Choisir un thérapeute

Nous aimerions aborder ici la délicate question du choix d’un professionnel de la psychothérapie ou d’un spécialiste de la relation d’aide tel que coach, conseiller conjugal, consultant en développement personnel, conseiller en orientation, thérapeute familial, etc.

Nous ne proposerons pas de grille infaillible encore moins de liste de « bons » thérapeutes, ni même de « bonnes » méthodes mais plutôt quelques éléments de réflexion pour un discernement éclairé.

Vous pensez qu’il est temps pour vous de faire appel à une aide extérieure. Vous expérimentez de l’anxiété, un état dépressif, une maladie comportant un aspect d’ordre psychosomatique, un deuil, des difficultés relationnelles, du stress, une période de chômage, une rupture, etc. Les motifs de consultation sont nombreux et doivent être pris au sérieux.

Un premier échange avec votre médecin généraliste ou une personne de confiance de votre entourage peut vous conforter dans votre décision d’entreprendre un travail psychothérapeutique. Le bouche à oreille vous a peut-être déjà donné quelques pistes.

Mais voilà, face à la surabondance de résultats fournis par votre moteur de recherche internet, les pages jaunes de l’annuaire et/ou votre réseau de relations, vous ressentez un certain découragement ! Comment faire le tri afin de pouvoir rencontrer un professionnel compétent et adapté à votre difficulté du moment ? La tâche semble immense. Comment frapper à la bonne porte ?

D’après le site doctissimo, on recenserait plus de 200 types de psychothérapies ou méthodes assimilées, des plus sérieuses aux plus farfelues ! Et il s’en invente tous les ans. Continuer la lecture de « Choisir un thérapeute »

Jean de Dieu, le guérisseur-médium

 Un médium guérisseur attire des milliers de visiteurs vers son centre installé dans une petite ville brésilienne.
On a affaire à un homme qui travaille avec des puissances occultes (et donc diaboliques); c’est soigneusement habillé de religieux, et transformé en buisness lucratif, puissamment médiatisé; c’est diablement efficace si j’ose dire, du moins dans un premier temps; mais une (fausse) « guérison » reçue par ce canal entraîne ensuite des liens occultes qui amènent des perturbations paranormales, psychiques et spirituelles … De plus, il profite habilement de toutes les détresses; il y a des personnes en France qui emmènent leurs proches malades, près de mourir, dans l’espoir d’une guérison auprès de Joao de Deus…

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Psychogénéalogie

Un véritable engouement

 La psychogénéalogie est une discipline en vogue. Elle bénéficie d’un véritable engouement depuis sa vulgarisation dans les années 80.

Sans doute peut-on parler d’un phénomène de société. En effet, les concepts sur lesquels s’appuie cette nouvelle approche sont très répandus si bien qu’ils semblent familiers à la plupart d’entre nous.

Nous les retrouvons sous différents formats :

et aussi

  • dans le langage courant
  • les conversations familières
  • dans une conception millénaire selon laquelle il y aurait une interdépendance pathologique entre les générations

Deux exemples parmi d’autres

La psychogénéalogie bénéficie en outre d’un important réseau de praticiens.

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L’hypnose (2) : technique ou pouvoir ?

Alors que je disais à un ancien militaire formé dans les sections spéciales d’intervention que je réfléchissais sur l’hypnose, à partir de l’interrogation de cette femme ayant accouché sous hypnose (voir le début de la première partie), il m’a spontanément parlé de son entraînement au combat. Dans ces sections spéciales, il ne faut pas avoir d’état d’âme ; il me disait que des moniteurs leur induisaient un comportement, où tout sens moral disparaissait afin d’être plus performant dans la mission. Tuer un homme de sang-froid sans en avoir le moindre regret continuait à l’interroger trente ans après. Il disait se voir impassible dans certaines situations qui auraient dû lui procurer des émotions. Il venait de réaliser que ce qu’il avait subi dans son entraînement pouvait être assimilé à de l’hypnose. Les conséquences de l’induction d’une dissociation somatopsychique, psycho spirituelle ou psycho éthique, ne sont analysées dans aucun rapport dit scientifique.

