Discours du pape sur l’intelligence artificielle

Je m’adresse à vous aujourd’hui, dirigeants du Forum intergouvernemental du G7, pour vous présenter une réflexion sur les effets de l’intelligence artificielle sur l’avenir de l’humanité.

« L’Écriture Sainte témoigne que Dieu a donné aux hommes son Esprit pour qu’ils aient “la sagesse, l’intelligence et la connaissance de toutes sortes de travaux” ( Ex 35, 31) ». La science et la technologie sont donc les produits extraordinaires du potentiel créatif des êtres humains

Or c’est précisément l’utilisation de ce potentiel créatif donné par Dieu qui est à l’origine de l’intelligence artificielle.

Cette dernière, comme on le sait, est un outil extrêmement puissant, utilisé dans de nombreux domaines de l’activité humaine : de la médecine au monde du travail, de la culture à la communication, de l’éducation à la politique. Et l’on peut désormais supposer que son utilisation influencera de plus en plus notre mode de vie, nos relations sociales et même, à l’avenir, la manière dont nous concevons notre identité en tant qu’êtres humains.

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Complotisme, si loin, si proche

D’où vient la pensée complotiste et pourquoi est-elle si présente aujourd’hui ? Quelle différence avec le questionnement sceptique ? Le conspirationnisme concerne-t-il uniquement les pays riches ? Est-il lié à une idéologie politique précise ?

Et surtout, surtout, la question que vous ne vous posez sans doute pas, mais qui risque de vous effleurer le cortex à l’écoute de cette série de 5x1h : êtes-vous vous-même complotiste ?!

Avec l’historienne Marie Peltier, on a décidé d’aller voir la poussière sous le tapis. Est-ce que ça va gratter ? Oui !

UN PODCAST DE MÉTA DE CHOC 5 fois 1h

Épisode 1 Définir le territoire

En quoi le complotisme vous concerne-t-il ? Sans doute ne vous considérez-vous pas comme complotiste, même si certaines personnes ont pu peut-être, à un moment ou un autre, vous qualifier ainsi. Eh bien, je vous informe que cette série risque fort de vous faire réaliser que certains de vos modes de pensée sont complotistes !

Mais là où on touche à un point particulièrement sensible, c’est que nous allons parler politique. Quoi ? Le scepticisme ne se doit-il pas d’être apolitique

Épisode 2 Le temps des secrets

D’où vient-il le conspirationnisme ? Dans le temps et dans l’espace. Qui en est donc l’initiateur ? Car oui, ce mode de pensée bien contemporain a connu un début, un moment fondateur, avant d’arriver dans notre quotidien à toutes et tous ! La conversation qui suit lève le voile sur une articulation chronologique et idéologique qui devrait dissiper bien des incompréhensions sur un univers qui nous semble souvent confus, incohérent, voire absurde.

Cette émission avec l’historienne Marie Peltier a été enregistrée le 11 mars 2022, soit 15 jours après l’offensive militaire russe en Ukraine, et 1 mois avant le premier tour des élections présidentielles en France.

Épisode 3 Quand le nuage s’épaissit

Quelles sont les applications concrètes du complotisme aujourd’hui ? Faut-il distinguer conspirationnisme politique et conspirationnisme spirituel ou religieux ? Le complotisme a-t-il vraiment explosé avec la pandémie ? Comment les médias, comment les politiques nationales et internationales jouent-elles avec ce levier polarisant ?

Marie Peltier poursuit son analyse des outils et des champs d’action de la pensée complotiste dans l’actualité récente : élection de Donald Trump, pandémie, guerre en Syrie, guerre en Ukraine, entre autre.

Épisode 4 Les têtes d’affiche

Comme si la question du complotisme n’était pas assez complexe, elle vient également toucher à des points aussi sensibles qu’importants : la liberté d’expression, la défense des minorités, ou encore le droit des peuples à l’autodétermination.

Le menu du jour s’annonce épicé puisque nous allons analyser quelques cas concrets et donner des noms. De quoi affiner notre compréhension du phénomène, mais aussi peut-être créer de l’inconfort là où on ne s’y attendait pas. Bref, une nouvelle occasion pour se questionner sur ce que l’on pense et ce que l’on croit.

