Psychophonie. Éléments de réflexion

Loin de vouloir contester les bienfaits du chant sur notre corps et ses bénéfices sur notre «climat intérieur ». Je ne doute pas qu’une approche selon les indications de Marie-Louise Aucher puisse apporter une prise de conscience renouvelée d’une voix bien posée et des résonances du son et de la musique sur tout notre être. Je voudrais cependant vous faire part d’un bémol concernant l’anthropologie qui sous-tend sa méthode. En effet, Marie-Louise Aucher se référait à une tradition orientale et initiatique qu’elle a adaptée à notre culture occidentale. Les niveaux de vibration sonore auraient un effet sur les différents étages de notre corps et sont utilisés notamment dans un but d’auto purification pouvant entraîner une ouverture des chakras, sorte de centres énergétiques de notre corps. (Des écoles ésotériques proposent une correspondance entre ces connaissances venues d’Orient et la physiologie et l’anatomie de la science médicale occidentale.) Bien des thérapies alternatives reposent ce type d’explication.

Voici le témoignage d’une religieuse spécialiste du chant liturgique qui a bénéficié des enseignements de Marie-Louise Aucher, avant de prendre des distances :

« Ces expériences m'ont permis de découvrir le monde des vibrations sonores et de ses bienfaits sur le corps, dans une intériorité qui n’a rien intellectuelle. Là où j’ai été mal à l'aise, c'est quand elle a commencé à parler de spiritualité et de la relation entre les sons et les chakras. En chantant dans mon dos les trois octaves de l'échelle sonore, elle a découvert et m'a révélé des zones de blocage, sans que je ne lui ai rien demandé. Plus grave, c'est elle-même qui me l’a raconté, elle avait dit à une jeune novice que son chakra du sommet de la tête (chakra coronaire) était ouvert, preuve selon elle, du niveau de spiritualité élevée qu'elle avait atteint… Cette novice a quitté définitivement la vie religieuse trois mois après !... »

Il y a un risque potentiel de manipulation de la personne, d’autant plus que l’harmonisation provoquée par la psychophonie est sensée « englober toutes les dimensions : physique, psychique et spirituelle. » Effectivement, « on peut rapprocher la psychophonie du yoga, de la gymnastique chinoise, des techniques énergétiques et des arts martiaux » comme le dit l’article. Marie-Louise Aucher distribuait des photos du visage du Bouddha faisant admirer son calme et sa sérénité.
Sommes-nous là dans la même spiritualité que celle de l’écoute de tout notre être d’une Parole Révélée ?

Il peut y avoir une séduction très grande à ressentir dans notre corps des subtilités vibratoires dont nous ne nous doutions pas. Nos modes de vie, tendus, pressés nous empêchent sans doute de retrouver une juste intériorité. Les berceuses de nos grands-mères, et les chants et danses de nos traditions orales produisaient aussi des effets détendants ou tonifiants.

La tradition grégorienne nous fait aujourd’hui redécouvrir des lieux de résonance entre le corps et l’âme, sans que nous ayons analysé scientifiquement leurs effets psychophysiologiques. Mais la finalité de la vie chrétienne n’est pas une recherche de sensations si bénéfiques soient-elles, c’est une action de grâce tournée vers Dieu.

L’Eglise a toujours favorisé la participation du corps à la prière. Peut-être ces méthodes sont-elles un appel, et même un aiguillon pour que nous retrouvions la justesse de la place du corps dans notre vie spirituelle et nos liturgies ? Ainsi le geste l’inclination profonde redonne sens à l’orientation de nos offices : rendre gloire à Dieu, Père Fils et Saint Esprit. Notre réponse libre et gratuite à l’écoute de la Parole de Dieu, n’a pas comme objectif premier le bien-être ou la relaxation. Parfois, cette Parole nous entraîne là on ne nous n’aurions pas voulu aller. La prière est le lieu privilégié de ce repos en Dieu, sans crainte, dans un abandon en Lui, comme des petits-enfants, (et non comme des initiés), sûrs, parfois de manière non sensible, dans la Foi et l’Espérance de sa Présence et de son Amour.

B. Chaudet, 2008.

Commencer un combat spirituel après l’occultisme, l’ésotérisme, le new-age

Certains d’entre vous ont baigné pendant des dizaines d’années dans les pratiques occultes, le new-âge, l’ésotérisme. Vous avez fait l’expérience des perturbations et dysfonctionnements qui s’ensuivent. Vous ressentez que vous êtes en état de fragilité sur ce point, et vous cherchez à contrer des attaques spirituelles.

Après une prière de libération, il est important de prendre conscience que le COMBAT SPIRITUEL s’impose, et ce sans remettre à demain!

Saint Paul affirme : « Au reste, frères, fortifiez-vous dans le Seigneur et dans sa vertu toute-puissante. Revêtez-vous de l’armure de Dieu, afin de pouvoir résister aux embûches du diable. Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les princes, contre les puissances, contre les dominateurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits mauvais répandus dans l’air. C’est pourquoi prenez l’armure de Dieu, afin de pouvoir résister au jour mauvais, et après avoir tout surmonté, rester debout. » (Ep 6, 10-13)

Jésus lui-même nous a prévenus : « Lorsque l’esprit impur est sorti d’un homme, il va par des lieux arides, cherchant du repos. N’en trouvant point, il dit : Je retournerai dans ma maison, d’où je suis sorti. Et quand il arrive, il la trouve nettoyée et ornée. Alors il s’en va, prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui; puis ils entrent et s’y établissent : et le dernier état de cet homme devient pire que le premier. » (Luc 11, 24-26).

Il ne faut pas sous-estimer ce combat. Vous devez passer par une période de « remise à niveau » spirituel.

Icône Michèle Koné

 

1 — SORTIR D’UN ÉTAT DE FAIBLESSE SPIRITUELLE

Renouez avec la prière

J’ai dans mon garage un vélo. Parce que j’ai décidé de privilégier la marche à pied, je ne m’en sers plus. Les pneus sont à plat. Ainsi de la vie spirituelle des chrétiens qui ne prient plus et ne reçoivent plus les sacrements de l’Église.

Beaucoup ne savent pas qu’ils sont en ÉTAT DE FAIBLESSE

À la suite d’attaques spirituelles (phénomènes paranormaux ou diaboliques), ils finissent par en prendre conscience.

Ils le comprennent le jour où cette faiblesse les met dans un ÉTAT DE DÉTRESSE.

Le secret élémentaire du combat spirituel est la remise en pression de notre organisme spirituel.

 Il va falloir se décider à inscrire la prière dans l’agenda de sa journée, en plusieurs moments différents.

✓       Il y aura la prière du matin, avant de commencer ma journée…

✓       La méditation de l’Évangile avec la récitation du chapelet, sans doute à un autre moment.

✓       Peut-être une courte prière en commun avec d’autres. À voir quand.

✓       Le dimanche, et quelquefois en plus dans la semaine, la participation à la célébration de la messe.

✓       La prière du soir avant de me coucher…

✓       Et l’état de prière à cultiver tout au long de la journée (la prière du coeur)

ÉTAT D’URGENCE. Ne dites pas : je n’ai pas le temps… Trouvez-le.

 

Réglez votre réveil plus tôt

La première chose à décider, c’est de se lever plus tôt pour prier. Il va falloir régler mon réveil autrement.

La prière se vit d’abord le matin, car la journée s’offre à nous remplie de promesses. Prier le soir, c’est bien, et il faut le faire; mais la journée s’en est allée.

La spécificité de la prière du matin, c’est qu’on va se préparer à vivre la journée qui se trouve devant nous en s’ouvrant à la présence de Jésus vivant.

« La prière joue le rôle d’une prise de courant : c’est elle qui assure le contact permanent avec la source de lumière, de chaleur et de force...


 

Devant cette prise de courant, il n’y a pas moyen de savoir si le courant arrive ou non. On a envie de penser que cela ne sert à rien, quand on ne voit ni lumière, ni résultat. En attendant, il faut durer dans le silence et l’espérance, maintenir coûte que coûte le contact dans la foi. Il faut y croire.

Dans notre vie, de cette source cachée ruisselleront des fontaines, de cette obscurité fusera la lumière, de ce creux d’ombre se répand la paix, de ce temps perdu votre journée reçoit efficacité, dans ce repos votre travail prend valeur, à partir de ce silence votre parole devient féconde. Mais la prière, par où vous viennent tous ces biens, peut rester glacée, voire, inaccessible et dure. Aucune importance : c’est la prise de courant ». (Soeur Jeanne d’Arc. Du temps pour la prière)

Prenez ces petites décisions

QUAND ?

Décidez à quel moment vous allez prier : après votre toilette… avant ou après votre petit déjeuner… ?

OÙ ?

Prévoyez dans quel endroit vous allez prier : au pied de votre lit dans votre chambre ? Assis dans votre salle de séjour… Dans un petit endroit que je vous vous serez aménagé ? Dans ce cas : un crucifix, une petite bougie, une bible ?

COMBIEN ?

Prévoyez combien de temps vous vous donnez, pardon, vous donnez au Seigneur, pour cette prière du matin : dix minutes, un quart d’heure, une demi-heure…

AVEC QUI ?

Si vous êtes en couple ou en famille et que l’appel s’en fait sentir, y a-t-il une petite partie de cette prière qui sera commune à tous ? (simple exemple : dire le Notre Père ensemble au moment de prendre le petit déjeuner…)

QUOI ?

Quel va être le contenu de votre temps de prière ?

Votre prière du matin

Voici quelques suggestions, à arranger à votre façon pour une durée de 10 mn.

✓      Commencer par un beau signe de croix.

✓      Lire un Psaume (c’est-à-dire une prière titrée de la Bible, dans le livre des Psaumes)

✓      Prendre un temps de silence

✓      Ouvrir mon coeur à la présence de Dieu, qui m’est intérieur

✓      Faire la prière de protection

✓      Recommander à dieu telle ou telle personne

✓      Réciter lentement le Notre Père, la seule prière que Jésus nous ait donnée

✓      Demander l’aide de la Vierge Marie, en récitant le Je vous salue Marie

✓      Écouter un chant de louange ou de méditation…

✓      Terminer par le signe de croix

À vous d’ajouter, de retrancher, de mettre dans un autre ordre…


 

2 — LES ARMES SPIRITUELLES ESSENTIELLES

Faites la prière de protection

Les pages qui suivent sont consacrées aux huiles essentielles, pardon aux armes essentielles du combat spirituel.

Voici tout d’abord une toute petite prière, qui s’adresse au Père, pour demander la protection de Jésus

Père, dans le combat spirituel de ce jour (de cette nuit),

que le Sang de ton Fils Jésus soit ma protection.

Je me place moi-même, ma famille (nommer des personnes),

mes biens, mon travail (mon entreprise)

sous la protection du précieux Sang

que Jésus a versé pour nous sur la Croix.

Père, merci pour cette protection que tu me donnes. Amen.

Il ne s’agit pas d’appliquer une formule, de réciter une « prière efficace », ou « la prière qui marche le mieux ».

Vous pouvez imprimer, à partir de ce lien, le feuillet concernant la prière pour mieux vivre le combat spirituel.

Il s’agit d’entrer en relation vivante avec Jésus ressuscité, par la foi, en réclamant explicitement la protection spéciale de son amour sauveur. Il nous a montré son amour en donnant sa vie pour nous sur la croix, en versant son sang en sacrifice pour tous les hommes. « Vous avez été rachetés… non par de l’argent ou de l’or, mais par le sang précieux de Christ » (1 Pierre 1, 18-19)

 « Le Sang de Jésus nous purifie de tout péché » (1 Jn 1, 7); il nous protège également des défaites dans les tentations provenant de l’ennemi. Il prend la brebis perdue sur ses épaules.

En faisant cette prière — un esprit à acquérir plus qu’une formule à réciter telle quelle —, c’est comme si nous établissions un bouclier de protection par rapport à tout ce qui nous concerne.

Une personne d’origine Africaine en butte à des attaques spirituelles, et qui avait commencé à dire chaque matin la prière de protection, me disait : « J’ai encore des attaques, mais c’est comme si j’avais mis un toit sur ma maison ».

Il faut faire cette prière tous les jours, l’intégrer à notre prière du matin, sans faiblir. Vous pouvez y ajouter, en page 2 du feuillet, la petite prière ou vous demandez à Jésus qu’il veuille bien couper tout lien mauvais entre vous-même et les personnes à qui vous aviez demandé des services occultes…

Lisez régulièrement la Bible

Lorsque Jésus a été tenté par le diable, il lui a répondu en citant des passages de la Bible.

« Le diable lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, commande à cette pierre de se changer en pain. » Jésus lui répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole de Dieu. » (Mt 4, 3)

La plupart des chrétiens sont sous-alimentés spirituellement, et ne lisent quasiment pas leur Bible.

Une bible ?

Procurez-vous une Bible, placez-la dans votre coin prière à la maison, ouvrez-là régulièrement.

Un abonnement mensuel ?

Si cela vous semble trop compliqué, abonnez-vous à un missel mensuel comme « Prions en Église » ou « Magnificat », et lisez chaque jour les deux lectures bibliques de la messe, en communion avec tous les chrétiens.

Cela représente une petite somme d’argent pour l’année (entre 40 et 50 €, moins cher somme toute que les oboles répétées laissées chez les magnétiseurs !) Il faut savoir ce qu’on veut ?

Paul affirmait à son disciple Timothée que la Parole de Dieu est : « divinement inspirée, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour former à la justice, afin que l’homme de Dieu soit parfait, apte à toute bonne œuvre. » (2 Tm 3, 16-17)

Une étude personnelle brève ?

Vous pouvez chercher aussi du côté de mon site petiteecolebiblique.fr

Chaque mois, un thème biblique transversal est mis en ligne, composé d’une trentaine d’étapes à parcourir, une par jour…

 

Récitez le chapelet de la Vierge Marie

La Vierge Marie est l’Immaculée. Elle a été conçue sans péché, et n’a jamais péché personnellement.

Pour ces raisons, marcher main dans la main avec elle est une aide précieuse dont nous avons tous besoin.

Je conseille très vivement, au regard du combat spirituel marquant la vie contemporaine, de se débrouiller pour dégager une vingtaine de minutes dans sa journée pour méditer et réciter le chapelet.

On peut le faire chez soi, on peut le faire en marchant, en s’arrêtant dans une église, on peut le faire la nuit si l’on a des insomnies… mais il faut le faire, et chaque jour .

Voici sous ce lien UNE MÉDITATION POUR MÉDITER QUATRE CHAPELETS DIFFÉRENTS, dont le thème, ici, est en rapport avec la famille.

Si vous n’avez jamais récité le chapelet, essayez de trouver dans votre entourage chrétien quelqu’un qui pourra vous aider à commencer.

Pour entendre comment on récite le chapelet, servez-vous de ces médias
Vous pouvez ainsi vous unir au chapelet récité à Lourdes, en direct (15h30), ou en différé par podcast.

Il est important de méditer le « mystère » sur chaque dizaine de chapelet; peu à peu, vous finirez par les savoir par coeur, et ne plus avoir besoin d’un papier qui vous les rappelle.

Encore une précision : ne vous affiliez à aucun des « messages » proposés ici ou là; récitez simplement le chapelet telle que l’Église le propose. Apprenez par coeur la prière du « Je vous salue Marie ».

La Vierge Marie est l’Immaculée. Sa descendance, Jésus, écrase la tête du serpent. Lisez le récit de ce songe de Don Bosco, dans la nuit du 14 août 1862, « LE SERPENT ET LE CHAPELET »

Recevez le pardon des péchés

Recevoir le sacrement de réconciliation régulièrement, cette démarche fréquente contient une grande grâce de régénération…

Dans la demande de services occultes (magnétiseurs, guérisseurs, voyants, médiums, etc.), il y a un péché contre la sainteté de Dieu. Il est essentiel d’en demander pardon. Même si l’on n’était pas conscient de pécher à l’époque, Dieu bénit notre repentir, et nous remet dans une grande paix intérieure. J’ai vu des personnes être totalement libérées uniquement par la confession qu’elles vivaient avec sincérité et foi.

Demander et recevoir périodiquement le pardon de ses péchés, c’est une nécessité pour demeurer dans la sainteté de son baptême, et donner le moins de prise possible à l’ennemi, qui est aussi « l’accusateur » (Ap 12, 10). Il nous pousse à pécher, et ensuite nous accuse intérieurement d’avoir péché…

Voici une la feuille que vous pouvez imprimer, une sorte de petit mode d’emploi : COMMENT CONFESSER MES PÉCHÉS ET RECEVOIR LE PARTON DE DIEU APRÈS TANT D’ANNÉES OÙ JE NE L’AI PAS FAIT ?

Au début d’un combat spirituel, il faut vraiment faire une démarche approfondie dans ce sens. Car tout péché non confessé est comme une sorte de prise que nous donnons au Tentateur pour nous tenir captif. Purifiés de nos péchés, nous offrons beaucoup moins de prise à l’ennemi… C’est ce que j’appelle « savonner la planche » !

Cherchez un prêtre auprès de qui vous pouvez faire la démarche de recevoir le sacrement de réconciliation, après vous être préparé(e).

N.-B. : Bien sûr, les personnes qui ne sont pas baptisées peuvent envisager de se préparer à recevoir le sacrement du baptême, en se rapprochant de leur paroisse géographique. Un cheminement vers le baptême s'accomplit sur une certaine durée, deux années environ. Que cela ne les empêche pas de se repentir dès maintenant de leurs péchés devant Dieu au cours d’un moment de prière personnelle.

Participez à l’eucharistie le dimanche

La plupart des chrétiens sont sous-alimentés spirituellement, ils ne communient pas à l’aliment divin que Jésus nous a laissé pour la route, le Pain de Vie, l’eucharistie…

Pour être fort spirituellement, il faut manger la « pain des forts », celui qui nous unit à la victoire de Jésus, et soutient ainsi notre courage.

Jésus dit : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi, et moi en lui. Comme le Père qui est vivant m’a envoyé, et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra aussi par moi. » (Jean 6, 56-57).

Cela nécessite de PARTICIPER À LA MESSE DOMINICALE, ce qui veut dire aussi intégrer la communauté chrétienne de sa paroisse.

