Voici un autre regard, différent, complémentaire, celui de Clément Freze. Né en 1997, sur la scène de l’Olympia dès ses vingt-deux ans, il est mentaliste, hypnotiseur, performer et sceptique. Il démystifie des croyances majoritairement ésotériques et se sert de son art de l’illusion pour démocratiser l’esprit critique. Une sorte de charlatan professionnel en lutte contre la manipulation mentale. Son site : https://clementfreze.fr/
Cette série de vidéos aborde et démystifie différents aspects de l’emploi de l’hypnose.
Dans plusieurs grandes villes de France ont lieu des concerts sous hypnose.
Voici quelques clés de lecture en lien avec la présentation faite sur le site de Geoffroy Secco, sur l’article qui lui est consacré sur Wikipédia et sur le décryptage de vidéos de ses concerts.
Bien sûr, quant aux réserves, ou aux discernements à opérer concernant les méthodes employées ou évoquées par Geoffrey Secco, nous invitons le lecteur à consulter les articles, en note de bas de page, déjà mis en ligne sur ce site. Il y trouvera, déjà déployé, tout cet argumentaire de réserves et de discernement.
Geoffroy Secco
Geoffrey Secco, musicien saxophoniste vedette, est le maître d’œuvre, de ces concerts sous hypnose. Très tôt il s’intéresse à la mythologie et aux états de conscience modifiée. Il pratique le yoga, la méditation, le chamanisme, la médecine énergétique chinoise, l’ennéagramme…
Suite à un concert en 2015, il
s’aperçoit que le public entre dans une sorte de transe. C’est
alors qu’il n’a de cesse d’amplifier ce phénomène en se
formant à l’hypnose ericksonienne. En 2017, il obtient sa
certification, de l’Académie de Recherche et de Connaissance en
Hypnose Ericksonienne
Mais ce n’est pas tout ! Il va poursuivre ses expériences, au centre Takiwasi au Pérou, qui est présenté comme un lieu de pratique de médecine traditionnelle amazonienne. « Ce voyage est déterminant et me donne la vision claire de mon projet. »1 Le Dr Mabit en est le fondateur de ce centre. De fait, ce sont des initiations chamaniques avec usage d’ayahuasca. Nous renvoyons aux multiples mis en garde à ce sujet contre cette substance hallucinaogène interdite en France.2
Bon commercial, il dépose la marque « Concert sous hypnose », et crée le spectacle Le voyage du héros. Ce spectacle s’inspire de la PNL (Programmation Neuro-Linguisitque) et de l’hypnose selon l’approche de Le Score, et du livre Le héros aux 1001 visages du mythologue Joseph Campbell.
Voici ce qu’en dit la rubrique Wikipédia qui est consacrée à Geoffrey Secco : « En 2018, Geoffrey Secco tombe gravement malade. Les médecines occidentales et alternatives sont sans effet. En 2019, il retourne au Pérou auprès de Jacques Mabit afin d’y être soigné. Pendant une cérémonie Ayahuasca inoubliable, il voit et masse ses propres chromosomes.3 Trois jours après il est complètement guéri. De retour en France, il profite du confinement pour écrire son livre « Autobiographie d’une conscience », qui sortira en 2021 aux éditions Leduc. Pendant cette période, il produit une série de Concerts sous hypnose en invitant le fondateur de l’ARCHE, Kevin Finel4, Bernard Werber5, qui préface son livre. L’expérience de guérison vécue au Pérou, qu’il décrit comme étant proche de l’expérience de mort imminente, lui inspire son album Au-delà. Un album et un nouveau concert sous hypnose présenté au Trianon en février 2022. »6
Celui qui présente cette archive est un praticien convaincu des différentes possibilités de l’hypnose, et fait de cette vidéo un « petit bijou documentaire ». Elle permettrait de visionner la description des applications sur le plan clinique, mais aussi sur le plan de la créativité artistique musicale, de la concentration au jeu d’échec, en passant par l’hypno-anesthésie…
Toutefois, on peut aussi estimer, et c’est mon cas, que c’est une bonne illustration des manipulations et conditionnements occasionnés par l’hypnose…
Alors que je disais à un ancien militaire formé dans les sections spéciales d’intervention que je réfléchissais sur l’hypnose, à partir de l’interrogation de cette femme ayant accouché sous hypnose (voir le début de la première partie), il m’a spontanément parlé de son entraînement au combat. Dans ces sections spéciales, il ne faut pas avoir d’état d’âme ; il me disait que des moniteurs leur induisaient un comportement, où tout sens moral disparaissait afin d’être plus performant dans la mission. Tuer un homme de sang-froid sans en avoir le moindre regret continuait à l’interroger trente ans après. Il disait se voir impassible dans certaines situations qui auraient dû lui procurer des émotions. Il venait de réaliser que ce qu’il avait subi dans son entraînement pouvait être assimilé à de l’hypnose. Les conséquences de l’induction d’une dissociation somatopsychique, psycho spirituelle ou psycho éthique, ne sont analysées dans aucun rapport dit scientifique.
