Access bars

Faites-vous votre idée…

Qu’est-ce donc que l’Access Bars ?

L’Access Bars est une pseudo-médecine énergétique inventée par Gary Douglas en 1995, qui a été longtemps en contact avec l’Église de la Scientologie ainsi que Dain Heer, un chiropracteur reconverti dans le coaching mental.

Sur la page principale de leur site internet1, la promesse est belle : « Access Consciousness te permet de changer tout ce que tu ne parviens pas à changer, et à créer tout ce que tu désires, d’une manière différente et plus aisée ».

Il est expliqué que Gary a reçu dans son esprit 32 points situés au niveau de la tête pour activer certaines « barres » : comme par exemple celles de l’argent, du pouvoir, de la sexualité, de la guérison ou encore des tunnels de l’espace-temps…

Cette pratique est aujourd’hui répandue dans plus de 170 pays. Et vous pouvez devenir « facilitateur » c’est-à-dire praticien, en une seule journée moyennant la somme de 300 euros.

Des dérives sectaires

Plus d’une cinquantaine de signalements ont déjà été recensés à la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires : une retraitée qui a perdu plusieurs milliers d’euros dans des formations ; une autre qui a subi des sollicitations pour des levées de fonds afin de financer les impôts d’un des cofondateurs ; une personne qui s’inquiète du changement brutal de son épouse et qui ne s’occupe plus de ses enfants…

Il y a un degré d’initiation, explique une enquête de l’Express2. Une évolution du discours, au fur et à mesure, typique des méthodes de type sectaire.

Il est très probable que la Scientologie soit en arrière-fond de l’Access Bars.

Gnosticisme et occultisme

Devant l’ampleur du phénomène, le magazine Envoyé Spécial de France 2 a décidé d’envoyer une journaliste faire la fameuse formation3. Elle y apprend notamment ceci :

  • L’exercice du thymus, position censée la reconnecter avec l’énergie de l’univers, faisant « remonter l’état vibratoire de son corps à l’état vibratoire de son être infini » ;
  • La lecture du manuel remis aux participants à leur arrivée. Le passage étudié concerne une « entité démoniaque » appelée « BHCEEMECS » – qu’il s’agit d’apprendre à exorciser ;
  • L’accès aux bars, un entraînement pour apposer les doigts sur certains points du crâne (dont le point toaster du vieillissement qui permet de travailler le concept du vieillissement).

L’Express fait également référence à des entités et des démons, que les praticiens de l’Access Bars seraient donc capables de maitriser, car ils sont des « humanoïdes » sortes d’êtres humains augmentés, car initiés : ils voient ce que d’autres ne voient pas.

Au début, les praticiens se contentent de la théorie de la « libération des mémoires cellulaires »4, puis ils confient à leurs disciples qu’ils sont « humanoïdes », une espèce supérieure aux humains, capable de pouvoirs psychiques surnaturels.

« Les humanoïdes seraient dotés de pouvoir psychiques, comme celui de « percevoir les pensées, sentiments et émotions de tous ceux qui t’entourent sur un rayon entre 12 et 12 000 m² dans toutes les directions ». »

Il y aurait des entités bonnes et d’autres mauvaises. Ils faut donc se débarrasser des mauvaises et utiliser les bonnes, parfois pour avoir des avantages matériels sur Terre. Gary Douglas explique qu’un jour, il a choisi une entité « antiquaire » car cela lui permettait de connaître les bonnes affaires à faire…

Quant aux démons, « êtres que nous avons apportés ici venant d’autres domaines pour nous aider à avoir du pouvoir sur les autres », Gary propose de les exorciser avec une formule. Il raconte ainsi qu’il a pu acheter une maison après avoir fait fuir certaines entités : il explique que d’un seul coup la maison avait repris de la valeur et tout le monde souhaitait l’acheter.

Conclusion

A partir du moment où l’on nomme une entité démoniaque, et même que l’on propose « d’exorciser », cela mérite immédiatement une grande prudence et doit faire « tilt ».

Dans le document d’Envoyé Spécial, on propose d’ailleurs à la journaliste de réciter une « formule magique » avant chaque début de séance. Une suite de mot en anglais qui « ne veut rien dire » dit-elle…

1https://www.accessconsciousness.com/fr/

2https://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/access-bars-consciousness-les-documents-secrets_2068273.html et aussi https://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/access-bars-une-pseudo-therapie-aux-derives-inquietantes_2067006.html

3https://www.francetvinfo.fr/societe/video-formules-magiques-entites-demoniaques-envoye-special-a-suivi-une-formation-a-l-access-bars-methode-therapeutique-controversee_3831047.html

4https://sosdiscernement.org/e-books/sosd_05_memoire_cellulaire.pdf

Microkinésithérapie

par Bertran Chaudet.

