Georges Fenech, Gare aux gourous, Santé, bien-être, Éd. Du Rocher, 2020, pp. 229-232.
Cette technique repose sur la stimulation de points sur divers endroits de l’oreille externe, par différents moyens : implantation d’aiguilles, dispositifs d’acupression, applications d’aimants. Des aiguilles « semi-permanentes » peuvent être posées sur le patient pendant plusieurs heures à plusieurs jours. Cette technique est utilisée pour soigner toutes les douleurs, les addictions (tabac, alcool, drogue) les troubles du sommeil, les syndromes anxio-dépressifs, les allergies.
Que nous en dit le
GAT ? D’abord qu’« il n’existe pas d’étude
scientifique suffisamment rigoureuse permettant de conclure de
manière certaine à [son] efficacité thérapeutique ».
Ensuite il en
énumère les risques :
« Il existe des douleurs locales ou de légers saignements au moment de la stimulation ou lorsqu’une aiguille semi-permanente est posée. Les effets indésirables causés par des techniques de stimulation particulière (laser, stimulation électrique ou physico-chimique) n’ont pas encore été mesurés avec fiabilité. […] Il existe des risques importants d’aggravation des symptômes si l’auriculothérapie se substitue à un traitement dont l’efficacité est prouvée. »
Alors pourquoi
diable, face à ces risques avérés, avoir introduit cette technique
dans les hôpitaux ?
Et pourquoi la
ministre de la Santé, Agnès Buzyn, n’a-t-elle pas pris les
mesures qui s’imposaient auprès de l’AP-HP puisque les hôpitaux
de Paris étaient placés sous sa tutelle ministérielle ?
Représentée par ses petites-nièces Marie-Hélène Gaillard, Colette Foulon et son arrière petit-neveu, le P. Olivier Foulon. — Mardi 6 octobre 2020 — Communiqué de presse.
La
parution prochaine d’un livre qui conteste l’honnêteté de notre
tante, la Vénérable Marthe Robin (1902-1981),
cofondatrice
des Foyers de Charité,
annoncé comme un « séisme », nous contraint d’apporter
les précisions suivantes. Elle
est morte
depuis bientôt quarante ans. Ceux
qui en parlent actuellement, dont C. de Meester, et qui la font
écrire et se mouvoir ne l’ont pas connue.
Le doute porte sur trois points principaux :
elle aurait caché sa mobilité, utilisé plusieurs écritures pour
ses cahiers, et simulé ses passions. L’Église, qui a mené
l’enquête de façon très approfondie, a déjà répondu à ces
objections en la déclarant Vénérable en 2014.
Pour notre part, nous affirmons qu’elle
était paralysée et qu’elle ne pouvait pas bouger ses bras.
Elle était incapable de s’enlever une mouche du visage. Sa nièce
Marthe Brosse, qui faisait sa toilette, peut encore attester que son
corps n’était plus qu’un squelette extrêmement douloureux.
Elle témoigne qu’elle n’a jamais été trouvée hors de son lit
sauf le jour de sa mort, ce qui n’a pas pu être expliqué jusqu’à
présent et ne le sera sans doute jamais. Nous déplorons que seule
la piste de sa mobilité, soi-disant récupérée alors qu’elle
était mourante, ait été envisagée.
L’accusation de plagiat tombe d’elle-même
parce que Marthe n’écrivait pas pour être publiée. Elle n’a
plus écrit que très difficilement à partir de 1929 et a cessé
progressivement de le faire. Elle a alors dicté son courrier à des
bénévoles qui ont aussi noté ce qu’elle exprimait durant ses
extases. Les graphologues ont identifié 13 ou 14 scripteurs
différents, à l’écriture scolaire de l’époque, peut-être
parce qu’ils avaient eu le même instituteur. L’hypothèse de de
Meester d’identifier Marthe avec un scripteur inconnu demande
encore à être prouvée.