D’ailleurs, quand cela est possible, il ne faut pas hésiter à demander au curé de sa paroisse, à son pasteur, le nom d’une personne qui pourra nous aider pendant un temps par un « accompagnement spirituel », c’est-à-dire de petites rencontre d’aide au discernement spirituel.

Dans le cadre d’un combat spirituel, il est clair que la Communion eucharistique est l’état de protection maximale, car nous y recevons Jésus lui-même.

Avant de vous remettre à communier, recevez d’abord le pardon des péchés.

Allez voir au tableau d’affichage de votre église, en ville ou en rural, pour savoir où se trouve la célébration de la messe.

Vous êtes en déplacement ?


 

Soyez intérieurement en état de prière

Cela suppose moins de distractions, moins de bruit, plus d’intériorité tout au long de nos journées.

Voici une prière transmise par les premiers Pères du désert (3è – 4è siècle). Répétée intérieurement, en synchronie avec la respiration, elle permet à notre âme de rester consciente de la présence de Dieu, alors que nous nous occupons aux tâches quotidiennes.

« Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur »

La tradition orthodoxe insiste pour qu’on entrelace prière et respiration l’une avec l’autre.

On dira dans l’inspiration: « Jésus-Christ, Fils de Dieu », et dans l’expiration : « Aie pitié de moi, pécheur ».

Dans sa version courte, cette prière devient « Seigneur, aie pitié de moi » (Kyrie eleison) que l’on répète intérieurement des centaines de fois par jour jusqu’à ce qu’elle devienne aussi spontanée et instinctive que la respiration.

Chacun peut, bien sûr, modifier ou simplifier la formule selon ses goûts, ses préoccupations, son rythme, son humeur, soit à mi-voix, soit en pensée intérieure :

- « Seigneur, apprends-moi à t’aimer » 

- « Seigneur, pardonne-moi »

- « Jésus, viens »

- « Jésus, merci » 

- « Jésus, j’ai confiance en toi »

- « Ô Jésus, roi d’Amour, j’ai confiance en ta miséricordieuse bonté ».

- « Que tout esprit loue Dieu »

Plus notre « intérieur » est habité par la prière, moins l’esprit mauvais peut s’insinuer. C’est vrai pour tout combat spirituel, en particulier celui contre les tentations, qui sont l’essentiel du travail diabolique pour nous éloigner de Dieu.

Combattez les tentations, développez les vertus

À votre avis, quel est le travail le plus habituel du démon ? C’est la tentation intérieure, discrète, insistante, pour nous faire tomber dans le péché.

Jésus lui-même a été tenté.

Les évangiles se font l’écho de trois tentations, qui résument toutes les autres. Vous pouvez en lire l’évocation dans l’évangile selon saint Matthieu au chapitre 4.

Jésus nous apprend à repousser la tentation par la puissance de la Parole biblique et par la prière.

Tous, nous devons entrer dans ce combat spirituel qui consiste à lutter contre les tentations et à développer les vertus.

J’ai écrit un petit commentaire sous forme de méditation, intitulé trois fois tenté, trois fois libre ! Vous pouvez en lire le texte sur mon blog sous ce lien.

 

3 — PETITS COMPLÉMENTS ANTI-DIABOLIQUES

Manifestations paranormales, que faire ?

Bien des personnes sont terrorisées par certains phénomènes paranormaux. D’autres, en détresse, ont fini, par tâtonnements successifs, par découvrir que la prière les faisait cesser.

C’est en effet la bonne tactique. Les phénomènes paranormaux objectivement avérés sont le fruit de la présence des esprits ténébreux qui parasitent une personne. La peur ne sert à rien. Il est normal d’avoir peur dans certains cas, mais il ne faut pas nous laisser envahir par la peur…

 

Il faut réagir immédiatement par la prière. Prier, c’est s’ouvrir à l’Esprit de Dieu. Invoquer le nom de Jésus, celui de la Vierge Marie, celui de l’archange Saint Michel, c’est leur permettre de se rendre présents et de faire reculer les esprits mauvais.

Petite vérification à faire : rien dans ma maison ou sur moi qui puisse être un « signe » occulte (pendule, jeu de tarots divinatoires, talismans, représentations d’idoles, la formule magique sur une petite feuille, etc.). Faire le ménage.

Quelle prière dire ?

> D’abord le Notre Père. La seule prière que Jésus nous ait donnée est le « Notre Père ». Celui-ci se termine par cette demande : « Délivre-nous du Mal ».

J'ai reçu bien des témoignages de personnes qui ont fait l'expérience d'éloigner tel ou tel phénomène paranormal qui les accablait simplement en récitant le Notre Père... « Ça s'est arrêté d'un seul coup… »

Vous avez une sensibilité médiumnique et divinatoire ? Refusez volontairement les « informations » qui affluent, et réagissez tout de suite par la prière …

> Le Je vous salue Marie, bien sûr, prière qui se compose de la salutation de l’ange Gabriel, et du cri d’admiration de la cousine de Marie, Elisabeth… Des paroles bibliques, donc.

Plus simple encore : répéter tranquillement le nom de JÉSUS, « le Nom qui est au-dessus de tout nom, pour que tout, au nom de Jésus, s’agenouille, au plus haut des cieux, sur la terre et dans les enfers » (Ph 2, 9-10)

Jésus a été tenté par le diable, et l’a vaincu. C’est sa victoire qui est le gage de la nôtre. Ayons bien conscience que nous sommes, par notre FOI en Jésus, établis sur une base de victoire.

? Pour écouter le chant Victoire, tu règneras (Jean-Paul Prat)

? Victoire au Seigneur de la Vie (groupe de louange Le Pain de Vie)

Notre combat ne consiste pas à essayer de remporter la victoire, mais à éloigner l’ennemi que Jésus a déjà vaincu, et qui vient nous « titiller » pour nous faire croire que nous sommes dans la défaite…

« Désormais, la victoire, la puissance et la royauté

sont acquises à notre Dieu,

et la domination à son Christ,

puisqu'on a jeté bas l'accusateur de nos frères,

celui qui les accusait jour et nuit devant notre Dieu. »

(Ap 12, 10)

Des gestes et des attitudes de foi

* L’eau bénite est utile pour nous rappeler la grâce de notre baptême, et combattre la présence de l’ennemi. Avoir un petit bénitier, chez soi, où l’on peut plonger l’extrémité de ses doigts et faire un beau signe de croix avec foi…

* L’invocation à Saint Michel Archange est traditionnelle dans l’Église pour demander son aide dans notre combat spirituel contre les démons. Cliquer ici pour voir la prière.

* Le fait de porter des objets bénis sur soi (ou d’en avoir à la maison), par exemple une médaille de la Vierge de la rue du Bac, une petite croix, une médaille de Saint Benoît, un chapelet… tout cela peut nous aider dans notre marche vers la sainteté. Encore une fois, il ne s’agit pas de grigris, ni de talismans, mais d’objets qui nous rappellent notre condition de chrétiens.

* Bien sûr, on peut demander au curé de sa paroisse de passer chez soi pour bénir l’appartement ou la maison. Afin de manifester qu’on désire y vivre vraiment en présence de Dieu. En se rappelant que s’il y a des phénomènes paranormaux dans la maison, c’est plutôt la personne qui habite la maison qui provoque ce genre de choses; ils peuvent cesser après la démarche de prière de libération et dès qu’on entreprend un combat spirituel.

Nous t'en supplions, Seigneur, visite cette maison, et repousse loin d'elle toutes les embûches de l'ennemi; que tes saints anges viennent l'habiter pour nous garder dans la paix; et que ta bénédiction demeure à jamais sur nous. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen. (Complies du mardi)

* Oui les anges gardiens existent, et chacun de nous a un ange à son service. Lui demander son aide dans la prière est une excellente chose. À condition de ne pas tomber dans l’évocation des esprits « guides spirituels », par des recettes dont le réseau internet regorge… Ces recettes aboutissent aux « anges déchus » que sont les démons. Au contraire, demandons l’aide des Saints Anges.

Quelques belles citations sur les Anges gardiens…


L’invocation au Précieux Sang de Jésus

Certaines personnes ont un combat spécial à mener, pour des raisons particulières.

Elle pourront trouver comme une sorte d’extension de la prière de protection dans cette supplication pour demander libération et protection par l’invocation du Sang de Jésus composée sous la forme d’un chapelet à réciter,

à télécharger sous ce lien

J’ai composé cette prière de façon plus biblique, sur le modèle du chapelet à la divine miséricorde. Je l’ai montrée à mon évêque qui m’a permis de la mettre à votre disposition.

L’invocation au Sang de Jésus est puissante contre les démons, à chacun d’en faire l’expérience.Du coeur ouvert de Jésus, toutes les grâces nous sont accordées.

Spirituellement fort

Vous direz : c’est beaucoup trop pour moi. Je n’y arriverai pas ?

Cependant, c’est maintenant le moment favorable pour entreprendre une démarche profonde — C’est maintenant le jour du salut !

Vous êtes motivé(e) parce que vous subissez l’impact des attaques spirituelles, et les parasitages liés aux compromissions avec l’occultisme.

Écoutez Jésus : « Entrez par la porte étroite. Large, en effet, et spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et il en est beaucoup qui s'y engagent ; mais étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la Vie, et il en est peu qui le trouvent » (Mt 7, 13-14).

Gravissez jour après jour les marches, même si elles vous semblent trop hautes. Soyez progressif et proactif.

En peu de temps, vous verrez la différence.

Pour conclure, un peu d’humour

Il avait été annoncé que le diable devait se retirer des affaires et mettre ses outils en vente.

Le jour de la vente, les outils étaient exposés d’une manière attrayante : malice, haine, envie, jalousie, pornographie, fourberie, vengeance… tous les instruments du mal étaient là, chacun marqué de son prix.

Il y avait aussi un outil en apparence inoffensif, très usé, mais dont le prix était supérieur à tous les autres.

Quelqu’un demanda au diable ce que c’était :

– C’est le découragement, répondit-il

– Pourquoi le vendez-vous aussi cher ?

– Parce qu’il est plus utile que n’importe quel autre. Avec ça je peux entrer dans n’importe qui, et une fois à l’intérieur, manœuvrer de la manière qui me convient le mieux.

– Pourquoi est-il si usé ?

Parce que je l’emploie avec tout le monde… Mais très peu de gens savent qu’il m’appartient.

Le prix fixé pour le découragement était si élevé que l’instrument n’a jamais été vendu.

Le diable en est toujours possesseur et… il continue à l’utiliser…

P. Dominique Auzenet (et une équipe)

Bibliographie

Si vous souhaitez aller plus loin sur ce thème du combat spirituel, il existe de très nombreux livres, dont voici quelques-uns.

* P. Hervé Ponsot, dominicain. Combat, la spiritualité au quotidien. Éd. du Cerf, 2016

Vous trouvez les principales articulations de ce livre ici.

* Christian Poirier. Le combat spirituel. De l’ombre à la lumière. Éd. Salvator, 2008.

* P. Pierre Descouvemont, Gagner le combat spirituel. Éd. de l’Emmanuel. 2006.

* Marie-Anne Le Roux. Sortir gagnant de nos luttes intérieures. Éd. des Béatitudes. 2008.

* P. Benedict Héron. Jésus est le plus fort. les voies du combat spirituel. Éd. P. Téqui, 2000 (Trad. de l’anglais par Béatrice Soulary). Voici le chapitre 5 du livre : face aux attaques du démon.

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Magie et prière

La seule prière des chrétiens

Elle est enseignée par Jésus,
transmise par les évangiles,
et utilisée dans la liturgie.

 Notre Père, qui es aux cieux,
 que ton Nom soit sanctifié,
 que ton Règne vienne,
 que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
 Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour,
 Pardonne-nous nos offenses,
 comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé,
 Et ne nous soumets pas à la tentation,
 mais délivre-nous du Mal.

Elle n’est pas « secrète »,
il l’a enseignée publiquement,
elle contient tout ce que nous avons à demander.

Elle s’adresse à Dieu-Père,
avec un coeur d’enfant;
et nous lui disons humblement :
que TA volonté soit faite…

Alors, pensez-vous que ceci soit une prière ?

Reprenons la petite ritournelle pour « couper le feu ». Elle s’adresse au feu, le commande, le « conjure » au nom de Judas, et en faisant allusion à Jésus…

« Feu, feu, feu,
je te conjure de perdre ta chaleur,
comme Judas perdit sa couleur
en trahissant Notre Seigneur».

Ce n’est pas une prière.

Ça ne s’adresse pas à Dieu.

Et comment se fait-il qu’elle produise un effet quasi instantané pour supprimer la douleur liée à la brûlure ? Quel est son secret ? Une action magique ?

Serait-ce une bonne magie réservée à certains qui ont reçu « le don » ?

Beaucoup de gens disent cela, pour se tirer d’affaire :
« Il y a une bonne magie et une mauvaise magie »

Sous-entendu : il y a une magie pour faire du bien, et une autre pour faire du mal.

Et aussi : ne vous posez pas trop de questions, ces gens font de la bonne magie, puisqu’ils soulagent des souffrances et guérissent des maladies. Donc c’est bien.

En d’autres termes : qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse !
C’est une erreur grave. Il n’y a pas de bonne magie.

Qu’est-ce donc que la magie ?

Dans le vieux fonds commun à toutes les civilisations traditionnelles, la « nature » est perçue comme un grand tout, où les esprits invisibles sont mêlés aux manifestations sensibles de la vie.

Avant même l’émergence des grandes religions traditionnelles, l’homme va se situer de deux façons différentes par rapport à ces réalités invisibles :

– soit il leur rend un culte de respect et d’adoration, tout en cherchant à se les concilier par des prières, des offrandes et des sacrifices : c’est la religion païenne;

– soit il s’efforce de mettre la main sur ces forces mystérieuses afin de les manipuler selon ses besoins et ses désirs : ce sont les rituels de la magie.

Même avec l’émergence des grandes religions monothéistes, ces attitudes n’ont jamais vraiment disparu.

En ce XXIè siècle, la magie est toujours présente. Pas seulement comme « mentalité magique ». Mais comme vraie magie.

Dans notre monde pluriel, multiculturel, la pensée et l’action magiques sont vécues de plus en plus ouvertement.

Rendre un culte aux forces de la nature ou apprendre à manipuler les énergies, ce sont des postures devenues banales, du moment que « ça marche »…

Le caméléon

On sait que la magie se décline à travers des couleurs : noire, blanche, rose ou rouge, verte… Mais au-delà de ces catégories, je voudrais faire la distinction entre :

* La magie MANIFESTÉE ouvertement

– Elle consiste à invoquer ouvertement Satan, ou des démons, ou « des esprits  » par des « rites ou rituels»

– afin d’obtenir pour soi ou pour d’autres : le succès, la réussite, la santé, l’argent;

– et souvent pour faire du mal à d’autres, pour leur nuire.

J’appelle cette magie manifestée parce qu’on y fait ouvertement
des rituels de magie blanche (même si on l’ignore),
et/ou de la magie noire (car là, on le sait très bien)

* La magie CAMOUFLÉE, version religieuse

– Elle consiste à invoquer Dieu, la Trinité, la Vierge Marie, les Saints (vrais ou faux)

– en prétendant mettre la main sur la puissance divine à notre profit.

– en employant des « formules » qui recherchent la guérison, la préservation des difficultés, la puissance, la réussite …

– pour se faire du bien, se protéger, et très souvent pour soulager les autres.

J’appelle cette magie camouflée parce qu’elle est revêtue de beaux atours religieux et bienfaiteurs… Si bien qu’on croit être dans la religion, alors qu’on est toujours dans la magie. Comme le caméléon, elle a su s’adapter !

L’éléphant

La frontière entre les deux peut devenir très floue… Et le caméléon se transforme en éléphant, comme la grenouille des fables de La Fontaine, qui voulait se faire aussi grosse que le boeuf…

CAR IL N’Y A QU’UNE SEULE MAGIE, sous deux formes :

– ouvertement magique, en faisant appel aux esprits et/ou au démon, la magie noire;

– ou masquée sous des habits religieux et charitables, la magie blanche.

Dans la magie noire, on s’adresse à Satan, au diable et aux démons…

Dans le cas de la magie blanche, on semble s’adresser à Dieu par l’intermédiaire des saints ou de prières (qui sont souvent des formules).

Là se trouve la TROMPERIE et le PIÈGE dans lequel tombent la plupart des gens.

En fait, le rite de magie blanche aboutit aussi au démon, car on ne met jamais la main sur Dieu.

Les super pouvoirs de la magie

La prière chrétienne La magie camouflée La magie manifestée
S’adresse à Jésus, au Père, à l’Esprit Saint Invoque des saints, vrais ou faux (Judas) Appelle Satan, les démons, les esprits
Implore et accueille, demande (humilité) Prend, s’approprie, conjure, commande (orgueil), formules, énergétique Rituels appropriés channeling, pactes
Le résultat est soumis à la volonté de Dieu. Que ta volonté soit faite Le résultat est automatique et immédiat. Que ma volonté soit faite Obtient des choses extraordinaires ou accomplit des maléfices puissants
Dieu répond sur la terre ou au ciel, à sa façon, souvent autrement que notre demande, souvent aussi longtemps après Le démon répond sur la terre, tout de suite, selon notre demande, mais il a un pied dans la maison, et il va le faire savoir Le démon répond sur la terre, avec puissance, pour mieux nous enfermer éternellement,  à cause du pacte

Mettre la main la puissance divine est une illusion dangereuse

Dans la magie, en asservissant des forces occultes
(c’est-à-dire cachées, et dont on ignore la provenance),

* on cherche à FORCER le cours des événements,

* à avoir une influence, un POUVOIR sur les autres à son propre avantage ou à l’avantage des personnes demandeuses.

Rien à voir avec la prière !

Celui qui va répondre à mon rituel ou à mon engagement occulte risque bien d’être… le démon.

En tout cas, ce n’est pas Jésus.

Il a dû déjouer certaines attitudes magiques suggérées par le démon; par exemple lors de son jeûne au désert, changer les pierres en pain

ou encore suggérées par les personnes autour de lui, par exemple après la multiplication des pains :

«  A la vue du signe qu’il venait de faire, les gens disaient: « C’est vraiment lui le prophète qui doit venir dans le monde. » Alors Jésus, se rendant compte qu’ils allaient venir s’emparer de lui pour le faire roi, s’enfuit à nouveau dans la montagne, tout seul. » (Jn 6,11-15)

De sa naissance dans une étable jusqu’à sa mort en croix, Jésus témoigne d’un esprit de pauvreté et de service qui lui fait fuir toutes les situations de pouvoir et d’emprise, qu’il a toujours considérées comme des tentations diaboliques.

