Quand le Nouvel Age croise notre route… une belle histoire de protection

Témoignage. Enfant, elle voyait la Vierge, mais sa jeunesse l’a menée sur les chemins du Nouvel Age où elle a vu le démon

par Luis Santamaría, du Réseau ibéro-américain pour l’étude des sectes (RIES)

Maria est âgée de 48 ans et est originaire de Valence (Espagne). Après trois décennies dans le New Age, elle a voulu partager son témoignage avec les lecteurs de Portaluz, pour mettre en garde contre les conséquences de la recherche de réponses aux questions spirituelles dans l’environnement du New Age, de l’univers holistique, des thérapies naturelles et alternatives… Derrière une façade de lumière, de bien-être et de libération, se cache une arrière-salle d’occultisme et d’action des forces du Mal. Il ne s’agit pas d’une idée erronée ou d’un préjugé chrétien : elle l’a vérifié en personne et l’a subi dans sa propre chair. L’article est écrit par Luis Santamaría, du Réseau ibéro-américain pour l’étude des sectes (RIES). Traduction D. Auzenet.

De la peur à la présence de la Vierge

La naissance de Marie a été marquée par la douleur. Sa mère avait perdu les eaux, mais lorsqu’elle s’est rendue à l’hôpital, on ne s’est pas occupé d’elle, et elle a dû attendre 24 heures avant de pouvoir être admise. « Je peux imaginer la désolation d’une nouvelle mère sans surveillance », dit-elle maintenant. Elle pesait près de 6 kilos à la naissance, l’accouchement a donc été particulièrement difficile, et les difficultés ont continué par la suite : « Trois jours après la naissance, je suis tombée malade. J’avais avalé toutes les saletés de ma mère et je n’arrêtais pas de vomir du noir, et je suis restée à l’hôpital pendant trois mois ».

À la maison, il y avait une atmosphère d’inimitié et de violence. Ses parents étaient catholiques « sans aucune foi ni conviction », mais ils l’ont inscrite dans une école salésienne. Lorsqu’elle avait 7 ou 8 ans, ces religieuses lui ont donné une petite figurine de Marie Auxiliatrice qui brillait dans le noir. « La première nuit, il ne s’est rien passé, mais la nuit suivante, j’ai vu comment l’image a grandi. J’ai eu peur et j’ai couvert ma tête avec la couverture. Lorsque cela s’est reproduit une autre nuit, j’ai appelé ma mère en hurlant, je lui ai tout expliqué et elle m’a dit que rien ne s’était passé. »

Comme cela se reproduisait nuit après nuit, la jeune fille a décidé d’affronter sa peur. « Un jour, j’ai pris mon courage à deux mains et je l’ai regardée. Je n’oublierai jamais ce moment. La première chose que j’ai ressentie était une odeur de roses et de jasmin… aucun jardin n’est comparable à ce parfum. Et j’ai regardé son visage. Derrière cette lumière, il y avait une belle femme, qui me regardait avec tant de douceur, avec tant d’amour… qu’il semblait que mon âme sortait de ma poitrine à cause de tant d’amour. Cette femme s’est assise au pied de mon lit et je me suis endormie », se souvient-elle. « Et c’était comme ça presque tous les soirs pendant un long moment. Elle ne m’a jamais rien dit. Elle m’a juste regardé, et j’ai dormi paisiblement. »

Un guérisseur

Maria voulait dire à quelqu’un ce qui lui arrivait, dire au curé ou aux religieuses de son école « que j’ai vu la Dame dans ma maison ». Et elle a décidé de le faire dans le cadre de la catéchèse de préparation à sa première communion. Mais ce n’était pas ce à quoi elle s’attendait : « Ma surprise a été que là-bas on me parlait d’un Dieu qui punit et que tout était péché ». Elle a donc refusé de retourner à la catéchèse, « parce que ce n’était pas mon Dieu, plein de patience et de douceur, et aussi parce que je ne voulais pas m’habiller dans ces robes de mini-girls ». Finalement, elle s’est préparée dans le village de sa mère, se confessant et recevant l’Eucharistie le 15 août, solennité de l’Assomption de la Sainte Vierge.