Dans ma vie professionnelle, j’ai soigné des personnes ayant fait des séances de micro kinésithérapie. J’ai même du me séparer d’un collègue qui pratiquait cette méthode. Pourquoi?

De subtilité en subtilité, le toucher du « thérapeute » croit atteindre la lésion première physique, psychique, voire existentielle qui se serait engrammée dans les tissus, à l’origine de tous les maux. Et de pouvoir y remédier !

Ce qui est certain c’est que notre corps a plus de mémoire que nos souvenirs conscients. Mais il est du devoir impérieux de tout soignant de ne pas aller chercher derrière le voile en étant intrusif ou inductif.

Intrusif en allant chercher des informations qui seraient inscrites dans le corps et dont le patient ne serait pas conscient, non pas par des examens objectifs (IRM, radio, examens sanguins ou des tests musculaires articulaires objectivables etc…) mais par une sensibilité exacerbée qui confine alors à de la médiumnité.

Inductif car dans l’état de dépendance ou de fragilité dans lequel se trouve le patient, il est facile de lui faire croire n’importe quoi. Or tout cela peut avoir dans un premier temps un effet placébo agissant et parfois même de manière spectaculaire.

Deux questions se posent alors:
– La dépendance du patient à l’égard de son thérapeute tout puissant qui devient le sauveur et dont on conseille à tous les soins miraculeux…
– La possibilité de faire allégeances à des forces occultes.

Un rééducation nécessite patience humilité et prise de conscience pour changer geste et attitude qui peuvent occasionner dysfonctionnements et douleurs. Cette rééducation rend au patient son autonomie et sa responsabilité plutôt que de tout attendre de son gourou thérapeute.

Tantrisme et altérité

Témoignage d’une personne qui a souhaité partager son cheminement (4/4) pour aider d’autres personnes, tout en restant anonyme.

Lorsque j’étais dans la secte bouddhiste et initiée aux pratiques tantriques, on nous servait un discours « New âge » auquel nous adhérions sans trop nous poser de questions. Ce discours était plus acceptable pour nous les Occidentaux, et a été à la base de la manipulation dont j’ai été victime, puisqu’il permettait la dissimulation de la nature exacte des rituels.

La nature cachée des divinités invoquées

À savoir qu’il n’y avait pas dans cette voie du bouddhisme, de divinités au sens d’une altérité d’une nature surnaturelle et autre que celle de nous autres, les humains. Les « divinités » qu’on invoquait lors des rituels étaient présentées comme étant de simples « représentations », « des supports imagés » des qualités que nous devions développer en nous (sous-entendu sans nous lier à quoi que ce soit d’extérieur à nous-même).

L’aspect « rationnel » de cette présentation était mis en avant régulièrement : ces rituels permettaient de développer tous ces pouvoirs et capacités cachées qui font que nous n’utilisons pas l’intégralité des potentialités de notre esprit… Rien d’ésotérique, de magique ou de cette nature-là. C’était « rationnel ».

Quand on ne nous servait pas que cela était un moyen d’atteindre l’Éveil et donc de « revenir à cet état plus pur » et plus « connecté » avec sa nature profonde et la nature en général que l’homme, perverti par le progrès, la culture occidentale et la technique aurait perdu. Involuer, se « recroqueviller », « se défaire de tous ces voiles » qui nous cachent cette mystérieuse « nature de l’esprit » dont on nous parlait sans cesse. La fameuse vacuité…

Une libération donc à la fois spirituelle mais aussi culturelle et quelque part presque une libération de cette nature impure d’être humain infecte que nous étions devenus

Il s’agissait de retrouver « l’élite pure des origines » (je rappelle que j’étais dans une secte dont l’élitisme a fait partie de l’emprise) et cela justifiait le caractère secret des initiations ne devant se produire qu’entre maître et disciple, dûment éprouvées à travers une série de « mises » à l’épreuve, orchestrées par le maître seul.

Cet « enseignement secret » n’était pas présenté comme « accessible à tous » mais seulement au disciple (différent des autres) qui aurait été éprouvé suffisamment par son maître et « jugé digne » de le recevoir. Il y avait donc des « conditions » à cette libération, présentée comme étant possible en une seule vie (sortie du cycle des réincarnations) et bien plus rapide que les autres voies bouddhistes.