Il a vécu le super-pouvoir de l’Amour désarmé …

Plutôt magique ou plutôt religieux ?

Quand j’ai besoin de la pluie, je peux m’adresser à Dieu par une prière. De toute façon, Dieu répondra comme il le voudra.

Supposons qu’il ne me donne pas la pluie. J’ai vraiment un comportement religieux si je demeure ferme dans ma foi en lui, et en paix devant sa libre décision.

Au contraire, quand j’ai besoin de la pluie, si je suis convaincu qu’il me suffit de réciter une formule pour obliger Dieu – ou bien une divinité, un esprit, voire le diable – à faire pleuvoir, je suis alors en plein comportement superstitieux et magique.

Une personne a un comportement religieux :

+ quand elle croit en Dieu, l’adore, le loue, le bénit, le remercie,
+ lui demande pardon de ses péchés en les confessant,
+ compte sur lui en lui remettant sa vie sans conditions;
+ et s’abandonne à son amour avec une confiance totale.

Et, quand elle le prie, elle n’a jamais l’idée de le forcer par cette prière, ou de le plier à sa propre volonté, mais seulement d’obtenir la grâce nécessaire pour s’ajuster elle-même à ce que lui veut.

En revanche, un comportement magique se traduit par :

– le recours à des formules déterminées : des rites, des gestes, des philtres, des amulettes ou des talismans,
– afin de se protéger du malheur et d’attirer la chance
– ou d’acquérir un pouvoir et une maîtrise extraordinaires sur la réalité.

Jésus nous a prévenus : des gens peuvent sembler faire des miracles, mais, en fait, commettent le mal.

« CE N’EST PAS EN ME DISANT : « SEIGNEUR, SEIGNEUR », QU’ON ENTRERA DANS LE ROYAUME DES CIEUX, MAIS C’EST EN FAISANT LA VOLONTÉ DE MON PÈRE QUI EST DANS LES CIEUX.

BEAUCOUP ME DIRONT EN CE JOUR-LÀ : « SEIGNEUR, SEIGNEUR, N’EST-CE PAS EN TON NOM QUE NOUS AVONS PROPHÉTISÉ ? EN TON NOM QUE NOUS AVONS CHASSÉ LES DÉMONS ? EN TON NOM QUE NOUS AVONS FAIT BIEN DES MIRACLES ? »

ALORS JE LEUR DIRAI EN FACE : « JAMAIS JE NE VOUS AI CONNUS ; ÉCARTEZ-VOUS DE MOI VOUS QUI COMMETTEZ LE MAL. »
(Mt 7, 21-23).

C’est très frappant de trouver dans ce passage de l’évangile, dans la bouche de Jésus, la juxtaposition entre le mot miracle et le mot commettre le mal… On en perd le nord ! Si c’est Jésus qui nous embrouille maintenant…

À moins qu’il veuille nous dire simplement que le Mal est capable de se déguiser en Bien pour mieux nous attraper…

Comme le caméléon qui s’adapte à son milieu pour mieux arriver à attraper sa proie.

Le funambule

Rester dans l’équilibre de la prière, comme le funambule sur son fil… Ne pas basculer dans le vide de la magie, car quelqu’un est tapi qui nous y attend… Apprendre à distinguer le vrai du faux.

* Faux : les recueils de prières où chaque « prière » correspond à la demande de guérison d’une maladie précise… La prière devient alors comme une « recette », un remède qui doit prouver son efficacité. Vous trouverez sous ce lien un exemple; je ne donne que la table des matières et l’index.

* Faux : les amicales pressions sur Dieu, en jouant sur la crédulité des gens avec un zeste de superstition. Voyez par exemple :

cette prière typographiée en forme de croix

cette « prière de sainte Thérèse » reçue par mail sous forme de chaîne de prière

copie de la lettre écrite par la bienheureuse Vierge dans la cité de Messine au temps de St Paul prêchant l’Évangile…

* Vrai : essayer de s’y retrouver. Il y a un tel méli-mélo aujourd’hui, beaucoup sont désorientés. Voyez ce long questionnement d’une personne qui cherche sincèrement la lumière par rapport à toutes ces prières qui semblent chrétiennes, mais qui sont rédigées dans un esprit magique, ou qui sont carrément des formules magiques.

* Le champion toutes catégories des recueils de prières chrétiennes devenues invocations magiques est un certain Abbé Julio. Il aura droit à un livret pour lui tout seul !

Ne pas basculer dans le vide de la magie, car quelqu’un y est tapi qui nous attend…

Une offre surnaturelle ?

Des personnes croient recevoir de leurs proches une « prière ». Ils ne se sont pas aperçu, par manque de formation, qu’il s’agit d’une formule magique.

> Entre charlatans et magiciens. « Quand je soigne sur photo, je fais des prières. Tous les jours, je prie pour mes patients. » Ce mélange des genres déconcerte. Il préoccupe également la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires

> Avant sa mort, elle m’a appris une prière. Je la dis dans ma tête et cela semble stopper les brûlures…  LIRE LA SUITE…

> Au culot : « Je trouve dommage que les guérisseurs comme moi et d’autres ne fonctionnent pas encore avec les membres du clergé! » m’écrit cette personne… LIRE LA SUITE...

Il n’y a pas de magie compatible avec le baptême chrétien

Le Catéchisme de l’Église Catholique dit (n° 2115-2118) : « Toutes les pratiques de magie ou de sorcellerie, par lesquelles on prétend domestiquer les puissances occultes pour les mettre à son service et obtenir un pouvoir surnaturel sur le prochain - fût-ce pour lui procurer la santé, sont gravement contraires à la vertu de religion. »

« La démarche magique est le contraire de la saine guidance spirituelle et de la conversion à Dieu dans laquelle l’homme trouve la confiance en ses ressources et en la vie.

La démarche magique est aussi le contraire de la prière, dans laquelle l’homme s’abandonne à une puissance d’amour et de paix, et s’en remet à la volonté du Dieu d’Amour.

La magie fonctionne comme une recette, comme un catalogue de vente par correspondance: on passe sa commande pour obtenir avec acharnement tout ce qu’on veut.

Dans la prière, on attend d’être exaucé, en rendant grâce, si notre demande va dans le sens de l’amour et du bien que Dieu veut pour nous.

Par la magie par exemple, des gens demandent la défaite, la ruine ou la mort de leurs ennemis, alors que, dans la prière, Dieu n’exaucera jamais une telle demande, contraire à l’amour, qui rejette le pardon et la miséricorde.

La pensée magique veut commander à autrui, à la vie et même à la mort. La prière est un lâcher-prise de l’homme qui s’en remet à la volonté de Dieu la Père qui promet le bonheur de chacun. »

(Jean PLlYA, Le combat spirituel, « Résistez au diable et vous serez libres», Éd. Saint Paul, 2014, p. 48)

Comment ne pas s’inquiéter de la diffusion d’une culture magique en direction des jeunes générations ? Ce formatage s’annonce délétère pour l’avenir.

Si vous souhaitez lire une réflexion plus élaborée, je vous invite à lire une lettre pastorale des évêques de Toscane, de 1994, intitulée Magie et démonologie.

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et pour smartphones, tablettes et liseuses  ZIP

 

Magnétisme guérisseur

Introduction

De quoi parle-t-on lorsqu’on parle de magnétisme ? En effet :

En physique, le magnétisme est une force produite par des charges électriques en mouvement.
 En médecine parallèle, le magnétisme animal est une approche thérapeutique postulant l'existence d'un fluide magnétique.
 En sciences sociales, le magnétisme est un phénomène qui génère une attirance entre plusieurs objets.
 En informatique, pour des interfaces graphiques, le magnétisme est la faculté d'un élément graphique à se coller à un autre lorsque la distance les séparant est suffisamment réduite.
 En Sciences de la Terre, on étudie le champ magnétique terrestre.
 En littérature, Magnétisme est une nouvelle de Guy de Maupassant datée de 1882

Le sujet de cet e-book est le magnétisme guérisseur appelé aussi : magnétisme humain, magnétisme spirituel, magnétisme curatif, magnétisme guérisseur…

Ce magnétisme est probablement le « soin » alternatif à la médecine conventionnelle le plus demandé et le plus pratiqué, le plus répandu en ville comme en campagne.

Face à un problème de santé ou de tension psychique, il ne manque pas de personnes autour de nous pour nous donner l’adresse d’un guérisseur réputé, dont le magnétisme ferait merveille. Qu’est-ce donc que ce magnétisme ?

* « Une faculté naturelle » ?

Certains pensent que la science n’a pas encore tout découvert et que la plupart des gens possèdent ce type de potentialité sans avoir encore appris à utiliser. Ce serait donc une sorte de « faculté naturelle ». Est-ce vraiment le cas ? Cette hypothèse est développée, par exemple, sur le site devenir-magnetiseur.fr

capture d’écran du site devenir-magnétiseur.fr

* « Un don qui vient de Dieu » ?

Il arrive fréquemment que les magnétiseurs reçoivent dans un local personnel « orné » de nombreux symboles religieux. Pour cette raison, beaucoup de gens pensent qu’il s’agit d’ « un don qui vient de Dieu ». Est-ce vraiment le cas ?

* « Un transfert d’énergie occulte » ?

Mais comment le savoir ?

 

Pour tenter de répondre à ces questions, repartons du dictionnaire Larousse :

Magnétisme :
 - Ensemble des phénomènes que présentent les matériaux aimantés
 - Branche de la physique qui étudie les propriétés de la matière aimantée, des aimants.
 - Attrait puissant et mystérieux exercé par quelqu’un sur son entourage
 À ce stade, il n’est pas question dans le Larousse d’un quelconque magnétisme animal ou humain comme don de guérison. Tout au plus, nous notons une métaphore sur l’attraction que peut générer une personnalité.



Magnétiseur :
 Guérisseur qui prétend posséder un fluide particulier (imposition des mains, passes à distance).

La définition du magnétiseur ne renvoie donc, pour le Larousse, à aucune réalité scientifique qu’elle soit en lien avec le magnétisme scientifique ou pas. Écartons aussi d’autres confusions, approximations ou abus de langage.

Quelques manifestations à ne pas confondre avec le magnétisme guérisseur

* L’attraction exercée par certaines personnes

Parfois, on parle de magnétisme dans le sens métaphorique de l’attraction que peuvent exercer certaines personnes sur d’autres.

Les cinq sens participent à cette forme particulière de lien. Un bébé reconnaissant l’odeur de sa mère entre toutes, des amoureux pour qui le reste du monde n’existe plus, un beau visage souriant croisé dans la rue, un timbre de voix qui nous fait vibrer, tous ces exemples illustrent un mode de relation la fois irrationnel et puissant. Pour autant, il n’y a rien de problématique à cela.

Cette attraction qui parfois nous « aimante » peut fluctuer avec le temps. Elle est bien souvent involontaire et implicite.

À l’inverse, lorsqu’il y a une intention d’attirer ou de captiver, nous entrons dans le champ de la séduction avec le risque d’aliénation de la liberté personnelle. C’est ce qui est à l’œuvre dans les relations d’emprise. L’essentiel est d’en prendre conscience et de savoir raison garder en fonction des circonstances !

* L’électricité statique

Y a-t-il un rapport entre le entre le magnétisme guérisseur et le fait de dérégler les horloges, les montres, etc. au point de ne pas pouvoir en porter ? Probablement aucun, car ce sont deux réalités différentes.

En ce qui concerne l’impact sur les montres et horloges, certaines personnes ont une capacité très grande à accumuler de l’électricité statique.

Quand on serre la main de certaines personnes on peut avoir une décharge électrique comme en sortant d’une voiture quand le pied touche le sol et la main la portière. Cela peut être augmenté par les vêtements que l’on porte notamment les tricots dits « Thermolactyl » (marque commerciale d’une fibre textile).

Les climats émotionnels influencent également l’électricité statique.

* Le toucher qui apaise

Un toucher juste, avec tact et respect, peut soulager par le seul fait de la présence à l’autre. Ainsi, l’ami qui tient la main de son ami souffrant peut soulager par la compassion réelle et sa présence.

Combien de mamans consolent leur enfant en le serrant contre elle quelques instants ? Il n’y a pas de magnétisme là-dedans, mais une attention et un accueil qui réchauffent le cœur.

Une main bienveillante qui touche le lieu douloureux peut procurer un apaisement grâce au contact. Certains soignants, sages-femmes ou infirmières par exemple, savent accompagner une personne qui souffre par ce geste simple mieux que par un long discours ou des gestes techniques médicaux qui ne sont pas toujours appropriés ou simplement possibles.

* L’intuition

L’intuition repose sur des indices non-verbaux qui sont reçus par les cinq sens. Dans les relations avec les autres, l’intuition ou le feeling peuvent être une force, à condition qu’ils soient accueillis avec prudence et ensuite vérifiés, validés par la logique et les faits. En effet, une personne intuitive peut aller jusqu’à deviner chez l’autre certaines choses qu’il s’efforce de cacher. Quel usage fait-elle de ce qu’elle perçoit ou croit percevoir ?

En effet, pour certains, une prétendue intuition n’est autre que la projection de leurs propres pensées et désirs sur une personne auquel ils les attribuent !

Par prudence, face à des personnes très intuitives, qui semblent avoir des antennes de très grande sensibilité, notamment pour capter les émotions d’autrui, il faut toujours vérifier une éventuelle relation à l’occultisme pour faire le partage entre simple intuition, projection/suggestion et médiumnité.

Qu’est-ce que le magnétisme guérisseur ?

De nombreux sites internet définissent un magnétisme qu’ils qualifient d’humain ou animal. Nous entrons-là dans le cœur de notre sujet. De quoi parlent-ils au juste ?

Voici, par exemple, ce que nous pouvons lire sur le site science-et-magie.com. Cette page est une interview d’un guérisseur-rebouteux du nom de Jean-Claude Collard. Son parcours est présenté sur le lien ci-dessous et mentionne un certain nombre de points caractéristiques que nous retrouverons au fil de notre réflexion.
http://www.science-et-magie.com/sm50/sm0010jcc.htm

  • « Pour le guérisseur, le magnétisme, dont il constate chaque jour les effets bénéfiques, est une source d’énergie universelle qui émane des corps vivants, des minéraux et des éléments les plus divers qui forment le Cosmos.
    C’est une force impalpable, non mesurable, non quantifiable mais qui se manifeste dans beaucoup de domaines. Est-ce un fluide, une vibration, une onde, un corpuscule ? Ou les deux, ou les trois, ou les quatre à la fois? Ou rien de tout cela? Je ne sais.
    Le magnétisme émane-t-il de Dieu, du Cosmos, des êtres vivants, de notre âme ou de notre esprit ? Rayonne-t-il des étoiles, de l’esprit des morts, de la matière? Je ne sais!

Nous quittons donc le domaine de la science pour celui des hypothèses et de l’ésotérisme. L’empirisme sert de point d’ancrage à une pratique dont les bases ne sont ni clairement posées ni simplement avérées. Le fait de « sentir » quelque chose suffit à justifier une pratique dite « de soin ». Nous avons moins une définition qu’un spectre large de suppositions dont certaines font froid dans le dos.

  • Le magnétisme animal ou vital
    Appelé fluide vital, fluide éthérique, fluide céleste, magnétisme animal ou humain, etc., il représenterait selon le Docteur Franz Anton Mesmer, une énergie émanant des corps célestes, analogue mais beaucoup plus subtile que celle de l’aimant.
    Cette force s’exercerait par le moyen d’un fluide où baignent les êtres et les choses. Mesmer affirme que l’homme peut concentrer ce fluide et en diriger à volonté le courant sur ses semblables. Les procédés sont très divers : contact immédiat par le toucher ou l’imposition des mains, soit à distance par des passes au-dessus du corps ou des parties malades, soit par le truchement de l’eau irradiée, ou de la volition.
    Les maladies qui, selon le célèbre praticien, ont pour origine une insuffisance ou un blocage du fluide dans l’organisme, sont soignées par une thérapie de recharge ou de dégagement, dont la fameuse « crise » déclenchée et observée lors des séances de magnétisme, représente le symptôme. Cette thérapie peut aussi s’exercer par le regard, par la présence, par le toucher, ou à l’aide de produits ou d’objets que le praticien aura préalablement imprégnés de son fluide.
    La théorie du magnétisme fut également mobilisée pour expliquer des phénomènes paranormaux tels que le somnambulisme ou l’hypnose, les possessions diaboliques, la voyance voire le prophétisme, etc.

Il est intéressant de noter que cette présentation n’hésite pas à faire allusion à d’autres manifestations ou techniques d’ordre paranormal, leur supposant, peut-être, un « lien de parenté ». Ci-dessous, le « magnétisme mental » suggère une similitude avec l’hypnose sans toutefois s’en réclamer complètement :

  • Le magnétisme mental
    Il est propre à l’homme. Il est produit par l’émission et la focalisation de la pensée concentrée d’un émetteur. Il agit par la volonté, la suggestion, l’influence. Il peut agir à distance.
    Ce magnétisme est neutre. Il peut agir dans les deux sens, pour le bien comme pour le mal. Encore plus subtil, il conjugue et augmente les effets des deux magnétismes précédents (minéral et vital).
    C’est la force qui fascine, envoûte, charme, suggère, hypnotise, nous l’avons vu, même à distance. »
  • Comment agit le magnétisme ?
    Sincèrement, je n’en sais rien. Ce que je sais, c’est que le magnétisme peut agir indépendamment de toute suggestion, puisqu’ il est employé avec succès sur les mourants, les enfants en bas âge, les handicapés mentaux, les animaux, et aussi à distance. Son véhicule ? Je l’ignore.
    Ce que je sais : lorsque je focalise puissamment ma pensée sur un malade, que je projette fortement ma volonté de guérir sur un être souffrant, que je visualise clairement ce que je veux, eh bien la situation s’éclaire, la récompense survient, le problème se résout. (souvent). »

Une conclusion à ce stade

La pratique du magnétisme guérisseur désigne ainsi la communication d’une énergie subtile non identifiable et non quantifiable, à laquelle le magnétiseur ne peut avoir accès qu’en se mettant en état de médiumnité (transe).

