Nouvel Age — 2. Les énergies

L’importance de concevoir l’énergie

L’essentiel est de croire aussi à l’invisible, parce que tout le monde comprend et accepte facilement le visible, et même dans le credo du catholicisme nous parlons de croire au monde visible et invisible. Dans le Nouvel Age, on propose de prendre en compte des énergies qui ne sont pas visibles, ni mesurables et quantifiables ; on oriente vers la compréhension et la manipulation des énergies subtiles qui peuvent soit nous aider à trouver le chemin vers le spirituel ou sacré, soit nous perdre et nous conduire aux extrêmes de la souffrance humaine marquée par le matérialisme et l’attachement aux plaisirs charnels et banals. L’Âge du Verseau suggère un éveil de la conscience qui nous permet de réaliser que nous habitons une planète au sein d’un univers qui vibre sans cesse, et en arrière-plan, de faire circuler une foule de manifestations de Dieu que nos yeux ne voient pas.

Un monde invisible

Des forces puissantes et innombrables sont cachées dans le cœur de nos vies, elles peuvent le déranger comme le pacifier. On découvre que la vie est beaucoup plus que ce que nous voyons et connaissons. Beaucoup de connaissances qui dépassent ce qui est scientifique et technologique, comme des récits du passé, transmis par l’histoire actuelle. Les enseignements ancestraux secrets sont imprégnés d’influences cosmiques et de radiations énergétiques et magnétiques qui proviennent autant du cosmos que de la surface et du centre de la Terre, puisque chacune des énergies subtiles a sa propre vocation, sa propre fonction particulière, son propre rôle. Pour le Nouvel Age ces énergies sont une réalité qui permettra à l’homme d’aujourd’hui d’avancer vers un nouveau style de vie plus harmonieux et équilibré.

Un exemple de cette vision claire de l’influence de l’énergie circulant dans l’espace qui peut affecter le comportement humain se trouve dans la vaste bibliographie du Feng Shui, les enseignements ancestraux de la culture chinoise qui expliquent comment les éléments et la situation des espaces influencent subtilement les maladies, les succès et les échecs des personnes vivant dans un lieu.

Dans ces énergies, on conçoit également la présence d’êtres de lumière, appelés anges gardiens, qui sont dessinés avec des ailes et enveloppés d’une énergie subtile que nous ne pouvons pas percevoir ou à laquelle nous n’avons pas accès, si ce n’est au moyen d’exercices spirituels, qui vont de la prière à un comportement charitable et affectueux envers notre prochain. Ce chemin mène à un état spirituel énergétique qui se connecte avec les sphères supérieures de la création céleste, où Dieu permet à l’homme d’accéder à certains mystères réservés aux êtres avec des niveaux élevés de spiritualité, gagnés par leurs œuvres d’amour envers la création pendant leur vie.

Mais il y a aussi d’autres forces pour ouvrir nos cœurs. On enseigne que le cosmos n’est pas le chaos, puisque chacune de ses énergies a un rôle particulier pour le bon fonctionnement de l’ensemble. Et pour l’œil intérieur qui verrait tout cela, l’univers serait l’expression formidable de la présence même du Créateur. L’Univers comme claire manifestation du macrocosme ; et chaque personne comme une réalité microcosmique en pleine harmonie avec la première, où l’homme va à la recherche de l’Être transcendant par la connaissance rationnelle et expérientielle de sa propre existence.

La face occulte du monde

Le Nouvel Âge propose une vision plus large du monde, incluant les vibrations cosmiques. Ainsi, le langage est nuancé par la terminologie liée à l’énergie. Par exemple, si une personne admire une autre personne, elle dira sans doute qu’elle « a une bonne vibration », c’est-à-dire qu’on se sent bien avec elle, car on vit entouré d’une atmosphère positive et agréable qui est due à la qualité de ses attitudes et qui diffuse une aura très particulière de lumière, avec des couleurs qui la distinguent des autres personnes, une énergie positive. L’inverse est également vrai : ne dit-on pas de certaines personnes qu’elles « absorbent » notre énergie ? Ce peut être un groupe, quel qu’il soit, avec ses richesses, ses limites et ses objectifs communs. Un syndicat, une église, un parti politique ou un club d’amis forment avant tout un « égrégore », c’est-à-dire un groupe organisé de vibrations invisibles, mais perceptibles dans leur attitude et leur comportement vis-à-vis des autres. Au fond, les personnes et les organisations humaines semblent refléter la gestion positive ou négative des différentes énergies cosmiques, représentées dans les attitudes, les comportements, les intentions et les valeurs diverses qui sont traitées dans la vie quotidienne.

