lettre de saint Jude – Chapitre 1, 1-25

Jude serviteur de Jésus-Christ et frère de Jacques, aux appelés qui sont aimés de Dieu le Père et gardés pour Jésus Christ : Que la miséricorde, la paix et l’amour vous soient accordés en abondance. Bien-aimés, j’avais la ferme intention de vous écrire au sujet du salut qui nous est commun ; or me voici dans l’obligation de le faire pour vous exhorter à combattre pour la foi qui a été transmise aux fidèles une fois pour toutes.

Car il s’est infiltré parmi vous des individus, qui sont marqués depuis longtemps en vue de ce jugement, des impies qui tournent la grâce de notre Dieu en prétexte à la débauche, et qui renient notre seul maître et Seigneur, Jésus Christ.

Bien que vous sachiez déjà tout cela, je veux néanmoins vous le rappeler : le Seigneur, qui avait sauvé une fois pour toutes son peuple en le faisant sortir du pays d’Égypte, a pourtant supprimé ensuite ceux qui ont refusé de croire ; quant aux anges qui n’ont pas gardé la dignité de leur rang, mais ont quitté la demeure qui était la leur, le Seigneur les maintient enchaînés à perpétuité dans les ténèbres en vue du jugement du grand jour ;

Il en va de même pour Sodome et Gomorrhe et les villes d’alentour : elles s’étaient livrées à la prostitution d’une manière semblable à ces anges-là et elles étaient allées avec des êtres d’une autre nature ; elles sont soumises pour l’exemple au châtiment du feu éternel. Et pourtant, ces coureurs de songes font la même chose : ils souillent la chair, ils méprisent la seigneurie de Dieu, ils outragent les anges appelés « Gloires ».

Or l’archange Michel, discutant avec le démon dans la querelle au sujet du corps de Moïse, n’osa pas porter contre lui un jugement qui l’outrage ; il lui dit seulement : Que le Seigneur te blâme !

Eux, au contraire, tout ce qu’ils ne connaissent pas, ils l’outragent ; et tout ce qu’ils savent les corrompt, car ils ne le saisissent que par l’instinct, comme des bêtes privées de raison.

Malheureux sont-ils ! Ils sont partis sur le chemin de Caïn ; pour un salaire, ils se sont laissés emporter par l’égarement de Balaam ; ils ont péri par la même révolte que Coré.

Ces individus sont une souillure pour vos repas fraternels, ils font bombance sans pudeur, ils ne se préoccupent que d’eux-mêmes : nuages sans eau emportés par le vent ; arbres de fin d’automne sans fruits, deux fois morts, déracinés ; flots sauvages de la mer, crachant l’écume de leur propre honte ; astres errants, pour lesquels est réservée à jamais l’obscurité des ténèbres.

C’est encore contre eux qu’a prophétisé Hénok, le septième patriarche depuis Adam, qui disait : Voici que le Seigneur est venu avec ses saints anges par myriades pour exercer le jugement universel et accuser toutes les âmes pour tous les actes d’impiété qu’elles ont commis, et pour toutes les paroles intolérables que les pécheurs impies ont prononcées contre lui.

Ce sont des gens qui récriminent, qui protestent contre leur sort, qui marchent au gré de leurs convoitises ; leur bouche dit des énormités, ils n’ont d’égard pour les personnes qu’en fonction de leur intérêt.

Mais vous, bien-aimés, souvenez-vous des paroles dites à l’avance par les Apôtres de notre Seigneur Jésus Christ. Ils vous disaient en effet qu’aux derniers temps, il y aura des moqueurs qui iront au gré de leurs convoitises impies. Ce sont des fauteurs de divisions, menés par l’instinct, ils ne possèdent pas l’Esprit. Mais vous, bien-aimés, construisez votre vie sur votre foi très sainte, priez dans l’Esprit Saint, gardez-vous dans l’amour de Dieu, attendant la miséricorde de notre Seigneur Jésus Christ en vue de la vie éternelle.

Ceux qui sont hésitants, prenez-les en pitié ; d’autres, sauvez-les en les arrachant au feu ; d’autres enfin, prenez-les aussi en pitié, mais avec crainte, en détestant jusqu’au vêtement souillé par leur chair. À Celui qui peut vous préserver de la chute et vous faire tenir debout, irréprochables et pleins d’allégresse, en présence de sa gloire, au Dieu unique, notre Sauveur, par notre Seigneur Jésus Christ, gloire, majesté, souveraineté, pouvoir, avant tous les siècles, maintenant et pour tous les siècles. Amen.

Bertran Chaudet, février 2013

Notes

[1] Emanuel Swedenborg (1688-1772). Né à Stockholm ce scientifique polyglotte et touche à tout, commence à ressentir des illuminations mystiques à partir de 1736. En 1743, Il communique avec le monde des esprits et acquièrent des dons de voyance. Il est considéré comme un grand initié dans le monde des sciences occulte.

[2] Genèse chapitre 3, 1-15. Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que le Seigneur Dieu avait faits. Il dit à la femme : « Alors, Dieu vous a vraiment dit : “Vous ne mangerez d’aucun arbre du jardin? »  La femme répondit au serpent : « Nous mangeons les fruits des arbres du jardin. Mais, pour le fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : “Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sinon vous mourrez.” »  Le serpent dit à la femme : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas !  Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal.  La femme s’aperçut que le fruit de l’arbre devait être savoureux, qu’il était agréable à regarder et qu’il était désirable, cet arbre, puisqu’il donnait l’intelligence. Elle prit de son fruit, et en mangea. Elle en donna aussi à son mari, et il en mangea. Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils se rendirent compte qu’ils étaient nus. Ils attachèrent les unes aux autres des feuilles de figuier, et ils s’en firent des pagnes. Ils entendirent la voix du Seigneur Dieu qui se promenait dans le jardin à la brise du jour. L’homme et sa femme allèrent se cacher aux regards du Seigneur Dieu parmi les arbres du jardin. Le Seigneur Dieu appela l’homme et lui dit : « Où es-tu donc ? »  Il répondit : « J’ai entendu ta voix dans le jardin, j’ai pris peur parce que je suis nu, et je me suis caché. »  Le Seigneur reprit : « Qui donc t’a dit que tu étais nu ? Aurais-tu mangé de l’arbre dont je t’avais interdit de manger ? »  L’homme répondit : « La femme que tu m’as donnée, c’est elle qui m’a donné du fruit de l’arbre, et j’en ai mangé. » Le Seigneur Dieu dit à la femme : « Qu’as-tu fait là ? » La femme répondit : « Le serpent m’a trompée, et j’ai mangé. »  Alors le Seigneur Dieu dit au serpent : « Parce que tu as fait cela, tu seras maudit parmi tous les animaux et toutes les bêtes des champs. Tu ramperas sur le ventre et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie. Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon. »

[3] Eliphas Lévi, Dogme de la haute magie, Robert Laffont, Paris, 2000, p. 43-64.

[4] Helena Blavatsky, Isis dévoilée, IV, Adyar, Paris, 1976. p.263.

[5] Eliphas Lévi, Dogme de la haute magie, Robert Laffont, Paris, 2000, p. 43-64.

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