Quand j’ai soulevé tous ces points, le maître m’a ordonné de me taire, de ne rien dire d’autre que « la version » que je viens de développer, sous prétexte que les Occidentaux ne comprendraient pas de quoi il s’agit (trop coupés des origines, ils ne sont plus en mesure d’entendre la vérité, c’est pourquoi le Maître, seul être éclairé, les y conduira ; et d’aveugles ils deviendront voyants, d’aliénés, ils deviendront libres)…

Sous prétexte surtout de ne pas ralentir, voire de freiner le nombre d’adhésions des personnes à ce groupe, donc de faire chuter les revenus financiers du Lama (rien n’était gratuit) et sa volonté grandiose de prosélytisme en Occident (il aurait été envoyé en Occident par son propre maître pour y dispenser les enseignements et les libérer…)… Un grand délire mégalomaniaque auquel ne seront associés que les disciples les plus confiants dans le maître (et ceux qui donnent le plus d’argent…) et les plus aguerris qui après avoir enduré les épreuves seront initiés aux rituels les plus secrets (ceux sur lesquels il a le plus d’emprise)… Mais à l’époque, je ne comprenais pas encore tout cela…

Pour en revenir à l’altérité dans ces rituels, il y avait un grand mensonge vis-à-vis de la nature exacte de ces divinités. Pour moi, ces rituels, encore très imprégnés d’anciennes traditions chamaniques himalayennes et donc ayant une dimension ésotérique incontestable, nous mettaient en lien avec des « êtres extérieurs à nous-même » qu’il s’agissait d’invoquer longuement durant les rituels (mantras, invocations et visualisations), avant de les visualiser siégeant au-dessus de notre tête ou dans notre cœur, puis de les « incorporer » à savoir de les faire entrer en soi et de les laisser se dissoudre en soi (accès à la vacuité).

Il y avait donc bien une altérité au départ de ce rituel, au sens d’une mise en relation avec des êtres d’une autre nature que nous-même, dont le but caché était qu’ils nous « habitent ». Les « pouvoirs » qu’on développait ensuite (médiumnité, télépathie, pouvoir de guérison…) n’étaient pas dus comme on nous le disait « au développement de nos capacités jusque-là endormies en nous-même » mais bien à l’expression de la « prise de pouvoir de ces êtres » sur l’être profond de l’initié. Loin de mener à un chemin de libération, cela confine peu à peu à l’aliénation.

Leur impact sur l’identité de l’initié

Il est intéressant de noter que dans l’histoire de cette branche du bouddhisme, beaucoup de ces « divinités » sont décrites dans les textes comme étant des démons sanguinaires et guerriers que de grands maîtres auraient convertis au bouddhisme… De démons ils deviennent donc « angéliques et bons », capables de nous mener sur le chemin de l’Éveil… Ils sont présentés comme des alliés que « certains humains réalisés » (les grands maîtres en question) auraient donc « domptés » pour le bien de la lignée spirituelle et de l’ensemble des initiés qui recevront « leurs pouvoirs ». Le Mal devient le bien avec une facilité déconcertante par l’intermédiaire d’humains divinisés, devenus des Bouddhas…

Il est à noter également que ces « divinités » sont le plus souvent représentées en union sexuelle, censée représenter la fusion du masculin et du féminin. Pour ma part cela n’a pas été sans conséquences sur ma propre identité sexuelle. En effet en plus du fait d’avoir peu à peu totalement déséquilibré ma sexualité, cela a fini par atteindre mon identité sexuelle. J’en étais venue à douter de mon identité sexuelle féminine et à vouloir changer de sexe pour devenir un homme. Puis ne sachant plus très bien, je me sentais à la fois homme et femme, désirant posséder les deux sexes… Désirant également les hommes, autant que les femmes… Cette perturbation profonde de l’appréhension de mon identité sexuelle m’a plongée dans une détresse terrible, d’autant plus que je n’avais jamais eu ce genre de questionnement.//

Les psychologues que j’ai alors consultés n’ont trouvé aucune psychopathologie, mais également aucune explication à ces questionnements et déséquilibres soudains… Si je n’ai jamais « cédé » à ces tentations absolument terribles et débridées qui m’ordonnaient « de jouir autant des hommes que des femmes dans une absence de limite totale », cela m’a fait beaucoup de mal. Dans le groupe sectaire, les autres y voyaient juste « la libération de pulsions profondes », bridées jusqu’à présent par la morale, l’éducation ou encore la société… Ils y voyaient du positif et du « libérateur » là où je subissais et me sentais « dépossédée de moi-même »… Tout pris fin lors des prières de délivrance. Ce fut ensuite comme si tout cela n’avait jamais existé…