Non seulement les personnes, les organisations ou les institutions contribuent au positif ou négatif, mais les lieux eux-mêmes sont porteurs d’énergies subtiles qui sont capables d’affecter la bonne ou mauvaise façon de vivre. L’orientation de la tête de lit peut affecter gravement la santé du dormeur, comme l’ouverture d’une porte ou l’emplacement des objets, les tableaux, les commodes ou les tables. Même l’agencement architectural, l’ingénierie et les matériaux utilisés dans la construction peuvent sérieusement affecter la santé, la renommée, le succès économique et professionnel de la relation conjugale. Dans le langage du Nouvel Age, il est typique d’attribuer la responsabilité du divorce et des conflits familiaux au feng shui de la maison, science chinoise consacrée à l’étude des énergies cosmiques implicites dans le lieu et dans la disposition même de la construction.

Aller jusqu’au divin

L’être humain New-Age est un chercheur spirituel et trouve dans la société et dans la nature toutes sortes de manifestations de la présence divine, exprimées par le concept d’énergie, parce que celles-ci ne peuvent venir que du Créateur même, de qui vient chaque signe de vie et d’harmonie. C’est pourquoi une multitude de connaissances ont été révélées qui nous permettent d’utiliser ces énergies, exprimées dans la nature elle-même, au nom de Dieu pour pouvoir guérir les autres, par exemple. Dans certains cas, il peut y avoir le risque d’exercer cette faculté ou ce pouvoir et d’oublier que c’est l’œuvre et la grâce de Dieu. Tous les vrais mystiques condamnent le fait que la spiritualité devienne un attachement aux miracles. Selon la fameuse phrase de saint François de Sales, « les consolations de Dieu sont préférées au Dieu des consolations ».

Dans le Nouvel Age, le monde n’est qu’une partie du cosmos entier, la Terre est une minuscule partie de toute la magnifique création du Seigneur. Dans cette nouvelle vision, on comprend que nous ne sommes qu’une partie d’un tout beaucoup plus cosmogonique et large que ce que nous connaissons jusqu’à présent. L’au-delà se trouve dans l’ici et maintenant des manifestations de son énergie, sans la réduire naïvement à ce divin qui est un puits d’énergie cosmique pure.

L’univers contient de nombreux mystères encore inconnus, et maintenant, grâce à la découverte des nombreuses manifestations de l’énergie, il est possible de supposer la possibilité d’entrer en contact avec d’autres mondes et manifestations de l’existence jusqu’alors inconnues. Ainsi, un récit profond et très révélateur de cette tendance actuelle se trouve dans le Livre d’Urantia, un travail fait par des experts[1]qui ont « canalisé » la connaissance et la sagesse sur la création par des êtres d’autres dimensions, imperceptibles pour nous, mais qui souhaitent nous transmettre cette information privilégiée.

Gérer le flux des énergies

Toutes les énergies cosmiques communiquent et réagissent entre elles, elles renforcent certaines des connaissances proposées par les érudits du Nouvel Age. Elles sont vivantes, dynamiques, elles coulent partout. Ceci explique la grande importance du maître spirituel, du guide, de l’aîné, du conseiller. Car la gestion de l’énergie exige avant tout d’avoir une connaissance large, qui appartient régulièrement aux anciennes traditions sacrées et gardées secrètes pour être révélées à un petit nombre.

Dans le mouvement du Nouvel Age, les anciens gardiens de ces traditions, qu’il s’agisse des lamas, des druides, des Celtes, des Templiers, des Olmèques, des Lakotas, des Hopis et de plusieurs autres, ont été forcés de révéler cette connaissance ancestrale, en raison des débuts de ce Nouvel Age, marqués par l’influence qu’exercent les changements dans la position de la terre par rapport au soleil.

La connaissance doit être donnée à ce stade à certains étudiants soigneusement choisis afin d’initier précisément les personnes qui rendront possible les nouvelles générations d’êtres plus spirituels et capables d’aimer et de vivre paisiblement dans un monde qui a résisté à quitter la violence, la haine, la déception et le déchaînement pour les choses matérielles et superflues, s’éloignant ainsi de tous les chemins célestes, en particulier de l’envoi du Fils de Dieu, Jésus.

