Chindaï et emprise mentale

"Je t'ai fracassée"... Il aura suffi de quatre mots, assénés avec un sourire narquois, à un moment crucial de ma vie, après quatre ans de flou, pour que les fêlures et failles deviennent des abysses. Des abysses qui ont laissé passer une lumière si grande, que je ne pouvais plus ignorer les parts d’ombre qui me faisaient m’interroger depuis quelque temps déjà...
Témoigner sur l’emprise mentale est une démarche difficile.
D’abord parce qu’il faut revenir sur cet épisode de sa vie, ce qui nous conduit d’une certaine manière à le revivre. Également, parce que ce n’est pas quelque chose de flatteur, et qu’en général, on a tendance à vouloir laisser derrière ce qui nous a blessés. Enfin, dans le cadre de l’emprise, il faut savoir qu’il y a une part de risque sur les représailles encourues.
Mon témoignage à visage découvert, cinq ans après l’avertissement reçu à ma sortie (« Fais bien attention à ce que tu fais »), est le fruit d’une longue réflexion nourrie par plusieurs invitations à témoigner sur cette expérience trop souvent méconnue et mal comprise car peu relatée.
Comme il faut comprendre l’avant pour comprendre l’après, voici une brève idée de mon profil.

Témoignage

Issue d’un foyer assez classique, d’un père agnostique et d’une mère très croyante, partageant des valeurs de servi- ce, j’ai grandi avec la notion de mission et de dévouement. Orpheline de père jeune adulte, j’ai été fragilisée par la perte brutale de celui qui était mon repère et mon protecteur. A sa mort, ayant à cœur de vivre des choses authenti- ques, je saisis l’opportunité de vivre à l’étranger, au service d’une cause qui m’est chère : l’œcuménisme, en Ukraine, et ce pendant trois ans.

A mon retour d’Ukraine, j’ai continué à servir cette cause en Belgique. Après six ans de loyaux services satisfaisants de part et d’autre, arriva un tournant. C’est là, vulnérable, que je fis cette mauvaise rencontre qui changea le cours de ma vie.

Le cadre de la rencontre avec cette personne en charge de me recruter est révélateur et important, car c’est tristement un religieux en qui j’avais confiance qui me l’a présentée. Je ne me suis donc pas méfiée. Cela pose la question de la responsabilité de la recommandation. La personne en question semblait enjouée, sérieuse, et convaincue de son propos sur cette association. Basée à Perpignan, présentée comme étant à vocation humanitaire avec un fonds d’interreligieux, elle prône « un retour à des valeurs élevées » et met en avant un outil dit de non-violence : le « CHINDAÏ », dont est dérivée « une méthode d’éducation à la non-violence ».

Étant à un tournant, ayant besoin de nouveauté, je pris le pas d’essayer ce qui paraissait anodin et inoffensif. La directrice m’a rapidement laissé entendre au stage que je pouvais jouer un beau rôle dans leur association, que j’y avais ma place, que je pourrais m’y développer. Comme ma mission pour l’Ukraine prenait fin, et comme de surcroît je pensais avoir rencontré l’amour au sein de ce mouvement, l’étau s’est resserré, et je fus piégée sans même m’en rendre compte.

Ce grand bouleversement me fit passer le personnel pour la première fois de ma vie devant le professionnel. Je suis donc partie au Canada, rejoindre dans son pays, « S », celui qui allait devenir mon mari et le père de mon fils.

Au fur et à mesure, on me confiait des missions (bénévoles bien sûr) de plus en plus importantes, on me mettait de plus en plus dans le secret des arcanes. Il faut savoir que dans toute secte il y a des niveaux et des cercles. Des ni- veaux de compétences et des cercles de confidentialité. Au plus on monte, au plus on est au fait des grands secrets : de connaissance, du « programme » et « du plan ». Les sectes ayant une nature en général ésotérique, il est souvent question de connaissance supérieure et d’accès à des mondes parallèles.

Toutefois, la connaissance qui m’était présentée ne m’intéressait pas plus que cela, car j’étais déjà habitée par une foi profonde qui me suffisait. En outre, elle était en contradiction avec celle que j’avais portée dans mon cœur depuis petite.

Les trois points qui ont fait grandir en moi les doutes, et les failles causées par certaines incohérences (notamment les « montagnes russes » : éloges et réprimandes publiques à l’encontre de certains membres, en public toujours) n’étaient pas d’ordre intellectuel mais émotionnel.