Il n’est pas anodin d’invoquer ces divinités et donc cette altérité, de la faire entrer en soi pour qu’elle s’y loge, pour qu’elle en fasse « sa maison ». On voit bien que ce sont des reliquats de chamanisme primitif. Maintenant que je comprends mon vécu, je me dis que j’ai accepté, par ignorance et manipulation mentale, d’être « parasitée », habitée par des esprits dont au final on ne sait rien, si ce n’est que ce sont des démons…

Si ce n’est aussi qu’ils sont comme des parasites et qu’ils distillent peu à peu leur poison de mort en nous. Ils fusionnent si bien (et si discrètement) avec notre être qu’il est difficile pendant longtemps de faire le rapprochement entre les transformations que l’on vit

  • dans son corps (perceptions sensorielles différentes : médiumnité),
  • dans son esprit (pensées parasites, mauvaises, dépravées qui semblent étrangères à soi et s’imposent)…

et les initiations.

J’ai l’impression que « pour opérer en toute discrétion », ils injectent leur venin qui paralyse l’esprit critique, le recul et la capacité à se déterminer soi-même. Leur piqûre gonfle tant l’ego devenu aveugle qu’elle est acceptée sans aucun problème. Elle fait presque du bien… Et elle injecte le mal…

Il va sans dire aussi que le développement des pouvoirs, flatte l’ego dans un premier temps. D’autant plus que le maître, fier de son disciple, l’encourage dans ce chemin en lui présentant cela comme les « preuves objectives » qu’il récolte, les fruits de la libération (je vous passe les récits qu’on a pu me raconter sur de grands maîtres ayant atteint l’Éveil et qui avaient développé de tels pouvoirs voir des pouvoirs encore plus puissants)…

Et l’initié, le disciple, le voilà qui « régresse et revient » à cet état où « toutes ses facultés » même les « plus intuitives » comme la médiumnité ou les capacités de guérison se manifestent. Le disciple, confiant pense être sur la bonne voie… En fait il est lié aux esprits et déjà bien pourri par l’orgueil… Il est mentalement aliéné à son maître et spirituellement aliéné aux esprits.

Si on ajoute à cela la consommation des substances maléficiées données par le maître lors des rituels et le port d’objets chargés également, l’emprise est totale et sur tous les plans :

  • physique (par les sens et les perceptions),
  • psychologique et émotionnel
  • et spirituel.

Le passeport parfait pour l’enfer qui a des apparences de passeport rapide pour le Paradis… Des faux papiers en somme sur lesquels ne sont même plus indiqués notre nom (on reçoit un nom lors de l’entrée dans la voie par lequel on sera ensuite exclusivement nommé ; le nom de baptême qui était le mien, n’existait plus…) et notre identité, perdus au fur et à mesure des rituels…

De la fusion à l’altérité

Témoignage d'une personne qui a souhaité partager son cheminement (3/4) pour aider d'autres personnes, tout en restant anonyme.

Depuis 14 mois j’ai quitté la secte bouddhiste et les choses sont allées très vite pour moi et j’en rends grâce à Dieu. Dans un premier temps, j’oscillais entre enthousiasme et joie d’accéder à une liberté toute nouvelle et renoncements à faire, accompagnés de tristesse à la limite de la dépression (renoncer aux pouvoirs occultes, à certaines relations sociales, à une partie de mon travail…).

Maintenant que les choses sont plus « posées », le rythme se ralentit. Je peux commencer à regarder et à voir ce qui m’est arrivée parce que je me sens moins dans cette urgence de devoir fuir pour sauver ma peau (ou plutôt mon âme). Alors dans cet espace nouveau qui est celui d’une relation plus confiante à Dieu, je découvre tout un pan qui « Était inexistant dans le cheminement « bouddhiste » : L’altérité, la rencontre et donc aussi la peur. Peur de l’autre, peur de l’inconnu de la relation avec Dieu.