Épisode 5 Le romantisme de la solution parfaite

Marie Peltier définit le complotisme suivant deux axes qui semblent s’opposer et qui sont pourtant complémentaires : la pensée civilisationnelle et la pensée antisystème. Est-ce à dire que critiquer l’impérialisme, s’insurger contre un pouvoir en place ou une politique jugée injuste, c’est être complotiste ? Certes pas. Alors ?

À ce stade, il semble utile de creuser un peu plus profond encore ce qui distingue le mode de pensée conspirationniste d’un esprit critique, révolutionnaire ou conservateur.

Pour conclure cette série décapante, je vous propose donc de faire un pas de côté pour mieux revenir à nous-mêmes et tenter de comprendre ce en quoi la pensée complotiste peut nous toucher à un degré ou un autre, jusqu’à parfois dévoiler des traits communs à l’emprise mentale.

Le bruit des bots

Grégory Aimar

L’intelligence artificielle et le réchauffement climatique sont les deux grands enjeux du XXIe siècle, et ils ont deux points communs : premièrement, impliquer des risques inédits pour l’humanité, qui ont été identifiés par des scientifiques, des philosophes et des artistes depuis le siècle dernier, et, deuxièmement, ne susciter malgré les alertes que très peu de réactions de la part des gouvernements ou de la population, qui assistent, comme médusés, à l’inflation de leurs effets sur le monde. Com- ment expliquer un tel paradoxe ? Une partie de la réponse se trouve dans les racines mêmes de ces menaces existentielles : le matérialisme.

(…)

Les croyances matérialistes

La possibilité pour un être humain d’imaginer l’existence d’une conscience artificielle repose sur sa vision matérialiste du monde. Une vision qui a émergé à la faveur du recul de la religion dans nos sociétés et avec le soutien d’une partie de la communauté scientifique. À titre d’exemple, citons Guillaume Dumas, professeur agrégé de psychiatrie computationnelle à l’université de Montréal : « Notre modèle démontre comment la convergence neuro-IA met en évidence les mécanismes biologiques et les architectures cognitives qui peuvent […] conduire à la conscience artificielle », déclarait-il à SciTechDaily en novembre 2022 (4). Et l’idée n’est pas nouvelle. En 2014, Christof Koch, scientifique en chef et président du Allen Institute for Brain Science, affirmait déjà dans un article pour le MIT Technology Review : « Si vous pouviez construire un ordinateur doté des mêmes circuits que le cerveau, cet ordinateur aurait également une conscience qui lui serait associée. Il ressentirait le fait d’être cet ordinateur. Je ne dis pas que la conscience est une âme magique. C’est quelque chose de physique. (5) »

Dans cette optique, tout est fait actuellement pour convaincre le public que l’intelligence artificielle pourrait être douée d’une forme de sensibilité, voire de conscience, et qu’un jour les machines seront capables de remplacer les êtres humains dans presque tous les domaines. En fait, si l’on considérait le matérialisme comme une religion, l’intelligence artifi- cielle en serait le dieu. Une divinité omnipotente et omnisciente, dont les technoprophètes attendent la venue comme le messie. Depuis 2021, les membres de certains groupes Facebook peuvent publier des demandes de prières. Une fonctionnalité qui a été développée par l’entreprise en parte- nariat avec le créateur de YouVersion, une application biblique populaire. Et ce n’est qu’un premier pas, Sarah Lane Ritchie, maître de conférences en théologie et en sciences à l’université d’Édimbourg, en est persuadée : « Je ne pense pas que nous sachions encore toutes les manières dont ce mariage entre les Big Tech et l’Église se déroulera. (6) »

LIRE L’ARTICLE DANS LA REVUE DES DEUX MONDES

Un autre article de Grégory Aimar

La chaîne YT de Grégory Aimar

L’état de sidération et de dissociation

Sidération et dissociation pendant un viol : les 2 mécanismes de survie du cerveau contre l’arrêt cardiaque

Sur le site Madmoizelle.com

Lors d’une expérience traumatique intense, le cerveau mobilise deux mécanismes d’urgence : la dissociation et la sidération. C’est ce qui explique l’absence de réaction de nombreuses victimes de viol : un réflexe biologique de survie.

Plus d’un quart des Français·es estiment que « lorsqu’une femme ne réagit pas et ne s’oppose pas, on ne peut en aucun cas parler de violences sexuelles ».