Comme la raison est souvent hypnotisée, seul le cœur, aussi anesthésié soit-il, peut un jour déclencher le rejet de l’emprise. Tous les spécialistes le disent : c’est au cœur du cœur que survit et jaillit la conscience de la vérité. Si vous connaissez de potentielles victimes d’emprise mentale (pervers narcissique ou sectes), parlez à leur cœur, sans asséner vos vérités, mais en leur posant des questions et en leur témoignant simplement votre amitié, votre amour, votre soutien…

Voici les trois points :

Foi : Premièrement, je ne pouvais pas accepter l’idée assénée qu’il y ait plusieurs maîtres ; car pour moi, chrétienne, le seul messie est Jésus. Je crois en Dieu, je n’ai pas de maître à penser et crois viscéralement au droit de ma liberté de conscience, comme en celle d’autrui.

Plan de vie : Deuxièmement, je refusais le journal des mauvaises nouvelles, qui a vocation à nous enfermer dans la conviction de l’avènement proche de la fin du monde. J’ai un trop grand instinct de vie.

Finances : Enfin, comme il s’agissait de me faire lever des fonds pour l’association, j’ai commencé à légitimement poser des questions sur les entrées, les sorties, sur les histoires des vies que nous changions positivement par les fonds perçus. La destination des fonds restait opaque, on ne me parlait que d’une personne au Brésil dont la vie était améliorée, aucune présentation des comptes n’était faite à l’écrit, même aux A.G. Si les objectifs d’entrée étaient bien chiffrés, les sorties étaient du plus grand flou.

Deux poids, deux mesures. Voilà le début de la faille. Le double langage, l’écart entre le discours et l’action. Notez l’un, observez l’autre.

Je compris progressivement que l’on me manipulait pour m’éloigner de mon ex-mari, car les couples n’étaient pas censés être autorisés. Évidemment … A deux on est plus forts ! Mais c’est sans compter la nature humaine, l’instinct, pour ne pas dire le cœur. J’étais très loin de me douter de ce qui se tramait dans mon dos, sans doute depuis le début. J’étais devenue trop gênante. Je posais trop de questions, j’en faisais trop à ma tête et risquais d’en éveiller d’autres.

Quittée du jour au lendemain avec un bébé de 13 mois, je vis la directrice, chez elle, à son bureau, prendre un malin plaisir à signer son forfait – car tout malfrat veut tirer la gloire de son coup. Il veut signer son œuvre, il révèle à la victime que c’est lui le bourreau.

En entendant ses paroles à mon égard, abasourdie, « je t’ai fracassée », je vis tout le film des quatre dernières années se dérouler à l’envers, et toutes les questions trouver réponses.

A ce moment, je comprends le puzzle. Je comprends la supercherie. J’ai mal. C’est un cauchemar. Comment ai-je pu me tromper à ce point ? Être aveugle à ce point ? Comment personne n’a rien vu, rien dit sinon ma mère ? Pourquoi suis-je assise, là, devant quelqu’un qui a ruiné des années de ma vie ? Et la suite… quelle sera-t-elle ? Et mon tout petit … ?

Mais toutes les impressions qui me gênaient prennent un sens.

J’arrête tout. Je prends du recul en silence. Je cherche le dialogue avec celui qui m’a brisé le cœur. Il est déjà braqué, persuadé que je travaille « pour l’autre côté ». Je le confie à plus grand que moi, l’univers, Dieu. Je ne peux plus rien pour lui, sinon être le meilleur de moi, libre, pour qu’un jour peut-être il comprenne que je ne suis pas ce qu’on lui dit de moi, que la vérité n’est pas dans ce mouvement et ce qu’est la liberté.

Je confie mon bébé à des amis de mes parents, je pars loin et prends un temps de recul, en monastère, au désert, en silence.

Je prends conseil auprès de mon père spirituel et de son supérieur.

Je reçois de très bons conseils. Le premier me guide sans cesse : ne jamais laisser la peur être le moteur d’une action. En outre, dans un souci de vérité et lucidité, on me recommande de dénoncer ce que j’ai annoncé naïvement comme étant juste. Je dois informer les personnes à qui j’ai présenté cette association que je ne leur ai pas dit la vérité, malgré moi.

C’est une démarche difficile, humiliante, mais libératrice. Je me sens lavée, rendue à moi-même.