Dans le bouddhisme New-Âge que j’ai connu on cherchait la fusion dans ce grand tout (l’énergie universelle), on se dirigeait vers l’identique, le même. Il n’y avait pas de rencontre à faire, ni d’altérité. Ceci avait quelque chose de très angoissant (perte de notre identité, dissolution de l’ego) mais en même temps de sécurisant car c’était comme une sorte de régression (un retour en arrière sur un chemin perdu depuis longtemps mais connu bien qu’oublié). Aucune croissance spirituelle n’était donc possible, aucune ouverture vers l’autre, l’inconnu. Il fallait « involuer » pas évoluer.

 Mais dans la relation à Dieu, je rencontre un autre. Différent de moi et à la fois proche par son humanité. Et là pour la première fois, j’ai vraiment peur. Je me rends compte qu’accorder sa confiance à Dieu c’est accepter de faire confiance à un autre et donc accepter d’aller sur un chemin inconnu, celui de la croissance et de la libération. Car se replier sur soi-même c’est une sorte de mort au fond. Et bien je me rends compte qu’avant, aller sur un chemin qui menait à la mort (sans que je ne le réalise) était moins effrayant pour moi qu’un chemin qui mène à la vie. Quel paradoxe ! Je découvre que j’ai peur de vivre parce que j’ai peur de cette relation à l’autre. Mon histoire et mes relations antérieures avec les autres humains n’aident évidemment pas à avoir confiance en l’autre…. Mais je me rends compte que je réagis pareil avec le Seigneur (on est bien humain parfois dans notre relation avec lui…).

 Dans mon chemin de délivrance, c’est un changement très important pour moi. Passer d’un monde au temps cyclique (celui de la réincarnation) à un temps éternel. Et puis passer de cette perspective de fusion, de régression, à ce chemin d’ouverture vers la vie, l’autre, l’altérité et la rencontre. C’est vraiment passer d’un monde à un autre d’une façon totalement radicale. Cela me déstabilise beaucoup parce que tous les repères de la vie changent. Je ne sais pas si d’autres personnes que vous aidez vous ont fait part de ce changement et de l’impact que cela a sur la vie. Ce n’est pas juste la relation à Dieu qui change, ni même la fin de phénomènes paranormaux ou la perte de pouvoirs occultes…. Une délivrance c’est plus que ça. Je crois que ça vient du fait que ça fait vivre une conversion et que nécessairement tout est mis à l’envers. Psychologiquement cela est très éprouvant car on vit des choses tellement à l’inverse, tellement radicalement opposées que parfois ça fait vaciller. Il faut s’y retrouver. C’est un nouveau rapport au monde, aux autres, à soi-même et au sens de l’existence. Accepter ces nouveaux repères, ça prend en fait du temps.

Je me rends compte qu’une libération, ce n’est pas simplement « youpi tout est fini ! Je suis libre ! Tout n’est que joie et paix ! ». L’esprit humain est bien plus complexe que ça. Et puis il faut s’habituer à des nouvelles relations sociales, à un nouveau travail, à un sens de la vie différent…. Un chemin de sainteté n’a rien à voir avec une recherche de fusion dans un grand tout.

Mais quand Dieu appelle et agit, je ne vois pas trop comment on pourrait se retrouver dans un entre deux. Le jour de la prière de délivrance, j’ai vécu une expérience radicale. Ce fut réellement le passage d’un monde à un autre, des ténèbres à la lumière et pour un humain c’est vraiment pas facile à vivre en fait parce que ça bouscule tous les repères. Tout ce qu’on pensait maîtriser en en l’air, ce qu’on croyait juste est faux, ce qu’on pensait être lumière était ténèbres …. Il faut aussi accepter de s’être fait avoir, encaisser la trahison, la manipulation par la secte …. La délivrance dans mon cas a touché le corps, l’esprit et l’âme.