Marthe
jouissait
d’une santé mentale parfaite
et manifestait à tous une attention affectueuse. Elle ne parlait pas
d’elle et ne
se mettait jamais en avant. Les experts psychologues affirment
qu’elle
ne
présentait aucun des signes psychologiques d’une simulatrice,
d’une faussaire ou d’une fraudeuse. Aucun
ne met en doute son intégrité morale et sa sincérité.
De Meester fonde sa thèse sur la prétendue
illégitimité de sa naissance qui relève de rumeurs tardives dont
la source a été identifiée. Personne n’a vu Marthe manger,
boire ou se mouvoir après 1929. Il prétend avoir mené une enquête
approfondie mais il ne nous a jamais rencontrés. Théologien de
métier, il n’avait pas de qualifications en graphologie,
philologie, psychologie ou médecine. Il s’est
prévalu seul contre de vrais experts qualifiés en ces matières.
Marthe a vécu pauvrement, comme les faits le
prouvent. Sa famille a toujours veillé à ne retirer aucun profit de
sa notoriété. Nous sommes choqués de la voir diffamée
par la recherche du sensationel.
Nous sommes ouverts à tout nouvel élément
factuel et vérifiable, surtout de la part d’experts reconnus
dans leur domaine. Nous espérons que le public ne se laissera pas
tromper par la publication de ce seul rapport d’expertise sur
l’ensemble des 17000 pages de son dossier.
Marthe
Robin était une personne bonne, simple, fine et délicate, que des
personnes de toutes conditions ont aimé rencontrer. Elle s’est
beaucoup occupée
des prisonniers et
des personnes dans le besoin.
Nous
sommes convaincus que sa vie continuera d’inspirer beaucoup à
faire le bien.
Le père carme Conrad de Meester (1936-2019) crée du trouble post mortem dans l’Église à propos d’une expertise qui lui a été demandée il y a 30 ans lors de la phase diocésaine de la procédure en béatification de la servante de Dieu Marthe Robin (1902-1981). Ses conclusions n’ayant pas été retenues, il en aurait conçu une déception et une rancœur qui ont conduit son Ordre à la publier dans une célèbre maison d’édition catholique. L’ouvrage y est présenté commercialement comme devant causer un séisme.
Pourquoi le rapport n’a pas été retenu
Le principal problème posé est que le public a le seul jugement de ce père, certes docteur en théologie et spécialiste des textes mystiques. Mais cela ne peut absolument pas suffire pour se former le jugement qui a été celui de la Congrégation pour les Causes des Saints qui a déclaré la servante de Dieu Vénérable en 2014.
Rappelons que l’ensemble contient 17 000 pages1, ce qui laisse moins de 2 % au texte du père. On y trouve 25 expertises et pas loin de 200 témoins, sans compter les autres documents essentiels.
Il ressort de cet ensemble que la raison principale pour laquelle le rapport de Conrad de Meester n’a pas été retenu est qu’il est exclusif, outrancier et à charge. Le père s’est trouvé devant le difficile problème des citations de plus d’une vingtaine d’auteurs spirituels dans les écrits attribués à Marthe. Il a immédiatement conclu au plagiat. À partir de là, il a étendu son doute à tout le reste, en particulier aux conclusions des quatre graphologues experts auprès des tribunaux et à celles des meilleurs professeurs de médecine qui ont été consultés. Convaincu que Marthe mentait et trompait sciemment son monde, alors qu’elle était grabataire et aveugle, dans l’incapacité de déglutir, il l’a fait remarcher, rédiger ses cahiers en cachette, manger et boire à l’insu de tous, etc. Il est persuadé d’avoir découvert, seul, le plus grand cas d’imposture de toute l’histoire de la mystique. Conrad de Meester a fabriqué un système d’explication dont il n’a plus jamais pu sortir.
L’évêque de Valence de l’époque, Mgr Marchand, qui l’avait désigné comme expert, a conclu : « On ne retrouvait rien d’elle dans le portrait dressé par le P. de Meester. On a l’impression d’un autre personnage que personne n’a jamais vu. »
L’ancien président de la Miviludes tire la sonnette d’alarme face aux dérives sectaires de certains thérapeutes, alors que les médecines alternatives sont devenues un fait de société.