Cette énergie est captée puis envoyée par l’effort de la volonté vers la « cible », c’est-à-dire vers le patient, sur lequel le praticien doit prendre autorité pour pouvoir réaliser le transfert d’énergie.

Il y a donc une forme d’emprise de la volonté du magnétiseur sur celle du patient. Même les puissants phénomènes de suggestion mentale, sans doute présents dans la plupart des cas, ne suffisent pas à expliquer les modifications vécues par la personne magnétisée.

Nous formulons l’hypothèse d’un transfert d’énergie occulte. Celui-ci ne se fait probablement pas sans l’aide – implicite ou explicite – des esprits des ténèbres qui gouvernent le plan occulte sollicité. Par conséquent, la prudence nous invite à ne pas y recourir.

Laissons la parole aux magnétiseurs eux-mêmes.

Dans la confidence des magnétiseurs

Les journaux, souvent à l’affût de réalités exotiques, se font écho régulièrement de l’influence des magnétiseurs, en allant interviewer l’un ou l’autre. Mais ce ne sont que des plaidoyers « pro domo » sans recherche de discernement.

Je voudrais vous proposer de réfléchir à partir d’autres perspectives qui ont croisé mon chemin.

Vous trouverez le contenu complet de ces témoignages sur cette page
http://occultismedanger.free.fr/107_confidence_magnetiseurs.php

* Les personnes qui utilisent le magnétisme guérisseur « manipulent les énergies »…

? Écoutez ce bref message reçu sur mon répondeur. Panique et désarroi. On joue à l’apprenti sorcier, on a ouvert la cocotte-minute en pleine pression…

Lorsque l’on commence à toucher à la manipulation des énergies, c’est vite l’escalade d’une pratique à une autre, il faut toujours aller plus loin ! Ce magnétiseur interviewé l’exprime très justement LIRE LA SUITE

* Elles ne s’interrogent jamais sur l’origine profonde de leur « don ».

Or, il convient d’y regarder de plus près, et il peut arriver qu’on fasse de drôles de découvertes. Il s’agit ici d’un cas extrême, mais il devrait faire réfléchir sur l’envers du décor :

Cet homme était allé voir une rebouteuse pour se faire remettre un nerf, suite à un déménagement; et alors qu’il se raccrochait à elle, elle lui a dit: « enlevez votre main, ça me brûle ». Il a découvert à ce moment-là son don de fort magnétisme guérisseur qu’il utilise maintenant à temps plein.

Il parle de ses guérisons. « Je fais ça par téléphone, par photo, sur de l’écriture, par télépathie, à distance… Je peux faire tout ce que je veux… J’ai enlevé quelques sorts, par la force de mon magnétisme… Je fais aussi … LIRE LA SUITE

* Elles observent des conséquences problématiques sur elles-mêmes.

À force de développer leur « sensibilité » par les manipulations d’énergie, les personnes qui pratiquent le magnétisme finissent par souffrir d’un dysfonctionnement naturel (rupture d’équilibre entre l’intelligence et la sensibilité) et spirituel (ouverture aux entités malignes en rapport avec leur « travail »). Elles ont l’impression de devenir comme des éponges qui absorbent le mal présent autour d’elles, et sentent le besoin de se protéger par des rituels auprès « d’exorciseurs » qui oeuvrent avec des pouvoirs de même nature occulte…

Elles viennent quelquefois voir l’exorciste diocésain pour la même raison; j’en ai reçu plusieurs dans ce cas.

Cet homme est magnétiseur. Il a téléphoné pour avoir le prêtre exorciste, car il se dit aux prises avec des difficultés. Il n’est pas baptisé, et il a pris conscience d’être aux prises avec des « mauvaises ondes », dont il connaît très probablement l’expéditeur, ce qui a pour conséquence une perte de « patientèle ». Il utilise ce mot car il estime être professionnel, parce qu’inscrit au groupement national pour l’organisation des médecines auxiliaires (GNOMA, http://www.gnoma.com).
* Elles infiltrent leur milieu familial ou communautaire.

On peut dire qu’un don de magnétisme guérisseur dans une famille, ou une communauté religieuse ou laïque (association, groupe d’amis), est un petit poison.

Le magnétisme d’une personne ne reste pas isolé mais tend à contaminer l’ensemble du système auquel il appartient, à la fois dans l’espace et dans le temps. Les conséquences négatives s’infiltrent des uns aux autres par les liens familiaux ou communautaires, elles ont tout leur temps pour métastaser.

Cette jeune femme, baptisée à l’âge de l’adolescence, a eu l’occasion de bien cheminer. LIRE LA SUITE

Magnétisme hérité et/ou développé

Des personnes naissent avec « du magnétisme » et l’expérimentent dès l’enfance, sans avoir fait quoi que ce soit pour « l’avoir ». On pourrait donc croire que c’est un don naturel. Mais en examinant les antécédents familiaux, nous constatons que c’est une séquelle, une suite, de pratiques occultes antécédentes dans la famille.

Voici un exemple où magnétisme et médiumnité voisinent chez la même personne, avec une transmission sur trois générations…

Cet homme, autour de la cinquantaine, possède un magnétisme guérisseur, qu’il a commencé à ressentir à 17 ans. Il s’est servi d’un pendule jusqu’à un certain moment, puis n’en a plus eu besoin. En regardant les photos, il voyait la vie des gens… Et les gens l’admiraient, ce qui le valorisait. Il en est même arrivé de dire la date exacte de la mort de quelqu’un…

Sa femme affirme qu’à chaque fois qu’il utilise ces formules magiques, physiquement il le paye. Sa mère avait aussi une sensibilité divinatoire, et elle subissait des phénomènes paranormaux bizarres.

Leur fille aînée (presque 10 ans) a un magnétisme guérisseur décuplé, ainsi que des capacités divinatoires (elle est capable de mettre la main très exactement là où est le mal) ; par ailleurs elle va volontiers prier à l’église.

D’autres personnes développent un magnétisme guérisseur suite à des traitements magiques ou occultes sollicités pour elles-mêmes. Le magnétisme guérisseur semble se développer particulièrement chez des personnes qui sont allées voir des guérisseurs, subissant par conséquence l’influence de la magie blanche…

Martin a constaté, adolescent, que son père, possédait chez lui un livre de magie noire, le Petit ou le Grand Albert. La mère de son père avait un don pour conjurer les maladies. Lui-même n’a commencé à émarger à l’occultisme qu’au moment où il est allé voir une voyante. Il a continué à en voir d’autres, et a donc été l’objet d’un certain nombre d’investigations psychiques par pouvoirs médiumniques.

En parlant de son initiation aux médecines énergétiques, il m’avoue qu’il vient de quitter une profession dans le créneau du bien-être (massages). Il a fait une initiation au shiatsu (massage des points d’énergie avec les pouces). En fait, depuis tout petit, on lui disait que lorsqu’il posait les mains, « on se sentait bien »…

Cet homme a probablement depuis toujours un don de magnétisme guérisseur, qu’il n’a pas exercé. Ce don s’est épanoui à travers les massages énergétiques. L’origine se situe très probablement du côté paternel.

Le fait de posséder des livres de magie noire, ce qui était le cas de son père, est aussi une forme de pacte avec les puissances des ténèbres, qui donne droit ensuite sur les descendants…

Pratique familiale, transmission générationnelle

Nous voyons mieux pourquoi certaines personnes peuvent avoir du magnétisme dès l’enfance.

Lorsqu’on demande à la personne qui possède du magnétisme d’expliciter sa relation personnelle et familiale (parents, grands-parents) avec toutes les formes de l’occultisme… on constate que l’apparition du magnétisme est la conséquence directe (ou indirecte à une ou deux générations de distance) de pratiques occultes vécues auparavant.

Le témoignage de Jean-Claude Collard (cf. deuxième partie de ce document) montre bien les différents liens du guérisseur avec le magnétisme par l’intermédiaire de son épouse et de ses deux grands-mères puis en rencontrant une guérisseuse qui lui permet d’approfondir sa pratique.

Le magnétisme et ses alliés

Il faut mentionner également le fait que le magnétisme « voisine » assez souvent avec d’autres réalités occultes, ce qui est tout de même ennuyeux. Nous rejoignons-là le « lien de parenté » entre les techniques aperçu sur le site science-et-magie.com.

Nous pouvons citer en particulier : la médiumnité, cette sensibilité paranormale et occulte présente chez certaines personnes; elle donne alors un climat tout particulier à leurs pratiques et à leurs méthodes.

Nous mentionnons aussi la magie blanche, car beaucoup de magnétiseurs ont dans leur arsenal une formule magique pour conjurer (par exemple les brûlures, et ils le font des deux manières : conjuration et magnétisme) et la magie noire.

Médiumnité et divination
Cette femme raconte la chose suivante. Son père a eu une extinction de voix. Il a alors rencontré quelqu’un qui maniait le pendule, et qui lui a affirmé : « je ne peux rien faire pour toi, tu as autant de force que moi ».

Il lui a alors proposé un test, de type paranormal, avec un morceau de viande : la gardant dans sa main un certain temps, la viande est devenue ensuite dure comme une semelle. Le résultat de ce type de tests manifeste la réalité d’un magnétisme physique, mais aussi guérisseur chez cet homme.

Car ensuite il a plus ou moins soigné ses enfants par magnétisme. Et maintenant, sa fille, elle aussi semble avoir ce magnétisme guérisseur, et ses enfants également. Mais cela n’a jamais été vraiment développé de façon claire.

Elle témoigne aussi d’une sensibilité médiumnique constante… Dans sa profession, elle a eu comme des anticipations qui lui ont permis, en tant que sous-directrice, de conseiller efficacement des directeurs…

On rencontre fréquemment des magnétiseurs qui ont aussi des capacités médiumniques. Ils profitent de la présence du « patient » pour lui dire un certain nombre de choses sur son passé et sa vie présente… La personne est en démarche de demande et le magnétiseur va plus loin dans l’emprise…

Les magnétiseurs travaillent avec les mains, mais aussi avec le pendule, parfois pour repérer où se cache le « mal », voire repérer des « entités cachées » sur le corps avant de faire leur travail avec les mains. Ces personnes ont aussi très souvent des cristaux « énergétiques » chez eux… Ce sont des signes qui orientent vers la divination et les déplacements d’énergies…

Les différentes formes de magie
Cette dame, veuve, a rencontré un homme qui avec qui elle a passé ensuite un après-midi de loisirs ; il lui a dit : « ce soir j’irai dormir chez toi ». Elle a répondu non, évidemment ; il a ensuite insisté : « mercredi, j’irai manger chez toi… » Elle a également refusé.

Devant ces refus assez précis, alors qu’en réponse au précédent courrier, elle exprimait qu’elle allait recourir à la police, il s’est permis de lui envoyer un e-mail où il exprimait posséder un don de magnétisme.

S’il l’avait toujours mis au service du bien et du soulagement des douleurs de ses semblables, il affirmait qu’il avait aussi cette faculté d’en appeler à la justice immanente, redoutable pour tous ceux qui avaient mal agi envers lui. Cette faculté, il avait décidé de l’enclencher à son égard.

«Dans les jours, les mois qui viendront, des événements tragiques, sans que je puisse en être considéré comme l’auteur, notamment par une quelconque autorité de justice, viendront me rappeler à ta moralité équivoque. Le compte à rebours est déclenché. Rien désormais ne pourra l’arrêter. »

Tous ces « dons », finalement, se tiennent par la main. On passe de l’un à l’autre sans problème. La raison tient à leurs racines communes.

Dépendance, addiction, emprise…

Demander les services d’une personne qui « magnétise » est une démarche assez courante… On y reçoit un soulagement, souvent une écoute. Certaines personnes finissent par y aller comme on va chez le médecin.

N’oublions pas que la demande d’aide auprès d’un magnétiseur intervient dans une période d’épreuve et de vulnérabilité : problème de santé, de travail, d’argent, de relation conjugale, familiale…

Une relation de confiance s’établit. On partage des choses qu’on ne dirait pas forcément à d’autres. Pour peu que le magnétiseur ait de l’empathie, voire des capacités occultes de divination, un lien s’établit où l’affectivité pourra « résonner » de façon particulière.

Mais il faudrait « raisonner » un peu plus, car le risque de dépendance est considérable. Elle peut prendre des proportions inattendues, et devenir franchement malsaine et enfermante, provoquant une emprise, voire une addiction destructrice.

En voici quelques exemples.

- André* a consulté pendant dix ans, tous les mois, quelquefois tous les deux mois, une « énergéticienne » qui lui a fait des massages d’huiles essentielles, qui lui a promis qu’il trouverait un autre travail sans que cela se réalise vraiment, qui l’a magnétisé…

Son épouse y allait aussi. Les parents de son épouse y vont maintenant. Son couple a explosé. Quelle somme d’argent dilapidée, et quelle dépendance !
 * Tous les prénoms ont été changés, ici et dans l’ensemble de l’e-book.

- Yvette dit : « On a quelque chose sur nous… Tout va mal… On se pose beaucoup de questions… » D’origine rurale, elle travaille en ferme, et affirme aller voir un magnétiseur tous les 15 jours, ses enfants aussi…

Au fil de la conversation elle dira aussi avoir vu des voyants : « des gens qui m’ont dit qui c’était… » Au vu de ses nombreux contacts avec des personnes ayant des pouvoirs occultes, elle fait elle-même son propre malheur. .

- Amélie est "suivie" chaque semaine par un magnétiseur depuis sept ans. Elle y va tous les mercredis pendant 3/4 h. Depuis un mois le magnétiseur s’est aperçu que son feu de cheminée "baissait" énormément (les flammes s’éteignaient à 90 %) lorsqu’elle était là; il lui a dit que c’était mauvais…! Elle souhaite donc savoir si on peut faire quelque chose pour elle…

Comment faire entendre à cette personne qu’elle est devenue totalement dépendante, ayant même aboli son esprit critique, et qu’il faut arrêter ? Elle dit qu’avant de le connaître, elle était très mal : dépression, boisson, etc. Elle a donc du mal à concevoir la nocivité du magnétisme...


- Sophie témoigne d’un symptôme d’enfermement dans l’échec : «On a tout le temps des problèmes… On est tout le temps malade… On a toujours quelque chose… Rien ne nous fait rien. » Ses difficultés de santé ont été l’occasion pour elle de fréquenter de très nombreux magnétiseurs.

Sa maman emmenait fréquemment son papa chez un magnétiseur tous les dimanches matin… Il se sentait comme poussé à y aller. La famille entière était donc très marquée par une dépendance du magnétisme.

- Jacqueline est atteinte de bégaiement et à cause de cela, elle a vu une trentaine (sic) de magnétiseurs. À cela il faut ajouter des consultations chez une dizaine de voyantes. Elle a toujours considéré qu’elle n’avait pas de chance, d’où le désir de savoir si ça irait mieux dans l’avenir.

Conséquences : des phénomènes paranormaux, une sensibilité de médium. Sa fille est aux prises elle-même avec des phénomènes paranormaux, et son enfant de quatre ans fait des cauchemars, et dit « voir du monde au plafond ». On voit bien ici la transmission familiale des liens à la suite des contacts de la maman avec les magnétiseurs.

Cette personne me dit : « Ce sont des années d’accumulation et d’addiction aux magnétiseurs et guérisseurs… Et avant, les courriers et les téléphones avec les voyants. J’ai l’impression que je ne suis plus moi-même ».

Des photos, pour quoi faire ?

La demande ou le dépôt de photos devrait attirer notre attention. C’est le signe d’une emprise occulte à distance à partir d’un support représentant la personne.

De nombreux sites internet proposent cette solution… plus confortable ! Voyez ces exemples http://occultismedanger.free.fr/109_des_photos.php

Les personnes préparent les photos à l’avance, pour pouvoir les donner…
Et certains se mordent les doigts de les avoir laissées, une fois qu’elles ont compris ce qui pouvait se passer…

Savez-vous ce que cela signifie ?

Le « travail » sur support est la façon ordinaire de procéder dans les rituels magiques, notamment les rituels de magie noire (vêtement, rognures d’ongle, mèche de cheveux, etc.).

Je me souviens de cette maman, en instance de divorce, venue avec son enfant. Elle me disait : « C’est bizarre, tout de même… Chaque fois que mon fils va chez son père, il revient avec une mèche de cheveux en moins, parce qu’il la lui a prélevée ». Je lui ai répondu : ne cherchez pas très loin, c’est pour pouvoir demander des rituels de magie sur lui et sur vous…

J’ai eu aussi l’une ou l’autre fois des témoignages de ce qui peut se passer à l’occasion d’une fête de famille, où des personnes réputées pour être engagées dans l’occultisme, en profitent pour prendre des photos avec leur téléphone des personnes qu’elles veulent « cibler »…

Peut-être hésiterez-vous la prochaine fois à laisser votre photo ?

Il est intéressant de lire ce qu’écrit un magnétiseur :

« La visualisation (sur photo) agit comme un fil avec une flèche qui atteint sa cible (les deux sont reliés). Aucun magnétiseur à distance ne peut projeter son magnétisme (énergie) tant que la personne n'est pas visualisée.

C'est bien évidemment là qu’intervient le pouvoir de concentration, et la puissance du magnétisme par un transfert d'énergie.

Le magnétisme à distance sur support photo donne de très bons résultats.

Je pratique le magnétisme à distance pour les personnes en dehors de ma zone géographique d'intervention, les personnes hospitalisées ..

Ces séances ne se conçoivent qu'en complément d'une prise en charge médicale

Les bénéfices sont identiques à une séance en présence à condition de faire confiance, de laisser faire les choses … »

Les liens et les parasitages paranormaux dus aux impacts occultes

Mme Y. est une femme intelligente, de milieu très aisé. Son mari est un homme cultivé. Ils forment un heureux ménage, ont deux enfants. Tout à coup, un torrent déferle sur cette maison. Cette épouse de bonne éducation, semble soudain prise dans un vent de panique. Il lui vient des goûts inattendus. Elle recherche des compagnies vulgaires, des lieux mal famés (...) Son caractère se transforme lui aussi. Elle était connue comme une femme douce, aimante ; elle devient acerbe, grossière, méchante.