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De la fusion à l’altérité (3)

Suite du premier article Médiumnité et bouddhisme tibétain (1) et du second, Libérée des rituels tantriques (2).

Depuis 14 mois j’ai quitté la secte bouddhiste et les choses sont allées très vite pour moi et j’en rends grâce à Dieu. Dans un premier temps, j’oscillais entre enthousiasme et joie d’accéder à une liberté toute nouvelle et renoncements à faire, accompagnés de tristesse à la limite de la dépression (renoncer aux pouvoirs occultes, à certaines relations sociales, à une partie de mon travail…).

Maintenant que les choses sont plus « posées », le rythme se ralentit. Je peux commencer à regarder et à voir ce qui m’est arrivé parce que je me sens moins dans cette urgence de devoir fuir pour sauver ma peau (ou plutôt mon âme). Alors dans cet espace nouveau qui est celui d’une relation plus confiante à Dieu, je découvre tout un pan qui était inexistant dans le cheminement « bouddhiste » : l’altérité, la rencontre et donc aussi la peur. Peur de l’autre, peur de l’inconnu de la relation avec Dieu.

Dans le bouddhisme New-Age que j’ai connu on cherchait la fusion dans ce grand tout (l’énergie universelle), on se dirigeait vers l’identique, le même. Il n’y avait pas de rencontre à faire, ni d’altérité. Ceci avait quelque chose de très angoissant (perte de notre identité, dissolution de l’ego) mais en même temps de sécurisant car c’était comme une sorte de régression (un retour en arrière sur un chemin perdu depuis longtemps mais connu bien qu’oublié). Aucune croissance spirituelle n’était donc possible, aucune ouverture vers l’autre, l’inconnu. Il fallait « involuer » pas évoluer.

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Le Nouvel Âge a pénétré dans l’Église catholique

Photo : pont d'Asnières-sur-Vègre (72), reconstruit en 1806.

Les adeptes du Nouvel Âge ou New Age représentent une nébuleuse de courants allant de l’écologie à toutes les méthodes de développement personnel, d’une politique globale à l’épanouissement le plus égotique. Les perspectives se veulent holistiques, du microcosme au macrocosme, englobant le psychologique, le somatique et le spirituel. L’univers aurait une conscience qui lui est propre, à laquelle il faudrait se relier pour être en harmonie avec soi-même, avec les autres, avec la nature et avec le cosmos. Ce monde d’énergies communiquerait avec l’homme pour peu qu’il développe ses intuitions et ceci par ses propres expériences ou par l’initiation de ceux qui se prétendent initiés.

Coach, gourou, accompagnateur, psychothérapeute, chamanes… agissent au sein de formations aux compétences autoproclamées et imbibent le marché du bien-être, de la guérison ou de la réalisation de soi. Il s’agit d’épanouir tous les aspects de son être, d’échapper à notre finitude existentielle, à tout ce qui empêcherait une quête de bonheur tel qu’il est imaginé. Tout ce qui fait obstacle à l’épanouissement au développement de l’intuition doit être éliminé. Il faut donc pour y parvenir, nettoyer, guérir, purifier, harmoniser, exorciser, libérer dans tous les méandres de la mémoire personnelle, familiale, collective, culturelle, voire, mais ce n’est pas encore parvenu dans les milieux catholiques, dans les vies antérieures.

Une prolifération incontrôlée de formations, de sessions, et autres « séminaires » a déferlé dans la société, l’Église catholique n’étant pas en reste. Centres spirituels, communautés religieuses, centres diocésains, mais aussi collèges, lycées, et même écoles primaires, se sont trouvés investis par cette vague. Semaines, week-ends ou soirées de guérison sont apparus aux quatre coins de la France catholique. L’ennéagramme, la sophrologie, la méditation de pleine conscience, la PNL — Programmation Neuro Linguistique —, La CNV — Communication Non Violente —, entre autres, ont reçu la bénédiction de quelques évêques et ont pénétré dans les sphères catholiques de tous les diocèses de France. Nombre diocèses investissent dans de grands rassemblements de jeunes conditionnés par effets sonores et visuels à l’instar des concerts de trance music[1]. Il est intéressant aussi d’étudier les sources des nouvelles « techniques » d’évangélisation, comme les Cours Alpha, et les formations proposées aux prêtres, parmi les jeunes ou les plus dynamiques, utilisant le management et le marketing à l’anglo-saxonne, comme Pasteurs selon mon cœur.