 Je dirais donc que la libération c’est avant tout très radical, abrasif, corrosif surtout quand comme moi, on était bien engagé déjà dans une mauvaise voie. Ça n’est pas un « truc doux », soft, bisounours quoi. Enfin en tout cas pour moi. C’est un combat, une épreuve physique, mentale et spirituelle. C’est tout ce qu’on est en tant qu’être humain qui est délivré et donc concerné par le cheminement. Sur un plan humain c’est donc vraiment déstabilisant même si évidemment je ne regrette rien. C’est juste qu’à vivre c’est « hard », il faut bien l’avouer. La perte de tous ces repères antérieurs, même si je ne désire pas les retrouver me déprime parfois. Je me sens très vulnérable sur ce nouveau chemin avec le Seigneur. Dans le précédent, je me sentais plus assurée avec tous ces pouvoirs … L’orgueil … Ces pouvoirs d’ailleurs donnent une impression de liberté et de « marge de manœuvre plus grande » sur le monde, sur les autres et sur ces propres états d’âme. Mais c’est un leurre causé par la toute puissance et l’orgueil qu’ils développent en nous. C’est un empoisonnement sournois alors qu’on pense que c’est un remède à la souffrance, aux difficultés…. En effet les pouvoirs occultes quand on les exerce ou si un autre les exerce sur nous, ont un effet immédiat. La souffrance est soulagée plus vite (mais pas durablement et cela expose en fait à des effets secondaires bien pires mais à ce moment-là on l’ignore). Alors on devient addict et on les utile sans retenue pour « aller bien », « se libérer de ci ou ça », » faire taire la moindre souffrance physique ou psychologique », « faire taire la peur « … On devient des pantins mais on se croit libre, on pense avancer sur le chemin spirituel …. On se sent puissant alors qu’on est vulnérable et en danger. Mais ça on ne le voit pas, on est aveugle et si on nous le dit à ce moment-là du processus, on n’écoute pas car on est sourd.

Dans mon cas l’emprise était double : celle du gourou et celle des démons car la voie bouddhiste que j’ai prise était occulte… Mais je pensais sincèrement que ce chemin était un chemin vers la libération, la vie, la paix. J’y ai vraiment cru … Jusqu’à ce que le Lama me dise que l’amour était une construction et une illusion de l’esprit. C’était inconcevable pour moi. Il n’y avait donc pas d’altérité, je ne voulais pas de cette fusion. Là j’ai commencé à avoir peur et à douter. Puis j’ai eu envie d’aller voir un prêtre pour me confesser mais j’étais bouddhiste et j’ai eu peur d’être mal reçu, d’être jugée, qu’on me pose trop de questions…. J’avais honte… De plus je ne pouvais déjà plus mettre un pied dans un église…. Je me sentais tiraillé entre le chemin occulte et l’église… Mon mari se souvient très bien de ce moment car je lui en avais parlé et j’étais vraiment mal.

Libérée des rituels tantriques

Témoignage d'une personne qui a souhaité partager son cheminement (2/4) pour aider d'autres personnes, tout en restant anonyme.

Le chemin de libération a commencé le jour où j’ai compris que je n’étais pas libre et que j’étais soumise à des esprits, des démons par le biais de rituels tantriques. Ces rituels auxquels j’avais été profondément initiée pendant des années, soit dix ans, dans le but de me libérer avaient en fait contribué à développer mes pouvoirs de médiumnité et de guérison occultes.

L’entrée dans le combat spirituel par la prière et la confession, rapidement suivi du renoncement à ces pouvoirs devant le Saint-Sacrement dans l’église de ma paroisse a rapidement provoqué la perte des perceptions médiumniques et des pouvoirs de guérison. Je ne « voyais plus ces esprits, ces démons ». Si cela a été un grand soulagement, en revanche perdre les perceptions positives de reconnexion à la nature, d’impression de « se fondre dans un grand tout » ou encore les impressions de se « shooter « dans les lieux « bien chargés » en se gavant jusqu’à l’indigestion de cette « énergie positive » a été un passage très délicat. J’étais littéralement droguée aux sensations, addicte aux émotions positives, boulimique de fusion dans « le grand tout ». J’étais atteinte d’une sorte de « maladie de la gloutonnerie sensorielle ».

Sans tout cela, le monde m’apparut brutalement bien plus « plat ». Il n’y avait plus cette « double dimension ». Il « ne se passait plus rien ». Je n’avais plus « ces montagnes russes émotionnelles » causées par ces alternances non maîtrisées dont j’étais victime, de « perceptions terrorisantes » et de « perceptions euphorisantes ». Je n’étais plus le « jouet » soumis au bon vouloir des esprits. Le monde me parut bien « calme » et ce constat me plongea dans une sorte de dépression et de nostalgie de « ce temps où je pouvais percevoir et me gaver du positif sans limite ». Je n’étais plus « une sorte de pile humaine » qui avait besoin de la nature ou de lieux « chargés de bonnes ondes » pour se recharger elle-même. Cela changea profondément mon rapport à moi-même mais aussi au monde et aux autres bien entendu.