La crise sanitaire du Covid-19 a remis en lumière
l’importance des soignants mais aussi, parallèlement, le phénomène des
médecines alternatives. Certains personnes utilisent des
méthodes non-officielles et souvent décriées. Ce sont ces « gourous » que
dénonce Georges Fenech, homme politique et ancien magistrat dans son
livre Gare aux gourous – Santé, bien-être. Des pratiques
étudiées lorsqu’il était président de la Miviludes, la Mission
interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives
sectaires.
UN PHÉNOMÈNE GRANDISSANT
Ce phénomène n’a rien de nouveau mais a gagné en importance depuis les années 1960. Alors que 60% des Français ont recours à ces méthodes alternatives, Georges Fenech estime que ce n’est plus « un engouement, c’est un fait de société ».
Si beaucoup de Français ont recours à ces pratiques, c’est aussi parce que l’offre ne faiblit pas. « Il
y a un grand nombre d’individus qui s’autoproclament thérapeutes que je
surnomme ‘dérapeutes’. Ils prétendent se substituer à la médecine
traditionnelle », explique Georges Fenech.
Certaines techniques sont particulièrement préoccupantes pour la
Miviludes, notamment la médecine germanique qui attribue par exemple le
cancer à un « conflit intérieur » à régler. Ainsi, « il y a une incitation à rompre le protocole de chimiothérapie », dénonce Georges Fenech.
DES « GOUROUS » DANS LES HAUTES SPHÈRES
Contrairement aux idées reçues, « ces pratiques sont beaucoup plus larges que le phénomène sectaire », assure Georges Fenech. Certains sont même des médecins diplômés, convaincus de leurs méthodes. « Ils ont une vision globale et tout cela finit par remonter très haut », dans les différentes sphères de la société, assure le magistrat.
Cette prégnance s’explique également, selon l’ancien président de la
Miviludes, par la difficulté pour l’Etat d’aller à l’encontre de « la liberté fondamentale de se soigner ou de ne pas se soigner ». Georges Fenech juge l’action de l’Etat « trop timorée compte tenu de l’ampleur du phénomène ».
Par ailleurs, ces « dérapeutes sont dans une posture de victimisation par rapport à la médecine officielle ». Les autorités se retrouvent ainsi confrontées à la difficulté d’alerter sur les risques de ces dérives.
COMMENT PRÉVENIR CES DÉRIVES
Comment éviter de tomber dans ces dérives ? « Quand on vous propose une offre alternative, il faut s’informer auprès des associations, de la Miviludes et du ministère de la Santé. Il y a aussi l’attitude du dérapeute qui doit alerter », notamment lorsqu’il demande des sommes très conséquentes », explique Georges Fenech.
Depuis l’avènement du New Age dans les années soixante et l’engouement pour le développement personnel, des charlatans ont pris possession de notre santé et de notre bien-être. De nos jours, quatre français sur dix et 60 % des malades du cancer ont recours aux médecines dites complémentaires, douces ou alternatives. Du jeûne hydrique au respirianisme, en passant par la macrobiotique, la naturopathie, la kinésiologie, l’anthroposophie, le reïki, la dianétique, l’Access bars ou encore la méditation curative, les offres se multiplient à profusion.À partir de témoignages et de documents inédits, Georges Fenech lève le voile sur les dangers de certaines pratiques.Il dénonce sans langue de bois l’infiltration des communautés pseudo-thérapeutiques à tous les niveaux de la société : écoles, universités, entreprises, églises, ministères et réseaux sociaux.Ce cri d’alarme est lancé avant que le piège ne se referme définitivement sur notre bien le plus précieux, la santé.
Georges Fenech, député honoraire, ancien juge d’instruction, a présidé la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES). Il est aujourd’hui membre du cabinet d’avocats 28 octobre et consultant sur CNEWS.