Mais ce bien-être tant désiré personnellement peut entraîner des ruptures de relation entre enfants et parents entre conjoints et à tous les niveaux relationnels, car il faut bien désigner un ou plusieurs responsables à son mal-être. Tout ce qui produirait de mauvais souvenirs, de mauvaises vibrations, d’ondes inharmonieuses, d’ondes négatives doit être éliminé. Le moi est au centre et doit trouver son exaltation de bonheur. Ainsi son prochain peut être néantisé. Effectivement le prochain devient l’autre qui doit trouver sa propre voie, ça le regarde, ce n’est pas mon problème. C’est alors que ces dérives personnelles deviennent sociétales.

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Ambiguïtés de la recherche contemporaine de guérison intérieure

CONTENU

Une recherche qui s'enracine dans le new-Age

Une recherche qui s'enracine dans la psychologie transpersonnelle

Une mise en forme similaire dans la psycho-spiritualité catholique

La question du charisme de guérison et des sacrements de guérison

Comparons avec les Exercices Spirituels ignaciens

Le risque de remplacer la conversion par la guérison dans l'évangélisation

 

Nous sommes, depuis quelques décennies, en face d’une quête massive de guérison, et il ne faut pas trop vite la mépriser : elle a toujours existé sous des formes diverses, comme le montrent les prières adressées à la Vierge Marie ou à des saints. Mais est-ce que la guérison recherchée aujourd’hui est regardée comme un signe de Dieu qui provoque à la conversion, est-ce qu’elle est le signe de la miséricorde de Dieu ; ou est-ce qu’elle est un but en soi, la condition sine qua non pour avancer dans la vie spirituelle ? Car alors, Dieu est mis à notre service.

Jésus a guéri de nombreux malades de toute sorte, mais ce qu’il leur propose, c’est la foi. Et quand certains d’entre eux s’arrêtent à la guérison, il est déçu. Les guérisons qu’il a accomplies sont des signes de ce qu’il apportait, des signes du Royaume présent parmi nous. Il n’est pas venu pour être le thérapeute super-puissant à bon marché ! Il annonce le Royaume, il annonce son Père et il donne quelques signes sur le chemin, comme les guérisons.

Pourquoi ce surgissement dans l’Église, d’une recherche de guérison ? Pourquoi des méthodes diverses inédites pour les provoquer ? Réfléchissons en fonction du contexte.

Une recherche qui s’enracine dans le Nouvel Age

Première surprise : si l’on consulte le Dictionnaire de Spiritualité on constate que le terme « guérir » « guérison intérieure » en sont absents. Ce n’est donc pas du côté de la tradition spirituelle catholique qu’il faut chercher la source de l’engouement pour la guérison. Par contre, si l’on recherche sur Internet « guérison spirituelle » on récolte des informations surabondantes, le plus souvent dans un contexte ésotérique. Continuer la lecture de « Ambiguïtés de la recherche contemporaine de guérison intérieure »

Le Nouvel Age à l’oeuvre dans l’Église

Pour nombre de catholiques, le Nouvel Âge est une nébuleuse sans lien avec leur univers religieux. Pourtant, le travail documenté de soeur Marie- Ancilla nous conduit à découvrir comment ce puissant courant spirituel est en réalité bien enraciné dans l’Église.

Cette étude sans compromis, appuyée sur les textes du Magistère et sur les Pères de l’Église, met au jour, au fil des pages, la dérive doctrinale qui mine l’Église.

Soeur Marie-Ancilla est moniale dominicaine à Lourdes. Elle est l’auteur de nombreux ouvrages, notamment sur les Pères de l’Église et la spiritualité. Depuis une quinzaine d’années, elle s’intéresse aux nouveaux courants spirituels apparus dans l’Église. Elle a notamment publié Foi et guérison, aux Éditions La Thune, en 2008.

Voir le site des éditions l’Harmattan