Cette étape a coïncidé avec le déferlement d’attaques nocturnes durant lesquelles ces esprits que je « ne voyais plus » me touchaient, me frôlaient, me secouaient violemment me tirant sans cesse de mon sommeil. Puis ont commencé à apparaître des bruits dans ma maison, toujours la nuit. C’était toujours le même scénario. Je pouvais dormir jusque vers 3h00 ou 3h30 du matin. Puis ils me secouaient très fort. Le matelas de mon lit me donnait l’impression de subir un tremblement de terre. Ils me réveillaient. Puis les murs commençaient à craquer de toutes parts. J’avais l’impression qu’ils arrivaient en masse. Je me disais « Merde les voilà… L’armée arrive… ». J’étais terrorisée. Puis ils se mettaient à frapper dans les murs, les meubles, le plafond, partout… Toujours deux coups, frappés très forts, toujours de la même manière. Ce « toc toc » rythmait mes nuits… Arrivé à ce stade, ils me tourmentaient ainsi durant 3h à 5 h. Autant dire que je ne dormais plus… J’essayais de prier, cela les tenait tranquille quelques minutes mais ils recommençaient aussitôt ensuite. Ils m’épuisaient par la terreur et le manque de sommeil qu’ils m’infligeaient. Ils essayaient de m’avoir à l’usure, c’est ce que je me disais…

Cet enfer dura trois semaines, jusqu’à ce que je prenne rdv avec le prêtre exorciste de mon diocèse pour une prière de délivrance. Avec le recul je me rends compte que j’aurai dû prendre ce rdv plus tôt. Mais j’avais honte de raconter tout ça et très peur aussi, de ce qu’on « allait me faire », de ce qu’il allait se passer ….

 À ce moment-là, il n’y avait plus beaucoup de place pour le combat spirituel, j’étais trop prise et j’étais épuisée. C’était juste essayer de trouver de l’aide. C’est tout ce que je pouvais encore faire. De toute façon le jour de cette prière de délivrance, j’étais au bout de mes forces physiques, mentales et spirituelles… Je me souviens que lorsque le prêtre m’a demandé de me mettre à genou auprès de lui, les esprits m’ont hurlé dans les oreilles « Il te prend pour de la merde ! non ! non ! Pousse-le ! Mais pousse-le ! ». Je me souviens avoir fait un dernier effort pour bouger de mon fauteuil et être tombée à genoux devant le Croix du Christ (c’est ce que j’ai vécu dans mon cœur), m’en remettre à lui totalement car je ne pouvais plus, je n’avais plus aucune force… À partir de là, je me souviens qu’ils avaient peur et qu’ils me serraient le cou pour m’étrangler, j’avais très mal… Je me souviens aussi avoir fait des efforts démesurés pour maîtriser mon corps (ne pas me relever et fuir) et mes gestes (ne pas céder aux hurlements et aux ordres des démons et repousser le prêtre). Ensuite je ne me souviens pas. Les esprits/démons m’ont rendue sourde et je ne pouvais plus entendre le prêtre. Puis juste avant la fin, j’ai retrouvé mes « oreilles » et la paix. J’étais épuisée et de retour chez moi, je me suis endormie directement. Je pense qu’il faut avoir vécu ça pour le comprendre… Ça parait totalement surréaliste… 

De retour chez moi, j’ai continué les prières de protection, d’aller à l’église le dimanche et j’ai fait bénir ma maison. Les phénomènes paranormaux et « les attaques » se sont arrêtées la troisième nuit après la prière de délivrance.

C’est alors que la deuxième étape a commencé. J’ai constaté que je perdais peu à peu le souvenir des perceptions médiumniques. La « nostalgie et la tristesse » d’avoir perdu les perceptions positives me quittait progressivement.

J’étais perturbée car constater cet oubli progressif m’a un peu inquiétée. Le prêtre exorciste que j’ai donc revu entre temps pour un autre temps de prière, m’a dit que c’était normal et dû au chemin de libération et de guérison. On devient « amnésique » de tous ces vécus. Cela est très déroutant…. Je ne m’attendais pas à ça…

De même que je ne me souviens pas de ce que je disais et faisais durant mes crises de rage avant la prière de délivrance. Quand mon mari m’en parle maintenant, j’ai l’impression qu’il décrit une autre personne… J’ai tout oublié. Je ne peux même pas dire que cela pèse sur ma conscience, je ne me souviens de presque rien…. J’ai aussi oublié une grande partie du déroulement de la prière de libération. Le moment où j’étais « sourde » est un moment où j’ai « un trou » dans ma mémoire.