Elle fait le vide autour d'elle, se désintéresse de ses enfants, tourmente son mari. Il vient me voir en me disant : « Je connais mal les évangiles. Mais si je voulais employer leur langage, je dirais de ma femme qu'elle est possédée du démon. » Je l'interroge et finis par découvrir que ce brusque changement dans sa vie coïncide avec des séances qu'elle a eues chez un magnétiseur… (Maurice Ray, L’occultisme à la lumière du Christ, p. 115-122).

D’autres exemples ici :
http://occultismedanger.free.fr/110_parasitages.php

Vous trouverez de plus amples développements sur LES LIENS DUS AUX IMPACTS OCCULTES en parcourant les pages du site occultismedanger.free.fr, et aussi en téléchargeant les e-books de la collection La Ronde Infernale de l’Occultisme qui seront mis en ligne progressivement.

L’addition finit par être lourde pour le porte-monnaie, magnétisé lui aussi…

Une pratique qui n’est pas sans risque

Les fondateurs de courants de pensée ésotérique le reconnaissent également :
« Le magnétisme n’est pas sans risque car le danger porte sur tous les germes de la maladie du thérapeute car c’est son énergie qu’il donne ». (Annie Besant, + 1933, théosophe)

« Le magnétiseur cherche à guérir, et en déversant la force dans le patient, il lui communique inévitablement en même temps que sa vitalité beaucoup de ses émanations toxiques, des résidus éthériques rejetés, toutes les pollutions du corps sont véhiculés dans les niveaux subtils, et transmises par les passes magnétiques.. Il est évident que toutes les maladies existant chez le magnétiseur peuvent être facilement transmises au sujet. » (Charles LEADBETTER, + 1934, théosophe)

« Il faut que le guérisseur cherche à relier son âme, son cœur, son cerveau, et ses mains. Cela lui permet de projeter sur le patient la force vitale curative. Telle est l'action magnétique, qui peut soit guérir la maladie soit aggraver le mauvais état du patient, selon le savoir du guérisseur. Le guérisseur doit être attentif à éviter une projection de besoins personnels qui serait un obstacle à la limpidité du travail effectué. »
 (Cinquième règle de guérison http://www.terrenouvelle.ca/les-lois-et-regles-de-guerison/)

Les praticiens eux-mêmes

IL suffit, pour cela, de taper les mots clés danger et magnétisme pour comprendre qu’il y a un problème. Voici, par exemple, quelques perles qu’on peut trouver dans une présentation du magnétisme, si on lit avec persévérance… http://florilege-du-bien-etre.over-blog.com/pages/Le_Magnetisme_Definitions_et_Pratique-5307007.html

Théorisation et initiation

Le magnétisme animal, si l’on en croit ses théoriciens Messmer, Stanislas de Guaita, Eliphas Levi, Oswald Wirth, Marius Lepage … se veut laïc, c’est-à-dire sans adhésion à une croyance révélée, mais en référence à une «philosophia perennis» qui serait réservée aux initiés. Cette initiation ouvre l’accès aux forces de vie inscrites dans la nature.

« L’individu n’est rien par lui-même, mais il peut disposer d’une force immense s’il parvient à s’aimanter aux courants de la vie collective» (Oswald Wirth « L’imposition des mains et la médecine philosophale », Guy Trédaniel, p. XX, 1).

Nous rentrons alors dans la vision de la haute magie de l’ars magna des occultistes et des alchimistes que l’on retrouve dans de nombreuses pratiques aujourd’hui et qui rejoint étonnamment une certaine pratique ostéopathique fluidique ou énergétique ou certaines nouvelles thérapies énergétiques faisant appel au magnétisme ou à la médiumnité.

Il s’agit pour l’adepte de cette science des sciences de ne plus chercher en dehors de soi mais en soi le jaillissement de la « fontaine de Vie ». Il développe ainsi sa sensibilité subtile en se laissant guider par la nature. Sa capacité à sentir s’affine au point qu’il n’a plus besoin de contact et peut même opérer à distance.

Pour les personnes qui veulent approfondir ces aspects plus complexes,
voici quelques points d’attention :

  • Magnétisme et médiumnité
  • Très rapidement un certain type de sensibilité…
  • Avec de l’exercice…
  • Mais cela ne fonctionne pas avec tout le monde…
  • « La suggestion de l’opérateur provoque ce qu’il imagine »
  • « L’effet du magnétisme n’est pas nécessairement immédiat, il peut agir pendant plusieurs jours »
  • Un « thérapeute » qui développe cette réceptivité intuitive peut capter les idées de celui qui vient le consulter
  • Le magnétiseur trouve dans une volonté active et une imagination passive les ressorts de ses pouvoirs
  • Le magnétisme agit en trois temps
  • Ces trois phases passive, neutre et active se retrouvent chez de nombreux occultistes

Retrouvez des approfondissements détaillés sur cette page
http://occultismedanger.free.fr/112_theorisation_initiation.php

L’explosion des thérapies énergétiques

Le magnétisme guérisseur dont nous parlons dans ce livret est, en quelque sorte, le « magnétisme de base ».

Mais aujourd’hui, il existe des formes multiples de magnétisme plus élaborées ou sophistiquées.

Elles se présentent comme des médecines énergétiques ou des harmonisations d’énergies.
Elles croiseront forcément votre chemin. Il serait trop long d’en parler ici en détail.

Ce sont les magnétiseurs « modernes et à la mode ».

Par le jeu de liens internes, vous pourrez trouver des pages dédiées sur le site occultismedanger.free.fr, par exemple quelques distinctions qui peuvent vous être utiles pour une réflexion.

* LE REIKI.

Magnétisme haut de gamme, avec initiation en trois niveaux,
et communication avec les puissances des ténèbres…
Les dégâts humains et spirituels peuvent être graves.
Voir les documents sur cette page.

* LA MÉDECINE AYURVÉDIQUE.

Voir les documents.

* LA KINÉSIOLOGIE.

Voir les documents
Une forme simple et courante de magnétisme est la kinésiologie,
qui sonne plus logique, scientifique et européen
que les autres thérapies énergétiques.
Elle n’en est pas moins néfaste.

Cette liste n’est pas exhaustive, elle est en réalité beaucoup plus longue !
Vous pourrez retrouver le développement de ces thèmes dans des livrets dédiés, à paraître sur ce site.

Un discernement difficile pour le chrétien

Le fait que Jésus donnait des signes de guérison, quelquefois en imposant les mains, le développement contemporain de la prière pour la guérison des malades dans les courants charismatiques, tout cela peut prêter à confusion entre la guérison divine et le magnétisme occulte.

 

Aux personnes qui souhaiteraient approfondir la question des signes de guérison donnés par Jésus, je propose de travailler un numéro de la Petite École Biblique, un autre site internet que j’anime, intitulé : Jésus face aux demandes de guérison

 

 

Je voudrais ici montrer l’embarras et le questionnement du chrétien face à la réalité du magnétisme guérisseur, qui ressemble à un charisme de guérison.

Voici trois exemples de ce questionnement.
http://occultismedanger.free.fr/111_discernement_chretien.php

1. « J’ai ce que je considère comme un don reçu du Seigneur, je ne me l’explique pas. Lorsque je pose les mains sur quelqu’un, elles sont comme guidées par des sensations et ce don a déjà soigné dans mon cadre familial et amical. Tendinites diverses, blocage du dos, du coup, brûlures, blocage du genou, sciatiques.
Je suis persuadé que ce n’est pas moi qui « guéris »… LIRE LA SUITE

Une réponse : Personnellement, je ne pense pas que ce don vienne de Dieu. Vos intentions sont bonnes, c’est évident. Mais il faudrait pouvoir creuser votre rapport à l’occultisme ainsi que celui de votre famille. Cela ressemble comme deux gouttes d’eau à du magnétisme occulte.

2. « J’ai reçu, probablement à la naissance, un don dans les mains, don que mon père avait aussi… Force, fluide, je ne sais pas comment l’appeler, mais qui peut aussi bien être un don de Dieu qu’un don filial… Et peut-être même les deux… Je ne me suis aperçue de ce don qu’à l’âge d’environ 20 ans, quand j’ai commencé à travailler en milieu hospitalier. Mais je connaissais la prière à Jésus avant, vu que, adolescente, je me tordais facilement les chevilles, et mon père me massait la cheville abîmée avant de mettre un bandage. Cela soulageait la douleur sans guérir ni remettre en place les muscles froissés.

Cette prière est toute simple : « Jésus, que Ta force et Ta paix passent dans mes mains… » Par cette prière, je demande simplement et en toute humilité à Jésus de devenir son instrument pour soulager et apaiser la douleur de la personne à qui je vais imposer les mains. LIRE LA SUITE

Une réponse : Je vous remercie de me partager votre expérience personnelle. Mais je ne crois pas qu’un don de Dieu de type charisme de guérison puisse être à disposition de la personne, pour qu’elle puisse le mettre en œuvre à volonté, de la manière dont vous dites.

3. « Je voudrais savoir si toute personne possédant un don de magnétisme est forcément manipulé par le démon, même si cette personne est chrétienne. Peut-il aussi parfois s’agir d’un don de Dieu ou jamais ? Ma grand-mère a été soulagée d’un zona par un magnétiseur chrétien. »

Une réponse du P. Joseph-Marie Verlinde :
La question est redoutable, car elle me demande de prendre une position radicale. En principe pour pouvoir affirmer que le magnétisme est « toujours mauvais », je devrais … LIRE LA SUITE

Il peut être utile de rappeler ici une parole de Jésus où voisinent les mots « miracle » et « commettre le mal »

Matthieu 7, 21-23 : Ce n’est pas en me disant : «Seigneur, Seigneur», qu’on entrera dans le Royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Beaucoup me diront en ce jour-là : «Seigneur, Seigneur, n’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé ? en ton nom que nous avons chassé les démons ? en ton nom que nous avons fait bien des miracles ?» Alors je leur dirai en face : «Jamais je ne vous ai connus ; écartez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. »

Comment sortir de tout cela ?

Voici des liens qui vous mèneront vers les développements concernant cet aspect important et décisif pour les personnes qui souhaitent « tourner la page »

Les cinq dimensions de LA DÉMARCHE DE LIBÉRATION

◆ Faire une prise de conscience libre et éclairée
◆ Se repentir du péché contre la sainteté de Dieu
◆ Dénoncer les pactes conclus avec l’Adversaire
◆ Abandonner ses pouvoirs occultes, renoncer à tout occultisme
◆ Laisser l’Esprit Saint nous remettre dans la grâce du baptême

La mise en oeuvre du COMBAT SPIRITUEL QUOTIDIEN

◆ La prière de protection
◆ La méditation du chapelet
◆ La lecture de la Bible
◆ Les sacrements de l’Église : eucharistie et pénitence
◆ La prière du coeur
◆ Les bénédictions
Que dit la Bible et la tradition de l’Église sur l’occultisme ?

Un beau sacrement : l’Onction des malades

Une personne me racontait comment l’un de ses amis chrétien venait d’apprendre qu’il était atteint d’un cancer. Il devait faire face à un traitement lourd, radiothérapie et chimiothérapie. Il était déjà âgé. Pour se préparer à cette épreuve majeure qui l’atteignait dans sa santé, il avait décidé d’aller voir une magnétiseuse. Il y est resté pendant près d’une heure. Il en est ressorti, a-t-il témoigné, calme et pacifié, détendu…

Un autre ami chrétien, avait appris, lui aussi qu’il était atteint d’un cancer. Radiothérapie classique en vue. Bouleversement, réflexion intérieure, prière. Il avait décidé de demander à un ami prêtre de recevoir le sacrement de l’Onction des malades. Ayant choisi une date, il avait réuni ses amis proches, afin de se remettre à Dieu dans un petit temps de prière communautaire et de louange. Puis le prêtre avait donné le sacrement de l’onction des malades, reçu dans la foi, sans affect particulier. Et l’on avait terminé la rencontre par le partage d’un verre de l’amitié et d’une brioche.

Nous voyons là deux positionnements différents, mais pas équivalents. Il ne s’agit pas de juger, mais de discerner. Lequel est vraiment chrétien ? Je vous laisse y réfléchir.

Reportons-nous à la lettre de Jacques, dans le Nouveau Testament. Celui-ci écrit, au chapitre 5 : « Si l’un de vous est malade, qu’il appelle ceux qui exercent dans l’Eglise la fonction d’Anciens : ils prieront sur lui après lui avoir fait une onction d’huile au nom du Seigneur. Cette prière inspirée par la foi sauvera le malade ; le Seigneur le relèvera et s’il a commis des péchés, il recevra le pardon ».

Avons-nous conscience de la valeur de ce sacrement donné dans l’Église, c’est-à-dire dans la communauté chrétienne, par le prêtre ?

Il s’adresse à ceux et celles qui souffrent et qui demandent courage et espérance à l’Eglise.

Ils reçoivent par ce sacrement force spirituelle et confiance, paix intérieure, et quelquefois une amélioration de santé ou même la guérison.

L’Onction des malades comporte deux gestes:

> L’imposition des mains pour appeler l’Esprit Saint.

> L’onction d’huile sur le front et sur les mains, avec l’huile des malades bénite par l’évêque lors de la messe chrismale,

et cette parole sacramentelle :

« N…, par cette Onction Sainte, que le Seigneur en sa grande bonté vous réconforte par la grâce de l’Esprit Saint.
Ainsi, vous ayant libéré de tous vos péchés, qu’il vous sauve et vous relève ».

 

Cette célébration peut se dérouler lors d’une célébration communautaire, ou autour d’un seul malade à domicile ou à l’église en présence de la famille et des amis.

Conclusion : le magnétisme guérisseur est-il un don naturel ?

Aux différents axes abordés : compréhension du terme, définition et délimitation du champ, discernement des pratiques, il faut ajouter cette constatation d’importance : la bonne intention, l’honnêteté.

Les personnes qui magnétisent ou celles qui recourent aux magnétiseurs sont souvent de bonne foi, parce qu’elles souhaitent aider leur prochain avec sincérité, soulager rapidement et même ‘par magie’ leur gêne physique et leurs souffrances.

Toutefois, j’aimerais poser à tous cette question : ne faites-vous pas pas preuve de crédulité au lieu de chercher à approfondir objectivement les racines des pratiques mises en oeuvre ?

Car elles sont entachées de transferts d’énergies occultes,
et ouvrent des portes vers le monde occulte…
c’est l’antique promesse du serpent de la Genèse :
« vous serez comme des dieux »…

En près de quarante ans d’écoute et de recherche,
je n’ai jamais rencontré de « magnétisme guérisseur »
comme « don naturel ».
Il y a toujours une connexion
avec des pratiques magiques ou médiumniques.

C’est pourquoi, à la question posée en ouverture de ce livret, je réponds :
NON, le magnétisme guérisseur n’est pas un don naturel.

Cette opinion n’engage que son auteur :
certains lecteurs auront d’autres interprétations que celle développée ici,
leur opinion a droit au respect.

Un e-book à télécharger pour le communiquer à d’autres

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Les raisons de faire dire une messe

POUR UN DÉFUNT, POUR UN VIVANT, LES RAISONS SONT DIVERSES, LES INTENTIONS VARIÉES. SI LA PRATIQUE EST ANCIENNE, ELLE ÉVOLUE AUJOURD’HUI.

Il se nomme Pierre, il a 37 ans, il est catholique et vit dans la banlieue parisienne. Faire dire une messe, il en avait déjà entendu parler. Mais dans sa famille, il n’en avait jamais été vraiment question. «Cela m’apparaissait un truc un peu vieillot et un brin superstitieux », sourit-il. Il y a quatre ans, sa fille cadette, Claire, alors nouveau-née, présentait des signes inquiétants de retard mental aux yeux de son pédiatre : des examens approfondis du cerveau furent demandés. Le jour de la consultation, Pierre est bloqué en Égypte pour son travail. « Ma femme y est allée seule. C’était terrible d’être si loin. Je me suis souvenu que l’on pouvait faire dire des messes pour des proches. J’ai demandé à un ami prêtre de le faire pour Claire. Ce jour-là, je l’ai particulièrement remise entre les mains de Dieu. » L’appréhension du pédiatre s’est révélée infondée. Pierre ne sait pas s’il y a un lien avec la messe célébrée pour sa fille mais il s’en souvient comme d’un moment de « grâce » et de « communion spirituelle » avec sa fille, son épouse et Dieu.

« Chaque messe offerte est une manière d’appliquer la rédemption du Christ à notre situation particulière, explique le P. Ludovic Serre, curé de Chaville. Concrètement, le fidèle demande au prêtre, et à travers lui, à l’Église tout entière, de prier pour une intention au moment où il célèbre l’eucharistie », ajoute le carme Christophe-Marie Baudouin, prieur du couvent de Lille.

Messe pour les défunts, pour les vivants, pour une action de grâce… les raisons en sont variées. « La plus courante est de prier pour les défunts, observe cependant le P. Serre, afinqu’ils accèdent à la plénitude de la lumière de Dieu par l’action du Christ actualisée dans l’eucharistie. » Il précise : « Il ne faut pas oublier que, une fois mort, je ne peux plus rien faire pour mon âme. Il n’y a que les vivants qui pourront m’aider, par leur prière, à rencontrer Dieu.»

Ces messes sont le plus souvent demandées par les familles des défunts. Elles peuvent faire dire une, dix, trente messes… l’usage est souple et varié. « La famille désire le salut du disparu qu’elle espère retrouver au royaume des cieux. Et c’est aussi un lien qui la rattache à cette personne», souligne le P. Serre.

Ne pas rompre ce lien, manifester la présence de l’absent parmi les vivants. C’est l’histoire d’Olivier, 52 ans. Sa mère est morte brutalement au mois de décembre à Toulon. Issue d’une famille athée, la défunte est incinérée et ses cendres sont dispersées au bord de la mer : « Et puis c’est tout, dit-il. J’ai ressenti un immense vide. Un de mes amis, qui connaissait ma mère, m’a proposé de faire dire une messe pour elle, un dimanche. J’ai accepté aussitôt.» Pourquoi ? « J’avais besoin que l’on prie pour elle, de vérifier que tout ne se finissait pas avec sa mort et son incinération. »

Continuer la lecture de « Les raisons de faire dire une messe »

Méditation de pleine conscience

En médecine, en entreprise,

dans le monde de la finance, dans l’éducation,

la méditation de pleine conscience est proposée.

Matthieu Ricard, disciple du Dalaï-Lama, s’en fait le promoteur.

D’où vient-elle, est-elle neutre, que véhicule-t-elle,

où conduit-elle, qui l’enseigne ?