Peu me croient, beaucoup sont effarés devant mes révélations. Personne n’a vu, compris, saisi, mesuré l’ampleur de la tromperie. On me regarde parfois avec pitié, dédain, quand j’ai soif de compassion féminine, de réconfort humain, de noble et vaillante protection masculine, d’aide au discernement, pas à pas. Seule, avec mon pitchoun, je vois les rares fidèles, et suis étonnée de qui me soutient au réel. Je rencontre de nouvelles personnes, ceux et celles qui connaissent le sujet. Ces personnes m’ont gardé la tête hors de l’eau, elles m’ont donné l’air qui fait que je respire encore.

J’ai contribué, au civil et au religieux, dans l’ombre, à un travail d’information, d’éclairage, pour dire la vérité dans l’humilité et l’humiliation. Difficile mais salutaire, ce travail m’a fait rencontrer des personnes merveilleuses dont je ne soupçonnais pas l’existence. J’ai découvert également que la France dispose d’un dispositif unique au monde : la Miviludes. Cette mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires travaille directement avec le Premier Ministre. Elle est au-dessus de tous les ministères. Elle fait un travail remarquable.

Ce que je révèle semble si éloigné de la face présentée, l’enseignement secret est si farfelu, mais les spécialistes entendent mon propos et comprennent autant ce que j’ai vécu que ce que je révèle et ce que je vis en profondeur.

C’est bien ce qu’il faut comprendre ! La face cachée est monstrueuse. L’envers du décor est défiguré. C’est la partie cachée de l’iceberg, et ce double visage, ce double discours sont le propre de la secte comme du pervers narcissique.

Je prends un risque non estimable en parlant, car nul ne connaît la portée de ses actes à l’instant où il les pose ; mais j’en prends un plus grand encore en ne parlant pas, parce que je ne suis pas seule : j’ai un enfant de six ans aujourd’hui dont l’avenir moral, mental, intellectuel, physique, émotionnel est en jeu.

Comme je ne veux plus jamais entendre la phrase « on sait mais on ne peut rien faire, faute d’information », je décide par la présente en mon âme et conscience de signer mon témoignage de mon nom.

Je ne sais pas ce qu’il adviendra, mais je sais que je peux me regarder en face, et j’invite toute personne victime de dérive sectaire à oser se rapprocher de la Miviliudes et/ou l’UNADFI (Union Nationale des Associations de Défense des Familles et de l’Individu).

J’espère que ceux qui me liront comprendront qu’il ne faut pas enfermer une personne dans une case, ni l’enfermer dans une expérience.

Nos vies sont plus que la somme de nos vécus.

Je suis plus que mon vécu. Je suis plus que cette expérience malheureuse. Je suis, comme chacun, tout ce que je suis appelée à être et tout ce que je suis en train de devenir. Il ne faut pas résumer une personne à une expérience, ni même à ses choix. Il faut, je crois, placer en cette personne l’espérance du salut, et, pour les non croyants, l’expérience du progrès.

Soljénitsyne, prix Nobel de littérature, rescapé du « premier cercle » de l’enfer du goulag soviétique, disait : « l’homme n’a d’autre choix que d’aller toujours plus haut ». Je le crois. Mes parents se sont rencontrés en montagne et m’ont fait progressivement aimer la cordée, le sens et le goût de l’effort – individuel et collectif, la rareté de l’air, sa pureté comme la lenteur du pas qui permet, en sagesse et par-delà les risques inhérents à la marche en haute montagne, d’accéder aux sommets.

Les pierres sur le chemin sont des amies. Et si parfois elles peuvent nous faire trébucher, elles peuvent aussi parfois nous faire monter.

Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à ceux et celles qui m’ont aidée sur ce laborieux chemin. Je remercie bien évidemment la Miviludes, l’UNADFI, et Mgr Alain Planet et la Cellule pour les dérives sectaires de la Conférence des Évêques de France pour son travail et sa prise de position sur le sujet en juin 2016 ; ainsi que le cardinal Jean-Pierre Ricard, Mgr André Marceau et Mgr Norbert Turini pour leur clairvoyance et écoute, et le Père Félix Baudoin pour son soutien.

J’aimerais inviter chacun à prendre soin de ceux et celles qu’il aime, de son entourage proche. Avant de nous construire ou reconstruire, essayons de ne pas nous laisser trop abîmer, voire détruire.

Marie-Aude Tardivo

Tiré du bulletin du Service Diocésain Croyances et Déviances, Le Secthoscope, n° 146, octobre 2019.

L’Antoinisme

L’article de wikipédia fournit des informations assez complètes sur l’Antoinisme.