Dans une société qui baigne dans la culture du viol, ces chiffres issus d’une enquête IPSOS réalisée pour l’association Mémoire traumatique ne sont pas vraiment étonnants.

Ne pas réagir, ne pas être en état de se défendre ou d’appeler à l’aide est fréquent chez les victimes d’agressions sexuelles et de viol, mais l’explication scientifique de ce mécanisme de protection n’est que rarement délivrée.

Pourquoi les victimes de viol ne se défendent pas ?

La youtubeuse de la chaîne Le labo de la légiste a ressorti ce week-end une vidéo datant de 2013. On y explique très bien quels étaient les mécanismes psychologiques et physiologiques à l’œuvre, pour comprendre cette absence de réaction chez de nombreuses victimes.

Michel Cymès et Marina Carrère y détaillent ce que sont les états de sidération, de dissociation, et le syndrome de stress post-traumatique.

https://twitter.com/LaboDeLaLegiste/status/964556304034484227

Impossible de réagir pendant une agression sexuelle ?

Tout démarre avec une partie de notre cerveau nommée l’amygdale : son rôle est de décoder les émotions, de gérer nos réflexes. En cas d’agression, c’est l’amygdale qui déclenche une série de réactions :

  • Production d’hormones du stress : adrénaline et cortisol
  • Celles-ci accélèrent le flux sanguin, le rythme cardiaque, la respiration
  • Les muscles sont contractés pour être prêts à la fuite

Mais ces réactions initiées pour la survie peuvent entraîner une « surchauffe ». Marina Carrère détaille les réactions en chaîne :

« Les centres nerveux au niveau du cortex censés analyser et modérer les réactions sont comme dépassés par les signaux d’alerte. »

La victime est incapable de réagir car l’élément de son cerveau censé gérer ses réactions de survie est entrain de s’enrayer. Elle est comme paralysée : c’est l’état de sidération.

En parallèle, le niveau de stress continue d’augmenter puisque l’amygdale fonctionne à plein régime, trop fort en réalité.

« Pour éviter que le survoltage provoque un arrêt cardiaque, le cerveau déclenche une sorte de court-circuit avec de la morphine et de la kétamine.

L’amygdale est isolée, la production d’hormones de stress est stoppée. »

« Hors de son corps » pendant une agression

Mais le corollaire de ce « court-circuit », salvateur sur le moment, est le fait que la victime de l’agression soit totalement coupée de ses émotions, comme spectatrice des événements.

C’est ce que décrivent de nombreuses victimes de viol, qui expliquent avoir eu l’impression de voir la scène « d’en haut », d’être « hors de leurs corps » : c’est l’état de dissociation.

Suite à cette mise en quarantaine de l’amygdale, le souvenir n’est pas évacué vers l’hippocampe, censé être le siège de la mémoire. Il est piégé dans une région du cerveau qui n’y est pas dédiée et va donc se constituer en « mémoire traumatique ».

La victime peut développer ce que l’on appelle un syndrome de stress post-traumatique.

Laure Salmona, citée dans un article sur les agressions sexuelles entre enfants il y a quelques mois, expliquait ce qui en découle :

« Comme cette mémoire n’a pas été intégrée et traitée, elle peut provoquer une amnésie de l’événement, et peut ressurgir n’importe quand. »

Si ce souvenir n’est pas assimilé via une thérapie par exemple, Laure Salmona détaillait que « des flashs peuvent surgir n’importe quand, en particulier lorsqu’on se retrouve dans un endroit qui rappelle l’événement traumatique, lorsqu’on voit l’agresseur, lorsqu’on sent une odeur, lorsqu’on se retrouve dans une situation similaire ».

« C’est comme si on revivait la scène, ça peut aller jusqu’à l’hallucination visuelle, auditive, ça peut être extrêmement douloureux. »

L’avantage de cette vidéo est qu’elle explique de manière très pédagogique les mécanismes physiologiques, des réactions naturelles, que les victimes ne sont pas en mesure de maîtriser.

De quoi expliquer que oui, une victime qui ne réagit pas reste une victime et n’est en rien responsable de son agression

"Je m’en voulais de ne pas avoir pu réagir…. Je suis restée dans cet état plusieurs jours, à ne même pas pouvoir en parler. Maintenant je comprends mieux ce qui s’est passé. Le cerveau disjoncte par protection… C’est un mécanisme neurologique de préservation de la vie…. En conditions extrêmes…. "