En nous référant à la méditation chrétienne,

y a-t-il divergence, convergence, opposition

entre les deux formes de méditation ?

Origine

La méditation de pleine conscience tire son origine du bouddhisme revue à la sauce occidentale. Dans le bouddhisme, il est enseigné que la pleine conscience est un facteur essentiel pour la libération.

La méditation de pleine conscience permettrait une attention juste, une présence attentive ou une conscience vigilante à ses propres pensées, actions et motivations.

La pleine conscience se situe au-delà de la première forme de sagesse selon le bouddhisme qui est la dévotion, et au-delà de la deuxième forme : la logique de l’intellect ou de la raison.

Elle accéderait à la troisième forme de sagesse, qui est la vision directe de la réalité ultime en toute chose.

Dans son principe même, nous constatons que la méditation de pleine conscience se situe au-delà de toute foi et de toute raison.

Principes

Dans un premier temps, il s’agit d’être attentif à ses sensations dans l’instant présent, comment elles apparaissent, comment elles durent ou ne durent pas, et comment elles disparaissent.

Par la suite, le méditant va aussi examiner les idées qui l’habitent, les perceptions, les habitudes mentales positives ou négatives, à leur point de départ, dans leurs durées et à leur point de dissolution.

Il doit rester neutre et silencieux dans cette introspection, il accueille l’apparition et la disparition des sensations agréables, neutres ou désagréables, sans juger, sans chercher à retenir la sensation agréable ou à rejeter la sensation désagréable.

C’est ainsi que le méditant arriverait progressivement au détachement et à la libération de la matière, de la sensation, de la perception, des conditionnements mentaux.

Ce détachement est typiquement bouddhique, il faut se détacher de toute sensation et même de tout sentiment de joie ou de tristesse comme autant d’illusions qui empêchent de nous libérer.

L’important est qu’il soit tout à ce qu’il fait, à ressentir plus que penser à expérimenter plus qu’à savoir.

Concepteur

Le concepteur et promoteur de la méditation de pleine conscience, mindfulness méditation, est Jon Kabat-Zinn, né le 5 juin 1944.

Depuis 1979, il présente la « méditation de la pleine conscience » comme une technique destinée à aider les gens à surmonter leur stress, leur anxiété, leur douleur et leur maladie.

Il est l’un des leaders actuels de l’institut ésotérique ESALEN, centre historiquement lié au mouvement GURDJIEFF.

C’est là, le cœur des pratiques du New Age qui tentent de rapprocher l’enseignement bouddhique et les dernières expériences en psychologie.

Ce syncrétisme, prédisant la venue d’un nouveau type d’homme au potentiel illimité, a engendré un grand nombre de dérives sectaires et de pratiques « spirituelles », et attiré 350 millions d’adeptes à travers le monde.

C’est une vision totalitaire qui cherche le bonheur de l’homme sans perspective de transcendance. L’homme devient Dieu, il n’a plus besoin de Dieu Créateur et Sauveur du christianisme.

Médias

L’expansion (l’explosion même) de la méditation de pleine conscience passe actuellement par les médias.

Tous les magazines, toutes les chaînes de télévision ont consacré articles et émissions à la méditation de pleine conscience.

Sur Internet, il suffit de taper « méditation de pleine conscience » ou « mindfulness » pour trouver une multitude de sites, tous à la gloire de la mindfulness.

Il est presque impossible de trouver des sites émettant des questions ou des réserves sur cette méthode.

Le géant mondial de la publicité JWT a listé la Pleine conscience comme l’une de ses 10 tendances pour façonner le monde en 2014.

Actuellement, de grandes entreprises proposent à leurs membres, dans le cadre de formations internes et à large échelle, des stages de méditation de pleine conscience pour apprendre à « optimiser sa performance par une meilleure prise de décision ».

Pour les enseignants et les familles, des livres et CD sont lancés en direction des enfants… (« Calme et attentif comme une grenouille… »).

Matthieu Ricard

Docteur en génétique cellulaire de formation, moine bouddhiste depuis 1979, disciple rapproché du dalaï-lama, dont il est le traducteur français, Matthieu Ricard est aussi connu pour ses nombreux écrits et ses interventions télévisuelles.

Son site.

Selon lui, vingt minutes de pratique quotidienne de méditation de pleine conscience contribueraient à la diminution de l’anxiété, du stress, de la tendance à la colère et à augmenter la bienveillance, ceci améliorant la vie sociale…

Nous sommes exactement dans les mêmes promesses de résultats mirifiques, que proposait la méditation transcendantale dans les années 1970.

Comment ces recherches sont-elles financées ? L’Institut Mind & Life dans laquelle Matthieu Ricard milite refuse selon ses dires tout lien avec des sociétés commerciales, y compris les laboratoires pharmaceutiques.

Mathieu Ricard ne cultiverait-il ici pas une certaine ambiguïté ? En effet, les travaux expérimentaux auxquels il se réfère, semblent être biaisés par des conflits d’intérêts. Les différents scientifiques nommés qui pilotent ces études pratiquent eux-mêmes la méditation de pleine conscience.

Méditations

La méditation de pleine conscience se présente comme étant strictement laïque, cependant, lorsque certains moines bouddhistes font la promotion de cette technique, il est alors permis de douter de cette affirmation. D’autres bouddhistes se sont opposés à cette « laïcisation », faisant valoir qu’il est déraisonnable de dissocier cette pratique ancrée dans la religion bouddhiste.

Claire Chartier, de l’Express, pose la question à Matthieu Ricard :

« Se recueillir en souhaitant l’amour du prochain : n’est-ce pas dans le sens même de la prière ?

Et voici sa réponse :

– Il y a une différence importante : le fait de s’unir à quelque chose qui vous dépasse, par l’oraison, est davantage un abandon qu’une méthode destinée à transformer votre façon de voir les choses. »

(L’Express n° 3289 du 16 au 22 juillet 2014. « Les vrais pouvoirs de la méditation. » p.22.)

Effectivement, la différence est de taille, la relation à Dieu dans la tradition chrétienne, nécessite une conversion qui entraîne à une autre manière de penser de dire de faire, cette relation n’est pas une méthode, mais un échange qui transforme notre cœur, nos pensées et nos actions.

La méditation de pleine conscience invite à l’acceptation sans jugement de ce qui est. Elle nous invite au détachement, le monde apparent étant fait d’illusion, c’est en entrant en soi-même que l’on trouvera la libération.

Ce type de pensée a généré un système de caste. Le bouddhisme tibétain notamment a permis un système de servage particulièrement cruel.

Aimer son prochain comme soi-même n’a pas présidé à l’élaboration de ce système de gouvernement du peuple.

Dans une perspective chrétienne, la conscience est une valeur morale, elle est liée à la connaissance du bien et du mal. La vie spirituelle a pour objectif de maintenir une bonne conscience morale en évitant le péché et en choisissant ce qui est le bien, le juste et le vrai.

Annexe : pour aller plus loin sur ce qu’est la méditation chrétienne

> Lettre « Quelques aspects de la méditation chrétienne » (1989, Congrégation pour la Doctrine de la Foi, signée de Joseph Ratzinger, le futur benoît XVI).

> La prière contemplative pour tous.Un résumé du livre de Peggy Wilkinson « Trouver le mystique qui est en vous », par le P. Dominique Auzenet

> Positions et attitudes du corps en vue de la prière. Yoga et méditation chrétienne. Collation de différents textes par le P. Dominique Auzenet.

Expérimenter l’extension et la dissolution

La finalité de la méditation de pleine conscience : une extension jusqu’à la dissolution de soi. Là où le moi n’a plus de raison d’être, car il est en tout et tout est en lui.

« La pleine conscience est une expansion de soi. On absorbe tout ce qui est autour de nous, on s’en imprègne et on le devient. Comme un cercle qui s’élargit pour tout englober. On est au centre de cet univers. Mais ce n’est pas un univers borné, toutes ses frontières sont poreuses… Dans la pleine conscience, nous éprouvons des sentiments récurrents d’abolition des frontières entre nous et l’extérieur. Sentiments de fusion de soi dans l’environnement. De diffusion de l’environnement en soi. »

(Christophe André, « Méditer jour après jour », L’iconoclaste, 2011.p.282, 283)

Voici la dernière leçon qui termine le livre :

« Méditer la pleine conscience c’est se connecter au monde, si fortement que les distinctions entre soi et non-soi deviennent absurdes, inutiles et encombrantes. Se préparer doucement à revenir d’où on vient, comme la vague se dissoudra bientôt dans l’océan. Il n’y a alors plus de limites. Que des liens. »

 Le quiétisme

Nous retrouvons le même type de langage dans l’histoire dans la spiritualité catholique française. Cette tendance porte un nom, c’est le quiétisme, prôné entre autres par le couple FénelonMadame Guyon.

En cette fin de dix-septième siècle. Madame Guyon se perd dans des métaphores aquatiques, pour dire le chemin de l’âme : « L’âme se perd dans l’immense comme un petit poisson se perd toujours plus avant dans la mer infinie. » Ou encore, elle se sent pareille au fleuve qui s’étend perdu dans l’océan « a pris tellement la nature de l’eau marine qu’on ne voit plus rien qui lui soit propre. »

Plus de différence entre l’homme et Dieu, plus d’obstacle entre l’intérieur et l’extérieur. Bossuet luttera avec une certaine rugosité contre cet illuminisme, maugréant contre ce faux abandon qui fait fi de l’incarnation et glisse inexorablement dans la fusion et la confusion.

En forme de conclusion

Pas de dissolution

Eh bien non, un chrétien ne peut pas adhérer à cette vision des choses. Il ne peut se confondre et se dissoudre dans la matière du monde comme la vague dans l’océan.

La rencontre d’un amour

Il fait l’expérience d’être aimé de Dieu, et confronte son expérience à la tradition de l’Église, pour éviter tout subjectivisme.

Un engagement de charité

Cet amour de Dieu l’invite à aimer son prochain, non seulement comme lui-même mais comme le Christ lui-même nous a aimés en donnant sa vie.

Pour aller plus loin sur cette réflexion

> Un texte approfondi sur la méditation de pleine conscience

> Chemin de sérénité ou illusion ?

> Une réflexion sur le livre pour enfants « Calme et attentif comme une grenouille »…  Cette réflexion pour les parents existe aussi sous forme d’e-book

 

  

E-book

au format PDF

pour smartphones et tablettes, au format E-pub et Mobi

Le combat spirituel

Je souhaite vous faire connaître un livre du P. Hervé Ponsot, dominicain, Combat, la spiritualité au quotidien. Éd. du Cerf, 2016 (1), que je vous invite à vous procurer, à lire, et à travailler. Je souhaite vous en présenter ici uniquement les articulations et des extraits. Ce livre aide à entrer dans une compréhension équilibrée de cette réalité centrale de la vie chrétienne.

En fait, le combat spirituel ne devrait pas être vu en le rapportant au démon, mais à Jésus. Ce combat est en effet celui qui va permettre de s’identifier à Jésus, de « le revêtir » pour employer un terme très familier à l’apôtre Paul (Rm 13, 14; 1 Co 15, 53- 54 ; 2 Co 5, 2-4 ; Ga 3, 27) : en d’autres termes, de transfigurer le premier ou vieil Adam, cet être que nous sommes par notre naissance, en le configurant au second ou nouvel Adam, Jésus.

Ce combat implique bien une lutte contre le démon et sa cour, avec la valeur primordiale et exemplaire de ce e lutte, mais il ne s’y réduit pas : il est l’ajustement à Jésus de toute une vie en ses différentes composantes. D’ailleurs, dans le récit des Tentations, toutes les idoles mondaines potentielles évoquées, que l’on peut classer commodément sous les rubriques de l’avoir, du savoir et du pouvoir (Lc 4, 1-13), manifestent bien la diversité et l’étendue du « combat spirituel », qui ne se limite pas à un combat frontal et ponctuel contre Satan, que l’homme ne pourrait d’ailleurs que perdre.

I. Les acteurs du combat

Beaucoup plus que l’homme et Satan, les deux protagonistes sont Dieu et l’homme, dans leurs rapports réciproques tels que les campe la Bible: un Dieu de miséricorde, en quête de cet homme pécheur, qui s’est dressé contre lui dans le jardin de la Genèse, mais qu’il refuse d’abandonner. Et auquel il propose sans cesse de s’écarter du péché pour retrouver sa véritable identité d’être de communion, à l’image et la ressemblance de Dieu : par la venue au monde de Jésus, crucifié, mort et ressuscité, homme nouveau et parfait, Dieu met un point d’orgue à cette quête en offrant désormais à tout homme un modèle et une voie à suivre.

1. Dieu et l’homme

1a. L’homme à la recherche de la ressemblance perdue

« Adam, où es-tu? »: c’est la première demande que Dieu adresse à l’homme après le péché. Et Adam est un homme désorienté qui a perdu sa place dans la création parce qu’il croit devenir puissant, pouvoir tout dominer, être Dieu. Et l’harmonie se rompt, l’homme se trompe et cela se répète aussi dans la relation avec l’autre qui n’est plus le frère à aimer, mais simplement l’autre qui dérange ma vie, mon bien-être. » (Homélie aux migrants, pape François à Lampedusa, le 8 juillet 2013).

En résumé, le combat spirituel apparaît comme la lutte que l’homme doit mener pour retrouver le Paradis perdu, autrement dit la condition qui fut la sienne avant le péché et dont l’image de Dieu en lui garde la trace : un homme de communion en face du Dieu amour, différent de lui et recevant de lui à chaque instant, directement ou par la médiation d’autrui, tout ce qui lui est nécessaire pour grandir dans ses deux composantes relationnelles, humaine et divine. C’est le chemin que trace pour lui le Fils.

1b. Jésus le crucifié, parfaite image de Dieu

Comprenons bien toutefois qu’après la chute, ce e image qu’il s’agira de reproduire, en reprenant toutes les ressemblances, sera toujours celle de Jésus crucifié et glorifié, glorifié dans sa crucifixion : la croix sera désormais le seul chemin qui permette de revenir au Paradis. Un chemin que Jésus qualifie lui-même de resserré (Mt 7, 14), et qu’il est venu annoncer, vivre et promouvoir sur la terre. Nous allons visiter ce chemin en évoquant les étapes, les lieux, les moyens de « revêtir le Christ ».

2. Dieu et l’homme à l’épreuve l’un de l’autre

Dans les le res dites « Pastorales », saint Paul insiste sur la qualité du combat : « afin que tu combattes le bon combat » (1 Tm 1, 18), « combats le bon combat de la foi » (1 Tm 6, 12), « j’ai combattu jusqu’au bout le bon combat » (2 Tm 4, 7). L’homme est donc appelé à combattre pour retrouver le chemin du paradis perdu, mais contre qui doit-il lutter ? Comme le suggère l’évocation de la foi, le combat ne vise pas en priorité des êtres de chair et d’os, même si cela ne doit pas être complètement exclu. On pense donc plutôt spontanément aux forces spirituelles démo- niaques déjà évoquées et sur lesquelles on reviendra, qui trouvent tout un tas de relais tels l’orgueil ou l’argent, mais il en est d’autres que l’on mentionne plus rarement : soi-même, et Dieu. Tous les auteurs spirituels, comme les textes bibliques, en témoignent, la lutte contre Dieu est un des aspects du combat spirituel.

2a. L’homme en lutte contre Dieu

Dieu et l’homme sont en cause : ils doivent s’ajuster, et leur rapport s’exprime en termes de « mise à l’épreuve » car ni l’un ni l’autre ne font l’économie d’un tel ajustement.

Peut-on se battre contre Dieu? La proposi on paraît pour le moins étrange si, comme il a été dit, Dieu ne cesse de chercher l’homme, de venir à sa rencontre. Et pourtant, le fameux combat de Jacob (Gn 32, 23-31), même si l’on en adoucit les termes en parlant de « lutte contre l’ange », met bien en scène un combat contre Dieu, représenté par son ange: « tu as été fort contre Dieu » (v. 29). Et même si l’événement se présente de manière très différente, c’est aussi une forme de combat contre Dieu que mène Jésus à Gethsémani : « Éloigne de moi cette coupe » (Mc 14, 32-36).

Ne limitons pas l’ajustement au seul être humain : comme le rapporte l’Ancien Testament, dans sa quête de l’homme, Dieu n’a de cesse de s’ajuster à lui. En lui envoyant prophète après prophète, en lui donnant sa parole par de multiples canaux, y compris le canal de ses adversaires, Dieu ajuste sa proposition de salut à l’homme. Les pères de l’Église parleront de la « condescendance de Dieu », dont le sommet sera atteint dans la venue au monde de Jésus, fils de Dieu, venu ouvrir un chemin afin que nous marchions sur ses traces (cf. 1 P 2, 21).

Continuer la lecture de « Le combat spirituel »

Yoga et méditation chrétienne. Positions et attitudes du corps en vue de la prière

La pénétration de stages inspirés du Yoga dans les Centres Spirituels chrétiens est une réalité qui pose question.

Voici par exemple le compte rendu d’un stage « Yoga, souffle, sons, couleurs », en Savoie (2011).