Le rapport de l’Inserm de juin 2015

Dans son rapport de juin 2015 sur Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose[1], le très sérieux organisme INSERM a donné quelques points d’évaluation et d’attention concernant l’hypnose. Voici quelques extraits :

L’hypnose recouvre en effet un ensemble de pratiques sensiblement différentes : hypnosédation (à visée sédative, utilisée en anesthésie), hypnoanalgésie (contre la douleur) et hypnothérapie (à visée psychothérapeutique). Il en est de même des formations à l’hypnose en France : elles sont hétérogènes. Il existe une douzaine de formations universitaires, à ce jour non reconnues par l’Ordre des médecins. Il existe également de nombreuses formations associatives et privées. Certaines sont réservées aux professions médicales et/ou aux professions de santé, et d’autres sont accessibles à un public plus large. Le statut d’hypnothérapeute, non réglementé, concerne ainsi des praticiens aux qualifications forts différentes.

Ce rapport se veut d’abord descriptif et analyse différentes études scientifiques menées à ce jour. Ces études visent toute l’efficience de l’hypnose au moment de l’intervention. Ce rapport admet la pratique de l’hypnose encadrée médicalement et la trouve sans danger, tout en reconnaissant que les preuves de son efficacité restent difficiles à évaluer, tant l’approche des pratiques est subjective. Aucun rapport, aucune étude ne s’intéressent à une approche épistémologique intégrant les innombrables réflexions sur le sujet à partir de la fin du 18e siècle.

À cette époque des Rapports ont été faits par Des commissaires chargés par le roi de l’examen du magnétisme animal[2] au sujet de Mesmer notamment. (Ces commissaires étaient des médecins comme Salin et Guillotin et de scientifiques comme Franklin, Bailly et Lavoisier). Leurs conclusions ne sont pas sans intérêt pour évaluer les pratiques d’aujourd’hui, car elles soulèvent des questions qui ne sont plus abordées, d’ordre scientifique, médical et philosophique. Une littérature abondante, fin 19e siècle existe sur le sujet au moment où Bernheim et Charcot ont relancé les recherches sur l’hypnose. Continuer la lecture de « L’hypnose (2) : technique ou pouvoir ? »

L’hypnose (1) : une histoire sulfureuse ?

Une patiente est à l’origine de mon interrogation sur l’hypnose. Cette jeune femme avait accouché sous hypnose d’une petite fille cinq ans auparavant. Elle me dit : « J’ai le sentiment d’avoir été spoliée de ce moment-là, et ma fille aussi. » Je voulais en savoir plus.

J’ai l’impression de ne pas avoir été présente à ma fille, j’étais dans ma bulle, je ne sentais rien, j’étais bien, mais quand ma fille est arrivée, je n’ai ressenti aucune émotion, c’est comme si elle était une chose distanciée de moi et pour laquelle je n’éprouvais rien. » « Ma fille ne dort pas bien, elle n’est pas paisible, et j’ai l’impression de ne pas lui avoir donné ma joie d’être mère et toute mon affection au moment de sa naissance et qu’elle est toujours à cette recherche, au moment de s’endormir ou à certains moments de la journée.

L’hypnose fonctionne, de nombreux hôpitaux et cliniques l’ont adoptée, de la préparation à l’accouchement aux soins palliatifs, du traitement des addictions aux opérations sous hypnose.

L’hypnose est efficace, de nombreux médecins et psychologues l’ont adoptée en l’adaptant, c’est-à-dire en en faisant un outil bien paramétré, bien balisé selon eux.

Du grec « upnos », sommeil. Hypnos était le Dieu du sommeil dans la mythologie grecque. Selon la définition du grand dictionnaire encyclopédique Larousse : « l’hypnose est un état artificiel provoqué par une suggestion, qui se caractérise par une sensibilité accrue à l’influence de l’hypnotiseur et la diminution de la réceptivité aux autres influences. »

Il est intéressant d’avoir quelques éléments de l’histoire, pleine de controverses, parfois sulfureuse de l’hypnose plus particulièrement, à partir de Mesmer au XVIIe siècle.

L’hypnose longtemps associée au magnétisme est connue dans la plus haute antiquité. Les religions à mystères de l’Égypte et de Grèce les utilisaient à des fins thérapeutiques ou initiatiques. Les vapeurs intelligentes et oraculaires de Delphes nous ont été décrites par Plutarque, entre autres.

 

 

 

 

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