 Non seulement je n’ai plus les perceptions d’avant mais en plus maintenant je les oublie. Je n’oublie pas encore la terreur que cela me procurait ni le « visage » ou l’apparence des démons mais j’oublie les impressions sensibles que cela me donnait dans le corps. En fait, j’ai l’impression d’être en convalescence après une grosse maladie que je croyais mortelle… Je retrouve ma santé physique, ma santé mentale (je suis maintenant calme et je n’ai plus de crises de désespoir, ni de crise de rage). Je retrouve aussi ma joie et mon énergie. En effet ne plus être parasitée par tous ces démons/esprits, me donne une liberté et une joie profonde. Je trouve ma vie calme et agréable et encore plus depuis la disparition des phénomènes paranormaux…

Toutefois il y a des choses que je n’oublie pas, enfin pas encore, notamment la douleur physique et la souffrance mentale que j’avais en entrant dans une église lors d’une messe. Ça me permet d’avoir une profonde compassion pour les personnes prises par l’occulte, qui subissent des attaques et qui en souffrent… Ça me faisait tellement souffrir physiquement d’assister à une messe, comme si on me jetait dans une marmite d’huile bouillante, une brûlure indescriptible du corps entier et ça me donnait une telle terreur que je ne pouvais pas m’empêcher de fuir à l’extérieur comme « une folle », je ne me maîtrisais pas… Ça je m’en souviens très bien.

Je me souviens aussi m’être demandée ce qui m’arrivait et avoir été triste de ne pas être capable de rester à la messe (j’étais encore « bouddhiste » mais c’était juste avant mon accident et j’avais souvent envie d’entrer dans les églises et de prier mais je n’y tenais pas 5 mn..).

Je crois que j’aurais fini par mourir, suicidée, folle, désespérée ou par accident… Je ne vois pas comment on peut vivre longtemps dans ces conditions. « Ça veut notre mort » … Purement et simplement. Ça fait vivre l’enfer sur terre avant de nous y jeter définitivement. 

 J’ai également l’impression de « récupérer mon cerveau ». Je peux penser, réfléchir. Avant c’était impossible parce que les sensations et perceptions s’imposaient et cela ne me donnait aucune marge pour penser, raisonner, comprendre… Tout était immédiat, subi. C’était comme « être collée, engluée » dans les perceptions, les sensations. C’est du harcèlement voir de la persécution. Ça donne des idées obsessionnelles, morbides le plus souvent. Les perceptions visuelles et sensorielles s’imposent. Les émotions de désespoir et de rage arrivaient comme ça et je ne pouvais rien contrôler, ça envahi le corps qu’on ne contrôle plus …Le prêtre mettait en évidence que je retrouvais maintenant mes capacités de discernement. 

 Le combat spirituel prend pour moi une nouvelle direction ou même une réalité. En effet maintenant je peux tenter de ne pas succomber aux tentations. Mais avant rien de tout cela n’existait. Ça s’imposait c’est tout…

À la fin, je ne maîtrisais même plus mes pensées… Ça n’était plus des tentations depuis longtemps … 

L’étape actuelle est celle des « persécutions extérieures ». Mon rapport aux autres est complètement différent d’avant et cela entraine d’énormes changements dans mes relations sociales. Depuis que je suis ce chemin de libération et que je suis entrée dans le combat spirituel, j’ai maintenant de plus en plus de personnes, y compris dans ma propre famille qui me tiennent des propos de haine extrême contre Dieu ou contre les actions ou les engagements que je prends dans ma vie quotidienne. Ce qui pour moi revient au même, puisque maintenant c’est le Seigneur qui guide mes actions, c’est à lui que je suis liée et c’est avec lui que je veux être et ce quoi qu’il arrive. Cette étape est très difficile aussi mais je continue à m’en remettre à Dieu et à sa profonde miséricorde. Je prie. Visiblement quand on suit le Seigneur, cela dérange beaucoup certaines personnes… Je dirais même que cela les met littéralement en rage… Voilà ce que je vis à présent…

J’ai choisi de suivre le Seigneur et de lui remettre tous mes pouvoirs. Il m’a libérée de mes perceptions. Puis il m’a guéri progressivement de la souffrance de les avoir perdues, de cette tristesse et de cette nostalgie. Pour cela il a fait en sorte que je les oublis. Maintenant je garde fermement « ma main dans la sienne » et je suis certaine qu’il m’aidera à faire face à ces « persécutions extérieures ». J’ai toute confiance en lui. Je lui remets chaque peine, lui confie chaque difficulté. Encore et encore… Chaque matin mes premiers mots sont toujours ceux d’une prière adressée à celui qui m’a sauvée et libérée…