« Telles les douze notes chromatiques, c’est une équipe fantastique qui s’est constituée à Notre-Dame de Myans, la deuxième semaine de juillet, pour pratiquer le matin le yoga-nidra, au rythme de chacun en particulier, et découvrir, à travers les postures, les possibilités de chaque créature ! Clôturant la matinée, un temps de méditation guidée conduit vers les profondeurs de l’individualité ! Ouvrant l’après-midi, une carte de couleur choisie, révèle les différentes facettes de la personnalité ! Prolongeant, une séance sonore agrémentée de jeux, de joie et de rires, où chacun fait ce qu’il peut, pour admirablement s’en sortir ! Le tout dans l’harmonie construite jour après jour, dévoilant l’Infini de l’Éternel Présent Amour… »

> Mais nous pourrions regarder tout aussi bien dans notre Sarthe, et écouter les CD « Chemins d’oraison » proposés par une Association dans la Sarthe. On constaterait aisément une importance centrale, omniprésente, donnée à la conscience du corps, à la posture, à la respiration, à la détente, à la relaxation corporelle ; cette insistance prégnante est quasiment obsessionnelle jusqu’à saturation… Une affirmation comme celle-ci : « la présence à Dieu commence par la présence au corps » résume bien cette fixation univoque sur le ressenti de chacun des organes allant jusqu’à l’induction de sensations corporelles… « Choisir de s’appuyer sur la sensation du corps et de la respiration est un choix toujours à recommencer si l’on veut parvenir à prier de tout son être », est une autre phrase emblématique de tout le contenu. On serait tenté de discerner une vie spirituelle à l’envers : le corps chemin vers l’âme, la maîtrise du corps vecteur de la progression spirituelle…

Certaines allusions à des pratiques yogiques sont sans doute l’expression de tout un vécu de yoga sous-jacent, chez les enseignants, et qui est comme la « quille » immergée du bateau qui navigue au fil de la méditation… Le nom de Jésus est chanté à diverses reprises, soit en hébreu de façon assez harmonieuse, soit en français d’une voix grave et monocorde, évoquant dans ce deuxième cas la vibration d’un mantra. Le Seigneur Jésus est-il au centre de la démarche ? Celle-ci ressemble à une tentative de présenter un yoga « déshindouïsé » et habillé de concepts de relaxation ainsi que de vêtements chrétiens… Subtile dérive qui risque de conduire à une régression…

Le cheminement méditatif est parsemé de conseils de bon sens (assez volontaristes à l’impératif), et de spiritualité classique (l’abandon, la confiance, la simplicité). Mais une place excessive est donnée à la perception de la sensation pure, manière Vittoz, au détriment complet de la tradition carmélitaine, experte en matière d’oraison, dont on se demande vraiment où la trouver ici. Le mot « oraison » semble donc dévoyé dans ce contexte. Il nous faut donc aller plus loin dans la compréhension de spécificités propres au Yoga, et à la méditation chrétienne.

Le yoga

Compilé par F Despert, Tours, mai 2011.

L’origine du Yoga

Le yoga classique indien provient d’un texte attribué à Patanjali dont on connaît peu de chose. Il aurait vécu au Pendjab au IVe siècle avant notre ère. Ce texte est une collection de maximes écrites en sanscrit du nom de yoga-Sûtras (« aphorismes sur le yoga »). Ces courtes phrases sont difficilement compréhensibles ; elles sont mémorisées par l’étudiant, puis commentées par des spécialistes dans les ashrams. Patanjali enseignait le Râja-yoga (yoga royal). le terme yoga (litt. « joug », « attelage ») évoque la recherche de l’union entre le soi (atman) et l’Absolu (brahman).

2. Les principes du Yoga

Le yoga part de l’idée que tout est souffrance dont il faut être délivré. Cette douleur provient de la séparation d’avec l’essence (l’Absolu, le brahman) : l’ « âme » individuelle (atman) qui n’est pas différente de cet Absolu mais qui porte le poids des actes accomplis dans les existences antérieures (loi du karma) est amenée à s’incarner dans un corps vivant et souffre de cette condition déchue aspirant à retourner se fondre dans le principe universel dont elle est issue.

3. Une libération qui permet au moi de se fondre dans l’Absolu impersonnel

Cette libération est favorisée par la pratique du Hatha-yoga (technique tirée du Yoga royal). Cette pratique associe exercices physiques (Âsana) et exercices respiratoires (Prânâyâma). C’est essentiellement cette technique qui est pratiquée en occident. Selon le Dictionnaire de la sagesse orientale, le yoga « cherche à montrer la voie pratique qui mène au salut et à la délivrance par l’activité disciplinée ».

Jean Varenne (grand spécialiste de l’hindouisme et du sanskrit) commente ainsi les phases d’un cours de yoga :

« Ces différentes étapes ne se comprennent que par référence à la doctrine du corps « subtil » qui, chez chacun d’entre nous, double le corps « grossier » seul accessible aux sens. Ainsi, la tenue du souffle, ou Prânâyâma, sert-elle à permettre au prana (souffle inspiré) d’atteindre un Centre (chakra, roue) situé à la base du corps subtil. Là gît une Puissance qui, chez l’homme ordinaire, n’est que virtuelle (on la compare à un serpent femelle endormi). Réalisée par le yoga (éveillée par le souffle), cette Puissance (on l’appellera Kundalini, l’Enroulée) s’activera et, guidée par la pensée durant les exercices de méditation, montera progressivement de chakra en chakra, jusqu’au sommet du corps subtil où elle s’unira à l’âme (atman est un mot masculin) : les noces de l’atman et de la Kundalini, comparées à celles de Shiva (Siva) et de sa parèdre Pârvat, provoquent une véritable transmutation alchimique de l’individu, que l’on, qualifie dès lors de jivan-mutka (délivré-vivant). On ne pourra jamais séparer la pratique du yoga de la théologie »

à laquelle elle est liée. En quelque sorte, le hatha-yoga offre à l’hindouisme ce que les sacrements offrent au catholicisme. Ils sont les rites initiatiques et opérants de privilèges spirituels.

Ysé Tardan-Masquelier (spécialiste de l’Hindouisme à Paris IV) évoque la « sacralisation du souffle comme le symbole de l’élan vital, de la conscience lumineuse et, éventuellement, d’un don divin : à l’enseignant de savoir susciter cette dimension en conservant à chaque élève son espace de liberté ». Elle écrit par ailleurs : « Le yoga n’a jamais été conçu seulement comme une discipline de mieux-être dans la vie actuelle, mais comme un mode de transformation si radical que ses effets se répercutent sur l’après vie ».

4. Une vision philosophique fondamentalement différente de celle du Christianisme

La philosophie et la pratique du yoga sont basées sur la croyance que l’homme et Dieu ne font qu’un. Elle enseigne à se concentrer sur soi-même plutôt que sur Dieu Seul et Unique. Le Yoga encourage ses participants à rechercher les réponses aux problèmes de la vie au sein de leur propre esprit et conscience au lieu de trouver les solutions dans la Parole de Dieu par l’intermédiaire de l’Esprit Saint comme c’est le cas dans le Christianisme.

5. La pratique du Yoga est incompatible avec la foi chrétienne

Beaucoup de ceux qui pratiquent le Yoga disent : « Il n’y a aucun mal à pratiquer ces exercices, il suffit de ne pas croire dans la philosophie qu’il y a derrière ». Toutefois les promoteurs du Yoga, du Reiki, etc. affirment très clairement que la philosophie et la pratique sont inséparables. Entrer dans une pratique régulière du Yoga amène à plus ou moins consciemment entrer dans une vision de l’homme où les énergies du cosmos vont pouvoir agir en lui et lui redonner un équilibre auquel il aspire. Le Yoga prétend fournir à l’homme une technique lui permettant de retrouver sa véritable nature par l’union au Brahman, sa souffrance sa souffrance provenant de sa séparation d’avec celui-ci.

Par contre le christianisme voit comme cause de sa souffrance la rupture de l’intimité de l’homme avec Dieu en raison du péché. Ainsi l’homme est séparé de Dieu et il a besoin de réconciliation. La réponse chrétienne est Jésus-Christ « L’agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde ». Grâce à la mort de Jésus sur la Croix, Dieu a réconcilié le monde avec lui-même et il appelle l’homme à recevoir gratuitement tous les bénéfices de son salut par la foi en Jésus-Christ seul. C’est pourquoi un Chrétien ne peut, en aucun cas, accepter la philosophie et la pratique du Yoga parce que le Christianisme et le Yoga ont des points de vue qui s’excluent mutuellement. Contrairement au Yoga, le Christianisme voit la rédemption comme un cadeau gratuit qui peut seulement être reçu et ne jamais être gagné ou atteint par ses propres efforts ou œuvres. Jésus est le Chemin, La Vérité et la Vie et seule la Vérité peut nous rendre libres.

Peut-on dissocier le Yoga de sa visée spirituelle ?

1. Extrait du livre du Père J.M. Verlinde : l’expérience interdite, p 138 :

«- Vous semblez affirmer que l’on ne peut séparer les techniques du yoga de l’horizon hindouiste auxquelles elles appartiennent.  – C’est exact. Je me souviens du sourire amusé du gourou devant les motivations invoquées par les Occidentaux pour pratiquer le yoga : relaxation, détente, maîtrise, etc. Il répondait en substance : « Vous êtes étonnants : vous pratiquez ces techniques sacrées pour des effets périphériques auxquels nous n’attachons aucune importance, et ne portez qu’une moindre attention aux transformations profondes qu’elles induisent en vous !… » et il haussait les épaules d’un air de dire : Qu’à cela ne tienne, votre ignorance ou votre manque d’intérêt pour ces effets profonds n’empêchent pas les techniques de produire en vous ce pour quoi elle sont conçues… »  

2. Extraits du livre de Jean Déchanet, moine bénédictin, Le yoga en dix leçons :

« Il faut savoir que le Yoga, les postures, mais surtout les exercices de respiration contrôlée développent mécaniquement une grande énergie. Et je vais vous étonner en affirmant bien haut ici qu’en ce sens il est dangereux… » et plus loin … «couper le Yoga de sa visée spirituelle, c’est renier ses origines religieuses ; c’est surtout courir le risque, le gros risque de retourner contre soi les énergies qu’il doit libérer ».

J. Déchanet cite S. Yesudian, lui aussi un grand nom du yoga : « Tous les exercices yogiques, que nous le voulions ou non, tendent à éveiller ces centres nerveux (chakras) et à nous mettre en possession de facultés généralement insoupçonnées… » « Qu’un yogi chrétien se découvre un jour plus intuitif, plus clairvoyant… et même qu’il expérimente, en passant, quelque pouvoir paranormal (j’ai noté pour ma part, de curieux, très curieux pressentiments, des espèces de prémonitions), il n’y a là rien qui soit de nature à inquiéter. Qu’il se complaise dans ces « effets » ou ces « à-côtés » du yoga, qu’il les désire intensément, et qu’il en fasse comme le but de ses pratiques, c’est autre chose. Viciée dans sa racine, sa visée ne peut aboutir qu’au plus vil désenchantement ».

3. L’expression « Yoga chrétien » n’est-elle pas contradictoire ?

En orient, le Karma, l’enchaînement des vies, la réincarnation, est vécue comme une sorte de malédiction. Le yoga, par l’exercice de postures et la maîtrise du souffle, permet d’en sortir. Il fait parvenir à des états modifiés de conscience, et au « plongeon » dans l’énergie cosmique. Autrement dit, par une technique longuement mise en œuvre, on se fait « sauter » dans l’Un… C’est une sorte d’échappatoire à la force du poignet.

Rien à voir avec l’accueil de la miséricorde du Père obtenue par l’acte rédempteur de Jésus (sa mort sur la croix, sa résurrection, et le don de l’Esprit Saint), qui me fait entrer dans la vie éternelle dès maintenant et la promesse de la résurrection dans la gloire divine.

Aucun besoin de postures, ni de maîtrise du souffle, pour prier chrétiennement : il s’agit de laisser l’Esprit de Dieu nous entraîner à une communion de cœur avec Jésus et avec son Père. Rien à voir avec « faire le vide ». Ni avec l’ouverture des chakras ou la montée de la kundalini…

La grande tradition mystique de l’Église, représentée au premier plan par les grands maîtres du Carmel, Saint Jean de la Croix, Sainte Thérèse d’Avila, mais aussi Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, nous propose de « faire oraison », d’entrer dans la « contemplation »… Ils ont déjà balisé le cheminement : voir la « Montée du Carmel » de Jean de la Croix, et le « Château Intérieur » de Thérèse d’Avila… Voyez par exemple le site http://www.carmel.asso.fr/

Chercher à s’appuyer d’abord sur la sensation du corps et la respiration, fait dériver, imperceptiblement, vers une vie spirituelle à l’envers : le corps chemin vers l’âme, la maîtrise du corps vecteur de la progression spirituelle… ! Le résultat est périlleux ; le Christ Jésus, de la place centrale qu’il occupe dans la perspective chrétienne, devient généralement tout-à-fait marginal, au profit de la réalisation de soi…

4. Le yoga peut-il aider à prier ? L’avis du Père Joseph-Marie Verlinde Famille Chrétienne 1249 — 22/12/2001

Yoga, méditation transcendantale, zen — les techniques de méditation orientales sont très séduisantes. Elles constituent de puissants moyens de nous retirer du monde extérieur, désinvolte et changeant, pour nous recentrer sur notre intériorité, dont nous avons tous la nostalgie. Je le sais pour les avoir moi-même pratiquées pendant plusieurs années.

Au départ, la démarche est la même que dans la prière chrétienne : il y a une volonté de rompre avec une vie superficielle, dispersée, très décevante, pour rentrer en soi. Dans les deux cas, il y a une grande soif d’Absolu.

Mais dès le début de ce chemin intérieur, les routes divergent : dans les techniques orientales, il s’agit de rentrer de plus en plus en soi, par ses propres forces, jusqu’à atteindre une sorte de fusion dans le Tout, une sensation d’exister très intense ; dans cette expérience, il n’y a aucune place pour l’autre : je suis de plus en plus centré sur moi et sur moi seul.

Tout au contraire, la prière chrétienne est rencontre de l’Autre, de Dieu qui vient vers moi. Je rentre en moi-même, mais c’est pour me disposer à y recevoir ce que le Seigneur veut me donner.

C’est toute la différence entre une mystique naturelle, qui ne s’appuie que sur des moyens naturels et me laisse seul avec moi-même, et une mystique surnaturelle, qui me tourne vers Dieu, un Dieu personnel qui se donne à moi dans un dialogue d’amour. Dans les techniques orientales, c’est moi qui suis le maître de ma vie intérieure ; dans la prière chrétienne, c’est Dieu : j’accepte de m’en remettre à Lui et de Le laisser me conduire jusqu’à Lui.

De plus, les techniques orientales visent à une dissolution du moi dans le grand Tout, alors que la relation avec le Christ respecte mon altérité : la prière chrétienne est une communion, pas une fusion.

Bien sûr les techniques qui relèvent d’une mystique naturelle — telles que les techniques de méditation orientales — peuvent conduire à des expériences très fortes… mais cela n’a rien à voir avec la paix surnaturelle de l’Esprit Saint.

Le risque est grand de confondre la sérénité produite par certains exercices respiratoires, certaines postures, avec la présence authentique de l’Esprit Saint.

Les méthodes psychophysiques et corporelles dans la prière

1. Extrait de « Quelques aspects
de la méditation chrétienne », lettre de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, 1989.

La posture du corps. 26. L’expérience humaine démontre que la position et l’attitude du corps ne sont pas sans influence sur le recueillement et la disposition de l’esprit. C’est là une donnée à laquelle certains auteurs spirituels de l’Orient et de l’Occident chrétien ont prêté attention. Ces auteurs spirituels ont adopté les éléments qui facilitent le recueillement dans la prière, reconnaissant en même temps aussi leur valeur relative : ceux-ci sont utiles s’ils sont reformulés en vue du but de la prière chrétienne. Ainsi, par exemple, le jeûne possède avant tout, dans le christianisme, la signification d’un exercice de pénitence et de sacrifice ; mais déjà chez les Pères, il avait aussi pour fin de rendre l’homme plus disponible à la rencontre avec Dieu, et le chrétien plus capable de se dominer et en même temps plus attentif à ceux qui sont dans le besoin.

Dans la prière, c’est l’homme tout entier qui doit entrer en relation avec Dieu, et donc son corps aussi doit prendre la position la mieux adaptée au recueillement. Cette position peut exprimer d’une manière symbolique la prière elle-même, variant selon les cultures et la sensibilité personnelle. Dans certaines zones, les chrétiens acquièrent aujourd’hui une conscience plus grande du fait que l’attitude du corps peut favoriser la prière.

Le symbolisme psychophysique. 27. La méditation chrétienne de l’Orient a valorisé le symbolisme psychophysique, souvent absent de la prière de l’Occident. Il peut aller d’une attitude corporelle déterminée jusqu’aux fonctions vitales, comme la respiration et le battement cardiaque. Ainsi l’exercice de la  » prière de Jésus « , qui s’adapte au rythme respiratoire naturel, peut, au moins pour un certain temps, être d’une aide réelle à beaucoup.

D’autre part, les mêmes maîtres orientaux ont aussi constaté que tous ne sont pas également aptes à utiliser ce symbolisme, parce que tous ne sont pas en mesure de passer du signe matériel à la réalité spirituelle recherchée. Compris d’une manière inadéquate et incorrecte, le symbolisme peut même devenir une idole, et par conséquent un obstacle à l’élévation de l’esprit vers Dieu. Vivre dans le cadre de la prière toute la réalité de son propre corps comme symbole est encore plus difficile : cela peut dégénérer dans un culte du corps, et porter à identifier subrepticement toutes ses sensations avec des expériences spirituelles.

Ne pas confondre le bien-être psychologique et spirituel avec l’œuvre de l’Esprit Saint. 28. Certains exercices physiques produisent automatiquement des sensations de quiétude et de détente, des sentiments gratifiants, voire même des phénomènes de lumière et de chaleur qui ressemblent à un bien-être spirituel. Les prendre pour d’authentiques consolations de l’Esprit-Saint serait une manière totalement erronée de concevoir le cheminement spirituel. Leur attribuer des significations symboliques typiques de l’expérience mystique, alors que l’attitude morale de l’intéressé ne lui correspond pas, représenterait une sorte de schizophrénie mentale, pouvant même conduire à des troubles psychiques et parfois à des aberrations morales. Cela n’empêche pas que d’authentiques pratiques de méditation provenant de l’Orient chrétien et des grandes religions non chrétiennes, qui attirent l’homme d’aujourd’hui divisé et désorienté, puissent constituer un moyen adapté pour aider celui qui prie à se tenir devant Dieu dans une attitude de détente intérieure, même au milieu des sollicitations extérieures.

Il faut toutefois rappeler que l’union habituelle à Dieu, à savoir cette attitude de vigilance intérieure et d’invocation de l’aide divine que le Nouveau Testament nomme la prière continuelle, ne s’interrompt pas nécessairement lorsque l’on s’adonne aussi, selon la volonté de Dieu, au travail et au soin du prochain.  » Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez et quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu « , nous dit l’Apôtre (1 Co 10, 31). En effet, comme le soutiennent les grands maîtres spirituels, la prière authentique réveille en ceux qui prient une ardente charité, qui les pousse à collaborer à la mission de l’Église et au service de leurs frères, pour la plus grande gloire de Dieu.