Ces maîtres enseignent la gestion des énergies telle que les prophètes et le Sauveur lui-même l’a montrée à son troupeau bien-aimé à travers une dimension miraculeuse et surnaturelle infiniment supérieure aux dimensions actuelles, mais qui aujourd’hui semblent plus compréhensibles en allant à la racine de la manipulation des énergies curatives que Jésus utilisait tant pour le bénéfice de ses disciples. Dans le Nouvel Age, ses pratiquants se réfèrent toujours à la loi de l’amour, sans laquelle il n’y a pas d’énergie positive qui permette la guérison.

Les grands maîtres spirituels, gardiens de leurs traditions, savent qu’ils vivent les moments cosmiques prophétisés des milliers d’années avant, pour donner un nouveau changement dans l’homme présent, un changement qui durera au moins 200 ans. C’est donc un mouvement qui ne répond pas à des intérêts sectaires, schismatiques ou idéologico-religieux, ni à des oppositions philosophico-théologiques. C’est un mouvement cosmogonique, d’origine mystérieuse, produit par des énergies spirituelles « canalisées » dans la redécouverte de la sagesse ancestrale, transmise par les nouveaux prophètes, mystiques, saints et sages, par de nouveaux prophètes éloignés de la tradition judéo-chrétienne, sans l’exclure.

L’énergie du Saint-Esprit dans le Nouvel Age ?

Si l’on veut faire un rapprochement entre l’Esprit Saint et l’énergie, on voit qu’elle n’est pas absente de la Bible. Au contraire, elle la traverse depuis les débuts du monde, où l’Esprit a plané au-dessus des eaux (Genèse 1, 2), jusqu’à la Pentecôte, quand les apôtres deviennent des hommes radicalement nouveaux à la surprise de tous (Actes 2, 1).

Jésus avait promis à ses amis une « Force d’en haut » et celle-ci émergea avec un pouvoir transformateur. Aujourd’hui encore, tout disciple de Jésus peut devenir récepteur de cette puissance d’évolution et de renouveau. Prières, lectures sacrées, pratique des sacrements, sont trois moments privilégiés de rencontre avec cette « énergie » que nous pouvons appeler « christifiante », qui fait de nous d’authentiques disciples du Christ.

C’est une énergie qui a beaucoup de formes, qui anime la nature, transmet la Vérité, unifie l’homme et les êtres humains, nous rend aptes à toute bonne œuvre, agit comme la source de toute force qui mobilise l’homme en toute action d’amour et de paix. Une énergie unique, mais multiple dans ses activités. C’est la raison pour laquelle l’Esprit est appelé « septuple » (Ap 3, 1 ; 4, 5 ; 5, 6).

Mais ne s’agit pas de réduire ou de simplifier la figure personnelle du Saint-Esprit à/en une pure Énergie Divine. Il s’agit de comprendre que dans le Nouvel Age, les anciens horizons de la spiritualité ancestrale s’ouvrent pour s’additionner aux horizons déjà existants, et configurer ainsi une variété plus grande et plus accessible d’approches du Père Créateur. C’est comme si l’on faisait un retour en arrière pour réassimiler les sagesses ancestrales à la lumière de l’héritage chrétien. Ce qui va nécessiter beaucoup de discernement.

Note

[1]Le Livre d’Urantia (également connu sous le nom de Cosmogonie d’Urantia) est un ouvrage de 2097 pages à vocation spirituelle et philosophique qui aurait été écrit entre 1924 et 1955. L’ouvrage, publié sans nom d’auteur, se présente comme l’œuvre de plusieurs auteurs, également inconnus, dont de prétendus « êtres célestes ». Le mot Urantia désigne la Terre. L’objectif du livre serait « de présenter et d’élargir des concepts avancés de vérité dans l’espoir d’étendre la conscience cosmique et la spiritualité de notre planète ». Il expose des théories sur l’origine et le but de la vie, la place de l’Homme dans l’Univers, la relation entre Dieu et les hommes ainsi qu’une biographie détaillée de Jésus-Christ. La Fondation Urantia a publié pour la première fois ce livre en 1955 en langue anglaise.

 

D’après Guillermo Dellamary Toral, Lo que conocí de la Nueva Era. Una visión entre la realidad y la fantasía.

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