Cliquer sur le lien  : https://fr.wikipedia.org/wiki/Antoinisme

Le culte antoiniste, fréquemment appelé antoinisme, est un culte guérisseur et d’inspiration chrétienne fondé en 1910 par le Wallon Louis-Joseph Antoine (1846-1912) à Jemeppe-sur-Meuse (province de Liège, Belgique). Avec un total de 64 temples, plus de quarante salles de lecture à travers le monde et des milliers de membres, il reste la seule religion née en Belgique dont la renommée et le succès ont dépassé les frontières du pays. Principalement actif en France, le mouvement religieux se caractérise par une structure décentralisée, des rites simples, une discrétion et une tolérance vis-à-vis des autres croyances, autant d’éléments qui ont amené le sociologue Régis Dericquebourg à estimer que, tant dans sa forme que dans son style, le culte antoiniste apparaît « très original ».

Les croyances antoinistes combinent des éléments de catholicisme, de réincarnation, et de guérison. L’homme est censé atteindre la conscience en se débarrassant de l’illusion de la matière produite par son intelligence, le but de la vie étant de se libérer du cycle des réincarnations grâce à une progression morale aidée par des « fluides ». La liberté de conscience étant considérée comme essentielle dans la croyance antoiniste, ce culte ne pratique pas de prosélytisme et n’est pas exclusif. Il ne porte pas de jugement sur les questions sociales et, bien que centré sur la guérison, n’interfère pas avec le domaine médical et ne décourage pas le recours à la médecine traditionnelle.

Autour des Extra-terrestres

Notre civilisation est-elle la seule ? Existe-t-il d’autres planètes avec la vie ? Et si oui, existe-t-il d’autres civilisations plus avancées que la nôtre? Cherchent-elles à prendre contact avec la nôtre ?

1. Les extraterrestres, une croyance bien implantée

Il est impossible de faire le tour de l’abondante production en littérature, livres, DVD, vidéos sur le sujet, vous vous en doutez bien. Et ce n’est pas l’objet de cette causerie, qui est d’abord de donner des éléments de discernement spirituel chrétien.

La notion d’OVNI (en anglais : UFO : Unidentified Flying Object) a été créée par Edward J. Ruppelt, ancien capitaine de l’USAF, pour remplacer celle de « Flying Saucer », utilisée généralement à partir de 1947 après l’annonce officielle de la première information de ce type. En français, on utilise le sigle correspondant à la traduction exacte de cette terminologie anglaise : « Objets volants non identifiés » (OVNI). Par analogie aux contacts avec des véhicules prétendument cosmiques (soucoupes volantes), dont l’origine remonterait à des civilisations extraterrestres, on parle aussi des prétendues rencontres avec leurs passagers — appelés souvent EBE (Entités Biologiques Extraterrestres), ET, Ufonautes, Humanoïdes, Cosmites, ou justement — et ce nom est peut-être le plus juste — Étrangers (en anglais Aliens). Continuer la lecture de « Autour des Extra-terrestres »

Les Mormons

L’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, appelé aussi mormonisme, est une Église chrétienne restaurationniste née dans l’État de New York, aux États-Unis, en 1830 et dont le siège mondial se trouve à Salt Lake City dans l’Utah. Elle est la quatrième plus grande confession chrétienne des États-Unis (6,16 millions de membres). À l’échelle mondiale, elle revendique plus de 15 millions de membres dont 58 000 en France. Elle se considère comme religion révélée, à l’instar du judaïsme, du christianisme et de l’islam.

L’Église a tout d’abord été appelée Église du Christ, ses membres voyant en elle l’Église rétablie de Jésus-Christ. En 1830, elle est appelée Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, « saints » signifiant «disciples» et «derniers jours», expression utilisée dans le Nouveau Testament, faisant une distinction avec l’Église originelle. Finalement, en 1838 Joseph Smith lui donne son nom actuel : Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours.

Le surnom « mormon » toléré par les membres de l’Église a pour origine le nom d’un personnage du Livre de Mormon. Dans ce livre, Mormon est un prophète, un chef militaire et un gardien d’annales qui aurait vécu aux environs de 311-385 apr. J.-C. sur le continent américain. Il aurait hérité des vastes annales historiques et spirituelles de son peuple qui vivait dans les Amériques et y aurait ajouté l’histoire de sa propre vie. Il aurait compilé et abrégé les récits des prophètes précédents, gravés sur des plaques d’or, donnant ainsi son nom au Livre et leur surnom à l’Église et ses membres. Continuer la lecture de « Les Mormons »