Le rapport de l’Inserm de juin 2015
Dans son rapport de juin 2015 sur Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose[1], le très sérieux organisme INSERM a donné quelques points d’évaluation et d’attention concernant l’hypnose. Voici quelques extraits :
L’hypnose recouvre en effet un ensemble de pratiques sensiblement différentes : hypnosédation (à visée sédative, utilisée en anesthésie), hypnoanalgésie (contre la douleur) et hypnothérapie (à visée psychothérapeutique). Il en est de même des formations à l’hypnose en France : elles sont hétérogènes. Il existe une douzaine de formations universitaires, à ce jour non reconnues par l’Ordre des médecins. Il existe également de nombreuses formations associatives et privées. Certaines sont réservées aux professions médicales et/ou aux professions de santé, et d’autres sont accessibles à un public plus large. Le statut d’hypnothérapeute, non réglementé, concerne ainsi des praticiens aux qualifications forts différentes.
Ce rapport se veut d’abord descriptif et analyse différentes études scientifiques menées à ce jour. Ces études visent toute l’efficience de l’hypnose au moment de l’intervention. Ce rapport admet la pratique de l’hypnose encadrée médicalement et la trouve sans danger, tout en reconnaissant que les preuves de son efficacité restent difficiles à évaluer, tant l’approche des pratiques est subjective. Aucun rapport, aucune étude ne s’intéressent à une approche épistémologique intégrant les innombrables réflexions sur le sujet à partir de la fin du 18e siècle.
À cette époque des Rapports ont été faits par Des commissaires chargés par le roi de l’examen du magnétisme animal[2]au sujet de Mesmer notamment. (Ces commissaires étaient des médecins comme Salin et Guillotin et de scientifiques comme Franklin, Bailly et Lavoisier). Leurs conclusions ne sont pas sans intérêt pour évaluer les pratiques d’aujourd’hui, car elles soulèvent des questions qui ne sont plus abordées, d’ordre scientifique, médical et philosophique. Une littérature abondante, fin 19e siècle existe sur le sujet au moment où Bernheim et Charcot ont relancé les recherches sur l’hypnose. Continuer la lecture de « L’hypnose (2) : technique ou pouvoir ? »
Une patiente est à l’origine de mon interrogation sur l’hypnose. Cette jeune femme avait accouché sous hypnose d’une petite fille cinq ans auparavant. Elle me dit : « J’ai le sentiment d’avoir été spoliée de ce moment-là, et ma fille aussi. » Je voulais en savoir plus.
J’ai l’impression de ne pas avoir été présente à ma fille, j’étais dans ma bulle, je ne sentais rien, j’étais bien, mais quand ma fille est arrivée, je n’ai ressenti aucune émotion, c’est comme si elle était une chose distanciée de moi et pour laquelle je n’éprouvais rien. » « Ma fille ne dort pas bien, elle n’est pas paisible, et j’ai l’impression de ne pas lui avoir donné ma joie d’être mère et toute mon affection au moment de sa naissance et qu’elle est toujours à cette recherche, au moment de s’endormir ou à certains moments de la journée.
L’hypnose fonctionne, de nombreux hôpitaux et cliniques l’ont adoptée, de la préparation à l’accouchement aux soins palliatifs, du traitement des addictions aux opérations sous hypnose.
L’hypnose est efficace, de nombreux médecins et psychologues l’ont adoptée en l’adaptant, c’est-à-dire en en faisant un outil bien paramétré, bien balisé selon eux.
Du grec « upnos », sommeil. Hypnos était le Dieu du sommeil dans la mythologie grecque. Selon la définition du grand dictionnaire encyclopédique Larousse : « l’hypnose est un état artificiel provoqué par une suggestion, qui se caractérise par une sensibilité accrue à l’influence de l’hypnotiseur et la diminution de la réceptivité aux autres influences. »
Il est intéressant d’avoir quelques éléments de l’histoire, pleine de controverses, parfois sulfureuse de l’hypnose plus particulièrement, à partir de Mesmer au XVIIe siècle.
L’hypnose longtemps associée au magnétisme est connue dans la plus haute antiquité. Les religions à mystères de l’Égypte et de Grèce les utilisaient à des fins thérapeutiques ou initiatiques. Les vapeurs intelligentes et oraculaires de Delphes nous ont été décrites par Plutarque, entre autres.