Faire le vide ? 19. Il convient d’interpréter correctement l’enseignement des maîtres qui recommandent de  » vider  » l’esprit de toute représentation sensible et de tout concept, en maintenant toutefois une aimante attention à Dieu, de sorte qu’il y ait en celui qui prie un vide qui peut alors être rempli par la richesse divine. Le vide dont Dieu a besoin est celui du renoncement au propre égoïsme, pas nécessairement celui du renoncement aux réalités créées qu’il nous a données et au milieu desquelles il nous a placés. Il n’y a pas de doute que dans la prière, on doive se concentrer entièrement sur Dieu et exclure le plus possible les choses du monde qui enchaînent notre égoïsme.

Saint Augustin est sur ce point un maître insigne : si tu veux trouver Dieu, dit-il, abandonne le monde extérieur et rentre en toi-même. Toutefois, poursuit-il, ne demeure pas en toi-même, mais surpasse-toi, car tu n’es pas Dieu : Lui est plus profond et plus grand que toi. « Je cherche sa substance dans mon âme, et je ne la trouve pas ; j’ai toutefois médité sur la recherche de Dieu et, tendu vers lui, à travers les choses créées, j’ai cherché à connaître les perfections invisibles de Dieu ». Demeurer en soi-même : voilà le vrai danger. Le grand Docteur de l’Église recommande de se concentrer en soi-même, mais aussi de transcender le moi qui n’est pas Dieu, mais une créature. Car Dieu est bien en nous et avec nous, mais il nous transcende dans son mystère.

2. Le « dieu intérieur » et la « theosis » Extrait de « Jésus-Christ Porteur d’eau vive »,

réflexion chrétienne sur le Nouvel Age, publié en 2003 par le Conseil Pontifical pour la Culture, et le Conseil Pontifical pour le dialogue interreligieux.

3.5. Il s’agit d’un point fondamental opposant le Nouvel Âge au christianisme. Nombre d’ouvrages Nouvel Âge expriment la conviction qu’il n’y a pas d’être divin « là dehors », ou du moins que celui- ci ne se distingue pas vraiment du reste de la réalité. Depuis l’époque de Jung, il y a toujours eu un mouvement professant la croyance dans « le dieu intérieur ». Notre problème, dans l’optique du Nouvel Âge, est que nous sommes incapables de reconnaître notre propre divinité, une incapacité qui peut être surmontée avec l’aide d’un guide spirituel ou au moyen d’une série de techniques destinées à libérer notre potentiel caché (divin).

L’idée fondamentale est que ‘Dieu’ est présent au fin fond de nous-mêmes. Nous sommes des dieux, et nous pouvons découvrir le pouvoir illimité qui est en nous en éliminant une à une les couches d’inauthenticité. Plus ce potentiel est reconnu, mieux il est réalisé, et en ce sens le Nouvel Âge a une conception bien à lui de la theosis ou divinisation, qui consiste à reconnaître et à accepter notre nature divine. Pour certains, nous vivons « une époque où notre compréhension de Dieu doit être intériorisée : du Dieu Tout-Puissant et extérieur au Dieu comme force dynamique et créative au cœur même de tout être : Dieu comme Esprit ».

Dans la préface du livre V de l’Adversus Hæreses, saint Irénée nous parle de « Jésus-Christ qui, à cause de son surabondant amour, est devenu ce que nous sommes afin de faire de nous ce qu’il est ». Telle est la conception chrétienne de la theosis ou divinisation, qui ne saurait être l’aboutissement de nos seuls efforts, mais requiert l’intervention de la grâce de Dieu qui opère dans et à travers nous. Cela demande nécessairement de notre part une prise de conscience initiale de notre incomplétude et de notre péché, qui est tout l’opposé de l’exaltation du moi. Qui plus est, cela nous ouvre la voie à la participation à la vie trinitaire, un cas parfait de distinction au cœur de l’unité: plus qu’une fusion, c’est une synergie. Tout cela est le fruit d’une rencontre personnelle, l’offre d’une vie entièrement nouvelle. La vie en Jésus-Christ n’est pas si personnelle et privée qu’elle se limite au domaine de la conscience. Elle n’est pas non plus uniquement un nouveau niveau de conscience. Elle est une transformation de notre corps et de notre âme par la participation à la vie sacramentelle de l’Église.

Neuf manières de prier avec son corps à la manière de saint Dominique

Entretien avec Sœur Catherine Aubin, o.p. (16 mars 2005, ZENIT. org), religieuse dominicaine, auteur d’un ouvrage intitulé « Prier avec son corps à la manière de saint Dominique » (Editions du Cerf, Paris, en 2005)

Licenciée en psychologie et docteur en théologie, sœur Catherine Aubin est entrée chez les sœurs dominicaines en 1984. Après cinq années de vie et de ministère dans la communauté saint Leu-Saint Gilles, rue saint Denis à Paris, et des études de théologie, elle est actuellement professeur de théologie sacramentaire et de théologie spirituelle à l’institut pontifical Regina Mundi, à l’institut de théologie de la Vie Consacrée Claretianum et à l’université pontificale saint Thomas d’Aquin Angelicum à Rome.

Comment est née l’idée d’un tel ouvrage ?

Pendant 10 ans, j’ai vécu rue saint Denis à Paris où notre communauté de sœurs dominicaines étaient implantée. Et là j’ai rencontré des personnes en quête d’unité intérieure et de paix qui pratiquaient des techniques ou des exercices corporels tels que le zen, la méditation transcendantale ou autres. De mon côté je découvrais comme jeune religieuse la spiritualité dominicaine et je venais d’avoir « un vrai coup de foudre » pour les 9 manières corporelles de prier de saint Dominique. La rencontre de ces événements a donné naissance à ce livre dont un des messages est justement de dire à ceux qui pratiquent des techniques : « nous aussi dans la tradition catholique, nous avons une pédagogie de la prière avec le corps qui peut vous combler dans votre recherche ».

Qu’est-ce que vous entendez exactement par « prier avec son corps » ?

Quand on aime, on le manifeste avec des gestes, salutations, sourires etc. Il en est de même pour la prière. Devant moi, en moi, je suis habitée par une Présence celle du Christ vivant, alors comment vais-je lui montrer mon attachement sinon par des attitudes. Dans ce livre le maître est saint Dominique, en effet sa prière était tellement fascinante que ses premiers frères ont transcris ce qu’il disait et ce qu’il faisait avec neuf images qui le représente en train de prier. Chaque attitude corporelle correspond à une attitude spirituelle et permet à celle-ci de se déployer : les gestes donnent figure à ce qui est caché et illustrent les mouvements du cœur. Par exemple au geste de l’inclination correspond l’humilité, à l’agenouillement la confiance.

Pouvez-vous nous expliquer quelles sont ces neuf manières de prier ?

La première manière de prier est l’inclination, saint Dominique s’humilie devant l’autel où le Christ est vivant sur la croix et de son côté jaillit du sang pour dire qu’Il nous communique sa vie. Toutes les images se passent devant ce Christ. La disposition intérieure de Dominique est l’humilité du cœur.

La seconde manière est la prosternation, Dominique est allongé de tout son long sur le sol et il pleure, il vit intérieurement la componction du cœur, son cœur est transpercé par la conscience de son péché.

Dans la troisième manière de prier Dominique se donne la discipline à genoux, son désir est d’être conforme au Christ dans sa Passion.

Pour la quatrième manière de prier, saint Dominique s’agenouille et se relève et survient en son cœur une grande confiance en la miséricorde de Dieu pour lui, ses frères et les pécheurs.

Pour ces quatre premières manières de prier, le corps de Dominique est dirigé vers le sol, dans la première manière son dos est dirigé vers le bas et son regard est tourné vers le sol, dans la deuxième son corps est sur le sol, dans la troisième et quatrième ce sont ses genoux qui touchent la terre. Or la terre est le lieu d’où nous venons, c’est le lieu des origines, lieu de nos limites. Les quatre dispositions spirituelles correspondantes, l’humilité, la componction du cœur, la discipline, la confiance, sont des dispositions spirituelles qui reconnaissent une dépendance et la primauté envers Dieu. On peut regrouper ces quatre premières manières de prier autour d’une attitude : l’accueil, accueil de sa condition de créature devant Dieu, accueil de Dieu comme Créateur et Sauveur, accueil de ses limites devant Celui qui est infini.

Pour la cinquième manière, le saint s’est dressé et levé sans s’appuyer à quoi que ce soit, à la manière d’un prophète ou de Jésus lui-même. Son attitude est celle de la résurrection, il est debout dans son corps et dans son cœur. Ses bras et ses mains manifestent l’écoute de la parole. Progressivement il se tait pour écouter et se laisser saisir par Celui qui lui parle à travers les Écritures.

Puis ses bras s’ouvrent majestueusement dans la sixième manière, pour embrasser et imiter son Ami qui a donné sa vie pour lui sur la Croix. Son geste des bras en croix, signifie la Vie donnée par le Christ et la Vie reçue par le saint. Geste du crucifié-ressuscité qui donne à saint Dominique de redonner vie au jeune garçon tombé de cheval et aux pèlerins anglais.

Il continue son mouvement des bras dans la septième manière en les étendant fortement vers le ciel, les mains jointes ou légèrement ouvertes en forme de coupe pour recevoir quelque chose du ciel. La tension de tout son être montre son désir d’être avec Celui qui est au ciel et avec nous chaque jour. Son corps comme son cœur témoignent de sa supplication qui monte, qui jaillit comme une flèche : il connaît Celui à qui il s’adresse et sait que sa prière sera exaucée car elle correspond à celle du Christ : la promesse de nous envoyer l’Esprit Saint.

Trois positions debout, trois attitudes intérieures de présence. Saint Dominique est présent à Celui qui est présent en Lui. Il nous est montré attentif, éveillé, concentré, recueilli, élancé. C’est le moment de la rencontre avec Dieu dans un dialogue face à face. Ces trois manières de prier forment un tout autour d’une attitude ; celle de la rencontre avec Dieu, du face à face avec l’Ami : face à face, debout, redressé ; face à face pour un dialogue d’amitié ; face à face pour être enraciné dans son unicité.

Dans la huitième manière de prier, saint Dominique est assis à une table et lit et écoute ce que le Seigneur lui dit à travers sa parole, et dans la dernière manière de prière on voit saint Dominique avec un compagnon partir en voyage sur les chemins pour aller transmettre ce qu’il a contemplé. Saint Dominique illustre ainsi l’amitié de Jésus avec ses proches. Une amitié où non seulement on prend le temps de s’asseoir ensemble, mais aussi de marcher sur les routes pour la partager. Ces deux dernières manières sont ordonnées autour du don : don de Dieu dans sa Parole et dans sa Vie, don de Dieu qui entraîne à donner et à se donner.

Les neuf manières de prier se divisent donc en trois étapes : l’accueil, la rencontre, le don. Elles nous font entrer dans un chemin de salut pour être guéris de la dévalorisation sur nous-mêmes et entendre le Seigneur nous dire : Je te reçois comme tu es ; Tu es mon ami ; sois fécond, donne du fruit. […]

Quels enseignements pouvons nous tirer de cette forme de prière ?

Je répondrai par un exemple celui de Madeleine Delbrel : lorsque Madeleine Delbrel se retrouve terrassée par une conversion qu’elle qualifie de « violente », elle choisit ce qui lui paraissait le mieux traduire son changement de perspective : elle décida de prier. « Dès la première fois je priai à genoux par crainte, encore, de l’idéalisme. Je l’ai fait ce jour là et beaucoup d’autres jours… En priant j’ai cru que Dieu me trouvait et qu’il est la vérité vivante, et qu’on peut l’aimer comme on aime une personne ». Pour prier, Madeleine Delbrel éprouva le besoin de s’agenouiller, comme si elle inscrivait dans son corps le cri de son âme. Elle remit à Dieu ce jour là sa force et lui présenta sa faiblesse, dans un mouvement de confiance. Prier avec tout son corps c’est aimer avec tout son cœur.

Réflexion finale

« Les différentes méthodes de méditation orientale visent à se centrer sur soi-même, à rechercher son « moi ». La méditation chrétienne est une rencontre avec un autre. Le chrétien croit que le secret de l’humanité a un nom, et que celui-ci a été révélé par le Christ.

La méditation chrétienne, et c’est là une seconde différence fondamentale, ne cherche pas l’élévation personnelle. En effet, elle se concentre sur l’environnement, sur le prochain, sur le quotidien. A l’opposé, la méditation centrée sur soi-même peut se révéler dangereuse, parce qu’elle nous abandonne, livrés à nous-mêmes.

Au centre de la méditation chrétienne, on trouve le Christ. Ce choix n’est pas arbitraire. Dépasser ses limites est l’espérance d’un grand nombre de personnes qui souffrent des limites de leur « petite » existence. Pourtant, il est impossible de franchir les obstacles qui nous séparent de Dieu. Ces derniers ne peuvent être surmontés que par Dieu lui-même. C’est la raison pour laquelle la méditation chrétienne recherche la présence de Dieu dans notre monde en Jésus-Christ.

Par conséquent, la méditation chrétienne cherche à concrétiser l’inspiration en actions. Se retirer dans le recueillement et s’engager dans la société sont comme les deux phases de la respiration, l’inspiration et l’expiration. Tout ce qui est réellement nouveau naît dans le recueillement et se concrétise par l’amour. C’est là la dynamique du recueillement.

La méditation chrétienne contient encore une autre dimension. L’exercice de la vue, de l’écoute et de l’action par la prière méditative, le dialogue avec Dieu et l’écoute de sa Parole, conduisent à la présence du Christ. La grâce qui nous touche nous permet d’être prêts intérieurement à recevoir le cadeau de son Esprit : Christ en nous, nous en Christ. »

(Jörg Gutzwiller, pasteur (Suisse). Tiré d’un article paru pour la première fois dans le journal « Der Bund » sous le titre « Le recueillement dynamique »).
Réflexion annexe : méditer ou prier ?

Les deux dispositions mentales ont en commun une volonté de rompre avec l’environnement, de suspendre l’action. Elles voudraient cesser de faire pour être. Elles voudraient aussi entendre ce qui ne parle pas, voir ce qui ne se montre pas. Car sans s’être concertées, elles le savent : non loin de soi, sous le chahut de la pensée, il y a ce murmure indicible, cette ombre projetée de ce qui échappe, la fascinante énigme…

La parenté n’est pourtant que de surface : quand la méditation cherche dans l’« ici et maintenant » la plénitude de l’instant, la prière regarde d’avant en arrière. Elle fait place au passé — regret ou remords — mais aussi, et peut-être surtout, au futur qui, pour elle, est Espérance. Quand la méditation tend vers l’immobile et le vide, la prière cherche ailleurs, plus loin, au-delà. Elle est un saut hors de soi-même, un élan prodigieux vers l’invisible et l’inouï. L’une s’affranchit des mots, l’autre s’incarne dans le verbe. La première se vit à travers les sensations éprouvées, la seconde prend forme dans la parole adressée. Car elle n’en doute pas : un Autre existe, plus près ou plus loin, plus bas ou plus haut. Un Autre existe, à portée de soi.

« Je me recentre, dirait le méditant. Je ne raisonne plus. Je ne veux plus. J’ouvre très grand les yeux. Du balcon de moi-même, j’observe, je me regarde être. Je me rends présent à ce que j’éprouve. Je me rejoins, je me perds, je me retrouve. À mesure que j’immerge, j’élargis mon espace… Je tends vers la conscience. Là où je vais, je suis. » « Je me recueille, dirait l’orante. Je me détourne de moi-même. Je baisse les paupières. Je consens au mystère. La brèche s’ouvre et je la reconnais. Ce qui s’en échappe, ce qui me tourmente ou me trouble, j’ai besoin de le confier. Je vais vers Toi dont j’ignore tout. Je cherche ton visage, je guette ton regard ou quelques messages qui pourraient s’en échapper. Je tends vers la connaissance. Là où je cherche, tu es. »

Cousines par l’esprit, ces deux approches vagabondent à travers les souffles. Elles rôdent aux confins de la Transcendance, mais, quand l’une, pensant pouvoir se passer de Dieu, s’arrête au seuil et s’en tient à une apesanteur profane, l’autre, plus téméraire, consent à se laisser soulever, enrôler, mener plus loin, vers la divine présence.

Extrait d’un article de CATHERINE TERNYNCK, Psychanalyste, département d’éthique de l’Université catholique de Lille, dans le journal La Croix du 30 décembre 2013.

P. Dominique Auzenet, formation pncds72, 15 janv. 2014.

Avenir de la Culture

Alias : Tradition-Famille-Propriété, Pro Europa Christiana

A l’origine de la TFP, il y a un homme : Plinio Correâ de Oliveira (1908-1995). Né dans une riche famille de l’aristocratie brésilienne, avocat et professeur, il fonde une Ligue électorale catholique puis dirige le Legionario, hebdomadaire très influent où il se lie d’amitié avec deux prêtres qui deviendront évêques : Antonio de Castro Mayer et Geraldo de Proença Sigaud. Autour du mensuel Catolicismo, il écrit son maître-ouvrage, Révolution et contre-révolution où il systématise les thèses traditionalistes […]. Le 26 juillet 1960, il fonde la « Société brésilienne de défense de la Tradition, de la Famille et de la Propriété », ou « TFP ». Cette nouvelle organisation orchestre des manifestations publiques avec mégaphones, banderoles, grands étendards rouges frappés du lion héraldique (emblème de l’organisation), jeunes en capes rouges…  [ NDPP :  le kitsch néo-moyenâgeux caractéristique de la TFP ]. Des « caravanes » formées de jeunes militants sillonnent le pays pour diffuser les thèses de la TFP.

Dès sa création, la TFP vole au secours des latifundia (grandes propriétés terriennes) menacées par les projets successifs de réforme agraire (redistribution des terres improductives aux ouvriers agricoles) : projets appuyés par l’épiscopat brésilien mais qualifiés de communistes par l’organisation. La TFP engage également un combat [NDPP : remarqué par Washington] contre «l’infiltration communiste» dans le clergé latino-américain, contre l’oecuménisme et contre l’Ostpolitik vaticane.

Les années 1970 sont celles de l’essaimage de la TFP sur les cinq continents. Aux Etats-Unis, des liens sont tressés avec les milieux néo-conservateurs. [ NDPP : milieux qui cherchent dès cette époque à établir un réseau de « droite religieuse » pro-américaine dans le monde entier ].

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